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MACKENNA'S GOLD / IN COLD BLOOD

Belle surprise que l’édition de deux bandes originales rares de Quincy JONES composées dans les années 1960 ! On entend d’abord celle de L’OR DE MACKENNA  (MACKENNA'S GOLD), film écrit par Carl FOREMAN et réalisé par Jack LEE THOMPSON en 1969, interprété par Gregory PECK, Omar SHARIF, Telly SAVALAS, Edward G. ROBINSON et Eli WALLACH. Quincy JONES y ancre une partition dynamique autour d’un thème principal flexible et entraînant qu’il décline dans de nombreuse déclinaisons, héroïques avec du cor français ou plus subtile dans les bois. Quincy JONES commence par une ouverture éclatante, qui intègre une voix grave qu’on retrouve plusieurs fois dans la partition. On y entend aussi des harmonies cuivrées, qui jouent la tension, aidées par de la guitare et des percussions, des cordes dynamiques. Le tout agrémenté d’une mélodie généreuse, qui intervient tardivement (Overture). Ce que l’on retrouve alors que les protagonistes se dirigent vers un point d’eau, par une musique orchestrale tendue, ponctuée d’une voix mexicaine, comme dans l'ouverture, de guitare, d’une rythmique de percussions, de trompettes et de flûte qui reprennent une partie mélodique qui se développe à la manière d’une balade (Waterhole Trek). Une voix qui revient également dans un thème de tension, avec des références aux musiques des westerns spaghettis (Soul Full Of Gold), ou encore dans le contrepoint d’une musique de tragédie profonde, large (Cañon Del Oro). Quincy JONES poursuit par des musiques assez classiques de westerns ; là un modèle de musique de tension, avec beaucoup de vibratos, de percussions et de sonorités aériennes ; une musique intense, profonde, de suspense, qui se développe lentement, dans le souffle des trompettes qui répètent une courte cellule, les vibratos des percussions, du martèlement de piano. (Apache Camp) ; ici un morceau de danger, surtout à base de percussions, de tambours et de cuivres martiaux (Massacre Montage). Il termine par un large développement orchestral lancé par des roulements de caisses (Finale). L'album contient aussi Rêve Parisien, une musique forcément référentielle, et la chanson du film, assez classique du genre, Ole Turkey Buzzard, interprétée, en anglais comme en espagnol, par José FELICIANO, et que l’on retrouve aussi en version instrumentale. La seconde partition est celle du film DE SANG FROID (IN COLD BLOOD), réalisé par Richard BROOKS en 1967, adapté du livre de Truman CAPOTE relatant l'histoire de deux jeunes repris de justice, dont Robert BLAKE (Perry SMITH) qui, le 15 novembre 1959 dans une petite ville du Kansas, assassinent les quatre membres d’une famille d'agriculteurs. Initialement prévu pour être mis en musique par Leonard BERNSTEIN, c’est finalement Quincy JONES qui signait là une partition assez incroyable pour laquelle il reçut une nomination aux Oscars. Quincy JONES ouvre la partition par un thème titre sombre, servi par des percussions discrètes, qui jouent le danger. Et des cuivres graves qui font avancer, sur un rythme de caisses claires, une musique de thriller mystérieuse, tendue, rythmée et aux parfums jazzy (In Cold Blood). Il poursuit par un thème symphonique, doucement mélodique, parfois même étrangement valsant, très élégant, raffiné pour les derniers moments de bonheur de la famille Clutter (Clutter Family Theme). Puis, alors qu’entrent en scène les malfrats, il introduit un thème à base de contrebasse qui les représente et de diverses percussions, que l’on entend aussi dans des thèmes profonds, de suspense (No Witnesses). Ce qui donne des étonnantes musiques de jazz déformées, reprise par des claviers dans un esprit sixties (Hangin’ Paper, Down Clutter’s Lane), ou accompagnées de cuivres, notamment de saxophone, lointain, grinçant (Seduction), inquiétants (I’ll Have To Kill You). Dans le registre de la douceur, on note aussi le thème des Perry, délicatement chantant, à base de guitare, de cordes et de percussions ; un motif qui se transforme en une sorte de berceuse, qui en vient pourtant à s’assombrir dans une sorte de ronde triste (Perry’s Theme). Plus convenu, on remarque une sorte de thème pop rock qui insuffle une couleur enjouée, dansante mais qui contient aussi une étrangeté notamment ses percussions et son tempo lent qui se développe, avec de l’orgue et une rythmique jazzy (Lonely Bottles). Et forcément, Quincy JONES annonce la tragédie par des musiques sombres, graves et répétitives, parfois avec des espaces, incluant des parties percussives d’orgue (Murder Scene, The Corne). Au final, cet album hautement recommandable, de qualité impeccable, permet, au travers de deux partitions très différentes mais splendides, une fantastique immersion dans le son de Quincy JONES pour le cinéma !

MACKENNA'S GOLD / IN COLD BLOOD. Musiques composées par Quincy JONES disponibles chez Intrada records.

 
 
 

GOOD MORNING VIETNAM/OPERATION DUMBO DROP

Voici  les bandes originales inédites (complètement pour la première, partiellement pour la seconde) de deux films se déroulant pendant la guerre du Vietnam ! La première a été composée par Alex NORTH pour le légendaire film de 1987 réalisé par Barry LEVINSON GOOD MORNING, VIETNAM. Un film rendu inoubliable grâce à la prestation étonnante de Robin WILLIAMS en tant que DJ de radio Adrian CRONAUER. Du côté de la musique, Alex NORTH ne met pas forcément en avant les aspects dramatiques du film, notamment les séquences des bombardements. Il préfère jouer l’émotion et accompagner de ses notes les réveils à la vie d’Adrian CRONAUER. Il commence ainsi par une musique  à la fois martiale, tendue par des caisses claires. Et qui apparaît profonde, dramatique, touchante par son mouvement de cordes, qui évoque aussi, brièvement, les paysages asiatiques (Jimmy Wah’s Bombing). Ce qu’il développe en associant musique émotionnelle et parties plus atmosphériques répétitives. Et en y ajoutant une courte cellule plus enjouée, portée par de la trompette, reprise de manière sensible dans les cordes (Village). Alex NORTH propose aussi, parmi d’autres, des motifs touchants, dans une tonalité typique d’un cinéma hollywoodien des années 1960, permettant ainsi de dater l'action du film (Goodbye To Troops, Troops Arriving). Il présente encore un motif de tension dans les vibratos et les graves des cuivres, et dont certains accords de cordes évoquent l’Asie. Tandis que des percussions et des cuivres sonnent comme une musique d'action (Chasing Tuan). Alex NORTH termine par un thème doux (Goodbye Tuan), qu’il développe généreusement sur le générique de fin (End Credits). On remarquera qu’Alex NORTH a également composé plusieurs jingles de fanfare, parfois de forme jazzy (Levitan Sign On) utilisés pour les émissions de radio. Vient ensuite la bonne surprise de L'OPÉRATION DUMBO DROP dont la musique a été composée en 1995 par  David NEWMAN. Basé sur des faits réels, le film raconte l'histoire d’un vol  de fret dangereux et la descente d'éléphants en parachute dans un village vietnamien. Ce qui a inspiré à David NEWMAN un score symphonique parmi les plus beaux travaux du compositeur ! Surtout, il intègre un grand thème mélodique, typiquement hollywoodien qu’il ne cesse de reprendre. Et cela dès l'ouverture, d'abord joué par les cuivres puis repris par l'orchestre de manière symphonique. On y note aussi un contrepoint électronique évoquant les hélicoptères (Opening). David NEWMAN continue par un thème étonnant, rythmé à la fois par de la batterie et de la guitare électrique, et également des sonorités électroniques dans le contrepoint (Chopper Ride). Ensuite David NEWMAN reprend le thème principal dans une version symphonique généreuse avec, dans son développement profond, de la flûte qui évoque l’Asie (Starting The Journey). Et que l’on retrouve dans une musique  de situation, donc moins mélodique et qui s'étend en jouant à la fois le côté local et la tension (Bo-Tat Enters Plane). Plus étonnant, il poursuit par un thème intimiste à base de guitare, puis développe une musique en majeur des musiques classiques de films d'aventures, à la fois rythmées et percussives (Cahill’s Plans/Bo-Tat Wakes Up, Bo-Tat Runs/In The Jungle). Il développe aussi de larges musiques d’action, parfois avec des rythmiques, des développements soutenus dignes d’un film de guerre des années 1990/2000 (River Fight/The Watch, The Jump) ; d’autres fois en passant par une musique globalement aérienne, dans les flûtes. Et accompagnée d’un rythme lointain, espacé de tambours, d’un mouvement de cordes assez triste, d’où ressurgit le thème principal du film (Cahill And Lihn/The Temple). Et enfin se raccrochant toujours au thème principal (The Ceremony/Cahill And Lihn Again/Farewell). Jusque le générique de fin où David NEWMAN commence en reprenant la dimension action de sa partition, rythmée par les percussions, colorée de flûtes et de trompette. Puis sans surprise, reprend le thème principal sur un mode héroïque (End Credits). Au final, c’est un excellent album, très fourni, que propose le label américain. En plus, il s'agit de deux partitions qui apparaissent non seulement très réussies mais aussi, ce qui ne gâche rien, complémentaires. D’un côté, on retrouve une des dernières grandes musiques, rempli de douceur et de ponctuations de fanfare militaire, du légendaire Alex NORTH. Et de l'autre, on se plonge dans la partition superbe, à la fois d'aventures et d'émotion du trop rare David NEWMAN. Deux belles partitions inédites pour le prix d'une, cela ne se rate pas !

GOOD MORNING VIETNAM. Un film de Barry LEVINSON, avec Robin WILLIAMS, Forest WHITAKER, Bruno KIRBY. OPERATION DUMBO DROP. un film réalisé par Simon WINCER, avec Danny GLOVER, Ray LIOTTA, Denis LEARY. Musiques originales d'Alex NORTH et de David NEWMAN disponibles chez Intrada records.

 
 

RACE WITH THE DEVIL / MAKING LOVE

Voici deux partitions inédites de Leonard ROSENMAN réunies sur un seul cd : d'abord celle, splendide, de MAKING LOVE, un film réalisé par Arthur HILLER en 1982, avec Michael ONTKEAN, Kate JACKSON, Harry HAMLIN, Wendy HILLER et Arthur HILL. C’est l'histoire de Zach (Michael ONTKEAN), un célèbre docteur de Los Angeles, et de sa femme Claire (Kate JACKSON), productrice de télévision. Tout va bien entre eux, jusqu'à l’irruption de Bart (Harry HAMLIN), un écrivain branché qui va déstabiliser le couple. Ce qui explique que Leonard ROSENMAN a abordé cette musique comme celles qu’il avait composé pour les films avec James DEAN (LA FUREUR DE VIVRE et A L'EST D’EDEN). Comme dans ces deux classiques, mais dans un mode résolument tonal, à l'intensité moins déchirée, Leonard ROSENMAN déroule, sur la longueur de sa partition, un thème principal mélodiquement riche, où les cordes, le piano et les bois, notamment le hautbois et la flûte alto, dominent.  Ce thème, il l’expose dès un prélude léger et romantique, entamé au piano. Il est suivi de plusieurs développements successifs, d’abord voluptueux dans les cordes, puis de manière plus intime (Prelude). Ensuite, il le reprend sur les différents thèmes autour du couple, d’abord dans un mode profond, toujours très sensible, touchant (Zack), puis de manière plus aérienne, sensuelle, en retenue, avant une belle envolée sur la fin (Zack And Claire). Sur cet intrus de Bart, Leonard ROSENMAN continue, dans la même ambiance, par un thème à la fois jazzy et mélodique, à base de saxophone, de piano, et de guitare (Bart). Puis, revenant inlassablement au thème principal, il introduit un développement assez lent, dont une certaine gravité lui donne un mystère, tout en restant dans une texture émotionnelle (Driving), et même céleste (Claire Sees Zack). Jusqu'à un Postlude où il l’élargit, le jouant symphonique, avec néanmoins des solos de clarinette accompagné de cordes. Suit la musique, bien plus terrifiante, et moins convaincante, de RACE WITH THE DEVIL (COURSE CONTRE L’ENFER), un thriller réalisé en 1975 par Jack STARRETT ; l'histoire de deux amis, Frank (Warren OATES) et Roger (Peter FONDA) qui, sur la route des vacances avec leurs épouses, sont témoins d'une cérémonie satanique qui va plus que les inquiéter. Pour ce film à l’ambiance vénéneuse, Leonard ROSENMAN fournit un score moderne, qui semble, à plusieurs moments, très -voir trop- inspiré par certaines musiques du grand Jerry GOLDSMITH. Leonard ROSENMAN commence, d'ailleurs, dans une approche qui rappelle LA PLANÈTE DES SINGES – et ce sera souvent le cas- par un thème sombre, grinçant, avec des percussions qui tombent, des cordent qui glissent, des roulements de caisses claires. En contrepoint, des cuivres et de nouveau des percussions annoncent déjà une musique plus sauvage (Main Title). Il continue par quelques rares thèmes plus légers, mélodiques avec des parties jouées au clavecin, qui rappellent, dans le style, certaines musiques d’Henry MANCINI (The Alamo, Crossing Bridge). Puis il enchaine par un motif entamé de manière virevoltante, comme un pastiche concertant d’une partition de cirque entrecoupée d’un développement profond, atmosphérique (Bike Race). Il revient alors au style exposé dans le générique : une musique de mystère, de danger, plutôt dans les vibratos avec quelques notes qui se détachent (Devil’s Note / The Pool) ; également une musique orchestrale de tension, aux effets crescendo (The Snake). L'ambiance s’alourdit encore avec des notes longues, étranges, assez proches de bruits, quelques roulements de tambours et des cordes aériennes (Gas Man). Puis par l'apparition de thème graves, où se greffent des cuivres puissants,  un violon électrique, et des bois, notamment de la clarinette basse, qui amènent un malaise, voir de la peur  (The Crash). Également par l’irruption d’une musique rythmée de manière sauvage, par des percussions et des cuivres crescendo, toujours dans un style très inspiré des musiques de films du début des années 1970 (Wizard Reacts, Phony Accident). Leonard ROSENMAN reste dans le suspense mais saupoudré de mystère avec une musique atmosphérique. Et là encore, avec cette musique étrange, glissante, on pense à Jerry GOLDSMITH, ici sa musique pour THE SATAN BUG (SATAN MON AMOUR) (A Tree). Comme souvent chez l’éditeur américain, l’album par plusieurs thèmes complémentaires et alternatifs, comme des déclinaison jazzy et en forme de ballade du motif principal de MAKING LOVE. Au final, voici deux partitions très différentes, enregistrées par Leonard ROSENMAN pour la 20th Century Fox, qui méritent amplement le détour !

RACE WITH THE DEVIL / MAKING LOVE (UNE AUTRE FA9ON D’AIMER).

 

PANIC BUTTON (UN AMERICAIN A ROME)

Le label canadien dédié à la musique de films continue de sortir – uniquement en digital – des bandes originales célèbres ou plus rares. Et c'est justement une partition méconnue du grand Georges GARVARENTZ (LE PARIA, LE RAT D’AMERIQUE) qui nous est proposée aujourd'hui. PANIC BUTTON est une modeste comédie produite en Italie en 1964. Filmé à l'été 1962, en Italie, et sorti près de deux ans plus tard, le film raconte comment deux acteurs inconnus (Maurice CHEVALIER et Jane MANSFIELD) réussissent à décrocher des rôles dans une version filmée de ROMEO ET JULIETTE. Pour la musique, on retrouve le brillant Georges GARVARENTZ dont la partition balance entre des thèmes d'orchestre légers et sentimentaux, et des morceaux de danse qui se situent dans les sonorités de la période des yéyés. D'ailleurs, sur le générique (et aussi le Final), Georges GARVARENTZ commence par un thème principal pop rythmé et contenant d'entrainantes vocalises. Ce n’est que, dans un deuxième temps, qu’il introduit un thème plus classique, chantant et orchestral ; Un thème qui joue aussi la noirceur, le mystère, notamment en utilisant de l’harmonica (Opening-Générique). Sur le début du voyage, Georges GARVARENTZ lance un thème énergique et aux cordes flamboyantes sur une mélodie large, sensuelle mais aussi porteuse d’humour, en particulier dans ses parties de percussions (Flying To Rome). Il reste dans des mouvements romantiques sur l'arrivée à Venise mais en ajoutant, à la mélodie principale, une partie secondaire plus nostalgique, davantage dans les bois bien que des cordes flamboyantes persistent (Venezia-Venice) ; une mélodie que le compositeur intègre dans des thèmes plus secondaires comme ce motif dans les émotions, mais néanmoins chantant, poétique grâce au jeu des percussions, de la mandoline et d’une ligne de violon (Un Clochard M’a Dit-A Tramp Told Me). Et qu’il reprend dans une orchestration jazz portée par du saxophone et une rythmique avec du piano, de la contrebasse, de la batterie légère et même un zest de guitare électrique (Venezia-Night Club). Il continue par plusieurs musiques de comédies comme on entend souvent en Europe à l’époque, et notamment en France ; des musiques à la fois enjouées, rythmées, percussives et colorées, notamment par des cuivres très en forme (Traffic In Rome, The Chase) ; des musiques qu’il mélange parfois à des sonorités locales, en particulier en recourant à la mandoline, ou aussi à des rythmes populaires (Chase In Venice). Le compositeur continue dans les thèmes dansants, rythmés et frais comme cette Mediterraneen Samba entrainée par des chœurs et des trompettes. Georges GARVARENTZ étonne aussi par un thème orchestral frais et romantique, qui se développe dans un esprit très sixties, avec également des trompettes, et une belle partie mélodique sur la fin (Love Is Wonderful). Sur le thème titre, Georges GARVARENTZ reprend un thème rythmé avec de courtes cellules se cuivres, du piano et des cuivres énergique, là encore dans une mouvance pop jazz très populaire dans les années 1960 (Panic Button). Enfin, Georges GARVARENTZ s'amuse en déroulant une sorte de musique baroque idéale pour accompagner les héros sur une séquence de Roméo et Juliette (On The Balcony). En 1964, Georges GARVARENTZ signait, pour ce film tombé dans l’oubli, une belle partition. Autour de ces escapades amoureuses, le compositeur a construit une partition de comédie qui mélange des thèmes généreux d’orchestres et d'autres plus sous influence pop sixties. D'où une partition plaisante, typique des bandes originales de l'époque, équilibrée entre motifs mélodiques et dansants. A redécouvrir !

PANIC BUTTON (UN AMERICAIN A ROME). Un film de George SHERMAN et Giuliano CARNIMEO, avec Maurice CHEVALIER, Eleanor PARKER, Jane MANSFIELD. Musique originale de Georges GARVARENTZ disponible en digital chez Disques Cinémusique.

 

ALL I WANT FOR CHRISTMAS (LE PLUS BEAU CADEAU DU MONDE)

Pour terminer l’année 2016, le label américain propose la musique instrumentale de cette chaleureuse comédie de circonstances réalisée en 1991 par Robert LIEBERMAN et mise en musique par Bruce BROUGHTON, qui sortait du succès de SILVERADO ; l’histoire de deux jeunes Ethan et Hallie (joués par Ethan RANDALL et Thora BIRCH) qui doivent affronter le divorce de leurs parents (joués par Harley Jane KOZAK et Jamey SHERIDAN). Dès le début, Bruce BROUGHTON installe un thème principal à la mélodie particulièrement mémorisable ; il l’introduit d’abord sous la forme d’une petite marche élégante, colorée de cordes voluptueuses qui viennent à s’envoler (On The Street) avant qu’il ne le développe sur le personnage de Michael (Meet Michael) et des enfants (Ethan And Hallie). Il le reprend encore dans un développement façon boite à musique qui s’enchaine avec une musique d'aventures enjouée, rythmée par des cloches, du glockenspiel, du célesta et du triangle (Tony In The Truck) ; également dans un développement davantage dans le mystère avec toujours des cordes, notamment de la guitare, un contrepoint synthétique et de la clarinette (Together Again). Bruce BROUGHTON propose aussi d’autres thèmes comme cette sorte de marche enjouée, chantante, avec de petites trompettes qui entament un développement féérique (Going To Macy’s). L’autre grand thème, c’est celui de l’histoire d’amour, qui apparait d’abord sur la séquence du musée : une musique intimiste, légère, doucement mélodique, à base de guitare et de clavier, qui s’envole de manière symphonique au milieu (At The Museum), avec un contrepoint sensible (I’m Getting Married), frissonnant (Favorite Adventure). Un thème qui apparait aussi, parfois, de manière plus lumineuse, élargi dans l’esprit de noël (Station Goodbye, Playing In The Snow). Jusqu’à une déclinaison nostalgique, avec toujours de la guitare et un contrepoint de cordes (The Christmas Gift-Revised). Bruce BROUGHTON propose aussi des motifs ludiques, entre comédie et suspense, toujours délicatement mélodique, avec un piano froid, de la clarinette et des cordes scintillantes autant qu'intrigantes. Ce thème, on l’entend notamment autour de Snowball, la souris blanche de compagnie de Hallie (The Snowball Ploy, Thickening The Plot). Bruce BROUGHTON reprend aussi All I Want, la chanson particulièrement sensuelle, profonde du film (écrite par David FOSTER/Linda THOMPSON) dans une version instrumentale qui s’intègre, avec sa guitare et ses cordes, dans le reste de la partition. Pour conclure, Bruce BROUGHTON développe une musique scintillante, orchesle et doucement mélodique dans un esprit de noël, avec de nouveau un thème mélodique et un développement doux guitare et cordes qui finit par s’envoler (19. Thank You, Santa!). La partition, relativement courte, se trouve complétée par plusieurs  musiques de source instrumentales: d'abord un Mall Medley, ensemble de musiques traditionnelles orchestrales et de saison arrangées par Don NEMITZ; la Petite Musique de nuit (Eine Kleine Nachtmusik) de Wolfgang AMADEUS MOZART) ; Hark! The Herald Angels Sing, thème joyeux de Felix MENDELSSOHN, arrangé par Bruce BROUGHTON; la Valse des fleurs (Waltz Of The Flowers) de Pyotr Illich TCHAIKOVSKY suivi du Have Yourself A Merry Little Christmas d’Hugh MARTIN et Ralph BLAINE, arrangé par Don NEMITZ. Et aussi: The Santy Song en version de salon au Piano Solo et, sur la mélodie thème principal en mode nostalgique et généreuse, The Christmas Gift. C'est donc une partition relativement simple mais agréable que propose le label dans une édition richement illustrée et complétée par des propos du réalisateur et du compositeur interviewé pour l’occasion ; Celui-ci se montre d’ailleurs toujours aussi efficace et talentueux, tant aux niveaux des mélodies que des orchestrations qui illuminent la moindre de ses notes; un disque de noël oui mais de Bruce BROUGHTON !

ALL I WANT FOR CHRISTMAS (LE PLUS BEAU CADEAU DU MONDE). Un film de Robert LIEBERMAN, Avec Ethan RANDALL,   Thora BIRCH, Harley Jane KOZAK, Jamey SHERIDAN, Kevin NEALON, Lauren BACALL et Leslie NIELSEN. Musique originale de Bruce BROUGHTON disponible chez Intrada records.

 

DAY OF THE LOCUST, THE (EXPANDED) LE JOUR DU FLEAU-1975

Voici une nouvelle édition, complète, d’une belle, nostalgique partition de John BARRY pour un film de John SCHLESINGER réalisé en 1975. Se déroulant dans les années 1930 à Hollywood, cette adaptation d’un best seller de Nathanaël WEST raconte la rencontre entre Homer SIMPSON (Donald SUTHERLAND) un décorateur ambitieux et une jeune fille (Karen BLACK) qui rêve de devenir une star. Pour la musique, John BARRY a ancré sa partition originale autour d’un thème principal unique ; un mouvement délicatement mélodique, porté par le violon et le piano, également un filet de saxophone, qui amène cette dimension nostalgique extrêmement flexible, à la fois triste et tendre que l’on retrouve dans divers variantes (Theme From The Day Of the Locust, Fire and Passion). Il faut dire que ce thème, il le déploie dans une large variété des styles ; notamment doucement dans des duos entre la flûte et la harpe et le violon, qui font ressortir une sensualité inhérente aux partitions de John BARRY (The Storyteller, No Love Have I, The Garden Of the Locust/Lovers In The Valley), plus jazzy, pour piano,  clarinette, et batterie légère (Pictures From The Past), pour piano et orchestre, lui donnant une couleur élégante et émouvante (Memories Of Yesterday). Il le développe encore dans une reprise dansante, une sorte de version de salon, grandiose et élégante, colorée, à base de piano, de clarinette et de cordes dans un esprit lendemain de guerre. (A Picture Of Love). Malgré les apparences, la partition ne se limite pas à ce thème principal : on trouve aussi des thèmes grandioses, colorés, comme ces musiques de parades aériennes, dynamiques, riches en  cuivres, en percussions, avec des cordes tournantes sur un rythme slave (The Flying Carpet, The Hungry Tart) ; également cette musique entre suspense et rythme martial (Waterloo Sketches). On entend également des motifs carrément dansants comme cette rumba ensoleillée, pour piano qui tient la mélodie, batterie,  percussions et saxophone bouché (Rowdy Rumba). Surprenant encore : ce thème de fête et instrumental de cabaret dans un esprit rythmé façon Nouvelle Orléans avec du banjo, des trompettes intenses et des cuivres, dans un esprit typique des années 1930 (Soft Shoe Salesman). John BARRY propose aussi un mouvement plus sombre, atmosphérique ; une musique qui dégage du mystère, du danger notamment avec ces notes aériennes de flûtes et l'intégration de percussions (The Day of the Locust). Comme la plupart du temps chez l'éditeur, l'album est complété par des suppléments et des musiques inutilisées, dont l’adaptation de son thème en chanson écrite avec le grand parolier Don BLACK (Who Needs Stars). En complément également, on entend près de 48 minutes de source arrangées par John BARRY : une reprise du standard de jazz Jeepers Creepers, écrit en 1938 par Johnny MERCER sur une musique d’Harry WARREN, interprétée dans une couleur a l'ancienne ; puis la très populaire Isn’t It Romantic, écrit par Lorenz HART et Richard RODGERS ; la célèbre I Wished on the Moon écrit par Ralph RAINGER et Dorothy PARKER ; Hot Voodoo écrit en 1932 par Sam COSLOW pour le film BLONDE VENUS, avec Marlène DIETRICH. On entend encore une sorte de medley de musiques de cirques et de spectacles voir de péplums (Paramount on Parade/The Invaders(From The Vagabond King)/June in January/Columbia the Gem of the Ocean) et des des titres gospel comme Oh How I Love Jésus et There Is Power in the Blood. Au final, c’est un véritable plaisir de découvrir cette partition complète de John BARRY, qui vaut avant tout pour son thème principal et ses multiples déclinaisons.

DAY OF THE LOCUST, THE (EXPANDED) LE JOUR DU FLEAU-1975

Un film de John SCHLESINGER, avec Donald SUTHERLAND, Burgess MEREDITH, William ATHERTON, Geraldine PAGE. Musique originale de John BARRY disponible chez Intrada records.

ARENA

Réalisé en 1989, cet obscur film de science fiction,  sorti en France sous le titre LES GLADIATEURS DU FUTUR, se déroule dans un futur lointain ; des hommes envoient leurs meilleurs combattants à l'Arena, à bord d'une station spatiale. L’un d’eux, Steve ARMSTRONG, doit affronter un redoutable seigneur du crime extraterrestre. Charles BAND, le producteur du film, a confié l'écriture de la musique à son frère Richard BAND, un habitué des films fantastiques (PUPPET MASTER, RE-ANIMATOR). Celui-ci propose une partition relativement minimaliste et, surtout, intégralement synthétique, avec des claviers qu’il joue lui-même, accompagné du programmateur et compositeur Gary CHANG (UNDER SIEGE/PIÈGE EN HAUTE MER). Ensemble, ils se sont évertués à créer un monde sonore à la fois thématique et moderne. La partition commence par un thème de générique plutôt réussi, de base synthétique, atmosphérique, accompagnée de batterie. On y découvre aussi une partie mélodique digne d’une saga galactique rythmée par des caisses claires (Main Title), que l’on retrouve plusieurs fois, à commencer dans cette ambiance spatiale, rythmée mais aussi étrange (Horn Goes Berserk), ou encore, de manière légère, en forme de marche classique (Steve Fights Sloth) ou plus martiale (I Had This Dream). Richard BAND continue par une sorte de procession musclée, percussive, qui alterne les parties lentes, et celles, plus rapides (But Is He A Sportsman). Il introduit aussi une musique électro percussive, rythmée par de la batterie, qui apporte, là encore, une ambiance spatiale en même temps qu'elle accompagne l’action (Who The Hell Is Fang, I’ve Already Got A Job, I Want My Money Back). Parfois, avec des boucles et des notes assez graves, ces musiques sonnent à la manière des sonorités de science fiction des années 1980 et 1990 (Let’s Get The Hell Out Of Here). Bien sûr, Richard BAND n’en oublie pas de  poursuivre une musique  spatiale, assez lente, qui avance dans un contrepoint assez épais (Nobody Tells Me What To Do), tout en revenant doucement vers une ouverture sur le thème principal et une sorte de marche héroïque (A Token Of Our Appreciation). Ce qui annonce également un thème positif, coloré par de la guitare, des percussions scintillantes et de la harpe (Meet Me At My Place Tonight). Richard BAND continue par un thème mystérieux, aérien, avec une sorte de gimmick répétitif et un contrepoint plutôt doux, sensible avant une deuxième partie dans le merveilleux (You’re Not Falling For Him). L’album contient une Suite de 7 minutes qui reprend les grands moments de la partition (Fix The Handicapper). Sur la fin, Richard BAND muscle la partie action, par des musiques graves, grondantes, tournantes (Don’t Have Any Strength Out Here) mais aussi survolées d'un mouvement mélodique plaisant (Steve Wins). Au final, Richard BAND signe une de ses meilleures bandes originales, suffisamment maitrisée pour susciter l'intérêt ! Et même si la musique apparaît synthétique, il faut souligner que le compositeur a su, avec l’aide de Gary CHANG, mettre en place un éventail de thèmes, de motifs et de couleurs, qui aboutit à un mélange intense d'action et d’héroïsme !

ARENA (LES GLADIATEURS DU FUTUR). Un film réalisé par Paul MANOOGIAN, avec Paul SATTERFIELD, Hamilton CAMP, Claudia CHRISTIAN, Marc ALAIMO, Shari SHATTUCK. Musique originale de Richard BAND disponible chez Intrada records.

 

 

 

SILVER STREAK (TRANSAMERICA EXPRESS)

Comme Gene WILDER, en colère  après avoir été jeté hors du train, vous allez pouvoir vous exclamer, à l'écoute de cette nouvelle édition de la musique d’Henry MANCINI, que ceci est terrible! Sauf que votre cri représentera plutôt de la joie car, au contraire de l'édition précédente, la partition est présentée ici en intégralité et, grâce aux progrès techniques, en stéréo. Pour accompagner une course folle de Los Angeles à Chicago en train, en auto, en avion ... et même à pied,  Henry MANCINI a élaboré une partition mettant en avant trois éléments du scénario : d'abord, il amène un rythme infectieux avec le thème  du train, puis deux motifs mélodiques principaux, l'un pour la partie romantique, l'autre pour les séquences d'action. Entre les deux, il enrichit sa partition de thèmes secondaires, souvent associés aux pitreries de Richard PRYOR. Henry MANCINI commence par un thème qui avance de manière swing. En contrepoint, se découvre une mélodie resplendissante, dans les cordes dont la partie mélodique se voit reprise par les cuivres puis l'ensemble de l'orchestre. Il s'agit d'une belle musique de générique, comme on en entendait beaucoup, dans les années 1970, en particulier sur des films catastrophes (Main Title). Évidemment, ce thème principal revient souvent, comme  ces variantes parfois à base d’harmonica rythmée à la façon d’un train (This Is Terrific, Son Of This Is Terrific). On le retrouve encore repris en majeur, à la façon d’une envolée avec des parties électroniques et des cordes pour une musique qui avance (The Fun Of Flying). On pense encore aux seventies sur ce thème de Jill, élégant et délicatement romantique, proche du jazz, à base d’orgue et de saxophone qui reprend la partie mélodique, enveloppée par des flûtes et les cordes (Something For Jill). Sur le personnage de Hilly (Jill CLAYBURGH) Henry MANCINI continue par un deuxième thème principal, de base pianissimo à la fois délicat et mélodique. Et bien sûr romanesque, par la présence de son contrepoint de cordes et son développement ou on retrouve de l'orgue et du piano dans une couleur jazz très présente dans le cinéma américain des années 1970 et qu'il reprend sur plusieurs morceaux. On note que, dans une deuxième partie, Henry MANCINI introduit un thème de danger, (Hilly’s Theme/Bye Bye Professor/Lie Down George, On To Kansas City, Hilly’s Theme). Plus anecdotiques, le compositeur introduit aussi de courtes musiques rock jazz (Club Car Rock), des  Redneck Blues et Shoe Shine dans la pure tradition américaine, utilisant de la guitare, de l’harmonica et un Men’s Room Rock qui se situe davantage dans le domaine de la variété. Il amène encore une mélodie de situation, sournoise, orchestrale avec des cuivres dans les graves (Sneaky George) et une sorte de musique tourbillonnante, à la manière des partitions de séries catastrophes des années 1960 (I’ll Try). Enfin, pour l’inévitable grrand thème d'action, Henry MANCINI commence par un thème dans les vibratos. Puis il développe un mouvement de suspense qui, notamment dans son contrepoint, son caractère obsessionnel, rappelle la complexité, la force de certaines partitions de Bernard HERRMANN, notamment PSYCHOSE. C'est également un thème tendu d'un point de vue rythmique, qui suit, par le claquement des caisses  claires, l'éclat des percussions et des cuivres, l’avancée de l'action (Runaway Train). Au final, Henry MANCINI a créé une partition de genre comme on en entendait beaucoup dans cette période ; une partition de qualité qui apparaît, en plus de ses motifs chantants et jazzy, par la richesse et les couleurs de ses thèmes aux mélodies richement savoureuses, aussi palpitante que le film !

SILVER STREAK (TRANSAMERICA EXPRESS). Un film d’Arthur HILLER (1976), avec Gene WILDER, Jill CLAYBURGH, Richard PRYOR, Patrick McGOOHAN. Musique originale d'Henry MANCINI disponible chez Intrada records.

 

TRANSFORMERS

Apres les bandes originales des films cinéma, voici celles de la série de dessins animés pour la télévision ! En plus, il s'agit d'une version double vinyle des musiques dynamiques composées par Vince DI COLA, connu surtout pour celles de Rocky IV. Avec ses sonorités essentiellement synthétiques et rythmiques, il apporte, sur les aventures de ces monstres robots futuristes des sensibilités up-tempo modernes. Il insuffle également une véritable énergie renforcée par des motifs redoutablement efficaces et sans quasiment utiliser d'orchestre. On retrouve sa couleur typique d’abord dans un thème dynamique et complètement électronique. Ainsi, fidèle à son image, il amène d'abord un thème rythmé et répétitif, avec des nappes de cordes synthétiques et de claviers variés en contrepoint. Ce qui donne une profondeur à la musique, également un côté rock dynamique (Moon Base 2 – Shuttle Launch). Il multiplie aussi les courts thèmes dynamiques et violents qui amènent des ambiances électriques typiques des années 1980 pour des séquences de combats de robots qui ont fait la légende des transformers (Space Attack, Autobot/Decepticon Battle). Il introduit aussi, science fiction oblige, des thèmes atmosphériques et spatiaux comme Fishing. Puis une impressionnante marche électronique et rythmée qui rend compte de la force et de la grandeur des Transformers. Et cela toujours sous des sonorités rocks et musclées très dans la mouvance des années 1980 (Prepare For Extermination). Vince DI COLA continue par un thème musclé, plus d'inspiration orientale et avec des roulements de caisses claires qui lui donnent une dimension martiale en même temps qu'une profondeur qui revient dans d'autres morceaux spatio-temporels comme Megatron Departs. On note aussi une séquence de claviers en même temps que des harmonies profondes, amples, spatiales (Optimus Prime vs. Megatron). On trouve aussi, et c'est normal, de pures musiques électro galactiques composées de boucles, de rythmiques et même de souffle, avec des parties qui avancent au rythme des robots dont certains, comme Unicron, peuvent se transformer en planètes  comme I Am Unicron. On trouve aussi de belles marches particulièrement rythmées, notamment sur des séquences d'action (The Wrong Way). Mais aussi souvent  mélodiques, descendantes des musiques des séries animées japonaises des années 1970 et 1980 (The Coronation), avec, souvent, avec des accents rocks renforcés par les guitares, les percussions (Escape), ou parfois davantage pop, sur des parties de tension (Twisted Planet). On remarque également des thèmes plus atmosphériques, baignant dans les sonorités de synthétiseurs aux allures très science fiction (Moon Base 1 Destroyed) avec de jolies parties mélodiques,  limite psychédéliques, portées par des claviers, développées de manière large, colorée par des rythmes intenses  (Closing In, Crash Landing). Vince DI COLA multiplie des thèmes purement électroniques, qui maintiennent le suspense dans le digne héritage des musiques de séries de manga animées des années 1980. Mais tout en faisant avancer l'action avec des mélodies solides, un peu rocks et, surtout, purement synthétiques (The Trial, Decepticon Attack, Reunited). Ces sonorités caractéristiques continuent dans des thèmes parsemés de grands mouvements synthétiques et, en même temps, des roulements percussifs et des riffs de guitare électrique annonciateurs de guerre (Unicron Transforms, Reunited). Jusqu'à un final grandiose et qui reprend la trame mélodique, rythmique de l'essentiel de la partition (Legacy). Au final, Vince DI COLA, à travers une large étendue de thèmes, démontre une force de frappe, ainsi que des couleurs particulièrement modernes. Même si elles apparaissent aujourd'hui rattachées à une passé, de celui qui a été rendu célèbre par les musiques du héros immortalisé par Sylvester STALLONE, on se laisse entraîner par la dynamique mais aussi la nostalgie de ces musiques électro-robotiques!

TRANSFORMERS. Musiques originales de la série animée composés par Vince DI COLA disponible chez Intrada records.

 

TWILIGHT ZONE (LA CINQUIÈME DIMENSION)

Le label américain propose aujourd'hui, et c'est une  première mondiale, les musiques originales de la série des années 1980 LA CINQUIÈME DIMENSION ; en fait la relance de la célèbre série LA QUATRIÈME DIMENSION (TWILIGHTZONE) créée par Rod SERLING, mise en musique à l'époque par de grands noms comme Jerry GOLDSMITH, Bernard HERRMAN et Robert DRASNIN, qui intervient comme superviseur musical de la nouvelle série. Dans les épisodes, sont présentés le travail fantastique d'une autre génération de compositeurs et de réalisateurs. L'album commence évidemment par le générique : Merl SAUNDERS and The Grateful Dead signe pour cette nouvelle série un thème étrange, peu convaincant ; un mélange de sons, de bruits et d'éléments du motif originel (The Twilight Zone ’85 Main Title). Le programme commence véritablement par deux partitions complexes de Christopher YOUNG, qui utilise notamment des carillons, des  cloches d'orchestre, du piano et des percussions intenses sur A Small Talent for War, épisode réalisé par Claudia WEILL et A Matter Of Minutes, réalisé par Sheldon LARRY. Suivent quatre partitions du grand Basil POLEDOURIS : d’abord A Message From Charity, épisode réalisé par Paul LYNCH ; une partition mettant en vedette un orchestre de 20 musiciens, et qui commence par un thème profond, utilisant un zest d'accordéon. Et se poursuit sur un mode naviguant entre deux styles : d'abord une musique étonnante de style renaissance, avec des cellules harmoniques à base de clavecin et de vibratos de harpe. De l'autre, une musique plus classique de suspense. Le deuxième morceau de Basil POLEDOURIS, de l’épisode Monsters!, réalisé par B.W.L. NORTON, apparaît tout de suite plus violent, avec une énergie proche des thrillers américains. Basil POLEDOURIS continue par un thème noir, lent et qui contient des harmonies à la fois romantiques et tragiques, à la manière de Bernard HERRMAN, une rythmique de piano, mais aussi du clavecin, à la façon du temps qui s'égrène  (Profile in Silver, réalisé par John HANCOCK. Sur Song Of The Younger World, épisode réalisé par Noël BLACK, Basil POLEDOURIS reste dans cette mouvance étrange tout en proposant d'autres couleurs : de harpe, de flûte aérienne parfois chantante, tandis que le piano apparaît plus froid. On entend ensuite une partition de Kenneth WANNBERG qui se distingue par son aspect délicatement mélodique, à base d'harmonica et de piano, également de filets d'accordéon qui amène du mystère. Mais aussi par sa matière rythmique, dans des pianos froids et des percussions doucement tribales.  (Still Life, réalisé par Peter MEDAK). On en vient ensuite à une partition étonnante, sereine et émouvante de Dennis McCARTHY; une musique à la fois assez sévère, aérienne et tonale, d'où l'étrange vient du mélange entre des voix, des lignes synthétiques, des grincements de cordes et, parfois, des rythmes  de piano (Voices in The Earth, épisode réalisé par Curtis HARRINGTON. J.A.C. REDFORD étonne et casse les codes des rythmes classiques tout en restant mélancolique avec ce thème presque celtique, à base de flûte et de piano léger, à la mélodie principale superbe, avec son contrepoint de harpe, et sa ligne de hautbois (What Are Friends For? réalisé par Gus TRIKONIS). Suivent plusieurs partitions de Craig SAFAN, dont celle qui démarre à la fois dans le mystère par des cordes profondes, et la sulfure avec du saxophone, puis qui devient plus légère, chantante, avec de la clarinette (Dead Woman’s Shoes réalisé par Peter MEDAK). Mais aussi cette musique intrigante, à base de piano mélancolique, de cordes grinçantes, et de violon doucement enjoué. Le tout utilisé dans une musique qui intègre aussi des bruits, notamment des horloges et les mélange à des sonorités acoustiques, (Wong’s Lost and Found Emporium, épisode réalisé par Paul LYNCH). On passe aux musiques de deux épisodes réalisés par Jeannot SZWARC (connu pour le SUPERGIRL, musique de Jerry GOLDSMITH) : d’abord une partition de Fred STEINER qui, sur A Day In Beaumont, donne une couleur et un rythme à l'ancienne ; ce qui semble naturel pour un compositeur qui avait travaillé sur la série originale. Ensuite une partition d’Elliot KAPLAN sur The Last Defender Of Camelot, qui se distingue par sa belle mélodie et sa pléthore de fanfares anglaises de cuivres. Arthur KEMPEL arrive, quant à lui, à insuffler une ambiance de cauchemar, par des jeux de cordes horribles, des percussions et des synthétiseurs sur The Elevator ;  une histoire de Ray BRADBURY réalisée par R.L. THOMAS. Viennent enfin plusieurs partitions de William GOLDSTEIN : celle, élégante composée pour Her Pilgrim Soul, réalisé par Wes CRAVEN, le créateur du personnage de Freddy, les griffes de la Nuit. Puis celle qui commence de manière délicate, puis devient plus étrange, en particulier par le piano, qui amène, avec des tambours, du rythme, tandis que les  cellules de cordes apparaissent plus diaboliques (The Card, réalisé par Bradford MAY). William GOLDSTEIN continue par une belle partition, qui démarre au piano solo, de manière très mélodique, intimiste. Les cordes entrent progressivement, avant une touche de jazz qui rappelle, avec le saxophone et, surtout, le xylophone, les sonorités des années 1960 (Time And Teresa Golowitz, épisode réalisé par Shelley LEVINSON). A noter, que, parmi les bonus, on trouve une version chantée de ce même thème. Au final, ce triple album s’avère passionnant, de par la diversité des compositeurs mais aussi des partitions, qui perpétuent l’esprit si particulier de cette série mythique.

TWILIGHT ZONE. Bande originale de la série LA CINQUIÈME DIMENSION. Musiques originales de Merl SAUNDERS and The Grateful Dead, Christopher YOUNG, Basil POLEDOURIS, Kenneth WANNBERG, Dennis McCARTHY, J.A.C. REDFORD, Craig SAFAN, Fred STEINER, Arthur KEMPEL Elliot KAPLAN. Coffret 3 cds disponible chez Intrada records.

 
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L'APPARTEMENT

Comme l’annonce le producteur, cette première édition de la bande originale composée par Peter CHASE (NINA TANNENBAUM et PORTRAITS CHINOIS de Martine DUGOWSON, sortis en 1994 et en 1996, LE BATTEMENT D’AILES DU PAPILLON de Laurent FIRODE, mettant en vedette Audrey TAUTOU, en 2000), comblera les amateurs de partitions orchestrales qui distillent une atmosphère envoûtante, tout en offrant une haute teneur mélodique; une   musique qui compte pour beaucoup dans la réussite du drame érotico-romantique de Gilles MIMOUNI avec, dans les rôles principaux, Vincent CASSEL et Monica BELLUCCI. Succès mitigé en France, le film a été apprécié à l'international pour sa profondeur psychologique et ses références stylistiques mais aussi pour la superbe partition, envoûtante et charnelle, de Peter CHASE  (NINA TANNENBAUM et PORTRAITS CHINOIS de Martine DUGOWSON (1994 et  1996), LE BATTEMENT D’AILES DU PAPILLON de Laurent FIRODE, avec Audrey TAUTOU (2000), superbement interprétée par l’Orchestre philharmonique de Moscou, sous la direction de Konstantin KRIMETZ. Peter CHASE commence par une introduction étrange, aérienne, avant un thème principal bercé de cordes voluptueuses ; d’où un mouvement à la fois débordant de romantisme et empli déjà de mystère (La cabine téléphonique du café), qu'il reprend,  développe, sur la séquence de la Rencontre de Max et Lisa. Il se sert dès lors d’une dimension musicale de thriller passionnel quasi hollywoodienne, conjonction entre une ligne de piano et des cordes vibrantes qui renvoient soit à des soupçons de trahison (Max suit l'amant de Lisa), des questions (Max Pénétrer Dans L'appartement) où des  moments de séduction empreints d'un parfum vénéneux, à base de vibratos et de saxophone (Rencontre de Max et Alice, Chassé-croisé de Max et Lisa, Alice et Lucien).  Le compositeur apporte néanmoins une légère dimension classique, grâce à des cordes balançant sur un mouvement de valse, et surtout le saxophone (joué par Alexei VOLKOV), qu’il utilise dans un thème comportant une sorte d’écho précédant un mouvement mélodique, fragile à base de cordes vibrantes, dévoilant une part d'ombre sur le personnage de Lisa (LaVidéoDe Lisa). Il introduit également des thèmes flamboyants, toujours avec une part de saxophone (Max Retrouve Lisa Sous La Neige)  ou de mouvements inspirés de la musique classique, plus agités, tendus (Le départ de Lisa VuPar Max). Pour le personnage d’Alice (Romane BOHRINGER), une mythomane bisexuelle au charme redoutable, Peter CHASE propose un thème maléfique et féminin à base de piano qui s'égraine, de cordes vibrantes, là encore à la façon d’un thriller, et de saxophone pour la partie mélodique (Alice trouve la lettre dans l'appartement). On notera encore ce curieux thème où le mystère vient du limonaire et de cordes gracieuses, abyssales (Alice Suit Max) tandis que, pour la confrontation entre Alice Et Lisa, Peter CHASE reste dans un univers troublant, avançant un thème lent, à base de saxophone et de cordes lointaines, vibrantes, qui dégage beaucoup de mystère (Alice et Lisa). L'album se termine par un Final en forme de suite (excellente) quasi concertante reprenant les moments essentiels de la partition. On notera enfin que l’album commence par la chanson Same KindOfWoman, écrite par Peter CHASE, un titre très plaisant, aux chœurs retentissants et une orchestration rythmée avec notamment de l'orgue. Peter CHASE propose une excellente musique à découvrir,  qui joue autant sur la séduction que le soupçon; une partition qui contient de très beaux thèmes mélodiques mais qui marque surtout par son format harmonique très habile, efficace bien qu'emprunté au cinéma de genre, hormis certaines parties plus inspirées de l'école classique.

L'APPARTEMENT - Musique originale de Peter CHASE, interprétée par l’Orchestre philarmonique de Moscou dirigée par Konstantin KRIMETZ, disponible chez les disques cinémusique en édition limitée 500 exemplaires. 

 

CHANEL SOLITAIRE

Voici la première édition en cd de CHANEL SOLITAIRE (1981), une magnifique bande originale d’un compositeur surtout réputé comme arrangeur et pianiste accompagnateur dans le domaine des variétés (de Joe DASSIN à Nicole CROISILLE en passant par Barbara, Charles AZNAVOUR et d’autres). Jean MUSY a tout de même trouvé le temps de composer pas moins de 70 musiques de films pour des réalisateurs comme Costa GAVRAS (CLAIR DE FEMME), Jean-Marie POIRE (PAPY FAIT DE LA RESISTANCE), Gérard OURY (VANILLE FRAISE) et surtout Jean-Claude BRISSEAU grâce auquel il a reçu un César pour NOCE BLANCHE. Cependant, c’est avec ce CHANEL SOLITAIRE, réalisé par Charles KACZENDER en 1981, que Jean MUSY a pu donner la pleine mesure de son talent. Cette production ambitieuse, mettant en vedette Marie-France PISIER, Timothy DALTON et Rutger HAUER, retrace la carrière et les amours de la dessinatrice de mode Coco Chanel. Comme le succès ne fut pas au rendez-vous, le film et sa bande originale ont rapidement sombré dans un oubli immérité ; cette dernière est aujourd’hui réhabilitée en version plus complète que le vinyle d’époque et c’est vraiment une bonne nouvelle tant il s’agit d’une partition de qualité. Interprétée par l’Orchestre symphonique de la Garde républicaine sous la direction de Roger BOUTRY, la musique reste dans l’ensemble fidèle au son de l’époque, le début du siècle dernier, en s’appuyant sur une grande variété de thèmes d’inspiration très romantique. Jean MUSY commence par une ouverture sombre, mélancolique et introduit un thème mélodique, superbe, porté à la fois par le piano et la clarinette. Il est ensuite repris de manière orchestre, accompagné de chœurs qui lui confèrent une couleur à l’italienne, à la fois délicate, lyrique (Chanel Solitaire – Ouverture) et souvent bouleversantes, notamment sur le Départ De L‘orphelinat mais aussi L’accident de Boy Capel. Pour en revenir au thème d’ouverture, le compositeur le  reprend sur des moments intimistes (Chanel Solitaire III) ou tragiques, comme sur ce motif grave mais puissant, coïncidant sur la séparation entre Coco et son père ; un lento orchestral, presque de fanfare triste, funèbre, avant une reprise du thème principal chantant, pleurant, à l'italienne, en particulier dans l'utilisation prolongée du hautbois (L’adieu Au Père). Jean MUSY continue par un thème exceptionnel, à la fois coloré, mélodique et flamboyant, portant par une structure pianissimo et des éléments électroniques discrets en contrepoint, comme un écho ; un thème très réussi que le compositeur reprend parfois, délicatement, de manière chantante avec une orchestration qui rappelle son travail sur BILITIS de Francis LAI (Le Thème Des Chevaux I &II, Chanel solitaire V - Rêverie). Jean MUSY revient ensuite vers une musique plus solennelle ; des motifs au piano solo, très intimistes, délicatement mélodique, qui contienne ou un envol symphonique (Chanel solitaire II, Finale) ou un développement profond, romantique et grave tandis qu’un développement chantant à base de clarinette et piano apporte de la douceur, de la nostalgie (Chanel Solitaire II) et résonne, quand il est utilisé sur un tempo rapide, comme un écho à l'enfance, à la création (Chanel inspirée). Plus étonnant, Jean MUSY introduit un grand thème royal, très 18ème siècle en forme de fanfare puis le détourne en mode valse généreuse, sur un tempo assez lent (Chanel Solitaire IV - Le beau monde) ; également un divertimento romantique dont le violon déroule un mouvement poétique (Chanel solitaire VI - Divertimento), également de nostalgie (Chanel Solitaire VII - Amour Perdu). Au final, voici une partition exemplaire, magnifique, où Jean MUSY fait preuve à la fois d’un grand talent de scénariste musical, de mélodiste raffiné, et d’un orchestrateur qui, entre le romantisme français et italien, apporte une chaleur incroyable. N’hésitez-pas à commander ce must curieusement inconnu de la musique de film française, d’autant plus qu’il s’agit d’une édition très limitée (seulement 350 exemplaires !) et agrémentée d’un livret-couleur de 8 pages. Vous ne le regretterez pas, on vous le promet !

CHANEL SOLITAIRE. Un film de Charles KACZENDER (1981), avec Marie-France PISIER, Timothy DALTON et Rutger HAUER. Musique originale composée par Jean MUSY disponible chez Disques Cinémusique.

 
 

DUEL

On ne l’attendait plus ! Mais c’était sans compter sur le label américain qui, plus de quatre décennies après la sortie en 1971 du premier film (en fait téléfilm) de Steven SPIELBERG, réussit l’exploit d’éditer la bande sonore de Billy GOLDENBERG ; un compositeur qui a presque exclusivement composé pour la télévision, notamment dans la série COLUMBO. Ce film passionnant et glaçant a rencontré un succès remarquable et a lancé la carrière de réalisateur de Steven SPIELBERG au cinéma. On y suit Dennis WEAVER, qui effectue un voyage d'affaires en voiture sur une route semi-déserte, tranquille en apparence. Jusqu’au moment où il double un gros camion qui n’apprécie guère la manœuvre. Dès lors, s’engage une course entre la voiture et le camion, une poursuite agressive, nerveuse et dangereuse ; un film sensationnel, fort en émotions, qui permit à Billy GOLDENBERG de créer un des scores les plus expérimentaux qui soit pour la télévision, présenté ici en intégralité alors qu'une grande partie de la partition avait disparue du film fini. Des le début, Billy GOLDENBERG propose des sonorités assez cauchemardesques, dérangeantes, marquées par des cordes grinçantes et une multitude de bruits de percussions mais pas seulement pour finir sur une note plus grave. C’est une des particularités de cette partition de jouer sur plusieurs couches sonores, multipliant les effets, les sources et donc les émotions, de peur en l’occurrence (Passing The Truck, Truck Waiting #1). Le compositeur continue par une musique plus orchestrale, parfois redondante, marquée par des percussions tribales, un piano obsessionnel, sur un schéma tournant, répétitif, à la manière d'une musique de thriller (Truck And Car Encounter). Il s’agit d’une musique typique des années 1970, qui inclue que des éléments électroniques qui apportent un côté fantastique, des cordes obsessionnelles; une musique véritablement palpitante qui mélange action et fantastique (Truck Stops). On note aussi l’emploi des percussions, que l’on retrouve sur des musique d’apparence plus calme, dont le léger motif de xylophone installe une ambiance qui traduit l'inquiétude du personnage principal, également ses délires par des motifs tournants Mann’s Thoughts, Lone Driver Eating). On remarque aussi ce thème embarqué par des notes très serrées de piano, des percussions métalliques et de courtes parties graves qui, en évoquant une musique orientale, créent un malaise, renforcé par des cordes dans les vibratos (Truck Racing Car) ; un piano dans les graves associé à une sorte de souffle évocateur du désert et des cordes délicatement répétitives en contrepoint, débouchant sur un final particulièrement dramatique (Final Duel). Au final, voilà une partition méconnue qu’il faut se dépêcher de découvrir. En effet, Billy GOLDENBERG déploie avec ingéniosité une composition qui, à l’image du scénario, apparait particulièrement agressive, atonale et intense! On reste véritablement stupéfaits devant des motifs complexes qui mélangent, sur plusieurs couches, des éléments d’orchestres et des bruits synchronisés qui aboutissent à un melting-pot sonore organisé. D’où une musique qui joue, plus que sur les peurs du personnage, sur le ressenti du spectateur. L’album comprend en complément quatre instrumentaux de musique locale, presque country, des thèmes que le conducteur entend dans sa voiture dans de brefs fragments de film. On trouve enfin une version alternative du générique de fin. Comme toujours, le visuel est impeccable et le livret particulièrement documenté. Il en ressort alors une très belle édition pour une musique rare, intelligente.

DUEL. Un film réalisé par Steven SPIELBERG, avec Dennis WEAVER. Musique originale composée par Billy GOLDENBERG disponible chez Intrada records. 

 
 
 

FOU A TUER (CRAWLSPACE)

Dans ce film, Klaus KINSKI incarne le docteur Karl GUENTHER, dont la jeunesse a été mis à mal par un père nazi. Propriétaire consciencieux, il ne loue ses appartements qu'à des jeunes femmes attrayantes qui, une à une, ainsi que Josef STEINER (Kenneth Robert SHIPPY), un chasseur de nazis, deviennent ses victimes. Tout comme Martha WHITHE (Sally BROWN), qu’il séquestre. Jusqu’à Lori BANCROFT (Talia BALSAM), la dernière survivante qui se révèlera une rude adversaire d’un fou capable de tout. Editée en vinyle à l’époque par Varèse sarabande, voici la première version CD de la partition de Pino DONAGGIO pour ce thriller d'horreur tourné en Italie en 1986. L’album commence par un étrange thème principal, en fait une chanson, plus précisément une complainte élégiaque en hébreu, représentant les liens familiaux du docteur Karl GUENTHER ; un thème conçu, selon les propres mots du réalisateur pour rappeler au spectateur la terrible tragédie de l'Holocauste. Cette complainte est interprétée par une voix lointaine accompagnée d'accordéon et de piano (Falling From Grace With The World, Martha’s Lament). Cette complainte, elle revient régulièrement dans la partition, jusque dans le générique de fin (Martha’s Lament/End Titles, Goodbye, Mr. Steiner), comme pour rappeler les liens nazis du médecin fou. Arrive ensuite le générique, plus caractéristique de Pino DONAGGIO ; un thème tendu, répétitif, grave, évoquant à la fois l’action et la terreur, à base de cordes et d’éléments d'électroniques. Tout de suite, ce thème amène une ambiance malsaine, étrange, surréaliste même, comme souvent chez Pino DONAGGIO (Main Title). Dans la même lignée, celui-ci continue avec un thème tournant, parfois grondant dans les cuivres, obsessionnel dans les cordes, qui avance de manière grave, colorée avec des cellules électroniques caractéristiques d'un cinéma italien d'épouvante (The Chase). Souvent dérangeante, la partition joue aussi des bruits ou de jouets ou d'objets comme un téléphone (Voyeurs/Who’s Swimming In Your Bathtub ?) ou de percussions qui grattent, accompagnées d'un mouvement orchestral inquiétant et qui le reste tout en devenant plus mélodique. Ce qui donne un côté mystérieux, qui empire quand le compositeur introduit une musique plus adaptée à un thriller. Il n’en oublie pas l’aspect sensuel, en utilisant une voix et un saxophone mélodique, enivrant ; un mouvement de cordes qui dévient quasi, immédiatement diabolique (Sorry, Kitty, . I’m Coming) ; une partie sensuelle parfois mélangée à l’horreur, comme avec cette partie assez violente suivie d’un développement orchestral, quasi romantique mais qui contient un malaise en contrepoint (Goodnight, Lori). Et puis bien sûr, le compositeur multiplie les thèmes d’horreurs comme ce motif de suspense, à base de cordes, à la dérangeant et grinçant (Blowpipe Blues). Certes, cette partition rarissime apparait moins mélodique et sensuelle que DRESSED TO KILL, qui reste la référence incontournable de Pino DONAGGIO. D’ailleurs, comme dans cette dernière partition, également dirigée par Natale MASSARA, il joue le jeu des faux semblants en alternant musiques d’épouvantes et thèmes fantasmagoriques ; des motifs de cordes profonds, parfois attractifs, parfois effrayants mais souvent construits sur des rythmes pulsés. Ce qui ne l’empêche pas d’être très intéressante puisqu’on y retrouve tout son talent de créateur de thèmes frissonnants et d’ambiances mélangeant amour et danger. Comme toujours chez l’éditeur américain,  l’album comprend un superbe livret avec des notes d'information par Andy DURSIN.

FOU A TUER (CRAWLSPACE). Un film de David SCHMOELLER, avec Klaus KINSKI, Talia BALSAM. Musique originale de Pino DONAGGIO disponible en cd chez Intrada records.

JUSTINIEN TROUVÉ OU LE BATARD DE DIEU

C’est une belle surprise que nous a réservé le label canadien avec la réédition de la bande originale (introuvable depuis longtemps) de ce très beau film du réalisateur et surtout producteur à succès Christian FECHNER. Co-scénarisé par l’historien Michel FOLCO, il suit les mésaventures d’un enfant abandonné à la fin du XVIIe siècle.  Affligé d’une terrible mutilation, accusé à tord d’un crime, Justinien sera éventuellement forcé de devenir bourreau pour éviter une condamnation aux galères. Pour la musique, alors qu’il aurait pu choisir un compositeur célèbre, Christian FECHNER a préféré être fidèle en amitié en la proposant à Germinal TENAS ; un compositeur qui a surtout travaillé pour la télévision (la série PALACE), la publicité (Le Ticket Chic de la RATP) et, plus rarement, pour le cinéma (CHOUCHOU de Gad ELMALEH). Pour cette fresque aux allures de conte philosophique, Germinal TENAS a probablement composé la musique de sa vie tellement il s’est impliqué et à communiqué son enthousiasme à ses nombreux collaborateurs. La réussite de cette bande originale, elle la puise aux sources du Moyen Age et  de la Renaissance mais aussi évidemment au talent du compositeur et de son arrangeur Gilles TINAYRE, en particulier en ce qui concerne l’apport de sonorités électroniques. L’album s’ouvre par une sorte de chanson d’inspiration folklorique, La Complainte De Justinien, dont la musique et les textes sont signés Germinal TENAS. Pour ces parties chantantes à capella, il a fait appel au groupe Sanacore, né de la rencontre de quatre chanteuses proposant une interprétation originale de chants populaires italiens arrangés et de créations contemporaines. Arrive ensuite le premier morceau orchestral, qui surprend par son ampleur, que l’on doit à l’orchestre anglais mais aussi à des chœurs quasi grégoriens qui, d’emblée, donnent une couleur, une empreinte spirituelle (Miserere Nobis - Le charnier). Le compositeur enchaine avec le thème principal, celui de Justinien, basé sur ligne très mélodique de flûte. Il s’agit d’un thème assez doux sur une structure d’inspiration moyenâgeuse (Nez En Bois). C’est aussi un thème qui revient régulièrement ou dans sa partie mélodique sur une ligne nostalgique, émotionnelle (La Séparation, Le Lever Du Jour) ou agrémentés de chœurs (La Dernière Vérité) ou dans sa couleur comme ce thème à base de flûte soufflée, profond, lent (La Tristesse De Justinien). Il embraye avec un autre thème fort et original ; une sorte de petite danse flamboyante et rythmée, portée à la fois par les bois et les percussions qui prennent ici une place prépondérante  (L'Entraînement) ; des danses d’inspiration plus ou moins moyenâgeuses : avec beaucoup de cornemuse et autres instruments traditionnels que, parfois, le compositeur mélange aux chœurs, ce qui leur donne un côté impérial, royaliste, qui convient à merveille à ces films qui mélangent aventure et histoire (Révolte A Racleterre), ou aux accents arabes, rythmées par vibratos des notes navigantes, très colorées, notamment par des bois orientaux (Souvenirs Mauresque) ; d’autres jouent plus la tradition du terroir en ayant recours à des instruments comme des cornemuses, cordes à roue (Jour De Fête). On rentre ensuite dans la partie plus classique de la partition mais tout ici resplendissante. On entend d’abord un thème profond, à base de flûte de pan, tandis que l’orchestre intervient en contrepoint dans un registre mélancolique  (Les Histoires de Coutouly). Cette dimension classique prend toute sa force quand le compositeur amène, à sa manière, une sorte de requiem entrevu au début de la partition; un thème empreint de voix masculines et d’un développement à la façon d’une messe (Fide Et Obsequio) ; ce que l’on retrouve dans des morceaux portés par l’orgue et les chœurs en arrière (La Chapelle) et surtout dans un final qui balance entre thème victorieux et motif religieux en majeur introduit par des trompettes (Gloria Alleluia - L’Anoblissement). Entre les deux, le compositeur revient à la dimension spirituelle avec une musique qui balance entre le mystérieux et le mysticisme, mais aussi religion et grand spectacle 14 (Vers Le Mont Sacré). Au niveau de l’orchestration, elle apparait très recherchée et on remarque là le travail important de Gilles TINAYRE qui mélange fort habilement à la fois électronique et instruments traditionnels. Immédiatement, on se trouve aussi happé par ce chœur très monastique interprétant des lamentations (Le Grand Vigilant). Des voix, on en entend d’autres, à la manière d’un cri, d’une douleur ou aussi d’un chant populaire, sur le personnage féminin (La trahison de Mouchette). Et justement, pour Mouchette, Germinal TENAS propose un thème plus chantant, avec de la clarinette et des percussions. Là encore, on retrouve dans le rythme, la couleur, un parfum de moyen-âge. On décèle aussi une sensualité et des rythmes, des instrumentations empruntés à l’Espagne ; ce qui fait de ce thème aussi un motif autobiographique (Mouchette La Saltimbanque).  Au final, on reste transcendé par autant d’audace, de beauté et de lyrisme dans une seule partition, qui impressionne par ses thèmes, sa diversité et sa fusion assumée et réussie entre harmonies modernes, enlevées et musiques sacrées et traditionnelles. Aujourd’hui, grâce à Internet, le film de Christian FECHNER se trouve réhabilité. Il est temps qu’il en soit de même pour la musique de Germinal TENAS. Dans ces circonstances, cette réédition dans une version entièrement remasterisée, généreusement accompagnée d’un livret-couleur de 20 pages qui reprend et complète le texte de présentation original fait figure de bénédiction !

JUSTINIEN TROUVÉ OU LE BATARD DE DIEU. Un film de Christian FECHNER (1993), avec Pierre-Olivier MORNAS,  Bernard-Pierre DONNADIEU,  Ticky HOLGADO,  Bernard HALLER,  Patrice VALOTA. Musique originale et textes de Germinal TENAS, arrangements de Gilles TINAYRE disponible chez disques Cinémusique. Plus d'informations sur http://www.disquescinemusique.com/  

 

LA DENTELLIERE

Il s’agit de la première édition en CD d’une des meilleures bandes originales de Pierre JANSEN, un compositeur que l’on connaît surtout pour sa fructueuse collaboration avec Claude CHABROL (LE BOUCHER, QUE LA BETE MEURE). Adaptation fidèle du roman de Pascal LAINE, lauréat du Prix Goncourt, LA DENTELLIERE (1977) raconte la liaison amoureuse éphémère, lors d’un week-end à Cabourg entre Pomme, une modeste apprentie-coiffeuse parisienne (Isabelle HUPPERT dans un de ses premiers rôles marquants) et un garçon aussi timide qu’elle. En ce qui concerne la musique, le réalisateur suisse Claude GORETTA ne possédait pas une idée précise du genre qu’il voulait pour son film, d’une grande beauté mais au rythme lent. Il pensait à Franz SCHUBERT mais préférait un apport original. D’où le choix de Pierre JANSEN, qui a réussi à livrer une partition riche et étonnamment diversifiée. Alors que sa présence est plutôt discrète dans le mixage du film, cette édition bienvenue la met pleinement en valeur. Pour le Générique, Pierre JANSEN propose un thème relativement simple, marqué par des parties de cordes obsessionnelles. Mais aussi des notes de piano interrogateur, comme pour évoquer la simplicité de l’histoire d’amour qui va être racontée. En même temps, l’association entre les cordes et le piano, sur une écriture relativement classique et doucement rythmée, donne un ton particulier, que l’on retrouve accentué sur La Recherche et, de manière quasi tragique, sur l’Epilogue. Dans un deuxième temps, le compositeur fait entrer une flûte qui apporte une couleur plus féminine, plus romantique aussi. Mais il revient vite aux cordes, notamment au violoncelle, et le piano pour appuyer sur la dimension dramatique. Pour L’anniversaire (et aussi La Baignade avec davantage de bois), le compositeur développe un thème plus mélodique, plus chaleureux aussi, grâce à des parties de cordes et de la flûte. Sur La Découverte De La Mer, Pierre JANSEN conserve un mouvement mélodique, avec toujours de la flûte mais, en même temps, déploie une musique plus profonde, plus grave, en utilisant notamment des guitares. Sur les Jeux De Plage, il propose une musique aux accents contemporain et introduit une intensité, une coloration très sensuelle tout en gardant une certain tension, à la fois dans le rythme, les notes graves et le tempo. Pour le thème titre La Dentellière, Pierre JANSEN a écrit un lento rythmé par des guitares, et avec des cordes épaisses en contrepoint ; un mouvement porteur de mélancolie et d’un certain mystère, ainsi qu’une douceur, qui convient parfaitement au personnage de Pomme. En complément, et c’est aussi l’intérêt de ce disque, on trouve plusieurs titres moins attendus de la part d’un compositeur tel quel Pierre JANSEN. C’est le cas de la chanson Quand La Forêt Vivait Encore, interprétée par Mireille LORCA sur des paroles d’Anne MAGNOLA ; une chanson poétique mais aux paroles assez crues, sur une orchestration relativement simple.  Suit, dans la même couleur, chanté mais sans paroles, le thème de Marylène, à la fois planant et pop sur une orchestration aux accents de variété, puis London Tub Station, un thème de rock électrique qui prouve que Pierre JANSEN sait composer dans tous les styles. Ce qu’il démontre encore avec Aube, un long morceau vocal, planant et psychédélique, très années 1970 ; des musiques qui relèvent d’avantage d’ambiances populaires, avec des synthétiseurs, des guitares électriques, de la batterie et des choristes. Il s’agit de pièces certes plus légères mais qui n’ont certainement rien à envier aux modèles du genre. Au final, voilà une partition de Pierre JANSEN, doublement intéressante et donc à découvrir, d’autant plus qu’il s’agit d’une édition très limitée. D’une part, elle permet de se plonger dans la richesse d’un compositeur à l’écriture très classique mais en même temps aux accents contemporains et surtout trop rarement édité. Ensuite, LA DENTELLIERE offre certes des pièces dramatiques de facture classique, interprétées par un orchestre traditionnel où dominent les cordes et les bois, mais d’où ressortent également de belles parties de flûte, de piano et de guitare. Mais aussi des morceaux plus pop, qui démontrent le talent de compositeur complet de Pierre JANSEN. Il en ressort alors une bande originale éclectique d’un compositeur très talentueux mais malheureusement, hormis par Claude CHABROL, trop peu exploité.

LA DENTELLIERE. Un film de Claude GORETTA, avec Isabelle HUPPERT. Musique originale de Pierre JANSEN, disponible chez les Disques Ciné Musique.

Plus d'informations sur http://www.disquescinemusique.com/francais/ACCUEIL_fra.html