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Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

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Philippe SARDE, compositeur français né en 1953
 
Parmi ses nombreuses collaborations, citons celles avec :
 
Claude SAUTET (LES CHOSES DE LA VIE)
Bertrand TAVERNIER (COUP DE TORCHON, LA PRINCESSE DE MONTPENSIER)
Georges LAUTNER (FLIC OU VOYOU)
Jacques ROUFFIO (SEPT MORTS SUR ORDONNANCE)
Pierre GRANIER-DEFERRE (LE CHAT)
Jean-Jacques ANNAUD (LA GUERRE DU FEU)
 
Prochainement
 
 

RODIN ET 10 BANDES ORIGINALES EN DIGITAL ; LE PRINTEMPS PHILIPPE SARDE !

Philippe SARDE retrouve Jacques DOILLON avec lequel, depuis plus de quarante ans et UN SAC DE BILLE, une collaboration étroite s’est établie. Pour cette biographie de RODIN, Philippe SARDE a réuni une petite formation constituée de solistes (violon, piano, violoncelle) qui exécutent une partition complexe malgré son apparente simplicité. Sur le sculpteur âgé de quarante ans, et alors qu’il reçoit sa première commande de l’Etat - La porte de l’enfer-,  Philippe SARDE introduit un thème qui lui ressemble : un motif à double facette qui se rejoignent, se fondent, D’abord il y a ce mouvement de cordes, surtout de violoncelles, façon école française, doucement rythmé,  Puis, s'élève une belle mélodie, en fait le thème principal, celui de l'artiste, délicate au piano, que l’on retrouve plusieurs fois dans la partition. Ce qui donne des musiques dont les couleurs autant que les mélodies, lentes, passionnelles, renvoient, jusqu’au final, alternant entre variations du thème principal et sorte d’adagio, aux films de Claude SAUTET (Auguste Rodin, Victor Hugo Et Balzac, La Porte De L’Enfer). Puis, en le suivant dans son atelier, il propose une sorte de pièce concertante d'inspiration dix-neuvième siècle, essentiellement jouée par un duo de cordes (L'atelier). Par contre, sur l'évocation de Rose, la compagne de toujours de Rodin, il amène un thème plus moderne. Il se trouve porté par un piano qui répète souvent la même cellule mélodique, presque féminin, avant que s'invite une ligne de violoncelle (Rose Et Auguste). Le piano qui revient beaucoup, ici sur un mode énergique, plutôt obsessionnel (La Robe De Chambre). Sur Camille Claudel, avec laquelle RODIN partage dix ans d’admiration commune et de complicité, Philippe SARDE déroule des thèmes intimes, délicatement mélodiques, mélancoliques ; d’abord un mouvement qui se situe, à la fois dans une certaine fragilité et une une gravité, tout au piano (Chez Camille). Puis il développe un mouvement large, emporté par une ligne de violoncelle déployant de longues notes concertantes (Dialogue Avec Le Visage De Camille). Avant une longue suite où Philippe SARDE reprend, sur un motif très lent construit sur une ligne lente de longues notes de violoncelle, quelques notes de piano concertant. Un thème qui apparaît ouvert, empreint de gravité, jusqu'à ce que  le piano joue de manière plus discrète, dégageant  encore plus de tristesse (La Cathédrale). Alors que Jacques DOILLON montre le sculpteur dans son travail, ses amours, Philippe SARDE façonne une musique exigeante, porteuse de générosité, d'émotion. Sur la forme, il s'agit d’une partition accessible, comme les sculptures de RODIN, et pourtant très technique. Mais une partition rendue très douce, romantique grâce, notamment, aux superbes arrangements de Dominique SPAGNOLO. Ce dernier se nourrissant des courants classiques des 19eme et début du 20eme siècle sur lesquels le compositeur rajoute sa patte, sa sensibilité. De fait, par ses mélodies touchantes, ses mouvements de cordes souvent graves, répétitifs, son piano caressant, Philippe SARDE nous rappelle ses choses de la vie. Et forcément, on a envie d’en redemander !

RODIN. Un film de Jacques DOILLON. Musique originale de Philippe SARDE disponible chez BOriginal/Cristal records.

A noter que le printemps Philippe SARDE se prolonge avec les ressorties, en digital, de 10 Bandes originales rares ou épuisées dont certaines, justement, pour des films de Jacques DOILLON (LA PIRATE, COMEDIE, PONETTE) et d’autres pour des cinéastes marquants (BEAU PERE-Bertrand BLIER, LE LOCATAIRE-Roman POLANSKI, DIS-MOI OUI-Alexandre ARCADY, LA MAISON DE JADE-Nadine TRINTIGNANT, GARCON-Claude SAUTET, LA NUIT ENSOLEILLEE-Patrick SEGAL, MANGECLOUS-Moshe MIZRAHI).

REUNION (L'AMI RETROUVE)/MISUNDERSTOOD (BESOIN D’AMOUR)

Voici un disque qui regroupe, en première mondiale, les musiques de deux collaborations, présentées dans un ordre chronologique inversé, entre le légendaire Philippe SARDE et le réalisateur  culte Jerry SCHATZBERG (L'ÉPOUVANTAIL en 1973). Ils ont collaboré pour la première fois en 1984 sur le film MISUNDERSTOOD (BESOIN D’AMOUR), mettant en vedette Gene HACKMAN et Henry "E.T." ELLIOT, en fait le remake de L’INCOMPRIS, réalisé par Luigi COMENCINI en 1967 ; une sorte de rendez-vous manqué (voir plus bas) qui sera rattrapé cinq années plus tard sur REUNION (L'AMI RETROUVE) ; l’adaptation d’un roman de Fred UHLMAN par Harold PINTER, avec Jason ROBARDS, relatant l'amitié de deux Allemands séparés par le nazisme. D'où un film touchant, qui parle des années hitlériennes et d’un présent où un homme juif recherche son vieil ami d'enfance, En guise de thème principal, Philippe SARDE commence par une  sorte de marche allemande ironique,  dont la mélodie, légère autant que profonde se trouve portée par la trompette de Lester BOWIE, du tuba et des tambours. D’où un thème plutôt joyeux de fanfare, secondé par un développement plus orchestral, mais toujours avec cette allure de marche (Reunion – Corridors of Remembrance) ; un thème qui revient dans des variations moins rythmées : Certaines assez joviales, dans un esprit de fête un peu désorganisée (Propaganda), d'autres qui virent au jazz, avec une flûte apportant un contrepoint aérien (Daily Partners), d'autres qui évoquent un passé douloureux, avec de la trompette et du saxophone, appuyés par les percussions discrètes (German Countryside). Philippe SARDE continue par un thème plus doux, pour hautbois et accordéon, ce qui lui apporte instantanément de la nostalgie, comme dans des partitions pour Claude SAUTET. Auquel on pense encore quant il introduit des thèmes tristes, avec de l’accordéon, de la flûte (Wounds of the Past, Back from the Woods). Il réserve encore un joli moment de jazz et d’émotion, avec cette élégie de trompette, avec un contrepoint de saxophone et un développement enjoué presque comme une musique de cirque (For Jason and Jerry). Pour finir, Philippe SARDE reprend son thème principal, pour trompettes et percussions puis développement d’une musique légère, colorée et jazzy (Reunion). Pour MISUNDERSTOOD, dont l’action du film original a été transposée en Tunisie, Philippe SARDE a composé un mélange surprenant de musique juive, d'influences nord-africaines et de country américain. Sauf qu’il a été remis en cause après le mauvais accueil du film lors des premières projections. Sans l'accord du réalisateur, qui s’est alors retiré du projet tout comme, peu après, Philippe SARDE ! Mais tout n’a pas été perdu puisque certains éléments se sont retrouvés, l'année suivante, sur le HORS-LA-LOI de Robin DAVIS. Sur le premier mouvement de cette Childhood Suite, après un lento mélancolique de trompette accompagné d’un filet de violoncelle joué par Keith HARVEY, Philippe SARDE mélange les couleurs, orientales avec du oud joué par Dick ABEL, et américaines avec les guitares et banjo. Cela donne d'abord une musique qui évoque la jeunesse. Puis, quant elle devient plus profonde, à base de guitare, comme plus tard dans DIS-MOI OUI, elle apporte de la tristesse (Movement I). Dans le deuxième mouvement, Philippe SARDE tout en explorant l'enfance, il revient à davantage d'intimité, avec des cellules mélodiques de guitare et un violon dans le contrepoint orchestral, également avec une trompette nostalgique (Movement II et VI), également des sonorités baroques (Movement III) et du oud sur un bref mouvement arabisant (Movement V). Entre deux, il développe un mouvement chantant, lancé par les violons, puis navigue entre les thèmes de la joie, avec du banjo et un violon qui semble se balader de manière plus ou moins jazzy (Movement IV). Philippe SARDE termine en alternant le motif enjoué, avec un violon en majeur, également de la harpe et des percussions et un thème qui amène de la mélancolie en même temps qu’il répète une partie mélodique (Movement VII). Au final, ces deux belles partitions apparaissent comme le témoignage d'une brève, mais essentielle,  collaboration dans la filmographie de Philippe SARDE, avec toute la musique enregistrée pour REUNION et la partition rejetée pour MISUNDERSTOOD transformée en un ballet imaginaire. Le programme, assemblé et produit par Edouard DUBOIS et supervisé par le compositeur, bénéficie de l’éclairage de deux textes, l’un de l’incontournable Stéphane LEROUGE – incluant des propos de Jerry SCHATZBER-, l’autre de l’excellent analyste cinématographique et musical Christian LAULIAC.

REUNION (L'AMI RETROUVE)/MISUNDERSTOOD. Musiques originales des films de Jerry SCHATZBERG composées par Philippe SARDE. Disponible chez Quartet records.

 

 

LES DEUX AMIS / E LA CHIAMANO ESTATE

Pendant trois jours, une fille et deux garçons partagent des péripéties tragicomiques. Tel est le sujet du premier long métrage -réussi !- de Louis GARREL. Clément (Vincent MACAIGNE, très drôle), un figurant de cinéma cynique, se retrouve fou amoureux de Mona (Golshifteh FARAHANI, très juste), vendeuse dans une sandwicherie. Mais Mona garde un lourd secret. Quand Clément désespère d’obtenir ses faveurs, son seul ami, Abel (Louis GARREL), vient l’aider mais aussi contrecarre ses projets.  D'ou un dérèglement des sentiments... Par ses ambiances, ses ruptures de tons, ce film de Louis GARREL embrasse plusieurs familles du cinéma français, celle des auteurs romantiques mais aussi de la comédie populaire. Ce qui le rend particulièrement divertissant mais surtout sincère. C’est  ce scénario attachant et ce parfum de tradition du cinéma français qui explique la présence de Philippe SARDE à la composition de la musique originale, complétée par quelques chansons et musiques d'église bien choisies; Philippe SARDE sentant qu’il pouvait contribuer, par sa musique, à créer une deuxième histoire et surtout raconter l'intérieur des personnages. D’où la présence de trois thèmes principaux joués par des solistes anglais enregistrés à Paris à l’Eglise du Liban ; pour l'acoustique et une espèce de dématérialisation des instruments. Philippe SARDE commence par un thème lent, classique, introduit par les cordes puis la clarinette. Ce n'est qu'après qu'apparaît le thème principal du film, dont la mélodie, plutôt joyeuse et élégante, mais sans exagération, se retrouve déployée par le piano; un instrument qu'aime faire chanter le compositeur. Elle est accompagnée d'un contrepoint de violon plus obsessionnel et d'une ligne de violoncelle. Ce qui traduit la délicatesse mais aussi une certaine frustration qui empêche Mona de tomber amoureuse ; un thème aussi empli de mélancolie, qui se situe dans la tradition des musiques de Philippe SARDE, notamment pour les films de Claude SAUTET (Sortie De Prison, Les Douches). Philippe SARDE dévoile ensuite le deuxième thème important à base de piano, qui  dégage un esprit de poésie, qui renvoie à l'esprit protecteur que Mona transmet, par ses baisers (une scène sensuelle et amusante), à ses nouveaux amis (Les Baisers);  un thème que l'on retrouve plusieurs fois dans la partition, notamment (L'attente, Le tournage) ; un mouvement qui dégage aussi une énergie positive, en particulier par l'utilisation d'une clarinette et un développement dans les cordes, le piano semblant parfois plus lointain. Pour le thème suivant, également important, la mélodie apparaît tout en finesse et dégage une véritable nostalgie, en même temps que les fêlures de ces personnages qui les rend tellement attachants. D'où également cette douceur avec, là encore, un superbe contrepoint de violoncelle. A son écoute, il ne peut que revenir des images des grands couples de cinéma, notamment ceux des films de Pierre GRANIER-DEFERRE dont ce thème marque l'empreinte. D'ailleurs, on le retrouve dans différentes variantes (Mai 68, A la porte) mais aussi, en relais du thème de Mona, déjà  entendu au début (Retour En Prison). Philippe SARDE propose ensuite un thème plus sombre, dramatique, moins chantant, plus complexe (L’oiseau), puis un thème intimiste et grave, au piano, doucement mélodique et gracieux (La Lettre). Philippe SARDE continue par un thème bref mais important car sensible, doucement répétitif et pianissimo dans son contrepoint (Le Malaise), puis  s'amuse avec un thème écrit à la manière de Jean-Sébastien BACH et qui rappelle, de par son rythme et sa couleur complètement pianissimo des partitions comme QUI C'EST CE GARÇON pour Nadine TRINTIGNANT (Le Café). Philippe SARDE termine par une variante, pianissimo, attachante mais rythmée par les cordes, du thème principal, toujours avec  une clarinette chantante, une ligne de violoncelle et un contrepoint de cordes (La Course). Au final, les Jules et Jim de François TRUFFAUT se voient en quelque sorte remplacés par Abel et Clément, deux grands gamins à la poursuite d'une Mona métissée, blessée et rêveuse, comme beaucoup de gens, d'un bonheur hésitant entre amour et amitié. Il en découle un superbe film,  empli d'une humanité que ne cesse d'accentuer l'excellente partition de Philippe SARDE; un vrai régal de cinéma français de tradition ! En complément, le compositeur nous offre la bande originale du film E LA CHIAMANO ESTATE réalisé par Paolo FRANCH (inédit en France), enregistrée aux studios d’Abbey Road avec l'Orchestre  Symphonique de  Londres; une partition également sensible bien que plus ample, symphonique, construite sur plusieurs mouvements. Après un premier plutôt bref, lent,  mélodique et sensuel   (Mouv. I), le compositeur introduit un mouvement d'abord gracieux, vibrant,  presque concertant et discrètement mélodique. Puis une musique qui devient plus agitée, intérieure, à laquelle l'orchestre anglais apporte une fragilité, la harpe amenant de la volupté (Mouv. II). Ce qui annonce un mouvement plus grave, rythmé par des cordes pincées qui avancent, de longs passages dans les vibratos qui amènent une étrangeté  (Mouv. III). Philippe SARDE enchaine avec un autre mouvement profond d'ou se détache, grâce à la technique des musiciens anglais (Mouv. IV). Puis il lance une longue suite dont la progression joue du mystère, de l'ampleur de l'orchestre,  dans un style émotionnel caractéristique de Philippe SARDE (on pense notamment   aux films de Bertrand TAVERNIER),  même si on sent, par des éléments mélodiques plus répétitifs, des moments de danger (Mouv. V). Il termine par des cordes élégantes, délicatement répétitives, sur un schéma harmonique en mineur mais toujours élégant (Mouv. VI). Il faut découvrir cette partition de Philippe  SARDE, qui  baigne dans une atmosphère orchestrale profonde, avec des moments où les cordes se détachent sur des parties plus complexes. Il en ressort que ces deux partitions aux parfums emplis de sentimentalisme se répondent l'une à l'autre dans leurs grâces et leurs couleurs respectives, comme deux amis qui se retrouvent... En musique; Et on aime !

LES DEUX AMIS. Un film de Louis GARREL, avec Vincent MACAIGNE, Golshifteh FARAHANI et Louis GARREL. Musique originale de Philippe SARDE disponible chez Quartet records (inclus la musique inédite du film E la chiamano Estate).