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L’AMANT DOUBLE

Voici une belle initiative que la sortie en cd de la bande originale –initialement disponible en digital- de ce thriller mental, comme le définit son réalisateur François OZON. Il raconte l’étrange histoire de Chloé, une jeune femme fragile qui tombe amoureuse de son psychanalyste, Paul. Alors qu’ils s’installent ensemble, elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité. Pour ce film qui traite de la gémellité comme quelque chose de fascinant, de monstrueux et d’artistique, François OZON retrouve une nouvelle fois son compositeur fétiche Philippe ROMBI. Celui-ci signe une partition à la fois classique, sensuel, emplie de mystère mais aussi, et c’est plus étonnant, tournant au cauchemar. Après un extrait de dialogue qui situe le ton sulfureux du film (Je Pense A Lui. Philippe ROMBI lui, commence par un thème profond, sensuel, dans les cordes, qui se poursuit de manière rythmée, avec également des notes électroniques (Le baiser de Paul). Il continue par des thèmes atmosphériques, dont les mouvements de longues notes, parfois grinçantes, notamment de cordes pincées, dégagent du mystère mais aussi de la sensualité. On ressent également un malaise, notamment au travers de larges mouvements stridents dans les cordes, et utilisant de nouveau des sonorités électroniques (Trio, inquiétante, Rêveries). Philippe ROMBI reste dans une musique orchestrale grave, avec une partie mélodique encore plus électronique, comme presque sortie d’un club, sur un fond de cordes répétitives (Les Jumeaux Miroir). Plus étrange encore, il introduit des thèmes graves, avec des cordes qui jouent des sortes de pulsations ou des boucles électroniques qui s'amplifient, se doublent, dérangent (Sandra, Les Miroirs) ; puis, en toute logique, pour personnifier des personnages perdus, désemparés face à une situation anormale, il développe un modèle de musique pour séquence terrifiante ; un mouvement rebondissant, frissonnant à la fois profond, percussif, composé de sonorités froides de cordes, de percussions et de sonorités et de bruits répétitifs (Cauchemar). Sur la fin, Philippe ROMBI revient à une musique orchestrale plus classique de cordes ; une musique également plus humaine avec quelques notes lointaines de piano, un scintillement et ce qui ressemble à une reprise du thème principal (Maternité). Et termine par un thème froid, orchestral et grinçant, doucement rythmé par des cordes et du clavier (La Jumelle). L’album comporte aussi l’excellent Steep Hill of Vicodin Tears, une musique profonde, émouvante, là aussi sensuelle, orchestrale, à la fois atmosphérique et lancinante, dans ses notes de piano et ses vagues de cordes composée par A WINGED VICTORY FOR THE SULLEN, en fait un duo formé par Dustin O’HALLORAN –le co compositeur de la musique de film LION- et Adam WILTZIE. Ainsi que deux chansons dans un esprit des années 1960 : A Thousand Stars par Linda SCOTT, une virgule colorée, nostalgique, comme une parenthèse sucrée, utilisée comme dans un film de David LYNCH et le slow When The Boys Talk About The Girls par Valérie CARR. Comme le personnage de Chloé contaminée par les œuvres d’art qu’elle surveille, Philippe ROMBI déploie une partition qui évolue constamment. Commençant dans la sensualité, le mystère et la séduction au travers de thèmes assez classiques, elle bascule progressivement dans l’épouvante par des thèmes qui jouent sur les angoisses. Il en découle alors une partition surprenante, mais comme c’est souvent le cas chez François OZON, et à double tranchant.

L’AMANT DOUBLE. Un film de François OZON, librement adapté de Lives OF The TwIns De  Joyce Carol OATES, avec Marine VACTH, Jérémie RENIER. Musique originale de Philippe ROMBI disponible chez Quartet records/Cristal Records.

FRANTZ

Retour en vidéo pour ce joli succès de l’année 2016 ; entre suspense et romantisme, François OZON raconte l’après-guerre 1914-1918 : en Allemande, Anna (Paula BEER), se recueille tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz. Un jour, elle y croise  Adrien (Pierre NINEY), un français venu visiter son ami allemand, tombé sur le front ; une présence qui, après la défaite allemande, va plutôt déranger. Pour cette nouvelle collaboration, Philippe ROMBI et François OZON ont décidé qu'au début du film, on trouverait une austérité jusque dans l'utilisation de la musique. Celle-ci apparaissant discrète, jouant souvent sur des tensions dramatiques, notamment lorsqu’on ressent la douleur du père (joué par Ernst STOTZNER) et sa méfiance envers ce français de Frantz. Et progressivement, alors qu’une relation de confiance s’installe, intervient une musique plus sentimentale, plus colorée sur l’évocation de l’amitié entre Frantz et Adrien, comme lors de la belle scène dans Paris, au Musée du Louvre et dans les arcades des jardins du Palais Royal ; une musique souvent dans l'esprit des compositeurs de l'époque comme Gustav MAHLER et Claude DEBUSSY. D’ailleurs, Philippe ROMBI commence lui par un thème très beau, sensible, comme toujours chez le compositeur, mélodique. Il l'introduit lui-même au piano, l’instrument autant de Frantz qu’Adrien, secondé après le prélude par le violoncelle d’Alexandre GIODA et du violon joué successivement par Stephan RODESCU et Géraldine ROMBI, qui évoque avec justesse le début du 20eme siècle. Philippe ROMBI continue par un thème orchestral plus profond, sentimental mais empli de mystère sur les premiers moments entre Anna et Adrien (Une Amitié). Le piano, on le retrouve sur le thème – court - de La Promenade, qui sert, en quelque sorte, de jonction entre la partie classique et celle plus mystérieuse. On le retrouve également, accompagné de cordes abyssales, somptueuses sur une autre belle séquence, celle de La Leçon De Violon. De l'étrange, on en ressent encore dans ce thème profond de cordes qui se développe lentement au gré des rebondissements du scenario. Par des pauses, des sortes de vagues de piano lointain, répétitif, Philippe ROMBI déroule, comme précédemment dans SWIMMING POOL, des thèmes d'apparences classiques mais en fait, par leur rythme, leur construction, qui s'apparentent davantage à la musique d'un thriller obsédant, révélant, notamment avec le piano, les désillusions d’Anna –en particulier à l’approche du dénouement- et, plus largement, le malaise que provoque la présence du jeune français (Les Tourments, Paris, Les Retrouvailles). Le piano qui intervient encore, lointainement, dans un thème très lent, concertant, et qui contient, par ses cordes profondes, une souffrance (La Tranchée), parfois rehaussée par une ligne de violon qui apporte un mélange de romantisme et de tristesse (Le Secret, La Lettre De Frantz). Ce que l’on distingue aussi dans un mouvement de cordes dans les graves, forcement en mineur, presque larmoyant (Le départ d'Adrien) et aussi dans un motif froid, essentiellement au piano solo, où des silences interviennent comme le déroulé d’une sentence (Le Suicidé). Très classique, la bande originale comporte un thème en forme d’exercice de style –parfaitement intégré dans le film- chanté par la soprano Angéline LERAY accompagné de piano et de harpe (Nuit d'étoiles) ainsi que quelques musiques de répertoire : le Nocturne N°20 en do dièse mineur pour violon et  Frédéric CHOPIN, puis, plus loin, le célèbre, et remarquable, Quatuor A cordes N°1 op.11 II Andante Cantabile de Piotr Illitch TCHAIKOVSKI. Au final, comme le rappelle le réalisateur, Philippe ROMBI a su encore une fois incarné avec délicatesse et élégance l'essence romanesque et dramatique de Frantz. Souvent à base de piano et de violon, sa musique baigne dans une innocence renforcée par le jeu de l’Orchestre Symphonique Bel’Arte. Mais, comme un miroir, lui répond une espèce de lourdeur des sentiments, une partition plus sombre, qui nous interpelle, nous interroge sur ce que l’on aurait fait nous en pareilles circonstances... L’édition  vidéo met parfaitement la réalisation soignée et en scope de François OZON qui, hormis quelques passages, superbes, en couleurs légères, a opté pour un noir et blanc qui renforce le caractère traditionnel et dramatique du film. Les bonus s’intéressent aux Essais lumière costume sous la forme d’un défilé des comédiens du film dans une sorte de clip accompagné par la musique de Philippe ROMBI ; à la Création des affiches. On trouve aussi une série de Scènes coupées et un reportage Au cœur du Festival de Venise.

FRANTZ. Un film de François OZON, avec Pierre NINEY, Paula BEER, Ernst STOTZNER, Marie GRUBER. Musique originale de Philippe ROMBI disponible chez BOriginal/Cristal records. DVD et Blu-tay disponibles chez FTV disbribution.

 

ASTERIX LE DOMAINE DES DIEUX

Cette nouvelle adaptation animée d’Astérix, en l’occurrence celle du 17ème album des aventures du petit gaulois, également un des préférés d’Alexandre ASTIER qui signe le scénario et la coréalisation (avec Louis CLICHY, qui a collaboré avec Pixar sur WALL-E et LA-HAUT) de cette neuvième relecture animée de l’œuvre de René GOSCINNY et Albert UDERZO. L’action se situe en 50 avant Jésus-Christ : la Gaule est toujours occupée par les Romains mais le village d’Astérix résiste toujours ! Ce qui exaspère CESAR qui, puisque ses armées échouent à s’imposer par la force, décide de la jouer par les ruse en les initiant à la civilisation romaine, à travers le projet d’un domaine résidentiel luxueux qui rend Astérix et Obélix méfiants. La franchise est donc placée sous le signe du changement avec de nouveaux réalisateurs mais aussi un compositeur qui officie pour la première fois sur un film d’animation. Réputé pour son savoir faire, le compositeur de LA NOUVELLE GUERRE DES BOUTONS propose une partition enlevée, qui lorgne souvent vers la musique de péplum. Et cela commence dès le générique, dont le motif puissant, rythmé et coloré, servi par une orchestration riche en cuivres et en percussions, fait figure de grand thème d'aventures, certes peu mélodique mais ce n’est pas le plus important car il s’agit ici de lancer un thème soutenu, très efficace (Générique Début). Le compositeur continue avec un thème plus sombre, toujours rythmé mais qui contient de l'espace, et d’allure crescendo pour mieux personnifier César (La Main de César). Après un thème de chasse à la mélodie assez brève mais remuante, apparaît le thème principal ; un thème coloré, enjoué et surtout impérial, toujours rythmé et riche du côté des orchestrations et virevoltant du côté des harmonies (Chasse Au Sanglier Et Découverte Du Chantier Secret, Les Adieux). Bien évidemment, ce thème revient régulièrement, complètement intégré à l’action, au suspense, avec force de cuivres, tout en s’autorisant des moments de tension, de mélodrame (Attaqué Et la Ruse Des Fausses Baffes, Astérix Et La Catapulte) et d’action soutenue (A La Rescousse d’Apeljus Et Panoramix (Un Banquet Pour Obélix/Astérix Et La Potion Incomplète). Mais Philippe ROMBI ne s’arrête pas là et une de ses grandes forces consiste à apporter une double facette à ce thème principal puisqu’on le retrouve plusieurs fois sous la forme d’une sorte de danse celtique, qui illustre bien la jovialité des gaulois (Bagarre au village/Anglaigus au camp Babaorum). Cette danse, on la retrouve sur différents tempos, notamment plus lent sur l’Arrivée au village gaulois et diverses variations (Rien ne va plus au village gaulois). Dans la tradition des musiques de films animés, le compositeur reste constamment  près des mouvements des personnages. D’où ce thème assez rapide, à base de cordes pincées. D’où aussi ces rebondissements, souvent dans les vibratos et parfois avec quelques chœurs, dans lesquels chaque instrument joue son rôle (Tentatives De Déforestation). Philippe ROMBI propose aussi des thèmes chantants, amusants et poétiques, comme celui-ci, doucement coloré, à la manière d’une musique classique du 19ème siècle, richement orchestré dans les cordes (Les arbres magiques). Sur les plans d’un César manipulateur, Philippe ROMBI développe une musique profonde, sournoise, grave, avec de jolies parties de flûtes et des vibratos, tandis qu’une sonnerie de percussion annonce un rythme, une musique sournoise mais aussi, parfois, plus triste, émotionnelle (César Jubile/Astérix Et Le Village Abandonné, Reddition). Il propose aussi des fanfares à la sauce romaine et, plus inattendus, des motifs qui lorgnent vers le jazz (César et Prospectus annoncent le Domaine des Dievx  (Philippe ROMBI). Ce qui introduit La BossAstérix ; un thème frais emmené par le piano du compositeur et une rythmique efficace de big-band que l’on retrouve aussi sur un thème romantique (Dulcia Ouvre La Porte). Dans le même esprit, on note aussi que Philippe ROMBI a arrangé une version du célèbre Tea For Two d’Irving CAESER et Vincent YOUMANS)  pour le groupe de Xavier CUGAT. Au final, Philippe ROMBI confirme son talent et livre une partition éclatante. Comme toujours, il avance un thème principal mélodique mais moins que celui, célèbre, de Gérard CALVI. Au contraire, son thème apparaît suffisamment malléable pour s’intégrer à la fois sur la jovialité gauloise et la sournoiserie et les délires de l’empereur romain. Il en ressort alors une bande originale très réussie !

ASTERIX LE DOMAINE DES DIEUX. Un film d’Alexandre ASTIER et Louis CLICHY, avec les voix de Roger CAREL, Guillaume BRIAT, Alexandre ASTIER, François MOREL, Elie SEMOUN, Alain CHABAT, Lorànt DEUTSCH. Musique originale de Philippe ROMBI disponible chez BOriginal by Cristal records/Distribution Sony Music Entertainment

UNE NOUVELLE AMIE

Librement inspiré d’une nouvelle de Ruth RENDELL, « The New Girlfriend », dans l’esprit de la série « Hitchcock présente » : une femme découvre que le mari de son amie se travestit en cachette. A la suite du décès de sa meilleure amie Laura (Isild LE BESCO), Claire (Anaïs DEMOUSTIER) tombe en dépression. Jusqu’au jour où une découverte surprenante au sujet du mari (Romain DURIS) de son amie va lui redonner goût à la vie. Pour "UNE NOUVELLE AMIE", Philippe ROMBI, le compositeur attitré de François OZON, signe une nouvelle fois une partition impeccable, à la fois mélodique, sensuelle et mystérieuse, tout à fait dans l’esprit suspicieux du film. Philippe ROMBI entame la partition par une musique planante, solaire,  d'où s'élèvent un motif de cordes puis une douce mélodie, comme souvent chez le compositeur,  au piano ; une musique doucement mélancolique, comportant un contrepoint de cordes qui insuffle de la gravité. Il s’agit d’un thème classique du cinéma de François OZON mais qui contient un mystère et, en même temps, une certaine chaleur dans son développement (Enfance). Il continue avec le thème du personnage de Laura ; un thème superbe, à la fois très lent, doucement mélodique et sensuel, porté par un piano accompagné d'un contrepoint de cordes. Puis, dans un deuxième temps, il est repris de manière plus ample par l'orchestre sur une base pianissimo avant de revenir via un violoncelle accompagné de cordes dans les vibratos (Laura) ou de guitare sur une base de vibratos sur un développement doucement lyrique, quasi sensuel (Maquillage); un thème qui revient parfois sur un mode nostalgique et presque jazzy pour piano et saxophone (Rendez-vous) sauf que l’éclat féminin se brise vite , laisse la place à une musique bien plus triste, d’abord au piano solo très lent, dont les notes sont entrecoupées de silences avant un motif de cordes s’élevant par-dessus le piano, avant d’être rejointes par une longue ligne de violon (Le Parfum de Laura). Philippe ROMBI embraye avec un thème magnifique, grandiose, une sorte de valse chantante, porté, et c’est un peu nouveau chez le compositeur, par de la guitare qui lui donne un côté manouche, l’orchestre apportant une profondeur puis de la gravité (Créancy). Et, comme souvent chez François OZON, le trouble pointe, ici au travers d'une cellule orchestrale dans les vibratos qui se répète suivi d'un développement pianissimo, doucement, interrogatif (Promenade), là par un mouvement atmosphérique, d’où ressort, comme un fantôme, le thème de Laura (Nuit A Créancy). Mais comme toujours aussi, l’émotion et le romantisme ne sont pas loin, ici grâce à une musique grave, profonde, qui évoque le manque, la souffrance, la nostalgie (La Vie Sans Virginia). Au final, Philippe ROMBI développe, comme il en a l’habitude avec François OZON, une partition très mélodique qui mélange habilement, à la manière de Bernard HERRMANN, séduction et transformation, amour et tragique. Et c’est encore une réussite ! Le disque est complété par deux versions de la chanson Une Femme Avec Toi (l’originale par Nicole CROISILLE et une reprise acoustique par Anaïs DEMOUSTIER, Follow Me par Amanda LEAR et, enfin, les Verres Solennelles - Laudate Dominum K 339  de Wolfgang Amadeus MOZART).

UNE NOUVELLE AMIE. Un film de François OZON, avec Romain DURIS, Anaïs DEMOUSTIER, Raphaël PERSONNAZ, Isild LE BESCO. Musique originale de Philippe ROMBI disponible chez B Original by Cristal Records.

JEUNE ET JOLIE

Après DANS LA MAISON, son précédent film, François OZON (HUIT FEMMES) ressentait l’envie de filmer la jeunesse d’aujourd’hui ; c’est ce qu’il fait dans ce portrait d’une jeune fille de 17 ans, en 4 saisons et 4 chansons. Pour la musique, il reste fidèle au talentueux Philippe ROMBI qui, depuis SOUS LE SABLE, a composé quasiment toutes les musiques des films de François OZON. Philippe ROMBI a composé un thème unique, porté une mélodie délicate et bien sentie, comme souvent. On l’entend d’abord de manière lumineuse sur l’Eté. Il commence par un thème frais, qui part dans les vibratos de cordes avant qu’un solo de de violoncelle joué par Alexandre GIORDAN entame la mélodie, reprise ensuite par le piano joué par le compositeur lui-même. Il s’agit d’un motif délicat, brillant dans les vibratos, tandis que le violon, mais aussi la harpe (jouée par Iris TROSSIAN), apporte un trouble, une sensualité. Comme souvent, Philippe ROMBI propose un thème mélodique, ici d’une grande pureté. On apprécie également les percussions délicates qui lui donnent un côté intemporel (Eté). On le trouve ensuite dans un registre plus dramatique, plus grave sur Chambre 6095 : Philippe ROMBI commence par un thème profond, peu mélodique. Les cordes se font ici plus discrètes avec un contrepoint profond, mystérieux. Puis il développe une musique à la fois tendue et romantique mais toujours dans un registre pessimiste et en mineur. Le piano intervient ici à la fin comme une conclusion intimiste, renvoyant à la solitude de la jeune femme. Enfin, pour le générique de fin (Jeune Et Jolie), le compositeur reprend son thème lentement et le développe surtout pour piano et des cordes qui se font assez lointaines, au moins au début. Il lui donne une couleur plus étrange mais toujours élégante, en particulier avec le violon solo. Sur la fin, il revient à un dimension recentrée sur l’isolement du personnage principal à travers une musique qui, avec le piano et le violon, dégage beaucoup d’émotion. Au final, Philippe ROMBI nous offre une partition certes très courte mais subtile et, quelque part, aussi jeune et jolie que l’interprète de ce film. Comme souvent chez François OZON, la bande originale comprend des chansons, qui arrivent comme des ponctuations, des moments de suspension, dans cette histoire dont la temporalité se déroule sur une année scolaire. Ici, et pour la troisième fois après Traüme dans GOUTTES D’EAU SUR PIERRES BRÛLANTES et Message Personnel dans 8 FEMMES, on entend des chansons de Françoise HARDY. Il faut dire que, pour lui, ses chansons retranscrivent justement l’essence de l’amour adolescent, souvent fait de désillusions. On entend ainsi L'amour d'un garçon, écrite par Burt BACHARACH et Hal DAVID en 1963 ; un tandem à qui l’on doit la célèbreRaindrops Keep Fallin' on My Head du film BUTCH CASSIDY ET LE KID (1969). Puis A QUOI CA SERT, PREMIERE RENCONTRE et JE SUIS MOI. Pour le reste, on peut écouter True Romance (gigamesh remix) par le groupe Citizens, Poison Lips, un titre électronique de Vitalic, The Sense of Me par Mud Flow, Young Americans par Poni Hoax, Midnight City par M83 et, enfin, Baptism par Crystal Castles, un duo canadien de musique électronique formé par Ethan KATH et Alice GLASS, dont la particularité est l'utilisation d'échantillons et de déformations de chant féminin.

JEUNE ET JOLIE, un film de François OZON, avec Marine VACTH, Géraldine PAILHAS, Frédéric PIERROT, Charlotte RAMPLING, Johan LEYSEN, Fantin RAVAT, Nathalie RICHARD, Laurent DELBECQUE, musique originale de Philippe ROMBI disponible chez Sony music.

DANS LA MAISON

Dans son dernier film, une libre adaptation de la pièce espagnole Le Garçon du dernier rang de Juan MAYORGA. François OZON s’intéresse à la relation professeur-élève. Où plutôt comment un professeur reprend goût à l’enseignement, à travers les rédactions d’un adolescent qui raconte son immiscions dans la maison d’un élève de sa classe. Basculant en permanence entre la réalité et les rédactions, cette intrusion va déclencher une série d’événements incontrôlables. Avec cette histoire, François OZON construit un véritable suspense, de nouveau mis en musique par le talentueux Philippe ROMBI. Le réalisateur voulait une musique assez rythmée, qui rende accro le spectateur. Le compositeur y parvient à travers un thème principal plutôt obsessionnel (Dans La Maison Thème), qu’il reprend de manière dépouillée, avec une introduction à la guitare pour le Générique Début. On retrouve ce thème souvent dans le film, dans différentes variations. Certaines sont plus légères avec des cordes voluptueuses et un solo de violoncelle joué par Anthony PLEETH tandis que, comme à l’accoutumée, Philippe ROMBI exécute les parties de piano (La Rédaction) ; d’autres jouent davantage la carte du mystère, de l’angoisse, avec un thème mélodique qui se déploie doucement en contrepoint (Variation Perpétuelle, L’Epreuve De Maths, Suicide Et Chantage). Il s’agit aussi d’une musique qui devient étrange, et se développe à la façon d’un thriller américain (Seul Dans La Maison). Philippe ROMBI s’éloigne rarement de ce système de musique tournante. Néanmoins, sur le personnage du professeur, et aussi sur des séquences de tension et de nuit, il déroule une musique plus atmosphérique, rythmée par quelques notes de piano (Première Lecture, Nuit Chez Les Rapha). Il fait aussi un détour par le jazz avec un motif romantique pour saxophone et cordes, avec une couleur très années 50 (Claude Et Esther). Il revient ensuite à une véritable partition d’angoisse, qui joue à la fois des notes de piano espacées et des cordes lointaines dans la couleur du thème principal (Le Flambeau, Le Baiser). A La Recherche D’Une Fin, Philippe ROMBI reste avec un motif pianissimo, presque concertant qu’il développe avec un fond de cordes qui lui donne de la douceur, de la profondeur mais aussi une certaine tristesse. Philippe ROMBI séduit une nouvelle fois avec cette musique complexe qui revient de manière lancinante, comme pour mieux nous entrainer dans les digressions de ce thriller psychologique. Comme toujours, le compositeur de BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS propose une partition très mélodique, très fluide, porté par le piano, le piano qui sert ici à marquer le rythme et la progression des relations étranges entre un élève et son professeur. La nouveauté vient ici de mouvements de cordes obsessionnelles qui entourent de mystère le personnage interprété par Fabrice LUCCHINI. De plus en plus à l’aise avec les films de genre, et tout en continuant à proposer des thèmes séduisants, Philippe ROMBI signe une musique qui trouble autant que les rapports évoqués dans le film.

DANS LA MAISON. Un film de François OZON,avec Fabrice LUCHINI. Emmanuelle SEIGNER. Musique originale de Philippe ROMBI disponible chez BOriginal by Cristal records / Sony music.