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JANE

C’est avec la musique d’un documentaire exceptionnel que le compositeur culte Philip GLASS revient sur les écrans et dans les bacs ! S'inspirant d'images d’archives inédites,  le réalisateur Brett MORGEN (KURT COBAIN : MONTAGE OF HECK en 2015), et Philip GLASS pour la musique, racontent l'histoire de JANE GOODALL; une femme dont les recherches sur les chimpanzés ont remis en question des études scientifiques tout en permettant de mieux comprendre le monde naturel. Habitué aux documentaires (VISITORS), Philip GLASS ne bouscule pas les règles et propose une partition brillante, unique mais sans surprise. Il l’ouvre par une musique plutôt douce, dans laquelle on retrouve, en contrepoint, un schéma de cordes qui lui est propre. C’est dans un second temps qu’arrive le thème de Jane qui, comme dans de nombreux autres, apparaît de base pianissimo, aux cellules répétitives mais assez ouvertes, interprété par le brillant Michael RIESMAN ; comme d’autres thèmes, Mother notamment, il s’ouvre dans un contrepoint de violon puis se développe dans des parties symphoniques (In The Shadow Of Mange, A New Generation). Dans le même type de construction, et en ajoutant des cordes tournantes, Philip GLASS introduit d'abord un mouvement gracieux, ample. Ici, on note que, par la répétition d’une partie mélodique forte, le compositeur renvoie à la curiosité de la chercheuse (Time Of Discovery) ; le piano revient donc régulièrement, dans des thèmes parfois concertants (Time In Gombe), accompagnés d’un contrepoint dans les cuivres, complété par une rythmique dans les percussions et (The Proposal, Parent And Child) et également de quelques voix (The Aggression). Philip GLASS continue, logiquement, sur les images d’un parc naturel, par un mouvement plus aerien, a à la mélodie gracieuse, légèrement crescendo, (Serengenti). Dans l'orchestration, il privilégie les flûtes, qui reviennent dans un véritable thème d’appel à la vie, empli de douceur, accompagné de caisses claires et d’un piano gracieux, (Grub Is Born). Entre deux, il introduit le thème de Hugo VAN LAWICK, le reporter néerlandais et mari de Jane entre 1964 1974 ; un thème qui commence dans une rythmique chevaleresque que l’on retrouve différemment et plusieurs fois dans la partition. Puis la harpe le plonge dans une boucle de cordes typique des musiques de Philip GLASS. Avant la partie centrale associant du piano, des bois, notamment de la clarinette, des cordes et, surtout, une belle ligne de violoncelle (Hugo Arrives). Philip GLASS propose encore un mouvement mélodique triste, qui se développe surtout dans le son de la trompette sur des harmonies typiques du compositeur (Flint Dies). S'appuyant sur une riche partition d'orchestre et des thèmes au style personnel et d’une rare diversité, Philip GLASS  contribue, par sa musique, à la construction d'un portrait inédit d’une pionnière de la défense de l'environnement. Mieux, comme dans les classiques de Godfrey REGGIO, au travers de mouvements contemporains, empreints d'émotion et d'éléments rythmiques, la musique de Philip GLASS, que ce soit dans l'intimité d’un piano ou dans la grandeur de larges boucles, résonne de manière intemporelle et  par delà les images !

JANE. Un film de Brett MORGEN. Avec Jane GOODALL. Musique originale de Philip GLASS disponible chez Sony music.

Amy DICKSON – Philip GLASS

Amy DICKSON est une jeune saxophoniste classique australienne, installée à Londres, qui nous présente aujourd’hui un album entièrement consacré au compositeur culte Philip GLASS. Et cette rencontre avec la musique du compositeur américain ne relève pas du tout du hasard tant elle apprécie sa musique ! Amy DICKSON présente d'abord sa version de la Sonate pour Violon et Piano, composée en 2008 sur une commande du boxeur britannique Martin MURRAY pour sa femme. Elle se présente arrangée ici pour saxophone et orchestre. Dans le1er mouvement (Movement I), Amy DICKSON attaque directement par un motif mélodique typique de Philip GLASS, accompagné d’une cellule comportant très peu de notes, accentuées par quelques notes de piano. Si doute il y avait dans la transcription, Amy DICKSON le balaye immédiatement, par sa technicité, et nous embarque naturellement, comme par magie, avec son saxophone, dans les méandres mélodiques de cette sonate de Philip GLASS. Le second mouvement (Movement II)  apparaît superbe, le saxophone jouant des notes longues et hautes en contrepoint pour une pièce qui surprend par ses mélodies délicates dont l'émotion se trouve parfaitement rendue par le jeu d’Amy DICKSON. Dans le troisième mouvement (Movement III), elle ouvre une partie à la fois chantante, répétitive et rythmée par le piano, comme on en trouve souvent chez Philip GLASS. Elle accompagne ensuite les contours d’un  développement élégant, avec de courtes sorties crescendo, représentant autant de mouvements secondaires. Amy DICKSON reprend ensuite, deux extraits de la bande originale du film THE HOURS (Stephen DALDRY-2002) : d'abord le superbe Morning Passages, avec sa mélodie caractéristique, parfois ascendante ; un thème qui lui permet de jouer de manière émotionnelle, tout en rebondissant sur les contrepoints pianissimo. Puis Escape!, un thème qui commence de manière plus intimiste, au piano, sur lequel se pose doucement une ligne très lente, mélancolique, de saxophone. Ce qui permet, de nouveau, à Amy DICKSON, de faire passer une multitude de sensations. Elle attaque ensuite l’autre œuvre conséquente de l'album : le Concerto pour violon et orchestre, composé en 1987, et évidemment arrangé ici avec des parties pour  saxophone, alors qu’il a été conçu plutôt pour clarinette et hautbois. Il faut dire qu’il s'agit d’une œuvre fétiche d’Amy DICKSON qui s’en est, tout de suite, sentie émotionnellement proche. Au point de penser rapidement à le transcrire pour saxophone ! Il commence par un 1er mouvement (Crotchet=104), qui s’ouvre de manière symphonique, brillante. Et en même temps qui apparaît répétitif, laissant le violon s'échapper dans des sortes de fugues glassiennnes. Le saxophone, qui nécessite ici une respiration circulaire, intervient d'abord en contrepoint, en prélude, et ensuite sur le développement, d’une partie centrale impressionnante, cadencée par les claires. Il faut ici saluer la force d’Amy DICKSON qui réussit a se placer, jusqu'à de courtes échappées en majeur, dans une pièce complexe et essentiellement symphonique. Le deuxième mouvement (Crotchet = 108) commence de manière basse, profonde, à la manière d'une symphonie d'où s'élève lentement le saxophone, dans des notes longues, doucement mélodiques. D'où un mouvement plutôt calme, étonnamment solennel, planant même lorsque le saxophone joue des cellules chantantes, accompagné de cordes tournantes, avec de larges boucles symphoniques qui se répètent sur la longueur avec le saxophone par-dessus, qui répète une cellule minimaliste. Enfin, le troisième mouvement (Crotchet = 150) commence par un mouvement assez ample, rythmé par différentes percussions sur lequel se pose des nappes de saxophone et de cordes. Ce qui donne un mouvement majestueux, grandiose et puissant, d’un style chantant, en particulier sur les séquences où intervient Amy DICKSON, expérimenté, notamment, dans la musique du film MISHIMA. Imaginé par Amy DICKSON pour les 80 ans de Philip GLASS, cet album constitue d'abord un excellent hommage au compositeur culte. Ensuite, il faut saluer l'exploit de la jeune saxophoniste qui s’illustre au travers d’orchestrations qui mélangent habilement les éléments et mettent en évidence la souplesse de la musique du compositeur. Avec son saxophone, Amy DICKSON se glisse, avec respect et talent, dans toutes les nuances de ces œuvres classiques, ou écrites pour le cinéma, d’un compositeur hors du commun et incontournable de notre époque. Avec cet album Amy DICKSON s'affirme en brisant la GLASS ; et nous, on ne peut rester de Glace !

GLASS-Amy DICKSON plays Philip GLASS. Catherine MILLEDGE piano. Royal philharmonic orchestra, Mikel TOMS. Disponible chez Sony classical.

LES 4 FANTASTIQUES

Cette nouvelle franchise Marvel se déroule à New York, revient sur les origines des quatre super-héros. Elle raconte comment de jeunes idéalistes décident de sauter ensemble dans l’inconnu. Pour la musique, les producteurs ont misé sur un duo inédit de compositeurs chevronnés : d'un côté Marco BELTRAMI, qui signe le côté  classique d'une partition de film d'aventures et, de l'autre, Philip GLASS qui, de prime abord, amène des angles bien plus contemporains mais les deux se mélangent souvent. Le prélude commence par une sorte de mouvement planant de cordes, grondant dans le contrepoint, marque de Marco BELTRAMI Dans un deuxième temps, entre un motif davantage interprété par les claviers, suivi d'une cellule tournant dans les cordes, sur  une écriture type de Philip GLASS. Dans la dernière partie, on trouve un thème crescendo, rythmé par des percussions orientales, ce qui lui donne une couleur originale (Fantastic Four Prelude). Les deux compositeurs   continuent par un thème majestueux, entrecoupé d'un lent crescendo et d'un solo de violon obsédant accompagné de giclées de cuivres  (The Garage ). Philip GLASS reprend la main par un alliage  de trompettes qui lancent une cellule répétitive; Marco BELTRAMI enchaînant lui par un mouvement plus vibrant, parfois même chantant, à l'américaine (Baxter). Sur le thème du futur, les compositeurs s'associent sur un passage  relativement classique de super héros, délicatement mélodique, qui prend de l'ampleur, porté par les cuivres en avant et un contrepoint de cordes (Building the Future). Ils reprennent ensuite un thème rythmé, grave, marqué par une courte cellule qui rappelle, comme une citation, Alien (Jerry GOLDSMITH) et qui revient plusieurs fois dans la partition (Real World Applications). Suit une musique qui joue l'étrangeté avant une touche  positive sur la fin (Launch One). Marco BELTRAMI et Philip GLASS continuent par une musique  délicate, contenant une section légèrement répétitive, puis une sonorité de tuba ample et avec de l'écho, accompagnée de cordes frissonnantes. Dans une deuxième partie, la musique joue l'aventure sur un mode rythmé (Neil Armstrong);  Comme ce thème percussif,  développant une espèce de violence avant une partie plus orchestrale, jouant  la peur (Maiden Voyage). Les compositeurs proposent ensuite de vraies musiques d'action, calibrées sur le suspense voir l'horreur, incluant des citations du thème principal ("Run") mais aussi des  éléments plus doux (Footprints,  Ben's Drop, Father and Son), associés à des éléments  martiaux, synthétiques, annonciateurs de violence (The Search). Sur le retour, les compositeurs reviennent à une musique quasi spatiale, frissonnante dans les graves;  une musique qui s'élève jusqu'à dégager une partie lyrique, obsessionnelle et même tournante (Return), annonciateur d'un long morceau  parfois cauchemardesque, inquiétant par ses sonorités stridentes, mêlant l'électronique à des musiques d'action musclés (He's Awake,      Pursuit), aux développements virevoltants  (Strength in Numbers). Sans surprise, le générique de fin repart du thème principal,  avant de s'ouvrir sur l'émotion et  l'aventure (End Titles). Au final, Marco BELTRAMI et  Philip GLASS signent en commun une bonne partition de superhéros mais sans plus. Hormis quelques passages, il reste en effet très difficile de cerner la véritable part créative de chaque compositeur mais il semble que Marco BELTRAMI se soit occupé principalement de toute la partie action,  également patriotique, de la partition. Philip GLASS, quant à lui, excelle dans l'introduction d'éléments plus atmosphériques, dramatiques, portés par des orchestrations pointues. Même si peut ressentir des difficultés à les suivre, il en ressort une partition plutôt enjouée et qui accompagne efficacement le spectacle! LES 4 FANTASTIQUES. Un film de Josh TRANK, avec Miles TELLER, Michael B. JORDAN, Kate MARA, Jamie BELL, Toby KEBBELL, Reg E. CATHEY, Tim BLAKE NELSON. Musique originale de Philip GLASS et Marco BELTRAMI disponible chez Sony Music.

  

Musique de film inédite !

A BRIEF HISTORY OF TIME

Voici enfin éditée la bande originale du film documentaire sur la vie et l'œuvre du théoricien britannique  Stephen HAWKING. Connu pour ses études sur les trous noirs, la cosmologie quantique et ses livres de vulgarisation sur les mêmes sujets, on lui doit aussi le best-seller Une brève histoire du temps, qui l’a rendu célèbre auprès du grand public.La musique a été composée par Philip GLASS, illustre compositeur contemporain qui a su imposer un style unique à travers ses œuvres personnelles et ses musiques de films, notamment pour les documentaires de Godfrey REGGIO. Sans surprise, mais avec la grâce, l'efficacité et les sonorités qu'on lui connaît, Philip. GLASS livre une partition superbe, de par sa couleur générale et ses nombreux thèmes. Immédiatement, on reconnaît sa patte par des assemblages de notes graves qui reviennent constamment sur une musique  qui démarre doucement (A Brief History of Time Title), puis propose ensuite un mouvement profond, très lent et toujours composé d'une courte cellule répétitive mais doté d'un contrepoint large qui introduit bien le mystère   entourant le scientifique (Mysterious No.4). Philip GLASS présente aussi quelques mouvement emplis de douceur, comme ce lento  délicatement mélodique qui prend une forme concertante, légère et émouvante sur un sujet pourtant explosif (BombsWith Fidelity). On pense encore à ce mouvement mélancolique, à base de cordes accompagnées de bois caressant et de percussions scintillantes, avant une deuxième partie qui prend de l'ampleur et se répète sur de larges sections sur lesquelles se greffent de courtes cellules de cordes. Ce qui rappelle des partitions écrites pour des films muets comme DRACULA (Slow, Simple, Sad No.4) mais aussi à ce long mouvement épais, très orchestral, nostalgique et triste, qui se développe a la manière d'un adagio  (Utility No.1). Philip GLASS propose ensuite des thèmes plus larges dans des boucles répétitives et résonnantes comme dans  la musique de MISHIMA (Slow, Simple, Sad 3, Dice) ou des musiques hors cinéma comme 1 000 AIRPLANES ON THE ROOF, comme ce thème à la fois précipité, rythmé avec une courte séquence qui s'échappe et parfois s'élève de manière chantante (House). Il réserve aussi  quelques motifs plus inquiétants,  comme cet alliage de cordes et de piano omniprésents (Mysterious No.1), ou encore ce thème profond comme une masse d'ou émerge une sorte de solo mélancolique de violoncelle et une ligne doucement crescendo, tellement répétitive et grave qu'elle en devient dérangeante (Mysterious No.2); un schéma qu'il conserve, avec davantage de cuivres qui amènent un rythme mais déploient aussi une lente partie mélodique, qui dégage une étrangeté, comme pour certaines partitions pour les documentaires de Godfrey REGGIO (Bombs). Plus surprenant, Philip GLASS amène une sorte de valse ample, à base de trompettes et de cordes, qui tranche avec le reste de la partition (Hawking Radiation with Brass), également un thème plus grave qui surprend dans l'orchestration, plus dans les bois, qui lui donne un côté nostalgique et une mélodie chantantes (Signature). Pour le générique de fin, il ne se contente pas d'un thème mais en propose deux : d’abord un thème grandiose, spatial, composé de larges boucles, d'harmonies flamboyantes et de courts accents de cuivres (End Credit With Arpeggio And Brass). Puis un thème plus fin, lent, contenant une partie qui semble partir de l'intérieur sur un contrepoint délicatement mélodique (End Credit Major And Minor). Au final, cette partition de Philip GLASS, même si elle ne surprend jamais, se révèle tout simplement fascinante. Le compositeur puise dans sa bibliothèque de sonorités caractéristiques pour construire une partition tour à tour, profonde, méthodiquement mélodique, harmoniquement  toujours large, utilisant abondamment les claviers et, par parcimonie, les cordes et les cuivres. Il en ressort une composition, comme souvent chez Philip GLASS, aussi fascinante qu'émouvante.

A BRIEF HISTORYOFTIME (1992). Un film réalisé par Errol MORRIS.Musique originale de Philip GLASS disponible chez Orange Mountain Music.

 
Coup de Cœur Classique ! 
 

VALENTINA LISITSA PLAYS GLASS!

Cet album réunit deux artistes aussi différents que complémentaires : la pianiste d’origine ukrainienne Valentina LISITSA, avec son art éblouissant et ses centaines de milliers d'adeptes sur YouTube, et Philip GLASS, véritable pionnier du piano minimaliste. Les deux artistes se rejoignent dans un double cd qui reprend le meilleur de Philip GLASS - en utilisant les blocs de construction de minimalisme pour atteindre un énorme paysage sonore inventif de richesse musicale et de contrastes. Richement harmonique, ceci est une expérience d'écoute profondément évocateur avec des performances révélatrices de Valentina LISITSA; une artiste dotée d’une musicalité exceptionnelle et d'une incroyable technique. Après avoir repris Michael NYMAN (Chasing Pianos), Valentina LISITSA parcourt, sur près de deux heures et demie, et avec une grande fidélité aux partitions, Philip GLASS. Elle en garde les structures, les couleurs, les tempos mais, par son toucher, sa grâce au piano, elle se les approprie pour apporter une dimension concertante, parfois sensuelle, souvent bouleversante. Valentina LISITSA commence par des extraits de Glassworks : une ouverture délicate, répétitive mais, sur différents tempos qui en font une pièce séduisante, particulièrement mélancolique. Déjà dans ce thème, la pianiste se fond littéralement dans l'univers de Philip GLASS et y apporte une véritable émotion (Opening). Elle enchaîne par le thème mélodique, caressant, doucement crescendo, de Truman Sleeps ("The Truman Show"). Puis de larges extraits de The Hours, adaptation au cinéma du roman de Michael CUNNINGHAM par Stephen DALDRY, avec Meryl STREEP et Julianne MOORE, sur des arrangements de Michael RIESMAN : d'abord un thème assez lent, redondant mais  qui, par sa couleur classique, se révèle émouvant (The Poet Acts); un mouvement à la structure mélodique fouillée, contrapuntique, caractéristique de Philip GLASS (Morning Passages). Toujours de The Hours, Valentina LISITSA reprend un lento plutôt nostalgique avec des notes graves tombant sur un mouvement relativement solennel (Something She Has To Do), un thème délicatement répétitif, alternant les passages sensibles et  ceux plus rythmiques adapté du Protest  de l'opéra Satyagraha. (I'm Going To Make A Cake). Valentina LISITSA continue avec plusieurs raretés, à commencer par How Now, une œuvre de jeunesse (composée en 1968) mais  parfaitement représentative du style qui a fait la célébrité de Philip GLASS : une musique composée de courtes cellules, parfois contrapuntiques, et surtout, sur près de 30 minutes, inlassablement répétées en boucle. Ce qui peut apparaître comme un exercice de style mais qui constitue en fait l'essence de la carrière de Philip GLASS,  auquel Valentina LISITSA rend admirablement hommage. Puis le morceau Olympian: Lighting Of The Torch, là encore classique du style Philip GLASS, composé pour les jeux olympiques de 1984. La soliste reprend également  Mad Rush, une œuvre flamboyante, complexe, caractéristique d'une époque charnière du compositeur, mais jamais lassante, de plus de 16 minutes, écrite en 1979 en dédicace au dalaï-lama, initialement pour orgue mais reprise (y compris par le compositeur) pour piano. Dans le deuxième disque, de nouveau de The Hours, la soliste reprend un thème très lent, assez bas, répétitif dans la profondeur et les  développements (Dead Things); puis Tearing Herself Away, mouvement lent et mélancolique adapté du morceau Islands (Glassworks) ; Wichita Sutra Vortex, œuvre construite autour d'un poème antimilitariste d'Alan GINSBERG (Hydrogen Jukebox) ; Escape!, un superbe solo basé sur Metamorphosis II et repris par le  compositeur dans l'album Solo Piano. Enfin, la pianiste s'illustre par deux mouvements spécialement composés pour The Hours : d'abord un  émouvant Chosing Life puis le superbe, large, contrapuntique et sonnant thème titre (The Hours). Valentina LISITSA joue ensuite plusieurs mouvements de Metamorphosis; l'œuvre pour piano, comportant cinq parties, composée en 1988 : d'abord les lentos, intrigants et lumineux, Metamorphosis One, Two & Five basés sut la musique du fim d'Errol MORRIS The Thin Blue Line. Puis le mouvement plus rythmique, classiquement répétitif et mélodique,  Metamorphosis Three, autant répétitif, avec des vagues, mais sur un mode plus grave (Metamorphosis Four). Valentina LISITSA referme en beauté son double avec le Closing du film de Paul SCHRADER, Mishima, qui constitue à la fois un des grands thèmes de Philip GLASS  et un concentré de son oeuvre  gigantesque. Au final, par son jeu extrêmement technique, rythmé et respectueux des œuvres originales Valentina LISITSA apporte une véritable dimension émotionnelle. Plus que de simples reprises, ses interprétations représentent de véritables figures. Il ne reste alors plus qu'à fermer les yeux et apprécier ce double disque impeccable, qui nous transporte dans une dimension faite de mystère, de magie et de lumière; tout ce qui fait l'intérêt des musiques de Philip GLASS !

VALENTINA LISITSA PLAYS GLASS! Musiques de Philip GLASS interprétées par Valentina LISITSA au piano. Double cd disponible chez Decca/Universal.

THE PERFECT AMERICAN

Les représentations des opéras de Philip GLASS restent rares en France et il convient de se réjouir de l’édition en vidéo de ce 25ème opéra. Il s’agit certes d’une œuvre de commande mais aussi et surtout d’une composition personnelle du compositeur qui, tout en restant fidèle à ses principes musicaux, en particulier les éléments répétitifs, les renouvelle et leur insuffle une dimension plus adaptée à un grand public. En ce qui concerne le sujet, il apparait alléchant puisque, sous la forme d’une fiction lyrique, adaptée d’un roman de Peter Stephan JUNGK (LE ROI DE L’AMERIQUE), THE PERFECT AMERICAN met en scène les derniers mois de Walt DISNEY qui, de créateur, est devenue une icône de l’industrie du divertissement familial qui, au-delà de ses dessins animés, a révolutionné la consommation des loisirs. La pièce présente surtout un artiste sur la pente descendante ; d’où une œuvre souvent sombre, parfois nostalgique et, aux détours, émouvante, où le merveilleux pointe parfois son nez. Ce qui surprend d’abord à la vision de cet opéra de Philip GLASS, c’est son aspect beaucoup plus cinématographique que d’habitude. En effet, si on excepte ses relectures sous forme opératique des œuvres de Jean COCTEAU (LA BELLE ET LA BETE, LES ENFANTS TERRIBLES), Philip GLASS a toujours écrit des œuvres lyriques plus thématiques que théâtrales. Le prologue démarre par une introduction de percussions, des instruments que l’on retrouve ici, bien plus que dans les œuvres classiques de Philip GLASS et des cordes profondes, légères et graves en contrepoint. Le personnage principal, Walt DISNEY, incarné avec force par le baryton Christopher PURVES (réputé pour ses interprétations de Georg Friedrich HAENDEL), se trouve sur son lit d’hôpital, accompagné par un crescendo. En fait, le créateur malade sort d’un rêve inquiétant, hanté par les images d’une chouette, que l’on retrouve plusieurs fois d’ailleurs dans le spectacle. Le décor est assez sobre, minimaliste, ce qui rappelle certaines images d’EINSTEIN ON THE BEACH. Mais la comparaison s’arrête là car, tant d’un point de vue musical, narratif et de mise en scène, THE PERFECT AMERICAN se révèle en tout point bien plus accessible, beaucoup moins ambitieux. Et puis, entre les deux œuvres, Philip GLASS a énormément composé pour le cinéma et s’en est nourri pour l’écriture de ses opéras. En ce qui concerne la musique, elle se situe dans un style assez classique de Philip GLASS, c’est-à-dire à la fois terrifiante, flamboyante, avec une place importante accordée aux percussions et aux cordes. Quand aux chœurs, ils sont également très présents, surtout lorsqu’il s’agit de renvoyer le personnage vers des lieux de son enfance, ici Marceline, accompagné de son frère Roy, interprété par le basse baryton David PITTSINGER aussi à l’aise dans les opéras de Benjamin BRITTEN que les comédies musicales de RODGERS & HAMMERSTEIN.  On les voit heureux de se retrouver, échanger des souvenirs, dans la demeure familiale ; des séquences qui contrastent avec les moments plus graves qui présentent un créateur malade, dans le décor plus austère d’un hôpital avec une infirmière qu’il appelle Blanche Neige interprétée par la soprano Janis KELLY que l’on a pu entendre dans SATYAGRAHA du même Philip GLASS. La musique se révèle toujours grave, mais aussi parfois romantique. Le compositeur utilise à la fois les cordes et les bois, quelques percussions lointaines pour un accompagner le génie vieillissant se posant des questions existentielles et surtout  refusant de mourir, également rencontrant des personnages célèbres comme Abraham LINCOLN sous forme d’animatronique joué par le basse Zachary JAMES par et Andy WARHOL (interprété par le ténor John EASTERLIN). Philip GLASS propose ici une musique à plusieurs niveaux harmoniques et colorés, pour une partition qui se fait aussi dramatique quand la famille et les amis de Walt DISNEY viennent à son chevet. Le plus surprenant, c’est quand Philip GLASS introduit une musique plus traditionnelle, américaine, voir patriotique avec des trompettes. Ces musiques coïncident à des moments intimes, notamment quand il retrouve sa femme Lilian (Marie Mac LAUGHLIN) qui lui annonce de bonnes nouvelles. On note aussi une partie chorale joyeuse en forme de chant d’anniversaire par les chœurs avant une reprise plus obsessionnelle, presque diabolique avec l’apparition du personnage de Lucy (par la jeune soprano Rosie LOMAS). Dans le deuxième acte, la pièce met en scène des réunions de Walt DISNEY avec ses collaborateurs. On le voit aussi chevaucher son train miniature avec sa femme et ses filles ; d’où une musique plus colorée, rythmée, accompagnée par des projections de dessins, et des notes de cordes répétitives, et de jolies parties de cuivres. Maintenant, une grande partie de ce deuxième acte se trouve consacré à la fin du créateur, alors en unité de soins intensifs, aux côté du jeune Josh, également interprété par Rosie LOMAS en enfant à la voix pure qui rencontre son héros. D’où une musique douce, qui porte de l’affection, jouée avec retenue par les cordes, qui contraste avec la voix grave de Walt DISNEY. Philip GLASS s’attache alors à développer musique lente, grave, dans laquelle il réserve un joli monologue à l’infirmière interprétée par la soprano Noelia BUNUEL. La musique redevient plus triste à mesure que la fin du créateur approche, avec de nouveau un recours percussions sur Lilian. On note encore une musique orchestrale quasi maléfique quand les personnages mortifères tournent autour des malades. Le spectacle se termine sur une musique très orchestrale, accompagnée de caisses claires. On y retrouve l’ex employé Dantine qui s’entretient avec un agent des pompes funèbres (de nouveau Zachary JAMES) qui possède une voix très grave. Au final, Philip GLASS livre une partition qui, si on la compare à ses premiers opéras, tels qu’AKHNATEN, étonne. Mais, qui si on la rapproche de ses musiques de films telles que MISHIMA, elle prend toute sa place dans une carrière dévouée à la création sonore et à la relation à l’image, à la scène.

THE PERFECT AMERICAN, un opéra composé par Philip GLASS, sur un livret de Phelim McDERMOTT. Orchestre et chœurs du Teatro Real de Madrid, dirigés par Dennis RUSSELL DAVIES. Disponible en blu-ray et en dvd chez Opus Arte.

 

  VISITORS

Après la trilogie QATSI (KOYAANISQATSI, POWAQQATSI et NAQOYQATSI) mais aussi le court métrage ANIMA MUNDI, Philip GLASS et Godfrey REGGIO se retrouve sur VISITORS. Comme les films précédents, c’est un projet visuellement impressionnant, tourné en noir et blanc, en numérique et accompagné de bout en bout par la musique du célèbre compositeur new-yorkais. D’ailleurs, on dit souvent des films de Godfrey REGGIO qu’ils se rapprochent plus de la musique que de la narration, les spectateurs constituant des visiteurs qui créent les humeurs et les tonalités, permettant à chacun d'entre eux d'explorer les liens et les associations possibles. Pour cette cinquième collaboration, Philip GLASS reste fidèle à lui-même et propose une musique qui lui ressemble. Beaucoup moins mélodique que les précédentes, on pourrait la définir comme une nouvelle symphonie de son compositeur (il en a déjà composé plusieurs !) dans laquelle on retrouve néanmoins la même structure sonore, les couleurs propres aux musiciens du Chef Michael RIESMAN. Philip GLASS démarre sa musique profondément, par un mouvement lointain avec, comme toujours, une partie répétitive. Dans un deuxième instant, le compositeur amène un motif plus inquiétant, sur des harmonies qui se démultiplient, devenant alors très complexes malgré leur apparente simplicité ; encore une spécificité des musiques de Philip GLASS  (Novus Ordo Seclorum). Dans la deuxième plage (qui dure 16 minutes), Philip GLASS développe un mouvement majestueux ; après quelques notes percussives, un solo de violon en contrepoint, on déguste une musique caressante, mélancolique. Puis le compositeur introduit un court motif à quatre temps qu’il déroule en boucle et sur différents tempos, avant de reprendre son thème porté alors par le violoncelle accompagné d’un contrepoint de cordes élégantes et toujours de clarinette, et de partir vers un mouvement plus orchestral, légèrement jazzy (The Day Room). Dans la plage suivante, Philip GLASS développe un mouvement très lent, répétitif dans sa structure, varié dans ses couleurs apportées à la fois par les cordes et les bois. Tout en continuant de répéter son thème principal, le compositeur lance une deuxième couche obsessionnelle qui donne à la musique une double dimension. On note néanmoins une partie plus chantante dans ses bois et ses motifs de claviers posés sur un lit de synthétiseurs, ainsi que quelques notes de harpes. (Off Planet, Part 1). Le compositeur continue par deux mouvements plus graves, le premier apparaissant plus rapide avec une partie étrange, peu lisible, beaucoup moins que dans KOYANISQATSI par exemple. Plus étonnant apparait ce motif chevaleresque à base de percussions, et au contrepoint synthétique avant ce motif étonnant, tournoyant, quasi apocalyptique  (Off Planet, Part 2). Le second joue plutôt la carte du mystère, du lyrisme avec une musique qui devient plus dramatique, concertante, gracieuse et tragique, comme une pièce d’opéra avançant crescendo (Gone). 

Dans le dernier morceau, Philip GLASS continue  d’accompagner la modernité que montre Godfrey REGGIO. Il déploie alors une musique qui monte, se répète et qui accroche, notamment par sa gravité, portée à la fois par les synthétiseurs, le piano et la clarinette (The Reciprocal Gaze). Alors que les images de Godfrey REGGIO permettent, parfois, au spectateur d’entrer dans un état presque onirique - notamment avec les séquences de méditation sur les mains de l'homme, aussi expressifs que des visages, et l'interaction avec les outils technologiques. L'effet est alors fascinant, et le score de Philip GLASS agit comme un complément parfait, une musique qui revisite, de la meilleure manière qui soit, son style, personnel et inclassable. Et si, à force de composer des symphonies et des opéras, Philip GLASS livre des partitions plus concertantes et lyriques que jamais, il en conserve toujours la base obsessionnelle ainsi que les couleurs qui les rendent uniques. Il en ressort alors une composition magique, intemporelle, emplie de beauté, de douceur, d’élégance mais aussi, et surtout, d’un grand mystère.

VISITORS, bande originale du film de Godfrey REGGIO, composée par Philip GLASS, disponible chez Orange Mountain Music.