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7 JOURS PAS PLUS

C’est une des bonnes surprises de la rentrée : la bande originale de la compositrice Jacynthe MOINDRON-JACQUET pour premier le film réalisé par Hector CABELLO REYES (scénariste de BARBECUE-2013, RETOUR CHEZ MA MERE-2015). D’un commun accord, le réalisateur et la compositrice ont souhaité que la musique représente une porte d’entrée aux émotions du spectateur. Et de fait, l’identification profonde que le spectateur ressent pour les trois personnages principaux passe de façon immédiate par la musique. Et en particulier par le piano, qui constitue l’instrument central d’une histoire qui tourne autour de Pierre, un quincailler célibataire et maniaque joué par Benoit POELVOORDE, qui va croiser le chemin  d’une vache tombée du ciel, d’un jeune Indien perdu qui va devenir, étonnamment, son ami (Pitobash). Il va aussi rencontrer une belle blonde normande (Alexandra LAMY). Mais tous ces évènements relèvent-t-ils vraiment du hasard ? Jacynthe MOINDRON-JACQUET commence par un thème léger, mélodique, de pure tradition française. Un thème assez classique de générique, que l’on entend aussi sur l’épilogue, écrit pour une comédie romantique, et qui se trouve porté par le piano,  accompagné de cordes généreuses, de flûtes, sur un rythme de deux fois deux temps (Lets Go For A Ride). Elle continue dans la même couleur d’abord par un thème enlevé, qui se développe de façon dynamique, presque à la façon d'une musique de cirque, dans la clarinette, les cordes (Bad News). Puis elle introduit des musiques plus lentes, contenant des espaces, du mystère, en s’appuyant toujours sur le piano, ici accompagné d’un développement dans les cordes, notamment les violoncelles (Bad Guy). Sur le personnage du jeune indien, Jacynthe MOINDRON-JACQUET présente un thème assez découpé, à la mélodie qui contient de l'espace dans sa première partie, plus chaude, dans les cordes dans sa deuxième (Meeting Ajit Daily) ; un thème qui, là aussi, revient plusieurs fois, notamment dans une variation d'essence presque jazzy, colorée par du saxophone et des cordes pincées (Meeting Ajit Fantasy). Jacynthe MOINDRON-JACQUET continue dans un joli thème romantique, mélodique et mélancolique, que l’on retrouve dans plusieurs orchestrations : piano solo, Piano et orchestre ; un motif superbe, dont la mélodie apparaît très touchante (Happiness - piano solo ; Happiness – See You) ; puis dans une déclinaison où des cordes amènent un  tourbillon de douceur, de lyrisme (Happiness - Forgive And Forget). Et elle termine par un thème enjoué, à la fois orchestral et coloré, dont l’entrain se voit décuplé par une sorte de rythme de samba, (Happy End). Avant un générique de fin enlevé, pétillant comme une musique de cirque particulièrement colorée (Fucking News - Générique Fin). Entre temps, elle amène aussi un thème de valse en mineur, donc sur un tempo assez lent, nostalgique, avec un piano rythmé (Valse En C Mineur – Boom) ; ou plus distant, accompagné d’un violon caressant, léger, et de flutes légères, aériennes (08. Valse En C Mineur - Broken Heart). Sur cette fable sympathique, qui doit beaucoup à ses comédiens, et avec un réel talent mélodique Jacynthe MOINDRON-JACQUET étonne agréablement avec cette bande originale simple mais très plaisante ; une partition d’une compositrice pleine d’espoir, qui se distingue par ses thèmes mais aussi ses couleurs qui, si elles tournent souvent autour du piano, ne s’y limitent pas !

7 JOURS PAS PLUS. Un film d’Hector CABELLO REYES, avec Benoit POELVOORDE, Pitobash et Alexandra LAMY. Musique originale de Jacynthe MOINDRON-JACQUET disponible chez BOriginal/Cristal records.

 

Ce film marque le retour à la fiction du réalisateur Olivier PEYON, après LES PETITES VACANCES en 2007 (avec Bernadette LAFONT et Claude BRASSEUR). L'intensité des émotions qui traverse cette histoire qui se déroule en Uruguay, a conduit le compositeur et guitariste Nicolas KUHN à écrire une musique tendre, douce, autant que tendue, pulsée, interprétée par un quintet à cordes, une guitare classique, un bandonéon, quelques sonorités électroniques, et les résonances métalliques si particulières du « hang ». Nicolas KUHN commence par un joli mouvement doux amère, mélancolique et empli de douceur, à base de guitare, d’une ligne doucement mélodique de violoncelle et d’un contrepoint synthétique (Ailleurs I) ; un thème important qui a permis au compositeur de donner très vite des directions et des paysages sonores possibles pour l'ensemble du film ; ce qui est aussi le cas d’un morceau comme le morceau Respuesta Al Miedo : un thème langoureux, à base de guitare, de bandonéon qui mélange une texture de tango et quelque chose de plus agité, de mélodique et de répétitif. Et surtout le morceau Retrouver Mon Fils En Uruguay, dans lequel Nicolas KUHN adopte une couleur résolument sud-américaine sur une mélodie lisible, rythmée, renforcée par un solo de violon. Ce qui permet d’apporter une véritable émotion, parfois une inquiétude (08. Norma Inquiète) que l’on retrouve souvent dans la partition, notamment dans des thèmes où la guitare apporte une intimité, tout en restant délicatement mélodique (Felipe). Par delà ces thèmes de base, il introduit un thème énergique, une sorte de tango rythmé par des cordes légères en contrepoint (Arrivée A Florida) ; un tango qui lui permet d'amener une précipitation, une certaine tension (Felipe Disparaît). Il y utilise aussi des percussions que l’on retrouve plusieurs fois. Comme sur ce thème où elles donnent de la couleur a la mélodie.  Tandis que les cordes introduisent une profondeur (Meddi Trouve Felipe). Nicolas KUHN apporte ensuite de la douceur dans un thème lent, nostalgique, avec de nouveau du bandonéon, qui révèle une fêlure, une douleur féminine (Sylvie Attend). Plus rarement, Nicolas KUHN introduit un thème aérien, atmosphérique, surtout synthétique, assez glauque en fait, à l'image du  décor (Gare Routière). Puis il revient à une musique lente, qui prend de l'épaisseur ; un motif de nouveau porté par le bandonéon, un contrepoint de violoncelle, quelques percussions (Douleur). Au final, Nicolas KUHN signe une bande originale à l'agréable saveur tango et émotionnelle. Il y parvient grâce au choix des instruments, la rencontre et la fusion de sonorités et de modes d'expression caractéristiques d’un ailleurs. Et en même temps, il reste toujours proche de la quête humaine, intime et familière du film. D'où une bande originale réussie, qui nous emporte dans des tourbillons de paysages lointains.

UNE VIE AILLEURS. Un film d'Olivier PEYON. Musique originale de Nicolas KUHN disponible chez BOriginal/Cristal records.

IRRÉPROCHABLE

Dans ce polar vénéneux, Marina FOIS joue   Constance, une agent immobilière prête à l’impossible pour reprendre à Audrey (Joséphine JAPY), le poste qu'elles convoitaient toutes les deux. Là, le réalisateur souhaitait jouer avec les codes de différents genres. En effet, si le début du récit s’inscrit dans une tradition très française, tout ensuite se complique à la manière d’un thriller et contamine le quotidien de cette petite ville de province où tout semble si normal. L’idée consistait de créer une tension à partir de choses simples et évidentes comme les décors, les costumes et la musique. Le réalisateur avait d’abord pensé à une musique plus classique et mélodramatique, mais au fil du montage, il a souhaité qu’elle participe à ressentir l’état de Constance et que les sonorités donnent corps à ses émotions, comme des décharges électriques ; une tonalité électro qui fasse naître et vivre le malaise. D’où le choix du groupe Zombie Zombie, issu de la rencontre entre Étienne JAUMET, saxophoniste de The Married Monk, et Cosmic NEMAN le batteur d'Herman DUNE, qui ont aimé le film et travaillé à différents thèmes qui accompagnent tous les personnages. Immédiatement, sur le personnage de Constance, ils distillent une ambiance planante qui laisse rapidement place à de l'inquiétude. D'emblée, comme chez des cinéastes compositeurs célèbres, comme John CARPENTER, ils introduisent des sonorités synthétiques identifiables. Surtout, ils ne s'en contentent pas, rajoutant une dimension mélodique (Running-Thème de Constance). Ils continuent, sur le thème de L'effondrement, par une ligne de synthétiseurs profonds, de sonorités percussives et toujours une partie mélodique, ici davantage un gimmick. Ce qui donne une musique étonnante, à la fois belle, triste et étrange. Toujours proche de grandes références, le groupe entame aussi une large musique dansante, forcément très rythmée, aux boucles et effets qui la rendent éclatante, à la manière de certaines musiques disco de la fin des années 1970 (Boite De Nuit). Le groupe continue par un thème toujours électronique mais tournant, obsessionnel et même martial avec des caisses claires sans doute synthétiques. Ce qui donne une musique amusante d'abord puis, de nouveau, dérangeante, notamment par son contrepoint profond, dramatique, à la manière d'Angelo BADALAMENTI sur TWIN PEAKS (Filature). Sur la séquence du bowling, ils proposent une nouvelle musique éclatante, entre disco et jazz grâce à l'utilisation de saxophone tandis que, pour Tuning, ils reviennent à un thème traditionnel électro dance incluant également des voix mixées. Sur le Final, ils reviennent à des sonorités planantes, aériennes, également des bribes rappelant des cornemuses. Ils reprennent également des sonorités à la fois futuristes et dramatiques qui se mélangent sur des sonorités, notamment de clarinette, jazzy (Folie furieuse, pt. 1-Final), qui reviennent de manière plus rythmées, percussives et même mélodiques sur le Générique (Folie Furieuse, pt. 2-Générique). Pour le personnage de Philippe, on entend un thème plutôt hors du temps, rythmé par des sortes de tambours puis accompagné d'un contrepoint profond, qui utilise notamment des sonorités de saxophone, également quelques percussions, par-dessus des nappes synthétiques (La désintégration/Thème de Philippe). En bonus, par dessus des sonorités de goûtes d'eau, on entend un superbe thème planant, spatial et mélodique ; une impression renforcée par des boucles électroniques  (Retour au calme). Au final, le groupe ZOMBIE ZOMBIE signe une bien intéressante bande originale qui, certes, se nourrit beaucoup d’un esprit synthétique courant dans les bandes originales du cinéma d’épouvante des années 1970 et 1980. Mais, loin de s’arrêter à ces références assumées, ils participent, et réussissent, à créer un véritable univers sonore complètement intégré à l’esthétique du film.

IRRÉPROCHABLE. Un film de Sébastien MARNIER, avec Marina FOIS, Jérémie ELKAIM, Joséphine JAPY, Benjamin BIOLAY, Jean-Luc VINCENT, Jeanne ROSA. Musique originale du groupe Zombie Zombie disponible chez Versatile records.

 

BIENVENUE A MARLY-GOMONT Un film de Julien RAMBALDI

Après MARLY-GOMONT la chanson, le film ! Cette comédie raconte en effet l’histoire de la famille du chanteur KAMINI, plus particulièrement, en accord avec le réalisateur Julien RAMBALDI, le parcours de son père Seyolo qui, juste diplômé, devient médecin dans un petit village du Nord-Pas-de-Calais. La musique, très ancrée dans la tradition française et  l'émotion, est signée Emmanuel RAMBALDI (LES TRIBULATIONS D'UNE CAISSIÈRE-2010, LES MEILLEURS AMIS DU MONDE-2009) qui commence par un thème profond sur une structure mélodique pianissimo et un contrepoint de cordes qui amènent d'abord de la chaleur, de la nostalgie sur le souvenir de l'arrivée à Marly Gomont (La Famille Zantoko 1 05). Un thème que l'on retrouve avec  un poil un poil de gravité, en usant davantage de bois, notamment de percussions (Arrivée École) et, avec la légèreté des guitares sur A La Ferme. Sur Le cabinet Médical,  puis Gagner La Confiance mais aussi Le Spectacle,  le compositeur continue par une musique de circonstance, chantante tout en jouant l'interrogation avec un alliage de cordes et de bois qui donne une musique pianissimo très  française, qui se développe joliment dans les cordes, toujours ponctuées de percussions. Sur Le Match, il développe un morceau plaisant, qui évolue sur une orchestration pop aux accents britanniques ! Sur des souvenirs douloureux, Emmanuel RAMBALDI amène logiquement une gravité intérieur au personnage par un joli thème à base de piano, accompagné d'un contrepoint élégant de cordes (L'arrestation) ; une ligne qui reste sur la séquence de L'accouchement, avec un thème mélangeant d'abord de manière obsessionnelle la guitare et le piano. Ce dernier qui reste seul sur une musique davantage intimiste. Tandis qu'on retrouve la guitare avec des percussions et des flûtes, sur une musique fraiche, de western (Le taureau) ; également dans une sorte de valse nostalgique, rythmée par une fanfare (Le Jour De L'élection), puis dans un thème profond,  développement d'une mélodie sensible, dans les bois, le piano et le saxophone en contrepoint (En hiver). Emmanuel RAMBALDI termine, pour l’Epilogue, par un large mouvement de cordes soutenues par des percussions. Dans un deuxième temps, le piano se fait plus intimiste dans un lento émouvant, accompagné de cordes. Avant une conclusion plus  entraînante, vibrante, incluant une courte cellule mélodique appuyée par les trompettes. Au final, Emmanuel RAMBALDI propose une très belle partition, qui se situe dans la lignée des musiques de comédies que l'on entend souvent au cinéma et à la télévision. Multipliant les motifs profonds, mélodiques et sensibles à base de cordes, et souvent soutenus par des percussions et quelques cuivres, il développe avec caractère une partition qui renforce la sensibilité de l'histoire des racines de Kamini. Une belle découverte !

BIENVENUE A MARLY-GOMONT Un film de Julien RAMBALDI, avec Marc Zinga, Aïssa Maïga, Rufus, Jonathan Lambert. Musique originale     Emmanuel RAMBALDI disponible chez BOriginal/Cristal records.

SOUL

Cet album inédit regroupe plusieurs musiques de courts métrages d’Anarelle MUS ; une réalisatrice, compositrice et productrice Kazakh résidente en France, et qui a créée son propre label MMW Production (Movie World Music Production). Signalons qu’Anarelle MUS a créé plus de 100 compositions musicales pour orchestre symphonique, de chambre ou d'instruments nationaux. Très éclectique, il a également signé des compositions solos, en duos, en trios, ou pour des quatuors, des quintettes et même pour groupe de percussions. On lui doit aussi quelques musiques pour des ballets modernes, des films et des spectacles comme History of one photo (2015)          . Le programme commence par un thème sensuel, pianissimo et rythmique, léger et chantant avec des chœurs. Il s’agit d’un thème charmant mais très classique, trop attendu (Côte d'Azur du film Adam Et Eve). Anarelle MUS  continue par un thème léger à base d’abord de piano puis de percussions et de batterie qui lui confèrent une dimension fraiche et ensoleillée, entre jazz et salsa. Il s’agit d’un thème d’allure simple mais efficace dans lequel on sent beaucoup de références parfois trop évidentes, comme évidemment l’accordéon associée à Paris (Trocadéro du film du même nom). Anarelle MUS propose ensuite une sorte de musique ethnique hybride ; un thème qui passe par plusieurs ambiances : d’abord la plus évidente, l’Inde grâce à l’utilisation de tabla. Puis on trouve un élargissement au Moyen-Orient, à base surtout de flûtes et matinée de boucles électroniques. Dans un deuxième temps, la compositrice fait rentrer une base rythmique apportée essentiellement par de la batterie, un zest de guitare et un piano qui lui donnent une dimension plus dynamique, plus jazz (Kerey (Clan) du court métrage Bon appétit !). On entend ensuite une bien belle Chanson Du Père (extraite du film Georgian) ; un morceau assez mélancolique, pianissimo et même dansant. Le tout se situant dans un esprit slave, relayé à la fois par voix que par une orchestration colorée qui utilise notamment de l’accordéon. Suit une Fugue qui commence par un thème classique d’orgue puis qui vire vers le rock en faisant entrer des guitares électriques ainsi que de la batterie. Ce qui donne un thème plutôt rapide ? rythmé mais surtout déroutant voir psychédélique et pas vraiment convaincant (Transformation). Elle enchaine avec une chanson assez légère, bien ficelée, colorée et profonde, dans un esprit club de jazz, assez convenu mais plutôt agréable à l’écoute (Ne touche pas mes sentiments). Anarelle MUS revient à quelque chose de plus léger, plus doux avec la chanson Ilot (du film Aimer malgrès tout) ; un titre relativement classique de variétés où elle chante délicatement un thème doucement mélodique, simplement accompagnée de piano. Le programme par la musique du film Carnival ; un thème magique, presque de cirque, assez électronique, parfois pianissimo et rythmé. Au final, voici un album qui vaut surtout pour l’opportunité de découvrir Anarelle MUS ; une artiste complète puisqu’elle signe des musiques (souvent trop attendues, pas assez originales) et réalise des films. A découvrir en attendant davantage de prise de risque !

SOUL. Musiques originales d’Annabelle MUS disponible en digital chez Plaza Mayor Company.

 

MARGUERITE

Se déroulant dans le Paris des années 20, cette comédie à la fois musicale et originale de Xavier GIANNOLI, s’inspire librement de la vie de la cantatrice Florence FOSTER KENKIS qui devient ici Marguerite DUMONT. Jouée par l’excellente Catherine FROT, cette bourgeoise passionnée d’opéra chante régulièrement devant son cercle d’habitués. Mais elle chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit !. Dans MARGUERITE, la musique originale composée par Ronan MAILLARD représente le reflet de ce qui anime l’esprit de cette cantatrice : de l’inconscience, de la candeur, mais aussi de la folie, joyeuse puis destructrice. Ronan MAILLARD commence par un pure thème de cinéma, profond et assez grave; un thème qui monte doucement, déployant un mouvement lent, caractéristique des tragédies lyriques, et entrecoupé d'un solo de violon (La Photo De Madelbos). Dans la même lignée, il continue par un autre lento, à la fois coloré et empli de mélancolie avec, là encore, une envolée orchestrale (Des Fleurs Pour Marguerite). Il propose ensuite un thème sombre, dans les graves, mais avec des clarinettes chantantes (Rencontre A La Rédaction). Ronan MAILLARD revient avec plusieurs thèmes lents, empli de gravité et en même temps d'une compassion montante à travers de courts motifs émouvants (Sortie Du Poste De Police,  Le Tribunal). Plus surprenant, Ronan MAILLARD continue avec des Hommages à l’opéra de Ruggero LEONCAVELLO PAGLIACCI prétextes à un clin d'œil aux arias italiens mais, malheureusement, coupé par quelques dialogues. Ronan MAILLARD plonge ensuite dans une véritable musique mélodramatique, un thème d'une grande puissance orchestrale, presque de tragédie antique dans sa première partie, avant de virer vers un mouvement plus léger, nostalgique (Sortie Du Théâtre). Avant de revenir à un thème assez lent, sournois, rythmé délicatement par de la contrebasse et d'où s'échappe un filet de violon, avant un développement doucement rythmé par du piano (Attendre Que Marguerite Se Réveille). Comme on pouvait s'y attendre, la bande originale comprends également beaucoup de musiques qui constituent le répertoire de Marguerite ; des grands airs d’Opéra, très techniques, qu’elle est bien sûr parfaitement incapable d’interpréter... Néanmoins, pour la plupart, celles-ci ont été arrangées et dirigées  par Ronan MAILLARD, à la tête de l'orchestre philharmonique de Bruxelles : le Voi Che Sapete des NOCES DE FIGARO et L'Air De La Reine De La Nuit (mais aussi l'Ouverture) extrait, malheureusement coupé par des dialogues, de LA FLÛTE ENCHANTÉE de Wolfgang Amadeus MOZART, qui commence de manière grave, délirante avec une voix plutôt insupportable sur une musique sérielle ; l'Habanera du CARMEN de Georges BIZET; Casta Diva  du NORMA de Vincenzo  BELLINI. Voulant aussi que le film représente une expérience musicale « totale » qui corresponde à ses goûts, Xavier GIANNOLI a sélectionné de la musique baroque avec Les Sonates En Trio En Sol Mineur et en Ut Majeur RV 754 d'Antonio VIVALDI, Come Ye Sons Of Art d'Henry PURCELL, un thème porté par des trompettes avec des cordes qui reprennent la mélodie vocale ; le Prélude En Mi Mineur, BWV 878 et les Fugues En Do Dièse Mineur, BMW 849 (Le  Clavier Bien Tempéré) et Toccata En Ré Mineur, BWV 565 de Jean-Sébastien BACH; Duo Des Fleurs de Léo DELIBES, un mouvement lent, léger qui introduit joliment la voix de Marguerite, accompagnée de chœurs délicats. On trouve aussi une amusante reprise de La Marseillaise pleine de faussetés par Marguerite. On notera des harmonies plus modernes telles que la Berceuse De La Sirène (Trois Chansons) mais aussi Chanson De La Poire, de bien jolies mélodies pianissimo et lyriques (chantées par Sarah BLOCH) et frémissantes à découvrir, d'autant qu'elles ont été écrites par René MORAX et surtout Arthur HONEGGER. Plus étonnant : ce thème chantant, tout dans les précipités, emmené par le piano et beaucoup de cuivres; un thème en majeur, très rythmé mais aussi très référentiel, d'inspiration renaissance. Morceau de Michael NYMAN écrit en mémoire de PURCELL (Chasing Sheep Is Best Left To Shepherds).Voici une bande qui devrait ravir à la fois les amateurs d'art et de musiques de films. En compositeur prometteur, Ronan MAILLARD a signé des thèmes relativement classiques mais soignés. Des motifs souvent intimistes doublés d'orchestrations élégantes qui apportent un véritable contrepoint émotionnel aux dissonances de MARGUERITE. Au final, comme le dit le réalisateur cette bande originale forme un trou noir où tous les sons se perdent… ou se rassemblent pour former un joli patchwork musical !

MARGUERITE. Un film de Xavier GIANNOLI, avec Catherine FROT. Musique de Ronan MAILLARD disponible chez BOriginal by Cristal records.

Image

LITTLE HOUDINI / L'OEIL DU CYCLONE / 1910-PARIS SOUS LES EAUX : trois musiques de Thierry MALET disponibles en digital chez Plaza Mayor Company.

La sortie concomitante de ces trois bandes originales nous permet de parler d’un compositeur discret, talentueux et chevronné. On s'arrête d'abord sur la la série animée de Cédric BABOUCHE LITTLE HOUDINI; l'histoire d'Harry, jeune magicien dans le New York de 1887 dont la devise est qu'il y a  toujours un truc !Thierry MALET a composé une série de thèmes relativement brefs mais expressifs, à commencer par la mélodie du thème principal jouée à la façon d'une boîte à  musique. (Musicbox Magic Trick) ou coloré par des cuivres et mâtiné d'une mélodie chantante (Opening Scene). Pour évoquer les États-Unis du 19eme siècle, il amène un thème élégant, d'allure classique, dontles cordes répètent une courte cellule tandis qu'un piano dévoile un air enjoué(Arrival in New York), que l'on retrouve ensuite à la harpe,  sur un rythme étincelant (Tunnel Discovery). Il introduit ensuite une musique mystérieuse, doucement mélodique, à base de percussions et de cordes épaisses jouant dans les graves (Sad Story). Plus intéressant, le compositeur s'inspire de musiques italiennes, notamment grâce à ce thème chantant entre morceau mélancolique et parade de cirque qui rappelle les partitions de Nino ROTA(Rehersall His Presentation, The Show). On pense aussi à cette  fanfare, à la fois mélodique et rythmique (Roller Coaster), qui annonce d'autres thèmes colorésde trompette et de tuba principalement (Thoughts). Thierry MALET propose ausside  vraies musique de films, trépidantes, en particulier dans les cordes, rapides et émotionnelles, (Running to Get Some Help) ou jonglant entre musique de suspense et de spectacle, à base de piano, d'orchestre et de percussions (Final Show). Plus rarement, il propose des thèmes moins mélodiques, porteurs d'une étrangeté, avec de longues plages de cordes montant doucement, ou encore quelques mesures de piano (Mysterious Ennemy, Revealing His Intention). D'ou une partition très agréable et résolument optimiste ! On change radicalement de style avec L'OEIL DU CYCLONE ; ce film, réalisé par Sékou TRAORÉ, met en scène le face à face entre une jeune avocate idéaliste désignée d'office et un rebelle accusé de crimes de guerre. Pour cet affrontement entre deux facettes de l’Afrique contemporaine, Thierry MALET a composé une partition complexe, souvent atmosphérique et étrange.  Ainsi, il commence par une musique profonde, aérienne, avec des flûtes, des cordes mais surtout des percussions quo chahutent un mouvement inquiétant, sans véritable mélodie, hormis une courte cellule de six notes qui débouche sur un joli solo de guitare et de cordes (Transfert Of The Prisonner). Il reste dans cette tonalité avec des  thèmes lents, plus atmosphérique que mélodiques qui maintiennent la tension; des thèmes rythmés, graves, notamment  dans des sonorités modernes, répétitives (Approaching The Prisonner, The Killing Dance), parfois plus amples, avec quelques percussions et de la guitare grave, qui coupent une ambiance pesante (Facing The Danger, Judging His Crime). On remarque encore cette musique comme suspendue, délicatement répétitive, percussive avec une voix qui lance un cri, une lamentation (Remember). On note aussi une musique doucement mélodique, émouvante, contenant de courts crescendos évoquant des scènes horrifiques, également pas mal de percussions (The Escape), également des bruits, des sortes de voix, des mouvements de cordes rapides et crescendo comme dans les films d'épouvante (Nightmare, Killing Zone). Pour les séquences de prison, le compositeur privilégie une musique contenant pas mal de percussions, parfois  ronflantes. qui amènent une ambiance tendue avant des parties plus chaudes (Prison Suspens). Pour le générique de fin, on entend un motif composé d'une courte cellule répétitive portée par de la guitare et accompagnée de cordes qui montent en intensité jusqu'à un thème d'action ample, retentissant, suivi d'un motif de piano répétitif et de guitare qui amène de l'émotion (End Credit). Il en ressort une partition difficile, qui alterne les moments de mystère, les blessures et les larmes. On termine par le documentaire 1910-PARIS SOUS LES EAUX, réalisé par Éric BEAUDUCEL et Olivier POUJAUD, qui revient sur la crue du siècle. La particularité de la partition de Thierry MALET, c’est qu’elle s'articule autour de motifs à base de piano bastringue; un instrument qui évoque autant l’aube du siècle précédent que l’enfance du cinéma. Thierry MALET commence ainsi par un thème composé de différentes nappes et d’une boucle rythmique. Jusque ce mouvement crescendo de piano bastringue qui reviendra régulièrement (The Time Will Come, End Of The Water Flow). D’ailleurs, Thierry MALET la reprend et amène, paradoxalement, dès l'entame du film, un côté western (Innocense, Main Theme). Puis il  introduit un thème plus lent, toujours porté par cette mélodie, complétée par un contrepoint léger mais intense (Water Flow  Starts). Le compositeur enchaine par un motif orchestral   accompagné de quelques notes   de piano. Il est suivi d'un mouvement en forme de vagues, de souffle  et de percussions qui jouent une certaine étrangeté. On note aussi une sorte de rythme d'horloge revenant plusieurs fois (Water Flow Around Paris, Water Inside the Station), jusqu'à un mouvement solennel, qui avance à la façon d'un adagio (Sadness Suite). Pour évoquer le drame, Thierry MALET propose aussi des mouvements porteurs de tension, puis reprends, entre les lignes, quelques notes de piano sur un rythme doucement martial (Water Flow Inside Paris, Letter to His Family). Il souligne le silence régnant dans les couloirs inondés du métro par un thème plutôt sourd, triste, dont les notes de piano s'égrainent lentement (Water Inside the Subway, Drama). Il en ressort une partition subtile, qui fait la synthèse entre musique d'investigation et esprit de recueillement. En conclusion, ces trois partitions se complètent et contribuent à former le portrait d'un musicien qui se cherche encore et auquel il manque une vraie signature; on espère que, à l'image d'autres compositeurs français, qu'il la trouve et que sa carrière décolle !

 
Depuis 2002, Maximilien MATHEVON a composé la bande originale de nombreux documentaires pour la télévision (CHINE: république populaire de la corruption pour Canal + en 2014, Hélène Et Les Animaux sur France 5). Il a aussi créé, en 2002 et 2003, de nouveaux accompagnements musicaux pour 12 films muets réédités en France sur DVD, dont une version de 20 000 lieues sous les mers. Il a également composé plusieurs albums mélangeant les sonorités ethniques, classiques et électroniques. Le documentaire MISTER BONAPARTE relate l’histoire de Joseph BONAPARTE, le frère de Napoléon, qui fut roi de Naples  et d’Espagne puis exilé en Amérique ; un thème historique qui a permis à Maximilien MATHEVON de composer une partition d’inspiration classique, souvent romantique et parfois plus concertante. Maximilien MATHEVON commence par un générique retentissant, rythmé, avec une fougue dans l'orchestre, surtout les vibratos, et des cuivres qui reprennent une cellule formant le thème principal que l'on retrouve plusieurs fois dans la partition: par exemple à la trompette  sur un tempo très lent et quelques choeur pour un mouvement quasi religieux (La Débâcle Espagnole), également, sur la fin, développé de manière émotionnelle, puis funeste (Le Poids De L'Histoire).  Dans un second  temps, le compositeur déploie un thème plus intimiste, chantant, dans les violons et les choeurs, dans une couleur élégante qui évoque joliment le 19eme siècle, notamment dans des mouvements de cordes enjoués et subtils (Générique et jeunesse en Corse). Le compositeur continue avec le deuxième grand thème, celui de Bonaparte; une sorte de marche lente et triste superbe,  essentiellement pianissimo form une sorte de marche lente et triste que le compositeur reprend  dans différentes déclinaisons, parfois lente, poétique, emplie de douceur, avec de la harpe (Joseph Bonaparte, .Un Roi A Naples). Les deux thèmes principaux se croisent parfois : le premier repris brièvement en introduction d'un thème étonnant, contemporain dans sa structure obsessionnelle à base de piano et un contrepoint mélancolique, tandis que celui de Bonaparte revient délicatement dans un développement pianissimo, intimiste, superbe  (Joseph part en Amérique). Maximilien MATHEVON continue encore avec un thème plein de fougue, qui commence par des cordes radieuses, répétitives. Puis   vient un mouvement mélodique splendide, pour cordes et piano, qui s'élève doucement, délicatement. (En Pleine Ascension). Maximilien MATHEVON n'en oublie pas la face sombre du personnage, ici  par un thème aérien, dont la partie mélodique semble plus grave, agitée par quelques percussions (Des nuages à l'horizon). Il propose aussi des thèmes inédits, à part, comme cette sorte de sonate pour piano romantique et impériale pour piano délicatement chantante et reprise par les cordes (Nouvelle vie en Amérique); ou encore ce thème élégant à base de flûte, avec des cordes généreuses, et du piano qui reprend, de manière lointaine, le thème de Bonaparte (Point Breeze) mais aussi ce thème plutôt obsessionnel, avec un contrepoint de piano (Joseph planifie l'évasion). Maximilien MATHEVON termine par  des themes emplis de nostalgie, profonds étant quasi concertant construit autour d'une variante du thème de Bonaparte   (Une Vie Remplie) qui prend même la forme  d'un adagio nostalgique (Dernières Lettres). Au final, dans la grande tradition des musiques de films qui se nourrissent d'un héritage classique, Maximilien MATHEVON signe une bien belle partition qui séduit autant par l'efficacité de ses thèmes principaux que par l'élégance de ses orchestrations ; une très belle découverte!
THE GOOD MISTER BONAPARTE (L’AUTRE BONAPARTE). Musique originale de Maximilien MATHEVON disponible chez en digital chez Plaza Mayor Company. 

Coup de coeur ! 

LOST FOR WORDS

Voici une excellente surprise avec la bande originale de LOST FOR WORDS, le deuxième film du cinéaste hongkongais Stanley J. ORZEL après FOUR ASSASSINS (2007), déjà mis en musique par le jeune compositeur allemand André MATTHIAS ; une comédie chorale teintée de romantisme racontant la rencontre inattendue, puis l’histoire d’amour, à Hong Kong, entre un ex marins Américain et une danseuse Chinoise. Pour ce film, qui possède la particularité d’avoir été complètement tourné à Hong Kong, ville qui apparaît ici comme l'un des personnages du film, André MATTHIAS a écrit une partition flamboyante. Il donne tout de suite le ton en introduisant un thème principal mélodique et coloré, qui séduit par son style, simple et coulant. Mais aussi par son orchestration, large et en même temps intime, notamment grâce à ses parties de guitare et de violon solo, et rythmée (A New City, Forget the Words? Follow Your Heart). Pour évoquer la rencontre des deux personnages principaux, André MATTHIAS propose un thème assez pur, là encore à base de guitare, également de harpe et de flûte shakuhachi, un instrument très asiatique, qui dégage une humeur, avant d'amener un rythme joué par le violon solo, soutenu par des cordes (4 The Encounter). Profitant à fond du sujet romantique, le compositeur propose de superbes motifs émotionnels : d’abord ce thème pour cordes, guitare, flûte et harpe accompagné du chant d'une soprano qui lui apporte une dimension touchante (You. I. Us? Go on Date?). Puis, il y a l’incontournable tthème d'amour, pour lequel le compositeur lance un motif plutôt synthétique avec une flûte lointaine, des cordes graves et un rythme hésitant qui entre doucement, sur des guitares qui apparaissent délicates, sensibles. Dans un deuxième temps, il amène un thème plus mélodique, dans les vibratos, avec de la guitare, du violon et des violoncelles qui déploient des mesures larges, caractéristiques d'un thème d'amour (Love Theme: Lost For Words). Parfois, le compositeur insiste sur la dimension asiatique, par exemple pour accompagner le destin du soldat à travers un thème à base de cordes japonaise, de percussions qui frottent et de guitares pour un thème étonnant qui rappelle la musique traditionnelle asiatique, sur un rythme assez lent (Now A Foot Soldier). Il amène aussi une dimension par moments mystérieuse, grave, face aux interrogations liées à cette liaison. Il le fait par un lento de violoncelle accompagné de quelques notes de harpe jouée sur un rythme japonais, également quelques souffles de flûtes sakuhachi. Là encore, le compositeur fait preuve d'un bel élan mélodique (Yes Is Yes. No Is No., Three Days). Le compositeur propose également plusieurs thèmes répétitif ; des thèmes parfois à base de cordes, de flûtes shakuhachi et de violons qui jouent une ligne mélodique agréable, développé de manière généreuse et sensuelle (A Big World) ; d’autres fois à base de piano et de cordes, notamment de la guitare, ainsi que des flûtes dans un style proche de la musique celtique. On note également des développements avec de la guitare qui ressort doucement, également des flûtes, pour un thème d'une grande douceur, très pure (Against All Odd) ; également une ligne de violon et une flûte shakuhachi qui amènent délicatement un superbe mouvement mélodique, sensible et rythmée, qui rappelle par certains côtés la musique celtique. Il n'en oublie pas pour autant les moments acoustiques, de guitare et violon, qui amènent de la grâce. Superbe. Au final, André MATTHIAS signe une partition résolument plaisante, baignant à la fois dans des lignes mélodiques recherchées et dans des sonorités emplies de delicatesse. On apprécie en particulier la générosité des cordes associées aux mouvements de guitares et aux sonorités plus asiatiques comme les flûtes shakuhachi. Il en ressort alors une véritable révélation pour merveille de musique de film romantique ; une partition plus que recommandable !

LOST FOR WORDS. Un film de Stanley J. ORZEL, avec Sean FARIS, Jennifer BIRMINGHAM LEE, Candy CHEUNG, Will YUN LEE. Musique originale de André MATTHIAS, disponible en cd et en digital chez Plaza Mayor Company Ltd.

 

THE GOOD MISTER BONAPARTE (L’AUTRE BONAPARTE)

Depuis 2002, Maximilien MATHEVON a composé la bande originale de nombreux documentaires pour la télévision (CHINE: république populaire de la corruption pour Canal + en 2014, Hélène Et Les Animaux sur France 5). Il a aussi créé, en 2002 et 2003, de nouveaux accompagnements musicaux pour 12 films muets réédités en France sur DVD, dont une version de 20 000 lieues sous les mers. Il a également composé plusieurs albums mélangeant les sonorités ethniques, classiques et électroniques. Le documentaire MISTER BONAPARTE relate l’histoire de Joseph BONAPARTE, le frère de Napoléon, qui fut roi de Naples  et d’Espagne puis exilé en Amérique ; un thème historique qui a permis à Maximilien MATHEVON de composer une partition d’inspiration classique, souvent romantique et parfois plus concertante. Maximilien MATHEVON commence par un générique retentissant, rythmé, avec une fougue dans l'orchestre, surtout les vibratos, et des cuivres qui reprennent une cellule formant le thème principal que l'on retrouve plusieurs fois dans la partition: par exemple à la trompette  sur un tempo très lent et quelques choeur pour un mouvement quasi religieux (La Débâcle Espagnole), également, sur la fin, développé de manière émotionnelle, puis funeste (Le Poids De L'Histoire).  Dans un second  temps, le compositeur déploie un thème plus intimiste, chantant, dans les violons et les choeurs, dans une couleur élégante qui évoque joliment le 19eme siècle, notamment dans des mouvements de cordes enjoués et subtils (Générique et jeunesse en Corse). Le compositeur continue avec le deuxième grand thème, celui de Bonaparte; une sorte de marche lente et triste superbe,  essentiellement pianissimo form une sorte de marche lente et triste que le compositeur reprend  dans différentes déclinaisons, parfois lente, poétique, emplie de douceur, avec de la harpe (Joseph Bonaparte, .Un Roi A Naples). Les deux thèmes principaux se croisent parfois : le premier repris brièvement en introduction d'un thème étonnant, contemporain dans sa structure obsessionnelle à base de piano et un contrepoint mélancolique, tandis que celui de Bonaparte revient délicatement dans un développement pianissimo, intimiste, superbe  (Joseph part en Amérique). Maximilien MATHEVON continue encore avec un thème plein de fougue, qui commence par des cordes radieuses, répétitives. Puis   vient un mouvement mélodique splendide, pour cordes et piano, qui s'élève doucement, délicatement. (En Pleine Ascension). Maximilien MATHEVON n'en oublie pas la face sombre du personnage, ici  par un thème aérien, dont la partie mélodique semble plus grave, agitée par quelques percussions (Des nuages à l'horizon). Il propose aussi des thèmes inédits, à part, comme cette sorte de sonate pour piano romantique et impériale pour piano délicatement chantante et reprise par les cordes (Nouvelle vie en Amérique); ou encore ce thème élégant à base de flûte, avec des cordes généreuses, et du piano qui reprend, de manière lointaine, le thème de Bonaparte (Point Breeze) mais aussi ce thème plutôt obsessionnel, avec un contrepoint de piano (Joseph planifie l'évasion). Maximilien MATHEVON termine par  des themes emplis de nostalgie, profonds étant quasi concertant construit autour d'une variante du thème de Bonaparte   (Une Vie Remplie) qui prend même la forme  d'un adagio nostalgique (Dernières Lettres). Au final, dans la grande tradition des musiques de films qui se nourrissent d'un héritage classique, Maximilien MATHEVON signe une bien belle partition qui séduit autant par l'efficacité de ses thèmes principaux que par l'élégance de ses orchestrations ; une très belle découverte!

THE GOOD MISTER BONAPARTE (L’AUTRE BONAPARTE). Musique originale de Maximilien MATHEVON disponible chez en digital chez Plaza Mayor Company.

 

Coup de coeur ! 
 

POURQUOI J'AI PAS MANGÉ MON PÈRE

Pour sa première réalisation, Jamel DEBBOUZE raconte l'histoire trépidante d’Edouard, fils aîné du roi des simiens, qui, considéré comme trop malingre.  Rejeté par sa tribu, il grandit auprès de son ami Ian, découvre, malgré lui, le feu, l’amitié, l’amour, mais pas seulement.Voulant tout partager, il révolutionne l’ordre établi, et mène son peuple vers la véritable humanité… Fidèle à son image, Jamel DEBBOUZE raconte une histoire résolument optimiste. Ce qui se ressent jusque  dans une bande originale composée pour partie de chansons de soul, une musique  porteuse de bonnes vibrations et d’une musique originale de Laurent PEREZ DEL MAR (ZARAFA et UN HEUREUX EVENEMENT de Rémi BEZANCON). Très  inspiré, même si on sent de nombreuses  références, Laurent PEREZ commence par une introduction lumineuse, orchestrale. Puis il amène le thème de principal, un véritable hymne mélodique, rythmique et lyrique avec des chœurs omniprésents dans la partition, des percussions.(La Cérémonie -feat. Eklips). Il continue en le reprenant doucement par Zap mama (une voix splendide qui joue un rôle essentiel dans la partition), les choeurs et l'orchestre anglais qui apporte une ampleur incomparable (La Montagne Blanche -feat. Zap Mama, L'arrivée Au Banian).   Présent tout le long sans jamais apparaître redondant, il l'intègre d'abord dans un morceau  virevoltant, notamment dans les cuivres,  à la  façon d'un film d'aventures sauvages à l'américaine (La Tornade, La Poursuite). Toujours dans l'action, et ne lâchant  jamais complètement son thème principal, Laurent PEREZ propose aussi de superbes moments de musique de films, comme cette partie colorée, toujours rythmée par les choeurs, très écrite, parfois répétitive, souvent mélodique (Le Combat Et l'incendie), également cette musique grondante dans les violons, les choeurs puissants et les percussions (L'attaque Des Sauterelles, L'attaque Des Insectes). Laurent PEREZ propose aussi quelques motifs mélancoliques comme ce lento porté par une ligne de violon, les choeurs et de légères percussions en contrepoint (La Migration) ; également des musiques emplies d'émotion, notamment autour du personnage de Vania,  comme ce motif impérial, doucement mélodique, qui exprime les regrets du Père avec toujours les choeurs au loin, et des cuivres qui s'élèvent (Vania Retourne Au Banian, Thème De Vania). Ou encore de ce thème intimiste, doté d'abord d'un contrepoint coloré, voir chaleureux puis d'une partie plus solennelle avec des flûtes par dessus un tapis de cordes (La Désolation).  Pour le personnage de Simeon, Laurent PEREZ introduit un thème grandiose puis un motif plus fin, avec des percussions pour le complot (Le Roi Siméon). Pour le couple préhistorique, Laurent PÈREZ a écrit un superbe thème d'amour à base de piano (en fait le thème de Lucy) accompagné de cordes en contrepoint, qui se fond dans une sorte de variante du thème d'Édouard (Edouard Et Lucy, La Bipédie De Lucy). Pour traduire la méchanceté de la sorcière, Laurent PEREZ introduit un  mouvement assez sombre, surtout dans les vibratos (La Sorcière). Laurent PEREZ continu par de purs musiques de cinéma comme ce morceau inquiétant, à la fois vocal, vibrant, avant de revenir vers une variante du thème d'Édouard (La Convocation), ou encore ce thème planant, montant doucement en intensité (Le Sacrifice De Siméon), puis le thème titre, et moment crucial du film, pour  lequel Laurent PEREZ lance un motif en mineur, intense et crescendo (Personne Ne Mange Mon Père), ainsi qu'une reprise vocale du thème d'Édouard. Laurent PEREZ termine par une musique tremblante, accentuée par les choeurs et des cordes obsessionnelles à l'américaine. Puis conclut par une reprise douce, crescendo d'une variante du thème d'Édouard (Shouva N'existe Pas). En bonus, il nous régale d'une longue Suite Orchestrale de plus de 13 minutes ; difficile d'en demander davantage hormis le fait que, chose incompréhensible pour une partition aussi ambitieuse, elle ne soit pas éditée en cd. Au final, Laurent PEREZ DEL MAR signe une partition resplendissante qui séduit d'emblée par sa générosité symphonique qui apporte une véritable émotion. On apprécie aussi la présence d'un véritable thème principal, suffisamment malléable pour coller autant au personnage d'Édouard qu'à cette histoire de la vie. Il en ressort assurément une des plus belles musique de films du moment. Une vraie réussite !

POURQUOI J'AI PAS MANGÉ MON PÈRE. Un film de Jamel DEBBOUZE, d’aprè un scénario original de Jean-Luc FROMENTAL et Frédéric FOUGEA et Adapté de l’oeuvre « The Evolution Man » de Roy LEWIS, avec les voix de Jamel DEBBOUZE, Melissa THEURIAU. Musique originale de Laurent PEREZ DEL MAR disponible en digital chez  Pathé Production.

 

Découverte - Dans les salles ! 
 
 
 

A TOUTE EPREUVE

Pour continuer à vivre son grand amour avec Maeva, Greg monte un casse improbable : voler les sujets du bac. La musique originale de cette comédie est signée Romaric LAURENCE, pianiste et batteur de formation qui a étudié les partitions de John BARRY, Lalo SCHIFRIN. En tant que compositeur, on lui doit notamment les musiques de TAXI 4, LE CIEL LES OISEAUX ET TA MERE et LE BOULET. Pour le générique, d’emblée, Romaric LAURENCE se place sur un terrain très français par un thème entrainant, rythmé et même rock ; un thème qui se démarque par une cellule répétitive et un contrepoint de cordes précipitées, de flûtes et de guitares électriques pour le fun (Générique). Dans la même lignée, le compositeur développe une ambiance de suspense avec de légers crescendos, et des effets, notamment de surprise, mais aussi des parties plus rapides, correspondant à des fuites (Coffre P2). Romaric LAURENCE propose aussi des thèmes très colorés, dans lesquels il utilise judicieusement des cordes, des flûtes et des percussions ; d’où une musique fraiche, dans un style aventures, typique musique de films. A tel point qu’elle ressemble, par sa couleur, son style, à un hommage bourré de références notamment à Lalo SHIFRIN (Repérage), auquel on pense encore à l’écoute du thème du Gymnase, qui contient une dose d’étrangeté sur des orchestrations élaborées, mélangeant les caisses claires, des cuivres et des flûtes. Plus rarement, le compositeur propose des musiques graves, amples, qui explorent la face dramatique du scénario ; des sections plus pianissimo débouchant sur des musiques qui jouent l'émotion (Déception Ophélie). Egalement des thèmes joyeux avec une pointe de mélancolie à base de guitares et de flûtes (Résultats Du Bac) avant, pour le Générique De Fin, un motif assez électrique, moderne avec également des bruits de voix, se situant entre le rock instrumental et la musique de films plus classique. Au final, Romaric LAURENCE propose donc une bande originale qui, par son audace, mérite le respect. D'un côté, on trouve de vrais thèmes, de véritables ambiances servis par des orchestrations généreuses. De l’autre, univers de jeunes oblige, il se sert de sonorités plus contemporaines pour amener des thèmes mouvementés ; une bonne surprise donc ! L’album comporte également des extraits de dialogues et de nombreuses chansons : la très énergique, colorée et entrainante This Too Shall Pass  par OK GO,un groupe de rock américain, réputé pour sa musique et ses clips. On entend aussi plusieurs titres par Basia BULAT, une auteur-compositeur-interprète canadienne d'origine polonaise, connue pour ses chansons folk, commeSparrow et Before I Knew, deux ballades guitare et voix, fraiches, acoustiques et plutôt agréables. Puis Go On, un titre plus rythmé, plus rock, entraînant avec toujours de la guitare mais aussi, autour, de la batterie qui lui apporte un souffle, une force supplémentaire, et également des cordes qui amènent de la profondeur, de l'émotion. On entend ensuite   Mr Zoo par Fabien CAHEN, un auteur-compositeur (Zazie, Johnny HALLYDAY) et interprète français, membre pendant près de six ans du groupe Cox.  Il interprété là un titre très moderne, électronique et dansant, avec des paroles vocodées s'apparentant à  des gimmicks. On entend les tubes J'ai Vu par groupe français légendaire Niagara et  The Look par Roxette, le duo de pop rock suédois des eighties, composé de Marie M et Per GESSLE, déjà entendu dans la bande originale de PRETTY WOMAN (It must have been Love) et qui nous propose là une chanson au gimmick très efficace, très années 1980 et qui sonne parfaitement dans cette histoire de lycéens.

A TOUTE EPREUVE. Un film d’Antoine BLOSSIER, avec Marc LAVOINE, Valérie KARSENTI, Thomas SOLIVERES, Samy SEGHIR, Laouni MOUHID, Louise GRINBERG. Bande originale (incluant la musique originale de Romaric LAURENCE) disponible chez Idol Music en téléchargement.

 

PAS SON GENRE

Clément (Loïc CORBERY de la Comédie Française), jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an où il ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C’est alors qu’il rencontre Jennifer (Emilie DEQUENNE), jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines « people » et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ? Pour la musique de ce film, le réalisateur Lucas BELVAUX s’est adressé au compositeur belge Frédéric VERCHEVAL, qui a notamment été remarqué en 2011 par sa musique originale du film DIAMANT 13 de Gilles BEAT, avec Gérard DEPARDIEU. On lui doit aussi les musiques de KRACH de Fabrice GENESTAL, de JOSEPH L'INSOUMIS de Caroline GLORION, avec Jacques WEBER. Pour cette histoire d’amour sur fond de fracture sociale, Frédéric VERCHEVAL a composé une musique relativement classique mais très plaisante, harmonieuse et délicate. Frédéric VERCHEVAL propose d’abord un thème principal assez simple, avec une mélodie qui s’égrène délicatement Ce thème, il l’entame au piano solo, puis viennent s’intercaler quelques percussions. Il s’agit d’un thème à la fois élégant et sérieux, presque scolaire, en tout cas d’apparence, que l’on retrouve sur certaines séquences clés comme Baise-moi. Dans un second temps, une contrebasse développe un petit contrepoint dans des notes pincées. Il s’agit d’une texture musicale que l’on retrouve plusieurs fois, notamment sur le Petit Déjeuner avec, néanmoins, une partie très fluide (Va-t'en). Partant toujours d’une structure simple, Frédéric VERCHEVAL propose également des motifs pianissimo et chantant rappelant un cinéma très traditionnel (Un an,  Chambre d'hôtel), parfois plus élaborés dans les harmonies comme dans les orchestrations (Jennifer). Le compositeur propose aussi des thèmes qui sonnent très années 1960, en particulier dans l’utilisation du xylophone, que l’on retrouve accompagné de piano et de violoncelle sur des moments très sensuels (Le baiser, Sans Rien Dire). Maintenant, Frédéric VERCHEVAL ne s’enferme pas dans un style, et propose une musique plus moderne, rythmique dans les cordes (À demain). Autour de cette partition originale, l’album comprend plusieurs chansons qui rythment les soirées de Jennifer et ses copines, comme Toc Toc Toc, un titre moderne, parfois fantastique dans ses effets et sensuel, interprété par l’une d’entre elles, Cathy, jouée par la franco camerounaise Sandra NKALE. On retrouve celle-ci en duo avec Emilie DEQUENNE et Charlotte TALPAERT (qui joue Nolwenn, une autre copine) sur une jolie reprise de You Can't Hurry Love, le tube des Suprêmes et aussi sur le plus rafraichissant Caressé Moin du groupe antillais Malavoi. On note aussi qu’Emilie DEQUENNE reprend en solo du I Will Survive immortalisé par Gloria GAYNOR. Enfin, pour les amateurs, On trouve aussi la samba très de Rio Celebration Suite par le percussionniste et musicien brésilien  Airto MOREIRA, Live Is Life dans une version live de son créateur, le groupe Opus, et quelques extraits des dialogues du film (Der gute Kamerad, J'ai encore rêvé d'elle et C'était Une Histoire D'amour par Émilie DEQUENNE, Le boudin). Emmenée par la musique à la fois touchante, planante, gracieuse et fragile du compositeur à suivre Frédéric VERCHEVAL et complétée par une pléthore de chansons souvent joyeuses et entrainantes, cette bande originale, outre le fait de prolonge la vision du film, s’avère très joyeuse, très agréable à écouter.

PAS SON GENRE. Un film réalisé par Lucas BELVAUX, avec Emilie DEQUENNE, Loïc CORBERY. Musique originale de Frédéric VERCHEVAL disponible en téléchargement chez Idol Music.

 

LE DERNIER DIAMANT

Après LE SERPENT, le réalisateur Eric BARBIER revient avec un nouveau thriller. C’est l’histoire de Simon (Yvan ATTAL), un cambrioleur en liberté surveillée, qui accepte de monter le vol du "Florentin", un diamant mythique mis en vente aux enchères par ses propriétaires. Pour réussir, il devra approcher l’experte Julia (Bérénice BEJO), pour qui la vente constitue un enjeu considérable. Une nouvelle fois, Eric BARBIER a modelé l’univers musical très en amont du tournage, avec son frère Renaud, permettant une véritable interaction image-musique. Ainsi, l’univers de Simon CARRERA et sa bande de casseurs nous amène vers des sonorités logiquement assez sombres. D’ailleurs, après une ouverture à base de percussions, de piano, de contrebasse et de trompette pour un thème assez mélodique, de structure crescendo. En même temps, univers des diamantaires oblige, le compositeur a choisi une orchestration classieuse, emmenée par un piano qui joue la partie mélodique, reprise ensuite par les cordes, la contrebasse et quelques nuées de saxophone. Dans un deuxième temps, on trouve un thème plus mélodique, accompagné par des vibratos de cordes, puis une reprise de la cellule mélodique (Le Coup De L’Hôtel), que l’on retrouve sur un tempo plus lent et une orchestration plus dépouillée sur le thème de Simon Et Albert. Renaud BARBIER continue par un deuxième thème répétitif à base de guitare puis de piano qui déploie doucement une mélodie, probablement pour le personnage de Julia, les cordes vibrantes et répétitives restant en contrepoint. On trouve ensuite une partie plus grave, avec de la flûte, dont les montées évoquent le plan (La Mise En Place) tandis que, pour la séquence du casse, Renaud BARBIER propose une musique assez violente, accrochée aux codes du genre, dans l’utilisation des percussions, des vibratos, pour amener du souffle, mieux tenir en haleine (Le Casse). Puis, progressivement l’histoire d’amour, souvent présente dans les récits de casses, et la mise en scène du braquage, se heurtent, entrainant la musique vers les limites de l’harmonieux. Le compositeur en profite alors pour mêler romantisme et suspense, dans un motif de base pianissimo et de cordes profondes (Le Doute). Il propose aussi une musique dans les vibratos, qui évoque le danger, avec une mélodie à la clarinette (jouée par Renaud-Gabriel PION), plutôt en mineur, également un côté plus affectif, qui alterne avec des passages plus cuivrés, avec notamment des Saxophones joués par Gilles GRIVOLLA pour des séquences plus délicates (Simon Protège Julia), également d’angoisse, de peur, toujours emmenées par le piano joué par le compositeur lui-même (Le Massacre). Renaud BARBIER propose ensuite des musiques plutôt atmosphérique, rythmées par des pulsations électroniques, de la contrebasse jouée par Saz Lilian BENCINI, de piano et de quelques cuivres qui maintiennent une pression (Julia Dans Le Piège) ; une musique qui devient plus vibrante, flamboyante, quand apparait certaines surprises (L’ldée). Puis, le compositeur revient à une musique plus obsessionnelle, toujours à base de piano mais qui se développe dans les cordes et les percussions de l’orchestre (Scylla Et Omar). En même temps, le piano se fait interrogatif tandis que les cordes apparaissent profondes, pour une musique assez classique, et… maléfique (Les Clefs, Confrontation Finale). Pour le Générique De Fin, Renaud BARBIER propose une musique d’abord doucement mélodique presque romantique. Puis, en restant sur une note positive, il déploie un thème plus répétitif, qu’il développe avec des cordes, quelques sonorités synthétiques et des percussions (Générique De Fin). Agencée comme un véritable chemin narratif, Renaud BARBIER signe une musique, d’un côté, élégante et trépidante, harmonieuse, lyrique et amère pour évoquer Julia NEUVILLE et les diamantaires. De l’autre côté, comme il se devait d’entourer Simon CARRERA et sa bande de casseurs d’un univers sombre, il lorgne vers des textures plus jazzy mais aussi parfois obsessionnelles. Enfin, en mélangeant séduction, complot et trahison, la musique vire à la spirale infernale, qui réserve au spectateur son lot de surprises et lui permet de s’interroger sur quelle musique sortira de tous ces conflits ? Tout cela à la manière de certaines partitions Hitchcockiennes. Il en ressort alors une bande originale très maitrisée, souvent passionnante voire même séduisante.

LE DERNIER DIAMANT. Un film d’Eric BARBIER. Musique originale composée, arrangée et dirigée par RENAUD BARBIER, interprétée par les musiciens de l’orchestre de l’Alhambra de Rochefort. Disponible chez BO Original/Cristal Records.

 

YVES SAINT LAURENT

Le réalisateur Jalil LESPERT voulait raconter une histoire d'amour autour de deux êtres brillants : Yves Saint Laurent, appelé en 1957 à diriger la maison de haute couture fondée par Christian Dior, et Pierre BERGER, qui va bouleverser sa vie. La musique, Jalil LESPERT l’a confiée au jeune prodige du jazz français, Ibrahim MAALOUF, qui a imaginé, avant même qu’il soit engagé, plusieurs thèmes au piano ; des thèmes qui ont séduits le réalisateur, qui souhaitait une partition assez personnelle, et qui respecte l'esthétique de l'image et les différentes périodes musicales traversées par le film. C'est la deuxième fois qu’Ibrahim MAALOUF participe à un film, mais c'est la première fois qu’il compose un score aussi long ; ce qui vient du fait qu’il devait non seulement composer une partition orchestrale, mais aussi des rythmes plus jazzy, d'inspiration be-bop, donc différentes  esthétiques musicales. Ibrahim MAALOUF introduit sa partition par un superbe thème de base pianissimo avant un développement pour orchestre large porteur de romantisme et d’émotion (Oran) ; un thème que l’on retrouve joliment développé avec un petit filet de trompette et une ligne de violon en complément sur le Défilé Christian Dior mais aussi sur Défilé 1962. Dans la lignée du thème principal, Ibrahim MAALOUF propose aussi un petit motif de piano obsessionnel accompagné de cordes (Les Quais). Pour le thème de Paris, Ibrahim MAALOUF propose un motif assez lent, délicat et avec quelque chose d’étrange, de magique. Au niveau de l’orchestration, il mêle habilement le piano (surtout) mais aussi sa trompette et de la contrebasse, lui apportant une couleur qui oscille entre le classique, avec notamment quelques jolis vibratos, et le jazz, que l’on retrouve sur des thèmes comme Visite de l'appartement, Pierre Et Victoire mais aussi Paris Match sur un tempo plus rythmé, plus vivace et surtout Pierre Et Yves, qui constitue en quelque sorte le thème d’amour du film. L’album comporte plusieurs chansons de jazz écrits et interprétées par Brisa ROCHE ; une jeune compositrice et interprète de grand talent qui a passé son enfance en Californie avant d’engager une carrière de jazz woman dans les bars de Saint-Germain-des-Prés. On la retrouve ici sur plusieurs titres, notamment l’énergique For One Moment. On entend aussi des musiques d'époque, des morceaux de genres différents qui ont marqué les vingt années couvertes par le film : des titres "Motown" (On The Road par The Rossmen, Blind Alley par The Emotions, Function Underground par We The People), du rock (Time Has Come Today par The Chamber Brothers, Lighthouse par Patrick WATSON), et de la disco (Looking For Love par Chromatics) – autrement dit, la musique que les gens écoutaient dans les boîtes, les fêtes, les clubs, etc. Il y a aussi la présence de Maria CALLAS (dans des extraits de LA TRAVIATA et de TOSCA), qui importait beaucoup pour Yves Saint Laurent, et en particulier pendant le défilé de 1976, et l'air de la Wally d’Alfredo CATALINI, un morceau puissant et émouvant, pour illustrer la célèbre collection des Ballets Russes. Entre jazz et classique, les notes d’Ibrahim MAALOUF, sa sensibilité et son écriture subtile, représentaient la meilleure sonorité pour cette histoire à la fois romantique, fragile, parfois mélancolique, et en même temps d'une grande fraîcheur. A travers des mélodies profondes et classiques, des mouvements pianissimo accompagnés de lignes de trompettes et de parties de cordes élaborées, on découvre en la musique d’Ibrahim MAALOUF, une nouvelle signature pour l’image qui nous fait palpiter de bonheur. Il en ressort alors une vraie bonne surprise !

YVES SAINT LAURENT. Un film de Jalil LESPERT, avec Pierre NINEY, Guillaume GALLIENNE, Charlotte LE BON, Laura SMET, Marie de VILLEPIN. Musique originale d’Ibrahim MAALOUF, disponible chez Idol Music.

 
 

OGGY ET LES CAFARDS

Dans ce film, on retrouve ce combat perpétuel que se livrent Oggy et les cafards ! Comme le rappelle le producteur Marc du PONTAVICE, la bande son et la musique jouent un rôle primordial dans un tel film, d’où l’importance du choix du compositeur. Ici, c’est le jeune Vincent ARTAUD qui a été chargé de ce travail ; dijonnais d’origine, il forme son premier quartet en 1997 pour lequel il compose et joue de la contrebasse. Depuis, il applique son érudition croissante aux œuvres théâtrales en tant que producteur musical, notamment pour la variété et, plus tard, pour le cinéma et la télévision, en composant notamment des arrangements pour Ludovic BOURCE et son THE ARTIST. Bien sûr, ce film faisant suite à la série, on retrouve le générique composé par Hughes LE BARS, un mouvement léger, chantant, avec beaucoup de cuivres, mais ce n’est pas le plus important. Vincent ARTAUD propose une partition de facture assez traditionnelle car respectueuse des codes de la musique de cartoon. Surtout, il signe une partition fourmillante de sonorités et d’idées, servies par un orchestre symphonique, ce qui permet d’apporter de la profondeur, de l’ampleur. Il propose ainsi une musique qui se balade agréablement et où chaque instrument joue son rôle. On note déjà un rythme et un sens de l’instrumentation très réussi (La Vie Au Village). Comme pour tout bon film animé, on trouve des thèmes de poursuites, qui se situent dans l’héritage de la musique de genre hollywoodienne (Poursuite Néolithique, Les Piranhas, Oggy Passe A L’Action, Poursuite Aérienne). On trouve également des thèmes de voyage, qui mettent en avant les couleurs de l’orchestre autant que des rythmes variés (Le Voyage De Jack). Le compositeur s’illustre aussi avec l’utilisation des percussions et des cuivres, sur un rythme dosé (Les Méchants Chiens) ainsi que des bruits ou sonorités synthétiques (Oggy Et Jack Vont A La Chasse, Le Défilé) ; également les voix avec lesquelles il joue comme de véritables instruments, naviguant entre chanson et notes vocales (la très réussie, amusante La Danse Des Chiens). Vincent ARTAUD mélange avec brio les styles, passant du jazz suspense (Enquête Dans La Boutique) à la romance paradant. Ainsi, même pour le thème d’Oggy Et Olivia, il trouve le moyen d’introduire une sorte de musique de parade de cirque, avec beaucoup de percussions et des trompettes, avant de passer joyeusement d’une danse virevoltante à un véritable motif romantique, là encore d’inspiration hollywoodienne, qu’il relie à de la chanson sur un rythme de valse (La Romance D’Oggy, Thème D’Olivia). Pour les motifs attachés aux cafards, Vincent ARTAUD se sert à la fois du solo de  violoncelle que des cuivres et percussions, de sa contrebasse, proposant par là un thème sournois mais coloré (Les Cafards Montent Un Plan). Au final, en se situant dans le sillon des grands compositeurs et arrangeurs de la musique pour l’écran, Vincent ARTAUD signe une très bonne partition. Pleine d’idées, elle passe sans cesse d’un style à l’autre, d’un tempo rapide à un autre plus lent et multiplie les motifs souvent très courts, de sorte que l’on a du mal à voir ressortir de véritables thèmes. Restant dans une démarche traditionnelle, la partition de Vincent ARTAUD utilise aussi joliment les voix (en particulier celle de Thomas de POURQUERY). De plus, par son rythme, la richesse de ses thèmes, la force de ses orchestrations, le talent des solistes, de Laurent COQ au piano à Julie JEAN-MARIE au violon, en passant par David GREBIL à la batterie et le compositeur à la contrebasse, elle se laisse écouter bien au-delà de l’écran. Il n’y a alors pas de doute, avec cette bande originale qui peut laisser présager de beaux lendemains, Vincent ARTAUD a bien rattrapé son Artist, en l’occurrence le bien nommé Oggy !

OGGY ET LES CAFARDS, musique de Vincent ARTAUD, disponible chez La Bande Originale / Cristal records.