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NICOLAS ERRERA PARLE

DE NUIT BLANCHE

 

 

Rencontre avec Nicolas ERRERA à l’occasion de la sortie en dvd et en blu-ray de NUIT BLANCHE, le nouveau film de Frédéric JARDIN (LES FRERES SŒURS, CRAVATE CLUB). Il s’agit d’un thriller très noir, très prenant dans lequel on suit Vincent (Tomer SISLEY), un flic qui, en dérobant un colis de drogue à des trafiquants, n’imagine pas qu’il est en train de mettre en danger la vie son fils. Pour le sauver, Vincent n’a pas le choix : il doit rendre, la nuit suivante, la drogue lors d’un rendez-vous dans une boîte de nuit tenue par les mafieux; au cours de cette longue nuit, peut-être sa dernière, Vincent va devoir braver tous les dangers, prendre tous les risques pour sauver sa vie et surtout celle de son fils. Pour ce film de genre, Frédéric JARDIN a imaginé une utilisation particulière de la musique. En l’occurrence, il a tenu à l’employer comme une pulsation désordonnée qui rajoute de la tension au parcours semé d’embûches de Vincent. En outre, il a insisté pour disposer d’ambiances musicales et sonores différentes pour chaque endroit, d’où des musiques très variées : des thèmes particulièrement dance pour l’ambiance de la boite de nuit et surtout une partition profonde, à fleur de peau, agrémentée de thèmes à base d’orchestre et d’électronique, composée par Nicolas ERRERA qui, après la série XIII, retrouve le registre du film d’action. Nicolas ERRERA revient pour nous sur les coulisses de cette création musicale…

 

Qu’est-ce que cela vous fait de retrouver, pour un thriller, le réalisateur Frédéric JARDIN avec lequel vous aviez collaboré plutôt sur des comédies notamment CRAVATE CLUB ? Nicolas ERRERA :avec Frédéric, nous sommes des amis.Je dois dire que j’étais impatient de le voir réaliser son premier thriller. D’autant plus que j’avais la sensation que ce genre de film lui correspondrait parfaitement.

Pour schématiser, peut-on séparer la partition en deux facettes : une consacrée à la partie thriller du film et une autre à la partie émotionnelle, la relation père/fils ?

Nicolas ERRERA :Je dirais que la partition générale du film se sépare en trois facettes et non deux. La première correspond a l’aspect thriller, action. J’associerais la deuxième à la partie boite de nuit et, enfin, la troisième à la relation entre un père et son fils. Ce que j’ai trouvé intéressant à faire, c’était de mettre des correspondances, comme des échos entre toutes ses parties. Pour y parvenir, j’ai utilisé un procédé qui s’appelle la polyrythmie et qui consiste à utiliser simultanément plusieurs structures rythmiques. Par exemple, dans les séquences de la boite nuit, en surimpression, on entend de la musique de tension. De même, dans la partie émotionnelle, on ressent parfois le rythme de l’action. C’est la première fois que j’ai utilisé la polyrythmie. Il s’agit donc d’une forme nouvelle de musique pour moi. Et je dois avouer que cela m’a d’autant plus passionné que la polyrythmie fonctionnait extrêmement bien avec les images.

Quelles sont les caractéristiques du générique de début, une musique plutôt obsessionnelle et atmosphérique avec uniquement des sonorités électroniques ?

Nicolas ERRERA :La caractéristique principale tient dans le fait que j’ai travaillé avec une seule note. Cette note varie légèrement dans la tonalité : de quart de ton jusqu’à demi ton. Ce qui donne une musique qui apparait, comme vous le dites, obsessionnelle, monomaniaque, névrotique. Pour la fabriquer, j’ai fait jouer des violons de différentes manières que j’ai ensuite retravailler pour les faire varier dans la tonalité.

Même si vous faites le lien entre les musiques de rock et les thèmes d’ambiance avec le morceau « électro rock », pourquoi n’avez-vous pas écrit toutes les musiques de club alors que vous avez un savoir faire dans ce domaine (on se rappelle de vos musiques pour LE GRAND POPO FOOTBALL CLUB) ?

Nicolas ERRERA :J’ai écrit quelques musiques de club pour le film. Mais je trouvais qu’il était plus réaliste de faire appel à de jeunes DJ. Cela permettait de donner une dynamique et une atmosphère plus variée. C’est pour cette raison que j’ai fait appel à Valgun, Dj Yenn, Ionic Benton et Artaban.

Pouvez-vous nous parler du thème lié à la relation père / fils qui se caractérise par sa lenteur et sa ligne de piano ?

Nicolas ERRERA :il s’agit du thème de la paternité. Il représente la relation forte entre un parent pas assez présent et un fils en quête de l’affection de son père. C’est au cours de cette nuit infernale que le père montre à son fils l’amour qu’il lui porte. Il lui montre sans lui dire, mais en étant dans l’action. C’est aussi pendant cette nuit que le fils comprend à quel point son père l’aime. La musique apparait alors à la fois douce et sensible. Maintenant, j’ai essayé d’éviter tout sensiblerie, même s’il j’utilise un grand orchestre de soixante cordes. Ces cordes, je les ai orchestrées de manière simple, en privilégiant les longs accords. En ce qui concerne le piano, il joue au début une mélodie inspirée d’un prélude de Bach. Le thème arrive à la fin du film (quand le fils conduit son père à l’hôpital), comme un climaxémotionnel. Le chaos se dissipe pour laisser place à une émotion simple, sans emphase que j’ai essayé de communiquer à travers cette musique.

D’une manière générale, sur ce film, hormis le piano, avez-vous utilisé beaucoup d’instruments acoustiques ?

Nicolas ERRERA :la texture instrumentale du film est à la fois électronique et acoustique. Les mélodies sont jouées par le piano et une guitare électrique. J’ai fait appel dans certains morceaux à un orchestre à cordes de pour donner de l’ampleur et de l’espace à la musique. Cet espace sonore acoustique chaud me permettait de contrebalancer avec un espace sonore électronique parfois un peu glacial, sombre.

Etait-il important que la musique reste toujours dans un tempo très tendu, comme une pulsation désordonnée selon le réalisateur, pour accentuer le caractère d’urgence dans lequel se trouve embarqué le personnage de Vincent ?

Nicolas ERRERA :l’impression de chaos était très importante pour le réalisateur. En travaillant, Frédéric et moi-même avons trouvé que le système de polyrythmie (plusieurs rythmes à différents tempo qui se superposent) accentuait cette impression de désordre émotionnel tout au long du film (voir les morceaux TIC TAC, Hallucination).

 

Sur le générique de fin, vous êtes crédité pour un arrangement d’une variation Goldberg de J.S. BACH qui apparait sur des scènes en voiture ; c’était une idée du réalisateur ou de vous de reprendre J.S. BACH ? Avez-vous rajouté une touche personnelle (si oui, laquelle), ou l’avez-vous joué de manière classique au piano ?

Nicolas ERRERA :on voulait une musique qui représente la psychologie du personnage du flic ripoux. On a essayé plusieurs choses puis, un jour, j’ai joué une pièce des variations Goldberg au piano. Frédéric m’a alors demandé d’essayer cette pièce sur l’image et comme marchait très bien, on l’a gardé. J’ai joué la partition de J.S Bach quasiment à l’identique avec un tempo adapté à la séquence de la voiture. Sans le savoir, ce travail sur J.S. BACH a constitué les prémices de ma collaboration sur LES LIAISONS DANGEREUSES, une pièce qui se joue actuellement au théâtre de l’Atelier à Paris dans une mise en scène de John MALKOVITCH.

 

Concernant les suppléments dvd, regrettez-vous qu’il n’y en ait pas de consacré à la musique ?

Nicolas ERRERA :Oui cela aurait été peut-être intéressant de dérouler les différentes étapes du travail d’un compositeur avec le réalisateur, de voir comment on fabrique ce genre de musique. Je pense que le public ne soupçonne pas les heures de travail qu’il y a derrière la bande son d’un film. En même temps, je suis partagé car je trouve que c’est aussi pas mal quand cela reste un peu mystérieux, discret. Vous savez, à force de vouloir tout montrer, on perd certainement un peu de “magie”, depoésie.

 

NUIT BLANCHE, un film de Frédéric JARDIN, avec Tomer SISLEY, Julien BOISSELIER, Samy SEGHIR, Joey STARR, musique originale de Nicolas ERRERA.
Disponible en dvd et en blu-ray chez BAC vidéo
Bande originale disponible en téléchargement chez http://www.moviescoremedia.com
 
 
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SHAOLIN – LA LEGENDE DES MOINES GUERRIERS

Dans la chine de 1920, autour du temple de Shaolin, Hou Chieh (Andy LAU), un général qui a tout perdu au point d’en devenir moine, et le commandant devenu tyran Tsao Man (Nicolas TSE), s’affrontent. Pour cette production hongkongaise, on retrouve Nicolas ERRERA (LE PAPILLON, NOCTURNA LA NUIT MAGIQUE) qui signe là sa première musique pour un grand film d’action. Film asiatique se déroulant dans un haut lieu religieux oblige, Nicolas ERRERA se doit d’abord de planter le décor. Il introduit sa musique de manière aérienne avec beaucoup de flûtes et une ambiance mystérieuse baignant dans les cordes sur des images d’une Chine ravagée par la guerre. Dans un deuxième temps, il joue lui-même un motif pianissimo, d’abord de manière très légère avec les flûtes en arrière et quelques cordes. Puis en le développant de façon intimiste, donnant un élan d’humanité à des images très dures (Shaolin Opening Theme) tout en soulignant la puissance militaire par des motifs rythmés et aux cordes obsessionnelles (Evil). Ce côté aérien, on le retrouve dans des séquences de trahison, des musiques tendues par le rythme des percussions, notamment des tambours, les effets sonores qui rajoutent du suspense et un filet de violon lointain en contrepoint (Tension And Treason). On le détecte également dans des séquences de folie meurtrière avec des bâtons en guise de percussions et des cordes grinçantes ainsi que des cymbales (The Fury Of Hau Jie) et des musiques d’action à l’américaine mais avec des couleurs et des parfums qui viennent d’orient (Cao Man). On entend encore le roulement des percussions sur les séquences de chevauchées guerrière avec, en contrepoint, une ligne de violon sur mélodie à la couleur typiquement chinoise qui donne un côté romanesque (The Soldiers Attack). Du point de vue émotionnel, le film multiplie les séquences dramatiques, le film n’étant finalement qu’un enchainement de massacres et trahisons avant d’aboutir à une douloureuse repentance. On note notamment les séquences retraçant le destin de la fille de Hou Chieh, accompagnée par une musique en mineur, jouée par une ligne de violon mélancolique, avec des cordes profondes et graves en contrepoint (The Little Girl). On remarque aussi un thème d’inspiration romantique, très mélodique, porté par l’erhu, un instrument à corde très répandu en Chine et, plus généralement, en Asie centrale (Life Goes On). On entend également l’erhu sur les séquences amusantes et poétiques de l’entrainement des moines avec un développement mélodique grave avec des cordes et des percussions en contrepoint (Monks In Training). Dans la dernière partie, la musique d’action, toujours très rythmée et presque lyrique laisse la place à des mouvements dont l’ampleur n’a d’égale que la tragédie qui se joue (The Duel). Il faut en fait attendre un bain de sang dans les bras de Bouddha pour que la rédemption gagne à jamais les personnages. Ce qui permet à Nicolas ERRERA de revenir d’abord à des lignes d’erhu, d’abord sur une ambiance pure et majestueuse (Redemption) puis, accompagnée d’un délicat solo de piano et de la voix de Donka BONSK, à un final aussi mélodieux que touchant (Epilogue). Au final, Nicolas ERRERA signe, sur ce film grandiose et violent, une musique d’une grande richesse. Il commence par des thèmes amples et aériens, qui profitent à la fois du souffle des flûtes et de l’intimité du piano. Puis, à mesure que l’intrigue se déploie et que les masques tombent, il développe une partition virevoltante, qui joue avec les bruits et épouse le rythme des combats. Il n’en oublie pas l’émotion à travers des passages très purs portés par l’erhu, le piano et les voix, souvent discrètes mais oh combien importantes. Bénéficiant du son en 5.1, le dvd, et surtout le blu-ray, permettent de profiter à la fois d’images d’une grande beauté et de toute la profondeur d’une musique d’une qualité rare pour une production de ce type.

SHAOLIN LA LEGENDE DES MOINES GUERRIERS, bande originale du film de Benny CHAN, avec Andy LAU, Nicolas TSE, Jackie CHAN, musique de Nicolas ERRERA – Dvd et Blu-ray disponibles chez Metropolitan filmexport, Bande originale disponible chez Movie Score Media

 

Plus d’informations sur le compositeur http://www.nicolaserrera.com