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L’EMPEREUR

Après LA GLACE ET LE CIEL en 2015, Cyrille AUFORT retrouve Luc JACQUET pour une nouvelle collaboration. Ici, à travers le regard et les souvenirs de son aîné, un jeune manchot se prépare à vivre son premier voyage… Répondant par instinct au mystérieux appel qui l’incite à rejoindre l’océan, on le suit dans les épreuves qu’il devra traverser pour accomplir son destin. Visiblement, Cyrille AUFORT à pris un grand plaisir  à suivre ce jeune empereur ; très inspiré, n’hésitant pas à comparer son travail à une course de fond, nécessitant un travail séquence par séquence. Il propose une musique qui colle aux paysages éphémères de l’Antarctique et qui retranscrit, par sa richesse thématique et orchestrale, la morsure du vent et du froid le suit jusque dans les fonds marins jusqu’alors inexplorés. Cyrille AUFORT commence par une musique aérienne, doucement pianissimo contenant un souffle dans les cuivres. Puis les cordes embrayent un motif rythmé, montant doucement, évoquant l'aventure qui attend l'empereur (L’appel). Il continue par une sorte de boucle, a la manière du départ d’une course, que l’on retrouve notamment sur les Glissades, et sur laquelle il greffe des motifs orchestraux emplis de délicatesse (Loamok). Sur la parade, il introduit un thème voluptueux qui se développe à la manière d’une valse qui avance en s’amplifiant (Parade amoureuse). Puis il amène,  délicatement au piano, un joli thème enfantin, maternel, qu’il développe d’abord dans les vibratos.  Avant qu’il ne s'envole de manière plus symphonique, en introduisant le thème mélodique principal, classique mais superbe, que l’on retrouve souvent dans la partition (Maman Ne Revient Pas, Le Petit Empereur), parfois intégré dans une musique d’ambiance aérienne, avec une ligne lente d’harmonica par-dessus (Les Grandes Profondeurs) ou de larges développements poétiques (Le Dernier Voyage). Et puis, le film nécessitait une musique qui soutienne les séquences montrant les dures épreuves naturelles qu'affronte l'animal. D'oùce motif doucement rythmé par des cordes graves, duquel il sort un mouvement mélodique majestueux qui constitue le deuxième thème important (1ère Marche), qui prend parfois des élans lyriques tout en conservant une part de mystère (Dangereux Premiers Pas). Cyrille AUFORT continue par des thèmes davantage de situation, parfois concertant, comme ces motifs, qui avancent doucement, là dans les bois, qui jouent des instruments comme de la nature puis qui va dans une sorte de marche rythmée par les caisses claires avant un développement plus lyrique (2ème Marche) ; ou là rythmé par un tambour et des cordes pincées, avec un contrepoint à l'oriental (La Crèche). On trouve aussi,  sur les grands oiseaux de mer, une musique aérienne composé surtout de bruits de percussions comme de cloches, de riffs de guitares électrique, et d’un contrepoint électronique répétitif (Les Pétrels Géants). Cyrille AUFORT revient à un motif mélodique répétitif, qui se déploie lentement, dans la répétition, avec un contrepoint de cordes dans les graves et, là encore, quelques légers riffs de guitare (10 3ème Marche). Il propose aussi des thèmes d’orchestre aérien et doucement pianissimo qui évoquent, subtilement, de manière doucement mélodique, la magie des fonds marins (Le Monde Sous-marin), également des étapes de la vie (Nouveau Plumage). Sur l'arrivée a l'océan, Cyrille AUFORT propose encore un thème plus grave, dans les vibratos, avec une cellule mélodique montante vers des éléments merveilleux et une mélodie appuyée par le piano  (C’est Donc Ça L’océan !). Et repart dans une musique large, d'épopée, doucement rythmée, à la profondeur synthétique. Il développe par dessus un large mouvement orchestral d'émotion (Un Nouveau Cycle Commence). Cyrille AUFORT signe là une remarquable bande originale qui réussit l’équilibre, pas évident, entre ces sonorités qui collent aux manchots empereurs, à l’histoire du film, et des passages plus emportés. D’où un ode à la nature et à la vie, qui se distingue, même si c'est courant sur ce genre de film, par la qualité de ses thèmes, souvent gracieux, épiques et émouvants, et des orchestrations d’une très grande finesse qui transcendent l'horizon des paysages enneigés. Toujours près de la glace et du ciel, Cyrille AUFORT renforce son statut de valeur sûre de la musique de film et magnifie la noblesse, mais aussi la fragilité, de l’empereur !

L'EMPEREUR. Un film de Luc JACQUET. Musique originale de Cyrille AUFORT disponible chez Bonne Pioche.

Image 

LE MYSTERE JEROME BOSCH (EL BOSCO. EL JARDIN DE LOS SUONOS)

500 ans après sa disparition, Jérôme BOSCH, l’un des plus grands peintres flamands, continue à intriguer, grâce à  une œuvre fascinante et aux interprétations multiples. À travers ce film, historiens de l’art, philosophes, psychanalystes, en cherchent le sens et lui rendent hommage. Pour le réalisateur, quand le Musée du Prado et la Fondation BBVA lui ont offert la possibilité de réaliser un film sur Jérôme BOSCH, il a tout de suite pensé au Jardin des Délices, un tableau qui l’a toujours intéressé. Avant qu’il ne lise l’ouvrage de Reindert L. FALKENBURG consacré à Jérôme BOSCH et à ce tableau qui, depuis, le hante et d’où est né son film. Concernant la bande originale, le réalisateur précise que, grâce à la musique, il trouve aisé d’orienter les émotions du spectateur, d’élargir son champ de perceptions visuelles. Le sens de l’objet ne s’en trouve pas modifié mais il prend une autre couleur. Le public le perçoit (ou du moins, on lui donne l’opportunité de le percevoir) comme une nouvelle entité dans laquelle la musique prend toute sa place. C’est pourquoi la musique apparaît aussi fondamentale qu’un scénario. Dès le début, le réalisateur a travaillé avec Universal Music Espagne qui lui a proposé de puiser dans son catalogue pour concevoir cette bande originale en forme de compilation. L’album commence par Words of Amber, un morceau très agréable, plutôt aérien, répétitif interprété au piano, parfois accompagné d’un léger fond atmosphérique. Il est signé du musicien islandais Olafur ARNALDS, que l’on retrouve plus loin, sur Sudden Throw. Suit Mijn Vlakke Land, en fait la version flamande de la chanson Le Plat Pays, interprétée par  Jacques BREL ; un choix évident pour le réalisateur afin d’évoquer Jérôme BOSCH et le  mouvement Primitif flamand, membre de l'Illustre Confrérie de Notre-Dame, auquel il appartenait. Arrive ensuite une pièce symphonique étonnante d’Elvis COSTELLO : elle commence a l'ancienne, de manière très mélodique, baroque orchestrale, avant de dévier vers des éléments plus contemporains. Elle vire même au jazz, notamment en utilisant beaucoup de cuivres et toujours des cordes élégantes ; superbe (Oberon and Titania). On enchaine par Passaggio : un autre mouvement mélancolique, orchestral, pour violon joué par Daniel HOPE, Jacques AMMON au violoncelle et  le désormais Intouchable, Ludivico EINAUDI. Toujours interprété par Daniel HOPE et Jacques AMMON ainsi qu’un orchestre à cordes, on entend Fratres, un mouvement lent, profond, quasi baroque et mélancolique composé par Arvo PART. Viennent ensuite des adaptations des QUATRE SAISONS d’Antonio VIVALDI par le compositeur germano britannique Max RICHTER : un étrange, mystérieux et sombre Summer, d'où s'élève une longue ligne de violon jouée par Daniel HOPE, accompagné d’un orchestre lointain dirigé par André de RIDDER. Puis un Spring 1 plus lumineux et virtuose où l’on distingue l’essence baroque du compositeur vénitien. Le réalisateur a aussi tenu à nous emmener, en musique, au pays des dieux et des monstres ; ce qu’il réussit en faisant sienne la célèbre chanson Gods and Monsters, interprétée par Lana del REY. L'album se termine par le céleste, classique et bouleversant Aria n°47 pour violoncelle, orchestre et soprano de Johan Sebastian BACH. Comme le précise le réalisateur, trouver la bonne musique pour un film constitue toujours une étape difficile. Dans ce cas précis, refusant une musique d’époque, il a essayé, et réussi, de concevoir une bande originale aussi variée et moderne que le tableau. Même si on peut regretter l'absence d’un compositeur qui aurait apporté une homogénéité, mais c’est souvent le cas sur ce genre de documentaire, il faut reconnaître un choix judicieux des morceaux ; des musiques et des chansons qui  apportent un regard décalé sur le parcours artistique de Jérôme BOSCH. D'où une bande originale certes en forme de compilation mais de qualité, très agréable à écouter.

LE MYSTERE JEROME BOSCH (EL BOSCO. EL JARDIN DE LOS SUONOS). Un film de José Luis LOPEZ-LINARES, Avec Salman RUSHDIE, Orhan PAMUK, Cai Guo QIANG, Michel ONFRAY, William CHRISTIE, Miquel BARCELO, Guo-Qiang CAI. Bande originale disponible chez Universal Music.

 
LES AVENTURIERS DE L’ART MODERNE
Adaptée de la trilogie de Dan FRANCK Le Temps des Bohèmes, cette excellente série documentaire nous plonge dans le Paris artistique et intellectuel du début du XXème siècle jusqu’aux ultimes fracas de la Seconde Guerre mondiale.  Pour la musique, on a la surprise, mais c’est toujours un plaisir, de retrouver Pierre ADENOT. Bien sûr, sur un tel projet, les moyens octroyés, c'est-à-dire juste de quoi engager un compositeur accompagné d'un assistant musicien, paraissent dérisoires. Ces considérations sont vite balayées par leur talent et trouvailles, souvent électroniques, hormis des guitares de toutes sortes, qui rendent cette bande originale tout simplement délicieuse. Pour le générique, Pierre ADENOT commence par un thème titre très cinématographique -on entend même le bruit du projecteur- énergique, pianissimo, avec des nuées de cordes qui donnent un côté fantastique (Les Aventuriers De L'art Moderne) qu’il reprend parfois dans des variantes lointaines (Un Jour De 1906, Vollard). En nous transportant à Montmartre,  il continue par un deuxième thème principal, construit d'abord à base de banjo (que l’on retrouve plus loin sur le thème de la Coupole, à la grande époque de Montparnasse, accompagné de cordes flamboyantes), de cordes obsessionnelles en contrepoint et de percussions ; un thème répétitif, et aussi tournant que le manège de la butte (Max à Montmartre)  que l'on retrouve sur les motifs, enjoués et manouches, de certaines personnalités comme Apollinaire. Egalement sur des thèmes plus classiques, qui mélangent les époques sur des orchestrations concertantes (La Peau De L'ours). Pierre ADENOT poursuit par un thème à l’ancienne, assez lent et pour piano, instrument très présent (comme sur le thème jazzy des Ursulines mais aussi Kiki Au Jockey) et qu'il joue lui-même. Il s'agit aussi d’un thème qui revient dans différentes déclinaisons et qui, par moments, s'envole (Brocante, Le Bateau Lavoir). Toujours inventif, Pierre ADENOT amène des thèmes d’allure martiale à base de caisses claires, de piano bastringue et avec des envolées de cordes, qui semblent ramener à la vie ces pionniers artistes (A Table !), parfois sur des rythmes de marches (L'affaire Des Statuettes, Fuite) ; ce qu’il reprend dans des thèmes élégants, parfois avec une clarinette chantante par-dessus, et qui rappellent certains mouvements valsant de LA BELLE ET LA BÊTE  (Duel-Le Duel A Commencé). Toujours à base de piano, Pierre ADENOT joue la fibre intimiste, accompagnée de quelques vibratos, notamment de mandoline. D'où une musique qui dégage du mystère, un côté étincelant dans les percussions (Un Fauve). Pour évoquer la fin de la guerre, et alors que Paris devient capitale du monde, il amène un mouvement à l’italienne, à base de violon et de cuivres façon fanfare (La Guerre Est Finie). Déjà, on sent, dans la mélodie, comme une effervescence, pareille à celle des cafés du 6ème arrondissement parisien. On distingue également une nostalgie, une souffrance sous-jacente, à travers des motifs légers, à base d'un piano à l'ancienne, notamment sur le thème de l’écrivain d’origine juive Kahnweiler. Et puis, sur des moments dramatiques, comme pour évoquer la tristesse, Pierre ADENOT utilise des motifs simplement relevés de quelques notes de piano (Larmes de Max, Adieu Fernande) ; également des guitares jouées sur un tempo sensible, délicatement mélodique par Bruno LE ROUX (Céret) ou plus abstrait et fantastique sur le thème du Cubisme. Plus étonnant, on remarque parfois des bribes de références comme, sur le thème de Marcel Duchamp, où on a l’impression qu’il part d'un motif à la Georges BIZET pour aller vers quelque chose d'hispanique pour guitare et castagnette. Pour souligner L'appel De Blaise Cendrars en 1914, Pierre ADENOT reprend  une sorte de marche romaine, qui se prolonge dans une Sérénade Militaire. Pour évoquer la grande guerre (mais aussi l’Enterrement de Modigliani), il utilise logiquement des roulements de caisses claires accompagnés de notes espacées de piano à la manière d'une marche macabre, et de cordes sur un rythme de boléro (Guerre). Ensuite, il illustre le destin d’artistes d’origine russes comme Marie Vassilieff, accompagnée par un thème à base de banjo. Et surtout Soutine, dont l’enfance donne lieu à une musique pure, atmosphérique, à base de piano. Au contraire, pour les amis Soutine Et Modigliani, Pierre ADENOT propose des sonorités qui jouent l’étrangeté ; ce que l’on retrouve aussi sur le thème de la Mort d'Apollinaire, doucement accompagné du texte de son poème Le Pont Mirabeau. Sur Jean Cocteau, il amène un thème sombre, plein de souffle (Les Photos De Cocteau) tandis que, sur La Guerre Continue, il hésite entre rumba et tango. Avec le changement d’époque, et le thème de La Relève, il revient par un thème assez enjoué. Puis, pour évoquer la Salle Gaveau à l’époque de Louis ARAGON, il propose un thème d’inspiration contemporaine mais néanmoins rattaché à celui de la série par ses parties tournantes. Pierre ADENOT revient encore à un thème délicat à base de violon et de guitare pincée sur le thème de Gide Au Cinéma  et à un mouvement pianissimo sur Cocteau.   Pour cette musique, Pierre ADENOT a obtenu le Grand Prix de la Sacem et on comprend pourquoi. De par la diversité des thèmes, la richesse des mélodies et la qualité des orchestrations, il accompagne ces aventuriers de l’art moderne ; mieux, en ne se servant jamais abusivement du piano mais en recourant, à travers un petit orchestre virtuel, il concourt à rendre ludique leurs univers, à leur redonner vie dans nos mémoires collectives. Il en découle alors une vraie bande originale de qualité !

LES AVENTURIERS DE L’ART MODERNE. Une Série documentaire de 6 X 52MN écrite par Dan FRANCK, réalisée par Amélie HARRAULT, Pauline GAILLARD et Valérie LOISELEUX, avec la voix d’Amira CASAR en commentaire. Diffusion sur Arte entre le mercredi 16 et le vendredi 18 décembre 2015. Disponible en coffret dvd chez Arte vidéo avec, en compléments, Mademoiselle Kiki Et Les Montparnos, César 2014 « MAKING OF » incluant des entretiens avec l’auteur et les réalisateurs. Musique originale de Pierre ADENOT disponible en digital chez BOriginal/Cristal records.

À retrouver en complément sur le web : une infographie interactive sur les principaux personnages de la série, des interviews vidéo de Dan Franck et des réalisatrices, un making of du générique...

arte.tv/lesaventuriersdelartmoderne

 
 
 
 

LA GLACE ET LE CIEL

Avec ce film, qui s'intègre dans une démarche multimédia globale, Luc JACQUET (LA MARCHE DE L'EMPEREUR, IL ETAIT UNE FORET) s'implique à sa manière dans la lutte contre le changement climatique. Il revient dans les pas de Claude LORIUS, glaciologue et visionnaire du climat qui, en 1955, part avec deux compagnons pour un hivernage d’un an en Antarctique, sans possibilité de retour ni d’assistance ; une première campagne dans le Grand Sud comme l'acte fondateur de son existence…. En ce qui concerne la musique, il a voulu changer d'univers en travaillant avec Cyrille AUFORT qui, disons-le tout de suite, signe une partition très réussie et superbement servie par des musiciens anglais. Cyrille AUFORT commence par une musique gracieuse, qui se répète sur la longueur. Puis il amène un thème pastoral très classique, délicatement rythmé, qui se détache; un solo de violon s'en échappant ainsi que quelques notes de piano en contrepoint. Cyrille AUFORT ébloui d'emblée par ce mouvement symphonique revenant plusieurs fois et qui prend une dimension magique quant participent des choeurs. (Il Était Une Fois Un Jardin, Arrivée En Antarctique). Cyrille AUFORT continue par des cordes  affutées, sur lesquelles se pose un thème mélodique chantant,  de plus en plus rapide, contenant pas mal de cuivres (Premier Départ). Il reste dans cet élan grâce à des grands thèmes d'aventures, dans les cordes obsessionnelles, mais avec un contrepoint lyrique et un développement en forme de marche  majestueuse (L’année Géophysique Internationale), également une vague rythmé et, dans des notes électriques, une précipitation, une urgence (Forage Dôme C, Vostok); un esprit que l'on retrouve  dans des thèmes plutôt magiques,  atmosphériques,  contenant du cymbalum, sur des moments critiques (Il Faut Survivre). Également sur des  mouvements à base de cordes précipitées, tournantes, pour un motif rythmé, rapides, avec un filet de piano en contrepoint puis des choeurs qui rappellent certaines musiques classiques soviétiques (Forage Vostok). Cyrille AUFORT continue par un thème profond, pour cordes et piano sur une base mélancolique (Au Revoir Et A Dans 1 An); le piano qui intervient de manière mélodique sur des thèmes plus vibrants, aux notes courtes, répétitives,  jusqu'à un mouvement généreux dans les cordes (Les Cristaux), également dans des thèmes à la fois précipités et délicats avec cette voix qui amène un côté sensuel (Eurêka) et que l'on  retrouve, par dessus une mélodie intimiste pianissimo reprise par une flûte de pan et les choeurs (Adieu Charcot). Cyrille AUFORT propose aussi des thèmes qui ressemblent davantage à  des combinaisons sonores, idéales sur un documentaire, faites, de grincements évoquant la nature (Victoria Land). Également de bruits qui, intégrés avec du   piano sur un thème grave, en mineur (Des Résultats Prometteurs) ou un lento de violon (Souvenirs) évoque la nature. Cyrille AUFORT présente encore un thème qui se caractérise par un côté plus moderne, urbain, et l'utilisation de sonorités électroniques (ITV). Il termine par le thème titre, en version symphonique,  délicatement mélodique, duquel se détache  un violon puis une voix soliste qui excelle dans une suite chantante, et enfin le piano (Thème De La Glace Et Le Ciel).

Au final, Cyrille AUFORT signe une vraie grande partition qui mérite la reconnaissance.  Par ses nombreux thèmes (qu'on aurait aimé encore plus mélodiques) et l'interprétation impeccable de l'orchestre anglais, Cyrille AUFORT contribue à sauver le film de l'ennui.

LA GLACE ET LE CIEL. Un film réalisé par Luc JACQUET. Musique originale de Cyrille AUFORT, disponible chez BOriginal/Cristal records.

                                                                                                

 

HUMAN

Voici la bande originale du film hors-norme de Yann ARTHUS -BERTRAND, déjà auteur de LA TERRE VUE DU CIEL et, surtout, HOME; des œuvres atypiques où, déjà, la musique sublimait les images. Pour le réalisateur, les compositions d’Armand AMAR se sont de nouveau imposées pour mettre en valeur la richesse du propos de HUMAN. Armand AMAR commence par un thème ample, atmosphérique, mettant en avant de la guimbarde, du souffle et le violon solo de Sarah NEMTANU (qu'on entend aussi sur un lento  intimiste et étrange - Forgiveness). D'où une musique qui accompagne bien les verts paysages de Mongolie et amène, par un tempo ralenti, une intimité, tandis que la voix de Gombodorj BYAMBAJARGAL (chanteuse mongolienne déjà entendue dans HOME) joue sur la corde sensible (Mongolia) et, plus loin, sur une  sorte de danse orientale, chante presque des cris qui résonnent (Crowds). Sur des portraits des peuples du monde, Armand AMAR continue par une musique d'abord essentiellement orchestrale, employant des percussions pour le côté étincelant. Puis plus lyrique, accompagnée par le chanteur persan Salar AGHILI, qui a déjà collaboré avec Armand AMAR sur le film BAB'AZIZ (Faces). Ensuite, pour évoquer la Chine, il utilise le chœur d'enfants de la Maitrise des Hauts-de-Seine, qui amène d'abord une pureté, une sagesse. Avant que des percussions déclenchent une gravité quasi martiale mais aussi d'inspiration traditionnelle (Dam In China). Armand AMAR revient à une musique mélodieuse, parfois obsessionnelle dans son contrepoint, portée par le piano (joué par Julien CARTON) et des cordes en contrepoint (Castells). Avant de rappeler une force vocale, en l’occurrence celle d’Asif Ali KHAN, qui se lamente sur des paysages népalais (Nepal). Armand AMAR embraye par un thème, principalement à base de violoncelle solo, très technique, interprété par Grégoire KORNILUK, accompagné d'un contrepoint de cordes légères et  de clarinette jouée par Morenn NEDELLEC. On retrouve plusieurs fois Grégoire KORNILUK, sur des mouvements d'inspiration minimalistes, comme lors de l’évocation de la dureté du travail de par le monde (Toil). Il intervient également sur un morceau large, porté par des cordes gracieuses tandis que la ligne de violoncelle apporte une certaine tristesse avant une section plus  mélodique, qui forme un véritable hymne à l'humanité (Human I). On note aussi la présence vocale de la norvégienne Sara-Marielle GAUP, qu’on apprécie en solo, mais aussi en duo avec la suédoise Isabel SORLING sur la séquence de la tempête (The Storm). Toujours à l'affût de sonorités peu communes, le  compositeur met en avant la flûte japonaise jouée par Suizan LAGROST pour évoquer, dans des harmonies sensuelles, le pays du soleil levant (Shakuhachi). On entend encore des flûtes jouées par Henri TOURNIER et de la guitare par Marc-Antoine PERRIO, sur une musique chantante, répétitive (Swimming In China). Il favorise toujours les rencontres inattendues, comme celle du yéménite Ravid KAHALANI qui entame en solo un thème d'abord complètement vocal, avant de devenir plus instrumental, grâce au filet de trompette de l'excellent Ibrahim MAALOUF (Ploughing). Pour évoquer les déplacements des peuples, sujet toujours d’actualité, Armand AMAR propose un thème de base pianissimo, qui accompagne discrètement la voix profonde de Gulay HACER YORUK sur un mouvement  spirituel (Immigration). On remarque aussi la présence de Youssou N’DOUR, remarquable sur un morceau profondément orchestral (The Hidden Church) ; la voix pure de Ghada SHBEIR, simplement accompagnée au piano sur Ghada’s Dream et un superbe aria d'après Antonio VIVALDI, interprété divinement par DIVNA (Jerusalem). Parmi les autres moments purement instrumentaux, Armand AMAR lance un mouvement à peine obsessionnel où quelques percussions jouant l'éclaircissement, sur Haiti, également un lento planant, qui prend de l'épaisseur, de la force, avec notamment des tambours (Pepe Mujica). Dans ce gigantesque portrait de l'humanité, la musique d'Armand AMAR constitue une entité artistique qui évolue en parallèle des images, exprimant ce que ces dernières comme les commentaires ne peuvent montrer. La musique agit alors comme un parcours imaginaire à travers les différentes sonorités, couleurs et voix du monde. Riche de ses origines, de sa culture, Armand AMAR a construit une partition complètement métissée, en osmose avec le film qui, du classique au contemporain en passant par le lyrisme le plus large. Brasse différents styles pour former un ode à l’humain d'une impressionnante richesse musicale.

HUMAN. Un film de Yann ARTHUS -BERTRAND. Musique originale d'Armand AMAR disponible chez Erato/Warner music. Plus d'informations sur http://humansoundtrack.com/