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Communiqué !
 

BEFORE YESTERDAY AND TOMORROW (The Extraordinary Story Of An Ordinary Woman)

De l’opéra vers la comédie musicale, Natalie DESSAY franchit un grand pas avec ce nouvel album, le deuxième après ELLE ET LUI, enregistré avec le compositeur culte Michel LEGRAND ! Finies les reprises, place à la création avec ce disque et  bientôt un spectacle : BEFORE YESTERDAY AND TOMORROW, un ouvrage presque entièrement inédit qui raconte, en musique et en chansons, toute la vie d’une femme. Initialement pensé, il y a une quarantaine d'années, par Michel LEGRAND et les auteurs Alan et Marylin BERGMAN pour Barbra STREISAND, porté par un orchestre symphonique et repris par la voix de Natalie DESSAY,  on retrouve dans cet oratorio comme il le définit, tout le lyrisme, la force émotionnelle du compositeur des DEMOISELLES DE ROCHEFORT ! Sur la naissance, Michel LEGRAND commence par une musique d'éveil entièrement construite sur une octave, des notes aériennes de piano et de clarinette, accompagnées de paroles quasi susurrées par Natalie DESSAY. Qui finit en une célébration symphonique de la vie (Birth). Sur la relation maternelle, le compositeur déploie un morceau chanté de manière caressante par une Natalie DESSAY véritablement transcendée. Et qui se trouve prolongé, comme souvent dans l'album, par un interlude ici aux contours baroques (Mother and Child). Le duo continue dans la même lignée, par une chanson à la mélodie entraînante, qui se perpétue dans un interlude valsant (Where Does the Wind Come From ?). Soutenue par des percussions affutées et des cordes énergiques, Natalie DESSAY entonne un morceau plus sérieux, plus haut vocalement aussi, sur une musique souvent enflammée, parfois plus douce (Hold Me). Puis, Michel LEGRAND et Natalie DESSAY poursuivent par une chanson d'amour, dont la mélodie orchestrale se voit reprise d’abord vigoureusement ; puis, de manière plus lente, mélancolique, comme certaines musiques pour les films de Jacques DEMY (Can You Tell the Moment ?). Avant de se lancer dans une espèce de berceuse emportée par des cuivres discrets et colorée par des cordes tourbillonnantes et romanesques (Fairly Tales and Story Books). Ils reviennent ensuite à une musique bousculée par des voix, des bruits de fond, et même une citation classique en arrière. Puis partent dans un développement jazzy et séduisant, qui se poursuit dans un interlude plus symphonique (An Unexpected Smile). Le duo continue par plusieurs chansons sentimentales, ici à la mélodie large et aux paroles théâtrales, sur des orchestrations généreuses (With You), là doucement mélodique, avec des cuivres en arrière (Yesterday's Apples) ; puis plusieurs arias joyeux, enjoués et parfois répétitifs (You and I Plus One, The More You Have). Arrive, probablement, le point culminant de l'album : une chanson ample et tragique, au tempo doux, sur une musique particulièrement mélodique, interprétée de manière quasi dialoguée, par Natalie DESSAY, qui dédouble sa voix (Mother and Child Duo). Suivent encore : une chanson grandiose, aux longues notes et au développement orchestral, jusque dans l’interlude, de grande envergure (Wait) ; puis la chanson titre de l'album, assez grave, dont les cordes rappellent celles des PARAPLUIES DE CHERBOURG, et des paroles lentes, sensibles, qui marquent le pas entre les questions et les réponses (Between Yesterday And Tomorrow). Et terminent par un morceau doucement chantant, porté par une clarinette triste, sur laquelle se pose la voix, le dernier souffle de Natalie DESSAY (Last Breath). Le nouvel album de Michel LEGRAND et  Natalie DESSAY porte bien son titre; d’hier car, en l’écoutant, on ne peut en effet ne pas penser aux grands classiques des années 1960 et 1970 du compositeur. Et d'aujourd'hui car, avec ses nouvelles chansons, où les deux artistes marient leurs talents sur des textes particulièrement expressifs et des musiques dans des styles très variés, il s'agit bien d’un tout nouvel album de Michel LEGRAND; certainement le plus abouti depuis longtemps !

BETWEEN YESTERDAY AND TOMORROW. Musiques de Michel LEGRAND, paroles d’Alan et Marilyn BERGMAN, interprétées par Natalie DESSAY. London Studio Orchestra. Disponible chez Sony Music / Sony Classical.Spectacle au Théâtre des Champs-Elysées à Paris avec l’orchestre Pasdeloup les 29 et 30 mars 2018.

Plus d’informations et réservation sur http://www.theatrechampselysees.fr/saison/recital/recital-de-chant/natalie-dessay-michel-legrand

 
 Evènement !
 
 

CONCERTO POUR PIANO/CONCERTO POUR VIOLONCELLE-MICHEL LEGRAND

Pour fêter ses 85 printemps, l’immense Michel LEGRAND se lance, à l’instar du regretté James HORNER, dans une carrière de compositeur d’œuvres classiques. Après avoir étudier avec Nadia BOULANGER, exercer comme orchestrateur et arrangeur dans les années 1950, comme compositeur pour la nouvelle vague, Jacques DEMY, et obtenu plusieurs Oscars à Hollywood, Michel LEGRAND se privilégie l’écriture d’œuvres symphoniques et de concert. Il présente ainsi son Concerto pour piano - qu’il joue lui-même - et orchestre, qui constitue un cadeau qu’il se fait lui-même ! L’œuvre commence par un 1er Mouvement dit « Attaca » rythmé, vif, dans lequel les séquences pianissimo et les effluves percussives s’enchainent. D'où un mouvement assez impressionnant dans lequel transparait, derrière l’intimité du piano, l’écriture symphonique fluide, profonde du compositeur. Il se sert de son expérience de mélodiste, de peintre musical, de jazzman même, pour développer une musique de piano exigeante, puissante, parfois répétitive, à la manière d’une rhapsodie emplie de couleurs. Michel LEGRAND continue par un 2ème mouvement bien plus lent ; la dimension rythmique laissant la place à une inspiration romantique, l'orchestre restant à l'arrière de phrasés émotionnels de piano. Dans ce mouvement, le compositeur déploie une musique douce, caressante et sensuelle. Il y inclut aussi des accents de piano caractéristiques du 20eme siècle, sur lesquels rebondit l'orchestre, notamment dans une deuxième partie dont la brillance renvoie, avec une certaine classe, à une couleur française très généreuse, harmonieuse. Le 3ème mouvement commence par un mouvement de piano très moderne, alternant avec de courtes séquences orchestrales ; le piano qui joue aussi parfois des séquences très rythmées en duo avec l'orchestre, notamment les sections de percussions, de cuivres. Il rebondit aussi des notes de la clarinette et du basson dans des mouvements purement concertants, parfois chantants, avec de larges vagues de piano et un orchestre quasi pastoral. La deuxième partie du disque se trouve réservée au Concerto pour violoncelle et orchestre, commandé et interprété par Henri DÉMARQUETTE, qui l’a créé à Paris au Théâtre des Champs-Élysées en 2016. De forme relativement classique, le 1er mouvement alterne de courtes séquences orchestrales qui représentent autant d'opportunités, pour le violoncelle, de partir dans des séquences qui empruntent beaucoup à la musique contemporaine. Peu mélodique, profonde et relativement lente, la partition de Michel LEGRAND met à l'honneur la beauté grave du violoncelle. Elle permet aussi au soliste de développer de longs mouvements expressifs, parfois des précipités, accentués par des contrepoints colorés. Le 2ème mouvement s’ouvre par une sorte de lento de violoncelle, accompagné d’une légère rythmique de cordes. En même temps, il déploie une partie mystérieuse, qui joue la nostalgie, et même la mélancolie. Très bref, à peine deux minutes, le 3eme mouvement apparaît très rythmique, avec de courtes cellules répétitives, épurées, de violoncelle, accompagnées de larges mesures symphoniques. Le 4eme, et dernier, mouvement, se distingue par une cellule mélodique accompagnée par un contrepoint de piano. Ce qui lui donne une assise rythmique qui permet au violoncelle de rebondir dans un mouvement étonnant de technicité. Également de romantisme grave, à travers des lignes grinçantes, profondes. D'où un mouvement moderne, mélancolique, joué superbement par Henri DEMARQUETTE. Celui-ci évolue, particulièrement dans la deuxième partie, dans une musique extrêmement lente, toujours grave mais aussi aérienne grâce à l'orchestre. Au final, il convient de saluer le travail de Michel LEGRAND qui, fort de son éducation classique et de ses expériences dans la chanson, le jazz et le cinéma, propose des concertos qui lui ressemble : En effet, que ce soit pour le piano ou pour le violoncelle, le compositeur déploie une musique qui se nourrit de ses influences, de ses rencontres, avec Igor STRAVINSKY mais aussi des compositeurs américains comme Léonard BERNSTEIN. Il en ressort alors deux pièces classiques exigeantes, qui obéissent aux règles du genre tout en se laissant porter par une certaine liberté, héritage d’un compositeur habité par le jazz et la chanson française.

CONCERTO POUR PIANO/CONCERTO POUR VIOLONCELLE. Composés par Michel LEGRAND. Michel LEGRAND au piano, Henri DEMARQUETTE au violoncelle. Orchestre Philharmonique de Radio France, Mikko FRANCK. Disponible chez Sony classical.

 

Michel LEGRAND ET SES AMIS

Quand l’un des compositeurs français les plus célèbres au monde réunit ses amis, les grands noms de la chanson francophone, autour de ses chansons, ses standards, cela donne un album exceptionnel ! Accompagné de son orchestre, Michel LEGRAND fait donc revivre ses chansons à travers le talent des plus grands interprètes de notre génération. L'album commence par Un Parfum De Fin Du Monde  par Vincent NICLO qui a déjà interprété Michel LEGRAND au théâtre dans LES PARAPLUIES DE CHERBOURG au Châtelet. Il reprend ici, de sa voix puissante, une formidable chanson emplie de mélancolie, extraite des UNS ET LES AUTRES ; un des plus grands succès de Claude LELOUCH. On entend ensuite Paris Violon par Muriel ROBIN sur des paroles nostalgiques d'Eddy MARNEY, accompagnée de piano et d'accordéon. Vient après la très jazzy Alcatraz par Thomas DUTRONC, très à l'aise sur cette chanson écrite en 1965 par Claude NOUGARO. Ce dernier, auquel le compositeur a consacré tout un album  d'hommage, a beaucoup collaboré avec Michel LEGRAND, formidable au piano sur ce titre. Suit une belle chanson d'amour : L’adieu reprise délicatement par MAURANE, qui avait déjà chantée (comme Hélène SEGARA et Mario PELCHAT) en duo avec Michel LEGRAND lors d'un concert à la salle Pleyel, et qui apparaît véritablement transportée par ce titre vibrant avec beaucoup de guitares. Les plus grands succès de Michel LEGRAND s'enchaînent : Les Moulins De Mon Coeur (du film L'AFFAIRE THOMAS CROWN) est ici repris dans une version complètement revisitée, très jazzy et avec des sonorités parfois orientales étonnantes, par le grand Charles AZNAVOUR ; La Valse Des Lilas, de nouveau sur des paroles d'Eddy MARNAY, se voit interprétée tout en finesse, simplement accompagnée par le compositeur au piano et un filet de batterie, par Hélène SEGARA ; une chanson à la couleur jazzy qui lui va très bien ! Arrive après Ça Va, Ça Va, une chanson en forme de récréation qui semble prédestinée à l'humoriste et aussi chanteur Laurent GERRA qui se lance dans un numéro d'imitateur et de musique très amusant ! On entend aussi Et Si Demain par le québécois duo canadien Mario PELCHAT et Emilie-Claire BARLOW qui reprend là une superbe chanson d'amour. On retrouve ensuite plusieurs chansons de la comédie musicale LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (Jacques DEMY) et d'abord La Chanson Des Jumelles par le duo sensuel les Brigitte sur une orchestration rafraichissante entre jazz et salsa ; un titre qui leur va comme un gant  ! On entend ensuite La Chanson De Maxence, un titre nostalgique  et à la structure mélodique comme aux paroles superbe, simplement accompagné par le compositeur au piano et repris par Lambert WILSON, qui lui avait consacré tout un spectacle en 2010. Au contraire de Christophe WILLEM pour qui la chanson On Va Chez Toi Ou On Va Chez Moi, coécrite par Macha MERIL, représente une première interprétation - joyeuse ! - du grand Michel! Très à l'aise également le sont Chico & The Gypsies sur leur version gitano jazz, anecdotique plus que réussie, de Nous Voyageons De Ville En Ville. Michel LEGRAND termine lui-même le programme en interprétant Quand Tu Reviendras, une véritable chanson d'amour, dans la grande tradition du genre, sur une musique sensible et légère, avec pas mal de guitare. Au final, on sent que Michel LEGRAND, qui a toujours aimé chanter, s'est fait plaisir en enregistrant ce disque qui ressemble à une fête entre amis de toutes les générations ! Il en ressort un album de variétés tonique, rythmé, jazzy et en chanter !

Michel LEGRAND ET SES AMIS. Disponible chez Sony music.

 

ENTRE SWING, DEDICACES ET TOURNEE : LE BEL AUTOMNE DE MICHEL LEGRAND ! 

 
L'automne 2013 marque la grande rentrée de Michel LEGRAND : d’abord un album, ENTRE ELLE ET LUI, où le compositeur et pianiste revisite son répertoire de chansons, ici interprétées par la soprano Natalie DESSAY. De CINEMA, écrite pour Claude NOUGARO à MON DERNIER CONCERT, en passant par La Valse Des Lilas, celle-ci reprend, avec talent, grâce et une musicalité qu’on ne lui connaissait pas les grands standards du compositeur préféré de Jacques DEMY. Bien évidemment, les films de ce grand cinéaste sont largement représentés dans ce disque, à commencer par PEAU D’ANE qui a donné envie à Natalie DESSAY de devenir Catherine DENEUVE. De ce film, elle reprend ainsi la délicieuse Recette Pour Un Cake D’Amour mais aussi les Conseils De La Fée Des Lilas. On la retrouve également sur des extraits des PARAPLUIES DE CHERBOURG, des DEMOISELLES DE ROCHEFORT. Mais également sur les thèmes d’UN ETE 42 (The Summer Knows), YENTL (Papa Can You Hear Me) et, plus étonnant, la Chanson De Louba du film LA BUCHE. Pour fêter la sortie de ce disque, Michel LEGRAND et Natalie DESSAY ont donné deux concerts à l’Olympia, suivis d'une tournée à travers la France et l’Europe. En même temps que cet album, les éditions du Cherche-Midi publient son (premier) livre de souvenirs, RIEN N'EST GRAVE DANS LES AIGUS, où le compositeur dévoile ses souvenirs entre passé et présent, avec de la nostalgie, de l’émotion mais aussi de l’humour du Cherche-Midi. En parallèle de ce livre, sort un coffret de 15 CDs (Universal Classics et Jazz France) qui répond aux nombreux souvenirs évoqués par Michel LEGRAND. Ainsi, comme un ensemble livre et disque pour mieux réunir tous les visages, tous les territoires du continent Michel LEGRAND. C'est-à-dire de la chanson, du jazz, des bandes originales de films, des ouvrages symphoniques, des comédies musicales et bien d’autres… Certains CDs fonctionnent sur le couplage de deux vinyles (l'album historique LEGRAND Jazz avec l'album hommage à Richard RODGERS), d'autres relèvent de l'anthologie, selon des thématiques précises : interprètes internationaux, arrangements et chansons originales, musiques pour le dessin animé… Au détour du chemin surgissent des invités prestigieux, tous interprètes du grand Michel : Sarah VAUGHAN, Stan GETZ, Louis ARMSTRONG, Yves MONTAND, Michael JACKSON, Barbra STREISAND, Jessye NORMAN et même Alain DELON, avec une version inédite des Moulins De Mon Cœur. Dans le registre du classique, ce sont aussi des ouvrages portés par des solistes comme Jean-Pierre RAMPAL, Maurice ANDRE ou la divine harpiste Catherine MICHEL, avec un album original, enregistré spécialement pour ce coffret : des standards de jazz réorchestrés dans un esprit classique, pour harpe et orchestre symphonique. Entre swing, lyrisme et comédie musicale, voici donc une invitation au voyage dans l’univers d’un monstre sacré, d'un pulvérisateur de frontières, avide de musique au pluriel.
 
 

RIEN N’EST GRAVE DANS LES AIGUS : UN LIVRE QUI SE LIT COMME UNE MUSIQUE DE MICHEL LEGRAND !

Cent cinquante longs-métrages, trois oscars, des collaborations en avalanche avec Miles DAVIS, Ray Charles ou Claude NOUGARO : Michel LEGRAND reste l'un des compositeurs français les plus célèbres au monde. Dans ce livre, et pour la première fois, Michel LEGRAND se raconte. Avec humour, gravité et liberté. Entremêlant présent et passé, il réveille des souvenirs enfouis, des images intimes : l'enfance, son père qu’il définit comme un instrumentiste capable de jouer de tout donc de rien, et surtout un beau parleur. D’ailleurs, Michel LEGRAND a surtout été élevé par sa mère qu’il compare à un petit général ! Parmi ses jouets, on relève la simplicité et la poésie des avions qu’il confectionnait lui-même avec des boites à fromages. Très tôt, la musique représente un moyen de s’enfuir tout en restant enfermé et c’est après avoir vu un film avec Tino ROSSI qu’il a eu envie d’en faire son métier. Très touchantes sont aussi les pages où il raconte son enfance marquée par la guerre ; un western qui contamine la vraie vie et dont il raconte des souvenirs personnels dans son film 5 JOURS EN JUIN. Au fil de l’évocation des souvenirs, on trouve toujours des références aux années 2000, comme Steven SPIELBERG qui utilise, 40 ans après sa création, Di Gue Ding Ding pour la bande annonce d’ATTRAPE MOI SI TU PEUX. Michel LEGRAND évoque aussi, avec un certain humour, ses années de collaboration avec Maurice CHEVALIER, qui l’a emmené avec lui aux Etats-Unis, et qui avait la particularité d’être un pingre, comme un autre compositeur originaire d’Europe de l’est et proche de Michel LEGRAND à la fin des années 1960. Il nous fait revivre aussi sa complicité avec Boris VIAN, et ses premiers rocks écrits pour Henri SALVADOR. Et comme toujours, se pointe l’émotion, les hasards du destin comme la disparation de Boris VIAN qui coïncide avec la rencontre avec Jacques DEMY. Michel LEGRAND père un frère mais un autre vient d’éclore comme il dit.

 
 
 

ENTRE ELLE ET LUI

 

Cette aventure artistique entre Natalie DESSAY et Michel LEGRAND représente un hasard et, en même temps, il était quelque part écrit que ces artistes devaient se rencontrer. Tout a commencé lorsque le metteur en scène Laurent PELLY a proposé une carte blanche à la soprano au Théâtre national de Toulouse. Fan des chansons du compositeur depuis l’âge de 6 ans (quand elle a vu PEAU D’ANE, elle a choisi tout naturellement de chanter son répertoire. Ils se sont rencontrés pour sélectionner 20 chansons. Natalie DESSAY avoue que, petite, elle était fascinée par PEAU D’ANE et LES PARAPLUIES DE CHERBOURG, dont Michel LEGRAND avait composé les musiques. Michel LEGRAND revient pour nous sur cette collaboration et la sortie de son anthologie en 15 cds.

 

Michel LEGRAND, alors que vous aviez déjà travaillé avec des chanteuses lyriques, en quoi cela a-t-il été différent avec Natalie DESSAY ?

ML : effectivement, j’avais déjà des disques avec d’autres chanteuses lyriques mais, avec Natalie DESSAY qui, plus qu’une soliste, représente pour moi un instrument parfait, c’était différent. Par exemple, j’avais enregistré un disque avec Kiri Te KANAWA ; le projet me plaisait beaucoup car, à l’époque, je trouvais qu’elle chantait comme un oiseau. Sauf que ce projet de disque, sur lequel elle chante mes chansons accompagnée par un orchestre symphonique, correspondait à une idée de sa maison de disques, pas de Kiri Te KANAWA. Et malheureusement, je dois dire que ce disque n’a rien donné.

 

Pour quelle raison ?

ML : parce que Kiri TE KANAWA, qui est en outre une femme charmante, était particulièrement paresseuse. Je vais d’ailleurs vous raconter une anecdote : Kiri Te KANAWA ne joue pas très bien au tennis mais adore ce sport, au point, qu’à chaque fois que je le voyais à Londres, alors que je lui disais qu’il fallait qu’on travaille, elle voulait toujours que l’on commence par une partie de tennis.

 

Vous avez aussi enregistré avec Jessye NORMAN ?

ML : j’avais aussi enregistré un disque de mes chansons avec  Jessye NORMAN qui, elle, est très travailleuse. Sauf que ce disque, nous l’avons enregistré avec sa voix d’opéra, ce qui ne fonctionnait pas. Je me rappelle que je lui demandais de chanter en se plaçant dans la simplicité mais ce n’était pas possible avec une voix d’opéra.

 

Pour quelle raison avez-vous récidivé avec Natalie DESSAY ?

ML : parce que nous avions envie de travailler ensemble et, surtout, c’était dans des conditions différentes. Quand avec Natalie DESSAY, nous nous sommes mis à travailler, je crois que je nageais dans le chaudron du bonheur car elle ne chantait pas avec sa voix d’opéra mais avec sa voix naturelle. Ce qui a fait toute la différence ! J’ai trouvé cela formidable, à tel point que je me suis dit qu’un jour Natalie DESSAY nous pourrions aller plus loin ensemble.

 

De quelle manière avez-vous travaillé ?

ML : j’ai commencé par jouer à Natalie DESSAY plein de chansons dont j’avais composé les musiques. Cela pour lui permettre de me dire lesquelles elle avait envie de chanter ou pas. Et comme c’était plus souvent oui que non, il nous a fallu faire un choix parmi toutes ses chansons, quitte a en éliminer certaines que nous aimons tous les deux beaucoup.

 

Que voulez-vous dire quand vous déclarez que vous pourriez allez plus loin avec Natalie DESSAY ?

ML : je veux dire qu’elle pourrait chanter bien plus que mes chansons écrites pour le cinéma ou la variété. Je pense en particulier à une série de chansons qui raconte la vie d’une femme, de l’enfance à la mort.

 

S’agit-il d’un nouveau projet à l’attention de Natalie DESSAY ?

ML : ce n’est pas vraiment une idée nouvelle. Pour être honnête, c’est une idée qui germe en moi depuis longtemps et que, au départ, il y a une trentaine d’années, j’avais imaginé pour Barbra STREISAND, avec laquelle j’ai beaucoup travaillé. J’avais préparé pour elle une série de chansons ; elle avait trouvé cela très bien sauf que, à son âge, elle était encore très jeune à l’époque, elle ne se voyait pas chanter la vie d’une femme de l’enfance à la mort, d’autant plus qu’elle est très superstitieuse. Au contraire, quand j’ai joué à Natalie DESSAY ces chansons il y a deux ou trois ans, elle s’est tout de suite enthousiasmée et m’a dit qu’elle avait envie de réaliser ce projet, après la tournée ENTRE ELLE ET LUI. Nous avons donc, avec notamment mes amis Alan et Marylin BERGMAN, écrit de nouvelles chansons, on en a éliminé certaines et on en a amélioré d’autres car les temps changent, de façon à obtenir cette série dont je vous parlais. Ce qui fait que, tout d’un coup, nous sommes bien en présence de l’histoire d’une femme qui nait et qui meurt, et qui est quelque chose de très important. Et cette série de chansons servira de trame à un prochain spectacle entre moi et Natalie DESSAY. 

 

Michel LEGRAND, contrairement aux idées reçues, vos chansons ne sont pas aussi faciles à interpréter qu’il y parait ; comment l’expliquez-vous ?

ML : je l’explique par le fait que ma voix s’étend sur presque deux octaves et demie. Ce qui me permet de chanter et d’écrire des thèmes pour moi-même dans une tessiture très étendue mais sans m’en apercevoir. Natalie DESSAY n’a pas de problème pour chanter dans ces tessitures mais certains interprètes de variétés, comme par exemple Tom JONES, m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas chanter mes chansons ; pour eux, elles se situent ou trop dans les aigus ou trop dans les graves. Finalement, on en revient toujours à la même chose ; rien n’est grave dans les aigus !

 

ENTRE ELLE ET LUI, c’est un disque mais aussi un spectacle ; comment s’articule t-il ?

ML : d’habitude, dans les concerts que nous faisons ensemble Natalie DESSAY et moi, je joue pendant la première partie au piano accompagné par deux musiciens de jazz. Puis, dans la deuxième partie, Natalie DESSAY nous rejoint pour chanter une série de chansons. Pour la tournée qui accompagne la sortie de cet album, nous avons choisi de travailler différemment. Je commence le concert tout seul au piano puis, tout d’un coup, je suis rejoint parPierre BOUSSAGUET à la contrebasse qui me fait un appel afin que l’on joue tous les deux. Nous jouons donc ensemble pendant quelques minutes puis, tout d’un coup, nous sommes en quelque sorte interrompus par Catherine MICHEL à la harpe, qui nous joue un morceau. Enfin, dans un fracas de percussions, nous sommes rejoints par François LAIZEAU qui, avec sa batterie, nous impose un rythme. Ce qui nous permet de nous lancer dans une improvisation sur la chanson L’âme Sœur A L’hameçon. Et c’est seulement à la fin de cette partie qu’apparait, sortant comme par magie de l’orchestre, Natalie DESSAY qui se met alors à chanter et à danser. Après, Natalie DESSAY enchaine six chansons, jusqu’à une dernière qui nécessite une sortie de scène. Au même moment, nous les musiciens faisons ce que j’appelle une entrée de scène. Je veux par là que, musicalement, nous avons quelque chose qui nous raccorde à ce qu’elle vient de chanter. Et avec les musiciens, pendant un petit quart d’heure, nous faisons du jazz avec des morceaux spécialement destinés aux solistes. Ce quart d’heure de jazz se termine sur un numéro qui appelle une entrée sur scène de Natalie DESSAY qui se met alors à entonner Le Rouge Et Le Noir, la chanson créée par Claude NOUGARO. Et alors Natalie va de nouveau enchainer six chansons.

 

Vous faites également beaucoup intervenir votre femme harpiste Catherine MICHEL ?

ML : Catherine MICHEL a beaucoup d’importance dans ma vie et dans ce spectacle. En particulier, dans la deuxième partie, j’ai voulu qu’elle joue à la harpe la suite que j’avais écrite spécialement pour elle et qui reprend, à la manière d’un medley, les thèmes principaux de YENTL. Et comme je souhaitais aussi relier Catherine MICHEL et Natalie DESSAY, celle-ci arrive, encore comme par miracle, à la fin de cette suite, pour chanter, accompagnée par la harpe, la chanson thème du film UN ETE 42 (The Summer Knows).

 

En même temps que ce disque avec Natalie DESSAY sort une anthologie de vos musiques ?

ML : c’est un projet tellement incroyable que cela me fait dire qu’ils sont complètement fous chez Universal de sortir un tel coffret. Maintenant, je ne peux que m’en réjouir car, ce qu’il de bien dans ce coffret, c’est qu’il contient à la fois du jazz, du classique, du piano et du chant. En fait, il contient tellement de musiques différentes que l’on ne peut pas s’ennuyer en l’écoutant.

 

Natalie DESSAY évoque sa rencontre, sa collaboration avec Michel LEGRAND

Quand elle parle de sa rencontre avec Michel LEGRAND, la célèbre soprano affirme qu’il s’agit d’un hasard et, en même temps, que c’était écrit quelque part. Au début, il s’agissait d’une rencontre informelle, alors que Michel LEGRAND présentait, à Paris, la comédie musicale LE PASSE MURAILLE. Mais, déjà à l’époque, ils s’étaient dits qu’il faudrait qu’un jour ils travaillent ensemble. Ce n’était certes pas le bon moment car Michel LEGRAND avait ses occupations et Natalie DESSAY les miennes, mais la cantatrice savait qu’il n’allait pas l’oublier. Finalement, ils se sont retrouvés quelques années plus tard, à l’occasion de ce spectacle mis en scène par Laurent PELLY. Et à ce moment, ils ont compris qu’ils pouvaient très vite entamer une collaboration ensemble. En même temps, pour Natalie DESSAY, chanter des chansons de Michel LEGRAND représentait un rêve d’enfant, pour elle qui souhaitait, en voyant PEAU D’ANE, de devenir Catherine DENEUVE. Pour ce disque avec Michel LEGRAND, au contraire de Jessye NORMAN par exemple, Natalie DESSAY a laissé sa voix d’opéra pour endosser un timbre de chanteuse de variété ; c’est-à-dire une voix où il n’y a pas de vibrato. Et puis surtout, une voix dont les tessitures ne sont pas les mêmes puisque, dans ce disque, on se situe beaucoup plus dans les mots, dans l’intimité de la musique et dans le microphone ; ce qui fait que la chanteuse est déportée deux octaves plus bas. Concernant le travail sur les chansons, Natalie DESSAY avoue qu’il s’est fait très naturellement. Ils ont néanmoins surtout passé du temps à choisir des tessitures, des tonalités car il y en a toujours une belle que les autres. C’était très important pour son interprétation mais aussi et surtout pour mettre en valeur la chanson et le texte en particulier.

 

Le saviez-vous ?

Céline DION reprend aussi Michel LEGRAND !

Dans son dernier album anglophone, et uniquement dans l’édition limitée, la célèbre chanteuse québécoise reprend en effet How Do You Keep The Music Playing ; un titre qu’elle chante dans son dernier spectacle à Las Vegas et que l’on retrouve ici dans une version très agréable, très épurée, acoustique. Rappelons au passage que

How Do You Keep The Music Playing est une chanson qui a été composée par Michel LEGRAND avec des paroles d’Alan et Marylin BERGMAN pour le film BEST FRIENDS (LES MEILLEURS AMIS), réalisé en 1982 et interprété par Burt REYNOLDS et Goldie HAWN.