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Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

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BE KIND REWIND : MICHEL GONDRY REMBOBINE SA VIE MUSICALE !
A l’occasion de la sortie de SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ (BE KIND REWIND), Michel GONDRY évoque ses souvenirs, son rapport à la musique et l’importance de Jean-Michel BERNARD. Passionné de jazz et de cinéma, le réalisateur français de ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND et de LA SCIENCE DES REVES revient sur son enfance : La découverte du jazz grâce à son père, qui vendait des orgues Hammond. Puis ses débuts dans la musique, comme batteur dans des groupes comme OUI OUI avec lequel il a enregistré plusieurs disques. Ses premières rencontres avec l’image s’effectuent par l’entremise de son ami d’enfance et opérateur Jean-Louis BOMPOINT qui lui ouvre la voie de la réalisation de clips ; II en tournera pendant plus de 10 ans avec des artistes de renommée mondiale tels que Bjork. C’est également grâce à leur ami commun Jean-Louis BOMPOINT que Michel GONDRY rencontre Jean-Michel BERNARD, avec lequel il se découvre une passion commune pour l’orgue Hammond, le jazz et le rythm’n blues. S’il ne peut pas engager Jean-Michel BERNARD, encore peu connu, pour les musiques de ses premiers films, celui-ci compose néanmoins plusieurs chansons interprétées par Patricia ARQUETTE dans HUMAN NATURE. Ce n’est qu’avec LA SCIENCE DES REVES que Michel GONDRY et Jean-Michel BERNARD collaborent véritablement ensemble pour la première fois ; Une partition et une chanson du générique (Golden The Pony Boy par Kimiko ONO) très remarquées. IIs se retrouvent aujourd’hui sur SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ, un film à l’ambiance très américaine mais toujours avec la même poésie typique du cinéma de Michel GONDRY. A travers les thèmes revisités de manière respectueuse de l’entertainer Fats WALLER et d’une partition, pas complètement dénuée de références à l’école classique française ; Retour rapide sur le parcours parsemé de musiques d’un cinéaste talentueux !
 

Michel GONDRY & Jean-Michel BERNARD
 

Enfance Et Musique

Avez-vous eu une enfance musicale ?
Michel GONDRY
J’ai été élevé entouré de musique grâce à mes parents. Ma mère enseignait la flûte à bec et jouait au piano des musiques de Claude DEBUSSY. Mon père aimait beaucoup les musiques de Duke ELLINGTON, Jimmy SMITH. Quand il pianotait justement du jazz, je dois reconnaître que je le trouvais assez doué. Je me rappelle d’une anecdote quand nous avons rencontré le célèbre organiste américain Lou BENNETT, au centre commercial de Parly 2 sur un stand de démonstration des orgues d’appartements Farfisa. Quand les démonstrateurs l’ont reconnu, ils l’ont laissé jouer devant nous. C’est à ce moment que mon père m’a demandé si je connaissais la différence entre ce grand musicien et des démonstrateurs. Evidemment, je n’ai pas su quoi lui répondre. Mon père m’a alors dit que la différence résidait dans l’inspiration. Il s’agit d’une réponse qui m’est restée.

D’où venait cette passion de votre père pour l’orgue ?
MG
Certainement de cette chance d’avoir eu comme beau père Constant MARTIN, l’inventeur, en 1947, de la clavioline (Un synthétiseur sonore monophonique) puis des cloches électroniques. Constant MARTIN fabriquait des orgues électroniques que vendait ensuite mon père. Plus tard, ils ont importé en France les premiers modèles japonais Rolland. Mais aussi l’optigan, un instrument qui fonctionne sur le principe de la lecture de disques en celluloïd sur lesquels sont enregistrés de véritables instruments de musique (principalement des orgues) et des accompagnements. L’optigan a été très utilisé dans les années 1970 avant de revenir à la mode il y a quelques années. Je me rappelle d’ailleurs que nous l’avions utilisé avec Jon BRION sur la musique de ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND. Mon père a donc été un passionné d’orgues Hammond ; Au point d’essayer toute sa vie de recréer le son du B3 (Premier modèle à se brancher sur un amplificateur, conçu en 1955 et commercialisé jusqu’en 1975), de manière électronique puis digitale.

Dans LA SCIENCE DES REVES, vous jouez de la batterie ; Quand avez-vous commencé à jouer de la musique dans des groupes ?
MG
Nous avions monté notre premier groupe avec mes frères en utilisant des instruments apportés à la maison par notre père. Par la suite, j’ai monté à l’école des groupes punk rock et new wave avec mon ami Etienne CHARRY. C’est ainsi que je suis devenu batteur au sein du groupe OUI OUI dans lequel jouaient également Gilles CHAPAT aux claviers, Nicolas DUFOURNET à la basse et Étienne CHARRY à la guitare et au chant. A travers ce groupe, avec lequel j’ai enregistré plusieurs disques, j’ai commencé, grâce à Jean-Louis BOMPOINT, à toucher à l’image et à l’animation. J’ai ainsi réalisé, avec ses caméras et ses bons conseils, mes premiers clips pour OUI OUI puis d’autres musiciens. Ce qui m’a permis de devenir réalisateur de clips et d’en tourner pendant plus de 10 ans. Avant de commencer à réaliser des films pour le cinéma.
 

 
Des Clips Au Cinéma !

Pensez-vous que la réalisation de clips vous a préparé au cinéma ?
MG
Au départ, elle m’a plutôt fait prendre de mauvaises habitudes ! En particulier, j’avais tendance à toujours monter mes clips sur les temps. Lorsque ensuite, j’ai travaillé avec des monteurs, je me suis aperçu que ce qu’il y avait entre les temps représentait autant d’options pour me détacher du côté littéral de la musique. J’ai également beaucoup appris dans la collaboration, l’échange et la discussion avec les artistes autour de la musique. Mais le plus important pour moi, c’est quand j’ai pris conscience que l’on pouvait partir d’opinions et de directions différents au départ et aboutir à un travail cohérent.

De quelle manière, après la réalisation de clips de chansons, avez-vous appréhendé la musique pour votre premier film HUMAN NATURE ?
MG
Je sentais le risque que l’on m’associe à la génération MTV ; C’est à dire aux metteurs en scène qui mettent de la musique pop dans leurs films. Il m’a donc paru plus intéressant d’envisager une véritable musique originale, plus narrative, pour mon premier film pour le cinéma. Au départ, je souhaitais travailler avec Jean-Michel BERNARD. Mais, comme il n’avait pas fait beaucoup de films, je me suis plié à la réticence des producteurs et ait collaboré avec Graeme REVELL. Je me suis quand même débrouillé pour que Jean-Michel BERNARD compose les chansons interprétées dans le film par Patricia ARQUETTE. Puis, nous avons véritablement travaillé ensemble sur LA SCIENCE DES REVES.

Jean-Michel BERNARD ; Un Musicien Solide !

A quel moment avez-vous rencontré Jean-Michel BERNARD ?
MG
Jean-Michel BERNARD m’avait été présenté par notre ami commun Jean-Louis BOMPOINT. Il venait d’ailleurs de composer et d’enregistrer, dans une église sur un orgue à tuyaux, la musique de son magnifique court métrage L’HISTOIRE D’UN CLOWN. Notre première rencontre a coïncidé avec un début d’échange musical. Il faut préciser qu’à l’époque, je créais des morceaux de musique avec un orgue portable Hammond qui était très lourd, environ 150 kilos ! J’enregistrais ensuite ces morceaux sur mon magnétophone 4 pistes. Ce jour là, Jean-Michel BERNARD s’était emparé spontanément d’un de mes morceaux et avait commencé à improviser des solos sur mon orgue Hammond. J’avoue que Jean-Michel BERNARD ma immédiatement impressionné car, non seulement il pouvait détecter l’accord que j’avais créé. Mais aussi la chanson tout en la jouant. Je me suis donc aperçu rapidement, alors que je ne connaissais rien de son talent, qu’il possédait l’oreille absolue qui lui permet de jouer la musique sur le bon ton sans qu’on lui dise.

Vous êtes-vous immédiatement découverts des points communs ?
MG
Nous nous en sommes trouvés déjà à travers l’orgue Hammond ! Mais aussi par notre passion commune pour le jazz et le rythm’n blues, qui se retrouve d’ailleurs dans BE KIND REWIND à travers les musiques de Fats WALLER. Jean-Louis BOMPOINT aimait aussi le jazz mais ses goûts étaient plus limités. Par exemple, il n’appréciait pas des musiciens comme Bill EVANS ou John COLTRANE. Ce qui me fait dire que, à mon avis, il a refusé toute une musique postérieure au jazz.

Etait-il naturel que Jean-Michel BERNARD compose la musique de LA SCIENCE DES REVES ?
MG
Oui, car il possède un côté classique, très créatif, qui me plait beaucoup et surtout complète mon imaginaire. Malgré une formation très solide, je trouve qu’il ne dégage pas cet aspect branché, trop souvent présent chez d’anciens musiciens classiques. Il en résulte une espèce de fraîcheur dans ses mélodies qu’il compose souvent le matin dans son peignoir.

L’aspect mélodique de ses musiques fait-il partie de ses qualités que vous appréciez ?
MG
Bien sûr ! Vous savez, dans mes goûts cinématographiques, j’apprécie particulièrement les comédies des années 70 ; Ces films qui comportent des musiques assez notables, de véritables mélodies, pas seulement des thèmes d’atmosphères. Pour moi, Jean-Michel BERNARD constitue une des rares personnes capable d’écrire ce type de mélodies très travaillées. Ce qui me plait beaucoup car, par ces mélodies, j’ai l’impression de me rapprocher du type de films que j’aime.

Aimez-vous, comme dans la séquence de Stéphane TV dans LA SCIENCE DES REVES, vous impliquer personnellement dans la musique au point de jouer de la batterie ?
MG
Je ne rate jamais une occasion de jouer de la batterie ! Ces parties de batterie représentent pour moi toujours un défi dans la mesure où je ne me considère pas comme un musicien professionnel. Maintenant, je joue suffisamment bien de la batterie pour que nous puissions enregistrer avec d’autres musiciens. Ils peuvent tout à fait se greffer sur mon jeu. Ce n’est jamais évident de jouer de la batterie avec d’autres musiciens. Mais quand j’y parviens, j’en retire une sorte de satisfaction !

Avez-vous récidivé sur BE KIND REWIND ?
MG
Tout à fait ! D’autant que nous avons enregistré avec un ensemble rythmique formidable. J’ai donc joué de la batterie avec un bassiste, un guitariste, un percussionniste et Jean-Michel BERNARD aux claviers. Nous avons même joué ensemble une sorte de bœuf qui sonnait tellement bien que nous l’avons intégré dans la musique du film. Ces moments où nous partageons de la musique sont vraiment pour moi très sympathiques.

Be Kind Rewind

Etait-il évident que Jean-Michel BERNARD compose la musique de BE KIND REWIND ?
MG
Oui, pour une raison très simple : Ce film traite notamment de la légende de Fats WALLER, un compositeur et surtout un pianiste de jazz américain de la première moitié du 20ème siècle. Il me paraissait évident que Jean-Michel BERNARD fasse la musique car, pour moi, il est un des rares à jouer du piano dans le style stride des années 1920. Même si je ne suis pas un spécialiste du jazz, il m’a toujours semblé, en écoutant sa musique, que Jean-Michel BERNARD était un musicien solide.

Qu’est-ce que Jean-Michel BERNARD a de particulier dans sa façon de jouer ?
MG
Quant, au Petit Journal à Paris, il s’installait à la place du pianiste et commençait à toucher les touches, j’avais l’impression qu’il avait des mains quatre fois plus grandes que les autres ; Comme si elles tenaient la musique ! II ne ressemble pas à ces pianistes qui vous en mettent plein la vue mais qui, au final, possèdent une main gauche toute molle. Quand il s’est agi de Fats WALLER, un musicien mais aussi un artiste qui ne se prenait pas au sérieux, j’ai donc immédiatement pensé à Jean-Michel BERNARD. D’autant qu’il fallait qu’il rejoue quelques titres pour les besoins du film. Ensuite, il a écrit la musique originale du film qui n’a rien à voir avec Fats WALLER. Mais en digressant, nous sommes allés d’une musique couleur américaine des années 70 vers une partition orchestrale qui possède une pointe d’école française du début du 20ème siècle. Pour son énorme capacité, sa connaissance de la musique, sa technique, et en plus notre collaboration à succès sur LA SCIENCE DES REVES, j’avais très envie de travailler de nouveau avec Jean-Michel BERNARD. Et je n’ai pas envie de rembobiner !

Entretien réalisé en région parisienne le 12 mai 2007. Tous droits réservés.


BE KIND REWIND, un film de Michel GONDRY mis en musique par Jean-Michel BERNARD. Bande originale disponible chez Naïve.