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Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

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SHOGUN – Édition définitive !

Longtemps attendue, voici  enfin l’édition complète de la musique de Maurice JARRE pour la célèbre série télévisée des années 1980 ! Cette splendide adaptation du roman de James CLAVELL, réalisée par Jerry LONDON, suit le voyage tumultueux, au début du 17eme siècle, de l’anglais John BLACKTHORNE  (Richard CHAMBERLAIN) et de l'équipage de l'Erasmus.   Échouant sur les côtes japonaises, il va s'initier à une culture nouvelle, jusqu'à accéder à devenir Samurai ! Cette édition intégrale, en fait la musique enregistrée pour le film (et non pour le disque), permet de remonter le fil du scénario et de suivre, plus que les thèmes, la progression de la partition de Maurice JARRE ; une musique qui, dans un mode très orchestral d'un côté, plus percussif, traditionnel de l'autre, confronte deux civilisations de manière émouvante et fortissimo. Ce que l’on ressent dès une musique de générique, grandiose, et à la mélodie d'inspiration romanesque. Comme souvent chez le compositeur, l'orchestration est emplie de cuivres à la façon d’une fanfare lancée par les trompettes. Puis la musique, écrite dans des harmonies ni complètement occidentales, ni  orientale, se déroule de manière colorée, dans les cordes et, surtout,  dans les percussions, notamment asiatiques (Main Title). Dans la première partie, Maurice JARRE délivre d'abord une musique d'aventures assez classique, accompagnant le naufrage d’un navire (Erasmus, Reef). Puis, sur l’aube au Japon, il introduit un thème fait de trompette, des flûtes, et des bribes de sonorités asiatiques, que l’on retrouve sur de nombreuses séquences (Wakening in the Japans). Des sonorités qui prennent le dessus sur le thème impérial du gouverneur, en forme de marche à base de percussions, de tambours que l’on retrouve plusieurs fois dans la série (Yabu's Arrival, Please Don't Do This). Musique conçue pour le film oblige, cette édition fourmille de musiques courtes, d’abord de  tension, avec un thème maritime doucement rythmé par du piano (A Slave Ship), puis par une musique sournoise, de mystère, rythmée légèrement par des tambours (Do It, Ingles), également les thèmes de suspense qui tournent à la violence, portés par les percussions et autres sonorités orientales, ainsi que quelques cuivres et de la harpe (Amida Tong). Jusqu'à des développements plus longs, doucement rythmés, répétitifs où, comme souvent, le compositeur utilise pas mal de percussions, de la trompette en contrepoint et, au loin, ces cordes asiatiques qui introduisent des mouvements colorés, dans les graves (On the Way to Meet ToranagaToranaga's Camp) ou des marches diaboliques (Men Make Mistakes). Elles lancent aussi, avec des roulements de tambours, du piano dans les graves, des mouvements de tension à la fois très dans le style du compositeur et, en même temps, typique d’un cinéma d'aventures, de l’époque, avec du souffle et du rythme (The Ambush, To the Galley !). Ou encore des musiques qui empruntent un rythme tragique repris par les percussions et les flûtes asiatiques, notamment les fameuses shakuhachi (Sent To Prison, Seppuku). Sur Naga, un des fils du Seigneur Toranaga, Maurice JARRE développe d’abord un mouvement profond de violoncelle qui devient, par la force de l’orchestre, un hymne lyrique. Puis, Maurice JARRE amène aussi de nombreuses musiques tragiques, notamment sur les séquences de prison, qui avancent suivant une longue phrase mélodique, parfois accentué par du tuba et une sorte de sonnerie dans les graves (In the Cellblock). On notera qu’il n'y a pas de véritable thème dédié au personnage principal, si ce n'est un thème sérieux, lorsqu’il se trouve renommé Anjin-San et qui se poursuit sous de courtes harmonies rythmiques, répétitives (Put Them On). C’est aussi à partir de ce moment que le compositeur introduit  son thème d’amour, celui aussi de Mariko, classique du style Maurice JARRE, et qu’il reprend abondamment. On le retrouve dans une orchestration commençant par de l'accordéon, se poursuivant par de la mandoline, quelques percussions, et un alliage de cordes asiatiques, qui évoque lointainement le Japon (Mariko's Theme, Tonight, A Honeyed Tongue, Wife Beating, Swear to Me). On notera que Maurice JARRE a intégré dans sa partition le thème de la cabane de Blackthorne écrit par le producteur Eric BERCOVICI : d’abord dans un thème à l’orchestration toujours à base de flûtes et de cuivres (You Will Burn in Hell) ; puis dans une musique très intéressante qui valse, passe du rire au drame, et se développe à la mode d’une musique de cirque (Ishido's Letter). Entres autre thèmes marquants, on notera encore une musique de samouraïs imposante, percussive (Samurai). Sur la dernière partie, Maurice JARRE propose beaucoup de thèmes tragiques, souvent autour de Mariko, ici à base de harpe, de percussions, de cordes lointaines, et de cuivres revenant entre les percussions, avec une courte cellule répétitive (Preparing for Mariko's Suicide, Mariko's Funeral). Jusqu’au final qui commence de manière colorée, percussive. Et se poursuit dans une musique qui monte doucement, avec de grandes intégrations de percussions japonaises, de cuivres, développant ainsi une musique intense, d'aventures, riche en rythmes, parfois répétitive, avec des cuivres utilisés comme dans une fanfare sur la fin (Finale). Colossale, cette édition complète rend un hommage mérité à Maurice JARRE et à une partition fleuve, épique particulièrement riche, en partie écrite pour un grand orchestre. Comme toujours chez l’éditeur américain, un livret très complet, de belles illustrations et, en plus, l’album original, complètent cette sortie évenementielle.

SHOGUN. Musique originale de la série réalisée par Jerry LONDON,  avec Richard CHAMBERLAIN et Toshiro MIFUNE, composée par Maurice JARRE. Disponible en édition triple cd chez Intrada records.

 

SETTING SUN Maurice JARRE

En 2016, qu'on se le dise, le label américain va continuer de sortir des greniers  des scores rarissimes ! A commencer par cette partition écrite en 1992 par Maurice JARRE, dans un style épique et sensible. En l'occurrence, il s'agit de la musique du seul film du taïwanais Rou TOMONO (uniquement sorti en vidéo en France) ici éditée pour la première fois ! Le film suit, au Japon, le parcours d'un soldat (Masaya KATO) pendant l'invasion de la Mandchourie. Là, il rencontre Lian (Diane LANE), qui se retrouve coincée entre deux histoires d'amour, avec le soldat japonais et avec le chef de la mafia chinoise (Yuen BIAO). Maurice JARRE a écrit à une partition qui s'articule autour de trois types de sonorités : d'abord symphonique et puissante puis, comme souvent dans la période 1980-1990, synthétique et, enfin, riche en instruments asiatiques, notamment la flûte shakuhachi, l’erhu, le koto et les fameux EVI (Instruments à Valve électronique) ainsi qu’une large section de percussions orchestrales dont des timbales et des tambours asiatiques. Pour le générique, Maurice JARRE commence par un thème précipité, rappelant ses partitions pour des thrillers. On le retrouve développé plus loin avec pas mal de cuivres, de sonorités tournantes mais aussi de jazz avec du saxophone et les fameux EVI (Tougetsu). Dans un second temps, il plante le décor en introduisant un thème d’inspiration asiatique, à base de flûte shakuhachi et d’erhu, un instrument à cordes traditionnel chinois, accompagné d’un fond de violons. Il s'agit d'un thème superbe, d’essence quasi romantique, que le compositeur développe lentement. Dans un troisième temps, les cordes se mêlent aux tambours puis aux percussions pour un grand thème martial (Main Title-Revised). L’album continue par une suite de dix minutes emplie de mystère, qui se trouve amenée par les vibratos, de la harpe et des notes lointaines synthétiques. Le compositeur développe ainsi une ambiance grave qui devient plus agitée, violente et percussive, le tout enveloppé dans des sonorités typiques du compositeur, à la façon d’une fanfare (Tatsuma). Sur le personnage de Lian, Maurice JARRE développe une musique majestueuse, mélodique et symphonique, aux cordes grandioses et des cuivres légers mais très présents. Il revient néanmoins vite à une musique de tension tout en maintenant une courte partie mélancolique. Mais aussi plus guerrière, à grand renfort de percussions (Lian). Pour évoquer les terrains de bataille, Maurice JARRE privilégie une musique enlevée, chevaleresque, assise sur une base mélodique soutenue par des percussions omniprésentes et des cordes tournantes. Il revient ensuite à une musique plus traditionnelle, étrange, grâce à des instruments japonais et des notes de piano passantes (Manchuria). Maurice JARRE attaque le générique de fin par un thème de cordes, notamment une ligne de violon, très asiatique, également de la flûte. Puis il reprend le thème profond et orchestral d'inspiration romanesque, entrecoupé d’un thème aérien, prélude à une musique de bataille, plus violente (End Credits). Au final, cette partition inconnue du regretté Maurice JARRE mérite amplement qu'on s'y arrête. Certes, elle s'avère très classique puisqu'on y retrouve à la fois la fougue romanesque du compositeur de DOCTEUR JIVAGO et l'efficacité de grands thèmes d'aventures. Elle contient également la dimension électro acoustique de  nombre de partitions de Maurice JARRE dans les années 1980 et 1990. Enfin, le compositeur intègre volontiers des éléments typiquement orientaux dans l'orchestration qui en font une bande originale qui brasse les genres.

SETTING SUN.

Un film écrit et réalisé par Rou TOMONO, avec Yuen BIAO, Masaya KATO, Diane LANE, Donald SUTHERLAND.  Musique originale de Maurice JARRE disponible chez Intrada records.

 

 

SOLAR CRISIS

Chapeau au label américain qui continue, après récemment DISTANT THUNDER, nous propose une nouvelle partition complètement inédite de Maurice JARRE. Et ce n’est certainement pas la dernière ! Dans ce film inédit en salle mais visible en vidéo, pour éviter que le soleil menace la vie sur Terre, une équipe conduite par Charlton HESTON s’efforce de faire exploser une bombe anti-matière à sa surface. Produit par les américains mais financé par le Japon, ce film a souffert de difficultés de post production qui ont conduit au retrait du réalisateur Richard A. SARAFIAN. Des difficultés qui ont également impacté la partition de Maurice JARRE dont plusieurs thèmes ont été abandonnés et d’autres ont été déplacés sur d’autres séquences. Ce cd présente la partition de Maurice JARRE telle qu’elle a été imaginée, c’est-à-dire autour d’une structure clé, un matériau conçu pour circuler d'une séquence à l'autre, permettant à la fois de longues séquences et une forte continuité musicale. Ainsi, il commence par une petite cellule orchestrale répétitive suivi d’une musique profonde, grave. D’emblée, les orchestrations apparaissent uniques et, en même temps, représentative du compositeur, puisqu’elle met en avant les cuivres, percussions et, comme souvent dans ses travaux des années 1980-90, des éléments synthétiques et en particulier les instruments à vanne électronique (EVI), qui permettent de créer des couleurs particulières. Puis, dans un deuxième temps, il installe une musique mélangeant l’orchestre à des éléments synthétiques, ce qui donne une impression de mouvement spatial, dans la tradition des musiques de films spatiotemporels. Point de rythme ici mais des éléments thématiques qui se répètent à espace régulier (Prologue, Hear That Note?, Permission Granted). On note également l’amorce du thème principal qui sera développé, de manière fort lyrique, à la manière de Carl ORFF, dans les dernières séquences, à travers une musique assez violente, obsessionnelle, rythmée, à base de percussions sur un paysage sonore synthétique amenant de l’inquiétude (Alex Sees The Light). Cet élément particulièrement fort, lyrique, constitue la grande surprise de cette partition ; un élément qu’il développe sur le générique de fin de manière symphonique avec toujours une place particulière accordée aux percussions et aux cuivres. (End Credits). Entre ces deux parties, Maurice JARRE n’a de cesse de déployer une partition intense, soutenue et étranger. On trouve notamment cette musique rythmée, à base de percussions et de cuivres, assez magistrale. Puis, très vite, il revient à une musique plus lente, plus dépouillée, faite de bruits, de souffle, rappelant par là des partitions très synthétiques, notamment celles écrites pour les films d’Adrian LYNE ou encore Peter WEIR avec ces thèmes très mélodiques mais surtout sorti d’un autre temps, idéals pour un film de science fiction (Skytown, It’s Your Pick, Meek’s Demise). Le compositeur voyage alors en terrain connu avec des musiques à la fois rythmiques, amples et doucement mélodique, évoquant autant le désert que l’espace agité, au centre de ce film. Jusqu’au moment où il mêle à l’orchestre des sonorités plus synthétiques, des percussions plus lourdes avec le piano et, parfois, la trompette en renfort pour apporter une tension, un climat de danger, une précipitation dans l’action (Helios Docking, Kelso Dropships, Pursuit).  Au final, on prend beaucoup de plaisir à découvrir cette partition à la fois dynamique, intense et épique de Maurice JARRE pour ce film de science-fiction. Une vraie découverte !

SOLAR CRISIS (1990). Un film réalisé par Richard C. SARAFIAN, avec Tim MATHESON, Charlton HESTON, Peter BOYLE, Jack PALANCE. Musique originale de Maurice JARRE disponible chez Intrada records.

 

DISTANT THUNDER

Voici une nouvelle édition en première mondiale d’une bande originale, plutôt complexe, du regretté Maurice JARRE. Elle a été écrite pour un film réalisé par Rick ROSENTHAL en 1988 et dont l’action se situe au Vietnam et se compose de motifs sonores essentiellement électroniques pour 4 à 6 joueurs. Au niveau de son inspiration, elle puise dans la forêt locale vietnamienne et les sons que la nature pourrait suggérer. Maurice JARRE commence avec un Main Title plutôt sombre, envoutant, avec des notes qui inspirent, l’angoisse, la situation de perte dans laquelle se trouve le personnage principal. Il s’agit d’une musique profonde, grave, froide et atmosphérique. Le compositeur continue dans la même lignée mais en apportant un léger crescendo qui amène une direction dramatique et un contrepoint lyrique (Mark In Pond). Il introduit ensuite un thème à la rythmique répétitive, obsédante et des sortes de voix inquiétantes (Louis Walks The Track). La partition contient également une dimension mélodique avec des esquisses de thèmes chantants, parfois lointains, tournants. Et même s’il s’agit de motifs synthétiques, il arrive à ce qu’il s’en dégage quand même une certaine chaleur ; ce qui est aussi une tendance des partitions de Maurice JARRE, même synthétiques (It’s A Deal, Haircut). Le compositeur continue dans cette tendance avec une mélodie  aérienne, assez douce avec un contrepoint caractéristique des partitions de Maurice JARRE, et un développement plutôt lyrique, gracieux qui rappelle des partitions également synthétiques mais très plaisantes, émouvantes, nostalgiques, notamment GHOST. Dans une deuxième partie, le compositeur propose une musique plus  mélancolique, mais aussi plus lumineuse, qui exprime la solitude (Mark In The Park/Jack Gets Letter). Maintenant, cette dimension mélodique n’est certainement pas l’essentiel à retenir de cette partition à découvrir. En effet, plus que les mélodies, ce que l’on retient ici, ce sont les sonorités subtiles et leurs partages avec des bruits plus naturels associés parfois avec des couches épaisses, agressives de violence. Par exemple, on retient cette musique ténébreuse, dans laquelle il utilise beaucoup de notes de percussions et un léger rythme qui lui donne un côté inquiétant (Louis Kisses The Train) ; également cette musique inquiétante, faite de petites cellules, d’ambiance atmosphérique et de bruits lui conférant un caractère pesant (Mark Leaves Town). On en retrouve un autre exemple dans cette musique profonde, quelque peu lyrique, avec une partie chantante que l’on retrouve souvent dans les partitions de Maurice JARRE. On trouve ensuite une partie davantage dans les vibratos, avec une large mélodie par-dessus, qui alterne avec des parties plus sombres avec un contrepoint plus étrange, plus grave, plus mystérieux qui évoque la forêt et développement profond, aérien, quelque peu percussif (Headlines/To The Mountains (revised)/The Forest At Night). Au final, Maurice JARRE signe et dirige certes une partition difficile, dans la lignée de celles qu’il a composées pour Adrian LYNE (notamment L’ECHELLE DE JACOB /JACOB’S LADDER). Il en découle alors une musique parfois subtile, efficace, d'autres fois plus intense, mélodique. Comme toujours chez Intrada, le tout est accompagné d’un livret détaillé et accompagné de photos pour une bien belle édition ;

DISTANT THUNDER. Avec Ralph MACCHIO, John LITHGOW, Kerrie KEANE, Reb BROWN, Janet MARGOLIN, Denis Arndt, Jamey Sheridan, Tom Bower, John Kelly, Michael Currie, Hilary STRANG, Robyn STEVAN, David LONGWORTH, Gordon CURRIE, Walter MARSH. Musique originale de Maurice JARRE disponible chez Intrada records.

LA ROUTE DES INDES, UNE FRESQUE GRANDIOSE ET INTIMISTE MAGNIFIEE PAR LA MUSIQUE OSCARISEE DE MAURICE JARRE !

Dans l’Inde coloniale des années 1920, une jeune anglaise, Adela QUESTED (Judy DAVIS), entreprend de rejoindre son fiancé à Chandrapore où il est magistrat. Accompagnée de Mrs MOORE (Peggy ASHCROFT), la mère de ce dernier, une vieille dame ouverte d’esprit, elle découvre avec trouble un pays rongé par la discrimination des colons qui méprisent les autochtones. Lors d’une visite aux grottes de Marabar, Adela se trouve victime d’un incident qui va exacerber les tensions dans le pays au moment même où les revendications indépendantistes se durcissent…Dernier film de David Lean (BREVE RENCONTRE, LA FILLE DE RYAN) après quatorze ans d’absence derrière la caméra, LA ROUTE DES INDES est l’adaptation du roman éponyme d’E.M. FORSTER (connu notamment pour CHAMBRE AVEC VUE adapté au cinéma par James IVORY) ; un grand classique de la littérature britannique, liant au drame l’histoire coloniale de l’Inde. Le film croise les destins de personnages dans des décors authentiques et somptueux sublimés par la composition musicale de Maurice JARRE, d’ailleurs récompensée aux Oscars, comme ce fut déjà le cas pour LAWRENCE D’ARABIE et DOCTEUR JIVAGO. Le film a la particularité de montrer les deux faces de l’Inde du début du 20ème siècle : la partie authentique et quotidienne des véritables indiens, à l’image de l’instituteur, le Docteur AZIZ, superbement interprété par Victor BANERJEE, un acteur majeur des films de Satyajit RAY, qui, malgré qu’il soit maladroit, se décarcasse à faire découvrir les merveilles de son pays à des anglais dont la culture le passionne. Ces derniers représentent l’autre face de l’Inde, celle issue de la colonisation par les anglais et qui, derrière le faste des palais et du confort, masque sinon un manque de respect, en tout cas une méfiance envers la population. Entre les deux, on trouve l’authenticité de la croyance divine, représentée par un sage, en l’occurrence l’étonnant et très calme Professeur GODBOLE, interprétée avec classe par Sir Alec GUINESS, l’acteur fétiche de David LEAN. Le film doit beaucoup à ses images qui nous montrent une Inde dans laquelle on a envie de se plonger, à pieds, en train ou en vélo comme Adela. Il doit aussi beaucoup à ses interprètes qui dégagent beaucoup de sympathie et d’émotion. Enfin, on se rappelle aussi du film pour la musique de Maurice JARRE, peu présente en minutage mais très inspirée, marquante en qualité, sur les séquences de parades typiquement britanniques, comme en intensité, par exemple sur la séquence où Adela est apeurée par des singes. La partition de Maurice JARRE s’articule autour de deux thèmes principaux : d’abord le thème principal, qu’il expose dès le générique (A Passage To India) ; après quelques notes qui évoquent immédiatement l’extrême orient et une partie rythmée et atmosphérique avec des flûtes, le compositeur lance son thème principal, une grande mélodie, puissante, ample, renforcée par les cuivres ; un thème que l’on retrouve en forme de fox trot lent et dans une orchestration plus légère, plus féminine, sur le personnage d’Adela. Quant aux cuivres, on les retrouve en nombre dans la marche de Bombay, un motif à l’allure typiquement britannique, à la fois mélodique et colorée. Il s’agit d’un thème qui rappelle la force de Maurice JARRE pour écrire de grandes fanfares comme celle de L’HOMME QUI VOULAIT ETRE ROI pour John HUSTON (Bombay March). Comme souvent chez Maurice JARRE, la musique se trouve puissamment interprétée par le Royal Philharmonic Orchestra sous la direction du compositeur lui-même. Cette édition impeccable de LA ROUTE DES INDES, est accompagnée, en bonus, de L’INDE TÉNÉBREUSE. Il s’agit, plus qu’un documentaire de 33 mn, d’une lecture inédite du film par Pierre BERTHOMIEU, historien du cinéma.  Celui-ci revient d’abord sur la carrière de David LEAN, sur ces succès du cinéma romanesque et exotique des années 1960, jusqu’au coup d’arrêt qu’a représenté LA FILLE DE RYAN au début des années 1970 ; un échec que le cinéaste n’arrivera jamais à comprendre, jusqu’à sa décision d’arrêter de tourner, jusqu’à ce que le projet de LA ROUTE DES INDES en 1984 ; un projet qui quelque part convenait bien au réalisateur de LAWRENCE D’ARABIE, puis le roman d’E.M. FORSTER était, pour une partie inspiré des SEPT PILIERS DE LA SAGESSE de Thomas Edward LAWRENCE. Pierre BERTHOMIEU revient sur les difficultés à financer ce film au parcours accidenté mais au résultat admirable : le choix des acteurs et le travail compliqué avec eux mais aussi sur la dimension mystique du scénario. On retrouve aussi, de manière classique, la bande annonce de la sortie cinéma. Au final, à l’approche de Noël, voici de retour en vidéo le dernier grand classique du duo mythique formé par David LEAN et Maurice JARRE ; ne manquez pas ce voyage dans une terre lointaine mais toujours attirante !

LA ROUTE DES INDES" (A PASSAGE TO INDIA), adapté du roman de E.M. FORSTER, un film de David LEAN, avec Peggy ASHCROFT, Judy DAVIS, James FOX, Alec GUINNESS, Nigel HAVERS et Victor BANERJEEEN. Musique originale deMaurice JARRE. Disponible en dvd et en blu-ray chez Carlotta films.        

PRANCER (JESSIE ET LE PETIT RENNE DU PERE NOEL)

C’est une bonne nouvelle pour les amateurs des musiques du regretté Maurice JARRE que l’édition, en première mondiale, de cette partition pour un film très rare. Il s’agit de l’histoire de Jesse, une adorable fillette de huit ans, rêveuse et débrouillarde. Un jour, quand elle découvre dans la forêt, un renne blessé, elle est persuadée qu’il appartient au troupeau de rennes du Père Noël. Dès lors, Jesse va se mettre en quatre venir au secours du renne et l’aider à retourner dans ses contrées. Pour ce véritable conte de Noël, le compositeur de DOCTEUR JIVAGO n’a pas choisi la facilité qui aurait été de construire une musique débordante de bonnes intentions. Au contraire, il a visiblement recherché le délicat équilibre entre les thèmes qui évoquent la période de Noël et des motifs plus inquiétants, souvent marqués par des sonorités largement synthétiques. Comme pour planter le décor, Maurice JARRE commence par une belle reprise toute pianissimo de Douce Nuit. Puis, il s’en éloigne doucement en mélangeant, déjà, l’orchestre et les synthétiseurs, finalement très présents dans cette partition ; ce qui donne tout de suite une ambiance sonore caractéristique du Maurice JARRE des années 1980, notamment pour les films de Peter WEIR. Puis, dans une deuxième partie, le compositeur développe une musique plus trouble, plus angoissante, à base de synthétiseur, retrouvant des couleurs typiques de ses musiques pour le cinéma américain dans les années 1980 (Silent Night & Main Title Music, Prancer Is Free & End Credits). Cet approche très électronique, et en même temps aérienne, il ne cesse de la développer ; ce qui lui permet d’alterner entre des passages pianissimo, de plus rares motifs sautillants, mélodiques (Moonshot) et des motifs plus sombres, plus graves, avec des synthétiseurs (notamment ses fameux instruments à vents électroniques) qui dégagent un certain souffle (Limpy Reindeer), également de la magie apportée également par la harpe électronique, rejointe par le piano et l’orchestre dans des moments de grande douceur, et aussi de poésie (Reindeer Cookies). C’est d’ailleurs ce moment que choisi Maurice JARRE pour laisser s’immiscer le thème principal, une mélodie très gracieuse et en même facilement malléable pour laisser entrer les moments de peur, de merveilleux ; un thème dont la douceur mais aussi l’orchestration rappellent franchement celui de LIAISON FATALE, le film d’Adrian LYNE, réalisé deux ans plus tôt et qui a marqué la carrière de son compositeur et que l’on retrouve ici comme un fil rouge (Prancer Picnic, Leaving Home). Plus dans l’ambiance de noël, on trouve ce thème ample et mélodieux, toujours à base de synthétiseurs mais aussi d’un piano qui apparait plus interrogateur, plus jazzy également ; un thème que le compositeur développe dans un univers merveilleux, intemporel, et même assez rythmé sur la fin, apporté par ses sonorités si particulières mais aussi quelques percussions (Christmas Star). Parmi les autres thèmes, on note cette musique détournée, chantante et lyrique ; le compositeur utilisant ici des chœurs, ce qui reste, et c’est plutôt une surprise vu le sujet, rare dans cette partition (No Circus Deer), également un long mouvement mélancolique, assez lent et où sont mis en avant les cordes (Mysteries Of Love) et une adaptation de Giuseppe VERDI dans la couleur de la partition (Theme From Nabucco). Au final, s’il ne s’agit de la plus grande partition de Maurice JARRE, elle mérite largement que l’on s’y arrête. En effet, on y retrouve à la fois la générosité thématique du compositeur ici agrémentée d’une ambiance plus festive qu’accoutumée. Surtout, le compositeur n’hésite pas à s’infiltrer dans les moindres recoins mystérieux du scénario pour tisser une partition souvent sombre et inquiétante, retrouvant ainsi des ambiances à base de synthétiseur, mais aussi de harpe. Il en résulte alors une partition qui dégage une grande générosité, une véritable. Comme d’habitude, Intrada a soigné le disque avec un son de très bonne qualité et un livret illustré et complété de notes détaillées.

PRANCER. Un film de John D. HANCOCK (1989), avec Sam ELLIOTT, Cloris LEACHMAN, Rutanya ALDA. Musique originale composée et dirigée par Maurice JARRE, disponible chez Intrada records.

 
 
 
 
 

POSSE / THE LAST TYCOON

Après deux productions Disney des années 1970 (L’ILE SUR LE TOIT DU MONDE et LE DERNIER VOL DE L’ARCHE DE NOE), le label américain continue de sortir des musiques de Maurice JARRE. Sauf qu’ici il s’agit de deux bandes originales disponibles pour la première fois en intégralité. La première est la bande originale du western POSSE réalisé et interprété en 1975 par Kirk DOUGLAS qui incarne un Marshall qui se présente aux élections sénatoriales et qui traque un braqueur de banque et tueur joué par Bruce DERN. Pour cette musique, Maurice JARRE confronte deux idées distinctes : d’abord, comme il en a l’habitude, un motif très rythmé de fanfare typiquement américaine pour le personnage public du Marshall. Tandis que, pour le tueur, il développe des rythmes agressifs qui viennent couper la couleur entrainante de la fanfare. D’entrée, Maurice JARRE introduit donc sa fanfare américaine avec flûtes et trompettes puis développe sa musique dans un style très personnel, parfois presque militaire. Il insiste ensuite sur un motif soutenu, assez répétitif avec une cellule de cuivres qui revient régulièrement avec une reprise en contrepoint. Dans un deuxième temps, il propose un thème plutôt pianissimo qui apporte du mystère (Burning Dollars And Main Title, You Are Too Ambitious). Maurice JARRE introduit également un thème relativement classique de la musique de western ; un motif lent, mélancolique et, doucement mélodique pour guitares avec des  cordes en contrepoint et une ligne de flûtes. Puis, le compositeur se rattache au thème de la fanfare pour développer une musique remplie de tension, de suspense, notamment grâce au jeu des percussions mais aussi des cuivres (Strawhorn, Sad Prospect), également par la force des cordes, le battement des caisses claires et l’impact des percussions (Strawhorn Escapes). Pour le final, Maurice JARRE continue dans la confrontation entre les deux couleurs de sa partition, avec d’abord une musique emplie de mystère avec beaucoup de percussions, de caisses claires, puis un retour au thème de Strawhorn avant une conclusion sur le motif de la fanfare (Confrontation And End Title). La deuxième bande originale est  celle, à la fois riche, orchestrale et nostalgique écrite en 1976 pour le film d’Elia KAZAN avec le jeune Robert De NIRO, Tony CURTIS, Robert MITCHUM, Jack NICHOLSON. Pour ce DERNIER NABAB, Maurice JARRE débute par un thème profond, ample, large, porté par une partie au saxophone (Main Title), que l’on retrouve aussi sur un motif très lent, très doux, avec un contrepoint de cordes qui rentre doucement, une partie au piano (After The Flood). Maurice JARRE a écrit encore un thème nostalgique, doux et orchestral, tout dans les vibratos (On Kathleen's Porch), qu’il décline dans plusieurs variations qui insistent soit sur le côté grave (It's Here), soit sur le passé (On The Beach). On note également une valse grandiose, avec des notes de cordes pincées, qui rappelle DOCTEUR JIVAGO (Alone In Their Own World – Alternate). Dans la même veine mais moins tournant, on trouve un thème très profond, plein de délicatesse, à base de cordes (Candle Scene). A noter que Maurice JARRE présente aussi une valse noire pour orgue (Organ Preview) et un un thème à base de saxophone mais aussi d’une étrange partie pianissimo, ce qui lui donne une couleur plus jazzy (The Letter). L’album contient également une chanson, You Have The Choice, écrite par Maurice JARRE & Harold PINTER, un morceau instrumental, gracieux et grandiose, avec une partie de piano agréable, et de l’accordéon. Au final, ce disque très soigné et documenté regroupe deux excellentes partitions de Maurice JARRE ; POSSE apparait à la fois colorée et cuivrée tout en laissant une place à la nostalgie tandis que THE LAST TYCOON nous embarque dans un mouvement continue d’émotion dû à la force de l’orchestre à cordes mais aussi à une couleur sinon française en tout cas européenne ; un album plus que recommandable !

POSSE, un film de , avec Kirk DOUGLAS ; THE LAST TYCOON, un film d’Elia KAZAN, musiques originales de Maurice JARRE disponible chez intrada records.

LE MESSAGER

Ce film flamboyant, devenu un classique du cinéma arabe, raconte l’histoire de la naissance de l'Islam au 7ème siècle, de la révélation accordée à Mahomet jusqu'au pèlerinage d'adieu à la Mecque et la disparition du prophète. Il a été réalisé par Mustapha AKKAD (1930-2005), un des réalisateurs syriens les plus connus du grand public. Toutes les grandes étapes de l’avènement de l’islamisme sont reconstituées, accompagnées par la musique de Maurice JARRE. Fort de ses expériences sur les films de David LEAN, le compositeur de LAWRENCE D’ARABIE a construit, sur ces pages d’histoire musulmane, une partition grandiose ; une véritable symphonie pour un monde nouveau, en l’occurrence l’Islam, qui donne lieu à des mouvements très romantiques, et par moments épiques. Pour le thème principal, le compositeur a écrit un thème très lent, vibrant et au lyrisme qui monte doucement. Comme souvent chez le compositeur, on trouve des percussions mais, ici, elles se font discrètes, douces, avec un souffle de bois très classique. Dans un deuxième temps, Maurice JARRE introduit un thème plus chantant, plus inquiétant aussi, en forme de crescendo avec une mélodie orientale qui se développe de manière assez haute, et du rythme dans les percussions (The Message). Puis il accompagne les autres grandes étapes de l’histoire de l’Islam à travers une musique souvent ample et rythmée: un thème chantant pour bois et cordes qui se développe avec du suspense, de la tension. On relève une belle mélodie, de la douceur, de la nostalgie, très Maurice JARRE. Musique ample, poignante avec un rythme oriental léger (Hegira) ; un motif atmosphérique empli de mystère pour évoquer le prophète (Presence Of Mohammad) ; un thème grandiose et épique pour l’arrivée à la Mecque (Entry To Mecca) et, enfin, une musique profonde et majestueuse sur les images de discours du Prophète (The Declaration). Le film n’élude donc aucune étape depuis la création de la nouvelle communauté, notamment les persécutions, les combats grandioses et sanglants menés par Hamza, le "lion du désert" (magistrement interprété par Anthony QUINN dans la version internationale), contre les armées de marchands d’idoles autour de la Kaaba, l’exil à Médine. On découvre aussi la construction de la première mosquée, accompagnée d’une musique rythmée et puissante dans son développement dans les cordes (Building the First Mosque). Le Message, film à la fois épique, romanesque et historique de grande qualité, qui possède la particularité d’avoir été tourné simultanément dans deux versions : anglaise pour l’international (avec Anthony QUINN et Irène PAPAS) et arabe, pour les musulmans, avec des acteurs principaux différents selon les versions. Cela s’explique notamment par le fait que le réalisateur Mustapha AKKAD, confronté à une certaine réticence de la part des studios hollywoodiens à produire son projet de fresque autour des origines de l’Islam, à dû faire appel à des financements koweitiens et saoudiens. Très respectueux des croyances musulmanes, le film ne montre jamais le prophète Mahomet. Le film a demandé six ans de préparation et un an de tournage. Ce qui ne l’empêcha pas d’être controversé, et parfois même interdit, lors de sa sortie. Au final, l’édition en dvd, et encore plus en blu-ray, met magnifiquement en valeur la profondeur, les couleurs et les parfums de ce film didactique qui mérite d’être découvert. Quand à la partition de Maurice JARRE, à l’image d’un prophète que l’on ne voit jamais, elle apparait souvent présente mais relativement discrète, qui resplendit au-delà des images du film de Mustapha AKKAD. On notera que le film est présente ici dans ses deux versionsavec, en bonus, un Making-Of de 46 minutes. A l’époque, Mustapha AKKAD avait fait ce film car, en tant que musulman vivant en Occident, il considérait qu’il s’agissait de son devoir de la vérité sur l'islam ; une religion qui comporte 700 millions de fidèles mais dont on en sait si peu sur son histoire. Toujours d’actualité, voici un film à voir ou à revoir, ne serait-ce que pour créer un pont entre Orient et Occident.

LE MESSAGE – Disponible en dvd et en blu-ray chez Filmedia. Musique originale de Maurice JARRE disponible chez Tadlow Music.

 
 
Le label TADLOW lui rend hommage à travers des enregistrements inédits !
 
 

NOTRE DAME DE PARIS – THE MUSIC OF MAURICE JARRE

Après VILLA RIDES ! The Western Film Music et une intégrale de LAWRENCE D’ARABIE, le label britannique continue d’explorer les musiques de Maurice JARRE avec plusieurs partitions enregistrées en premières mondiales. A commencer par NOTRE DAME DE PARIS, et plus précisément, les Danses Symphoniques écrites pour Roland PETIT et le ballet de l’Opéra de Paris. Dans le Prélude, Maurice JARRE plante le décor en faisant sonner les Cloches de Notre Dame puis introduit une musique lente accompagné d’un léger rythme apporté par les cuivres. Dans le deuxième morceau, c’est la Fête des Fous, ce qui donne une musique dansante, pleine de vie, avec beaucoup de percussions qui suivent les mouvements des danseurs. Il s’agit d’une musique très moderne, presque contemporaine, qui suit les corps, avec une mélodie qui se développe doucement (The Feast Of Fools). Pour l’entrée de Quasimodo, Maurice JARRE introduit une musique majestueuse, avec également une partie interrogative, plus étrange, doucement mélodique (Entrance of Quasimodo). Vient ensuite une marche construite sur une superbe mélodie qui se déploie au rythme d’une l’orchestration colorée (The King’s March) et un pas de deux très lent, presque une valse, avec une partie sombre, proche de l’univers musical de Georges FRANJU (Beauty and the Beast). Enfin, dans la Cour Des Miracles, Maurice JARRE développe une musique douce, avant un souffle qui monte doucement, interprété les chœurs (The Court of Miracles). La suite du disque se présente sous la forme de chapitres. A commencer par The Orient Suite où on retrouve l’ouverture de TAI-PAN, une musique à la fois héroïque, romanesque et orientale. Ce qui est le cas aussi de SHOGUN dont on retrouve deux thèmes : celui, intimiste et doucement mélodique de Marika et un motif empli de percussions japonaises, qui démontre l’aptitude de Maurice JARRE à s’imprégner de sonorités typiquement étrangères (Tea and Jealousy). Dans le même registre, suit le thème grandiose, qui exprime superbement à la fois l’enfance et l’orient, du PALANQUIN DES LARMES. On trouve après une suite concertante en cinq mouvements, amples et arabisant, tirée du film LE MESSAGE. Cette première partie se termine par THE BLACK MARBLE, un mouvement ample et profond pour violon solo, avec une sorte de grande danse qui rappelle, par certains moments, DOCTEUR JIVAGO (True Romance (Dark Eyes) and End Titles). Le deuxième disque s’ouvre sur la Bombay March de LA ROUTE DES INDES ; un morceau qui illumine les images resplendissantes du film de David LEAN. D’autres classiques suivent comme le thème très intimiste pour guitare de MOURIR A MADRID, le film de Frédéric ROSSIF ; celui, très énergique, d’A WALK IN THE CLOUDS (LES VENDANGES DE FEU) d’Alfonso ARAU avec Keenu REEVE (The Harvest) ; celui, plus sensuel, de LA PROMISE (THE BRIDE). On trouve aussi des extraits de partitions moins connues : THE PRINCE AND THE PAUPER (CROSSED SWORDS) dont on retient le début sifflé avant un mouvement virevoltant écrit pour une adaptation de Mark TWAIN (Main Title And The Prince And The Pauper) ; LA NUIT DES GENERAUX marqué par une ouverture inquiétante, grave et une sorte de valse tragique (Lieutenant General Tanz / On the Terrace at Versailles). On peut encore entendre la Marche, plutôt lente, de BEHOLD A PALE HORSE (ET VINT LE JOUR DE LA VENGEANCE), l’Ouverture de POPE JOAN, une partition plutôt méconnue de Maurice JARRE où on relève, pourtant, des sonorités qui rappellent joliment le moyen âge. Et également des suites concertantes : THE COLLECTOR (L’OBSEDE) d’abord, une partition légère et romantique pour un film étrange où on suit un homme qui collectionne les femmes comme des papillons (The Collector / The Catch / End Titles Music); UPRISING ensuite, avec un mouvement symphonique d’abord tournant, puis martial et, enfin, plus pianissimo, romantique (Out of the Sewers / Uprising / I Am Lucky). Vient encore une bonne surprise avec le premier enregistrement de la musique rejetée de TWO BITS (INSTANTS DE BONHEUR), réalisé en 1995 par James FOLEY, qui commence de manière obsessionnelle avant de se poursuivre de façon plus romantique. Le programme se termine par la reprise GIUBELIO : une Cantate pour orchestre et chœurs créée lors des festivités du Jubilé de l’an 2000 au Vatican. Au final, on sort conquis par ce voyage dans les musiques de Maurice JARRE et l’interprétation de l’Orchestre et des chœurs de la formation tchèque. En effet, en plus d’apparaitre toujours plus à l’aise avec la musique de films, la formation rend une nouvelle fois un magnifique hommage au talent de Maurice JARRE.

TNOTRE DAME DE PARIS – THE MUSIC OF MAURICE JARRE, musiques composées par Maurice JARRE, interprétés par l’Orchestre et les chœurs de l’orchestre philarmonique de Prague dirigée par Nic RAINE, disponible chez Tadlow Music

Plus d’informations sur http://www.tadlowmusic.com/