Skip to main content

CINESERENADE.COM

Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

BIENVENUE
ACTUALITES
TELEVISION
Qui sommes-nous ?
Contactez-nous
RENCONTRES
NICOLAS ERRERA NUIT BLANC
N VANIER K LEVY LOUP
LUDOVIC BOURCE
MARCO BELTRAMI
ELLIOTT COVRIGARU
ERIC NEVEUX BORGIA
FRANCOIS STAAL
MICHEL LEGRAND
E NEVEUX... FORET
PIERRE ADENOT
ANDRE DZIEZUK
PHILIPPE JAKKO
L PEREZ DEL MAR
THIERRY MALET BRUNO SEILL
FRANCIS LAI CLAUDE LELOUC
Fredrika STAHL
FRANCIS LAI ANTHOLOGY
CABARET PICASSO
LE COEUR EN BRAILLE
BEATRICE THIRIET
RENO ISAAC
JEF NEVE
LA CONFESSION N ERRERA
FABRICE ABOULKER
CINE CHANSONS
Plan du site
Connexion de membre
ARCHIVES RENCONTRES
BRUNO COULAIS
1000 X PLUS BELLE LA VIE
DIVERS
CINE VIDEO
SPECTACLES ET THEATRE
JEAN MICHEL BERNARD
REINHARDT WAGNER
CYRIL MORIN
PHILIPPE SARDE
MUSICALS
MAURICE JARRE
JAMES HORNER
FESTIVAL MUSIQUES A L'IMA
VLADIMIR COSMA
JEAN-MARIE SENIA MAX LIND
RENE-MARC BINI
FRANCOIS DE ROUBAIX
 
 

LOGAN

Pour l’ultime chapitre de la saga Wolverine (Hugh JACKMAN), une histoire de rédemption et de sacrifice, on retrouve le talentueux Marco BELTRAMI qui signe une partition à l’intensité dramatique et poignante. Marco BELTRAMI commence par une sorte de musique de road movie, correspondant à l'idée de sensation que l’on embarque pour une longue aventure ; une musique qu’il amorce de manière assez intime, peu mélodique et au piano solo, renvoyant à la solitude de Logan, isolé,  caché près de la frontière mexicaine.  Puis, par une rythmique crescendo en même temps qu’un fond parsemé d’harmonica (Main Titles, Driving To Mexico). Restant sur ce personnage abattu, et pour se situer en 2029, il passe par un pure motif de science fiction, tendu, composé de courtes cellules  crescendos répétitives, dramatiques, rythmées notamment par un piano froid, néanmoins parfois mélodique (Old Man Logan). Marco BELTRAMI poursuit par le thème de Laura, cette  femme mystérieuse qui lui demande de conduire sa fille en lieu sûr. Il l’accompagne par un thème bas, profond et surtout atmosphérique, qui déverse une ambiance pesante et, en même temps, assez triste. Il continue par des musiques sombres, doucement grondantes et électriques, avec de grandes boucles vibrantes qui amènent une tension (The Grim Reavers). Il propose aussi des musiques atmosphériques, graves, qui amènent, avec des cordes dans les vibratos, des roulements forts de percussions, des sonorités électriques, de machines, un sentiment de danger, de malaise voir de cauchemar, d'inquiétude (That's Not A Choo-Choo, X-24) ; des musiques aussi parfois entrecoupées de quelques notes distillées au piano, qui amène une émotion (Gabriella's Video). Ce qui amène une ambiance faussement calme, légèrement mélodique, reposante, qui monte sur la fin (Goodnight Moon, Farm Aid ) mais aussi de l’émotion avec, parfois, un contrepoint de nappe électronique (Beyond The Hills, Up To Eden), avec néanmoins toujours des parties aériennes inquiétantes, mélangeant cordes, synthétiseurs et percussions, entre tragique et action (Into The Woods), avec des percussions puissantes, des nappes passantes et un développement jazz rock assez explosif (Forest Fight). Sur le combat entre Logan et le Professeur X en crise, Marco BELTRAMI développe un thème assez calme, aux contours électro et avec une sorte d’harmonica qui amène un mélange de sonorités sombres et rythmées (Logan vs. x-24). Au final, Marco BELTRAMI signe une partition de qualité. Il alterne astucieusement au gré d’un scénario qui privilégie souvent l’intensité, les musiques dramatiques, émotionnelles même, avec des parties de piano limite jazz, et les musiques plus classiques d’action aux rythmes variables. Il en ressort un final musical touchant et original !

LOGAN. Un film de James MANGOLD, avec Hugh Jackman Patrick Stewart,  Richard E. Grant     Boyd Holbrook Stephen Merchant et Dafne Keen Musique de Marco BELTRAM disponible chez Sony music.

 

INSTINCT DE SURVIE (THE SHALLOWS)

Plus de 40 ans après la tornade JAWS, les films de requins font toujours trembler ! La preuve avec ce nouveau film où une jeune femme, Nancy (Blake LIVELY, impeccable en sportive sexy), suite au décès de sa mère, part surfer dans une zone isolée. Problème : elle subit une violente attaque d’un requin qui va la contraindre à user de son instinct de survie ! La principale originalité de ce thriller tient à sa forme : un huit clos se déroulant dans une crique paradisiaque (voir le supplément concerné dans les bonus). L’autre attrait, en fait assez courant malgré une réalisation nerveuse et de très belles images, tient au fait qu’il s’agit d'une histoire où une femme fait tout son possible pour échapper à son ennemi ; ce qui tient en haleine jusqu'au dénouement ! Entre temps, on tremble avec celle qui essaye, en vain, d'appeler du secours. Et qui, du coup, doit faire preuve de courage, d’ingéniosité pour survivre et affronter le monstre créé de manière numérique (autre complément fort intéressant). Pour la musique, le réalisateur a appelé Marco BELTRAMI, un spécialiste des films de terreur (SCREAM 1 & 2, MIMIC), qui signe une partition correcte (disponible uniquement en édition promotionnelle) qui accompagne à la fois le refuge forcé de Nancy et sa lutte contre le requin. Marco BELTRAMI commence par une musique triste, en référence au deuil de Nancy, portée par de longues lignes de cordes, notamment de violoncelle. Puis, sur les séquences de surf, il développe un large mouvement de cordes obsessionnelles qui préviennent d’un danger (Putting On Surf Gear). Le deuxième grand thème, à base de percussions et de sonorités synthétiques, est celui tourne autour du squale, avec des cordes vives (Pulled Down Deep), et divers bruits que l’on retrouve dans une musique qui accélère alors que Nancy se trouve en situation périlleuse (Shark Crasches). Plus globalement, les musiques alternent entre des  plages relativement intimistes, avec quelques notes de piano, sur la pauvre Nancy. Jusqu'à sa délivrance, ses doutes qui ouvrent une musique plus douce, généreuse et nostalgique (Nancy’s Speech, Finding The Bodies). Et des parties plus violentes, pulsatives, qui utilisent davantage d'éléments électroniques. Ce qui traduit son inquiétude face à la marée montante (Earring Stitches). Mais aussi devant l'agresseur ; d’où parfois une musique assez classique d'épouvante, avec de grosses percussions et des cordes crescendos (When Dudes Attack, Attack On Bugy) ; également une musique qui traduit un faux calme, avec divers percussions et des éléments synthétiques,  qui annoncent la présence du requin quand Nancy tente de rejoindre la bouée (Jelly Swim). Il s'agit aussi d’une musique qui évoque ses faux espoirs, notamment lors du passage de l'homme ivre, accompagné d’une musique étrangesm, avec des cordes qui s'agitent, et avec un contrepoint de violoncelle (Drunk Man). En complément du film, on trouve d’abord plusieurs scènes coupées, un reportage sur les requins et leurs attaques, un autre sur le tournage – essentiellement en studio) ainsi que quelques bandes annonces. Une édition vidéo correcte à voir pour le plaisir de se faire peur et, en plein hiver, se réchauffer !

INSTINCT DE SURVIE (THE SHALLOWS). Un film de  Jaume COLLET-SERRA, avec Blake LIVELY, Oscar JAENADA, Sedona LEGGE.  Musique originale de Marco BELTRAMI. Disponible en dvd et en Blu-ray chez Sony pictures home vidéo.

 
 
 

THE GIVER (LE PASSEUR)

Ce film dans un futur lointain, à une époque où les émotions ont été éradiquées en supprimant toute trace d'histoire. Seul "Le Passeur" a la lourde tâche de se souvenir du passé, en cas de nécessité. Jusqu’au jour où on demande au jeune Jonas de devenir le prochain "Passer"... Pour ce film de science fiction, on a le plaisir de retrouver le très talentueux Marco BELTRAMI dont il s’agit de la première collaboration avec le réalisateur Phillip NOYCE (JEUX DE GUERRE). Pour lui, il s’agissait d’une nouvelle façon de travailler en ce sens qu'avec le réalisateur, ils ont collaboré à distance, entre New York et Los Angeles ; Marco BELTRAMI ayant commencé par lui proposer trois idées thématiques dont deux ont finalement été exploitées dans la partition. La partition débute de manière atmosphérique, aérienne, dans une sorte d'ambiance planante, avec des chœurs chantants, légers qui rentrent progressivement vers le thème principal que l’on retrouve plusieurs fois dans la partition jusqu’à une large variante pour chœurs et orchestre dans sa grandeur sur le générique de fin. Avant un développement orchestral et lyrique, délicatement mélodique, qui joue surtout sur l'émotion avec néanmoins quelques percussions. Vient ensuite un thème de cordes, de flûtes et toujours des chœurs, qui interviennent en crescendo, ce qui donne un mélange de musique à la fois tendue et émouvante (Main Titles, Desert Ride, End Credits). La partition continue par le thème de Jonas, composé de longues notes sur lequel le compositeur pose un schéma répétitif, lent, mais néanmoins très orchestral, qui garde toujours un élan lyrique, bien que lointain (Jonas Gets The Gig) ; un schéma que l’on retrouve sur d’autres thèmes qui jouent plus sur le mystère (Arriving AtThe Giver's). Marco BELTRAMI propose souvent une musique lente, orchestrale et lyrique, accompagnée de notes de piano espacées, sur un schéma mélodique repris par des cordes. Ce qui donne une particulièrement émouvante, le piano apportant quant à lui une pureté, une émotion supplémentaire (Color, What Is Love?). Pour évoquer la réapparition des souvenirs, Marco BELTRAMI continue avec une musique toujours épaisse et orchestrale, qui frappe d’abord par sa douceur et sa force émotionnelle (First Memory), que l’on retrouve encore dans des moments où partition privilégie les vibratos sur un développement délicatement obsessionnel, avant l'ajout de cuivres, de percussions et des cordes vivaces, qui apportent de l'ampleur, à la manière d’un envol avec le rajout d’une ligne de violoncelle (Tray Ride) que l’on retrouve encore sur une musique plus sombre, dramatique, à la limite du cauchemardesque (Happiness & Pain) ou encore sur la fin sur un lento avant une section plus rythmée, répétitive et doucement crescendo (Rosebud) ; une violence déclinée dans des thèmes plus sombres, agités, utilisant davantage les percussions, également dans l'urgence avec un crescendo avant un retour vers une structure pianissimo accompagnée de chœurs pour une musique qui joue sur l' émotion (War). Pour accompagner des séquences basées sur l’action, Marco BELTRAMI développe une musique plus classique mais efficace, à l'américaine, c’est-à-dire large, rythmée, colorée, et doucement crescendo, avec une orchestration riche qui vole vers un univers décalé, plein de danger, de suspense (Escape From The Nursery, Capturing Jonas The Mountain and Despair). Au final, à la manière d’un James HORNER, Marco BELTRAMI signe une partition qui nous transporte, par ses motifs obsessionnels, souvent lyriques et émouvants, parfois violents, dans un univers parallèle. Il en ressort alors une très bonne bande originale !

Un film de Phillip NOYCE avec Jeff BRIDGES, Meryl STREEP, Alexander SKARSGARD, Katie HOLMES. Musique originale de Marco BELTRAMI disponible chez Sony Classical.

 
 
 
 

THE WOLVERINE (WOLWERINE, LE COMBAT DE L’IMMORTEL)

Dans ce nouvel opus, Logan (alias Wolverine, le personnage emblématique des X-Men), débarque au Japon. Toujours tourmenté par son passé à la recherche de ses origines, il arrive dans un univers inconnu où, devenu vulnérable, il va affronter un ennemi d’acier et des samouraïs. Alors qu’on pouvait s’attendre, comme sur X-MENS ORIGINS : WOLVERINE, à une partition d’Harry GREGSON-WILLIAMS, on retrouve le toujours plus demandé Marco BELTRAMI qui signe là une partition complexe, riche, qui mélange habilement les musiques spatiales, acrobatiques et émotionnelles. A l’image d’un personnage quelque peu perdu, Marco BELTRAMI propose d’abord des thèmes atmosphériques, notamment l’ouverture, large, profonde, avec un mouvement orchestral qui s’élève doucement (A Walk In The Woods) mais aussi la séquence des retrouvailles avec un vieil ami sur une musique en mineur planante, grave, presque religieuse et un solo de violon très lent (The Offer, Euthanasia).  Il continue par une ligne de violoncelle ; un instrument qui représente bien le Japon (Threnody For Nagasaki) mais aussi une certaine chaleur (Trusting). Bien sûr, le compositeur s’approprie aussi le mystère qui entoure le voyage de Logan où, pour son arrivée, on trouve une musique profonde, doucement mélodique et rythmique, puis un motif superbe, lent et pianissimo. On note ici déjà un mystère, un danger avec les graves (Arriving At The Temple). Une des grandes trouvailles de la partition tient dans l’utilisation fort intéressante des couches de percussions qui, très dosées, amènent l’âme nippone et guerrière indispensable à la partition. On les retrouve sur la fuite de Logan sur un mouvement marqué par des rythmiques obsessionnelles et électroniques, avec là encore des notes de piano (Logan's run). On les discerne plus tard sur une musique faite davantage de bruits que d’harmonies (Funeral Fight) et, sans surprise, sur des séquences de combats (Ninja Quiet) où d’action mêlées à des parties d’orchestres plutôt lyriques (The Hidden Fortress). Toujours sur la modernité du pays du soleil levant, et également l’intimité de Logan et Mariko, Marco BELTRAMI propose un thème à la fois pianissimo et sensuel, avec un solo de violoncelle, mais pas nuancé de mystère, grâce à un contrepoint de cordes (Two Handed). Pour les séquences d’action (nombreuses), le compositeur propose une musique doucement mélodique, avec beaucoup de cordes haletantes, du rythme, mais aussi des notes d’harmonica, qui amène une couleur particulière (Abduction). La partition joue aussi beaucoup sur les vibratos et les surgissements dans les graves liées au réveil de Wolverine mais aussi, à certains combats, notamment dans la salle d’opération (Kantana Surgery, The Wolverine) ; une dimension cauchemardes, tournante, grave dans les contrepoints,  percussive dans les cuivres et les bois, notamment les tambours. Il en résulte une musique qui inspire le danger, la violence, avec l’omniprésence des percussions sur un mode japonaise. (Silver Samuraï, Sword Of Vengence). Marco BELTRAMI signe donc une partition qui alterne astucieusement les moments d’émotion, d’action et de suspense. A l’image d’un personnage déboussolé, Marco BELTRAMI trouble le spectateur auditeur à travers des passages d’abord en altitude avant de nous plonger, grâce aux percussions et au violoncelle, dans un Japon violent et mystérieux. Il profite aussi des tourments émotionnels des personnages pour déployer des motifs sensibles, doucement mélodiques. Il en résulte une partition aussi passionnante que le film, qui démontre une nouvelle fois l’étendue de l’univers musical de Marco BELTRAMI. ; Un compositeur qui, à mesure qu’il creuse son style, on aime à découvrir, à suivre.

THE WOLVERINE, un film réalisé par James MANGOLD. Avec Hugh JACKMAN, Tao OKAMOTO, Rila FUKUSHIMA. Musique originale composée par Marco BELTRAMI disponible chez Sony music.

 
 
 
 
 
 

THE SESSIONS

Ce film est basé sur l’autobiographie du poète et journaliste Mark O’BRIEN (John HAWKES). Il raconte comment cet homme, qui a vécu presque toute sa vie dans un poumon d'acier, a entrepris, à l’âge de 38 ans, de perdre sa virginité – dans des conditions assez particulières. Avec l'aide de son thérapeute (Helen HUNT) et la direction de son prêtre (William H. MACY), il vise à faire de son rêve une réalité. Pour la musique, on est heureux de retrouver Marco BELTRAMI, dont la réputation de compositeur innovant et sensible n’est plus à démontrer. C’est d’ailleurs cette dernière dimension qui est mise en avant dans cette partition particulièrement émouvante. Marco BELTRAMI introduit son score par une musique intimiste joué par des cordes pincées et suivi d’une ligne pianissimo ; un thème doucement mélodique, mélancolique voir sensuel (Newscast). On trouve ensuite un thème aérien, assez froid, avec des percussions lointaines. Puis, dans un deuxième temps, sur ces notes froides, Marco BELTRAMI introduit des notes de piano et quelques cordes légères. Il y a quelque chose de grinçant, de dérangeant dans ce thème assez sombre d’où l’espoir, la douceur, sort du piano, qui avance doucement, presque note par note (Breathing). Le piano que l’on retrouve très profond, très doux, également rythmique, accompagné d’un joli lento de violoncelle (Rejection, You Forgot This). Dans ce thème, et d’autres (Hair Trigger), le compositeur semble appuyer l’aspect dramatique du scénario  en recourant aux synthétiseurs mais aussi aux flûtes. Ce qui donne des sonorités atmosphériques, peu mélodiques, avec une couleur métallique qu’amènent les percussions (Amanda Reckonwith). Pour la séquence du baiser, Marco BELTRAMI a écrit un thème de base pianissimo très classique, presque concertant, avec un contrepoint de violon ; une musique douce et caressante, dont la mélodie se développe sur le tard et surtout des notes qui semblent très inspirés de l’école classique (Casanova’s Kiss). Dans la même lignée, on trouve cette musique de cordes classique, avec son développement pour violoncelle accompagné de violons très 18ème siècle (Mark’s Kiss). Ou encore ce thème léger, mélancolique ; une musique plutôt en mineur, assez grave mais douce. Dans une deuxième partie, on retrouve une reprise mélodique au hautbois, très légère, très émouvante (Coffee Date). On note encore ce thème doucement chantant introduit par le hautbois et rejoint par le piano qui joue une ligne douce, espacée et un solo de violon, avec l’orchestre dans un deuxième temps ; un thème très doux, très émouvant (Last Date) ; un piano décidément très présent, très pure, intimiste, qui se développe mélodiquement dans les cordes, dans un thème d’amour très lent, très, presque timide, comme la découverte de l’amour dans ce thème effectivement poétique (Love Poem). Au final, Marco BELTRAMI nous propose une partition relativement simple et surtout particulièrement émouvante, d’autant qu’elle est basée sur des thèmes très intimistes, souvent accompagnés de motifs pianissimos. Sous des aspects très classiques, il accompagne joliment le parcours autant psychologique que moteur de cet homme qui rêve de découvrir l’amour. Il y parvient bien sur à travers des thèmes profonds, parfois aériens mais surtout emplis de cordes chaudes.  Egalement à travers un certain trouble, une noirceur à la gravité bien plus contenue que dans les films d’horreur auxquels Marco BELTRAMI, nous embarquant ainsi dans de délicieuses « sessions » musicales.

THE SESSIONS, un film réalisé par, avec HAWKES, Helen HUNT, William H. MACY. Musique originale de Marco BELTRAMI, disponible chez Lakeshore records.

 

A GOOD DAY FOR DIE HARD

On retrouve toujours avec plaisir John McCLANE (Bruce WILLIS), le flic sans état d'âme. Toujours, Comme d’habitude, il tombe au mauvais endroit au mauvais moment, ici à Moscou, pour aider son fils Jack qu'il ne voit plus. Entre la mafia russe, décidée à leur faire la peau et leur combat pour éviter le déclenchement d'une guerre, les McCLANE découvrent que leurs méthodes pourtant bien différentes font d'eux des héros que rien ne peut arrêter. Comme pour le précédent opus, c’est une nouvelle fois le compositeur très doué Marco BELTRAMI qui se charge de la musique, qu’il a composée en seulement six semaines ; A deux différences près : d’abord il connait déjà le personnage principal et, ensuite, il collabore pour la quatrième fois avec le réalisateur John MOORE (THE OMEN). Marco BELTRAMI commence par une sorte de musique d’attente, une espèce de variante du thème d’origine de Michael KAMEN, qui se déploie doucement dans les contrepoints. Il s’agit surtout d’une musique d’ambiance soutenue et crescendo (Getting Yuri To The Van), avec des vibratos dans les cordes, une sorte de gimmick électronique, et des voix qui amènent une sonorité intéressante (Jack Makes The Call). Le compositeur continue avec des musiques qui allient la tension au caractère dramatique. S’y côtoient des rythmes lointains et des boucles électroniques plus ou moins graves (Everyone To The Courthouse), des mouvements profonds renforcés par des parties. de cuivres développéeS, en particulier dans les trompettes sur la fin (Court Adjourned). Bien sur, le compositeur nous régale de purs morceaux d’action, de combat avec beaucoup de cuivres et des développements assez classiques et encore des références au style qu’avait apporté Michael KAMEN sur les premiers films, avec des cordes très présentes, des percussions très dosées et des boucles électroniques ravageuses en contrepoint (Truckzilla, Yippie Kay Yay, Mother Russia!, To The Safe House). Les moments de respiration apparaissent plutôt rares dans cette partition ; On note néanmoins une musique plus lente, plus mélodique et émouvante également pour une séquence intime (Father & Son). Le compositeur lorgne aussi vers des musiques sombres, avec des cordes qui jouent une musique de cauchemar, appuyée par une rythmique lourde, les percussions d’orchestre toujours des boucles électroniques. D’où une musique qui apparaît assez forte souvent obsessionnelle (Leaving the Safe House, Too Many Kolbasas On The Dance Floor, What's So Funny ?). Maintenant, Marco BELTRAMI sait aussi jouer des silences, par une musique presque silencieuse, avec des notes graves en fond, des vibratos dans les cordes et des cuivres légers ( Scumbags). Egalement de l’apport des chœurs, qui donnent tout de suite une autre dimension à la musique ; un côté plus lyrique, émouvant (Entering Chernobyl). Approchant de la fin, il multiplie les musiques d’action, sur différents tempos, avec parfois des parties plus mélodiques, à la fois tragique et forte (Rubbed Out At The Spa), ou des notes qui s’enchainent comme un train à grande vitesse (Sunshine shootout). Enfin, Marco BELTRAMI termine avec deux morceaux étonnants : une Triple Vodka Rhapsody  pour balalaika et orchestre, puis un McClane's Brain ; une sorte de jazz urbain à base de saxophone. Au final, Marco BELTRAMI signe une partition renversante de puissance, de rythme mais aussi de cœur, notamment quand elle prolonge les couleurs imaginées à l’origine par Michael KAMEN. Même si il a disposé de peu de temps, Marco BELTRAMI nous livre non pas un TGV mais assurément une BO à grande vitesse !

DIE HARD BELLE JOURNEE POUR MOURIR, un film réalisé par John MOORE, avec Bruce WILLIS, Jai COURTNEY, Sébastian Koch. Musique originale de Marco BELTRAMI disponible chez Sony Classical.

 

 

 

 

 

RENCONTRE AVEC MARCO BELTRAMI

 
 

Que pensez-vous de ce nouveau Festival consacré aux musiques à l’image ?

 

MB : la création de ce Festival consacré aux musiques à l’image est une idée fantastique ! Je tiens d’ailleurs à féliciter l’équipe des Audi Talents Awards pour cette initiative. C’est d’autant plus formidable qu’il se déroule dans un pays qui met tellement bien en avant et la musique de films et le cinéma en général.

Comment avez-vous été contacté pour participer au Festival ?

MB : c’est Jérôme LATEUR, avec qui j’avais travaillé par le passé sur plusieurs films, qui m’a parlé de cet évènement. 

Comment s’est passée votre collaboration avec Bertrand TAVERNIER sur DANS LA BRUME ELECTRIQUE ?

MB : je dois dire que j’ai été enthousiasmé par le projet de Bertrand TAVERNIER, d’autant plus qu’il possède une culture cinématographique et une expérience hors pair. Même s’il s’agissait pour moi de composer une musique complètement originale, il fallait que j’incorpore dans ma partition une sorte de dialogue avec la Louisiane et surtout le bayou. Il fallait véritablement écrire une musique qui respire la Louisiane. Ce qui m’a amené à faire beaucoup de recherches, d’expériences sur les musiques traditionnelles du bayou. Ce qui m’a beaucoup plu également avec Bertrand TAVERNIER, c’est que, contrairement aux Etats-Unis où on contacte le compositeur généralement au dernier moi, lui m’a engagé bien à l’avance. J’ai beaucoup apprécié ce confort qui m’a permis de travailler, aussi intellectuellement qu’artistiquement, bien plus sereinement que d’habitude.