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MADIBA LE MUSICAL !
 
 

Avec MADIBA le musical, son  nouveau spectacle, l'auteur compositeur Jean-Pierre HADIDA s’inscrit dans la lignée de celui qu'il avait écrit sur Anne Frank en 2009. Sur MADIBA, l'équipe créative a pu bâtir une petite histoire dans la grande. Ainsi, sur la scène du théâtre Comedia à partir du 18 janvier 2016 : chanteurs, acteurs et danseurs de toutes les couleurs se donneront rendez-vous pour mettre en lumière la "nation arc-en-ciel" ! A quelques semaines de la première, Jean-Pierre HADIDA nous parle de ses choix qui font que, après l'apprentissage de la guitare classique et du piano, il acquiert une solide expérience dans les musiques de publicités. Depuis, il  a privilégié l'écriture de musicals plutôt que de musiques de films. Bien entendu, le compositeur nous parle aussi des chansons principales, notamment le single Freedom, extrait de l'album déjà disponible. Nous avons également interrogé sa complice auteure de plusieurs spectacles pour le jeune public Alicia SEBRIEN, qui a aussi travaillé dans la publicité en tant que conceptrice rédactrice, qui nous raconte cette première incursion sur une production importante.  Évidemment, on ne pouvait passer à côté d'une troupe dynamique de chanteurs et avons rencontré quelques un de ceux qui interprètent les rôles principaux, tous très riches, pour la musique, entre gospel et musique sud-africaine, en passant par des thèmes profonds et de l'underscore. Parmi ces chanteurs, certains poursuivent un parcours prestigieux et Cineserenade est d'ailleurs fier d'interroger Jean-Luc GUIZONNE pour la seconde fois, de retour d'un tour du monde avec LE ROI LION!  Nous faisons également plus ample connaissance avec James NOAH, qui nous parle des difficultés et de la fierté de jouer Nelson MANDELA; de  LUN1K, qui évoque, à travers son rôle de narrateur, son parcours entre rap, slam et théâtre musical.

 
 

Jean-Pierre HADIDA : Toute la difficulté a consisté à rechercher l'équilibre entre le gospel et la musique sud-africaine !

 
 
 

Avant les musicals, vous avez écrit nombre de musiques pour des films publicitaires?

JPH : vous avez raison quand vous dites que j'ai composé beaucoup pour la publicité, pour des marques très diverses comme Soupline, Hyundai et Radio Monte Carlo. Je trouve passionnant d'écrire de la musique pour des publicités car cela correspond souvent à des univers très créatifs.

 

Aujourd'hui, vous écrivez essentiellement pour  la scène; est-ce une activité nouvelle pour vous ?

JPH : pas du tout car, en parallèle des films publicitaires, j'ai composé pas mal de musiques de scène et de chansons pour des sketchs.

 

Pour quelle raison vous êtes vous, après les musiques de publicité, dirigé vers l'écriture de chansons plutôt que des bandes originales de films ?

JPH : c'est tout simplement parce que, à la base, je me considère avant tout comme un créateur de chansons.  D'ailleurs, dans le Musical MADIBA, c'est moi qui ai écrit les paroles et musiques des chansons. Je veux dire par là que je me suis toujours passionné par l'écriture de chansons. Maintenant, pour en revenir à votre question, cela ne m'empêche pas, et j'adore ça, quand j'écris un spectacle comme MADIBA, de composer, avec ma guitare (que j'ai acquis très tôt), mon piano ou des synthétiseurs, des ambiances, des climats, comme dans les musiques de films. Par exemple,  dans MADIBA, il m'arrive de reprendre certains thèmes de chansons et de les transformer en, sinon des musiques de films, en tout cas une vraie partition adaptée à la scène.

 

Peut-on dire que vous déclinez des chansons en thèmes cinématographiques ?

JPH : Effectivement, quand je décline des accords qui apparaissaient à l'origine en majeur pour passer à des motifs davantage en mineur,  j'introduis une part de nostalgie, également de tristesse; j'obtiens de grands climats comme dans certains films de David LYNCH. Maintenant, d'une manière plus générale, j'ai fais en sorte que des thèmes reviennent déclinés de manière vaillante sur la fin, parfois angoissante. Puis, parfois, je recherche des musiques beaucoup plus fraiches, sautillantes, quand il s'agit de véhiculer des images de bonheur. En fait, d'une manière plus générale, j'ai fais en sorte que les thèmes qui reviennent apparaissent déclinés de manière différentes, soit vaillante, comme sur la fin, soit dans une tonalité parfois angoissante. 

 

Pourquoi la comédie musicale?

JPH : le premier ouvrage que j'ai écrit en 2002, et qui m'a permis d'apprendre le métier, racontait une Odyssée Musicale sur l’épopée d’Ulysse. Le deuxième, qui tourne encore aujourd'hui, s'intitule ANNE LE MUSICAL; un ouvrage assez intimiste consacré à l'histoire d'Anne FRANCK et qui, plus généralement, véhicule des messages qui me sont chers comme la tolérance.

 

Qui a été à l'origine de MADIBA le musical ?

JPH : c'est moi et la productrice Francine DESIGNI qui sommes à l'origine du projet.  Quand nous avons réfléchi au sujet d'un musical, nous avons rapidement pensé à  Nelson MANDELA.

 

Pourquoi Nelson MANDELA ?

JPH : d'abord parce que nous avons pensé qu'il s'agit d'un   sujet conciliateur, fédérateur et universel; cela tombait bien car c'était exactement ce que l'on recherchait. Ensuite, quand on sait que Nelson MANDELA a dit que, sans la musique et sans la danse, il ne pourrait pas vivre en paix, nous étions convaincus que l'on tenait la trame centrale de notre musical.

 

Comment s'est passé l'écriture ?

JPH : tout a commencé très vite  lorsque nous avons eu l'idée de monter une première présentation du projet à l'occasion du Mandela Day qui se tient tous les ans le 4 juillet. On a alors décidé de louer le Carrousel du Louvre afin de présenter une sorte de show case qui a été repris ensuite lors du Festival Solidays. L'organisation de cet événement décidé, je dois dire que je me suis mis la pression pour écrire la dizaine de titres principaux. Ce que j'ai réalisé assez vite, en quinze jours environ !

 

Avez-vous pu, en si peu  de temps, concevoir une narration à  travers les chansons ?

JPH : évidemment non car, dans  l'urgence, j'ai écrit les chansons dans une sorte de désordre. Je n'avais donc pas pensé à la narration mais je connaissais  les sujets que je souhaitais traiter dans les chansons. Je pense notamment à la chanson La Couleur De Ta Peau qui raconte une belle romance.

 

Et pour le personnage de Madiba ?

JPH: je voulais un thème qui apparaisse universel et en même temps très africain D'où les chansons Freedom et La Nation Arc-en-ciel. J'ai écrit tous ces titres dans l'ordre mais, encore une fois, sans penser à la narration. Nous y avons travaillé plus tard, lorsqu'avec Alicia SEBRIEN nous avons élaboré, avec sa saveur toute personnelle dans les textes, le livret du spectacle. 

 

Dans quelles conditions avez-vous élaboré la chanson Freedom ?

JPH : cette chanson, la première que l'on a décidé de mettre en avant pour la promotion du spectacle, je l'ai composée à la  base sur ma guitare alors que j'ai plutôt l'habitude de travailler au piano.

 

Pourquoi la guitare?

JPH : parce qu'il s'agit d'une chanson très rythmique, qui contient beaucoup d'accords qui s'enchaînent. D'ailleurs, dans les couplets, j'ai volontairement rajouté beaucoup de mots, afin de bousculer, comme dans un rap, le public, et sortir des sentiers battus avec des paroles fortes comme "je suis le fruit de l'amour baptisé et aussi du courage baptisé Freedom ; j'ai le sens du partage". Bien sûr, ensuite, on entend ce grand refrain à la fois en français et en anglais.

 

Était-il indispensable d'utiliser deux langues ?

JPH : nous ne voulions pas nous limiter au Français car il existe des mots qui claquent tellement bien en anglais. De plus, l' utilisation de l'anglais nous a aidé à construire des enchaînements, d'inclure en quelque sorte des questions et des réponses au cours d'un même morceau.

 

Cela vous permettait-il aussi de vous placer sur une ambition internationale  ?

JPH : effectivement et, d'ailleurs, nous sommes allés plus loin. En effet, sur Freedom, à la suite de quelques répétitions, nous avons voulu rajouter une introduction  en zoulou. Cette partie a été écrite en collaboration avec un maitre qui s'appelle Sam SAMBALALA. En tant que caution sud-africaine, il nous a beaucoup aidé afin d'harmoniser l'introduction et de mettre des mots que l'on retrouvent repris dans le spectacle en zoulou,

 

Cette introduction de mots dans les chansons représentait-elle une façon d'amener les parties  de rap du narrateur ?

JPH : en quelque sorte. C'est vrai que nous avons eu de la chance que le rappeur et slameur LUN1K nous  écrive ses mots. Bien évidemment, nous l'avons briefé pour qu"il aille dans le sens voulu du spectacle. Mais au final, il nous a offert son rap au milieu de certaines chansons, et même, carrément sur plus de la moitié du titre Soweto ! Maintenant, je dois ajouter que cette idée de mettre du rap dans un musical n'est pas nouvelle. Nous y avions déjà pensé lorsque nous avons monté Anne le Musical afin de toucher les jeunes, de créer un pont entre le public et l'histoire racontée. Et cela avait tellement bien fonctionné que nous avons eu envie de reprendre cette idée dans Madiba.

 

Justement, que représente le narrateur dans ce spectacle?

JPH : il intervient en tant que témoin de ce qui se situe en dehors du temps. C'est un personnage qui parle, réagit et même parfois critique Madiba en lui rappelant qu'il représente, plus qu'un homme, un mythe.  Lun1k représente un artiste formidable, un animateur de battles comme on dit dans le rap et aussi un excellent improvisateur.

 

Quelles sont les particularités du thème de La Prison ?

JPH : il s'agit d'une chanson importante car il convient de rappeler que Nelson MANDELA a passé 27 années en prison. Comme Freedom, je  l'ai écrite à la guitare et en utilisant des cordes à vide. Ce qui donne une espèce de résonnance et une voix qui chante des paroles très fortes : "la prison me détruit,

m'ensorcelle, me réduit à néant". Par dessus, j'ai souhaité rajouté des choeurs assez pop, planants même, pour la séquence où  Nelson MANDELA se rapproche de la fenêtre de sa cellule, qui constitue une ouverture sur sa liberté.

 

Étrangement, ce titre n'est pas interprété par Nelson MANDELA  ?

JPH : il me semblait plus intéressant qu'il soit interprété par Sam, ce militant qui a partagé la cellule de Nelson MANDELA. Il faut dire que Sam va témoigner et que Nelson MANDELA va devenir son maître à penser.

 

Est-ce qu'il y a des parties du spectacle pour lesquelles vous avez utilisé des influences gospel ?

JPH : vous en trouverez peu  dans les chansons qui figurent dans l'album du spectacle. Par contre, il en existe davantage dans le spectacle qui sera présenté sur scène. Je pense en particulier au morceau Le Monde Est Avec Nous que j'ai vraiment écrit a la manière d'un gospel. Je  souhaitais vraiment écrire dans cet esprit car le gospel reste une musique que j'adore, qui me fait vibrer.

 

Vous utilisez également des choeurs ?

JPH : j'utilise plus précisément un choeur africain qui intervient d'une manière comparable au musical LE ROI LION. Ce choeur africain m'a permis de travailler avec des voix d'une manière similaire  à l'hymne national sud-africain. Je vous dis cela car la musique sud-africaine  possède la particularité d'utiliser beaucoup de voix et peu d'instruments. Donc, quand je vous parle d'un choeur africain, c'est vraiment pour les voix. Il ne faut pas le confondre avec de la musique gospel car ce n'est pas tout à fait pareil. Je veux dire par là que, dans un choeur gospel, on entend davantage de grave, d'unisson. D'ailleurs, toute la difficulté sur ce spectacle a consisté à rechercher l'équilibre entre le gospel et la musique sud-africaine.

 

Est-ce qu'il y aura des musiciens sur scène ?

JPH : bien sûr, parce que j'adore la musique live. Nous aurons ainsi un excellent pianiste gospel justement, probablement le meilleur, qui s'appelle Kevin JUBERT. Nous aurons également avec nous Haykel SKOURI; un percussionniste qui joue également du saxophone. Ces deux musiciens, aidés bien sûr par des musiques samplees vont, je pense, donner beaucoup de relief au spectacle, notamment dans les parties d'underscore préenregistrées. Donc, la musique sur scène dans MADIBA constituera un mix entre du live et des sonorités déjà enregistrées.

 

Vous êtes vous inspiré du casting d'autres spectacles musicaux, comme par exemple THE BLACK LEGENDS, pour choisir vos chanteurs?

JPH : votre remarque me paraît  pertinente car, justement, pour le casting de MADIBA, nous avons reçu l'aide de

Bruno DA CRUZ le producteur de BLACK LEGENDS. Je veux dire par là qu'il nous a amené pas mal de gens de son équipe.

 

Etes-vous intervenu dans le choix des voix du spectacle?

JPH : bien sûr ! Pour les sélectionner, nous avons  organisé un casting qui a engendré beaucoup de candidatures. Nous avons commencé par effectuer des sélections sur bandes. Puis, dans un deuxième temps, nous avons convoqué l'ensemble des candidats pour continuer le processus de sélection. Trois semaines plus tard, nous sommes passés à l'étape suivante en testant les candidats restants ensemble, pour voir s'ils allaient bien les uns avec les autres. Et c'est à partir de ces essais que nous avons entrepris notre choix définitif.

 

Alicia SEBRIEN – chaque son de ce spectacle a été véritablement réfléchi et travaillé !

 
 
 

Alicia SEBRIEN, pour vous, le théâtre musical ne constitue pas quelque chose de nouveau ?

AS : effectivement car j'ai déjà travaillé, depuis 2013 et LE PIRATE ET LA POUPÉE, sur plusieurs mises en scène de spectacles destinés au jeune public. Maintenant, MADIBA représente pour moi une nouvelle étape car c'est la première fois que je collabore sur une production d'une telle envergure.

 

Avez-vous déjà travaillé avec le compositeur Jean-Pierre HADIDA avant MADIBA le Musical ?

AS : oui et même plusieurs fois sur des spectacles pour le jeune public comme L'ÉCOLE DES MONSTRES. Nous nous connaissons donc bien et avions déjà l'habitude de travailler ensemble, moi écrivant le livret lui composant la musique, avant de commencer MADIBA.

 

Justement, à quel moment êtes vous arrivé sur le projet MADIBA ?

JPH : je suis intervenue très tôt alors que les producteurs et Jean-Pierre HADIDA possédaient déjà le thème du spectacle. Moi, on m'a d'abord chargé de revoir l'histoire, définir et donner corps aux personnages, leur donner un sens. Ce qui me paraît important tout en correspondant à ma vision générale des spectacles, à savoir qu'il faut qu'on ait quelque chose à dire, que tout ait un sens.

 

Où se trouve la difficulté dans un spectacle consacré à l'histoire de Nelson MANDELA ?

AS: je dirais qu'elle réside dans la compréhension de ce que l'on va dire dans le spectacle. Vous savez, on peut facilement  tomber dans le spectacle historique, de même que de se retrouver dans un récit quelque plutôt  banal. En fait, notre ambition consistait à relier une histoire du quotidien à la réalité de l'Histoire.

 

De quelle manière y êtes-vous parvenus ?

AS : nous nous sommes demandés comment le combat d'un homme, presque un mythe, que l'on a emprisonné loin de chez lui, va interagir concrètement dans la vie quotidienne de différents personnages. Par exemple, dans  leur   histoires d'amours, certains personnages vont s'autoriser des choses qu'ils ne pensaient pas possible auparavant. De même, un afrikaner raciste va commencer à remettre en cause ses convictions; quelqu'un qui se retrouve dans la violence d'une manifestation, va également revoir sa position. Il s'agissait vraiment, pour nous, de traduire  la relation entre un homme qui peut changer le monde et  son impact concret sur les gens.

 

Est-ce important de créer un spectacle totalement français alors que la mode consiste plutôt à adapter des productions américaines ?

AS : comme toute création, je considère que de travailler sur un spectacle comme MADIBA constitue une arme extraordinaire. Il en ressort une aventure vraiment magique !

 

Existe t-il des difficultés pour passer de scènes théâtrales à des séquences musicales ?

AS : pas vraiment parce que, grâce aux efforts de nos Directeur musical et vocal, également de Jean-Pierre HADIDA, nous avons effectué un véritable travail sur l'underscore. Ce qui fait, qu'au final, il existe très peu de scènes où nous jouons sur  des silences. Maintenant, même si on entend toujours de la musique, il s'agit aussi vraiment de théâtre. D'ailleurs, nous avons entrepris un important travail dans ce sens avec les acteurs mais toujours sur un fond musical.

 

Quand vous me parlez d'underscore, moi je pense à musique de films; peut on dire qu'il existe un côté cinématographique dans une pièce comme celle-là?

AS : j'ai envie de vous répondre que, dans MADIBA, la musique va servir les images. Après, cela peut être sur une scène ou sur un film, c'est-à-dire partout on où amène des éléments d'émotion, où on souligne des intentions, des combats personnels, qui ne paraissent pas évidents dans le jeu des comédiens. Je veux dire par là que la musique sert la dramaturgie et que c'est vraiment pour cette raison qu'elle reste toujours présente. Et j'irai même plus loin en rajoutant que même les silences sont voulus comme des moments musicaux. Donc, chaque son de ce spectacle a été véritablement réfléchi et travaillé.

 

James NOAH joue Nelson MANDELA, l'avocat, prisonnier devenu président d'Afrique du Sud

 
 

Avant MADIBA, on a pu vous voir dans les spectacles musicaux SISTER ACT et BLACK LEGENDS ?

JN : en effet, j'ai joué, et cela a constitué ma première expérience dans le music-hall, en tant que doublure des personnages d'Eddie et Curtis, dans SISTER ACT; cela a représenté une grande chance d'intégrer cette  troupe et de jouer au théâtre Mogador, en plus dans une grosse production.

 

Et BLACK LEGENDS que vous avez joué aux Folies Bergères  ?

JN: Il s'agissait d'un spectacle différent car on ne jouait pas un rôle mais on participait à un parcours musical. Ce fut une expérience intéressante car, d'une manière similaire à MADIBA en Afrique du Sud, on y racontait, à travers la musique, l'histoire du peuple noir aux États-Unis. Cela commençait par leur arrivée sur le continent américain, leur exploitation dans les champs de coton, jusqu'à l'élection du Président Barack OBAMA.

 

Et comment êtes-vous arrivé sur MADIBA le musical, en plus pour le rôle principal?

JN : j'ai été contacté par la production immédiatement pour jouer le rôle de Madiba. Sauf qu'au départ il existait un soucis car il ne s'agissait pas d'un rôle chanté. Ce qui me gênait car, moi, je me considère davantage chanteur que comédien.

 

De quelle manière avez-vous pu faire évoluer le rôle de Madiba ?

JN : j'ai d'abord réfléchis et je me suis rapidement dit qu'il s'agit d'un beau rôle. Je pense que cela aurait dommage de passer à côté. Je me suis donc préparé et j'ai travaillé pour le jouer. Et aujourd'hui, de pouvoir jouer Madiba, j'ai l'impression d'avoir du sang béni dans mes veines.

 

Justement, que représente pour vous Nelson MANDELA et comment l'avez-vous traduit dans le spectacle ?

JN : pour moi, Nelson MANDELA constitue un tel personnage, un symbole, des couleurs que,  pour se préparer à  le jouer, il faut beaucoup se documenter au préalable. Je veux dire que ce n'est pas un rôle que l'on peut prendre à vide. Il faut véritablement s'imprégner du personnage pour le jouer.

 

Et musicalement de quelle manière le rôle a évolué ?

JN : j'aurais du mal à vous parler de l'aspect musical du personnage de Nelson MANDELA. En fait il s'agit de quelque chose de spécial, de tellement particulier que je préfère vous laisser la surprise, ne pas vous dire s'il chante ou pas.

 

Vous voulez dire qu'il ne s'agit pas vraiment de chanson mais plutôt d'un mélange entre théâtre et musical ?

JN : cela dépend comment on le voit. Moi, je pense qu'il s'agit davantage d'un mélange entre le parlé et le chanté. Comme m'a dit Jean-Pierre HADIDA, il ne fallait pas trop faire chanter le personnage de Madiba. D'ailleurs, le compositeur a écrit ce spectacle de manière à amener un style.

LUN1K  joue le narrateur !

 
 
 

De quel milieu musical venez-vous ?

L: moi, à la base, je viens du milieu du rap, du slam et du spook and word. J'ai débuté par des Battle de slam, des joutes verbales, des slam sessions et le grand slam national. Je suis aussi passé en 2013 dans l'émission LA FRANCE A UN INCROYABLE TALENT avec le groupe End Of The Huit où nous avons eu la  chance de finir en tant que finalistes. Avec ce groupe, mis j'en fais aussi beaucoup en solo, nous avions présenté des numéros d'improvisation à partir de mots qui nous étaient donnés par le jury de l'émission.

 

Comment êtes-vous arrivé sur MADIBA le musical ?

L: j'ai intégré l'équipe de ce spectacle il y a deux ans et je campe le rôle du narrateur ;  un personnage que j'aime définir comme quelqu'un d'intemporel, que personne ne voit mais qui, pourtant, reste très présent. C'est aussi, par moments, une personne qui fige le temps. Il s'agit donc de quelque chose de très intéressant à jouer et,   comme tout le monde dans ce spectacle, je lui donne le maximum de moi-même pour le faire vivre tous les soirs sur scène.

 

Justement, le théâtre musical représente t-il quelque chose de nouveau pour vous ?

L: le spectacle MADIBA constitue une première incursion dans le théâtre musical. En même temps, j'ai envie de vous dire que le théâtre musical représente une discipline qui a toujours été en moi car je fais partie d'un groupe dans lequel je suis entouré de musiciens. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'en me produisant avec ce groupe, avec lequel nous mettons en scène des morceaux musicaux, je me sens déjà dans la théâtralité musicale, ce que l'on appelle entre nous du cinéma pour les oreilles. Pour en revenir à MADIBA, je pense que ce spectacle me permet de pousser l'expérience mais de façon plus professionnelle.

 

Vous êtes le narrateur mais vous êtes aussi chanteur et même slameur ?

L: comme narrateur, je déclame des textes que j'ai coécrit, et c'est aussi une raison pour laquelle on m'a appelé, avec Jean-Pierre HADIDA. Je crois que les producteurs ont compris, m'ont fait confiance, et je tiens à les en remercier, que je pouvais apporter quelque chose en coécrivant des textes qui pouvaient être slamés. En plus, comme j'ai la chance d'écrire assez vite, il me semble que cela été assez facile de convaincre, d'autant plus que nous nous bien entendus très rapidement. Je suis donc très satisfait de cette collaboration et j'ai hâte de commencer à jouer, et j'espère longtemps, le narrateur de ce spectacle.

 

Jean-Luc GUIZONNE joue Sam ONOTOU, un jeune militant métis !

 

 

Quel souvenir gardez-vous de votre parcours sur LE ROI LION dans lequel vous jouiez Mufasa ?

JLG : un immense souvenir! C'est vrai que j'ai eu la chance de jouer dans le musical LE ROI LION pendant trois saisons à Paris au théâtre Mogador et quatre autres années à Broadway, Singapour et en Allemagne. Ce fut pour moi une aventure magique parce que, au départ, quand on intègre une grosse machine comme LE ROI LION, on ne s'imagine pas pouvoir le jouer dans plusieurs langues.

 

Comment êtes-vous arrivé sur MADIBA le musical ?

JLG : tout simplement en participant au casting du spectacle. Celui-ci s'est évidemment déroulé en plusieurs tours afin de recruter les meilleurs artistes possibles. Et en ce qui me concerne, j'ai eu ensuite la chance que l'on me retienne pour le rôle de Sam ONOTOU.

 

Justement, que représente ce personnage ?

JLG : un militant anti apartheid qui va lutter pour rétablir l'égalité, la justice et les droits du peuple noir en Afrique du Sud. Il sera d'ailleurs incarcéré pour avoir levé la foule à la rébellion. Ce passage en prison constitue une étape difficile pour Sam : il va être écœuré, anéanti de voir ses frères, ses sœurs, souffrir et êtres traités comme des animaux. Et c'est justement cette douleur que Sam interprète dans la chanson La Prison.

 

Que change alors sa rencontre avec Nelson MANDELA ?

JLG : Nelson MANDELA va quelque peu l'assagir, déteindre sur lui. Du coup, Sam va continuer à mener son combat mais avec beaucoup plus de paix, d'amour et de tolérance.

 

En quoi ce rôle a été difficile à appréhender?

JG : vous savez, moi, à travers LE ROI LION, j'ai eu la chance de chanter Il Vit En Toi en Afrique du Sud. Dans ces conditions, j'ai bénéficié de l'immense honneur de visiter la maison de Nelson MANDELA.  J'ai veux dire par là que j'ai eu la chance de me trouver sur une terre qui a tellement souffert, et  qui, aujourd'hui, ne cesse de grandir, d'évoluer. Et donc, au jour où je vous parle, c'est-a-dire à quelques semaines du lancement, je laisse monter le personnage de Sam, notamment au travers des chansons Soweto et La Prison qui figurent dans l'album du spectacle. Je veux dire par là que je le laisse se nourrir de ma personne, de mon expérience de la vie. Cela me plait d'autant plus qu'il me semble que nous défendons tous les deux des valeurs assez proches.

 

Contrairement au ROI LION, vous n'allez pas jouer derrière des maquillages ?

JLG : oui car, dans ce spectacle, au contraire du ROI LION qui correspondait à la base à une fiction, ici,  on se trouve près de la réalité. Dans LE ROI LION, c'est vrai que l'habillage, le maquillage complétaient le personnage et faisaient partie du spectacle et donc de la transposition scénique du dessin animé. Là, sur MADIBA, c'est forcément différent car on évolue dans la réalité des années 1980 en Afrique du Sud. Et puis passer d'un spectacle comme LE ROI LION à MADIBA le musical représente pour moi quelque chose de très plaisant, enrichissant. J'en suis d'autant plus impatient de défense les valeurs, les couleurs de Sam à travers   MADIBA tous les soirs sur scène !

 

Avec également Falone TAYOUNG (Sandy XULI, une servante des Vand LEDEN et amie d’Helena et de Sam), Roland KARL (Peter Van LEDEN, Chef de police et père d’Helena), Harmony DIBONGUE-LEVY, Anthony FABIEN, Endy THOMAS et les danseurs Sabrina GIORDANO, Audjyan ALCIDE, Mômô BELLANCE, Nour CAILLAUD, Mickael GADEA, Thomas BIMAI, Konan Jean KOUASSI

 
 

MADIBA LE MUSICAL – HOMMAGE A NELSON MANDELA

Au Théâtre Comedia à partir du janvier 2016 et en tournée dans toute la France

Plus d’informations sur

http://madiba-musical.com/

https://fr-fr.facebook.com/madibamusical

 

MADIBA, l'album du spectacle! Disponible chez PBC music/Warner Music France

 

MADIBA, l'album du spectacle! contient les principales chansons mais pas forcément interprétées par les artistes qui seront à l’affiche du Théâtre Comédia.

Ainsi, l'album s'ouvre par Ahé Madiba, un titre qui commence de manière traditionnelle, mélodique, à la fois  dans les voix et les chœurs et qui se poursuit de manière chorale, interprété par Gwendal MARIMOUTOU, Aurélie LAMALLE et Jessie FASANO. Ensemble, et ensuite par la voix,  ils lancent un hymne, un appel à MANDELA. On entend ensuite, notamment, le single (présent deux fois en versions album et radio), titre puissant et rythmé qui se nourrit des racines africaines, interprété par Jessie FASANO, KEVON, Issaka SOW et Sam TSHABALALA. Puis les titres plus acoustiques, à base de guitare jouée par Jeremy MARLON et de piano par Fabrice RAGOT, qui s’est également occupé des arrangements de cordes, La Prison et Soweto, interprétés de nouveau par Kevon en duo LUNIK, impeccable dans les parties de rap. La Nation Arc-en-ciel constitue une chanson chorale, colorée et rythmée interprétée par Gwendal MARIMOUTOU et Jessie FASANO; une sorte d'hymne à la nation de Afrique du Sud et à son  renforcée par des chœurs en contrepoint et pas mal de cuivres, principalement des trompettes. On relève aussi la chanson d’amour La Couleur De Ta Peau, généreusement mélodique, orchestrale et efficace, ainsi que le titre plus fort, plus combatif dans les paroles Le Droit D’Exister, des hymnes d’humanité joliment interprétés par Juliette BEHAR, qui reprendra le rôle d’Helena VAN LEDEN sur scène, et Gwendal MARIMOUTOU. Savoir Se Pardonner, titre qui se présente sous la forme d'un duo relativement lent et romanesque interprété par Christophe HERAUT et Jessie FASANO; une sensation de pureté,  d'émotion que l'on doit autant à la musique, poignante et de plus plus généreuse, qu'aux paroles, qui parlent de solidarité. Et évidemment aux interprètes, aux voix superbes et justes.

 

Entretiens réalisés à Paris le 14 12 2015 - tous droits réservés.