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Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

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JEAN-MARIE SENIA : SON COUP DE CŒUR

POUR LE SANG DE LA VIGNE !

 
 
 

Alors que France 3 a annoncé son arrêt avec la fin de la saison 7, nous revenons sur les musiques de la série à succès, diffusée depuis février 2011. Il faut dire, qu’au fil des épisodes, le succès de la série LE SANG DE LA VIGNE, produit par Lissa PILLU pour Télécom ne s'est jamais démenti ; une popularité fortement liée au personnage principal et son interprète, c'est-à-dire Benjamin LEBEL alias le truculent Pierre ARDITI). Celui-ci jouant un œnologue émérite du Bordelais, contacté par la police judiciaire pour résoudre des enquêtes mêlant meurtres et grands crus. Ces décors naturels, qui vont  des vignes du Bordelais au Val de Loire, de la Champagne aux distilleries d’Armagnac, constituent une des originalités de la série ; l'expertise et le nez de Benjamin LEBEL, qui vont bien au-delà de sa simple connaissance du monde du vin, et ne se dément pas, fait le reste ! L’autre originalité de la série, ce sont les musiques originales, composées par Stéphane ZIDI et Laurent SAUVAGNAC sur la Saison 1 et par Jean-Marie SÉNIA à partir de la Saison 2. Ce dernier, en compositeur de tradition bien française, a écrit des partitions plus orchestrales que jamais pour des fictions télévisées ! Des musiques qui accompagnent délicatement les voyages œnologiques des personnages ainsi que les enquêtes policières.  Le fidèle, mais trop rare, Jean-Marie SENIA nous raconte pour quelles raisons il a été complétement conquis par la série, la fougue de Pierre ARDITI et l'intérêt pour la musique de la productrice Lissa PILLU ! Avec la passion et l'enthousiasme qui le caractérise, Jean-Marie SENIA nous explique pourquoi cette série lui tient tellement à cœur !

 
 
 

Une Productrice d’Exception

Jean-Marie SENIA, par quel hasard avez-vous atterri sur cette série récurrente ?

JMS : il y a plusieurs éléments qui font que l’on m’a demandé de collaborer sur cette série. Déjà, pour des raisons que j'ignore, il se trouve que Stéphane ZIDI et Laurent SAUVAGNAC ne pouvaient pas continuer à composer les musiques de la série.

Mais pourquoi on a appelé un compositeur comme vous pour écrire la musique d’une série ?

JMS : en fait, c’est la productrice lissa PILLU qui m’a contacté alors que nous venions de collaborer sur la musique de LA FEMME CACHEE, un téléfilm réalisé par Michel FAVART en 2012, et interprété, notamment, par Victor LANOUX. Lissa PILLU avait été tellement enthousiasmée par ma musique sur ce téléfilm qu’elle a voulu me parler du SANG DE LA VIGNE. Mais je dois dire qu’elle a quand même hésité avant de me proposer de reprendre la musique de la série.

Pourquoi était-elle hésitante ?

JMS : parce qu'elle pensait que je ne pouvais pas être intéressé par la musique d’une série récurrente. Quelque part, elle avait d’ailleurs raison car c’est vrai que, du fait que dans une série, on vit avec les personnages pendant des mois, je craignais de me lasser.

Quels sont les éléments qui vous ont convaincu de vous engager ?

JMS : je dirais que c'est d'abord la personnalité de Lissa PILLU !

Vous voulez dire qu’elle s'intéresse plus  à la musique que d’autres producteurs à la télévision ?

JMS : je veux dire que, pour une productrice de fictions télévisées,  il se trouve qu'elle entretient un rapport inédit à la musique. En effet, et cela m’a immédiatement séduit, elle possède une réelle sensibilité par rapport à  la musique ; c'est-à-dire qu'elle comprend parfaitement comment elle fonctionne et ce qu'elle peut apporter au film. Ce qui me paraît non seulement essentiel mais, surtout, formidable, pour un compositeur. Vous savez, pour moi, Lissa PILLU représente exactement le contraire de la plupart des producteurs français actuels qui, souvent, pensent, et je le regrette, que la musique vient gêner un film !

Vous voulez dire que c’est une productrice qui défend la musique ?

JMS : absolument et j'avoue que j'ai été très étonné car c’est très rare de trouver un producteur qui considère vraiment la musique comme un élément essentiel du film. C’est aussi pour cette raison que l’on trouve beaucoup de musique, jusqu'à plus d'une heure par épisode, dans LE SANG DE LA VIGNE. Vous savez, Lissa PILLU aime tellement la musique qu'elle donne l'impression qu’on laisse tomber le film quand on néglige la bande originale. Elle apparaît vraiment tout le temps en appétit de musique !

Retrouve t-on ses qualités sur d'autres aspects du film que la musique ?

JMS : justement, j’ajouterais que, en plus de posséder une oreille musicale, il se trouve qu'elle exerce un véritable regard sur le film ; c’est pour toutes ces raisons que nous nous sommes vraiment tout de suite entendus et que j'ai accepté de composer les musiques de cette série. 

 
 

Une Musique De France Profonde

De quelle manière avez-vous abordé l'écriture de votre musique ?

JMS : je voulais, dès le départ, faire sortir la musique. En l'occurrence, je ne voulais pas d’une bande originale de série à l'américaine. Sur LE SANG DE LA VIGNE, je trouve qu’il fallait composer  une musique qui corresponde à la France profonde. Il ne me paraissait donc pas envisageable d'écrire une musique classique de thriller ! Moi, ce que j'ai recherché à  développer dans ma musique, sans aller jusqu’à mettre  de l'accordéon, c'est cette notion du terroir qui traverse la série.

Comment travaillez-vous les musiques des épisodes ?

JMS : tout en gardant à l'esprit cette idée de terroir, je me suis constamment concentré à introduire des thèmes et à développer des tensions.

Dans l'épisode que j'ai vu, j'ai trouvé pas mal de thèmes, et c'est là que l’on vous reconnaît, pas mal de thèmes dans la douceur avec beaucoup de harpe ?

JMS : j'ai justement essayé d’apporter une instrumentation qui se démarque de la banalité des sonorités de la plupart des musiques actuelles de séries qui sont construites à base de synthétiseurs et autres machines. Moi, au contraire, j'ai cherché quelles sonorités d'orchestre je pouvais associer au vin, au terroir, au soleil mais aussi au danger. Il ne faut pas oublier qu’il s'agit d'une série qui parle de vin mais aussi d'enquêtes criminelles.

Ce qui n'empêche pas la musique, bien que restant sensible, de partir dans des mouvements de tension et des thèmes plus rythmés ?

JMS : votre remarque me paraît très juste car nous ne voulions pas d’une musique démonstrative. D'où effectivement la présence, et cela se vérifie de plus en plus au fil des saisons, d’une musique de tension porteuse d'une sensibilité.

Avez-vous écrit des thèmes particuliers par rapport a Pierre ARDITI ?

JMS : vous savez, Pierre ARDITI constitue un acteur que je vénère. D'ailleurs, c’est sa présence, ainsi que l'intérêt de Lissa PILLU, qui m’a convaincu de me laisser entrainer dans cette série. Vous savez, personnellement, je ne suis pas un compositeur qui cherche à écrire des musiques de séries. Donc il fallait vraiment autre chose pour me convaincre !

Vous le connaissiez déjà Pierre ARDITI ?

JMS : justement, il avait joué en 2000 dans LES ENFANTS DU PRINTEMPS, un film de Marco PICO dont j'avais composé la musique. Et il se trouve que j'ai gardé un excellent souvenir de notre rencontre. Pour en revenir au SANG DE LA VIGNE, je trouve que la distribution constitue un élément fondamental de la série. Pierre ARDITI joue un personnage tellement ludique, intelligent, sémillant et français que cela devait forcément m'inspirer ! Mais je n'oublie pas les autres comédiens, souvent prestigieux, comme Catherine HIEGEL dans Coup De Tonnerre Dans les Corbières en 2014 et  Annick GRINBERG dans le dernier épisode.

C’est aussi une série avec de l’humour ?

JMS : oui mais pas n'importe quel humour ! Cela me rappelle Léo FERRE, qui disait dans sa chanson Le Chien, que « on peut me rire au nez, ça dépend de quel rire ! ». Cette série, je trouve que, tout en restant dans le domaine du polar, possède un certain humour, en particulier au niveau de l'écriture et de la langue.

Pour vous qui écrivez des paroles de chansons, cela vous a touché ?

JMS : évidemment car c’est un élément fondamental pour moi qui aime beaucoup la langue française. On touche là à une autre qualité de cette série, à savoir que les épisodes  sont remarquablement écrits par Jacques et Christine LEBRINA. Vous savez, ce sont eux qui apportent ce niveau d’exigence de la langue dans la série.

A propos de la dernière saison, dans l’épisode RETOUR A NANTES, vous surprenez par une sorte de pastiche de John WILLIAMS sur le Prélude ?

JMS : effectivement, pour le début de l'épisode, et la séquence de  l’attaque du requin, il est évident  que j’ai cherché une référence  avec Les Dents De La Mer.  Mais ce n'est pas si simple. En effet, s’il y a bien une référence à la célèbre musique de John WILLIAMS, j'ai inversé les codes. C'est-à-dire que, contrairement au thème de référence, j'ai d'abord introduit un univers sonore lourd et rampant qui s’accentue quand la panique arrive sur la plage. Ce n’est qu'ensuite que je lance l’offensive musicale liée cette fois au requin lui-même  avec son rythme actif dans les cordes  et les cuivres. Ce qui donne cette terrorisante ambiance jusqu’à l’attaque du requin Maintenant, tout cela se passe très vite car cette musique intervient sur le prologue ; le reste de l'épisode, à l'image de la série, se passe plutôt dans les vignes. Mais je dois reconnaître que le réalisateur Klaus BIEDERMANNN  a merveilleusement opté pour ce suspens en début  de film ; ce qui a surpris tout le monde !

Concernant le même épisode : vous avez composé une musique assez terrifiante  sur la fin, lorsque Benjamin LEBEL découvre un cadavre dans le congélateur puis sa confrontation avec l'assassin ?

JMS : en ce qui concerne la séquence de la découverte des corps dans le congélateur, il existe une double ironie que désirait la productrice Lissa PILLU ; c’est-à-dire un humour qui se traduit dans des codes pizzicato et, en même temps, une tension contradictoire qui prend les choses au sérieux dans la scène. Je suis content que vous ayez remarqué cette scène car je dois dire qu’elle est majestueusement jouée par Pierre ARDITI. Il est très fort, tellement bon que la musique ne fait que le suivre. En fait, dans cette séquence, tout est nommé par le jeu et la situation.

Alors que la série s'arrête, qu'en retenez-vous ?

JMS : pour moi, travailler sur cette série et avec de grands comédiens comme Pierre ARDITI a représenté un véritable plaisir. Pour tout vous dire, cela a représenté un bonheur comparable à ce que je ressens  quand je collabore au théâtre ! J’ai donc éprouvé un plaisir fondamental à travailler avec cette production et, en particulier, Lissa PILLU, comme cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Je dois vraiment la remercier et ce pour plusieurs raisons. D'une part, elle est arrivée à un moment où je n'allais pas bien.  Et d’autre part, par ses encouragements, sa force de conviction, c’est vraiment elle qui m’a redonné l’envie de composer !

LE SANG DE LA VIGNE. Une série produite par Lissa PILLU pour Télécip/France 3. Musiques originalesde Stéphane ZIDI et Laurent SAUVAGNAC sur la Saison 1 et par Jean-Marie SÉNIA à partir de la Saison 2. Dvd des saisons 1 à 4disponibles chez CITEL vidéo.

Entretien réalisé en janvier 2017.

Plus d’informations sur  http://www.citel-video.com/catalogue/serie-tv/sang-de-vigne-coffret-4-dvd/