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Coffret Rétrospective
  
 
 

JOHN WILLIAMS CONDUCTOR – LE COFFRET EVENEMENT !

Ce splendide et foisonnant coffret revient sur la carrière, en tant que chef d’orchestre, de John « STAR WARS » WILLIAMS. Sur une période qui couvre cinq décennies, John WILLIAMS s’est en effet établi comme l’un des compositeurs de musiques de films les plus remarquables de notre temps. Mais aussi, ce que le grand public, surtout européen, sait moins, c’est que, depuis 1980 et sa nomination comme Directeur musical et Chef du prestigieux Boston Pops Orchestra, il s'est produit avec un immense succès dans de multiples institutions américaines,  C’est plus précisément de ce parcours prestigieux dont il s'agit dans cette rétrospective. En effet, depuis le milieu des années 1980, d’abord avec le label Philips Digital Classics puis Sony Classical, John WILLIAMS a enregistré un nombre impressionnant d’albums thématiques de standards de différents répertoires et d’extraits de ses propres compositions. MUSIC OF THE NIGHT : POPS ON BRODWAY constitue le premier album enregistré en 1990 pour Sony. Il s'agit d’une splendide compilation d’extraits (INTO THE WOODS, PHANTOM OF THE OPERA) et de medleys (Andrew LLOYD WEBBER Trilogy, BERNSTEIN ON BROADWAY), dans des arrangements inédits très réussis, de comédies musicales, essentiellement américaines. Mais pas seulement puisqu’on y entend un air des MISÉRABLES, le succès des français Claude-Michel SCHOENBERG et Alain BOUBLIL. La même année, John WILLIAMS enregistre, à la tête du Skywalker Sound Orchestra, THE STAR WARS TRILOGY, qui reprend ses grands thèmes composés pour les célèbres films de science fiction imaginés par Georges LUCAS. En 1991, il décide de rendre un premier hommage à son réalisateur culte et ami dans THE STEVEN SPIELBERG /WILLIAMS COLLABORATION qui retrace une large partie de leur parcours commun, de SUGARLAND EXPRESS à INDIANA JONES ET LA DERNIÈRE CROISADE, en passant par JAWS et E.T. Deux autres volumes suivront : WILLIAMS ON WILLIAMS / THE CLASSIC SPIELBERG SCORES (1995) qui contient, notamment, des suites de HOOK et JURASSIC PARK ; puis le récent THE SPIELBERG / WILLIAMS COLLABORATION PART III (2017), enregistré avec l’Arts Orchestra of Los Angeles and Children’s Chorus, qui inclut des suites, entre autres, d’AMISTAD, THE B.F.G., MINORITY REPORT et l’inédit  THE UNFINISHED JOURNEY. Suivent plusieurs albums thématiques : I LOVE A PARADE (1991) qui, comme son titre l'indique, regroupe des musiques de défilés, dont sa Midway March et Strike Up The Band de Georges GERSHWIN ; le bien nommé THE GREEN ALBUM (1992) et ses musiques traditionnelles mais aussi de compositeurs comme Leonard BERNSTEIN (CANDIDE) et Irving BERLIN (God Bless America). Et encore d’Aaron COPLAND ((Appalachian Spring), qui figure au programme de MUSIC FOR STAGE AND SCREEN (1994) avec une suite mémorable du classique The Red Pony. Et où John WILLIAMS reprend des suites de BORN OF THE FOURTH OF JULY et, surtout, de l'incroyable THE REIVERS, dans une version avec, comme narrateur, Burgess MEREDITH. Retour aux albums thématiques avec JOY TO THE WORLD (1992), dédié aux musiques de noël avec des standards, des raretés et des thèmes du film HOME ALONE (MAMAN J’AI RATE L’AVION). Arrivent plusieurs albums représentant autant d’hommages orchestraux à de grandes vedettes comme Frank SINATRA que le Boston Pops salue dans NIGHT AND DAY (1993), au travers de classiques de Richard RODGERS, Cole PORTER, Kurt WEILL, Johnny MANDEL… Dans le même registre UNFORGETTABLE (1993) regroupe des standards de jazz d’Irving GORDON, Marvin HAMLISCH, Duke ELLINGTON, Glenn MILLER… Puis SWING (1994) reprend des titres de Count BASIE (One O’clock Jump), Benny GOODMAN et Edgar SAMPSON (Din’t Be That Way) ou Louis PRIMA (Sing, Sing, Sing). Suit SUMMON THE HEROES (1996) qui, hormis ce thème titre, regroupe les deux autres fanfares olympiques composées par John WILLIAMS (Olympic Hymn-1981 et The Olympic Spirit-1988) ainsi que d'autres thèmes classiques (Carmina Burana de Carl OFF) ou musiques de films (Chariots of Fire de Vangelis). Puis, plus tard, AMERICAN JOURNEY (en référence à une suite incluse dans l’album) et CALL OF THE CHAMPIONS, qui constitue le thème des jeux olympiques d’hiver de 2002. Dans CINEMA SERENADE (1997), John WILLIAMS et le violoniste Itzhak PERLMAN reprennent de grandes musiques de films dont SABRINA et FAR AND AWAY, mais aussi LES PARAPLUIES DE CHARBOURG et YENTL (Michel LEGRAND), IL POSTINO (Luis BACALOV) ; un deuxième volume (CINEMA SERENADE 2 : THE GOLDEN AGE-1999) regroupera des vieux classiques de Max STEINER, David RAKSIN, Charlie CHAPLIN, Miklos ROSZA… La même année, il enregistre aussi THE HOLLYWOOD SOUND qui regroupe une série de musiques oscarisées dont JAWS, LAWRENCE D’ARABIE (Maurice JARRE) et POCAHONTAS (Alan MENKEN) ; puis THE FIVE SACRED TREE, son ambitieux Concerto pour basson et orchestre complété par d'autres œuvres, notamment de Toru TAKEMITSU. L'année suivante, avec GEORGE GERSHWIN FANTASY, il revisite, avec la collaboration de l'excellent violoniste Joshua BELL (1998), le répertoire du célèbre compositeur de PORGY AND BESS. Et, en 2001, il enregistre YO-YO MA PLAYS THE MUSIC OF JOHN WILLIAMS dans lequel le célèbre violoncelliste reprend un concerto et d’autres pièces classiques. Avec ce coffret, c’est à une célébration, via la musique de John WILLIAMS mais pas seulement, de toute une page de l'histoire des États-Unis, que nous convie ce coffret !

JOHN WILLIAMS CONDUCTOR – LE COFFRET EVENEMENT ! Coffret 20 cds regroupant tous les albums (hors bandes originales) enregistrés par John WILLIAMS pour Sony music. Disponible à partir du 19 janvier 2018.

JOHN WILLIAMS: THEMES AND TRANSCRIPTIONS FOR PIANO/ Simone PEDRONI

Simone PEDRONI est un brillant chef d'orchestre (il a notamment dirigé  LaVerdi Orchestra et Choir dans le concert STAR WARS) et un pianiste classique italien qui a grandi en étudiant les notes de Johann SEBASTIAN-BACH, de Serge RACHMANINOFF, mais aussi du compositeur américain. Simone PEDRONI a donc, pour cet album, repris certaines partitions déjà écrites par le compositeur pour piano, et en a transcrit d'autres ! Précisons que ce n'est pas la première fois qu’un pianiste dédie un album à John WILLIAMS ; on se rappelle qu’en France Enguerrand FRIEDRICH-LUHL s'en est fait une spécialité. L'album de Simone PEDRONI constitue donc une nouvelle présentation, sous la forme d’un récital de piano classique, des musiques de films de John WILLIAMS ; une façon élégante de remonter à l’essence même du compositeur aux 85 printemps ! Simone PEDRONI commence par de plusieurs extraits de LINCOLN : d’abord le mouvement intimiste, délicat, plus concertant que mélodique, qui fait ressortir l'intérieur du personnage principal (The People House). Puis plusieurs déclinaisons du thème principal, d'allure patriotique, dont le passage au tout piano fait ressortir son caractère émouvant  (The American Process, “With Malice Toward None”). On note aussi un côté sérieux que l’on retrouve, plus loin,  dans des thèmes intimistes qui se prêtent  parfaitement au tout piano (The Blue And Grey, Elegy) et, en plus grave, mélodieux, sur Peace Delegation. De même, on ressent bien dans ces musiques, l’héritage musical d’un 19ème siècle marqué par l'esclavage (Getting Out The Vote). Le programme continue avec une première surprise: le Thème principal, peu connu, de SABRINA; un mouvement romantique dont l’allure pianissimo fait ressortir les moindres nuances de sa structure mélodique, et qui se suffit à lui même ! Une autre surprise tient dans PRESUMED INNOCENT ; là encore, ce n'est pas la partition la plus célèbre de John WILLIAMS. Mais elle vaut le détour pour son thème principal tout entier construit autour de cellules de piano tout à la fois classique, baroque et emplie de mystère (Remembering Carolyn). Plus emblématiques: de THE EMPIRE STRIKES BACK (L’EMPIRE CONTRE ATTAQUE), Simone PEDRONI reprend The Asteroid Field ; un thème célèbre dont il épouse fidèlement la structure technique, souvent obsessionnelle. Puis, de RETURN OF THE JEDI (LE RETOUR DU JEDI), le pianiste interprète, avec respect, l’inoubliable, touchant et nostalgique thème de Luke & Leia. Surprise encore avec de larges extraits du plus récent THE BOOK THIEF (LE VOLEUR DE LIVRES): certains intimistes, parfaitement adaptés au jeu du piano (The Visitor And The Book Thief, Finale); d’autres qui font davantage ressortir les liens unissant les personnages (Max And Liesel, The Snow Fight), ou encore plus mélancoliques, concertants (Max’s Departure). Retour ensuite à un classique: SCHINDLER’S LIST (LA LISTE DE SCHINDLER) et son thème principal flamboyant. Simone PEDRONI se balade enfin en Angleterre et dans la franchise HARRY POTTER: d’abord A L’ECOLE DES SORCIERS (AND THE SORCERER’S STONE) et son thème principal plutôt mélodique (Hedwig’s Flight), puis, entre autres, celui,  plus sombre, moins chantant, de Voldemort. De HARRY POTTER AND THE PRISONER OF AZKABAN, il interprète d'abord le flamboyant Buckbeak’s Flight, puis un mouvement de base mélodique qui joue d'abord sur l'aventure (A Window To The Past). De même que la valse mélancolique de la Tante Marge (Aunt Marge’s Waltz). Plus proche d’un concerto que d’une guerre des étoiles, cet enregistrement a été conçu par Simone PEDRONI comme un voyage à travers les musiques de John WILLIAMS. Que ce soit dans les arrangements originaux du compositeur, ou ceux plus personnels mais tout aussi précis, ces classiques de musiques de films prennent, au piano solo, un nouvel envol !

JOHN WILLIAMS: THÈMES ET TRANSCRIPTIONS POUR PIANO. Musiques de John WILLIAMS par Simone PEDRONI au piano. Disponible chez Varese Sarabande.

 

THE STEVEN SPIELBERG JOHN WILLIAMS COLLABORATION-Ultimate Édition

Cette anthologie dite ultime retrace, en musique et en vidéo, l’histoire de l’une des plus grandes collaborations de l’histoire du cinéma : celle du réalisateur populaire Steven SPIELBERG avec le compositeur culte John WILLIAMS. Ce somptueux coffret 3CD+DVD sort d’ailleurs à l’occasion du 85ème anniversaire de John WILLIAMS et célèbre ses 43 ans d’amitié avec Steven SPIELBERG. Il faut dire que, depuis le thème emblématique des DENTS DE LA MER à celui D’INDIANA JONES, en passant par celui d’E.T. L’EXTRA-TERRESTRE, John WILLIAMS a composé les musiques de plus de 25 films de Steven SPIEBERG ! Plus incroyable encore, il a réussi comme aucun autre compositeur à faire pénétrer la musique de ces films dans l’inconscient collectif ! Ce coffret apparaît particulièrement complet puisqu’il reprend les deux précédentes anthologies (THE SPIELBERG/WILLIAMS COLLABORATION et WILLIAMS ON WILLIAMS: THE CLASSIC SPIELBERG SCORES). Surtout, s’y rajoute un troisième volume inédit qui comprend 75 minutes de nouveaux arrangements spécialement enregistrés pour cet album. On y retrouve surtout les plus récentes collaborations du duo, qui continue de régaler à la fois nos yeux et nos oreilles ! Et cela commence par le superbe The Adventures of Mutt extrait d’INDIANA JONES ET LE  ROYAUME DE CRISTAL ; un thème virtuose qui marque par ses courtes cellules crescendos et des orchestrations brillantes, à la fois concertantes, mettant en avant les cuivres et les percussions. On notera que John WILLIAMS met aussi en avant, c'est une surprise, le Marion’s Theme des AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE (RAIDERS OF THE LOST ARK) ; un motif secondaire mais très plaisant, indissociable du personnage joué par Karen ALLEN. Suit le thème principal, l’hymne chanté Dry Your Tears, Afrika tiré d’AMISTAD, qui évoque de manière puissante et élégante l'esclavage, au centre de ce film méconnu de Steven SPIELBERG. Puis on retrouve le thème principal du récent, mais sous-estimé, BON GRAND GÉANT ; un bijou de conte dont cette suite se situe dans une veine mélodique et orchestrale dont l'ampleur, la profondeur émotionnelle, rappelle des partitions comme HOOK. John WILLIAMS continue avec LINCOLN, la partition forcément empreinte de patriotisme et dont la mélodie est portée par la trompette (With Malice Toward) et dont il reprend, en fin de disque, le magnifique With Malice Toward None, lancé par un solo de violoncelle.  Puis il reprend The Duel extrait des AVENTURES DE TINTIN ; un motif d'aventures inattendu, très technique, crescendo mais tellement intelligent, et formidablement interprété par le Recording Arts Orchestra Of Los Angeles. Très différent mais tout aussi réussi, A New Beginning, extrait particulièrement orchestral, répétitif dans une courte cellule, et romantique, du film de science fiction MINORITY REPORT, avec Tom CRUISE. Suivent les trois Escapades pour Saxophone Alto Saxophone et Orchestre de l'excellente partition,  d’ATTRAPE-MOI SI TU PEUX (CATCH ME IF YOU CAN), avec Leonardo DI CAPRIO. Dans la lignée des musiques très américaines, mais aussi émouvantes, on retrouve aussi le lyrique Hymn to the Fallen, rythmé par ses caisses claires et sa fanfare, extrait de SAUVONS LE SOLDAT RYAN (SAVING PRIVATE RYAN), grand film de guerre avec Tom HANKS. Puis la musique, romanesque et aux accents celtiques, des grands paysages de CHEVAL DE GUERRE (Dartmoor, 1912 extrait de WAR HORSE). Et à l’excellent thème Viktor’s Tale, porté par sa mélodie pour clarinette, son développement orchestral subtile, entre Europe de l’est et rhapsodie américaine, extrait de la comédie surréaliste THE TERMINAL, de nouveau avec Tom HANKS. On entend encore la version de concert du Prayer For Peace tiré de MUNICH ; un thème profond, orchestral et dont la puissance mélodique des cordes fait penser à  LA LISTE DE SCHINDLER. Parmi tous ces classiques, on trouve aussi la musique d’un court métrage sur l'histoire des États-Unis réalisé à l'occasion du passage de l’an 2000 et pour lequel John WILLIAMS a composé une musique qui ressemble à un concentré de ses meilleurs thèmes. Ainsi, le morceau commence comme une sorte de fanfare, une célébration aux contours symphoniques mais aussi tragiques. Il se poursuit dans un développement orchestral profond, rythmé par des caisses claires qui introduisent une musique plus épique, chantante, riche en cuivres, comme pour mieux retracer ces quelques pages de l'histoire, en perpétuelle construction, des États-Unis (Immigration and Building from THE UNFINISHED JOURNEY). Enfin, et ce n’est pas rien, ce coffret contient également un DVD du documentaire Steven SPIELBERG & John WILLIAMS: THE ADVENTURE CONTINUES, un documentaire réalisé par Laurent BOUZEREAU en octobre 2016, sur la collaboration de ces deux artistes majeurs aux carrières intimement liées ; un film aux images rares de l'enregistrement du disque et où le compositeur et le réalisateur se confient (en anglais et, malheureusement sans sous-titres) sur, davantage que la musique, leur amour du cinéma. Tous ces éléments font de cet ultimate collection un objet réjouissant, précieux… Immanquable !

THE STEVEN SPIELBERG JOHN WILLIAMS COLLABORATION-Ultimate Édition. Disponible chez Sony music.

LE BON GROS GÉANT (The Big Friendly Giant)

Steven SPIELBERG a toujours réalisé des films avec son regard d'enfant          ; Cela se vérifie avec ce conte qui, plutôt que de tourner au film d'épouvante pour enfant, préfère raconter une histoire d’amitié, de loyauté, de protection des amis… C’est donc l’histoire d’un Bon Gros Géant (Mark RYLANCE), qui ne ressemble pas du tout aux autres habitants de son Pays. Beaucoup moins effrayant et qui ne mange pas les humains, au contraire du Buveur de sang (Bill HADER) et de l’Avaleur de chair fraîche (Jemaine CLÉMENT), le BGG préfère les schnockombres – une sorte de concombre gigantesque - et la frambouille. À son arrivée au Pays des Géants, la petite Sophie, prend d’abord peur de ce mystérieux personnage mais va vite s’y attacher… Dans la première partie du film, tout irait donc bien, sauf que la présence de la petite fille attire bientôt l’attention des autres géants… Pour la musique, après une pause sur LE PONT DES ESPIONS, Steven SPIELBERG a retrouvé son fidèle John WILLIAMS. Celui-ci signe une partition, non pas étonnante, mais souvent, à l’image du film, émouvante. Dès le début, sur le Prologue, John WILLIAMS amène du mystère. Il privilégie le piano sur les images de Sophie cachée (Overture). Puis, à l'heure du crime, il dévoile des notes majestueuses en même temps que l'ombre du géant progresse entre les immeubles, se fondant dans les décors, les paysages (The Witching Hour). Alors que le BGG conduit Sophie vers le pays des géants (To Giant Country), John WILLIAMS propose une musique délicatement mélodique, parfois lointainement pianissimo et, surtout, comme souvent dans cette partition, d'inspiration école classique, à la manière d'une symphonie des couleurs et du surréalisme, notamment sur la séquence où Sophie observe les bouteilles contenant des rêves (Dream Jars). Puis, dans un deuxième temps, le compositeur propose une musique plus rythmée, volage avec les flûtes, lors du passage vers le pays des géants ; également, lors du Cauchemar de Sophie, des notes effrayantes en crescendo et avec de la grosse caisse (Sophie’s Nightmare) qui tranche avec des thèmes qui passent de la tension à base de cuivres, de piano dans les graves, à un dynamisme proche de l’opéra bouffe sur la course des voitures (Frolic). Arrivés au pays des rêves, il développe ensuite une musique aérienne, parfois qui voltige, utilisant de légères percussions. Mêlant de courtes entames mélodiques typiquement américaines, parfois lumineuses, parfois plus sombres à mesure que Sophie et le BGG gambadent dans les vertes vallées (Dream Country). Pour illustrer les rapports de confiance grandissant entre Sophie et le BGG, John WILLIAMS reprend une base de piano ainsi qu’un motif qui leur est propre, à l’américaine, porteur de générosité (Building Trust, Sophie’s Future) mais aussi d’enfance sur des harmonies tournantes à base de bois (Blowing Dreams) ; des thèmes dont il propose des variantes, notamment sur les moments de doute de Sophie, en utilisant du tuba, qui introduit des passages à la fois larges et intimistes (There Was a Boy). En fait, le véritable tournant intervient quand Sophie et le BGG quittent retournent à Londres voir La Reine (Penelope WILTON) pour l’avertir du danger que représentent les géants. Ce qui donne des séquences pleines d’humour, de rêves (de la Reine notamment) et de l’aventure ; Et des musiques emplies de délicatesse, parfois d’esprit royal (The Queen’s Dream) ainsi que, de nouveau, des variantes du thème de Sophie et du BGG, avec des caisses claires pour souligner le côté britannique (Meeting The Queen). Mais aussi, des mouvements d’allure pastorale, avec de nouveau des passages délicats de piano introduisant des parties plus majeures, répétitives aussi (The Boy’s Drawings). Sans oublier quelques musiques savoureuses d’action (Giants Netted) avant un Finale profond et concertant. Au final, même si on peut lui reprocher trop de bons sentiments et des géants qui, hormis le héros, se révèlent plus bêtes que méchants, Steven SPIELBERG signe un film véritablement attachant. Il faut dire que les effets spéciaux comme l'interprétation, les décors et les trouvailles scénaristiques, tout fonctionne ! Jusqu'à, évidemment, la partition composée par John WILLIAMS, toujours impeccable et raccord avec le scenario, souvent très orchestrale. Mais aussi, et on aime, qui apparaît bien plus intimiste, toute simple au piano (comme parfois sur LINCOLN auquel on pense souvent), sur les séquences à l'orphelinat et les gros plans sur la jeune Sophie. Alors, évidemment, ce Bon Gros Géant ne possède pas la force d'un E.T. mais, qu'importe, des films de cette qualité, bande originale comprise, on en rêve toujours !

LE BON GROS GÉANT. Un film réalisé par Steven SPIELBERG avec Mark  RYLANCE, Ruby BARNHILL. Musique originale de John WILLIAMS disponible chez Walt Disney records.

STAR WARS THE ULTIMATE SOUNDTRACK COLLECTION

Alors que triomphe l'épisode 7 triomphe dans les salles, Sony music vient de rééditer sous la forme d'un somptueux coffret de luxe « Ultimate édition » les  bandes originales des deux trilogies précédentes de la saga STAR WARS créée par Georges LUCAS. Rappelons que toutes les musiques ont été composées par l'immense John WILLIAMS. On notera que cette « Ultimate édition » est disponible en coffret 10 disques dont les visuels reprennent ceux des toutes premières sorties des disques vinyles d’époques, jusqu’à reprendre les logos des éditeurs d’origine, notamment le label RSO, connu pour avoir sorti aussi la bande originale mythique de LA FIEVRE DU SAMEDI SOIR. Cette ressortie intégrale est également disponible en Collection vinyle et, modernité oblige, en numérique haute définition. Bien sûr, STAR WARS : The Ultimate Edition Soundtrack inclut les bandes originales célébrissimes de John WILLIAMS (dans leurs éditions intégrales !) des six films qu’on ne se lassera jamais d’écouter tellement elles ont marqué l’histoire autant de la musique de films que du cinéma. En effet, qui ne connait pas le thème légendaire du générique, la marche impérial (motif associé à Dark Vador), également la musique romantique des frères et sœurs Luke et Leia, Duel Of The Fates ; que des classiques ! En complément, comme une cerise sur le gâteau, on découvre en plus un CD bonus inédit comprenant des interviews audio avec Harrison FORD et John WILLIAMS. On y trouve aussi le DVD STAR WARS: A Musical Journey, un programme vidéo original d’une heure spéciale mettant en parallèle des thèmes musicaux et des séquences des films ; une autre façon d’écouter la musique ! Un bémol cependant : la bande original de l’épisode 1 (The Phantom Menace) est présentée dans sa version d’origine sur un seul disque alors qu’était également sortie une édition intégrale double disque. Bien évidemment, le coffret reste un superbe objet qui séduira les collectionneurs tout en attirant une nouvelle génération de spectateurs auditeurs, est en outre complété par un poster dépliable et trois autocollants à collectionner !

STAR WARS THE ULTIMATE SOUNDTRACK COLLECTION. Bandes originales des episodes 1 à 6 de STAR WARS composées et dirigées par John WILLIAMS disponibles en coffret 11 Cds + 1 dvd chez Sony music.

JAWS/JAWS 2 – Nouvelles éditions

Après les somptueuses nouvelles éditions de BACK TO THE FUTURE I & II, le label américain propose cette fois deux musts du compositeur mythique John WILLIAMS : LES DENTS DE LA MER (JAWS) et sa suite LES DENTS DE LA MER 2 (JAWS 2) ; deux partitions présentées pour la première fois dans des éditions doubles cd. Pour le premier film dont la bande sonore reste, encore aujourd’hui, une des plus célèbres du cinéma, et en particulier son thème principal crescendo qui tient sur quelques notes qui se répètent en boucle, John WILLIAMS obtient un Oscar. Et pour cause puisque le réalisateur Steven SPIELBERG a lui-même indiqué que, au moins la moitié de la réussite du film, qui met en vedette Roy SCHEIDER, Richard DREYFUSS, Robert SHAW... et le requin le plus terrifiant dans l'histoire du cinéma, résultait de la musique de John WILLIAMS ! Pour le reste, John WILLIAMS propose un score qui compte à parts égales des musiques puissantes de terreur et des thèmes plus entrainants et nautiques. Alors que presque toute la bande sonore du film avait déjà été éditée en 2000 par Decca, cette nouvelle édition présente surtout un son nouvellement mixé à partir des bandes d'origine et sous la supervision de John WILLIAMS. On y retrouve aussi quelques morceaux ou bouts de morceaux inédits. Parmi les quelques ajouts, on note ces thèmes doucement inquiétant avec des cordes qui évoquent la mer, le danger (Remains On The Beach) ou plus dans les graves, la violence, avec notamment du cor et de la harpe et toujours des citations du thème du requin (The Alimentary Canal, The Shark Hits The Cage, Quint Meets His End) ou encore liant l’inquiétude, la répétition (Shark Tows Orca) à une ambiance enjouée de station balnéaire (Tug On The Line). On remarque également quelques thèmes alternatifs comme ce morceau dans les graves, essentiellement à base de cuivres, accompagnés d'un piano qui reprend des bribes des thèmes principaux (06. Father And Son-Film Version, From Bad To Worse. Quint Thinks It Over). On note aussi que plusieurs thèmes sont présents dans les versions entendues dans le film, et qui diffèrent donc de la version album, parfois dans des durées plus courtes (Comme Out To Sea, The Shark Approaches) ou légèrement plus longues (The Empty Raft). Enfin, l’album se termine par six musiques extraites de la parade et la plage d’Amity Ville, arrangées par Stu PHILIPS et Hal MOONEY et enregistrées avec une fanfare par John WILLIAMS. On y retrouve des morceaux tels que le Joplin Rag de Scott JOPLIN, Winter Stories Waltz d’Alphons CZIBULKA, In The Good Old Summertime de George EVANS & René SHIELDS, Thousand And One Nights Waltz de Johann STRAUSS Jr. et deux thèmes de Marching Band. Pour le second film, réalisé en 1978 par Jeannot SZWARC, John WILLIAMS proposait une musique renouvelée marquée par un thème principal célèbre pour cordes graves entouré d’une musique qui ouvre l’horizon de l’aventure, de l’action et de la terreur. Aujourd'hui, le label américain propose une version complètement élargie par rapport à l’édition précédente, en levant sur le voile sur les musiques inédites de plusieurs séquences d'attaques du requin sur les skieurs nautiques, un hélicoptère ou encore plusieurs plaisanciers. Comme sur JAWS, on trouve à la fois la musique entendue dans le film et une édition remasterisée de l’album MCA  d’origine ainsi que quelques thèmes alternatifs. John WILLIAMS commence par un superbe générique étonnant parce qu'il ne joue pas seulement dans l'épouvante. Au contraire, le compositeur joue de manière plutôt nuancée  dans l'étrange, les cordes, notamment la harpe, généreuses. Et même si on retrouve sur la fin le thème du premier film, ce qu'on retient avant tout c'est l'entrée progressive d'un tout nouveau thème  (Jaws 2 – Main Title). Parmi les nouveaux thèmes principaux, on note un remarquable thème de navigation, à la fois enjoué et mélodique (Sailing) que l’on retrouve dans plusieurs variantes  (The Open Sea). Ensuite, comme sur nombre de ses partitions des années 1970 et après, le compositeur excelle dans les thèmes de tension. C’est ainsi le cas sur ce thème lent, délicat, avec des flûtes lointaines, et quelques sursauts de violence, dans la lignée de POSÉIDON ADVENTURE (Ballet For Divers). Et puis, il dose savamment le suspense et l’aventure à travers des thèmes de harpe, comme dans le générique, qu'il développe en les mélangeant à des sonorités percussives, également des crescendo (The Water Kite, The Water Skier/Fire On Board, Sinking The Catamaran). Le compositeur joue également le mystère, la tension, par des thèmes plus graves, qui vont crescendo vers un thème principal coloré, grandiose comme Catching The Cable, ou la tragédie comme Brody’s Thoughts/The Charred Body). Il joue encore la violence, par des harmonies obsessionnelles et des crescendos de cordes (Eddie’s Death). Là aussi on retrouve certains thèmes dans des versions enregistrées spécialement pour le film comme Brody Misunderstood. Ou encore comme ce thème élargi, surtout dans les vibratos, qui développe un mouvement d'aventures, qui rebondit dans les cuivres, les percussions et qui incluse toujours ces courts crescendo caractéristique de la partition (The Big Jolt). Véritable joyau, la partition contient également un final incroyablement excitant avec de superbes fortissimos coda ; John WILLIAMS y reprend le grand thème d'aventures exposé dès le début du film et le développe de manière puissante pour trompettes et cuivres. Il l'enchaîne avec le thème maritime qui avance de manière colorée et enjouée, quasiment à la manière d'une marche (End Title/End Credits). Au final, les collections sont comblés par ces éditions exceptionnelles et plus que complètes de deux partitions devenues des classiques de John WILLIAMS. Comme toujours chez le label, les albums contiennent un luxueux livret richement illustré et documenté ; de vrais cadeaux pour les collectionneurs!

JAWS/JAWS 2 – Nouvelles éditions. Musiques originales de John WILLIAMS disponibles chez Intrada records.

 

LA VOLEUSE DE LIVRES (THE BOOK THIEF)

En Allemagne en 1939 : l'histoire de Liesel (Sophie NELISSE), une jeune orpheline qui se lie d’amitié avec Max (Ben SCHNETZER), un jeune Juif. Pour eux, le pouvoir des mots et leur imagination vont devenir leur seule échappatoire à la guerre. La musique joue ici un rôle crucial en soulignant les thèmes et la personnalité des personnages. C’est bien avant le tournage que l’équipe a contacté John WILLIAMS ; une chance pour le réalisateur Brian PERCIVAL (un des auteurs de la série DOWNTOWN ABBEY) qui admirait beaucoup son travail avec Steven SPIELBERG. Visiblement, John WILLIAMS a été porté par le sujet, le roman, puis par le film, mis en scène avec une grande tendresse et humanité par Brian PERCIVAL. Et c’est tout naturellement que sa musique joue d’emblée l’émotion et le dramatique. Alors qu’on pouvait s’attendre à un thème très mélodique, le compositeur préfère développer des ambiances, des univers qui correspondent aux sentiments des personnages. Comme l’a précisé le réalisateur, ce film représentait pour John WILLIAMS l’occasion d’écrire quelque chose de différent de ce qu’il avait fait jusqu’ici, notamment des musiques symphoniques grandioses pour lesquelles il est le plus connu ; la musique de LA VOLEUSE DE LIVRES nécessitait une partition très émouvante, et c’est ce qui l’a séduit. John WILLIAMS propose d’abord des thèmes profonds, graves, très lents, basés sur une partie mélodique pianissimo convenue, qu’il décline ensuite avec des cordes (The Journey To Himmel Street, New Parents and a New Home); un schéma qu’il reprend dans un motif pianissimo lento et classieux, dont le côté magique provient des vibratos de cordes qui accompagnent la mélodie (Ilsa's Library). On reconnait aussi la patte de John WILLIAMS au travers de petits thèmes sautillants, lumineux, avec des cordes pincées (The Snow Fight, Foot Race, Writing To Mama). On revient à une musique plus classique, qui se développe dans de longs mouvements de cordes, un peu comme précédemment dans STEPMOM, sur la séquence de la leçon de lecture mais aussi du secret. Là encore, le compositeur ne se renouvelle pas mais magnifie toutes ses notes par des mouvements très fluides, notamment dans ses parties de bois (Learning to Read, Revealing The Secret). Ce qui est également le cas lorsqu’il s’agit d’évoquer le führer, à travers un thème à la fois léger et sombre dans son contrepoint ("I Hate Hitler!").  Pour les scènes de l’incendie et de la station de train, le compositeur livre une musique dramatique, où les cuivres se situent en arrière de cordes obsessionnelles et d’un piano plus discret (Book Burning) mais aussi des envolées plus lyriques (The Train Station). Pour Max And Liesel, le compositeur propose un thème doucement mélodique et joué surtout par les bois, tout comme The Visitor At Himmel Street, au développement assez dramatique, porté par des longues notes et la harpe. Dans la même lignée, il lance un thème qui privilégie le violoncelle, ainsi que des vibratos de cordes et une reprise au piano ; ce qui rappelle, d’une certaine manière, THE ACCIDENTAL TOURIST (Learning To Write). On note aussi des musiques graves pour cordes, percussions légères, harpe et un développement pianissimo (The Departure Of Max) ou plus chantants ("Jellyfish").Egalement des thèmes se situant davantage dans un registré précipité tout en possédant un contrepoint douloureux (Rescuing The Book). Sur la fin, le compositeur tire des thèmes plutôt tristes, composés surtout de longues notes, qui jouent beaucoup sur les émotions et pas seulement sur la tristesse ; la faute à une section plus chaude, plus chantante, comme une lueur d’espoir (Max Lives, Rudy Is Taken). Convenant qu’il valait mieux éviter les grandes orchestrations, John WILLIAMS a écrit une musique à la beauté simple et authentique. Les images reflétant l’innocence et l’humilité de l’histoire qu’elles racontent, il aurait été malvenu de les accompagner d’une musique grandiloquente qui aurait éclipsé la simplicité de l’existence des gens ordinaires d’Himmel Strasse. Ce que John WILLIAMS a compris en écrivant une bande originale qui a ému aux larmes le réalisateur. Alors certes, à plus de quatre-vingt printemps, le vétéran John WILLIAMS ne nous étonne pas avec cette musique beaucoup moins mélodique que, par exemple et sur un sujet similaire, LA LISTE DE SCHINDLER. Ce qui ne l’empêche de nous offrir une partition qui, par son écriture comme par ses orchestrations très classiques mais parfaites, mérite le respect.

LA VOLEUSE DE LIVRES (THE BOOK THIEF). Un film réalisé par Brian PERCIVAL. Avec Sophie NELISSE, Geoffrey RUSH, Emily WATSON, Ben SCHNETZER. Musique originale de John WILLIAMS, disponible chez Sony Music.

FURIE - LE THRILLER FANTASTIQUE ET CULTE DE BRIAN DE PALMA ET DE JOHN WILLIAMS POUR LA MUSIQUE ENFIN EN DVD !

Voici de retour en vidéo un thriller palpitant qui, grâce à des effets toujours efficaces, une bonne dose de tension et une musique fascinante de John WILLIAMS, mérite d’être visionné. Après une tentative de meurtre, Peter SANDZA (Kirk DOUGLAS, impeccable dans un rôle très physique), part à la recherche de son fils Robin (Andrew STEVENS), enlevé pour ses pouvoirs psychiques exceptionnels. Avec l’aide de son amie et agent secret Esther (Carrie SNODGRESS), Peter rentre en contact avec la jeune Gillian BELLAVER (Amy IRVING), retenue dans l’établissement médical du Docteur Mc KEEVER (Charles DURNING) pour ses capacités de médium ; un don qui lui permet d’entrer en relation mentale avec Robin… Dans la continuité du succès de CARRIE AU BAL DU DIABLE (d’après Stephen KING) et en prélude à ses thrillers cultes comme PULSIONS, FURIE démontre en 1978 le talent de Brian De PALMA pour mélanger les genres, du drame à l’épouvante en passant par un suspense digne des meilleurs films d’Alfred HITCHCOCK, aidé, il est vrai, par un casting parfait. Pour la musique, après avoir collaboré avec le vétéran Bernard HERRMANN sur OBSESSION et le jeune Pino DONAGGIO sur CARRIE, Brian de PALMA travaille, pour la seule fois de sa carrière, avec le grand John WILLIAMS, un compositeur dont la renommée est montée en flèche depuis LES DENTS DE LA MER de Steven SPIELBERG et surtout LA GUERRE DES ETOILES de Georges LUCAS.Toujours proche de l’esprit hitchcockien, le cinéaste lui demande néanmoins d’inclure dans sa partition des éléments de style de Bernard HERRMANN. Il en ressort une partition complexe, riche, à la fois mélodique et aérienne, dans la grande tradition de John WILLIAMS mais aussi romanesque, profonde et fantastique, comme peuvent l’être certaines partitions de Bernard HERRMANN. Cette référence, qui s’apparente davantage à un hommage, on la retrouve dès le Main Title et le thème principal ; un motif diabolique à la mélodie terriblement efficace pour bois, et notamment du hautbois, qui monte crescendo jusqu’à un final éclaboussant dans les cuivres. L’autre thème important de la partition est celui associé au personnage de Gillian ; un thème joyeux, chantant, mélangeant habilement hautbois, cordes et trompettes, ce qui deviendra, avec les années, caractéristique du style de John WILLIAMS. La vision du film permet alors d’apprécier, avec les images, la force de certains thèmes qui jouent à la fois l’inquiétude et la terreur ; ce qui se vérifie notamment sur la séquence des visions de Gillian dans les escaliers ; également dans d’autres séquences, accompagnées par des musiques à la fois aériennes et inquiétantes, à base d’un alliage entre instruments électroniques, cordes et flûtes avec des parties très rythmées. Là encore, on apprécie encore plus avec les images le talent de John WILLIAMS pour coller aux personnages, à leurs réactions et à leurs agissements, à leurs craintes également comme sur le thème de la Conspiration, alors que Gillian à des visions nocturnes et sent une présence. Enfin, que dire de la longue séquence de l’évasion de Gillian, sans aucun autre accompagnement que la musique de John WILLIAMS. A ce moment là, la musique monte crescendo en intensité, comme plus tard pourra évoluer celle d’E.T., sur une autre séquence d’évasion. On peut également apprécier des thèmes secondaires comme, celui, chantant, à la fois nostalgique et inquiétant, d’Hester, qui tente, par tous les moyens, d’aider Peter. On note que le film est avantageusement introduit par un entretien passionnant avec Samuel BLUMENFELD, co-auteur d’une biographie du cinéaste. En bonus, on trouve 4 entretiens d’époque avec Brian de PALMA, Amy IRVING, Carrie SNODGRESS et Frank YABLANS ainsi que plusieurs documentaires tous très intéressants : Du sang sur l’objectif, un entretien avec le Directeur de la photo Richard H. KLINE ; Histoires de Pivotage dans lequel Fiona LEWIS revient sur son personnage et sur sa dernière scène…culte ; Journal de tournage et Double negative, un court-métrage de Sam IRVIN, en fait un hommage au cinéma de Brian de PALMA. Par la force de son sujet et le son de l’Orchestre Symphonique de Londres pour la musique, FURIE reste, plus de trente ans après sa création, un film unique dans l’œuvre du cinéaste. Pour cette ressortie, il est présenté pour la première fois dans une version restaurée qui permet de faire ressortir toute la brillance des images et les subtilités de la musique.

FURIE, un film réalisé par Brian DE PALMA, scénario de John FARRIS, d'après son roman, avec : Kirk DOUGLAS, John CASSAVETES, Carrie SNODGRESS, Charles DURNING, Amy IRVING, Andrew STEVENS. Musique originale de John WILLIAMS disponible chez Lalaland records.

Double dvd et blu-ray disponibles le 23 octobre 2013 chez Carlotta films.  

 

LINCOLN

Steven SPIELBERG dirige Daniel DAY-LEWIS dans le rôle du Président LINCOLN. Le film relate les derniers mois de son mandat, dans une Amérique ébranlée par la guerre. Dans ce chaos, en homme déterminé et courageux, LINCOLN  va tout faire pour abolir l'esclavage. Pour la musique, sans surprise, le réalisateur d’E.T. reste fidèle au vététan John WILLIAMS qui signe une partition d’abord émotionnelle, marquée par quelques thèmes brillants et des développements qui rappellent des partitions comme J.F.K. et surtout NE UN 4 JUILLET. D’entrée, John WILLIAMS frappe fort avec deux thèmes principaux magnifiques, puissants et grandioses. On trouve d’abord un thème, très mélodique, qui démarre doucement et qui se développe délicatement ; un vrai hymne à la personnalité complexe de LINCOLN, qui décrit également le courage et les combats d’un homme. Dans un deuxième temps, John WILLIAMS introduit un second thème, plus classique, avec davantage de cordes et des trompettes qui donnent une couleur américaine (The People’s House). Il continue dans la lignée du thème principal avec un mouvement très lent, qui se développe progressivement, pour atteindre une plénitude, une force (The Purpose Of The Amendment). On retrouve le thème principal régulièrement dans la partition, par exemple reprise sur un mode doux, sensible, orchestral, avec un lyrisme sous-jacent (“With Malice Toward None”). Le compositeur passe aussi par la musique purement américaine, très référentielle, et même très western avec un thème joyeux, enlevé qui n’est pas sans rappeler certaines de ses partitions pour des films d’aventures comme THE REIVERS ou encore THE COW-BOYS ; un thème à base de violon cajun qui donne une couleur populaire à la musique (Getting Out The Vote), que l’on retrouve également sur des musiques traditionnelles arrangées par Jim TAYLOR (The Race To The House). John WILLIAMS revient à son thème principal et le développe de notes interrogatives, rajoutant ainsi du suspense, du mystère au combat de Lincoln ; un thème renforcé par la fougue des cuivres, légers mais bien présent. Là encore, on pense à des partitions comme J.F.K. En fin de morceau, le thème est repris simplement au piano avec des notes interrogatives qui rappellent d’autres partitions très américaines comme NE UN 4 JUILLET (The American Process, The Southern Delegation And The Dream). On trouve ensuite un motif pianissimo nostalgique, léger, mélodique, très agréable, léger et intimiste ; un thème mélodique en mineur qui évoque la solitude, une certaine tristesse. Suit un thème plus orchestral, légèrement rythmé, avec un souffle dramatique ; un motif à la tension sous-jacente, avec un rythme dansant. On note également des notes de piano qui tombent, ce qui est classique de John WILLIAMS. (The Blue And Grey). On rentre là dans la partie musique américaine du film avec des roulements de caisses claires et des flûtes, et un thème de guerre qui rappelle l’Amérique du 19ème siècle, un thème très classique, suivi d’une chanson patriotique (Call To Muster And Battle Cry Of Freedom). On note encore un thème profond au basson, une musique dramatique, au développement lent, doux, suivi d’une reprise intimiste au piano solo (Father And Son) ; également une musique comme une sorte de rayonnement, d’éveil, avec une reprise lointaine au violon du thème principal (Freedom’s Call). Le compositeur termine par une longue suite qui commence par une mélodie lente, atmosphérique, avec une reprise très émouvante du thème titre, suivie d’un développement illustrant du destin d’un homme. On note aussi une variation lointaine du thème principal, puis une reprise glorieuse, grave du thème d’aventure avec la petite mélodie à la flûte. Le compositeur n’en oublie pas les parties lyriques avec des chœurs et les développements intimistes pianissimo pour un final tout en finesse (The Peterson House And Finale). Comme un bonus, John WILLIAMS conclue avec une reprise au piano de “With Malice Toward None”. Au final, après un TINTIN d’anthologie et un WAR HORSE correct, John WILLIAMS navigue là entre JFK et NE UN 4 JUILLET, avec une partition très américaine. On reste ébahi devant la beauté de ses mélodies et la brillance de ses orchestrations. Autour, le vétéran tisse une partition souvent lente, ample mais toujours juste. Il n’en oublie pas les moments d’intimité superbement joués au piano. Une partition magnifique !

LINCOLN, un film de Steven SPIELBERG; avec Daniel DAY-LEWIS, Sally FIELD, David STRATHAIRN, Joseph GORDON-LEVITT, James SPADER, Hal HOLBROOK et Tommy Lee JONES. Musique originale de John WILLIAMS, disponible chez Sony Classical.