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Rencontre et Chronique - Entre Jazz et Cinéma !

JEF NEVE : UN « ARTIST »

EN SPIRIT  CONTROL !

 

A l’occasion de la sortie de son nouvel album, nous avons pu rencontrer Jef NEVE ; un pianiste (il a joué sur la bande originale de THE ARTIST) et un compositeur à l’aise dans une multitude de genres. A commencer par le jazz mais surtout pas que ! Pour preuve : cet album spirituel et parfaitement contrôlé – d’où le titre- qui présente des titres variés, très bien écrits et superbement joués. Afin de mieux le connaitre, nous lui avons demandé de nous parler de son parcours et de ses influences, très classiques mais aussi plus modernes. Nous l’avons aussi interrogé sur son rapport à l’image et ses quelques collaborations dans ce domaine.

 
 
La Rencontre !

Jef NEVE, depuis quand faites-vous de la musique ? Etes-vous d’une famille de musiciens ?

JN : depuis l'âge de 3 ans. C'est en effet à ce très jeune âge que j'ai commencé à jouer mes premières notes sur le piano. D’ailleurs, je dois vous le dire : j'ai grandi avec de la musique autour de moi dans la maison familiale. Mon père n'est pas un musicien mais reste un amateur de musique formidable. Quant à ma mère, c'est une bonne pianiste et elle chante encore aujourd’hui dans un chœur.  

Avez-vous commencé par le jazz ou le classique ?

JN : au Conservatoire, j'ai étudié à la fois mes maîtres classiques et de jazz au piano. À l'école de musique, en tant que petit, j'ai commencé la musique classique (et aussi le saxophone).

Vous mettez-vous des frontières dans la musique ?

JN : pas du tout. Ma principale préoccupation consiste à de faire de la musique profonde et sincère. Vous savez, je n'aime pas les barrières, ni dans la musique, ni dans la vie.

D’une manière générale, quelles sont vos influences ?

JN : pour moi, Johan-Sébastian BACH représente Dieu dans la musique ! Ensuite, j’aime beaucoup RACHMANINOV et, bien sûr, Wolfgang-Amadeus MOZART. Mais j'apprécie aussi des compositeurs de notre époque : Brad MEHLDAU, György LIGETI, Keith JARRET, PRINCE, les groupes RADIOHEAD et SHAKTI,... Comme vous le voyez, ce sont différents types de musiques qui peuvent m'inspirer.

Parmi ces influences, on évoque beaucoup Philip GLASS ; qu’aimez-vous dans ses musiques ?

JN : j'aime vraiment la manière minimaliste. En particulier, je trouve très intéressante la façon répétitive qu’il a de construire une mélodie et de lui donner une dimension dramatique. Je pense que c’est primordial de laisser la mélodie grandir et atteindre le public par sa simplicité.  Maintenant, en ce qui me concerne, dans mes musiques, je crois que j'ajoute, moi aussi, une dimension dramatique. J’y intègre aussi, et c’est peut-être encore plus important, une part d’improvisation. Vous savez, en tant que grand amateur de Johann SEBASTIAN BACH, je ne peux pas m'empêcher de composer des couches, des voix supplémentaires, qui agissent de manière fugace dans ma musique.

A quel moment avez-vous trouvé l’idée directrice de cet album qui s’intitule SPIRIT CONTROL ?

JN : l’idée m’est venue l’été dernier alors que je me trouvais en vacances en Italie. C’est pendant ce séjour que j’ai découvert un album de Max RICHTER qui avait réorganisé LES QUATRE SAISONS d’Antonio VIVALDI. J’ai trouvé le résultat tellement magnifique, qu’immédiatement, j’y ai vu la façon dont mon nouvel album devait sonner !

S’il y a un côté spirituel dans cet album, peut-on dire que c’est dans le morceau Spirit Control, sur lequel vous jouez beaucoup de manière mélancolique, répétitive, qu’on le retrouve le plus ?

JN : cet album, il n'est pas spirituel seulement dans certains morceaux. Il s'agit aussi de l'idée de contrôle de votre esprit. J'ai le sentiment, à ce stade de ma vie, que je fais les choses «sous contrôle». Je sais que c'est juste une pensée, mais cela me donne un sentiment très positif, beaucoup d'énergie, et c'est aussi la façon dont nous avons réalisé cet album, en prises directes, avec beaucoup d'énergie! Il est vrai que certaines chansons commencent par une mélodie mélancolique, mais elles contiennent en fait une forte accumulations ou une fin positive.

Plus que le jazz, peut-on dire que vous jonglez à la fois avec le jazz et le classique, comme dans Crystal Lights –mais aussi 10 Solitude-Orchestral arrangement- où vous intervenez au piano soit après une introduction classique soit dans lesquels vous intégrez des parties orchestrales ?

JN : comme je l'ai mentionné ci-dessus, je ne me pose pas de frontières dans ma musique. Je compose ce dont j'ai besoin ou ce que je sens que je devrais écrire. Bien sûr, je ne peux pas cacher mon passé musical, mais je ne veux pas non plus m’y enfermer. En fait, cette musique représente un reflet de moi, pas vraiment un genre particulier.

Que vous apporte la trompette, que l’on retrouve souvent dans plusieurs morceaux?

JN : ce que j’aime dans la trompette, c’est qu’il s’agit d’un instrument qui respire comme une voix humaine. Cela me touche et c’est pour cette raison qu’on en entend dans plusieurs de mes musiques.

Est-il important pour vous de jongler entre une musique enlevée, d’essence jazzy, à la fois dans le rythme et cette façon de jouer, et des contrepoints plus orchestraux de cordes, avec des parties obsessionnelles comme dans Jumpin' On Waves et NYC Marathon ?

JN : vous faites référence aux parties improvisées de mes musiques. J'ai envie de vous répondre que ce n'est pas que j’aime "manipuler" à dessein mais cela fait partie complètement de ma façon d'écrire de la musique. Je veux dire par là que les improvisations deviennent un élément à part entière dans mes compositions. C’est ce qui constitue la plus grande différence avec le jazz pur: là, les solos constituent le thème, la partie chanson du morceau.

Parmi les moments purement jazzy, Shinjuku Golden Gai se rapporte t-il à des souvenirs, des rencontres ou des voyages ?

JN : beaucoup de titres constituent des liens directs vers les endroits où j'ai eu l'impression d'écrire une certaine chanson. C’est notamment le cas du quartier Shinjuku Golden Gai à Tokyo, au Japon. C’est l'un de mes endroits préférés pour prendre un verre après un spectacle. Dans les petites rues étroites, vous pouvez trouver les plus petits bars imaginables (parfois, ils ne peuvent accueillir que 6 personnes!), C’est amusant car on a l'impression de se trouver dans un bar qui nous appartient pour la soirée. Maintenant, des titres comme le lac Kivu, NYC Marathon, sont plus évidents.

Peut-on dire que vous aimez laisser chanter votre piano, de façon assez expressive, pour donner des mouvements basés sur l’émotion comme Lake Kivu ?

JN : c'est la seule partie qui m'intéresse vraiment à jouer au piano: le moment où il commence à chanter et à reprendre ma voix.

Dans quelles circonstances avez-vous ecrit la chanson Caterpillar avec, en plus, la voix de Sam SPARRO ?

JN : Sam SPARRO et moi avons écrit cette chanson lors d’un bel après-midi. Nous l'avons enregistrée dans une version unique, et je suis ravi d’avoir pu la mettre dans ce nouveau disque! Pour en revenir à l'interprète, quand je joue avec un chanteur, j'essaie d'être les notes qui doivent être jouées mais qui sont laissées de côté.

Pouvez-vous nous parler du morceau Beautiful Colours ; un des plus étonnants de l’album, de par son style et de son orchestration moderne, souvent répétitive ? En particulier avez-vous utilisé des sonorités électroniques ?

JN : C'est l'un de mes morceaux préférés sur l'album. C’est aussi parmi les plus difficiles à jouer en concert ! Ce titre représente le mélange entre le classique, le jazz et un pavot, voire un thème de danse. C'est-à-dire une chanson qui vous emmène presque en transe. Nous n'utilisons pas d'électronique lorsque nous le jouons en concert. Mais nous l’exécutons d’une manière que j’appelle "jazz it up" ; c’est-à-dire avec des rainures de batterie !

Quel est le morceau qui, selon vous, vous représente le plus dans cet album ?

JN : ton appel! Mais je suppose que la chanson titre de l’album me représente tout autant !

Pourquoi avez-vous intitulé le dernier morceau Paris, Place Sainte Catherine ?

JN : Pour la même raison, j'aime cette magnifique petite place à Paris, où vous pouvez vous asseoir et vous détendre jusque tard dans la soirée. C’est un endroit particulier pour moi ; J'y ai perdu mon cœur !

Vous avez été pianiste sur la musique du film THE ARTIST ; connaissiez-vous Ludovic BOURCE avant ? Sur ce film, vous êtes-vous contenté de jouer du piano ou avez-vous apporté des idées ? Quel souvenir gardez-vous de cette collaboration et du succès de cette musique ?

JN : ma collaboration sur ce film, pour moi, cela a représenté une histoire simple, tranquille même ! Les producteurs m'ont appelé le jour où ils ont commencé les enregistrements pour me demander si je pouvais jouer les parties du piano. Ils m’ont expliqué qu'ils n'étaient pas satisfaits de ce qu'avait fait le premier pianiste.

Comment avez-vous réagi a cette mise sous pression ?

JN : je peux vous dire que je n'ai jamais été plus stressé qu'à ce moment. Mais Ludovic BOURCE savait très bien ce qu'il voulait. Je lui ai donc joué la musique comme il le voulait. Tout simplement.

Vous avez été étonné que cette musique reçoive un Oscar ?

JN : pour moi, après la sortie, du film, il était tout simplement incroyable de constater que la bande sonore avait remporté un Oscar!

Avez-vous déjà composé pour le cinéma, accompagné des images ?

JN : oui, je compose environ 2-3 bandes sonores par an ces dernières années. Pour les séries télévisées, les films, les documentaires (THE MISFORTUNATES (F. van GROENINGEN), la série IN FLANDERS FIELDS réalisé en 2014 (WWI tv-series), quelques pistes dans BROKEN CIRCLE BREAKDOWN, SPRAKELOOS, etc. J'aime vraiment le faire. J'ai le sentiment que vous pouvez ajouter un peu plus aux images, agrandir le drame si nécessaire, sans exagérer, c'est quelque chose que j'aime vraiment. Je suis toujours intéressé à composer, si l'histoire m'attire!

Vers quelle musique vous avez envie d’aller ? Vers davantage de classique ou du jazz ou continuer dans les mélange ?

JN : j’ai surtout envie de continuer ma musique! C'est pour cette raison que j’enregistre des disques personnels et sous mon nom ; c’est-à-dire Jeff NEVE ! Et puis, ce que j’ai envie au travers de mes musiques, c’est toucher le cœur des gens !

Entretien réalisé le 14 juin 2017.

Plus d’information sur https://www.jefneve.com/ 

JEF NEVE/SPIRIT CONTROL

Voici le nouvel album de Jef NEVE ; un pianiste (il a joué sur la bande originale de THE ARTIST) et un compositeur à l’aise dans une multitude de genres. A commencer par le jazz mais surtout pas que ! Pour preuve : cet album spirituel et parfaitement contrôlé – d’où le titre- qui présente des titres variés, très bien écrits et superbement joués. Là, Jef NEVE commence par une musique profonde, dans les cordes et les graves. Son piano entre après cette introduction et joue une ligne en apparence assez simple mais technique, à la fois répétitive et crescendo. Jusqu'à l'entrée de la trompette de Teus NOBEL, qui rajoute un filet d’émotion. D’où un morceau (Crystal Lights) superbe, bien plus concertant que jazzy tout comme ce Solitude (Orchestral arrangement) où le piano se trouve accompagné d’un contrepoint profond de cordes. Jef NEVE continue par un morceau plus rythmé. Il est introduit par des percussions sur lesquelles il place, là encore, une ligne de piano répétitive mais aussi plus swing. D'où une musique enlevée, d’essence jazzy, à la fois dans le rythme et cette façon d’accrocher les notes. Ce qui n'empêche pas, par moments, un contrepoint de cordes, et des parties obsessionnelles qui rappellent, plus ou moins lointainement, certaines musiques de compositeurs contemporains (Jumpin' On Waves, NYC Marathon). Après un intermède atmosphérique, avec des bruits de vagues, sur lesquelles se posent, entre autres, quelques mélodies lointaines de piano (Kite Crash), on entend le thème titre. Là, Jef NEVE, après une introduction au violoncelle joué par Amber Docters VAN LEEWEN, joue une partie de piano qui jongle avec une ligne de violon. D'où un mouvement mélancolique, dont la partie mélodique s'élève doucement, puis se répète inlassablement, crescendo, sur un tapis de cordes (Spirit Control). Jef NEVE continue par un mouvement de piano solo expressif  assez lent, qui appelle des images ; délicatement mélodique, il se trouve accompagné d’une légère rythmique de batterie et de cordes en contrepoint (Lake Kivu). Toujours en solo, Jef NEVE continue dans l'émotion, la sensualité même, avec cette fois une chanson forcément lente et émouvante interprétée par le crooner Sam SPARRO (Caterpillar). Jef NEVE revient au piano solo, d’abord en posant une succession de notes, parfois répétitives mais pas forcément mélodiques. Puis en virant au jazz avec un feu de piano plus chantant et surtout le rythme régulier de la batterie et de quelques percussions (Shinjuku Golden Gai). Puis il propose un morceau étonnant d’abord répétitif avec un piano qui joue presque de manière électronique ; un sentiment renforcé par la présence d’un contrepoint moderne, puis d'une cellule mélodique obsessionnelle (Beautiful Colours).   Jef NEVE embraye par un mouvement de piano intimiste, délicatement mélodique, rejoint par la froideur d’une ligne, légère, de violoncelle, (The Heart Whispers Why). Jef NEVE conclut par un morceau étonnant, une escale parisienne qui s’ouvre comme un thème de jazz. Et qui se poursuit de manière plus complexe, dans un développement qui navigue entre le jazz, grâce au piano et à la trompette, et des mesures plus romantiques, à base d'orchestre (Paris, Place Sainte Catherine). Au final,  voici un album qui, s’il se trouve classé dans les rayons de jazz, se situe davantage aux frontières de genres plus classiques et contemporains. Il faut dire que Jeff NEVE, en plus de jouer magnifiquement du piano, réussit, par son écriture, ses orchestrations, à créer une musique à la fois dynamique et sentimentale. Il en ressort, assurément, un des meilleurs albums de musiques fusionnelles du moment !

JEF NEVE SPIRIT CONTROL. Disponible chez Universal Music