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KRAKOW FILM MUSIC FESTIVAL 2017 : LA CELEBRATION DU  10eme  ANNIVERSAIRE ET UN HOMMAGE À JAMES HORNER PAR JEAN-MICHEL BERNARD ET JOHN DEBNEY !

Depuis sa création en 2008,  le Festival de la musique de Cracovie est devenu un des plus importants évènements dédié à la  musique de film dans le monde. Et en 2017, il a célébré son 10e anniversaire. Poursuivant son association avec cet événement remarquable, Varèse Sarabande a produit à nouveau le CD officiel du Festival qui contient une sélection de plus de 75 minutes de musique par les compositeurs présents cette année dont 5 qui ont obtenu l’Oscar de la meilleure musique de film. Surtout, à l’approche du deuxième anniversaire de sa disparition, le Festival a rendu un hommage exceptionnel à James HORNER, à travers deux de ses musiques emblématiques. D’abord celle de  LEGENDES D’AUTOMNE (LEGENDS OF THE FALL), le flamboyant film romanesque d’Edward ZWICK – un réalisateur qui été très fidèle à James HORNER avec des films comme GLORY- avec Anthony HOPKINS, Brad PITT et Aidan QUINN. De LEGENDES D’AUTOMNE, on entend ici d’une version sobre, intimiste, magnifiquement servie par Sara ANDON -de l’orchestre de musique d’Hollywood- à la flûte et Jean-Michel BERNARD, toujours impeccable au piano. Ensemble, les deux solistes rendent honneur à la pureté, l’excellence mélodique et la force émotionnelle de la musique du compositeur. C’est vraiment très beau, particulièrement émouvant ! Du même James HORNER, John DEBNEY, à la direction du prestigieux Royal Scottish National Orchestra – un des orchestres préférés de Jerry GOLDSMITH- et de ses Chœurs, dirige une suite – de près de quinze minutes - des meilleurs thèmes du TITANIC de James CAMERON. John DEBNEY commence, en introduction avec les chœurs, par un des thèmes les plus émouvants, nostalgiques (Distant Memories). Ensuite, les frissons nous viennent quand le chef reprend le grandiose, symphonique et chantant morceau de Southampton ; la musique qui accompagne le grand départ, sous la foule, du navire légendaire. L'émotion et le souvenir de Kate WINSLET reviennent avec la reprise, pour flûte et piano, du splendide thème de Rose – un des plus sensuels motifs de James HORNER-, toujours accompagné de chœurs qui interviennent ici dans une grande délicatesse. Puis la musique repart dans un développement symphonique et lyrique grandiose, avec des chœurs associés aux cuivres sur la mélodie principale (/ Take Her To Sea, Mr. Murdoch). Il en ressort, au final, une suite éblouissante qui, là encore, fait ressortir tout le talent de James HORNER, mais aussi son héritage musical. Un grand merci donc à Jean-Michel BERNARD, Sara ANDON et John DEBNEY pour ces hommages ! Pour le reste, le Festival a aussi salué l'immense compositeur de musique électronique Giorgio MORODER revenu dans l'actualité ces dernières années, avec les Daft Punk, un album et une tournée qui est passée par l'Olympia. Ici, il reprend un thème culte qui l’a lancé : celui, à la mélodie implacable, de MIDNIGHT EXPRESS (Chase), le classique d’Alan PARKER. Du même Giorgio MORODER, on entend la célèbre chanson titre de L'HISTOIRE SANS FIN (THE NEVERENDING STORY) coécrite avec Keith FORSEY et interprétée par Limahl. Du même film, on retrouve le plus orchestral Bastian’s Happy Flight composé par Klaus DOLDINGER. Les séries télévisées sont également représentées via, d'abord, une suite pleine de  suspense, donc relativement lente, de 24, composée par  Sean CALLERY. Puis on entend un des thèmes de FARGO (Bemidji), un lento mélodique pour violon et piano composé par Jeff RUSSO et dont les reprises symphoniques sont jouées par l’Orchestre Philharmonique de Prague dirigée par Adam KLEMENS. Il est suivi d'un extrait intéressant, pas vraiment mélodique mais rythmique et répétitif, d’EMERALD CITY (The Beast Forever Approaches) composé par Trevor MORRIS. Puis d’un thème plus classique, profond, doucement mélodique et grave, avec un solo de violon mélancolique, de PENNY DREADFUL (Be True). Il a été composé par Abel KORZENIOWSKI. Tout comme celui le Grand Final, à la musique flamboyante, pianissimo et symphonique, d’ESCAPE FROM TOMORROW. On entend encore, du film FINDING NEVERLAND réalisé par Marc FORSTER en 2004, le Neverland Piano Variation In Blue composé par Jan A.P. KACZMAREK et remarquablement joué par Leszek MOŻDŻER. Côté français, Jean-Michel BERNARD, quant à lui, revient en accompagnant au piano, et avec l’orchestre, son épouse et excellente chanteuse Kimiko ONO, sur Golden The Pony Boy ; le superbe thème, la chanson qu’on aime à réentendre et qui a largement contribué à le faire connaître. Rappelons que celle-ci avait été écrite pour la comédie film poétique de Michel GONDRY LA SCIENCE DES RÊVES. Deux classiques complètent cet excellent programme : d’abord, du SEIGNEUR DES ANNEAUX (THE LORD OF THE RINGS), le morceau, pour chœur et orchestre, One Ring To Rule Them All, composé Howard SHORE. Puis incontournable générique de STAR WARS du vétéran, et toujours populaire, John WILLIAMS. Ces deux morceaux dont exécutés par l'excellent orchestre symphonique de l’Utah dirigée par Varujan KOJIAN. Sans oublier, actualité oblige, une suite de THE FAST AND THE FURIOUS: TOKYO DRIFT (Symphonic Touge) compose par Brian TYLER. Toutes ces musiques, celles de James HORNER et les autres, forment un très bel album, une compilation plus que recommandable, dédiée au cinéma et à ses meilleurs compositeurs !

KRAKOW FILM MUSIC FESTIVAL 2017. Disponible chez Varèse Sarabande.

 
 

THE MAGNIFICENT SEVEN (LES SEPT MERCENAIRES) MAINTENANT EN VIDEO !

James HORNER nous a quittés mais sa musique reste ! Rappelons nous cette devise alors que le film d'Antoine FUQUA revient en vidéo ; une édition relativement simple mais qui contient plusieurs bonus dont l’un consacré à la musique : sur de splendides images des sessions d'enregistrement, on y voit Antoine FUQUA, qui voulait une musique démentielle, les co compositeurs Simon FRANGLEN et Simon RHODES, la coproductrice Kat SAMUCK, les éditeurs Joe E. RAND et Jim HENRICKSON parler de James HORNER et de la fabrication de cette musique. Mais bien sûr, les supports mettent d’abord en avant le film, présenté dans son formai cinéma. Coté scenario, l’intrigue réserve peu de surprises mais se révèle toujours autant prenante. Elle tourne autour de Bartholomew BOGUE (Peter SARSGAARD-auquel un bonus est consacré), un cinglé d’industriel qui contrôle la ville de Rose Creek. Pour y mettre fin, les habitants, désespérés, notamment Emma CULLEN (Haley BENNETT), qui voit son mari assassiné devant elle, engagent sept hors-la-loi asociaux. Rappelons que la présence de James HORNER ne doit rien au hasard ; après LA RAGE AU VENTRE (SOUTHPAW), c’est lui qui avait convaincu Antoine FUQUA de s’intéresser à ce film. Malheureusement, entre temps, James HORNER est parti. Enfin, pas complètement car il lui a légué des musiques écrites à partir du script ! Du coup, pour la mémoire de James HORNER, Antoine FUQUA était obligé de réaliser le film. Et Simon FRANGLEN - qui a notamment programmé des synthétiseurs sur TITANIC- allait terminer la partition, en choisissant une approche fidèle au genre, conforme aux musiques du 21e siècle, et qui intègre des éléments caractéristiques du compositeur. D’où une partition qui sonne comme une musique de James HORNER ! Comme dans cette ouverture, qui concentre, sur des images enfumées d’une cité isolée, dévastée et visages consternés, tout son talent de faiseur de sons : un thème ample, porté par des flutes aériennes, des trompettes redondantes en contrepoint, des cordes frottées. Également des voix magiques qui amènent, sur une bonne partie du film, une tension pareille à une sentence au début (Rose Creek Oppression, Street Slaughter) ; un jugement sur la fin (House of Judgment). Suit le thème des sept mercenaires, soutenu, riche en cuivres, en percussions, qui traduit, par sa vigueur, leur diversité (Seven Angels Of Vengeance) ; on note la présence de guitare,  qui rappelle un certain ZORRO, auquel on pense plusieurs fois, comme sur ce thème alternant des passages de percussions, des claquements de mains. On remarque aussi des cuivres et de la flûte shakuhachi  qui renvoient au thème de la mort, si cher  à James HORNER (Lighting the Fuse, Robicheaux Reunion). La flûte qu’on entend encore dans la deuxième partie de ce vrai thème de western, qui se prolonge dans une partie mélancolique (Volcano Springs) Et qui en annonce d’autres, dont le final, très réussi, qui, après les longues séquences de combats en face-à-face, avance crescendo vers une sorte de marche victorieuse (Seven Riders). Très équilibrée, la partition déploie plusieurs thèmes de mystère ; certains apparaissent atmosphériques, montants doucement avec des cordes pincées, des nuées de flûtes, parfois des trompétâtes tristes, qui introduisent un mouvement émouvant  (The Deserter). On note également des rythmiques dans la lignée de partitions comme PATRIOT GAMES, en particulier quand Bartholomew BOGUE investit l'église (Devil in the Church, Pacing the Town). On pense aussi, plusieurs fois, à BRAVEHEART (Army Invades Town, The Darkest Hour). On note encore que les nuées de cuivres, intervenant sur des moments de faux calme, renvoient à des œuvres de jeunesses comme KRULL (Horne Sacrifice) ; qu’un long développement, assez romantique, rappelle LÉGENDES D'AUTOMNE (Takedown, Town Exodus – Knife Training, So Far So Good) ; d’autres thèmes apparaissent plus mélodiques, avançant en respectant les codes du genre et de la musique de James HORNER, comme ces accords de piano grave (Chisolm Enrolled, Magic Trick). Mais aussi qui renvoient à une certaine intimité, une douceur, surtout quand ils sont associés à des flûtes (Red Harvest). Au final, Simon FRANGLEN a réalisé une excellente partition qui, en sonnant de sonorités caractéristiques, constitue un des plus beaux hommage à James HORNER. Parmi les autres bonus : « Réaliser Les Sept » parle de la conception du film, avec des interventions de certains acteurs, des producteurs Todd BLACK et Roger BIRNBAUM et, bien sûr, le réalisateur, qui évoque sa distribution multiculturelle (qui donne lieu aussi au bonus « Les Sept »), sa passion pour Akira KUROSAWA et sa réalisation réaliste. Au final, pour James HORNER, pour les comédiens qui excellent dans leur diversité, cette nouvelle version des SEPT MERCENAIRES constitue un excellent divertissement, dans la tradition du genre !

THE MAGNIFICENT SEVEN (LES SEPT MERCENAIRES). Un film d’Antoine FUQUA, avec Denzel WASHINGTON, Chris PRATT, Ethan HAWKE, Vincent D’ONOFRIO,   Byung-Hun LEE,  Manuel GARCIA-RULFO, Martin SENSMEIER,   Haley BENNETT, Matt BOMER, Peter SARSGAARD. Musique originale de James HORNER et Simon FRANGLEN disponible chez SONY classical. Dvd et Blu-ray disponibles chez SONY Pictures Home Entertainment.

 

THE MAGNIFICENT SEVEN (LES SEPT MERCENAIRES). Un film d’Antoine FUQUA, avec Denzel WASHINGTON, Chris PRATT, Ethan HAWKE, Vincent D’ONOFRIO,   Byung-Hun LEE,  Manuel GARCIA-RULFO, Martin SENSMEIER,   Haley BENNETT, Matt BOMER, Peter SARSGAARD. Musique originale de James HORNER et Simon FRANGLEN disponible chez SONY classical.

JAMES HORNER-COLLAGE THE LAST WORK

Voilà enfin ce dernier ouvrage tant attendu de James HORNER ! Il arrive dans un album qui constitue, en quelque sorte, un dernier hommage au compositeur d’exception. En effet, loin de se limiter à la pièce classique, l'éditeur propose, en complément, comme la première partie d’un concert. L’album par l'inédit Conquest Of The Air, extrait de la musique du court métrage d’animation First In Flight ; un superbe motif, délicatement mélodique, de base pianissimo, surtout au début, mais qui contient  aussi de belles parties de flutes. Sans oublier  un développement orchestral particulièrement émouvant, entre générosité et intimité. Du même film, et d’une force symphonique similaire, on entend plus loin Kitty Hawk, une longue suite qui commence de manière profonde, avec de légères montées qui introduisent des mesures gracieuses. Mais aussi le thème principal qui, avec de la trompette, surgit de la même manière que le motif de la mort, avant un large développement orchestral, emporté par le piano, qui alterne avec les cordes dans des parties à la fois concertantes, mélodiques et intimistes. Suit ensuite une relecture de The Ludlows, tiré de  LÉGENDES D'AUTOMNE ; là encore, il s’agit d’un thème impressionnant, qui commence de façon pianissimo avant de s'ouvrir dans un souffle orchestral puissant. Une autre surprise tient dans un arrangement inédit et bouleversant du thème Jose's Martyrdom extrait de FOR GREATER GLORY et son du de violoncelle et violon mélodique.  On note deux belles reprises orchestrales de la dernière, et particulièrement réussie, collaboration entre James HORNER et Jean-Jacques ANNAUD pour LE DERNIER LOUP : d'abord Little Wolf, thème qui marque par sa douceur maternelle mais aussi des mesures enlevées, quo évoquent l'aventure. Puis la longue suite, assez lente, majestueuse et mélodique, pleine de mélancolie,  Return To The Wild, qui s’ouvre, dans la délicatesse, à la nature et  à l'émotion sauvage. Plus surprenante mais tout aussi intéressante, superbe, notamment pour ses larges lignes de violon solo formidablement servies par Mari SAMUELSEN, la Part I d’Iris, partition moins connue du maestro. Intime surprise, et pas des moindres : le Main Title & Ripley's Rescue (Suite No.1) du film de James CAMERON où le duo Mari et Håkon SAMUELSEN rend parfaitement des ambiances froides, pesantes tandis que l’orchestre joue toute la force et les nuances d'une grande musique d'action. En ce qui concerne COLLAGE, précisons qu’il s’agit d’une œuvre symphonique écrite pour quatre cuivres et orchestre, en l’occurrence ici le prestigieux London Philharmonic Orchestra dirigé par Jaime MARTIN. Dès les premières notes de la Part I, James HORNER nous plonge dans un thème splendide, lointain, dans les cuivres, émouvant et nostalgique qui rappelle, dans le style, des musiques comme IN COUNTRY ou THE PERFECT STORM. Il s'agit aussi d’un motif étonnant dans son contrepoint de percussions renforce, amplifie par les trompettes et les cordes qui jouent un mouvement puissant. Dans le deuxième mouvement, on retrouve la douceur et l'émotivité du compositeur au travers d’un mouvement profond et ample où, la encore, les cuivres amplifient la force émotionnelle. Ce qui donne l’impression que, sur un mouvement concertant, James HORNER fait la synthèse d’une œuvre qui irait de  STAR TREK, dont on reconnaît un style proches dans les cuivres mais aussi certains accords de guitare, au remarquable THE SPITFIRE GRILL. Dans la Part III,  le compositeur s'illustre par un mouvement, toujours porté par la trompette mais aussi des cordes aériennes, atmosphériques et nostalgiques. D'où une pièce relativement mélodique et en majeur, souvent héroïque, intégrant, de nouveau, des accords rappelant, comme un bilan, des éléments sonores connus, qui rappellent des partitions de jeunesse comme KRULL ; des accents que l’on retrouve encore dans certains contours de la Part IV où James HORNER développe un mouvement d’abord pianissimo et lyrique avec des cuivres résonnants puis déverse une musique profonde, souvent atmosphérique, quasi solaire. Ce qui reste le cas dans une Part V plus lyrique, plus douce et même religieuse par moments, plus rythmique dans d’autres, avec des cuivres qui interviennent le plus souvent en contrepoint ; Des cuivres très présents dès l’introduction de la Part VI, et tout le long de cet ultime volet d’une œuvre ambitieuse ; un parfait complément d’un compositeur qui a consacré sa vie au cinéma et qui constitue, en même temps, une vraie ouverture vers le concert. Au final, avec le recul des événements tragiques, ce COLLAGE de James HORNER sonne comme un testament musical. Par la diversité de ses harmonies mais aussi sa fidélité à des motifs qui ont jalonnés sa carrière, le tout dans écriture nouvelle, concertante, et avec le concours de grands solistes, James HORNER signait là une ultime création, sans le savoir un adieu a une musique qui lui a tant apporté. Forcément on ne peut qu'apprécier, se coucher devant un tel talent… Un « last work » d’exception !

JAMES HORNER-COLLAGE THE LAST WORK. Musique originale de James HORNER, interprétée par Mari et Håkon SAMUELSEN et le London Philharmonic Orchestra. Disponible chez Mercury classics/Universal.

LA RAGE AU VENTRE (SOUTHPAW) – Le Dernier Combat de James HORNER !

Si on continue de pleurer le « Braveheart » de la musique, James HORNER nous lègue ses ultimes compositions, dont celle, très attendue, pour le film d’Antoine FUQUA ; l’histoire du Champion du monde de boxe Billy HOPE (Jake GYLLENHAAL) dont l’existence fastueuse bascule lorsque sa superbe femme (Rachel McADAMS)se retrouve tuée. Il perd tout, et surtout la garde de sa fille. Pour la récupérer, il va devoir par un chemin de rédemption, aidé par Tick WILLIS (Forest WHITAKER), un ancien boxeur qui va l’encourager à reprendre l’entrainement. Après la partition généreuse du DERNIER LOUP de Jean-Jacques ANNAUD, James HORNER revenait à un style de musique beaucoup plus complexe, que l’on avait rarement entendu depuis THE FORGOTTEN (MEMOIRE EFFACEE – 2004). James HORNER commence par un rythme grave, électrique et distille très lentement, note par note, un motif plutôt aérien ; un thème plutôt épuré, contenant du piano en avant et une sorte d'écho, comme un miroir du sportif en arrière (The Preparations). Il continue par un thème toujours porté par le piano, très intimiste, avec une mélodie plus chantante, qui accompagne les jours heureux (A More Normal Life) ; une ambiance chaleureuse ressentie aussi sur des thèmes doux, délicats, portés par une cellule mélodique relativement simple et répétitive qui rappellent des classiques comme IRIS (Dream Crusher, House Auction). James HORNER reste dans une musique doucement mélodique, portée par le piano. Mais, par derrière, il amène des notes obsessionnelles, notamment électroniques et un rythme martelé par un contrepoint grave, grondant et percutant dans l’utilisation de quelques roulements de tambours (A Fatal Tragedy). James HORNER persiste par un morceau qui commence de manière aérienne (A Cry For Help 4:17), que l’on retrouve intégré, triste coïncidence, dans un long lento triste où le piano y reste présent mais lointain. D’où un mouvement qui joue surtout sur l'atmosphère, la partie mélodique s’avérant particulièrement solennelle, avec de la harpe et d’un piano qui se fait léger tout en étant obsessionnel, que l’on retrouve également sur des séquences de solitude. James HORNER signe ainsi un très beau thème, émouvant tout en restant agité et pianissimo (The Funeral, Alone..., Empty Showers). James HORNER introduit ensuite un thème plus sombre, noir même, contenant des sonorités – essentiellement synthétiques - aériennes dans les vibratos. Puis il développe un lento où le piano, là encore, intervient de manière distante, sur un fondu électronique montant, doucement rythmé, qui se termine par une sorte d'éclatement, de musique de machine ; ce qui rappelle des musiques comme SNEAKERS. Dans une seconde partie, il amène une cellule de piano doucement mélodique, répétitive, puis un rythme violent, révélateur d’un personnage, principal torturé, mais aussi de sa force (Suicidal Rampage, Training). Pour la séquence du grand combat, on trouve encore un thème sombre, rythmée, contenant également des sonorités de flûtes, en plus des boucles électroniques. Puis, le compositeur développe un mouvement à la fois plongeant, rythmique, évoquant un art martial avec ses coupures, ses pauses, débouchant sur une sorte de musique criante, dramatique. C'est à ce moment que le piano revient se poser sur une partie plus calme, malgré les roulements de tambours (13Hope vs escobar). James HORNER termine par un thème plutôt doux, délicat, à base d'un piano sensible, qui effleure les notes de la mélodie lentement. Superbe (A Quiet Moment…). Comme pour Billy HOPE qui se préparait à mener un combat en dehors du ring, James HORNER entrevoyait une nouvelle carrière, à la fois de concert (PAS DE DEUX) et de musicien de films ; Pour cette rage au ventre, James HORNER était revenu à un style plus expérimentale tout en gardant une certaine simplicité, due principalement à l’omniprésence du piano. Il en ressort une composition exigeante, baignant dans une ambiance qui oscille entre un univers synthétique rythmé et des moments de grâce émotionnelle. Certes, cette musique ne va pas balayer nos larmes mais va nous aider à ne pas oublier que James HORNER était, plus qu’un homme d’exception, un musicien exceptionnel !

LA RAGE AU VENTRE (SOUTHPAW). Un film d’Antoine FUQUA, avec : Jake GYLLENHAAL, Rachel McADAMS, Forest WHITAKER, 50 cent. Musique originale de James HORNER disponible chez Sony music.PAS DE DEUX - James HORNER/Mari & Hakon SAMUELSON

Quand un compositeur de cinéma signe une œuvre de concert, on ouvre toujours les oreilles avec curiosité. Quant en plus, il s’agit de James HORNER, c’est carrément un évènement ! James HORNER signe avec Pas De Deux, un double concerto pour violon et violoncelle commandé par les norvégiens Mari SAMUELSON (au violon) & Hakon SAMUELSON (au violoncelle). De manière très intelligente, le compositeur de TITANIC ne se trahit pas : il s’appuie sur son expérience pour écrire, certes pour deux solistes, une partition en apparence très lisible parce que d’essence populaire, sauf que, derrière, se cachent, des mouvements pointus exécutés parfaitement par Mari SAMUELSON & Hakon SAMUELSON accompagnés par un orchestre symphonique. Comme il le dit lui-même, il ne s’agit pas d’un concerto classique, plutôt un duo pour violoncelle et violon avec accompagnement orchestral introduit par un mouvement lent, élégant, sensuel, au violoncelle ; le violon entrant dans un second temps. De par l’orchestration, la couleur, les vibratos incessants, les notes de piano, on reconnait la patte de James HORNERA qui continue par un mouvement profond qui met en avant le violoncelle dans de longs passages, avec en contrepoint le violon de Mari SAMUELSON. D'ou une musique gracieuse, parfois sentimentale, sensible, ce que dégagent les sonorités complexes, du violon comme du violoncelle et qui se situent dans la continuité des musiques de films de James HORNER. Le compositeur amène également des parties emplies de souffle, de douceur, toujours généreusement mélodiques. En cela, il apporte véritablement sa signature mélodique, appuyée par une orchestration classique qui, tout en sublimant le violon comme le violoncelle, reste très proche de son style (Pas de Deux – 1ER Mouvement). James HORNER commence son deuxième mouvement par une partie orchestrale dans les vibratos puis développe un mouvement majestueux et grave, notamment dans des parties de piano caractéristiques. Le violoncelle entre d'abord en contrepoint avant de venir sur le devant pour développer un mouvement large et mélancolique, avec le violon de Mari SAMUELSON en contrepoint. James HORNER, à n'en pas douter, décline la une pièce romantique dans laquelle le violoncelle et le violon amènent une ambiance teintée de nostalgie. On remarque que le compositeur multiplie les motifs, également les tempos, passant de passages plus ou moins rapides à de véritables lentos qui aboutissent à des fondues avec l'orchestre (6eme minute) à de superbes solos (13eme minute). Ou des parties plus graves, en mineur, mais qui se développent toujours brillamment (Pas de Deux – 2ème Mouvement). Le dernier mouvement commence par des roulements de grosses caisses avant une partie obsessionnelle rythmée par une percussion. Le violon entre dans la danse ensuite, s'integrant dans un environnement profond, rythmé, permettant de sortir des accords rapides, tendus mais aussi teintés de mélancolie. Le violoncelle apparait lui plus en détachement ; en découle alors un dernier mouvement très vivace, qui permet autant au violoncelle, au violon qu'à l'orchestre de montrer l'étendue de leur palette (Pas de Deux – 3ème Mouvement). Au final, James HORNER signe là une magnifique pièce écrite à la manière d’une longue danse traditionnelle - un pas de Deux- où les lignes que les deux solistes jouent, étreignent, forment une sorte de ballet concertant. Loin de se limiter à James HORNER, le duo norvégien reprend aussi Fratres, du compositeur estonien Arvo Part qui se caractérise par une série de mouvements répétitifs entrecoupés d’une cellule de percussions. D’ailleurs, le morceau commence par un solo de violon répétitif tandis que le violoncelle, plus lointain, lit une ligne aux notes plus longues en contrepoint. Il s’agit d’un morceau contemporain, de structure quasi obsessionnelle, qui devient plus calme, solennel, dans sa deuxième minute, avec de lents glissandos de violoncelle, et un violon qui se balade par-dessus de manière élégante, chantante, presque baroque. Alternant les passages quasi redondants et les mouvements atmosphériques privilégiant les longues notes de cordes mais aussi de flûtes, il en ressort une pièce étrange superbement servie par les deux solistes. On passe ensuite à Violoncelles Vibrez !, du compositeur et violoncelliste sicilien Giovanni SOLLIMA ; une pièce qui commence sur un tempo très lent, ample et plutôt en mineur d’où le violon se dégage furtivement. Après une minute et demie, on trouve un duo qui marie le violon et le violoncelle dans un mouvement tourbillonnant, précipité et inquiétant. Le  violon continue alors dans la répétition, notamment dans des déchainements harmoniques tandis que le violoncelle déploie tantôt des éléments graves, obstinés tantôt une structure mélodique délicate et triste ou encore, en duo, une sorte de suspense. L’album se termine par Divenire, de l’italien « Intouchables » Ludovico EINAUDI ; une pièce émouvante, qui permet, tant au violon qu’au violoncelle, de lire des notes très lentes, denses, sur une structure là encore répétitive. Ce qui n’empêche la présence de moments mélodiques, portés avec précision par le violon de Mari SAMUELSON tandis qu’Hakon SAMUELSON, avec son violoncelle, se situe plus devant l’orchestre avec, lui aussi, des moments plus graves, plus sombres, qui viennent en complément du violon. Il en ressort un album très réussi, presque magique, illuminé par James HORNER, admirablement servi par Mari & Hakon SAMUELSON.

PAS DE DEUX - James HORNER/ Mari SAMUELSON au violon & Hakon SAMUELSON au violoncelle. Disponible chez Mercury classics. 

JAMES HORNER : UNE NOUVEAUTE TITANESQUE POUR THE AMAZING SPIDER-MAN !

Que faut-il chercher d’innovant dans ce nouveau Spider-Man ? Certainement pas grand-chose du côté du scénario qui se concentre sur l’adolescence de Peter PARKER : sa vie de lycéen en proie aux doutes d’un jeune super héros, son premier amour et sa quête de vérité sur la disparition de ses parents. Finalement, la nouveauté, il faut aller la chercher du côté de la musique car, James HORNER, autant le dire de suite, déroule une musique diablement efficace, superbement écrite, orchestrée. Sa partition, qui contient tous les éléments de son langage musical, s’ouvre sur la voix de Dhafer YOUSSEF (déjà entendu dans OR NOIR de Jean-Jacques ANNAUD), accompagné d’un piano obsessionnel, et de notes d’électronique. La mélodie se voit ensuite reprise à la trompette, instrument associé au super-héros. Dans cette introduction, le compositeur sert une musique qui, de la même manière qu’AVATAR, nous projette dans un monde parallèle, également militarisé, que l’on retrouve sur certains morceaux qui jouent le mystère (The Ganali Device). La jeunesse de l’homme araignée donne lieu à un thème rapide, trépident dans les cordes et le piano (Main Title / Young Peter). Quand Peter se transforme, des voix aériennes et fluides, accompagnées d’un développement musclé, jouent le thème principal, que l’on retrouve en filigrane plusieurs fois dans la partition. Ce qui donne une musique plutôt lyrique (Becoming Spider-Man). Pour les séquences de suspense, le compositeur introduit des musiques profondes, avec une prépondérance de cordes et, comme dans JUMANJI, du piano en contrepoint au loin. Dans un second temps, on trouve un thème d’une grande douceur renforcée par les chœurs  (Hunting For Information, The Briefcase). Plus étonnant apparait le thème accompagnant Peter au basket : chantant, joué par les trompettes et repris par les cordes pincées (Playing Basketball). On le retrouve brièvement quand l’homme araignée commence à entrer dans la valse, le compositeur introduisant alors un thème ample, parfois obsessionnel et contenant des vibratos en contrepoint. On note encore une musique de terreur, jouée par les cordes et surtout de surprenantes percussions humaines et des sonorités électronique (The Spider Room / Rumble In The Subway) ; des percussions que l’on retrouve sur la mort de l’oncle Ben, le père adoptif de Spider-man ; une musique tendue, avec des cordes violentes et des voix qui semblent sortir d’un combat (Ben’s Death). Comme toujours chez James HORNER, on trouve des thèmes à base de piano comme celui, nostalgique avec un développement intense de cordes et des cuivres qui passent, comme dans APPOLO 13 (Secrets). Plus étonnant, il utilise aussi parfois des guitares, ce qui donne un côté frais, voir hawaïen (The Equation). Sur la métamorphose, le compositeur déploie une musique qui joue le merveilleux, l’aventure ; d’abord lente au piano puis colorée, elle décolle vraiment avec des cordes précipitées et une envolée du thème principal (Metamorphosis). James HORNER n’en oublie pas le thème d’amour, qu’il introduit lui-même au piano solo avant un développement très doux, très intimiste ; un passage quasi incontournable revenant, sur la fin, dans un développement subtile (Rooftop Kiss,  "I Can’t See You Anymore"). On trouve encore beaucoup de musiques d’action comme celle, un peu rock, où les voix de Lisbeth SCOTT et du jeune Luca LUPINO-FRANGLEN qui donnent un côté suspendu, intemporel (The Bridge). Egalement des musiques avec du souffle, de la tension, et quelques cris avant un développement avec des notes de pianos qui tombent, donnant un côté très froid, très caractéristique du compositeur, avant une reprise orchestrale et lyrique surfant autour du thème principal ; de pures musiques d’aventures qui se déploient comme une toile (Lizard At School!, Saving New York). La partition se conclue à la fois dans la continuité du thème d’amour et de l’envolée de Spider-Man (Promises / Spider-Man End Titles). Au final, cette partition de James HORNER contient tous les éléments qui ont fait la réputation du compositeur : les lignes de piano fluides et descendantes, les chœurs obsessionnels. Egalement les grands thèmes généreux et intimistes au piano. Comme toujours, les voix prennent une grande importance, de manière assez classique mais aussi plus étonnantes quand elles sont utilisées comme des percussions. On retrouve là ce que James HORNER sait faire de mieux en alliant le merveilleux à l’aventure, la force de la trompette à l’intimité du piano, réservant des espaces d’émotion aussi intenses que dans TITANIC. On y trouve aussi suffisamment de mélodies mais ce n’est pas l’élément essentiel, qui reste une musique parfaitement maitrisée, qui se développe comme une toile autour des exploits de son héros ; une bande originale aussi incontournable que son héros !

THE AMAZING SPIDER-MAN, un film de Marc WEBB, avec Andrew GARFIELD, Emma STONE, Rhys IFANS, Martin SHEEN; musique originale de James HORNER, disponible chez Sony Classical.