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Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

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Hans ZIMMER
 
Compositeur allemend né en 1957, connu pour ses partitions pour les films de Ron HOWARD (BACKDRAFT, DA VINCI CODE) mais aussi Ridley SCOTT (GLADIATOR). Il a reçu un Oscar pour la musique du dessin animé des Studios Disney LE ROI LION.
 
 

DUNKIRK

Pour ce film d'action spectaculaire, Christopher NOLAN, après la trilogie BATMAN et INTERSTELLAR, retrouve son fidèle Hans ZIMMER. Rappelons que DUNKERQUE se déroule au cours de la fameuse évacuation des troupes alliées de la ville titre en mai 1940. Des centaines de milliers de soldats anglais et alliés sont encerclés par les forces ennemies. Ils sont bientôt pris en étau entre la mer et les Allemands… En ce qui concerne la bande originale, Christopher NOLAN a rappelé que le rythme très inhabituel du script devait être amplifié par la musique. Il va encore plus loin en précisant que, quand on entend la bande-originale, on a le sentiment qu'il s'agit d'un seul long morceau, doté d’une structure tonale complexe et unificatrice. Hans ZIMMER commence, un peu à la manière de THE THIN RED LINE, par une musique aérienne, pulsative, composée pour partie de bruits tournants, comme des pales hélicoptère. On y entend également, et des chœurs lointains, légers, qui interviennent comme un souffle. D’où une musique pleine de souffle d'abord. Dans un deuxième temps, il développe une musique obsédante, bousculée par des bruits métalliques de percussions assez lourdes et des notes graves, des cuivres répétitifs (1 The Mole) Il poursuit sur le même ton, sauf que la partie rythmique se voit renforcée par la présence de sonorités percussives, pour la plupart électroniques, et de plus en plus fortes. Il s'agit d'une musique, typique de ce qu’est capable de produire Hans ZIMMER, basée sur une ambiance qui évolue de manière crescendo, mélangeant sonorités pareils à des bruits (notamment des bruits de moteurs de bateaux et du tic-tac de la montre du réalisateur) et nappes atmosphériques, bouillonnantes parfois, comme pour mieux accompagner la souffrance, l’enfer des soldats. Et qui débouche, dans une parfaite continuité, sur une musique d'action assez violente, puissante (Supermarine, We Need Our Army Back). Hans ZIMMER continue par des musiques toujours profondes, assez tristes, hors du temps, composées de longues harmonies de notes tenues, accompagnées parfois d’une ligne lointaine de trompette (Shivering Soldier), ou une entame mélodique se posant sur une base percussive (Impulse). Hans ZIMMER propose également des musiques doucement pulsatives dont le contrepoint dessine un mouvement mélodique très lent, de cordes plutôt douces et de vagues synthétiques. Elles maintiennent ainsi, par d’amples nappes synthétiques, des cuivres grondants, la tension tout en apportant une dimension émotionnelle (The Tide, Regimental Brothers).  Plus rarement, Hans ZIMMER poursuit par une musique plus sauvage, agressive, une rythmique omniprésente, assez puissante, des cellules courtes, crescendos et répétitive. D’où une musique complexe, entêtante, composée d’un enchainement, d’une juxtaposition d'éléments minimalistes, souvent percussifs. D'où une musique qui résonne comme les casques sur les têtes des soldats. Mais là encore, Hans ZIMMER n’en oublie pas la dimension tragique, émouvante, en développant, dans un second temps, un superbe mouvement mélodique qui rappelle, dans sa construction, son évolution, certaines parties de GLADIATOR (Home). Au final, sur une fresque grandiose et dramatique, Hans ZIMMER propose, sans vraie surprise, une musique qui vit par son rythme fait de bruits et de sonorités synthétiques. Plus rarement, mais fort judicieusement, il intègre de courtes parties mélodiques, voire lyriques, qui magnifient la dimension humaine du film. Il en ressort une musique qui, combiné de tous ses composantes sonores, dégage une incroyable énergie !

DUNKIRK. Un film réalisé par : Christopher CHRISTOPHER NOLAN, avec Kenneth BRANAGH, Cillian MURPHY, Fionn WHITEHEAD, Mark RYLANCE, Tom HARDY, Tom GLYNN-CARNEY, Jack Lowden, Harry Styles, Aneurin Barnard, James D’ARCY et Barry KEOGHAN. Musique originale de Hans ZIMMER disponible chez Sony classical.

 

BABY BOSS

La partition de ce film d’animationDreamWorks, qui met en scène un bébé hors du commun, a été composée par Hans ZIMMER & Steve MAZZARO, un de ses proches collaborateurs. Sur un scénario jonglant entre comédie et film d’espionnage autour d’un patron bébé en costume et à la voix d’un quinquagénaire, Hans ZIMMER & Steve MAZZARO proposent une partition étonnante, à la fois moderne et baignant dans un esprit hollywoodien riche en références. D’entrée, ils commencent par un thème qui alterne, et ce sera pareil tout le long de la partition, des mouvements de cordes amples, répétitives, avec des motifs cuivrées dynamiques, presque des motifs de guerre entrecoupés de parties plus légères, sur des rythmes latinos, mais aussi jazzy. Ce qui donne une musique colorée, d'où se détache un thème mélodique, plutôt enjoué et au piano (Survival Of The Fittest) ; un thème que l’on retrouve souvent, et déjà sur le morceau suivant, avant un développement chantant avec des envolées façon cartoon. Les compositeurs en profitant pour appuyer sur une dimension rythmée, dansante omniprésente dans la partition (We Can Buy A Bouncy House). Mais aussi sur une dimension plus sérieuse, virant à une marche maléfique. Surtout quand ils utilisent le piano à la manière d’un orgue et des percussions façon musique de fantômes qui reviennent parfois, en même temps que des chœurs célestes (Baby Brother, Francis Francis) ; un thème que l’on retrouve plusieurs fois, notamment au milieu de développements avec des sonorités fantomatiques sur une sorte de son de boîte à musique qui tourne à la musique diabolique (Barfmitzvah). Hans ZIMMER & Steve MAZZARO introduisent ensuite un mouvement lent, montant vers une musique inquiétante, façon de montrer qui est le chef dans cette société. Et, de nouveau, ce thème débouche sur couleur latino  incluant une sorte de pastiche de Cheek To Cheek, sur des orchestrations qui rappellent, avec des percussions et du saxophone, des partitions comme LE ROI LION (Welcome To Baby Corp). Hans ZIMMER & Steve MAZZARO continuent par un large partie action, à la fois aérienne, virevoltante et mélodique, utilisant parfois de la guitare électrique, comme dans les partitions de BATMAN mais en plus mélodique (You Can't Get Away From Johnny Law), voir épique (Arrrggh). Un des attraits aussi de cette partition, c’est ses nombreuses musiques d'espionnages, rythmées, balayées par les cuivres et la guitare électrique, également beaucoup de percussions comme des tambours, du saxophone, ainsi que du piano. Ce qui donne des musiques dynamiques, classiques (You're Fired), entre comédie, jazz et funk (Toodaloo Toilet-Head!), mais aussi plus exotiques, avec des flûtes aériennes, avec en filigrane le thème au piano attaché à l’enfance (10 Puppy Co.). Plus rarement, Hans ZIMMER & Steve MAZZARO reprennent, développent des variations lentes, caressantes (Love), vibrantes, dans les cordes du thème mélodique de base au piano, accompagné de chœurs (I Wish You Were Never Born). On y note aussi un final à la façon comédie musicale qui introduit joliment des musiques orchestrales grandioses, façon Hollywood années 1950 et de nouvelles reprises, nostalgiques, du thème principal au piano, (You Want To Hug Me, Don't You?). En bonus, l’album comporte les chansons pop What the World Needs Now Is Love par MIssi HALE et Every Time I Turn Around, Back In Love Again par L.T.D., et la version originale de Cheek To Cheek (du film Top Hat) par Fred ASTAIRE. Au final,  Hans ZIMMER & Steve MAZZARO signent en duo une partition soignée, portée par des thèmes principaux dynamiques et malléables, alternant entre musiques de comédie, d’espionnage et d’action. Il en va pour preuves de nombreuses variations et des références qui font de cette bande originale une revisite moderne de l'esprit de l'âge d’or hollywoodien!

BABY BOSS. Un film réalisé par Tom McGRATH, Avec les voix de ALEC BALDWIN (VO) / STEFAN GODIN (VF) MILES CHRISTOPHER BAKSHI (VO) / TIMOTHÉ VOM DORP (VF) STEVE BUSCEMI (VO) / VINCENT ROPION (VF) JIMMY KIMMEL (VO) / LAURENT MAUREL (VF) LISA KUDROW (VO) / SYBILLE TUREAU (VF) TOBEY MAGUIRE (VO) / DAMIEN WITECKA (VF). Musique originale de HansZIMMER & Steve MAZZARO disponible chez Back Lot Music.

INFERNO

Ron HOWARD (pendant longtemps proche collaborateur de James « Compositeur d’exception » HORNER), retrouve l’univers de l’écrivain à succès Dan BROWN. Il suit le célèbre expert en symbologie Robert LANGDAN interprété par Tom HANKS, ici sur la piste du grand Dante. Mais frappé d’amnésie, il va devoir s’adjoindre l’aide du docteur Sienna BROOKS (Felicity JONES) pour déjouer un complot à l’échelle mondiale… Le réalisateur retrouve aussi, pour la musique, après ANGES ET DEMONS, Hans ZIMMER, qui commence par une musique étrange, avec des bruits ressemblants à des hélicoptères, que l’on retrouve sur plusieurs autres morceaux tels que I’m Feeling A Tad Vulnerable et The Logic Of Tyrants. Dans un deuxième temps, il introduit une rythmique électronique, des notes électriques en arrière mais sans véritable mélodie (Maybe Pain Can Save Us). Il enchaine par des thèmes de thrillers, un enchainement électronique et un piano obsessionnel donnant une musique orientée sur l’action, dans la lignée de certaines partitions pour les BATMAN. On note la présence de synthétiseurs à la façon des années 1970 et le développement, étonnant, d’une musique quasi spatiale (Cerca Trova, Doing Nothing Terrifies Me) ; des musiques qui mettent mal à l’aise, aussi par des flashs, des sonneries de cuivres (Seek And Find). Sur le professeur, Hans ZIMMER introduit de nouveau un motif rythmé, coupé par des bribes  aériennes. Mais aussi porteur d’une nostalgie évoquée par des pulsations, de courts crescendos, des notes  graves, qui surgissent comme dans un film d’horreur (Professor) ; une impression que l’on retrouve sur d'autres morceaux et ce, malgré des respirations de piano et de chœurs (Venice, Via Dolorosa #12 Apartment 3C) ; en fait il utilise des sortes d'échantillons percussifs, des riffs électroniques qui font que l’on se trouve plus dans le sound design que la musique (Vayentha). Et cela se poursuit dans un mouvement grave, puissant, qui explose dans quelque chose de percussif, métallique. Bref, dans ce morceau notamment, Hans ZIMMER pousse l'exercice de style électronique, tourbillonnant, grâce à des cordes placées très en arrière. Avant de déboucher sur un mouvement plus léger, lyrique (The Cistern). Il reste quelques belles musiques plus intimes (Beauty Awakens The Soul To Act) ; également un motif égrené au piano, avec des pauses et de courts développements (Elizabeth). Avant un thème profond dans les cordes, futuriste dans sa rythmique, futuriste qui débouche sur un thème plus lyrique (Life Must Have It’s Mysteries). Hans ZIMMER signe une partition déroutante, quasiment complètement synthétique et trop souvent atmosphérique. D’un côté, il multiplie les enchainements électroniques donnant des ambiances assez violentes. De l’autre, il amène des thèmes de tension à la fois par des rythmiques de piano obsessionnelles et des synthétiseurs. Plus rarement, il développe des mouvements délicats, joués par le piano mais aussi du violoncelle. Il en résulte une partition complexe, souvent bruyante, parfois trop, mais emplie de tension, comme les missions de Robert LANGDAN. On vous le dit : une bande originale déroutante, qui ne ressemble pas toujours à de la vraie musique, mais terriblement Inferno !  INFERNO. Un film de Ron HOWARD, avec Tom HANKS, Omar SY. Musique originale d’Hans ZIMMER disponible chez SONY classical.KUNG FU  PANDA 3

Dans ce troisième volet, Po, l'adorable panda expert en kung-fu va voir son existence bouleversée d’abord par le retour de Li Chan, son père biologique. Ensemble, ils vont voyager jusqu’au village secret des pandas. Mais lorsque le maléfique Kaï s’attaque aux plus grands maîtres du kung-fu en Chine, Po va devoir transformer une horde de pandas maladroits en experts des arts martiaux ! C'est le fidèle Hans ZIMMER qui signe la partition musicale, très dynamique. Il a d’ailleurs adoré travailler sur un film qui lui a permis d’expérimenter, notamment en humidifiant les cordes d’un piano Steinway ! Son défi majeur consistait à surpasser les partitions des deux précédents films, avec l’idée de toujours faire vivre une expérience particulière aux spectateurs. Un autre élément qui a dicté Hans ZIMMER, c’était de se souvenir que le personnage principal de Po était interprété par Jack BLACK dont le talent, l'humour, ont été déterminant pour le succès de la série. Hans ZIMMER commence par un superbe thème velouté, qui intervient sur Maître OOGWAY, la vieille tortue et mentor de Po ; un thème entamé alternativement en solos puis en duo, au piano puis au violon, qui joue sur un tempo légèrement oriental (Oogway’s Legacy). Il continue par une sorte de danse enjouée, qui se transforme en parade virevoltante  (Hungry for Lunch). Sur Chi, Hans ZIMMER amène un des nombreux morceaux tout en douceur, ici parsemé de chœurs légers, d’une ligne de flûte D'où un motif lointainement  chantant, incluant quelques mesures de violon à l'asiatique (Power Of Chi). Plus loin, c’est un thème assez enfantin avec un joli solo de violon pour la mélodie (Two Fathers). Sur l’arrivée du maléfique Kaï, Hans ZIMMER introduit un thème vibrant, rebondissant même, coupé par des développements dans les cordes, notamment les guitares (Arrival Of Kai). D’où une sorte de marche asiatique, comme ce thème animé, au développement rythmé, généreux, incluant une couleur presque pop (Hall Of Heroes). Sur les moments familiaux, Hans ZIMMER amène des harmonies typiquement asiatiques,  et de belles lignes de violon nostalgiques (New Father, Father and Son). Sur Kai, Hans ZIMMER propose une musique mais reste, par   le violon et la flûte, dans une  musique délicieuse, parfois renforcée par les choeurs qui amènent ce côté presque maternel (Legend Of Kai). Hans ZIMMER a également porté une attention particulière aux séquences dans le Village des Pandas qui, selon lui, devait apparaitre comme un sanctuaire paradisiaque. D'où un thème avec, au centre, les choeurs qui lancent un motif tournant d'une beauté, d'un exotisme à couper le souffle (Panda Village). Hans ZIMMER lance ensuite une danse rythmée mais aussi intimiste, toujours avec cette ligne de violon oriental, également ces percussions caractéristiques (Mei Mei’s Ribbon Dance). Quand Po se distingue en professeur, Hans ZIMMER amène une sorte de marche nostalgique (How To Be a Panda); un prélude à des musiques  d'action rythmées, qui s'envolent (Spirit Realm). Des motifs qui citent parfois le thème principal à la trompette. (Po Belongs), ou plus classiques, presque d'espionnage (Po Jaded). Également des motifs plus dépaysant, bercés par le violon japonais, des chœurs d'hommes, et une musique qui joue aussi l'humour, dans de brèves parties typiquement asiatiques (Battle Of Legends). Il joue aussi le suspense, par des cordes répétitives, une rythmique tantôt électronique, tantôt asiatique (Kai Is Closer). Sur la fin, Hans ZIMMER revient à un thème rebondissant, coloré et poétique, tandis que l'orchestre tend vers une reprise lyrique et mouvementée  (Passing The Torch). L'album se termine d'abord par des variantes de la célèbre chanson de Carl DOUGLAS et Biddu APPAIAT Kung-fu Fighting et une  (Kung Fu Fighting chanson pop originale (Try). Au final, Hans ZIMMER signe une excellente bande originale, qui multiplie les thèmes joyeux autant qu’émouvants. Il faut signaler qu’il ne force jamais sur la dimension asiatique, pourtant constamment présente, au travers de rythmes, d’instruments locaux mais toujours intégrés à des orchestrations, des couleurs sinon universelles, en tout cas teintées de couches occidentales.

KUNG FU PANDA 3. Un film réalisé par Jennifer YUH-NELSON et Alessandro CARLONI, avec les voix de Jack BLACK/Manu PAYET (Po), Dustin HOFFMAN/Pierre ARDITI (Shifu), Kate HUDSON/Alison WHEELER (Mei Mei), Bryan CRANSTON/Emmanuel JACOMY (Li CHAN), Angelina JOLIE-PITT (Tigresse),  J.K. SIMMON/Jérémie COVILLAULT (Kaï). Musique originale d'Hans ZIMMER disponible chez SONY Music.

BATMAN V SUPERMAN: DAWN OF JUSTICE

L'aube de la justice a sonné pour  Batman qui, redoutant les excès d’un super héros omnipotent, défie Superman le sauveur bien-aimé de Métropolis. Mais pendant ce temps, un nouveau danger plane sur l’humanité. La musique est signée Hans ZIMMER (qui connaît bien les deux super héros pour les avoir déjà mis en musique) conjointement avec Junkie XL (Tom HOLKENBORG de son vrai nom), le remarqué compositeur de Mad Max: Fury Road ; un duo qui, pour le réalisateur Zack SNYDER, a d'abord créé un nouveau monde musical pour Batman, tout en continuant à étendre les  thèmes déjà créés par Hans ZIMMER pour Superman. Ensuite, ils ont aligné leur vision avec celle du réalisateur, soutenant ainsi les aspects visuels du film. Après une sorte de jingle tonitruant, la partition démarre par un lento à base de piano et d'une cloche lointaine pour le rythme; un thème relativement épuré, qui s’élève doucement, avec une voix solo sur la fin, à la manière d’un réveil (Beautiful Lie). On note que le piano reste assez présent, comme sur cette musique inquiétante, marquée par la présence de notes tombantes, mais aussi de plusieurs cellules mélodiques dont une sorte de marche (The Red Capes Are Coming). Ou encore sur ces thèmes apaisants, dont la partie mélodique se voit accompagnée de sonorités synthétiques tandis que le développement évolue soit vers une sorte de messe maudite (Day Of The Dead), soit vers des effets sonores dérangeants (New Rules). La partition continue par un premier thème de guerre, tournant, puissant, marque de fabrique de Junkie XL;  un thème aussi crescendo qui, après une parenthèse au piano, devient lyrique, mélodique, par l’entremise des chœurs, puis plus orchestrale, tragique. Ce qui relève davantage d’Hans ZIMMER (Their War Here); les chœurs reviennent notamment sur des rythmes martiaux et des sonorités aériennes, cauchemardesques. Avant que la musique devienne un enchevêtrement sonore, une sorte de développement plutôt horrifique, mêlant des percussions, des bruits de machines, d’engins (Must There Be A Superman ?), également de courtes parties mélodiques, lyriques sur des séquences de chaos (Do You Bleed ?); un mouvement grave qui en annonce d'autres, comme cette marche vers un combat, accompagnée de quelques notes de piano froid, de sonorités atmosphérique. Une marche qui avance au gré des notes espacées et d'une ligne de violon mélancolique (Problems Up Here). Ou encore cette grande musique qui joint des rythmiques synthétiques à de larges mouvements d'orchestre (Black and Blue). Arrive un thème étonnant qui commence de manière électrique, rock, avec un gimmick de guitare électrique et de tambours, puis qui devient plus calme (Is She With You?). L'album se termine par une Batman suite qui commence dans la douceur, avant d'enchaîner les  moments forts. On apprécie notamment ce passage où, après une musique sourde, grondante, intervient un long solo de violon qui se fond dans le choeur (Men Are Still Good-The Batman Suite). Au final, les talents d'Hans ZIMMER et de Junkie XL se rejoignent. Ils forment une bande originale inédite, qui mélange habilement les purs thèmes d'action, rythmés, parfois martiaux, électriques et lyriques, et les musiques plus intimistes, souvent construites autour du piano. A noter que cette bande originale est disponible en plusieurs versions : simple cd, deluxe 2 cds incluant cinq titres bonus, un poster dépliable et  des notes des compositeurs édition limitée 3 disques vinyles et digital.

BATMAN V SUPERMAN: DAWN OF JUSTICE. Un film de Zack SNYDER, avec  Amy ADAMS, Jesse EISENBERG, Diane LANE, Laurence FISHNURNE, Jeremy IRONS, Holly HUNTER  et Gal GADOT. Musique originale d'Hans ZIMMER et Junkie XL disponible chez Sony music.

  

INTERSTELLAR

Le nouvel film du réalisateur de la trilogie BATMAN constitue une fresque à la fois spatiale et épique. Il raconte les aventures d'un groupe d'explorateurs qui, profitant d’une faille dans l'espace-temps, repoussent les limites humaines et les distances astronomiques au travers d’un voyage interstellaire. Comme pour ses précédents films, et notamment INCEPTION, on retrouve, pour la musique, le très populaire Hans ZIMMER qui propose une partition ambitieuse, très différente de ses précédentes, d’allure souvent atmosphérique et assez rarement mélodique. La partition commence par une musique plutôt lointaine et lente, mettant en avant quelques caisses claires ; une musique qui se lève doucement et qui contient beaucoup de mystère. Puis, à la manière d’un poème symphonique de Richard STRAUSS (Ainsi Parlait Zarathoustra – rendu célèbre par Stanley KUBRICK dans 2001 : L’ODYSSEE DE L’ESPACE), Hans ZIMMER lance une sorte de crescendo ; un schéma qui évoque bien l’esprit de conquête des explorateurs tandis que le souffle profond qui suit évoque justement l'infini (Dreaming OfTheCrash). Il s’agit d’un thème important et que l’on retrouve régulièrement dans la partition dans différents développements, parfois plus rythmique ou lunaire (Stay).Hans ZIMMER continue dans la même lignée avec un thème dont le contrepoint de cordes résonne comme un écho. Puis, surtout, il déploie un motif assez répétitif dont le clavier apporte une dimension spatiale (Cornfield Chase), que l’on retrouve sur d’autres thèmes qui, notamment grâce aux chœurs, appuient la dimension humaine (Dust). Ce que l’on distingue également dans des morceaux à base de piano, doucement mélodiques, qui se développent orchestralement de manière tournante ou par vagues (Day One, Coward) ou plus violente et grondante (Running Out), ou encore émotionnelle quand il s’agit d’évoquer la famille (Message From Home) ou le temps qui s’écoule (Afraid OfTime), également représenté par une sorte de rythmique d'horloge qui, tout en s’accélérant, se colore de l' orchestre et des chœurs jusqu'à une partie plus froide avec de l'orgue et des chœurs assénant une courte partie harmonique (Mountains). Hans ZIMMER n’en oublie pas certains thèmes inquiétants, d'où ressort une partie pour clavier qui développe une brève section mélodique, fantastique (S.t.a.y.). Au final, Hans ZIMMER présente une partition qui, se situant souvent à la limite de la musique contemporaine, s’apparente à un voyage. Basée sur de nombreuses textures, souvent synthétiques, parfois orchestrales ou carrément acoustiques à la faveur du piano, sa partition, conçue comme une expérience à écouter au cinéma, peut aussi s’apprécier comme une relecture musicale des grands classiques du cinéma spatial. Alors, la musique d’INTERSTELLAR représente t-elle 2014 : L’ODYSSEE D’HANS ZIMMER ? Rien de sûr mais c’est bien essayé !

INTERSTELLAR. Un film réalisé par Christopher NOLAN, avec Matthew McCONAUGHEY, Jessica CHASTAIN, Anne HATHAWAY. Musique original d’Hans ZIMMER disponible chez Sony classical.

RUSH

RUSH retrace le combat entre deux des plus grands rivaux que l’histoire du sport ait jamais connus, concourant pour les illustres écuries McLaren et Ferrari. Issu de la classe des privilégiés, charismatique et beau garçon, tout oppose le play-boy anglais James HUNT à Niki LAUDA, son adversaire autrichien, réservé et méthodique. RUSH suit la vie instable de ces deux pilotes, sur les circuits et en dehors, et retrace leur rivalité depuis leurs tout débuts. Pour la musique, fort de leur collaborations sur ses films précédents, Ron HOWARD a renouvelé sa confiance à Hans ZIMMER qui, hormis un thème principal plutôt réussi signe une partition calibrée, efficace mais finalement assez pauvre d’un point de vue créatif. Hans ZIMMER commence par une musique qui appuie plutôt la dimension tragique du scénario ; une musique assez lente, lointaine, marquée par quelques notes de piano éparpillées qui reviennent parfois (Budgie). On sent un rythme lointain puis un joli solo de violoncelle qui joue un mouvement mélodique élégant, classieux qui fait office de thème principal (1976). On retrouve d’ailleurs ce thème plusieurs fois développée, notamment dans les derniers morceaux avec un orchestre qui apporte de l’ampleur, un souffle inédit et toujours une pointe de rythmique électronique en arrière (Lost but Won) ; également de manière plus lyrique avec des chœurs aux côtés du violoncelle (My Best Enemy). En dehors de ce thème, Hans ZIMMER, malheureusement, reprend des recettes déjà éprouvées dans des musiques précédentes et plutôt de manière nettement moins réussi. On trouve ainsi un thème rythmé, tendu, à base d’électronique, répétitif et crescendo. On note, comme dans beaucoup de ses partitions, la présence de la guitare et de percussions, qui jouent souvent des motifs d’inspiration rock (Watkins Glen, (Car Trouble), accompagnées parfois par de cordes en contrepoint (Stopwatch, Into The Red). Comme souvent encore, le compositeur multiplie également les thèmes modernes à base d’électronique, toujours de guitare et de batterie ; ce qui donne une musique très musclée (Oysters In The Pits). Plus rarement, il s’inspire de ses partitions les plus récentes, avec un thème puissant à base de percussions et de cordes, à la façon d’une musique de guerre, avec un contrepoint obsessionnel (Reign). Heureusement, parfois, Hans ZIMMER sort de cette facilité avec des thèmes plus doux, plus nostalgique, à base de guitare acoustique et d’un fond de synthétiseur, ce qui lui donne ce côté urbain, mélancolique (Glück). Puis, il mélange ses inspirations à travers des morceaux plus longs qui passent des harmonies planantes, comme si on retenait son soufflé, sur des images au ralenti, à des parties plus rythmées, beaucoup de percussions et des cuivres qui rappellent les traces des voitures. On note aussi qu’il mélange habilement des percussions ethniques avec d’autres électroniques et, en même temps, des notes sombres, parfois même lyrique ; certainement un des morceaux les plus intéressants (Nürburgring). Au final, il en ressort une partition correcte, efficace, parfois émouvante qui, hormis son thème principal, n’arrive jamais à convaincre, la faute certainement à des recettes que son compositeur à déjà éprouvées. L’album comporte également plusieurs chansons: I Hear You Knocking par Dave EDMUNDS, le classique de blues  Gimme Some Lovin  par Steve WINWOOD,  le très rock Dyna-Mite par MUD, The Rocker (Full Length Version) par Thin LIZZYet Fame  par David BOWIE 

RUSH. Un film de Ron HOWARD, avec Daniel BRUHL, Chris HEMSWORTH, Olivia WILDE et Alexandra MARIA LARA. Musique origine d’Hans ZIMMER disponible chez SONY Music.

 

THE LONE RANGER

TONTO (Johnny DEPP), le guerrier indien, raconte comment John REID (Armie HAMMER), un ancien défenseur de la loi, est devenu un justicier légendaire, le Lone Ranger. Ces deux héros à part vont devoir apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la corruption, entrainant par leurs étincelles le public dans un tourbillon de surprises et d’humour. Collaborateur de longue date de Gore VERBINSKI (RANGO) et Jerry BRUCKEIMER, c’est Hans ZIMMER, à qui l’on doit les musiques de la série PIRATES DES CARAIBES, qui s’est consacré à l’illustration musicale des aventures de Tonto et du Lone Ranger. Sortant de ses incursions dans BATMAN et autre MAN OF STEEL, Hans ZIMMER signe de prime abord une partition plus classique, moins ambitieuse que d’habitude. Sauf qu’en s’y plongeant et en acceptant certains partis pris, on éprouve un véritable plaisir à l’écouter. Après une ouverture pour bois dans lequel il installe un thème mélancolique, profond, pour violon solo et orchestre  (Never Take Off The Mask), Hans ZIMMER prend le masque en introduisant un thème chanté dans les bois qui s’ouvre comme les ailes d’un super héros, d’où finalement ressort un mouvement efficace, prenant, rebondissant (Absurdity).On retrouve le solo de violon du début dans le développement d’un thème très mélodique, presque romantique ; un mouvement  d’autant plus poignant qu’il joue sur la mélancolie, la profondeur de l’orchestre et un tempo très lent, très traditionnel des grands westerns américains (Silver). Et cela continue avec le thème de chevauchée (Ride), enlevé et qui contient de l’écho mais aussi un certain lyrisme, également un mouvement sentimental de grande ampleur (développé dans le final Home), et qui, là aussi qui rappelle fortement l’esprit des partitions italiennes de westerns ; un mouvement dont il accentue plus tard le côté répétitif et coloré pour épouser les parties d’action (The Railroad Waits For No One). Ces aspects très classiques de la partition n’empêchent pas le compositeur de revenir à une noirceur à laquelle il nous a habitués dans ses musiques pour les super-héros. Ainsi, il introduit une musique plus sombre, plus grave, moins mélodique, qui joue davantage sur les atmosphères sans lâcher les rythmes des caisses claires attachées à l’ouest américain. Il n’en lâche pas pour autant l’intimité du violon, toujours très lent, des percussions mais dans une démarche beaucoup moins mélodique, plus synthétique voir électrique et donc bien plus mystérieuse (You've Looked Better, You're Just A Man In A Mask). De même, il n’en oublie pas une certaine violence, un lyrisme auquel il nous avait habitué avec ici quelques voix qui rappellent l’esprit indien du Lone Ranger et des chœurs opératiques (For God And For Country). Mais c’est pour le final que le compositeur nous réserve la plus grande surprise avec une revisite du thème de GUILLAUME TELL tiré de l’opéra de Gioacchino ROSSINI. En effet, pour les besoins du film, le compositeur a complètement déconstruit et revisité le célèbre thème de Gioacchino ROSSINI qui représente une sorte d’un prélude qui dure la majeure partie du film jusqu’à ce que John REID incarne pleinement le Lone Ranger ; un morceau coloré, retentissant, auquel Hans ZIMMER apporte sa touche dans ses orchestrations rythmées et percussives et qui résonne dans la dernière partie du film, lorsque le chevalier s’est fait à son masque, sa nouvelle identité de justicier (Finale). On notera enfin qu’Hans ZIMMER fait une incursion dans le folklore avec un thème mélodiques aux orchestrations typées, colorées, presque mariachis, avec beaucoup de guitares, de la clarinette, du trombone, pour un motif rythmé mais décalé ; ce qui est presque nouveau pour le compositeur qui avait déjà embrassé du folklore dans SHERLOCK HOLMES (Red's Theatre Of The Absurd par Pokey LARFARGE et The South City Three). Au final, la musique d’Hans ZIMMER peut dérouter voir décevoir pas son aspect, de prime abord, plus traditionnel que d’habitude. Puis, on retrouve, certes avec une certaine parcimonie, la noirceur, les cordes profondes et les chœurs lyriques qui font la puissance, la force de ses musiques, et ce même quand il s’appuie (comme sur GLADIATOR) sur des musiques de patrimoine. On se dit alors que, même derrière un masque, et que l’on aime ou pas sa musique (avec lui, les avis sont souvent tranchés !), Hans ZIMMER reste un justicier de la musique de films !

THE LONE RANGER, un film de Gore VERBINSKI, avec Johnny DEPP, Armie HAMMER, Tom WILKINSON. Musique originale d’Hans ZIMMER, disponible chez Walt Disney Records/Intrada Records.

 

MAN OF STEEL

Découvrant ses pouvoirs extraordinaires en même temps que ses véritables origines, un garçon part en quête de son passé. Sauf que le héros qui sommeille en lui est appelé au secours du monde. Pour ce nouvel opus des aventures de SUPERMAN, Hans ZIMMER a définitivement laissé au placard les musiques épiques et tellement lyriques de John WILLIAMS. Et quelque part c’est tant mieux car il paraissait impossible de renouveler la musique de la franchise en prenant la même direction. Retrouvant un univers qu’il connait bien, il s’est donc évertué à composer une partition probablement moins colorée mais plus réaliste. D’emblée, il propose une musique lointaine, lente et dans des tons nocturnes. Il s’agit aussi d’une musique atmosphérique en mode crescendo. La partie mélodique, relativement discrète et doucement lyrique dans un second temps, intervient tardivement, histoire de montrer qu’ici, au contraire de chez John WILLIAMS, ce n’est pas le plus important. Et ce même si on remarque par la suite une ouverture sur les cordes, ce qui en fait un mouvement bien plus ample (Look To The Stars). Hans ZIMMER continue avec des thèmes plus violents, marqués par la présence de percussions et d’un rythme appuyé. Sans aucun doute, le compositeur prend là un virage à la BATMAN avec ces nombreuses musique d’action plutôt tendues, dont on apprécie aussi les développements avec davantage de cordes mais toujours une omniprésence des percussions (Oil Rig, Tornado, I Will Find Him). On note aussi l’utilisation de chœurs et de synthétiseurs pour des mouvements à la fois larges et bruyants (DNA). L’apothéose arrive quand le compositeur attaque une marche (Terraforming). Il propose aussi des thèmes plus légers, parfois maternels (Goodbye My Son), plus mélancoliques aussi. Surtout, il se laisse aller à introduire quelques notes de piano et des cordes qui amènent un côté intime, et qui en font un thème particulièrement expressif. Maintenant, derrière cette douceur, se cache l’inquiétude par un contrepoint grave, presque rock avec notamment des guitares qui rappellent des partitions comme BROKEN ARROW (Sent Here For A Reason, This Is Clark Kent, What Are You Going To Do When You Are Not Saving The World ?). Entre les deux, et en particulier lorsqu’il s’agit d’évoquer les origines du super héros, le compositeur propose des motifs à la fois denses et aériens, avec des parties dramatiques amenées notamment par des solos de violon (Krypton's Last). Pour le thème de l’envolée, Hans ZIMMER propose une musique plus fluide, pleine de grâce qui s’élance ; bref un motif empreint d’un esprit qui évoque l’aventure. Egalement un côté sauvage, ce que dénote, là encore, la présence de guitares. Dans un second temps, on retrouve avec plaisir le thème pianissimo avant que, de nouveau, la partition reparte sur l’action, avec un thème qui, comme dans BATMAN, déplie ses ailes (Flight, You Die Or I Do). Le second disque, disponible uniquement dans l’édition limitée, comporte des morceaux supplémentaires ainsi qu’une longue suite inédite (Man Of Steel - Hans' original Sketchbook). Hans ZIMMER a donc préféré l’option d’une musique musclée, sombre, qui privilégie les grands mouvements à un certain détriment mélodique. Reste une exception, mais de taille, sur le thème intimiste du super-héros, quelque part une réponse au mémorable thème de John WILLIAMS. Il s’agit ici d’un thème très pur, porté par un mouvement pianissimo de toute beauté ; on apprécie et on en redemande d’autant plus que ce genre de motif apparait plutôt rare chez Hans ZIMMER. Au final, même si on peut regretter certaines facilités liées aux liens avec des partitions précédentes, Hans ZIMMER a rempli le contrat en réinventant la musique de SUPERMAN. MAN OF STEEL. Un film de Zack SNYDER, avecHenry CAVILL, Amy ADAMS, Diane LANE, Kevin Russell CROWE. Musique originale d’Hans ZIMMER. Disponible chez Sony music en édition standard et en édition limitée 2cds.

THE DARK KNIGHT RISES : HANS ZIMMER DEPLOIE UN OURAGAN D’ACTION ET D’EMOTION POUR L’ULTIME COMBAT DU CHEVALIER NOIR !

Retiré dans la nuit, Batman reste un fugitif s'accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent. Mais grâce à l’intervention du Chevalier Noir et l’arsenal de lois répressives du Commissaire Gordon, la criminalité de Gotham a diminuée. Jusqu’au jour où un chat aussi rusé que voleur et surtout l’arrivée de Bane, un terroriste masqué, vont contraindre Bruce à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir… Pour ce nouvel et ultime opus de BATMAN réalisé par Christopher NOLAN, on retrouve de nouveau Hans ZIMMER accompagné, comme d’accoutumée, par une pléthore d’orchestrateurs. Il ne partage plus la composition avec James NEWTON-HOWARD qui, néanmoins, a dû au moins le soutenir vu qu’il est tout particulièrement remercié dans le livret. Si THE DARK KNIGHT RISES prend les traits d’une épopée, le plus important reste les émotions que dégagent les personnages, à commencer par un Bruce bien plus en doute et vulnérable.  Ce qu’Hans ZIMMER a parfaitement comprit en développant une partition très riche, qui fusionne véritablement les dimensions impressionnantes et intimistes du film. La première caractéristique de cette partition, c’est son côté profond et la présence de vibratos associés au vengeur masqué. Il s’agit d’abord d’une musique planante, avec parfois des voix aériennes puis un développement relativement doux. Comme souvent, le compositeur introduit un thème qui se développe lentement, et en mineur, comme pour appuyer sur la fin (On Thin Ice). La deuxième caractéristique de cette partition, c’est son aspect particulièrement rythmé. Ainsi, Hans ZIMMER propose des thèmes plutôt agités dans lesquels les percussions, acoustiques mais aussi synthétiques, prennent une place essentielle. On note aussi dans cette musique plutôt obsessionnelle, beaucoup de rythme, quoiqu’il soit parfois léger, avec des cuivres qui donnent une couleur de violence. La troisième caractéristique, c’est son aspect martial, là où le compositeur déroule une sorte de marche vocale, là aussi renforcée par des percussions et des cuivres. Ce qui donne une musique particulièrement noire pour accompagner le retour de la violence sur Gotham (Gotham's Reckoning). La quatrième caractéristique enfin, c’est l’émotion qu’elle dégage. En effet, Hans ZIMMER propose plusieurs motifs mélancoliques jouées par une longue ligne de violon ; également de superbes motifs au piano avec, parfois, un léger rythme qui donne une couleur mystérieuse, dérangeante (Mind If I Cut In ?). On notera également qu’il mélange habilement les genres en passant d’une musique de tension à des thèmes portés par une partie de piano très intimiste, très pure qui dévoile la face humaine du vengeur masqué (Nothing Out There). Hans ZIMMER propose également des musiques plutôt atmosphériques, avec l’alternance de mélodie lentes et de notes dans les vibratos, avec des chœurs en contrepoint  (Why Do We Fall ?, Necessary Evil). Mais le morceau le plus renversant, c’est Imagine The Fire : il s’ouvre par un jeu de percussions puis une boucle tournante et rythmée du thème principal. Vient ensuite un développement qui mélange les motifs d’aventure et ceux, plus tragiques. Il s’agit donc d’un morceau à plusieurs niveaux de lectures, qui apparait extrêmement fort, voir lyrique. D’ailleurs, ce n’est pas vraiment un hasard si les chœurs entrent dans la cinquième minute car ce morceau retentissant tourne à l’opéra! Hans ZIMMER continue avec une musique puissante, qui rebondit sur le thème principal mais aussi le motif en forme de marche avec, ici, une partie orchestrale plus importante. On note également l’importance d’une voix féminine solo avant un mouvement plus calme, presque une symphonie tragique avec une belle ligne de violon. Au final, à partir d’un thème relativement simple, Hans ZIMMER signe une partition qui tire son ampleur, sa force des vibratos des cordes et une rythmique omniprésente. Mais progressivement, il inclut une dose de sensibilité qui, avec le recul, sonne (malgré lui) comme un hommage à des victimes bien réelles d’un spectateur fou. Alors que l’on pensait qu’Hans ZIMMER avait atteint des niveaux indépassables avec THE DARK KNIGHT, il balaye tout avec une partition en tous points remarquable ; si Batman s’éteint, Hans ZIMMER pourrait bien lui succéder en Chevalier Noir ! THE DARK KNIGHT RISES, un film de Christopher NOLAN, avec Christian BALE, Marion COTILLARD ; musique originale d’Hans ZIMMER disponible chez Sony classical.