Skip to main content

CINESERENADE.COM

Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

BIENVENUE
ACTUALITES
Dernières sorties
Le saviez-vous ?
CLASSIQUES
ECOUTEZ LE CINEMA !
Digital
CLASSIQUES INTERNATIONAL
HANS ZIMMER
OLIVER STONE
ETIENNE PERRUCHON
GABRIEL YARED
PHILIPPE ROMBI
DANNY ELFMAN
HOWARD SHORE
JOHN WILLIAMS
ENTRE MUSIQUE ET CINEMA
ALAN SILVESTRI
JERRY GOLDSMITH
ERIC NEVEUX
DISNEY
NOUVEAUX TALENTS
PHILIP GLASS
SORTIES CINEMA
BRIAN TYLER
RARETES
NATHANIEL MECHALY
CHRISTOPHE LA PINTA
ENNIO MORRICONE
ALEXANDRE DESPLAT
CINEMA EUROPEEN
Classiques et raretés ann
JOHN POWELL
ERIC SERRA
MICHAEL GIACCHINO
COMPOSITRICES !
MUSIQUES DOCUMENTAIRES
GRANDS COMPOSITEURS FRANC
CLASSIQUES ANNEES 2000
GREGOIRE HETZEL
CYRILLE AUFORT
PATRICK DOYLE
BEAR MC CREARY
TELEVISION
Qui sommes-nous ?
Contactez-nous
RENCONTRES
CINE CHANSONS
Plan du site
Connexion de membre
ARCHIVES RENCONTRES
BRUNO COULAIS
1000 X PLUS BELLE LA VIE
DIVERS
CINE VIDEO
SPECTACLES ET THEATRE
JEAN MICHEL BERNARD
REINHARDT WAGNER
CYRIL MORIN
PHILIPPE SARDE
MUSICALS
MAURICE JARRE
JAMES HORNER
FESTIVAL MUSIQUES A L'IMA
VLADIMIR COSMA
JEAN-MARIE SENIA MAX LIND
RENE-MARC BINI
FRANCOIS DE ROUBAIX
 

THE PROMISE

Retour sur la musique de Gabriel YARED pour ce film, le  premier, parlant ouvertement du génocide arménien pendant la première guerre mondiale. On y suit, alors que s’effondre l’empire ottoman,   la confrontation entre deux hommes, le photojournaliste américain Chris MYERS (Christian BALE) et l’étudiant en médecine Michael BOGHOSIAN (Oscar ISAAC) pour la jeune Ana (Charlotte le BON). Pour Gabriel YARED, cette histoire tient une saveur particulière car, s’il est natif du Liban, pendant son enfance, tous ses amis étaient arméniens. C’est donc tout naturellement qu’il a composé une musique qui brasse à la fois les grands sentiments sur de beaux mouvements mélodiques et les thèmes plus spirituels voir  traditionnels. Sur le parcours vers la capitale de l’empire ottoman, il commence par un thème, se situant dans la lignée de ses musiques les plus romanesques. Il s'agit d’un mouvement perçant, symphonique, assez doux et délicatement chantant, dont l'ampleur se voit renforcée par des chœurs légers (Voyage to Constantinople). Gabriel YARED continue par une musique, cette fois, rythmée par le piano, qui déploie une mélodie sentimentale dans les bois, (Promenade). Il s’agit en fait du thème principal du film, celui des  jeunes arméniens Ana et Michael. On le retrouve en deuxième partie d’un thème aérien, très lent, qui apparaît comme une sorte de réveil intimiste et sensuel, doucement rythmé par le piano (Ana Invites Michael); plus loin dans des déclinaisons orchestrales et chantante (Going up the Mountain). Puis, Gabriel YARED joue la dimension tragique, violente du récit; d'abord en introduisant des flûtes, puis des cordes tremblantes, qui donnent de la fragilité. On y remarque aussi un violon qui déploie une mélodie grave d'inspiration, comme plusieurs autres morceaux, orientale (Exodus) ; notamment avec une clarinette qui déroule en solo une mélodie, presque une prière (Labor Camp). Puis, le romanesque et le tragique se confondent dans une musique complexe, dans les cordes, à la fois frissonnantes,  obsessionnelles, et avec un contrepoint lyrique (Way Home); également dans une longue variante du thème principal, avec un violon et une voix qui nous emportent dans un sillage lyrique, (Ana and Michael). Et encore par un thème profond dont l’essence mélodique se lève doucement, en gagnant de l'ampleur émotionnelle.  Jusqu'à l'apparition d’un thème nostalgique, comme une résurgence du passé incarné par le violon (Mourning). L’album contient également une danse traditionnelle, emportée par un violon tournant autour d’une cellule mélodique, et une rythmique de percussions  (Kach Nazar's Dance-Kotchari ;  un mélange de jazz et de sonorités orientales écrit par l'auteur compositeur américain d'origine arménienne Serj TANKIAN, qu’il  interprète en duo avec la chanteuse suisse Veronika STALDER et  l’Authentic Light Orchestra; le chant religieux Gohanamk par le ténor Liparit AVETISYAN et The Hover Choir ; et The Promise, une balade romantique aux cordes généreuses, écrite et interprétée par Chris CORNELL. Le plaisir de Gabriel YARED de travailler avec le réalisateur Terry GEORGE sur un sujet aussi délicat, essentiel transparait dans une partition bouleversante. Sur un scénario façon saga historique à grands sentiments, Gabriel YARED, en s'appuyant sur des thèmes souvent empreints de passion, sur des couleurs parfois teintées d’orientalisme, développe une musique d’une grande force.

THE PROMISE. Un film réalisé par Terry GEORGES, Avec Christian BALE, Oscar ISAAC, Charlotte Le BON. Musique originale de Gabriel YARED disponible chez Lakeshore records.

 
 
 
 

CHOCOLAT

Du cirque au théâtre, de l’anonymat à la gloire, Roschdy ZEM retrace l’incroyable émancipation d’un homme, qui a marqué son époque puis a été oublié : le clown Chocolat (Omar SY, tout simplement magnifique).  Premier artiste noir de la scène française, son duo inédit  avec Footit (James THIERREE, lui aussi impeccable), va rencontrer un immense succès avant que la célébrité, l’argent facile et les discriminations ne les usent. En ce qui concerne la musique,  le réalisateur l'a confiée à Gabriel YARED, dont la partition oscille entre rythmes swing et morceaux plus intimistes au piano, l'instrument de prédilection du compositeur. Sur des images d'un cirque de province, Gabriel YARED commence ainsi par un thème dont la partie mélodique privilégie l'accordéon; instrument qui passe à l'arrière d'un thème plus profond, à base de piano et de cordes (Ouverture); une teinte nostalgique qui revient lorsque le deux troubadours quittent la campagne, avant une mélodie lumineuse, qui évoque la vie parisienne (En route pour Paris). Sur les premieres scènes du duo, en cours de formation, Gabriel YARED introduit un thème en mineur, entamé au piano, puis accompagné d'une ligne de cordes, enregistrées à Londres, qui sonnent  comme un blocage. Jusqu'à ce qu'arrive l'étincelle, ce bref roulement de tambours, cette  giclée de trompettes et cette cellule obsessionnelle d'accordéon (Des Larmes Aux Rires). Sur les premiers numéros, la musique s'apparente à celle d'une parade de cirque (Tours De Piste). Très vite, mais en revenant toujours vers des mouvements lumineux, le compositeur passe à une musique plus swing, à base de piano bastringue, de percussions dont les sonorités ressemblent à des claquettes, et de banjo (Premiers succès), annonçant même le temps du charleston (Success Story), que l'on retrouve, plus loin, dans des variations mélancoliques, plus dramatiques, moins rythmées  (Seul Dans La Nuit). Cela continue par une vraie musique de spectacle, saupoudrée de trompettes, rythmée par des percussions (Le Grand Cirque). Mais tout n'est pas rose et Gabriel YARED transcrit la face sombre de l’artiste par des thèmes intimistes à base de piano, parfois accompagnés de légers roulements de tambours et d'un développement dramatique (L'éveil), et en même temps émouvant, dans une couleur mélodique qui rappelle le début du siècle dernier (Solitudes); également par un développement régulier dans les vibratos, qui se caractérise aussi par une ligne grave, montante, qui inspire de l'inquiétude  (Humiliation Le choix de Rafael).  Gabriel YARED continue par un thème toujours profond, cette fois sur le duo de clowns en crise, d'où un thème dramatique, légèrement rythmé au piano, dans lequel, par les tambours et les vibratos, on sent gronder l'orage (Le Duo Se Déchire). Pour le passage, crucial, de Chocolat du cirque au théâtre, Gabriel YARED introduit d'abord un thème tendu (De La Piste A La Scène), puis un long lento à la gravité sous jacente;  des thèmes qui, par des cellules de vibratos et un développement profond, préparent à la descente aux enfers du personnage titre. D'où des mouvements graves, épais mais empli d'émotion (Othello), d'où se dégage parfois un solo de violon (La Chute). Gabriel YARED termine par un thème intimiste porté par du piano  et de l'accordéon, qui semble dédié à la gloire passée. D'où cette reprise de la trame mélodique, accompagnée d'un contrepoint plutôt grave, avant que, sur la dernière partie, Gabriel YARED revienne, comme une boucle qui se ferme, à la musique du début du film, sur des images forcément touchantes du véritable Chocolat (Dans Un Dernier Soupir).  Avec Chocolat, les producteurs voulaient offrir du grand cinéma ! Ils y parviennent par la force du sujet, le talent des comédiens et la musique parfaitement dosée, et superbement interprétée, de Gabriel YARED; une bande originale resplendissante et joyeuse sur les pages de gloire, qui puise dans des racines bien françaises ; du beau travail pour une excellente biographie!

CHOCOLAT. Un film de Roschdy ZEM, avec Omar SY, James THIERRÉE Clotilde HESME, Olivier GOURMET, Frédéric PIERROT, Noémie LVOVSKY. Musique originale de Gabriel YARED disponible chez Quartet records/La Baleine.

 

 

BYE THE SEA (VUE SUR MER)

Pour son troisième film en tant que réalisatrice, Angelina JOLIE replonge dans les années 1970. Elle raconte l’histoire de Vanessa (Angelina JOLIE),  une ancienne danseuse, et Roland (Brad PITT), un écrivain américain. Ensemble, ils traversent la France puis s’installent dans une petite ville de bord de mer. En se rapprochant des histoires de Léa (Mélanie LAURENT), François (Melvil POUPAUD), et de certains habitants, dont Michel (Niels ARESTRUP) et Patrice (Richard BOHRINGER), le mari et la femme vont être amenés à faire face aux impasses de leur propre vie. Après avoir collaboré avec Alexandre DESPLAT sur UNBROKEN (INVINCIBLE), Angelina JOLIE s’est tourné vers Gabriel YARED qui propose une partition emplie de sensibilité. Après une introduction aérienne, légère pour cordes et guitares, Gabriel YARED amène un thème d'abord à base de limonaire suivi d'une charmante mélodie pour cordes et clarinette, également de violoncelle; un thème plutôt réussi mais, malheureusement et bizarrement, quasiment pas exploité dans le reste de la partition. On note que les  cordes apparaissent en retrait dans le développement avec également quelques notes de piano qu’il joue lui-même pour un thème très agréable, de tradition française (Rearranging Furniture). Pour évoquer l’éloignement du couple, mais aussi plus loin un danger, Gabriel YARED introduit un thème plus tourmenté,  notamment dans le toucher des notes espacées de piano et du solo de violoncelle en contrepoint. Celui-ci précédent un développement plus grave (Separate Lives, I Don't Like This Game). On le retrouve plus loin, sur des plages atmosphériques : d’abord un thème vibrant, sur lequel se posent quelques notes de piano et des cordes qui se répètent. Ce qui donne une musique étrange et nostalgique, comme deux êtres qui se perdent  (Shopping) ; puis sur un thème lointain, doucement percussif grâce à  une sorte de xylophone, tandis que le piano distille des notes douces amères (Will You Watch With Me?) ou joue de manière répétitive tandis que le violoncelle délivre un mouvement ample (Outsides Match My Insides), inquiétant même pour la rencontre avec de jeunes mariés en vacances (Roland Finds Vanessa and Francois). Gabriel YARED continue par un thème suspendu, bousculé par des percussions et un piano qui joue de manière solitaire (Watches Couple). Un thème intimiste même quant il se trouve accompagné d’un contrepoint froid, qui se développe de violoncelle ou répétitif, et plus séduisant,  avec des cordes  très contemporaines (Barren Suite). Notons que, le film se déroulant en partie en France, il n'est pas étonnant de retrouver parsemées dans la bande originale, des standards  de chansons de notre pays, comme d'abord la belle, mélancolique Jane B. par Jane BIRKIN, puis l'excellente Il Faut Savoir par Charles AZNAVOUR, Il Est Cinq Heures, Paris S'éveille par Jacques DUTRONC, la méconnue La Pluie Du Ciel par une Chantal GOYA qui ne chantait pas encore pour les enfants et L'anamour & Black Trombone par Serge GAINSBOURG. Au final, pour cette chronique liée à une aventure humaine filmé à la manière du cinéma des seventies, Gabriel YARED propose une partition typique de comédie dramatique construite autour de  de deux thèmes principaux. L'un, assez mélodique mais peu présent, représente une certaine envie de vivre tandis que l'autre, plus lent, inspire la souffrance. Entre les deux, le compositeur entoure les personnages de motifs plus sombres, graves, qui amènent du mystère et de l'impression. Il en ressort une partition sincère, proche des sentiments mais qui laisse un goût étrange, inachevé.

BYE THE SEA (VUE SUR MER). Un film de et avec Angelina JOLIE, avec également Brad PITT et Mélanie LAURENT. Musique originale de Gabriel YARED disponible chez Back Lot Music/Universal music

 
 
 

TOM A LA FERME

Tom, un jeune publicitaire (Xavier DOLAN) se rend en pleine campagne pour des funérailles et constate que personne ne le connaît, et encore moins la nature de sa relation avec le défunt. Lorsque Francis, le frère aîné de celui-ci (Pierre-Yves CARDINAL) lui impose un jeu de rôles malsain, une relation toxique s'installe pour ne s'arrêter que lorsque la vérité éclatera. Pour le réalisateur, au départ, il ne devait y avoir aucune musique dans TOM A LA FERME car il souhaiter que, d’un silence écrasant, naisse une tension. Sauf qu’au montage, son film hurlait un criant besoin de musique.Il fût alors décidé de contacter Gabriel YARED qui, de son interprétation lyrique et assumée du genre à la fois romantique et panique penchait tantôt du côté des œuvres hitchcockienne, tantôt du côté des musiques de Gustav MAHLER. Pour le personnage de Tom, Gabriel YARED introduit un thème large, à la structure orchestrale obsessionnelle, avec une ligne profonde en contrepoint. Il en ressort une gravité, qui correspond au stress du personnage de retour à la campagne. Dans un deuxième temps, le compositeur rajoute des bois qui donnent une couleur différente avant des cordes qui amènent déjà une certaine violence (Tom). Pour le personnage d’Agathe (Lise ROY), Gabriel YARED propose un lento très élégant, à base de clarinette avant que le piano ne dépose la mélodie principale, avec un joli contrepoint de violon tandis que, pour Sarah, il propose un thème grave, à base de violoncelle et d’un souffle qui évoque le vent en contrepoint. Gabriel YARED propose ensuite un thème qui se développe dans les vibratos, dans les cordes avec un mélange de sonorités synthétiques qui donnent une texture inquiétante, maléfique. Il n’y a pas vraiment de mélodie mais plutôt le surgissement d’une ambiance sombre, mystérieuse, angoissante. En même temps, le compositeur tisse une partie très orchestrale, répétitive, dans la lignée du thème de Tom, accompagné aussi de mandoline. En jouant à la fois sur les vibratos et la répétition, Gabriel YARED exploite une manière d’amener la musique qui appuie la tension, le suspense, comme dans les films d’Alfred HITCHCOCK (Jeu De Rôles, C’est Toi Qui Décides, Syndrome De Stockholm). Ce qui se ressent aussi dans le thème de Francis, au clavecin, accompagné de cordes glaciales. Gabriel YARED construit là une véritable musique de thriller, haletante, terrifiante avec de la guimbarde notamment (Francis, La Fuite) mais aussi dramatique, en jouant à la fois du classique piano redondant et de la modernité des thèmes obsessionnels auxquels il rajoute des sonorités percussives (Défiguré). Ce que l’on retrouve encore dans des motifs de cordes assez rapides, qui apparaissent subitement, avant le développement d’une musique qui inspire la froideur. Là encore, le compositeur utilise beaucoup de vibratos, également un solo de violon qui apporte une couleur particulière. Quant au piano, il intervient là aussi mais de manière diabolique, comme une ligne répétitive qui, accompagnée de violon, apporte beaucoup de densité, de tension, à la manière de PSYCHOSE (Demi-tour, Révélations). Epousant la structure complexe d’un thriller psychologique, Gabriel YARED signe une partition plus atmosphérique que mélodique, qui privilégie les nappes orchestrales et les harmonies obsessionnelles pour créer une tension, un malaise qui rejoint les peurs, les craintes du personnage de Tom. Même si on pense parfois à Bernard HERRMANN, Gabriel YARED livre une partition très personnelle, dans laquelle on retrouve, au détour, ses touches baroques, grâce au clavecin mais aussi une dimension aussi classique que contemporaine, en particulier dans son aptitude à utiliser le piano dans des tonalités très variées. Il en ressort alors une partition singulière, très réussie dans la mesure où elle épouse superbement les contours diaboliques et dérangeants du parcours de Tom.

TOM A LA FERME. Un film réalisé par Un film de Xavier DOLAN, avec Xavier DOLAN, Pierre-Yves CARDINAL, Elise ROY, Evelyne BROCHU. Musique originale de Gabriel YARED disponible chez Idol Music/Quartet records.

 
 
 

LES SAVEURS DU PALAIS

C’est parce qu’il souhaitait depuis longtemps traiter de l’émotion culinaire que le scénariste Etienne COMAR a proposé l’idée des SAVEURS DU PALAIS au réalisateur Christian VINCENT. Ensemble, ils ont imaginé l’histoire d’Hortense Laborie (Catherine FROT), une cuisinière réputée vivant dans le Périgord et qui, à sa grande surprise, se voit nommée responsable des repas personnels du Président de la République (Jean D’ORMESSON). Malgré les jalousies des chefs de la cuisine centrale, Hortense réussira à s’imposer grâce à son caractère bien trempé et surtout l’authenticité de sa cuisine. Pour la musique, Christian VINCENT a fait appel à Gabriel YARED en le laissant libre de composer sa partition avant d’avoir vu la moindre image. De son côté, le cinéaste a accueilli la musique de Gabriel YARED « comme un cadeau que vous fait un ami, avec l’espoir que ce cadeau vous plaira. Et ça m’a plu ». De prime abord, Gabriel YARED a écrit une musique très traditionnelle, orchestrale et généreuse, dont les thèmes  séduisent par leur douceur, leurs mélodies et des harmonies colorées. « En guise d'entrée », Gabriel YARED nous sert un premier plat musical orchestral assez large dont on apprécie les cordes palpitantes en contrepoint et la mélodie pianissimo. Il continue avec un autre thème ample, dans lequel on sent une certaine rapidité, une précipitation et, en même temps, une élégance dans les cordes. Il s’agit d’une musique très classique mais très plaisante (Course à l'Elysée). Pour évoquer la Présidence et le Palais de l’Elysées, le compositeur introduit fort justement un thème élégant et chantant à la manière de la Renaissance avec un certain côté classique Mozartien. Il s’agit d’un thème bien écrit qui contient une partie pianissimo façon sonate accompagnée d’un orchestre concertant (Les cuisines du palais). On retrouve ce côté classique arrangé à la sauce cinéma dans des thèmes d’orchestre avec des cordes graves, notamment du violoncelle et du piano grave en arrière. Il s’agit d’une musique toujours classique mais avec plus de mystère, de trouble (Changement De Régime). Pour le Thème d'Hortense, Gabriel YARED propose une musique plus moderne, plus contemporaine. Il s’agit d’une musique également plus nostalgique, relativement douce et mélodique porté par le piano avec l’orchestre en contrepoint ; un thème qu’il développe délicatement de sorte qu’il en devient très émouvant. Il s’agit d’une couleur mélancolique que l’on retrouve plusieurs fois dans la partition (Mélange De Saveurs, Dernier Repas Sur L’Ile) mais aussi, sur le Président ; un thème très lent, très profond, doucement atmosphérique, joué au piano de manière très légère, avec notes espacées (Mr le Président). Notons qu’en bonus, le disque comporte plusieurs démos : une sorte de marche renaissance très rythmée avec des accents qui rappellent la France profonde (Marché Dans Les Rues – Démo), un morceau intéressant de par sa mélodie Renaissance (Piano En Cuisine – Démo) et un thème majestueux (Prélude au palais – Démo). .Au final, Gabriel YARED séduit par une musique qu’il a visiblement composée avec le cœur. On apprécie beaucoup ses thèmes, certes très classiques (on peut regretter une tendance à se rattacher à des éléments du passé pour coller à un monde d’aujourd’hui) mais tellement plaisants ; une réussite !

LES SAVEURS DU PALAIS. Un film de Christian VINCENT,avec Catherine FROT, JEAN D’ORMESSON et HIPPOLYTE GIRARDOT Musique originale de Gabriel YARED disponible chez BOriginal by Cristal records / Sony music.