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REINHARDT WAGNER : EMBARQUEMENT FAUBOURG 36 !

Quand Frank THOMAS lui présente ses textes autour du front populaire, Reinhardt WAGNER remarque l’essence d’un poète qui fait revivre la France des premiers congés payés ; d’un bal au-dessus du volcan qui s’apprête à gronder. Ainsi naît FAUBOURG 36, un projet de comédie musicale pour la scène. Jusqu’au jour où Christophe BARRATIER, pas encore réalisateur mais déjà musicien, entend et apprécie les chansons, au point de convaincre Jacques PERRIN d’en acheter les droits. Ce n’est qu’après le triomphe de son premier film que Christophe BARRATIER songe à réaliser FAUBOURG 36. A partir des chansons de Reinhardt WAGNER et Frank THOMAS, mais aussi en en envisageant d’autres comme Partir Pour La MER, il écrit l’histoire d’une belle équipe qui remonte un cabaret pour retrouver sa dignité perdue ; Des personnages incarnés par de formidables comédiens également chanteurs : Gérard JUGNOT qui, dans la continuité des CHORISTES, retrouve le petit Pépinot devenu môme Jojo, son fils accordéoniste joué par Maxence PERRIN ; Kad MERAD, un artiste aussi comique que chanteur et Clovis CORNILLAC, la gueule d’amour qui va faire craquer Douce ; La jeune première, jouée par la révélation Nora ARNEZEDER, qui va les charmer en entonnant à cappella Loin De Paname ; La première chanson du film, très mélodique et qui, comme les autres, recrée le climat des musiques et refrains de l’époque. Un véritable recommencement avec des titres qui possèdent le parfum des années 1930 et l’omniprésence de l’accordéon ; un instrument incontournable et présent jusque dans les musiques originales directement inspirées des chansons, comme pour préparer le spectateur. Tombé sous le charme du film et de ses musiques, nous avons demandé à Reinhardt WAGNER, qui aime autant la composition pour le cinéma que le théâtre, de lever le rideau du Chansonia : II raconte ses collaborations avec Frank THOMAS et Christophe BARRATIER et nous transmet sa fierté d’avoir participé à une expérience musicale et cinématographique aussi rare que de qualité !

 
 
 
 

Des Chansons Très 1930 !

D’où vient l’idée de FAUBOURG 36 ?

RW) A l’origine, on trouve Frank THOMAS, un auteur, un poète formidable avec qui je travaille depuis longtemps. Je dis bien un auteur, pas un parolier ; une distinction qu’il fait lui-même. Nous nous étions rencontrés par une amie commune il y a une quinzaine d’années et, très rapidement, nous avons eu envie d’écrire des chansons. Au bout d’un moment, nous avons eu ce projet d’écrire des chansons dans un esprit des années 1930. II faut dire qu’il avait écrit beaucoup de textes qui tournaient autour de 1936, l’année de sa naissance. D’ailleurs, c’est lui qui a trouvé le titre FAUBOURG 36. En quelques mots, quelques phrases, Frank THOMAS avait créé un univers qui rappelait les couleurs musicales des années 1930 avec des javas, des valses. Nous avons écrit de cette manière un ensemble de chansons qui tournaient autour de l’accordéon. Au début, nous avions imaginé monter FAUBOURG 36 sur scène mais, très vite, nous avons rêvé d’en faire un film pour le cinéma.

Ecrivez-vous vos musiques à partir des textes ?

RW) Oui mais, en même temps, je peux les restructurer complètement ! C’est à dire qu’il m’autorise à retirer un couplet qui me paraît en trop. De même, je peux déplacer le refrain à un autre endroit de la chanson. C’est en ce sens que Frank THOMAS est un auteur. Au-delà du parolier qui écrit toujours selon le schéma d’un couplet suivi d’un refrain, Frank THOMAS me laisse la liberté de modifier l’ordre des paroles et même d’en enlever.

A quel moment Christophe BARRATIER est-il arrivé ?

RW) Je voudrais d’abord préciser que je le connaissais bien avant qu’il ne réalise LES CHORISTES. Vers 1994, je lui avais déjà fait écouter les chansons de FAUBOURG 36 et il les avait trouvées formidables. Alors qu’il ne songeait pas encore à la réalisation de films ! Jacques PERRIN, directeur de Galatée films, en a alors acheté les droits et s’est attelé, avec nous, à la recherche d’un réalisateur. Ce qui n’était pas facile car, en France, les réalisateurs sont la plupart du temps également des auteurs. Maintenant, je crois que Christophe BARRATIER a, au fond de lui, toujours eu envie de réaliser FAUBOURG 36 ; II est donc revenu vers nous lorsqu’il s’est senti prêt à écrire un scénario autour des chansons.

Combien de chansons contenait le projet initial ?

RW) Le film contient 10 chansons mais au départ il devait y en avoir environ 25 ; Christophe BARRATIER en a conservé certaines et en a enlevé d’autres. Puis, il nous a demandés d’en écrire des supplémentaires, comme Partir Pour La Mer, qui fait partie intégrante du scénario.

Kad MERAD, Gérard JUGNOT, Maxence PERRIN, Clovis CORNILLAC

 

Un Accordéon, Le Môme Jojo, Un Trio De Parrains

Pouvez-vous nous parler de la chanson Le Môme Jojo interprétée dans le film par Maxence PERRIN et son accordéon, Gérard JUGNOT, Clovis CORNILLAC et Kad MERAD ?

RW) Vous avez probablement remarqué qu’on entend beaucoup l’accordéon dans toutes les chansons. C’était important car le film se situe dans les années 1930 dont l’accordéon constitue un instrument emblématique. Le Môme Jojo est un titre très mémorisable, qui parcourt le film et que devaient pouvoir interpréter facilement des acteurs qui ne sont pas des chanteurs comme Gérard JUGNOT et Clovis CORNILLAC. Au contraire de Kad MERAD, davantage chanteur et artiste.

Etait-ce une volonté de Christophe BARRATIER de retrouver les thèmes de cette chanson, comme les autres, dans la musique originale ?

RW) Absolument. Christophe BARRATIER m’avait demandé que ma partition soit directement dérivée des chansons. J’aurais pu composer une musique qui n’a rien à voir mais Christophe BARRATIER souhaitait que les thèmes ne viennent pas de nulle part. Parfois ils apparaissent extrêmement étirés, lents, ce qui fait que le spectateur lambda ne s’en rend pas compte. Mais il s’agit bien des thèmes des chansons. Comme dans un opéra, les gens entendent dans le film une musique qui devient plus tard l’air d’une chanson. II s’agit d’une façon de préparer le spectateur aux chansons.

Christophe BARRATIER vous avait-il demandé de créer un pont musical entre les plans d’extérieurs et les scènes d’intérieur du Chansonia de l’introduction du film ?

RW) Pas du tout. Là encore, le fil conducteur consistait à toujours faire référence, parfois de manière très ténue, aux chansons, ici Loin De Paname. II s’agit d’une musique très parisienne, extrêmement mélodique, comme j’ai l’habitude d’en composer. On en trouve un autre exemple dans la séquence où Pigoil décide de faire le siège du Chansonia : il n’y a pas de musique et, tout d’un coup, quand il annonce qu’il va occuper le théâtre, j’utilise une percussion et les cordes reprennent un des thèmes de la chanson Attachez-moi ; C’est invisible pour le spectateur mais, en prêtant attention, on reconnaît le thème de la chanson, que j’utilise avec cette même percussion dans la séquence de la blanchisserie avec Milou. Car, comme avec Pigoil, il est question d’un combat.

Considérez-vous Sous Le Balcon De Maria, interprété par le ténor Gilles SANJUAN comme un véritable air d’opérette ?

RW) Bien sûr ! II contient d’ailleurs un texte romantique et exagéré qu’il faut prendre au second degré. En même temps, nous l’avons écris d’une manière très sérieuse, dans le respect de l’esprit des musiques du genre. J’ai donc écrit cet air de la même manière que pour une véritable opérette. D’autant que j’adore l’opérette ! Nous nous sommes beaucoup amusés à écrire cette chanson qui se situe dans le registre du pastiche. Au contraire des autres chansons qui, à mon avis, n’en sont pas du tout. Par exemple, quand Kad MERAD chante II Y A (à l’opéra…), il s’agit d’un clin d’œil à Charles TRENET, pas d’un pastiche qui s’apparente presque à une caricature.

Avez-vous traité différemment les orchestrations des chansons et de la musique du film ?

RW) Les chansons sont orchestrées d’une certaine manière pour une vingtaine de musiciens. En ce qui concerne la musique du film, plus symphonique, elle réclamait davantage d’ampleur. D’où l’utilisation d’un orchestre plus important d’environ 70 musiciens. Maintenant, on entend aussi l’accordéon dans le score. Au départ, je m’étais dit qu’on en mettrait dans les chansons mais pas dans le score. Puis, très vite, nous nous sommes aperçus avec Christophe BARRATIER qu’il fallait mettre de l’accordéon mélangé aux violons, donc intégré dans le score. Ce qui fait qu’au final, on ne le sent pas trop.

 

 

Reinhardt WAGNER

 

Une Douce Voix, Loin De Paname

Qu’avez-vous ressenti en découvrant au casting Nora ARNEZEDER ?

RW) Elle a représenté pour moi, comme Frank THOMAS et Christophe BARRATIER, une grande découverte. Lors de ses essais, j’ai remarqué qu’elle chantait bien et possédait la même ingénuité que Douce. J’ai été très content quand Christophe BARRATIER l’a engagée.

Lorsqu’elle interprète, dans le film, sa première chanson, Loin de Paname, elle passe justement le casting du Chansonia ?

RW) C’est vrai et moi, je suis au piano dans un coin de la scène tandis que, dans la salle, tout le monde se moque d’elle, lui demandant de montrer ses jambes puis d’entonner une chanson. Elle est prise au dépourvu mais, quand Pigoil lui demande de chanter, elle commence à entonner à capella Loin de Paname. Puis, quand Pigoil me fait signe d’envoyer mes violons, je l’accompagne au piano comme si la chanson existait déjà. II s’agit d’une chanson que le personnage de Pierre RICHARD, dont on apprend qu’il a été l’amant de la mère de Douce, était sensé avoir écrit en 1916. Donc les violons s’envolent et l’apothéose de la chanson intervient au moment où on voit les gens l’adorer. C’est là que l’on voit que Douce est une chanteuse !

Que représente la chanson Un recommencement aux paroles assez amusantes qu’elle interprète sur une grande scène belge ?

RW) On comprend avec ce titre qu’elle commence à faire carrière dans la chanson, dans le music-hall, loin du Chansonia qu’elle a quitté. Ce n’est qu’après cette chanson que Pigoil lui demande de revenir avec eux.

Avez-vous voulu faire une chanson de type cabaret avec Attachez-moi que Douce chante entourée de boys.

RW) Absolument et je me suis beaucoup amusé à écrire cette chanson dans ce genre qui, je crois, fait parti de moi. II faut dire que, plus jeune, j’ai accompagné au piano plein de gens pas forcément connus. De même, j’ai beaucoup joué dans des orchestres de bals. Vous savez, je suis un musicien hybride : je possède 6 premiers prix du Conservatoire de Paris et ai joué en même temps de la guitare électrique. Je connaissais donc par cœur les musiques de Jimi HENDRIX, des BEATLES. Aujourd’hui encore, je peux sans problème vous jouer un morceau des ROLLING STONES sur ma guitare Fender ! De même, je possède autant de disques de blues que de Pierre BOULEZ ! J’ai donc des goûts musicaux très larges et ne me cantonne pas à un style particulier.

Que représente la chanson Enterrée Sous Le Bal, que Douce chante en intégralité à la fin du film ?

RW) J’aime particulièrement cette chanson, qu’elle interprète sur cette séquence avec Milou qui l’éclaire en pleine représentation. II s’agit en quelque sorte d’une chanson d’adieu : Galapiat, joué formidablement par Bernard-Pierre DONNADIEU, tout en voyant Douce sur scène, observe Milou et comprend qu’elle est amoureuse ; Qu’elle lui échappe ! Pour moi, il s’agit d’une des plus belles chansons, la plus émouvante, avec un texte très fort ; C’est là que l’on se rend compte que Frank THOMAS est un poète.

Partir Pour La Mer, Avec Des Comédiens Chanteurs

Comment avez-vous travaillé avec ces comédiens chanteurs ?

RW) Ma collaboration avec ces comédiens, qui ne sont pas des chanteurs, s’est très bien passée. Ce que je savais, pour avoir eu par le passé un projet de spectacle musical en collaboration avec mon ami Roland TOPOR. Kad MERAD était le plus chanteur d’entre eux. Ensuite, Clovis CORNILLAC chante bien et en mesure, mais ne possède pas une voix qui peut lui permettre de se lancer dans la variété. Gérard JUGNOT est certainement le moins doué pour la musique mais, au final, il chante assez peu, juste Le Môme Jojo et Partir Pour La Mer. Nous leur avons chacun trouvé un coach qui les a préparés séparément à leurs rôles et aux chansons. De cette manière, ils sont entrés progressivement dans l’univers du film, de l’époque, des musiques et bien sûr des chansons. Je crois qu’ils ont travaillé plutôt dans la bonne humeur, la camaraderie. Dans un deuxième temps, j’ai travaillé personnellement avec eux l’interprétation des chansons. Ce qui a limité les rectifications toujours nécessaires lors de l’enregistrement en studio, avant le tournage.

Quel avantage représentait l’enregistrement avant le tournage ?

RW) Bénéficier de la bonne tonalité des chansons pour que, sur le plateau, les comédiens, qui avaient des oreillettes, puissent se concentrer sur le jeu. Mais ce n’était quand même pas évident car, pour que le play-back fonctionne bien, il faut que le mouvement des lèvres suive, ce qui n’est pas toujours évident.

Pouvez-vous nous parler de l’écriture de la chanson chorale Partir Pour La Mer

RW) Christophe BARRATIER souhaitait une chanson supplémentaire, beaucoup plus rythmée, pour évoquer le départ à la mer. J’ai trouvé la mélodie, sur la base des deux syllabes du mot partir, dans un taxi. J’ai alors appelé Frank THOMAS au téléphone ; je lui ai chanté la mélodie et lui m’a immédiatement donné les premières phrases de la chanson : Partir, partir pour la mer que l’on ne voit pas…Nous nous sommes retrouvés le lendemain et avons terminé la chanson en une heure ! Au moment de l’enregistrement, nous avons refait un découpage, en compagnie de Christophe BARRATIER. II fallait que la chanson n’apparaisse pas trop longue et colle parfaitement aux différentes parties de la mise en scène.

Avez-vous éprouvé des difficultés particulières pour les chansons mettant en scène plusieurs personnages ?

RW) Ce ne sont pas des chansons plus difficiles à écrire ou à enregistrer. II faut juste savoir qu’elles seront interprétées par plusieurs personnages. Par exemple, dans Les Dingues, une java chantée par Clovis CORNILLAC et Kad MERAD, les personnages de Milou et Jacky se répondent. Bien sûr, ils ont appris chacun leur partie mais après ce n’est pas difficile à interpréter car ils chantent ensemble. Cette chanson, nous l’avons raccourcie pour le film car elle devait durer qu’une minute. Elle apparaît à la fin du spectacle, lors qu’ils font ensemble un numéro.

Le disque contient-il les mêmes versions des chansons que dans le film ?

RW) Exactement les mêmes versions ! Puis il contient des chansons supplémentaires, comme Y Aura Jamais D’Accordéon qu’interprète Célestin, joué par mon ami François MOREL, avec qui j’avais monté un spectacle et que j’avais conseillé à Christophe BARRATIER. Cette chanson, une des préférées de Jacques PERRIN, on n’en entendqu’un couplet qu’interprète Célestin dans son café. Ensuite, la caméra de Christophe BARRATIER monte sur les toits où on retrouve Milou et Douce.

Pour quelle raison avez-vous préféré écrire une chanson à la manière de FERNANDEL plutôt que de reprendre un de ses titres ?

RW) II me semblait bien plus intéressant que Kad MERAD chante, à la manière de FERNANDEL, un titre original comme Raymonde Est Blonde. Plutôt qu’une simple reprise dont l’adaptation aurait coûté très cher à la production. En plus, j’adore écrire des chansons à la manière de, ce que Christophe BARRATIER m’a permis pour ce film. Pour la plupart des metteurs en scène, leur premier réflexe aurait été de reprendre une chanson de FERNANDEL. Nous, cela a consisté à écrire une chanson qu’aurait pu chanter FERNANDEL. Ce n’est pas la même démarche et cela me paraît bien plus amusant. D’une manière générale, je préfère créer une chanson, même si on reste dans l’esprit d’un artiste, que d’adapter. D’ailleurs, et c’est important de le souligner, excepté quelques chansons diffusées à la radio, le film ne comporte que des titres originaux.

Comment avez-vous travaillé avec Pierre RICHARD qui joue le rôle du chef d’orchestre Monsieur TSF ?

RW) Avec beaucoup de plaisir, surtout lorsqu’il a fallu que je lui montre comment mettre les doigts sur le piano. Pour son jeu de chef d’orchestre, il avait à sa disposition une personne chargée de l’entraîner. Pour moi, Pierre RICHARD représente un acteur musicien dans l’âme. Je le trouve formidable dans le film, comme tous les autres comédiens !

Avez-vous aimé jouer le rôle du pianiste ?

RW) J’ai toujours aimé jouer des petits rôles, comme un aveugle dans MORTEL TRANSFERT de Jean-Jacques BEINEIX, dans les films qu’on me demande de mettre en musique. Ici, j’ai passé d’excellents moments sur le tournage qui pour moi a duré 20 jours, dans un superbe décor près de Prague. Après avoir joué en duo avec François MOREL au théâtre dans COLLECTION PARTICULIERE, peut-être que je finirais acteur !

Musique de Films En France

A la veille de la fête de son centenaire, quel est votre sentiment sur la musique de films en France ?

RW) II est simple. Soit on a la chance de composer pour des metteurs en scène qui accordent de l’importance à la musique dans leurs films. Soit le cinéma français, dans sa grande majorité, n’accorde pas une vraie place à la musique. Au-delà de ce constat, je pense que les compositeurs ne doivent pas se cantonner à la musique de films. D’ailleurs, je ne m’y limite pas ! Pour moi, la musique de films, en France, n’existe pas ! Au contraire des Etats-Unis où elle constitue un métier pour des compositeurs qui ne font que de la musique de films. Ce qui m’intéresse, c’est d’écrire des musiques de films mais aussi de travailler sur des projets musicaux pour le théâtre. Par exemple, j’écris en ce moment avec Frank THOMAS une comédie musicale qui s’intitule MANOUCHE. J’aimerais la monter au théâtre mais il n’est pas impossible qu’elle devienne un film pour le cinéma. De la même manière, je suis en contact avec des producteurs pour que l’opéra pour enfants JOSEPHINE ET LES OMBRES, que j’avais écrit avec Roland TOPOR, devienne un film. J’adore initier des projets musicaux pour le théâtre ou pour le cinéma, comme nous l’avons fait avec Frank THOMAS sur FAUBOURG 36.

Outre FAUBOURG 36, sur quels films aurons-nous le plaisir d’entendre vos musiques prochainement ?

RW) J’ai de nouveau travaillé avec des cinéastes importants pour moi : Pascal THOMAS pour LE CRIME EST NOTRE AFFAIRE, un film qui comporte beaucoup de musique. Puis Jean-Michel RIBES pour MUSEE HAUT MUSEE BAS, qui contient un thème récurrent et une partie symphonique à la fin.

 

Christophe BARRATIER dirige Pierre RICHARD

Comment définissez-vous Christophe BARRATIER ?

RW) Comme moi, il fait ce dont il a envie, réalise les films qu’il aime ; Des œuvres dans la lignée du cinéma français de René CLAIR à Marcel CARNE. Moi, je crois que les gens sont investis de ce qu’ils font depuis le plus jeune âge et qu’au bout d’un moment, elles se concrétisent. Evidemment, il y a les rencontres, une part de hasard mais il y a aussi l’acharnement. Quand on travaille depuis 15 ans sur un projet, on ne se rend pas vraiment compte quand il prend forme. Ce n’est qu’aujourd’hui, alors que le film est terminé, que je ressens une certaine émotion devant le travail accompli par Christophe BARRATIER et les comédiens. Sur FAUBOURG 36, je suis très content car, chose très rare, nous avons réalisé un film d’après des chansons.Il y a eu auparavant WEST SIDE STORY mais la comédie musicale existait avant le film. Alors que là nous n’avions que des chansons, pas d’histoire. II a donc fallu que Christophe BARRATIER écrive un scénario autour des chansons, ce qui est quand même assez rare.

Peut-on imaginer que le film devienne une comédie musicale au théâtre ?

RW)Je rêverais d’en écrire une adaptation pour la scène ! Nous pourrions par exemple monter un spectacle autour des numéros, des chansons du film.

Pensez-vous retravailler avec Christophe BARRATIER ?

RW) Même si je pense qu’il travaillera avec d’autres compositeurs, comme Bruno COULAIS, je suis sûr que nous nousretrouverons ; Peut-être même sur une nouvelle aventure avec des chansons !

Quelle image garderez-vous de l’aventure FAUBOURG 36 ?

RW) D’abord une expérience musicale et cinématographique rare. Ensuite, la rencontre avec tous ces acteurs, avec lesquels j’ai travaillé dans une certaine camaraderie, en partageant de francs moments de rigolades. Ce sont tous des grands acteurs que je respecte énormément. Raison de plus pour créer l’événement !

Entretien réalisé à Paris le 3 septembre 2008. Tous droits réservés.

Bande originale contenant toutes les chansons et musiques du film disponible chez Mercury / Universal