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Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

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APRES LES CHANSONS,

L'ÉPREUVE DES IMAGES

DE FABRICE ABOULKER ! 

 
Retour sur un téléfilm remarqué pour son sujet,  la souffrance d’un homme (Fred TESTOT) qui ne supporte plus son corps. Mais qui aborde aussi les conséquences dans sa vie conjugales, avec son épouse (Marie-Josée CROZE) et familiale. Une bouleversante histoire d’amour écrite par Julie JEZEQUEL, qui mérite aussi l'attention pour sa bande originale composée par Fabrice ABOULKER. En effet, le réalisateur Arnaud SÉLIGNAC a de nouveau fait appel à un compositeur surtout connu pour avoir écrit des chansons pour Marc LAVOINE. Mais aussi, depuis MARIAGES de Valérie GUIGNABODET, pour avoir composé plusieurs musiques de films et de séries, essentiellement pour la télévision. Comme il nous le raconte, après avoir abordés musicalement le film sous un angle, le réalisateur et le compositeur se sont accordés sur une approche beaucoup plus émotionnelle, reflétant les souffrances, mais aussi les espoirs, de chacun des membres d’une famille chamboulée. A l'occasion de l'édition de cette musique, qui contient la chanson du générique de fin interprétée par Marc LAVOINE, Fabrice ABOULKER retrace son parcours.  Il revient également sur la création, plutôt compliquée, de cette musique qui intervient, souvent, en soutien des personnages !
 

Des Amours Du Dimanche A Mariages !

Fabrice ABOULKER, comment êtes-vous passé de compositeur de chansons à auteur de musique de films ?

FA: par envie et du fait de rencontres déterminantes ! Ceci dit, avant même que je compose des chansons, ma première volonté a toujours consisté à écrire des musiques instrumentales.

Pourtant, pendant longtemps, vous n’avez composé que des chansons?

FA: il se trouve que j’ai composé, effectivement, beaucoup de chansons, en particulier pour Marc LAVOINE. Mais j'ai toujours gardé en moi ce fantasme d'écrire de la musique de films.

A quel moment est arrivé le déclic ?

FA : il est intervenu à la fin des années 1980, lorsque j’ai composé, pour Marc LAVOINE, l’album LES AMOURS DU DIMANCHE. Je me rappelle que nous avons inclus un titre complètement instrumental qui terminait la première face du disque.

Que représentez, pour vous, cet instrumental au milieu d’un disque de chansons ?

FA : il m’a surtout déclenché l’envie de composer un album entièrement instrumental ! Ce qui est arrivé très vite, au début des années 1990, avec un album qui s’intitule LA CINQUIÈME SAISON. Aujourd'hui, on ne le trouve plus en cd mais je vous encourage à l'écouter sur les sites de streaming. En plus. cet album, d’une durée de cinquante-deux minutes, on l’avai entièrement transposé en une série de vidéo clips.

Il ne s'agissait pas encore de musique de films ?

FA: effectivement mais cet album m’a permis de retrouver mon ami d'enfance Thibault CHATEL, avec lequel j'ai fait, au début des années 2000, la comédie musicale ALI BABA. Avant cela, il était réalisateur de clips, notamment pour Marc LAVOINE, et aussi producteur de séries d'animation.  

C’est lui qui vous a permis de composer vos premières musiques de séries animées ?

FA: absolument ! Alors que Marc LAVOINE et moi nous étions éloignés car il souhaitait travailler avec d'autres compositeurs, Thibault CHATEL m’a vraiment tendu la main. D’une part, il m’a fait entrer dans les productions AB et, d’autre part, il m’a appris le métier de compositeur pour l'image. En l'occurrence pour des séries d'animation.

Que voulez-vous dire ?

FA : tout simplement qu'il m’a formé à cette façon de composer autant de thèmes que de personnages, des musiques dans des couleurs différentes selon qu’il s'agit de séquences d'action, de suspense, de comédie ou d'émotion.

Composiez-vous aussi les arrangements ?

FA: Non car je ne possédais pas la formation nécessaire pour écrire des orchestrations. Moi, très vite, quand j'ai commencé à travailler dans la musique pour l'image, je me suis vite rendu compte, et cela vient de mon expérience dans le monde de la chanson, que j'étais surtout doué pour écrire des mélodies, beaucoup moins pour les arrangements. Du coup, sur mes premières séries d'animation, notamment SOS CROCO, j’ai fourni des thèmes par personnages. Tandis que des arrangeurs étaient chargés de les développer et les orchestrer de façon à construire une véritable bande originale.

Comment s’est passée votre rencontre avec Valérie GUIGNABODET pour qui vous avez composé la musique du film MARIAGES ?

FA: il faut quand même rappeler que la regrettée Valérie GUIGNABODET a été la première personne qui m’a fait confiance dans la musique de films. A l'époque du film, j'essayais depuis plusieurs années de rentrer dans le monde du cinéma et de la télévision mais je dois dire que je n’y arrivais pas. Il se trouve qu'un jour, lorsque j'ai rencontré Valérie GUIGNABODET lors d’un diner de famille, elle m’a raconté qu'elle se trouvait désemparé car, selon elle, le compositeur qu'elle avait choisi avait raté la musique de son film

Quelle a été votre réaction à une telle confidence ?

FA: très naturellement, je lui ai demandé pour quelle raison elle ne me donnait pas ma chance pour que j'essaye de composer une musique pour son film. Elle m’a répondu qu’elle hésitait car, d’une part, je n'avais jamais écrit de musiques de films et, d’autre part, aucun producteur n'allait accepter de m'engager.

Comment avez-vous réussi à la convaincre ?

FA: j'ai insisté pour qu'elle me permette de lui proposer des musiques par rapport à certaines séquences. Ce qu'elle a finalement accepté. Et comme ces thèmes lui ont plu, elle m’a engagé pour composer toute la musique du film. Ensuite, il se trouve que le film a marché et que les rencontres se sont enchainées.

Quelle a été la rencontre la plus importante ?

FA: je dirais Alain TASMA que, après MARIAGES, Valérie GUIGNABODET m'a présenté. Il m’a engagé pour composer les musiques de la série LES BLEUS, PREMIERS PAS DANS LA POLICE. Il se trouve que, comme il s'agissait d’une série assez moderne dans sa forme, qui a donc été très remarquée, tous les gens qui y ont collaboré ont bénéficié de son aura. En ce qui me concerne, je dois reconnaître que cette série m’a ouvert plein de portes. Elle m’a aussi permis de rencontrer, en 2007 par l'intermédiaire de la productrice Pascale BREUGNOT, le réalisateur Arnaud SELIGNAC pour lequel j'ai composé la musique du film VÉRITÉS ASSASSINE, avec Zabou BREITMAN. Depuis, nous avons collaboré sur plusieurs films comme ARLETTY, NOTRE DAME DES BARJOTS dont la musique a été primée au Festival de La Rochelle et BOX27 et, aujourd'hui, nous sommes devenus de vrais amis.

 

 

Le Cinéma D’Arnaud SELIGNAC

Vous êtes-vous retrouvés, avec Arnaud SELIGNAC, dans des goûts musicaux ?

FA: cette rencontre avec Arnaud SELIGNAC a représentée, pour moi, un évènement inattendu dans la mesure où nous ne partageons pas vraiment les mêmes goûts musicaux. Lui, ce qu’il aime, c’est plutôt le côté sale de la musique, le rock des années 1970. Tandis que moi, je préfère les musiques davantage mélodiques. Sans forcément de références aux années 1980 où j'ai commencé à écrire pour Marc LAVOINE. Maintenant, en écoutant le thème principal de MARIAGES, on peut penser au PARKING DES ANGES de Marc LAVOINE. Cela vient du fait que l’on a travaillé avec l’orchestrateur de cette chanson. Mais le reste de la partition apparaît plutôt classique et orchestral.

Comment avez-vous abordé le film L'ÉPREUVE D'AMOUR ?

FA: avec Arnaud SELIGNAC, comme on se connaît bien, sur L'ÉPREUVE D'AMOUR, comme précédemment sur ARLETTY et BOX27, j'ai eu accès au scénario et aux rushes. De là, j'ai commencé à écrire la musique, que l’on a affiné par rapport au film. Maintenant, je dois dire que ce n'est pas un film qui a été facile à mettre en musique.

Pour quelle raison ?

FA: cela s'explique par le fait, qu’au départ, je l'imaginais beaucoup plus dur qu’il ne l’est en définitive. D’ailleurs, quand nous avons commencé à discuter avec Arnaud SELIGNAC, il s'agissait que la musique souligne la douleur du personnage de Paul. Ce que j'ai fait par une musique plutôt électronique, désespérée et tordue. Sauf que cette musique, quand on l’a mis sur les images, alors que le montage n'était pas terminé, elle ne fonctionnait pas du tout.

Que s'est il alors passé ?

FA: il se trouve que le film a évolué. En fait, c’est quand le film a été complètement monté que l’on s’est rendus compte qu'il ne fallait pas l'accompagner par une musique violente. Au contraire, ce film nécessitait une musique plutôt tendre. Notamment parce qu’il s'agissait de s'intéresser, plus qu’au drame d’un homme, davantage à  l'histoire de cette femme qui, par amour, accompagne son mari dans sa transformation. Maintenant, je crois que ce chemin, cette réflexion, qui est intervenue au moment où Arnaud SELIGNAC a pensé à la musique, était nécessaire. Il fallait passer par cette mauvaise direction pour arriver à trouver la bonne musique.

Vous voulez dire qu’Arnaud SELIGNAC ne savait pas quelle musique son film avait besoin ?

FA: je pense qu’au moment du tournage, il ne s'était pas rendu totalement compte que ce film raconte une grande histoire d’amour qui nécessite une musique en conséquence.

 

D’où, sur le personnage de Marielle, ce motif profond, au violon, qui reflète d'abord son inquiétude puis évolue en reflétant son amour, son attachement à son mari ?

FA: vous savez, au final, tout le film a été construit autour du personnage de Marielle. Et en ce qui concerne la musique, elle devait l'accompagner dans son chemin pour arriver à accepter cet homme qui va devenir une femme. Après, il s'agit peut-être d’une musique moins mélodique que sur d'autres films. Cela s'explique, d’une part, par le fait qu’on a utilisé beaucoup de musiques d'ambiances. Et, d'autre part, que le film apparaissant très dialogué, il restait peu de place pour la musique, qui intervient souvent en soutien des personnages et de manière plutôt souterraine. C’est pour toutes ces raisons que, par rapport aux films précédents, celui-ci a été plus compliqué à mettre en musique.

Comment avez-vous traité les relations entre les membres de la famille, notamment les enfants pour lesquels on entend des thèmes égrenés au piano, avec toujours du violon ?

FA: je dirais qu’on entend trois thèmes principaux qui font le tour du film: il y a d'abord ce thème qu'on entend la première fois lorsque Paul et Marielle s'embrassent dans l'escalier. Il s’agit d’un thème qu’on retrouve à la fin quand sa fille tombe dans les bras de son père. C’est un thème important qui, en fait, accompagne les relations, le sentiment de passion entre le mari et la femme. Il accompagne aussi les rapports entre les parents et leurs enfants. Ensuite, j'ai écrit deux autres thèmes : l’un qui accompagne le désespoir de Paul, l’autre qui se rapporte davantage au  désespoir de Marielle.

Etait-il important que la deuxième partie de la partition se trouve davantage dans l'espoir, notamment avec le morceau Tu Vas Guérir, qui se distingue par des notes de piano entrecoupées d’espaces, de brefs passages de cordes ?

FA : c’est vrai que j'ai voulu que la musique évolue de manière positive mais cela correspond aussi à l’évolution du film. D'où ces musiques que vous avez remarquées et qui, effectivement, contiennent des éléments d'espoir incarnés ,notamment par des notes de guitare. Ce sont des musiques qui ont été très plaisantes à écrire. Elles accompagnent des séquences plus chaleureuses, de retrouvailles, notamment lorsque Paul emmène Marielle un weekend à Biarritz. D'où ces thèmes où j'utilise, effectivement, de la guitare.

Était-il nécessaire d'intégrer une musique plus contemporaine, répétitive, toujours à base piano comme le morceau Je Recommencerai ?

FA: je dirai qu’il s'agit d'une déclinaison plus électro de la musique qui m’a été proposée par l’arrangeur Damien ROCHE.

FA: La participation de Marc LAVOINE à la chanson du générique était t-elle prévue ?

FA: elle n'était pas prévue mais il se trouve que, quand je lui ai parlé du film, Marc LAVOINE m’a proposé un texte de chanson. Ensuite, au moment où nous avons cherché un interprète, très naturellement, il m’a proposé de l’interpréter lui-même. Cette contribution, complètement gratuite et amicale, de Marc LAVOINE nous a évidemment fait très plaisir, à Arnaud SELIGNAC comme à moi.

Est-il question de retrouver, avec Marc LAVOINE, sur d'autres chansons ?

FA: justement, alors que cela faisait longtemps que l’on n'avait pas enregistré d’album ensemble, nous sommes en train d’en terminer un nouveau.

Au final, que retenez-vous de cette nouvelle collaboration avec Arnaud SELIGNAC ?

FA : je retiens surtout, et ce film le démontre, qu'il existe des histoires plus difficiles à mettre en musique que d'autres. Par exemple, je me rappelle que, sur BOX 27, dans une moindre mesure aussi sur ARLETTY, on a livré la musique avant même que le film soit monté. Et ce qui est formidable, c’est que toutes les musiques ont fonctionné avec les images.

 
 

Musiques Pour Une Abeille Mythique !

Comment fait-on pour composer une nouvelle musique pour le remake de la série animée MAYA L'ABEILLE qui est restée célèbre pour sa bande originale initiale ?

FA: quand les producteurs ont lancé cette nouvelle série en 3D autour du personnage de MAYA L’ABEILLE, il y a eu un appel d’offre pour rechercher le compositeur de la musique. Il se trouve que le réalisateur, je le connaissais déjà puisque je l'avais rencontré sur la série animée SPIROU. Ensuite, je lui ai fais des propositions de thèmes comme si la série n'avait jamais existée. De toute façon, les producteurs n'ayant pas les droits des musiques de la série précédente, ils étaient obligés de commander une nouvelle bande originale. Et moi, en tant que compositeur, vu aussi qu’il s'agissait d’une série différente d’un point de vue de l'image, je suis partie dans une inspiration complètement nouvelle. Je dirais que, sur cette série, on se situe plus dans un schéma typique de musiques de films. Vous savez, c’est très difficile d'écrire des musiques pour des séries animées. Mais là, je crois qu’on a réussi à élaborer une partition légère, peut-être moins enfantine que la précédente, qui représente ce petit monde des abeilles.

Entretien réalisé le 27 novembre 2017.

Bande originale du film L'ÉPREUVE D'AMOUR composée par Fabrice ABOULKER, disponible en digital chez Moksha productions.

Plus d'informations sur http://www.fabriceaboulker.com/