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FABIEN WALTMANN : ENTRE POP 84

      ET MUSIQUE DE FILM 2016 !

La bande originale de NY84, le film choc de Cyril MORIN, c'est lui en grande partie : Fabien WALTMANN est un compositeur et producteur, surtout de chansons, qui souhaitait depuis longtemps passer à la musique de films de long métrage – il avait déjà signé, en 2015 la musique du court métrage DETACH de Daniel AMBOR- ; une volonté qu'a entendue son ami Cyril MORIN, lui aussi compositeur et, depuis quelques années, réalisateur. Pour son nouveau film, NY84, qui raconte le parcours d’un groupe de jeunes artistes confrontés, dans les années 1980, à la tragédie du SIDA, Cyril MORIN cherchait justement un compositeur et producteur capable de sortir notamment des musiques et des chansons influencées par cette décennie destructrice autant que créatrice. Ce qui donne des titres parfois très émouvants, comme le I Will See You interprété par l'actrice et auteure Sam QUARTIN. En complément de l'entretien avec Cyril MORIN, Fabien WALTMANN nous raconte comment s’est déroulée cette première collaboration cinématographique, de quelle manière Cyril MORIN l’a en quelque sorte dirigé pour mieux accoucher de cette bande originale hybride, entre culture pop et thèmes intimistes pour piano et guitare

 
                        Cyril MORIN & Fabien WALTMANN
 

Fabien WALTMANN, cela faisait-il longtemps que vous attendiez que l’on vous propose de composer une musique de film ?

FB : je dois vous dire que cette collaboration sur la musique d’un  film, et encore plus avec Cyril MORIN restait, pour moi, effectivement, très attendue.

Pour quelle raison; vous le connaissez depuis longtemps Cyril MORIN ?

FW: depuis pas mal de temps. En fait, je l'ai rencontré au début des années 2000; à l'époque, c'était moi qui lui avait demandé d'écrire des arrangements de cordes pour Mankato, un artiste dont j'avais produit l'album. Il s’est trouvé ensuite que j'ai été tellement satisfait du travail de Cyril MORIN que nous sommes devenus des amis.

Vous avez depuis suivi l'évolution de l’artiste Cyril MORIN?

FW: absolument. Et quand j'ai appris qu’il devenait réalisateur, je me suis dit que ce serait bien, qu’un jour, il me permette de  composer la musique d’un de ses films.

Après ses deux premiers films, THE ACTIVIST et HACKERS GAME, vous vous imaginiez bien collaborer avec Cyril MORIN ?

FW: Voir ses films m’a effectivement donné envie de travailler avec lui. Mais surtout, cela m’a conforté dans ma volonté d'écrire de la musique de films.

Qu'avez-vous appris de vos collaborations avec Cyril MORIN ?

FW: j’ai appris énormément de choses sur la manière de traiter la musique par rapport à ce qui se passe à l'écran, aux personnages, à l'écriture. J’ai aussi pris conscience de la nécessité de développer un thème qui revient plusieurs fois dans le film. En fait, toutes ces années de collaboration auprès de Cyril MORIN, qui a quand même composé plus d'une centaine de musiques de films, ont représenté, pour moi, une école, un apprentissage. Moi, NY84 constitue seulement mon deuxième film. Je crois que c'est pour cette raison qu’il me reste encore beaucoup à apprendre dans le domaine de la musique pour l'image.

De La Pop Music Au Cinéma

Il faut dire que vous êtes davantage connu pour vos collaborations en tant que compositeur et producteur dans la chanson ?

FW: c’est vrai que je suis davantage expérimenté dans la chanson. Mais, tout en continuant la chanson, comme en ce moment avec Etienne DAHO, j'essaye de changer de direction. Je veux dire par là que, depuis 24 ans, je vis et travaille à Londres. Aujourd'hui, j'ai vraiment envie, de nouveau, de collaborer avec des réalisateurs, comme je  le faisais quand j'étais à Paris et que je composais des musiques pour des reportages, des courts métrages.

En quoi compose r de la musique de films est différent que de réaliser des chansons pop ?

FW: Pour moi, la musique de film représente une émotion différente. Dans la chanson pop, je pense qu’il n'existe pas vraiment d'émotion. Je veux dire par là qu’on travaille plutôt à partir d’une structure souvent très basique.  Je crois que la musique d'un film représente, d'une certaine manière, un travail bien plus éprouvant. Mais au final, en tant que compositeur, l'écriture d’une musique de film m'apporte, d’un point de vue émotionnel, beaucoup plus qu'une chanson pop.

Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Sam QUARTIN qui, justement, fait ressortir une émotion assez incroyable dans NY84?

FW : je dois avouer que cette collaboration s’est déroulée de manière assez étrange, inédite même, pour moi. En effet, nous avons travaillé à distance via des échanges par Skype plus le décalage horaire selon qu'elle se trouvait chez elle à New-York ou chez ses parents en Floride. Sam QUARTIN n'étant pas une chanteuse de vocation, il existait ce besoin de lui donner une direction musicale. Il fallait notamment l’aider afin qu'elle se serve de l’influence de Patti SMITH. Tandis que je composais les mélodies des chansons - pour I Will See You, qui constitue la dernière chanson du film, je me suis inspiré de l’auteure compositrice, mais aussi peintre, canadienne Joni MITCHELL - et elle écrivait la presque totalité des textes, avec Cyril MORIN, nous avons voulu qu'elle essaye de recréer, vocalement, ce personnage. Pour moi, cette collaboration particulière avec Sam QUARTIN a représenté une véritable expérience artistique, en plus qu’une belle rencontre.

Comment s’est passée la collaboration avec Cyril MORIN, sachant qu’il a été très directif avec vous ?

FW : en fait, quand nous avons commencé à réfléchir à la bande originale, il avait déjà utilisé des musiques temporaires. Et il m’a demandé de me baser sur ces morceaux préexistants pour construire ma musique. Ce qui, pour moi, représentait une démarche difficile car, comme beaucoup d'artistes, je préfère la liberté à la contrainte. Malgré tout, j'ai quand même réussi à intégrer ces influences, et à créer un univers « Sonic » qui, je pense, m'appartient.

Vous voulez dire un univers sonore personnel ?

FW : oui mais j'ai l'habitude de dire univers Sonic  ! Vous savez, depuis 25 ans que je vis en Angleterre, je crois que j'ai perdu beaucoup de mots en français. Cyril MORIN a été très directif dans le sens où, comme tout réalisateur, il savait ce qu’il voulait, pas forcément musicalement, mais entre ce qui se passait à l'écran, les dialogues et mes propositions en ce qui concerne la bande originale. Il avait véritablement besoin de trouver cet équilibre d'autant que, pour l’avoir déjà fait de nombreuses fois, en tant que compositeur sur d'autres films, il possède l'expérience de ce que la musique doit donner à l'écran. Même si je suis nouveau dans ce processus, que je possède aussi ma façon de voir les choses, je suis toujours resté à l'écoute des demandes de Cyril MORIN. D’autant plus qu’il reste pour moi un vrai professionnel dans la musique de films. Et puis j’avais envie d’apprendre.

Parfois, vous reprenez les mélodies d’une chanson, par exemple Run Run Run, pour en faire une musique de film ?

FW : je dois dire que c’est Cyril MORIN qui m’a demandé deux versions de cette chanson : un instrumental et une version  que je chante moi-même. Il fallait que je retrouve l’essence de ce que pouvaient faire des artistes de cette époque qui, comme David BOWIE, Brian ENO ou encore Lou REED, possédaient une sonorité particulière. C'est pour cette raison que je m'en suis vraiment inspiré.

Pour quelle raison avez-vous, au niveau de la musique originale, privilégié des thèmes assez épurés pour piano et guitare ?

FW : encore une fois, c’est Cyril MORIN qui a fait ce choix que je trouve très intéressant. Cela permet, d’une part, d’associer certains thèmes à des comédiens et, d'autre part, d’intensifier les émotions que dégagent les personnages. D’ailleurs, j'aime bien cette idée qui fait que la musique apparaisse associée aux personnages, à leur sensibilité. J’ai effectivement composé un thème qui, tout le long du film, se répète. Au niveau de l'orchestration, j‘utilise du piano, plusieurs couches de guitare, également de la mandoline et une voix. Ce qui m’a permis d'apporter ce côté cristallin, spatial dans la musique. Cela me paraissait important de privilégier la guitare, notamment sur la séquence où Kate accompagne Anton à Central Park.

Entretien réalisé à Paris le 15 novembre 2016.

Plus d'informations sur Fabien WALTMANN sur http://fabienwaltmann.com/