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JEF NEVE/SPIRIT CONTROL

Voici le nouvel album de Jef NEVE ; un pianiste (il a joué sur la bande originale de THE ARTIST) et un compositeur à l’aise dans une multitude de genres. A commencer par le jazz mais surtout pas que ! Pour preuve : cet album spirituel et parfaitement contrôlé – d’où le titre- qui présente des titres variés, très bien écrits et superbement joués. Là, Jef NEVE commence par une musique profonde, dans les cordes et les graves. Son piano entre après cette introduction et joue une ligne en apparence assez simple mais technique, à la fois répétitive et crescendo. Jusqu'à l'entrée de la trompette de Teus NOBEL, qui rajoute un filet d’émotion. D’où un morceau (Crystal Lights) superbe, bien plus concertant que jazzy tout comme ce Solitude (Orchestral arrangement) où le piano se trouve accompagné d’un contrepoint profond de cordes. Jef NEVE continue par un morceau plus rythmé. Il est introduit par des percussions sur lesquelles il place, là encore, une ligne de piano répétitive mais aussi plus swing. D'où une musique enlevée, d’essence jazzy, à la fois dans le rythme et cette façon d’accrocher les notes. Ce qui n'empêche pas, par moments, un contrepoint de cordes, et des parties obsessionnelles qui rappellent, plus ou moins lointainement, certaines musiques de compositeurs contemporains (Jumpin' On Waves, NYC Marathon). Après un intermède atmosphérique, avec des bruits de vagues, sur lesquelles se posent, entre autres, quelques mélodies lointaines de piano (Kite Crash), on entend le thème titre. Là, Jef NEVE, après une introduction au violoncelle joué par Amber Docters VAN LEEWEN, joue une partie de piano qui jongle avec une ligne de violon. D'où un mouvement mélancolique, dont la partie mélodique s'élève doucement, puis se répète inlassablement, crescendo, sur un tapis de cordes (Spirit Control). Jef NEVE continue par un mouvement de piano solo expressif  assez lent, qui appelle des images ; délicatement mélodique, il se trouve accompagné d’une légère rythmique de batterie et de cordes en contrepoint (Lake Kivu). Toujours en solo, Jef NEVE continue dans l'émotion, la sensualité même, avec cette fois une chanson forcément lente et émouvante interprétée par le crooner Sam SPARRO (Caterpillar). Jef NEVE revient au piano solo, d’abord en posant une succession de notes, parfois répétitives mais pas forcément mélodiques. Puis en virant au jazz avec un feu de piano plus chantant et surtout le rythme régulier de la batterie et de quelques percussions (Shinjuku Golden Gai). Puis il propose un morceau étonnant d’abord répétitif avec un piano qui joue presque de manière électronique ; un sentiment renforcé par la présence d’un contrepoint moderne, puis d'une cellule mélodique obsessionnelle (Beautiful Colours).   Jef NEVE embraye par un mouvement de piano intimiste, délicatement mélodique, rejoint par la froideur d’une ligne, légère, de violoncelle, (The Heart Whispers Why). Jef NEVE conclut par un morceau étonnant, une escale parisienne qui s’ouvre comme un thème de jazz. Et qui se poursuit de manière plus complexe, dans un développement qui navigue entre le jazz, grâce au piano et à la trompette, et des mesures plus romantiques, à base d'orchestre (Paris, Place Sainte Catherine). Au final,  voici un album qui, s’il se trouve classé dans les rayons de jazz, se situe davantage aux frontières de genres plus classiques et contemporains. Il faut dire que Jeff NEVE, en plus de jouer magnifiquement du piano, réussit, par son écriture, ses orchestrations, à créer une musique à la fois dynamique et sentimentale. Il en ressort, assurément, un des meilleurs albums de musiques fusionnelles du moment !

JEF NEVE SPIRIT CONTROL. Disponible chez Universal Music

 

CINEMA ITALIA

Derrière ce titre générique, se cache un véritable hommage, respectueux, contemporain et jazzy, au cinéma italien et à leurs compositeurs ! Ainsi, par de nouveaux arrangements, ces thèmes se présentent avec une nouvelle force, une vitalité ! Le programme commence par une festive et émouvante du thème de LA STRADA composé par Nino ROTA. Elle est introduite lentement par Enzo PIETROPAOLI à la contrebasse, Luciano BIONDINI à l’accordéon, puis Rosario GIULIANI qui égrène doucement, au saxophone alto, une mélodie qui semble se reconstruire; l’accordéon se chargeant du développement. Du même Nino ROTA, le groupe reprend le fabuleux générique du 8 et 1/2 de Federico FELLINI, splendide réflexion sur le cinéma ; Une reprise où l'accordéon entre progressivement en contrepoint et valse, tandis que le saxophone, soutenu par la contrebasse et la batterie, délivre, de manière rythmée, éclatante, la mélodie dont l’aspect parade populaire se trouve renforcé par le dynamisme des musiciens.On entend encore une Impro sur le thème de Romeo E Giulietta; un morceau entamé majestueusement au saxophone, l'accordéon restant présent mais en retrait, tout comme la contrebasse et la batterie.  On entend enfin le Main Thème de LA DOLCE VITA, où l'accordéon, le saxophone et un rythme de percussions reconstituent bien l'ambiance poétique du film de Federico FELLINI. Ennio MORRICONE constitue l’autre compositeur emblématique revisité dans ce programme: avec d’abord la musique du film de Giuseppe TORNATORE, un CINÉMA PARADISO, qui se trouve lentement, et avec beaucoup de subtilité, introduit par les vibrations de la contrebasse d’Enzo PIETROPAOLI ; l'accordéon se chargeant de nouveau de jouer, fidèlement, la bouleversante partie mélodique sans pour autant oublier, en duo complice avec le saxophone, de partir dans des prolongements, des sortes de voies de traverses.  On revient, avec le superbe Deborah's Thème, composé pour IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE, l'ultime chef d’œuvre de Sergio LEONE ; un thème sentimental repris dans une version complètement nostalgique, toujours emmenée par l'accordéon et le saxophone. Et, pour terminer, le quatuor propose une véritable recréation du thème principal d’IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST (C'era una volta il west) introduite de manière libre, lointaine, par l'accordéon. Avant que ne rentre, lentement, le saxophone sur la ligne mélodique, l'accordéon se déplaçant alors en contrepoint. A côté des thèmes de ces compositeurs emblématiques, on entend deux titres originaux signé par Rosario GIULIANI et Luciano BIONDINI, qui démontrent ainsi une nouvelle la puissance narrative de leurs musiques. Place ensuite à des thèmes originaux : d'abord Bianco E Nero, en fait inspiré d’un album de chansons, de Bianca ATZEIN accompagné d’une musique colorée des percussions jouées par Michele RABBIA. Tandis que le saxophone, soutenu par l'accordéon, improvise des lignes purement joviales. Puis What Is There What Is Not, un mouvement de jazz à la fois léger et nostalgique, avec de larges mesures improvisées, tant pour l'accordéon que le saxophone. Au final, en plein mélange des genres mais toujours avec raffinement et swing, cet album, enregistré au prestigieux Club romain de la Casa Del Jazz, cette remarquable maison du jazz romaine, dégage des notes douces d’un passé de cinéma en noir et blanc !

CINEMA ITALIA par Luciano BIONDINI à l’accordéon, Rosario GIULIANI à l’alto et au saxophone soprano, Enzo PIETROPAOLI à la contrebasse et Michele RABBIA aux batteries acoustiques et électroniques et aux  percussions. Disponible chez Jando music. http://www.jandomusic.com/it/

Classique ! 
 
 

VALENTINA LISITSA LOVE STORY/Great Piano Themes from the Movies

On savait que la pianiste Valentina LISITSA aimait le cinéma ! Mais pas forcément au point de consacrer tout un album à l’âge d’or du grand écran, notamment britannique. Après des concerts a travers le monde en jouant des œuvres de Serge RACHMANINOV et dédié des albums à Michael NYMAN et Philip GLASS, elle explore aujourd’hui des musiques légendaire de l’âge d’or des Love Story de cinéma ; un genre intimement lié au classique de par l’influence qu’ont eue les œuvres de compositeurs comme Sergueï RACHMANINOV, mais aussi Georges GERSHWIN, sur sa genèse, dans des orchestrations somptueuses mettant son piano au centre de l’orchestre de concert de la BBC dirigé par le chef Christopher WARREN-GREEN. L’album s’ouvre par le Concerto De Varsovie tiré de DANGEROUS MOONLIGHT, composé en 1941 par Richard ADDINSELL (LES AMANTS DU CAPRICORNE d’Alfred HITCHCOCK-1949 ; un mouvement flamboyant, où la technique de la pianiste, dans un style proche, justement, de Sergueï RACHMANINOV (compositeur au départ pressenti) n’a d'égal qu’un romantisme où la mélodie se trouve exacerbée par la grâce de l'orchestre.  Du même compositeur, on entend aussi Invocation, du film JOURNEY TO ROMANCE dans lequel la pianiste appuie le rythme sensuel de ce mouvement rhapsodique. Suit un extrait de la musique, de Richard RODNEY-BENNETT (INDISCRET de Stanley DONEN-1958) pour LE CRIME DE L’ORIENT EXPRESS de Sidney LUMET (1974) ; un thème grandiose marqué par une belle alliance de l’orchestre symphonique et du piano, qui rebondit dans les travers d’un mouvement hollywoodien. Plus étonnante : Assaut Contre La Colline Rouge, une pièce composée par Dimitri CHOSTAKOVITCH pour L’INOUBLIABLE ANNEE 1919 (1951) ; un film rendant hommage à la fois à Staline et à la bataille de Petrograd pour lequel le célèbre compositeur signait une musique incroyablement riche, répétitive et d’allure plutôt chaude et lyrique, avec des effluves de piano, bien que des caisses claires rappellent l’essence martiale. De Charles WILLIAMS, compositeur d'une cinquantaine de musiques de films et de multiples pièces classiques, on entend d’abord le Jealous Lover extrait de THE APARTMENT de Billy WILDER-1960, un mouvement délicatement mélodique où le piano intervient de manière intense, tout en s'élevant dans des passages alliant tension et passion. Puis, The Dream Of Olwen, du film WHILE I LIVE réalisé en 1947 par John HARLOW, un thème sérieux autant que concertant, qui se développe finement, où la pianiste se balade de manière délicate, subtile. Du génial Nino « LE PARRAIN » ROTA, on entend la splendide musique de THE LEGEND OF THE GLASS MOUNTAIN (1949), où on reconnaît déjà, il était très jeune, un véritable talent mélodique et une force orchestrale qui lui permet d'intégrer le piano sur les accents d’une partition à la fois populaire et tragique. Du canadien Robert FARNON (connu pour son arrangement pour orchestre d’A La Claire Fontaine et des musiques sur la série LE PRISONNIER) on entend ensuite Seashore, une musique sentant les grands sentiments, rendue célèbre grâce a une publicité pour les cigarettes Player, où le piano navigue par des dessus un tapis de cordes, notamment de la harpe. Plus grandiose, surtout dans son ouverture, et privilégiant un piano qui joue de manière  rythmique, apparaît THE MANSELL CONCERTO ; une pièce exigeante mais d’allure populaire, composée par Kenneth-Leslie SMITH pour The Women's Angle en 1952. Du compositeur britannique Hubert BATH (MARIE TUDOR de Robert STEVENSON en 1936), on entend ensuite un Cornish Rhapsody du LOVE STORY version 1944 avec Margaret LOCKWOOD ; un thème  caractéristique du cinéma des années 1940, entre  musique populaire et intimiste, notamment grâce à un violon solo mais aussi le phrasé tout en retenue de Valentina. De Jack BEAVER, un autre compositeur britannique, on entend Portrait of Isla extrat de  THE CASE OF THE FRIGHTENED LADY en 1940 ; un drame fondé sur une pièce d’Edgar WALLACE, mettant en scène un aristocrate schizophrène, accompagné par un thème largement introduit par l’orchestre avant que le piano, très concertant, installe une ambiance sensible, fraiche. Du célèbre Dave GRUSIN (MILAGRO de Robert REDFORD), on entend ensuite le dynamique New Hampshire Hornpipe, parfait sur l'ambiance de retrouvailles familiales d’ON GOLDEN POND (LA MAISON DU LAC-1981), avec Henri et Jane FONDA. Du compositeur britannique Leighton LUCAS, on entend son thème le plus célèbre : le Rhapsody de STAGE FRIGHT (LE GRAND ALIBI-1950) d’Alfred HITCHCOCK, qui s’ouvre dans la grandeur de l’orchestre associant le piano. Avant que celui-ci déverse un thème quasi mélodramatique. De Leslie BRIDGEWATER, compositeur de théâtre puis de cinéma, on entend le valsant  Legend Of Lancelot, de TRAIN OF EVENTS réalisé en 1949. Enfin, du compositeur et chef d’orchestre américain Carl DAVIS (LA MAITRESSE DU LIEUTENANT FRANÇAIS de Karel REISZ en 1981 avec Meryl STREEP) : le somptueux Main Theme de PRIDE AND PREJUDICE (ORGUEIL ET PREJUGES) où l'orchestre se place souvent en arrière d’un piano qui, aidé de cors, joue la bourgeoisie anglaise mise en avant dans le film de Joe WRIGHT réalisé en 2005. Au final, voilà un très beau disque dans lequel l’excellente pianiste, éblouissante de technique et aidée par un orchestre de haut vol, rend un vrai hommage à l’amour et au cinéma !

VALENTINA LISITSA LOVE STORY/Great Piano Themes from the Movies. Valentina LISITSA et l’orchestre de concert de la BBC dirigé par le chef Christopher WARREN-GREEN. Disponible chez Decca classique.

LOVE AND FRIENSHIP

Libre adaptation du roman de Jane AUSTEN, cette comédie romantique irlando-franco-néerlandaise réalisée par Whit STILLMAN raconte, dans l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, l'histoire de Lady Susan VERNON (Kate BECKINSALE) ; une jeune veuve au grand pouvoir de  séduction  qui, pour survivre et élever sa fille, recherche un nouvel époux. Pour accompagner les efforts de séduction d'hommes fortunés par une Lady en manque d'argent, le réalisateur  a allègrement puisé dans le répertoire classique du 18 siècle. Exceptions néanmoins pour deux thèmes originaux composés par Benjamin ESDRAFFO: d'abord un bref mais élégant motif titre complètement interprété à la harpe par la soliste irlandaise Dianne MARSHALL (Love & Friendship Harp Theme, puis une Wedding March. Place ensuite aux thèmes (tous de très courts extraits) du répertoire, pas forcément connus mais, pour la plupart, composés dans l'époque du film et tous exécutés par l'Irish Film Orchestra dirigée par Mark SUOZZO. Et cela commence par du lourd : une pièce d'Henry PURCELL, dont on reconnaît immédiatement le style (déjà entendu via la célèbre Sarabande du BARRY LYNDON de Stanley KUBRICK), lent et rythmé par des caisses claires tandis qu'une trompette lance un mouvement grave, plus mélodique, à la façon d'une procession du 18eme siècle (Music For The Funeral Of Queen Mary). On profite ensuite d'abord  d'un extrait du Largo de la Symphony No. 6 in F Major de William BOYCE CHURCHILL ; une pièce puissante et émouvante dans un style renaissance. Plus moderne, mélodique, à base de piano, de harpe et d'un contrepoint de violon se révèle le Arietta. Plus solennel évidemment apparaît le joli Agnus Dei tiré de The Mass For Mr. Mauroy de Marc-Antoine CHARPENTIER. On reconnait le toujours très populaire Antonio VIVALDI sur l’air “AH, CH’INFELICE SEMPRE” extrait de CESSATE, OMAI CESSATE, interprété par la soprano Chloë MARTIN, très présente dans cette bande originale. Arrive ensuite A MEDLEY OF MARCHES, en fait un ballet en forme de procession, tiré de l'acte 1 du Andromaque composé par André GRETRY, compositeur méconnu, liégeois puis français. L'album contient d'ailleurs plusieurs marches : celle de Renaud signée Antonio SACCHINI, tiré de l’Act I de l'opéra du même nom ; celle, lugubre, de François-Joseph GOSSE ; celle, lente, chantante, bourgeoise pour quartet, écrite par Hyacinthe JADIN, un compositeur, et pianiste, né à Versailles (STRING QUARTET). On entend encore plusieurs extraits d’œuvres du populaire George Frideric HAENDEL : d'abord un morceau profond du GIULIO CESARE IN EGITTO Coaching Inn, ici repris sur la séquence des 12 commandements ; plus loin, sur la promenade de Susan & Reginald,’s le superbe aria “COR DI PADRE” tiré de TAMERLANO. Sur l'arrivée de Lady Susan à Churchill, on entend la MARCH de SCIPIONE (ACT 1), tandis que, sur les séquences de Frederica à Churchill, on trouve le “OMBRE PIANTE, URNE FUNESTE” de RODELINDA. Incontournable également : quelques mesures de l’émouvant adagio de la Sonate no 3 pour violoncelle du grand Ludwig van BEETHOVEN, sur une séquence d'engagement rompu, brillamment interprété par William BUTT au violoncelle et Archie CHEN au piano. Sur les séquences nostalgiques des lettres de Miss SUMMERS, on entend un extrait de la délicate Symphonie en C majeur pour orchestre à vent composée par François Joseph GOSSEC. Plus anecdotique mais festif, on apprécie le thème traditionnel de SIR ROGER DE COVERLY (Assembly Dance). De même que le concertant BALLET–MARCH extrait d'AMADIS DE GAULE, un opéra comique du compositeur et organiste allemand Johann Christian BAC. On entend encore (et même deux fois !) le lent et beau PRÉLUDE pour violoncelle d’Henri FREMART lorsque Frederica se trouve a l'église puis lorsqu'elle rencontre Reginald. Vient après, sur  l'avertissement de Courceys “EJA MATER, FONS AMORIS” extrait du STABAT MATER (RV 621) d’Antonio VIVALDI dont on apprécie aussi l'excellent  ALLEGRO de son  Concerto pour violoncelle en C mineur (RV 402) intervenant lorsque Reginald visite Susan. On en revient a la tradition et l'éclat de Wolfgang Amadeus  MOZART avec d'abord la Marche d'IDOMENEO puis le “SOAVE SIA IL VENTO” de COSI FAN TUTTE, sorte de retrouvailles romantiques interprétées par les sopranos Sarah BRADY et Chloë MARTIN et le basse Paul McGOUGH. On entend également un surprenant LOVE WILL FIND OUT THE WAY, thème traditionnel intéressant de par son interprétation convenue au clavecin, de même que CHACONNE: LA SONNING du compositeur, claveciniste et organiste français François d’AGINCOURT. Sur ces aventures où le spectateur est pris à témoin d'une bourgeoisie bousculée, le choix de recourir à des musiques dîtes classiques ne semblait pas très risqué. Certes, on aurait préféré la présence d'un compositeur qui fasse, par des thèmes originaux,  bouger des lignes harmoniques efficaces, raccords avec l'époque mais souvent déjà entendues ! Et ce ne sont pas les trop rares thèmes originaux de Benjamin ESDRAFFO qui vont y changer quelque chose. Il en reste alors une excellente compilation de musiques… classiques !

LOVE AND FRIENSHIP. Bande originale du film de Whit STILLMAN, avec Kate BECKINSALE, Chloë SEVIGNY, Xavier SAMUEL, Emma GREENWELL, Justin EDWARDS, Tom BENNETT, Morfydd CLARK, Jemma REDGRAVE, James FLEET, Jenn MURRAY, Stephen FRY. Bande originale disponible chez Sony classical.

FUNAMBULES-Thomas ENHCO & Vassilena  SERAFIMOVA

Voici le premier album du pianiste de jazz Thomas ENHCO et de la percussionniste Vassilena SERAFIMOVA; un opus où ils revisitent des classiques et nous invitent dans leurs propres compositions. L'album commence par une composition de Thomas ENHCO; une promenade onirique et romantique, jouant de la légèreté de leurs deux claviers,  doucement mélodique, pour piano et xylophone ; une pièce élégante, délicatement répétitive et très agréable où le xylophone rebondit sur les phrasés pianissimo (Eclipse). Suit Signs Of Life, Blood Pressure, une pièce de jazz plus contemporaine, profonde, du compositeur américain Patrick ZIMMERLI, qui entraîne les deux instruments dans une course folle, saluant au passage Steve REICH. Ensuite, les chemins de Vassilena SERAFIMOVA et Thomas ENHCO se croisent avec aisance sur les trois mouvements de la Sonate pour Deux Pianos en Ré K.448 de Wolfgang Amadeus MOZART; une version inédite où le  marimba et le piano jouent de manière homogène, la virtuosité et l’énergie des deux artistes se déployant avec aisance dans ce chef-d’œuvre empli d’allégresse et de profondeur. On enchaîne un autre morceau signé Thomas ENHCO, Palimpseste; un lento intimiste conduit par le piano tandis que le marimba peint une douce lumière à l’aide de ses ondes boisées. Arrive un autre grand thème classique : la Pavane, Op. 50 de  Gabriel FAURE; un morceau particulièrement émouvant dont la lenteur augmentée de piano lui donne ici une coloration plus jazz. Plus loin, on apprécie une relecture emplie de mélancolie de la Sonate pour violon solo en G mineur BWV 1001 de Johann Sébastien BACH, dans laquelle la percussionniste s'intègre parfaitement. Ensuite, les deux artistes passent les frontières quand Vassilena SERAFIMOVA  initie Thomas ENHCO  à un chant traditionnel de sa Bulgarie natale : un thème surprenant où, accompagnés de leurs instruments, ils unissent leurs voix claires, et nous emportent dans un morceau  épique et ébouriffant, entre jazz et musique traditionnelle (Dilmano Dilbero, variations on a Bulgarian folk song). On entend ensuite Mare A Mare, une composition originale de Vassilena SERAFIMOVA basée sur un jeu crescendo de percussions sur lequel vient se brancher le piano de Thomas ENHCO. Vassilena SERAFIMOVA nous surprend encore avec Aquarium, une improvisation assez rythmée d'après Le Carnaval Des Animaux de Camille SAINT-SAENS). Ils terminent par une version pleine de groove, de sensibilité et de beauté de Bitter Sweet Symphony, le tube planétaire du groupe de Britpop The Verve. Au final, voici un excellent album qui constitue un savant dosage entre morceaux classiques, créations jazzy contemporaine et relectures populaires. Le talent des deux musiciens, leur originalité aussi, donne une couleur souvent inattendue mais qui se suffit à elle même pour renouveler les couleurs de la musique classique, leur donner un nouveau souffle, plus jazzy. On aime !

FUNAMBULES-Thomas ENHCO & Vassilena  SERAFIMOVA. Disponible chez Deutsche Grammophon/Decca records/Universal Music

 

 

HELENE GRIMAUD/WATER

Ce qui a inspiré à la célébrissime pianiste Hélène GRIMAUD l'idée d'enregistrer cet album, c'est d'abord la fascination que tant de compositeurs des 19e et 20e siècles semblent avoir eu pour l'eau. C'est ensuite une collaboration avec l'artiste contemporain écossais  Douglas GORDON qui a donné lieu à un récital mélangeant l'art, la musique et l'architecture, qui a été créé pour les Wade Thompson Drill Hall au Park Avenue Armory de New York en Décembre 2014. Pour le disque, chaque pièce de ce nouvel album se déroule dans le cadre d'un "flux" acoustique, soigneusement structuré dans son mélange de compositions classiques et contemporaines, encore expérimentale dans son esthétique globale. L'album comprend des œuvres de neuf compositeurs: il s'ouvre avec Wasserklavier no 3 extrait d'Encores, une pièce légère, gracieuse, de Luciano BERIO, compositeur italien pionnier dans la musique électroacoustique. Ici, la pianiste excelle dans des mouvements délicats, emplis de volupté, ses doigts dégageant une véritable émotion. Le programme continue avec une pièce sérieuse et contemporaine, le Rain Tree Sketch II du compositeur japonais Toru TAKEMITSU; une pièce écrite en mémoire d’Olivier MESSIAN, qui constitue une étude de cinq minutes dans les registres supérieurs du piano qui tombe en trois sections, célestes et joyeuses. D’où une musique doucement concertante, là encore très lente, presque contemplative, très reposante à l'écoute. On passe ensuite à un morceau plus enjoué et chantant Barcarolle No.5 de Gabriel FAURE; une pièce subtile, généreusement mélodique, romantique et rythmée d'où il ressort une mélancolie que colore à merveille la pianiste qui s'illustre sur différents tons, rendant ainsi toutes les subtilités d'une partition exigeante. Suit ensuite une transition qui comprend des accords de guitare en boucle annonçant l'arrivée de morceaux du sud. A commencé par Les Jeux D'eau de Maurice RAVEL, une pièce   par forcément très connue mais qui séduit par ses lignes concertantes et élégante, qui coulent joliment dans des mouvements appuyés, des glissandos aux tempos variables. D'où une musique aérienne, dans laquelle la pianiste nous embarque au travers de ses doigts qui se baladent, de sa sensibilité qui se marie avec celle du compositeur, sur l'instrument comme dans un jardin. Arrive ensuite l’Almeria, un recueil de piano solo évocateur de l'Espagne composé entre 1905 et 1908 par le pianiste Isaac ALBENIZ (1860-1909) ; une pièce découpée en plusieurs parties, certaines assez lentes, nostalgiques, avec un doux balancement lors de l'ouverture, d'autres plus soutenues, cinématographiques et chantantes. Vient ensuite une pièce particulièrement douce et mélodieuse : Les Jeux D'eau A La Villa D'Este de Franz LISZT; un véritable ode  à l'eau qui s'écoule dans des jardins renaissances sur des notes très courtes qui s'enchaînent à un rythme soutenu, parfois crescendo mais toujours avec une finesse, des accents qui jouent le merveilleux, le mystère et que rend admirablement le charme du toucher pianissimo d'Hélène GRIMAUD. Arrive le premier mouvement, l'andante extrait d’In The Mist du compositeur moldave  Léo JANACEK; un portrait musical représentant les difficultés personnelles et psychologiques qu'il a endurées dans les années 1912. Ce qui donne une musique légère et flottante, aux accents baroques. Puis qui repart dans des lento profonds, délicatement mélodiques, emplis de douceur, de nostalgie, mais se déchainant parfois dans des mesures plus enlevées, sérielles. Le programme se termine avec La Cathédrale Engloutie composée en 1910 par Claude DEBUSSY; une œuvre subtile, qui exploite les potentialités sonores du piano, en particulier ses résonances. Il s’agit d’une musique très lente, construite sur des successions de notes claires, limpides, montant crescendo vers des parties fortes, presque lyriques,  intemporelles. Puis retombant dans quelque chose de reposant, léger, comme si la musique balayait le temps qui passe, s'écoule ; un régal technique pour une pianiste telle qu’Hélène GRIMAUD ! Au final, ces superbes réflexions musicales sur les innombrables qualités de l'eau, enregistrées en direct au Park Avenue Armory de New York, forment un programme très agréable. Il s'agit également d'un parcours particulièrement riche, de par la diversité des compositeurs choisis, et techniquement exigeant d'un point de vue technique. Mais on n'attendait pas moins d'Hélène GRIMAUD, qui excelle dans un exercice qu'elle maîtrise à la perfection. On remarque, et ce n'est pas la moindre qualité de l'album, que les différents morceaux se retrouvent parfaitement connectés et tissés a la manière d'un récit découpé en sept «Transitions» qui ont été spécialement enregistrées et produites par le compositeur londonien d’origine indienne Nitin SAWHNEY; des touches parfois électroniques, modernes, également des parenthèses qui jouent le mystère, l'eau qui s'écoule lentement. Un très beau disque !

Hélène GRIMAUD/WATER. Disponible chez Deutsche Grammophon /Universal.

 

FRANCOIS DE ROUBAIX - Fred PALLEM & LE SACRE DU TYMPAN

Fred PALLEM & son bigband flamboyant, le Sacre du Tympan sont déjà les auteurs  de l’album concept SOUNDTRAX ; un voyage aux croisées du jazz, du rock, de la pop et des musiques de films hantées de belles cylindrées. Aujourd’hui, ils ressortent les plus beaux synthés des années 70 et 80 pour rendre hommage à François De ROUBAIX ; un compositeur qui, pour Fred PALLEM, constitue une influence très ancienne, dont la musique l’a construit, au même titre que Nino ROTA et Isaac HAYES. Il n’est alors pas étonnant que Fred PALLEM souhaite revisiter François de ROUBAIX, tant celui-ci constituait tout à la fois un multi-instrumentiste fantasque et un compositeur de génie à l’intersection des audaces de la recherche électro-acoustique et des mélodies fédératrices de la pop. Et évidemment une des grandes figures de l’histoire de la musique pour l’image en France. Dès l'entame, à base de sonorités électroniques, l'auditeur se retrouve projeté dans l'univers de François de ROUBAIX. D’abord sur un mouvement profond, lunaire mais aussi rock, qui utilise des guitares, mais aussi, nous sommes en plein dans les seventies, psychédélique grâce à ses boucles électroniques (Astralement Votre); une sensation que l'on ressent aussi sur L'atelier; un long morceau dans lequel le compositeur développait un univers méditatif, au tempo assez rapide dans sa première partie. Puis qui devient plus léger, répétitif et aérien. D'où une musique plutôt d'inspiration poétique, fantastique avant de plonger vers des sonorités rock sur lesquelles Fred PALLEM a eu la bonne idée de poser la voix de François de ROUBAIX, donnant ainsi au thème une dimension intemporelle. Le programme continue par un thème plus gracieux, basé sur une ligne de piano généreuse, accompagnée d'une rythmique puissante et de sonorités synthétiques qui apportent, par moments, du lyrisme (L'Envol). Le groupe reprend aussi quelques chansons, comme la balade Boulevard Du Rhum (du film de Robert ENRICO - 1971) interprétée par Barbara CARLOTTI sur un beau thème mélodique, toujours à base de synthétiseurs mais aussi de chorus de saxophone alto (joué par l’excellent Rémi SCIUTO) que l'on entend aussi sur un titre plus jazzy avec toujours des boucles électroniques, extrait de la bande originale de la série A VOUS DE JOUER MILORD. Retour ensuite à la chanson avec un excellent duo, Je Saurais Te Retenir, sur lequel interviennent, complices, Alice LEWIS & Alexandre CHATELARD. Arrive ensuite L'Homme Orchestre Medley, en fait une véritable révision de la partition incroyable, très ambitieuse pour l’époque, de François de ROUBAIX : une excellent suite qui démarre de manière colorée, rythmique, et se déploie vite dans une improvisation pour piano, trombone, synthétiseurs  et batterie. Dans un deuxième temps, se rajoutent l’ocarina et la flûte de Rémi SCIUTO et également le gimmick vocal avant des parties jonglant entre variétés et jazz. On passe à la chanson Ariadne Thread, interprétée en anglais par Juliette PAQUEREAU (du groupe pop Diving With Andy) sur une musique aérienne,  très synthétique au début, avec des flûtes, du piano et des basses ensuite. On en arrive à un joli lento profond, mystérieux et atmosphérique, doucement mélodique, notamment dans ses mesures de piano, tiré du film LES SECRETS DE LA MER ROUGE (Celima). Puis vient l'efficace et célèbre Indicatif Commissaire Moulin, empli de sonorités synthétiques. Extrait des Voyages Au Bout Du Monde de Jacques-Yves COUSTEAU, on entend un thème étonnant, très rythmé et aux amples sonorités synthétiques, mais néanmoins mélodiques, qui amènent du relief sur ces séquences de Pingouins Sur La Banquise. On passe à la série enfantine Chapi Chapo, avec d'abord l'inoubliable chanson titre, interprétée avec respect et malice par Philippe KATERINE; un titre qui lui va bien et, comme Louxor, on adore ! On trouve ensuite Au Pays Des Cubes, un morceau moins connu mais tout aussi intéressant, original, que le groupe joue avec une grande rigueur mélodique, notamment dans les parties sifflées, mais aussi en lui insufflant une dimension jazzy, avec l'omniprésence du trombone. Les rappels se jouent avec l'inoubliable thème du film de José GIOVANNI LA SCOUMOUNE, d'abord repris avec retenue puis bien plus chantante, tournante, par les claviers joués par Vincent TAURELLE et Arnaud ROULIN, la batterie de Vincent TAEGER. D'où là aussi une relecture qui tourne au jazz psycho-électronique. Au final, on salue à fois le choix des morceaux, très riche, mélangeant des standards du compositeur à des titres moins connus. On applaudit aussi  l’interprétation d’un groupe dynamique, qui se régale à reprendre et à improviser sur les rythmes et mélodies d’un compositeur qui a plongé trop tôt vers l’au-delà ! Un bel hommage, brillamment arrangé et dirigé par Fred PALLEM !

FRANCOIS DE ROUBAIX par Fred PALLEM & LE SACRE DU TYMPAN. Disponible sur le label Train Fantôme.

En concert à Paris au New Morning le 19 novembre 2015

Plus d’informations sur http://www.lesacre.com/

AMERICANO – Pablo VILLEGAS

Plus que tout autre instrument, la guitare définit le battement de cœur musical commun des Amériques, de l'Alaska à la Terre de Feu. Ce qu’a bien compris l'étoile montante espagnole, Pablo VILLEGAS, qui, dans ce voyage musical, combine les émotions de la musique sensuelle brésilienne , le tango nostalgique, rythmes vénézuéliens vives , et le bluegrass américain passionnant et coloré. Pablo VILLEGAS commence par un joli thème de guitare à l'espagnol, à la fois mélodique, poétique et technique, dans lequel il se laisse balader sur les notes (Alma Llanera -Joropo). Il continue par un morceau bien plus lent, intimiste, toujours mélodique mais jouant plus sur l'intérieur, la répétition, les parfums lointains. D'où un thème sérieux et bien plus complexe, aux notes serrées mais jamais dénuées de nostalgie, de douceur (Preludes, W419: No. 1, Melodía lírica). Suit un hommage personnel et original à Jean-Sébastien BACH: une relecture fraîche, légère, assez lente et mélancolique, contenant pas mal  de pauses et dans lequel arrive assez tardivement la partie mélodique du célèbre Prélude (Preludes, W419: No. 3, Homenagem A Bach). Le guitariste poursuit son périple par un thème tournant, chantant, qui coule joliment, mélodieusement, déployant à travers ses vibratos des mesures emplies de finesse, de nostalgie (Vals Venezolano No. 2). Arrivent ensuite plusieurs morceaux colorés, frais et léger comme d’abord cette balade aux accents harmoniques caribéens, aux couleurs d'un univers paradisiaque (Sons De Carrilhões - Maxixe). Puis un efficace Tango en Skaï, qui permet au guitariste déploie aussi sa maîtrise sur un morceau finalement assez caractéristique du genre, c'est-à-dire rythmé, entraînant et sensuel, « caliente » même, comme ce morceau coloré, vibrant et presque dansant (No Rio). Pablo VILLEGAS continue par une délicieuse Danza Paraguaya No. 1, finement mélodique et surtout au parfum exotique particulièrement séduisant.  Viens ensuite un joli thème coloré et enjoué, à la mexicaine, en fait un Joropo ; danse typique du Venezuela qui utilise notamment la guitare, qui porte véritablement ce morceau, où le soliste tape sur son instrument pour marquer le rythme, également influencé par des harmonies d'Afrique et d'Europe, notamment d'Espagne Seis Por derecho (Joropo). Apparaît ensuite un long lento, joli morceau où la guitare déborde de délicatesse, de légèreté l, semblant flotter à la manière d'un sérénade italienne; la guitare jouant ici souvent à la manière d'une mandoline, apportant sensualité et magie (Un sueño En La Floresta). Puis ce qui constitue la pièce maîtresse de cet album: une œuvre complètement inédite de John WILLIAMS, qui a souvent réservé une place de choix à la guitare dans ses musiques de films : THE MISSOURI BREAKS et, plus récemment,  ROSEWOOD. Cette pièce, Rounds, se situe d'ailleurs complètement dans la lignée de ces musiques, ainsi que THE RIVER dont on retrouve la pureté, l'émotion. La pièce commence dans la délicatesse  avec un motif mélodique lent, qui se dévoile par touches, commençant dans les aigus avant d'évoluer vers des sommets plus grave. Puis, John WILLIAMS développe un mouvement empreint de nostalgie, d'accords jouant les rapports humains, servi magistralement par Pablo VILLEGAS, qui joue parfaitement les nuances dans le rythme et les couleurs. Pablo VILLEGAS revient ensuite par une pure musique espagnole; un Granada qui nous emporte par sa couleur, son rythme caractéristique mais aussi ses mélodies, superbes et nostalgiques. Pablo VILLEGAS continue son voyage en reprenant, à sa manière, avec précision, entrain et beaucoup de respect, quelques standards célèbres de WEST SIDE STORY de Léonard BERNSTEIN qui réussissait la rencontre entre la culture newyorkaise et l'Europe du sud : I Feel Pretty d'abord, puis Maria, et l'incontournable America. Pablo VILLEGAS continue en duo avec le guitariste de jazz américain James CHIRILLO, d'abord sur Dear Old Dixie; pas si surprenant que cela en a l'air puisqu'il s'agit d'un morceau de musique country très vif, festif. Puis sur des thèmes de jazz manouche (Kansas City Kitty) ou plus proches de la Nouvelle Orléans (Big Eared Mule). Au final ce disque très agréable permet une belle rencontre avec le guitariste Pablo VILLEGAS. Il faut saluer son jeu qui évolue en équilibre entre dosage technique et générosité émotionnelle. Il faut aussi, et cela fait partie de l'intérêt de l'album, saluer l'éclectisme des morceaux, particulièrement variés et abordables, et le choix exigeant des compositeurs, à commencer par l'immense John WILLIAMS. Un guitariste à suivre !

AMERICANO – Pablo VILLEGAS. Déjà disponible chez Harmonia Mundi.

 
 

KALTHOUM & RED & BLACK LIGHT

Le compositeur et trompettiste Ibrahim MAALOUF (la musique du film YVES SAINT-LAURENT de Jalil LESPERT) revient avec deux albums dédiés aux femmes. Dans KALTHOUM d’abord, avec le pianiste Frank WOESTE, il a transcrit dans une expérience de jazz assez conventionnel mais, par son métissage, innovant, l’un des plus grands succès de la diva égyptienne Oum KALTHOUM : Alf Leila Wa Leila (Les Mille et une Nuits) ; en fait une suite d’environ une heure de tableaux instrumentaux composée par Balighe HAMIDI; la poésie du chant original laissant place à une interprétation beaucoup plus libre, une musique dont les aspirations contemporaines rejoignent des mélodies arabes traditionnelles qui se mélangent facilement au jazz new yorkais avec, pour passer de l'un à l'autre, le Mawal; cette tradition qui consiste à improviser pendant de longues minutes selon une technique et une virtuosité propres aux modes traditionnels arabes. Enregistré et mixé à New York avec la même équipe que l’album WIND (2011), en hommage à Miles DAVIS,  Ibrahim MAALOUF a envisagé KALTHOUM comme une continuité de cette aventure avec Larry GRENADIER (Contrebasse), Clarence PENN (Batterie), Mark TURNER (Saxophone) et Frank WOESTE (piano). Dès le début, après une entame au piano, doucement répétitive, Ibrahim MAALOUF intervient avec sa trompette sur une base mélodique forte, et commence à improviser, tout en multipliant les ondulations caractéristiques du langage musical arabe (Introduction). Il  continue par une première ouverture lente, portée par la trompette, secondée par du piano et un développement rythmé mettant en avant un duo entre la clarinette et la trompette ; la  seconde ouverture apparaissant plus enlevée, nostalgique aussi dans ses déambulations arabisantes (Overture II). Suit le Premier Mouvement, en fait un lento construit sur un duo déséquilibré entre la trompette, omniprésente, et le piano, très lointain, qui précède une partie soutenue, presque dansante (Movement I) qui annonce un deuxième mouvement plus rythmé avec une large partie mélodique portée par la trompette. On entend aussi de brefs accents orientaux, appuyés par la clarinette, un délicat contrepoint de piano et aussi de  la contrebasse, qui  lance un renouveau mélodique (Movement II). Dans le troisième mouvement, la trompette, et la clarinette en contrepoint, entament une partie mélodique pleine de souffle, multipliant les courtes cellules arabisantes (Movement III). Ibrahim MAALOUF débute le dernier mouvement de manière énergique avec de petites giclées mélodiques rythmées par le piano et la batterie, puis improvise de légères ondulations qui donnent une musique urbaine, jazzy et moderne. Ibrahim MAALOUF qui n’a de cesse de mettre en avant la partie mélodique sur une orchestration colorée, riche voir populaire ; on pense en effet à une sorte de fanfare tandis que le piano part dans de longs mouvements jazzy, avec toujours cette trompette chantante, dans un registre en majeur. On note aussi une partie très riche, proche des harmonies orientales mais aussi de l’est, le piano jouant toujours de manière classique, sur un tempo rapide (Movement IV). L'autre album, RED & BLACK LIGHT, représente une ode aux femmes et à leur philosophie de vie qui influe de manière incommensurable sur l'artiste. Celui-ci développe ses mélodies tout en les libérant de leur aspect traditionnel, leur donnant une autre lecture, un sens nouveau. Axé sur une esthétique plus actuelle, plus électro, voire pop, cet album est constitué de compositions originales ainsi que d’une reprise de Beyonce. Bien qu’étant particulièrement complexes dans leur écriture (avec des polyrythmies en 19, 17 ou 27 temps par exemple), Ibrahim MAALOUF a, avec avec Eric LEGNINI (Claviers), François DELPORTE (Guitare) et Stéphane GALLAND (Batterie), arrangé ces thèmes, de manière à contourner le piège de l’élitisme et de la performance  pour élaborer un album transparent, limpide, qui regorge néanmoins d’une multitude de superpositions et d’harmonies insoupçonnées. Ibrahim MAALOUF commence par un morceau animé par une partie de claviers répétitif entouré d'une rythmique purement jazzy. Très rapidement, il impose un gimmick puissant qui se développe de manière presque électrique dans les guitares ; la trompette venant se rajouter pour donner un morceau enlevé (Free Spirit) dont l'esprit se retrouve dans un Elephant's Tooth qui lorgne vers la musique électronique. On l'entend aussi sur des parties aériennes et chantantes, toujours accompagné de batterie, d'une pointe de piano et même d’orgue (Improbable). Ibrahim MAALOUF continue par un morceau plus léger porté par la trompette qui joue une large cellule tournante, avant de se lancer dans un développement élégant, tonique, et parfois des variations plus intimistes (Essentielles) qui annoncent un thème doux, où la batterie intervient tardivement avec de longues parties lentes accentuées par les claviers pour lancer un mouvement plus électrique (Goodnight Kiss).  Pour le morceau qui donne son titre à l'album, Ibrahim MAALOUF se lance dans un mouvement électro acoustique brillant; la trompette rentrant furtivement pour un développement atmosphérique et un contrepoint orchestral quasi lyrique (Red & Black Light). Ibrahim MAALOUF continue par un mélange de percussions  et d'électronique sur lequel se pose une section mélodique et un développement coloré, comme dans une fanfare emportée par la trompette (Escape). Enfin. Ibrahim MAALOUF lance en solo son étonnante relecture du morceau de Beyoncé, délicatement mélodique, puis plus rythmé à la fois dans la batterie et la trompette, avant de le développer élégamment, à la façon d'une ballade (Run the World-Girls) ; une belle façon de conclure un album abordable mais néanmoins recherché, technique et, dans ses sonorités comme ses harmonies, bien dans temps ! Au final, avec ces deux albums, Ibrahim MAALOUF  réussit la fusion entre la tradition arabe, la pureté féminine et un jazz très actuel, inventif, qui ose passer la barrière des musiques plus populaires, plus pop, pour embrasser un auditoire plus large, ouvert à de nouveaux horizons musicaux!

KALTHOUM et RED & BLACK LIGHT. Deux albums d'Ibrahim MAALOUF disponibles chez Decca/Universal music.

 

MONTAGE – GREAT FILM COMPOSERS AND THE PIANO - Gloria CHENG

Voilà une idée originale que de regrouper des pièces originales pour piano de six grands compositeurs de musiques de films, qui ont largement fait la preuve de leur talent pour créer des ambiances et faire avancer l’action au cinéma. Mais, loin des écrans, quelles mélodies, quelles harmonies, quelles cadences hantent leur imaginaire ? Gloria CHENG propose une réponse avec cet enregistrement d’œuvres pour piano seul, l’instrument qui représente souvent le plus fidèle révélateur de la véritable voix d’un compositeur. Le projet MONTAGE a été initié en 2010 quand la soliste reçoit un véritable cadeau sous la forme d'une suite de pièces de caractère pour piano (Five Pieces For Piano) composées par Bruce BROUGHTON en 2010 ; des pièces dans lesquelles les mouvements extrêmes, animés et dynamiques, représentent respectivement les points de départ et d’arrivée d’une courbe stylistique et expressive dont le mouvement central, en forme de thème et variations, constitue l’apogée. La première (Fast And Flowing – Rapide Et Fluide) apparait comme un morceau exigeant qui comporte justement des passages très rapides, parfois rythmées. Puis, on entend d’autres passages sinon plus lents, en tout cas plus étranges, plus répétitifs qui font de ce thème une musique à rebondissements. Suit Flowing, un thème plus léger, profond et délicat, qui prend le temps de s’installer, de respirer. E-flat Five Ways constitue une sorte de rhapsodie, plus mélodique, bien que le piano se fasse parfois insistant. Vient ensuite Slow, un mouvement qui, comme son nom l’indique, se caractérise par son tempo lent qui permet au compositeur de dérouler une musique fluide, souvent reposante. Cette suite se termine par un mouvement vibrant intitulé Restless; Tempestuous qui se caractérise par des parties vivaces et des glissandos. On passe ensuite à une pièce de Michael GIACCHINO (RATATOUILLE) : Composition 430 reflète le souvenir d’un moment particulier de son enfance dans le New-Jersey : ce sentiment de liberté qui était le sien quand il parcourait le quartier à vélo. Le compositeur développe là un mouvement d’abord assez léger, mélancolique, dont les notes sur un schéma doucement mélodique évoquent un sentiment d’évasion. Puis, le compositeur part dans un développement plus rythmé mais toujours délicat. Dans Surface Tension, le compositeur Don DAVIS (MATRIX) explore la tension résultant de la juxtaposition de surfaces sonores/temporelles comme représenté par la métaphore d’un objet visuel 3D concret dont la courbure change systématiquement ; un morceau d’inspiration contemporaine, qui comporte des cassures, des longues avancées pianissimo qui créent une musique mystérieuse, exigeante, qui permet à Gloria CHENG d’explorer un territoire très actuel. Dans sa deuxième partie, la partition avance sur un rythme plus lent, avec des notes qui se distillent et qui amènent un trouble. Dans la troisième partie du morceau, le compositeur explore différentes couches pianistiques aboutissant à une musique rapide, pas complètement dénuée de mélodie. Vient ensuite un extrait des Trois Études du français Alexandre DESPLAT : L'Étreinte se présente sous la forme d’une superbe pièce délicatement mélodique, finement sensuelle où le toucher de la pianiste s’apparente à des caresses. Le thème se caractérise aussi par ses points techniques tels que des modulations, des parties lyriques et un crescendo retentissant. On enchaine avec une composition inédite de l’immense John WILLIAMS qui a toujours eu envie de composer pour Gloria CHENG. L’idée des CONVERSATIONS, en fait des rêveries musicales, lui est venue lors d’un séjour à Tanglewood. La première pièce s’intéresse à  Phineas And Mumbett, autrement dit un jazzman et une ancienne esclave pour lesquels John WILLIAMS a imaginé un mouvement assez grave, aux multiples glissandos et aux parties aérées, espacées. Suit une pièce flamboyante dédiée à Claude and Monk alias les jazzmen Claude THORNHILL et Thelonious MONK : un morceau vivace, multipliant les glissandos mais aussi les parties délicates et abruptes dont les cassures et les reprises demandent beaucoup de technicité de la part du soliste. Cela continue avec un mouvement qui commence de manière intimiste, avec des glissés agréables, se poursuit dans des cellules résonnantes (Chet and Miles alias Chet BAKER et Miles DAVIS). John WILLIAMS termine par un mouvement relativement lent, composé de petites cellules développées et de courts crescendos ; une pièce peu mélodiques faites également de modulations rythmiques et de courtes accélérations. Il s’agit d’un morceau qui permet à Gloria CHENG d’exprimer son talent à faire résonner de manière rythmique son piano (Strays, Duke... and Blind Tom). L’album se termine par le Family Album composé par Randy NEWMAN, connu pour les bandes originales des films de Milos FORMAN (RAGTIME) et la trilogie TOY STORY. Le compositeur propose, à la différence de ses collègues, une musique moins sérielle, en apparence plus simple, bien qu’elle comporte aussi ses exigences techniques et une grande diversité des harmonies. Dans The Follies: Young and Beautiful, il propose une musique très agréable, mélodieuse et mélancolique qui permet à la soliste de jouer une partition éclectique, référentielle et d’esprit américain. Le compositeur continue avec Emil Teaches Sonja Henie How To Skate, un morceau lent et subtil qui correspond sinon à une berceuse en tout cas à des harmonies enfantines(Carmen Miranda: "How Many Times Do I Have to Tell You I'm Not Mexican!"), puis avec une musique colorée, doucement chantante, nostalgique, aux accents hollywoodiens (Lionel Teaches Marilyn Monroe How To Sing). Tout en restant dans un esprit chantant et citoyen, le compositeur termine avec un mouvement plus large, toujours délicat et nostalgique (Outdoors But Not The Red River Valley). Au final, les six compositeurs présents dans ce disque signent de véritables pièces de musique classique qui, pour la plupart, apparaissent bien loin de leurs musiques de films. Pour beaucoup, qui ne connaissent que leurs musiques de films, ce disque va ouvrir un nouveau regard sur le talent de ces compositeurs qui écrivent là des partitions de l’imaginaire, servies avec talent par Gloria CHENG ; une soliste passionnée, douée et ouverte à tous les styles de musiques ; ce n’est pas si courant dans la musique classique !

MONTAGE – GREAT FILM COMPOSERS AND THE PIANO - Gloria CHENG. Musiques originales de Bruce BROUGHTON, Alexandre DESPLAT, John WILLIAMS et Randy NEWMAN interprétées au piano par Gloria CHENG. Disponible chez Harmonia Mundi.

 

 

SAMBA

Forcément très attendu, le nouveau film d’Eric TOLEDANO et Olivier NAKACHE, raconte l’histoire de Samba (Omar SY), un sénégalais installé en France depuis 10 ans, qui collectionne les petits boulots et essaye d’obtenir ses papiers ; de l’autre côté, Alice (Charlotte GAINSBOURG) est une cadre supérieure épuisée qui tente de se reconstruire par le bénévolat. Chacun cherche donc à sortir de son impasse, jusqu’au moment où leurs destins se croisent ; entre humour et émotion, leur histoire vers le bonheur commence. Après INTOUCHABLES, on attendait avec impatience ce film mais aussi sa musique, qui puise, une nouvelle fois, dans les partitions particulièrement mélodieuses de l’italien Ludovico EINAUDI dont on entend d’abord Time Lapse, un titre composé en 2013, interprété par lui au piano avec la complicité d’Antonio LEOFREDDI, violoncelliste et altiste, qui l’accompagne souvent. Fidèle à ses habitudes, à son style, Ludovico EINAUDI propose un thème profond, qui commence de manière aérienne puis se développe, superbement, au piano avec des effluves électroniques en contrepoint et quelques accords ; une musique dont les harmonies relativement simples, à base de piano et de guitare, amènent une ambiance complexe, très humaine, entre chaleur et gravité. De la même période, ou découvre d’autres musiques émouvantes et toujours à base de piano, qui déploie des mouvements gracieux emplis d'une gravité chaude avec un contrepoint plutôt obsessionnel au violon qui prend de plus en plus d'importance, d'ampleur. Ce qui donne une musique superbe, toujours plus complexe, entêtante et planante, qui nous plonge aux côtés des personnages (Expérience, Run). Ludovico EINAUDI continue avec un thème plus ancien (2006), très lent, toujours au piano mais aussi avec une sorte de bandonéon lointain avant un développement intimiste, superbement jouée par le compositeur qui n’a pas son pareil pour capter les émotions à travers un mouvement léger et grave à la fois, qui fonctionne parfaitement sur les images de personnages qui se cherchent (Ascolta) ; ce qui est encore le cas sur cette musique pianissimo, doucement mélodique et grave, qui convient parfaitement pour rendre une certaine réalité d' une situation difficile. En contrepoint se développe une ligne d’alto jouée par Antonio LEOFFREDI, gracieuse ; là encore, Ludovico EINAUDI accompagne joliment un quotidien marqué par une douleur, une gravité mais aussi une séduction naissante (Walk). En complément des musiques de Ludovico EINAUDI, on trouve d’autres musiques de source très diverses, à commencer par Catgroove par Parov STELAR ; un   compositeur de musique électronique autrichien qui propose, ou plutôt mixe, une samba joyeuse, mélodiquement claire, rythmée, assez répétitive et électronique; une sorte de relecture moderne, à la manière de Gotan Project, de la samba, qui prend parfois des accents jazzy ou dansant et qui participe à la bonne humeur du personnage principal ; également un thème coloré, rythmé, entre soul et salsa, avec un gimmick vocal entraînant et développement chantant, frais avec la voix de Gilberto GIL accompagné de chœurs, d'où une ambiance festive typiquement brésilienne, comme sortie de Bahia (Palco). On note aussi, comme dans INTOUCHABLES quelques titres de soul music ; d’abord une chanson rythmée, colorée, avec des voix chaudes et des chœurs en soutien, pour un titre puissant, efficace, très dans la mouvance des années 1970 (Stomp! par The Brothers Johnson), puis le plus sensuel Take ItEasyMyBrotherCharles par Jorge BEN, qui débute par des cuivres d’allure très musique de films avant de varier vers une chanson sur un rythme de samba sud américaine, caractérisée par cette chaleur extrême qui donne envie de bouger son corps. Toujours dans le domaine de la soul, on entend encore To Know You Is To Love You, titre commençant par de la guitare électrique et des tambourins puis la voix chaleureuse de SYREETA, un duo qui déroule un superbe moment de musique black. On entend aussi d’autres instrumentaux comme ce thème léger, acoustique, à base de guitare solo ; ce qui lui donne une couleur gitane mais aussi une émotion brute, directe, renforcée par la voix aussi brute et sans fioriture de Terry CALLIER sur la musique célèbre d’Alex NORTH, joliment développée, voir détournée avec respect à la guitare solo avec un filet de batterie (Love ThèmeFromSpartacus). On trouve encore un classique du reggae qui fait toujours son effet surtout quand il s’agit de Bob MARLEY (Waiting InVain). Au final, voici un disque splendide qui, comme la bande originale d’INTOUCHABLES, prolonge formidablement les sensations ressenties à la vision du film et, avec ses mélodies et ses notes de piano particulièrement attachantes, Ludovico EINAUDI n’y est pas pour rien !

SAMBA. Bande originale du film d’Eric TOLEDANO et Olivier NAKACHE, musiques de Ludovico EINAUDI notamment, disponible chez TF1 musique.  

 
 

NINO ROTA ORCHESTRAL WORKS – volume 2

Voici de retour l’orchestre italien Sinfonica Di Milano Giuseppe VERDI dirigée par Giuseppe GRAZIOLI pour un deuxième double cd au formidable compositeur et chef d’orchestre italien connu surtout pour ses musiques de films, notamment pour Federico FELLINI. Mais l’intérêt de cette anthologie, comme la précédente, est de mettre en lumière toutes ses musiques et pas seulement celles composées pour l’image. Enfin, si Nino ROTA est surtout connu pour ses musiques de films, il a énormément composé hors de l’écran et ce dès son plus jeune âge. Le premier disque commence par des extraits de la musique du film GUERRE ET PAIX (WAR AND PEACE), dans sa version réalisée en 1956 par King VIDOR, avec Audrey HEPBURN, Henry FONDA et Mel FERRER. D’emblée, Nino ROTA lance une musique flamboyante, soutenue par le grand orchestre dans les vibratos et une section de cuivres très fournie. Dès le début également, le développement appuie la partie romanesque et impériale, par une sorte de marche (Introduzione) ; une impression accentuée dans un Momento Musicale charnel, mais aussi dans une valse à la fois lente et majestueuse (Valzer Di Natasha). Puis vient une première pièce classique : le Concerto pour Trombone e Orchestra, une œuvre en trois mouvements composée en 1966 où le compositeur montre son talent à écrire des thèmes complexes mais accessibles, pour instrument soliste et orchestre. On entend ensuite GUARDANDO IL FUJIYAMA (Pensées pour Hiroshima), composée en 1976 pendant un voyage au Japon. Le morceau débute de manière lointaine avec des cuivres dans les hauteurs, de la harpe dans les vibratos et un crescendo qui annonce une partie plus grave, plus tragique. Le compositeur développe une musique profonde, dans laquelle il utilise beaucoup la guitare solo mais aussi les percussions et le piano, la section de cordes apparaissant plutôt en contrepoint. Suit une œuvre d’études, en l’occurrence l’ANDANTE SOSTENUTO PER IL CONCERTO PER CORNO E ORCHESTRA KV412 DI W.A. MOZART ; en fait une version complétée en 1958-1959, d’un concerto inachevé de Wolfgang Amadeus MOZART. Dans cette pièce plutôt lente, Nino ROTA reprend la base de l’œuvre du compositeur autrichien pour cor et en développe des parties complémentaires dans le même style, la même couleur, en alternant les parties d’orchestres et les duos avec le cor ; d’où une musique, ou plutôt un exercice de style, dans lequel on reconnait la patte du compositeur italien, en particulier dans l’utilisation des cuivres. Vient ensuite un Allegro Con Spirito tiré de LA FIERA DI BARI, une œuvre de 1973 dans laquelle Nino ROTA testait une étrange combinaison de timbres, en associant 5 saxophones, 5 trombones et un orchestre : il s’agit d’un thème d’abord très vif, qui rappelle, dans son rythme, ses parties de piano et l’utilisation des cuivres, des œuvres de swing américaines des années 1950. Puis, avec l’orchestre, le compositeur développe un mouvement plus nostalgique. On passe à la suite d’AMARCORD,la célèbre chronique d’un adolescent turbulent et attachant par Federico FELLINI en 1973. On entend d’abord l’irrésistible danse principale, portée par les cuivres caractéristique d’un certain cinéma italien (Danzando Nella Nebbia, Lo Struscio). Puis une sorte de chanson instrumentale très joyeuse pour fanfare, qui se marie facilement à des images (La Fogaraccia) et un thème nostalgique pour accordéon (La « Manine Di Primavera). Le deuxième disque commence avec LE NOTTI DI CABIRIA (LES NUITS DE CABIRIA), un film avec déjà Giulietta MASINA, réalisé en 1957, et une musique que l’on dit être à l’origine de la collaboration avec Federico FELLINI. Le compositeur y développe d’abord un thème poétique, qui part dans la générosité des cordes, et notamment de la harpe, vers une musique ample et émouvante avant une partie plus dansante (Le Notti Di Cabiria). On trouve ensuite un joli thème pour piano et violon, mélodique et  mélancolique (L’Illusionista) puis un autre plus nostalgique, avec des guitares (l Trasloco) ou de l’accordéon et des mandolines (Ma La Vita Continua) ; des thèmes populaires où, derrière des mélodies, des petites sonorités, se cache une grande émotion. Suit un une autre pièce classique, le Concerto pour Basson et Orchestre composé entre 1974 et 1977. On y entend d’abord une superbe Toccata en Allegretto Vivace, puis un Recitativo: Lento dans lequel le compositeur offre des parties de choix, doucement mélodiques, au basson et à l’orchestre en contrepoint, avant un Tema Con Variazioni: Andantino très orchestral, romantique, où le basson rebondit sur des notes veloutées. La dernière partie du concerto est consacrée à une série de petites danses succulentes où le basson joue un rôle central. Une autre curiosité est la pièce lyrique LA SCUOLA DI GUIDA LA PRINCESSE JAUNE ; un délicieux opéra-comique composé en 1959, et basé sur la légèreté du livre de Mario SOLDATI. Nino ROTA signait là une partition colorée, où les voix de Valentina CORRADETTI et Paolo CAUTERRUCCIO s’accordent superbement sur des mouvements souvent légers et qui, parfois, lorgnent vers le swing. Le programme se termine avec une ultime pièce classique, la Castel Del Monte Ballade Pour Cor Et Orchestre composée en 1974, en fait un intéressant mouvement qui navigue entre la pure pièce classique et les moments plus suggestifs le meilleur de la collaboration avec Federico FELLINI. Au final, on plonge avec passion dans cette nouvelle anthologie, qui lève de nouveau le voile sur l’œuvre considérable de Nino ROTA. Au travers d’œuvres classiques et lyriques, qui séduisent à la fois par leur sérieux et les emprunts à la musique de la rue, on découvre le génie d’un des plus grands compositeurs italiens du XXème siècle. Vivement que le troisième volume de cette anthologie d’exception arrive en France.

NINO ROTA ORCHESTRAL WORKS 2. Suites d’œuvres cinématographiques et classiques composées par Nino ROTA, interprétées par l’orchestre italien Sinfonica Di Milano Giuseppe VERDI dirigée par Giuseppe GRAZIOLI. Disponible chez Decca/Universal. 

 
 
MUSIC FROM THE FILMS OF RIDLEY SCOTT

Le label américain continue de proposer de nouveaux enregistrements de partitions plus ou moins célèbres. Aujourd’hui, ils proposent une compilation originale, consacré à un réalisateur qui, comme le précise le livret, a atteint le statut de légende à travers la diversité des genres qu’il a abordés, de la science fiction au péplum en passant par le film d’épouvante. Plutôt que se limiter à un seul genre, que de s'insérer dans un cadre confortable et routinier, Ridley SCOTT s’est renouvelé à chaque film, en créant chaque fois de nouveaux univers soit futuristes (Blade Runner) soit passéistes (Gladiator), fantaisistes (légende) ou horrifiques (Hannibal). En ce qui concerne la musique, le réalisateur a souvent déclaré que, pour lui avait autant d’importance que le visuel, représentant souvent un dialogue supplémentaire dans le film. C’est peut-être pour cette raison qu’il a toujours accordé une grande importance aux choix des musiques et des compositeurs. L’album commence par une rareté le thème du premier film de Ridley SCOTT. The Duellists, un Main Title très doux, classique et profond, presque un adagio plutôt lent signé Howard BLAKE et interprété par le Sinfonia of London. Vient ensuite le générique de fin d’ALIEN, repris de manière fort respectueuse par un orchestre Tchèque ; un thème évidemment signé du génial Jerry GOLDSMITH dont on retrouve plus loin le thème de Princess Lily tiré de Legend avec la voix de Katie CAMPBELL. A noter que du même film on trouve un thème de la partition, plus rock, de Tangerine Dream ; en l’occurrence un mouvement moins mélodique mais plus vibrant, atmosphérique arrangé par Brandon K. VERRETT. Bien évidemment, on trouve aussi une reprise du célèbre Love Thème de Blade Runner arrangé par Edgar ROTHERMICH et interprété au saxophone par Paul FREDERICK. Du même Vangelis, on reprend encore le remarquable Main Title de 1492. Conquest of Paradise Du film TRAQUEE, plutôt que la musique de Mikael KAMEN, on entend l’excellente chanson  Someone To Watch Over Me de George et Ira GERSHWIN, interprétée par Heather DONAVON. Plus moderne apparait la musique d’Hans ZIMMER pour le thriller futuriste Black Rain (Charlie’s Badge). Du même compositeur, suit le très blues Thunderbird thème de Thelma Et Louise et, plus loin, deux thèmes de Gladiator dont le célèbre Now We Are Free avec la voix de Katie CAMPBELL, plusieurs thème du moins réussi HANNIBAL dont le terrifiant pianissimo Dear Clarice et même de Black Hawk Dawn (La Chute Du Faucon Noir) : un motif militaire aux accents écossais (Minstrel Boy par Brian “Hacksaw” WILLIAMS). On relève aussi des musiques plus rares, moins connues, comme ce Lifeboats extrait de la partition, profonde, mélancolique et même lyrique de Jeff RONA pour White Squall (Lame De Fond) ; Endurance, un morceau nerveux et caractéristique de Trevor JONES écrit pour G.I. Jane. On trouve aussi un extrait de Kingdom of Heaven composé par Harry GREGSON-WILLIAMS, de Robin Hood xomposé par  Marc STREITENFELD (l’épique Fate Has Smiled Upon Us) et, pour finir et du même compositeur, un titre tout aussi ample mais plus lyrique, de Prometheus (Collision). Au final, cette compilation d’une qualité artistique tout à fait correcte a surtout le mérite de rassembler, pour la première et sur une seule galette, l’ensemble des musiques des films de Ridley SCOTT. Cela l’a rend d’autant plus recommandable qu’on y découvre que le réalisateur a fait preuve dans le choix de ses compositeurs, d’autant d’éclectisme que dans les sujets qu’il a traités.

MUSIC FROM THE FILMS OF RIDLEY SCOTT; Album disponible en téléchargement chez Buy Soundtrax records.

 

NINO ROTA ORCHESTRAL WORKS

Ce double disque rend hommage au formidable compositeur et chef d’orchestre italien connu surtout pour ses musiques de films, notamment pour Federico FELLINI. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’en tant que compositeur des temps modernes, Nino ROTA a également composé plusieurs opéras, ballets et beaucoup d’autres œuvres instrumentales. On en retrouve quelques unes dans cet album mais, le plus intéressant, c’est sans doute les pièces classiques du compositeur qui sont ici présentées. Toutes ces œuvres sont interprétées par l’orchestre italien Sinfonica Di Milano Giuseppe VERDI dirigée par Giuseppe GRAZIOLI ; un chef éclectique connu pour avoir dirigé en France plusieurs productions lyriques, principalement des opéras italiens mais aussi d’autres musiques et, en particulier des partitions de Nino ROTA. Le premier disque renferme donc des œuvres classiques de Nino ROTA. On commence par une suite Largo maestoso extraite de la musique du film de Henry CASS avec Michael DENISON The Legend Of The Glass Mountain (La Montagne De Verre - 1949). Nino ROTA y déploie d’abord une grande ouverture à la fois ample, profonde et lyrique puis introduit un développement à la fois tragique, romantique avec des passages crescendos et d’autres plus subtils, avec parfois des accents de percussions. Suivent toute une série de variations sur un thème joyeux  (Variazioni Sopra Un Tema Gioviale). Puis une petite fugue pour quartet à cordes, orgues et orchestre écrit en 1923 ; un mouvement à la fois concertant, doucement mélodique, sérieux, et d’inspiration baroque. Puis l’Allegro Moderato de son Concerto Pour Violoncelle et Orchestre (1925), qui démarre par une partie douce, colorée. Viennent après des parties de cordes enlevées, très techniques et parfois même cinématographiques. Le violoncelle entre dans la troisième minute sur un superbe mouvement gracieux relevé par un contrepoint orchestral profond ; il continuera de porter la partition de manière à la fois très présente, retenue et même chantante, servant au mieux les grandioses parties d’orchestre. On notera que les parties de violoncelle, de haute tenue, sont magnifiquement exécutées par Mario SHORAI-GRIGOLATO. On entend après un Allegro Concertante E Pomposo. Il s’agit d’un mouvement presque pastoral, à la fois vif et chantant, mélodique dans lequel on apprécie les parties de flûtes, la force des cuivres mais aussi des solos de cordes virevoltantes. Vient un autre Concerto, celui là pour harpe et orchestra. Il est constitué de trois mouvements dont les parties de harpe, très fines, généreuses et émouvantes sont brillamment interprétées par Elena PIVA : D’abord un Allegro moderato, à la fois royaliste dans sa disposition, printanier dans ses orchestrations et rythmé par les caisses claires ; un Andante plus mélancolique, plus profond, plus grave où la harpe intervient sur des parties plus célestes, soutenue notamment par le violoncelle. Et enfin un Allegro à la fois élégant, coloré et gracieux. On continue avec l’harpe pour une Sarabande E Toccata dédiée là encore en trois mouvements très intimiste dans lesquels l’instrument d’Elena PIVA dévoile toute sa palette, sa richesse, sa technique et sa délicatesse. Le premier disque se ferme avec la splendide Ouverture d’Il Cappello di Paglia di Firenze, un Allegro puissant, crescendo, coloré et rythmé dont on apprécie également les parties mélodiques. Le second disque lui regroupe d’abord des relectures pour orchestre et harpe sole de grandes musiques de films. On y retrouve ainsi une suite du Satirycon-Roma de Federico FELLINI (1971), un Lento Allegretto Lento dans lequel on retrouve la magie, l’élégance et en même temps la complexité techniques des musiques de Nino ROTA pour le célèbre cinéaste italien ; un sentiment exacerbé par l’écriture symphonique pour orchestre classique et la direction distinguée du chef. Suit un autre thème célèbre, celui-ci arrangé pour la harpe, composé pour LE PARRAIN (Il Padrino), le célèbre film de Francis Ford COPPOLA ; une suite qui rend hommage à la fois à la dimension tragique que sicilienne du personnage immortalisé par Marlon BRANDO. On revient ensuite à des thèmes classiques, en l’occurrence deux concertos pour violoncelle et orchestre.   Pour le Concerto n. 1, on entend trois mouvements : Allegro dans lequel le violoncelle joue de longues parties, à la fois profondes et techniques; un Larghetto cantabile très lent, dramatique et un Allegro plus chantant. Vient enfin le Concerto n. 2 pour violoncelle et orchestra, lui aussi en trois mouvements : un Allegro moderato passionné, dont on apprécie les parties de vibratos en contrepoint, un Andantino cantabile, con Grazia d’une grande douceur, d’une belle délicatesse et enfin, en Finale, un Allegro vivo à la fibre italienne marquée. Dans ces œuvres classiques, le compositeur des films de Federico FELLINI ne se démarque pas tellement. Au contraire, il impose ses couleurs, ses thèmes chantants et festifs au service de musiques certes plus concertantes mais tout aussi vivantes. Non, Nino ROTA n’est pas mort ; comme tous les grands compositeurs, il continue de vivre à travers ses musiques et ce double disque, très beau, ne fait que le démontrer. La Fête à Nino ROTA en quelque sorte !

NINO ROTA ORCHESTRAL WORKS. Suites d’œuvres cinématographiques et classiques composées par Nino ROTA, interprétées par l’orchestre italien Sinfonica Di Milano Giuseppe VERDI dirigée par Giuseppe GRAZIOLI. Disponible chez Decca/Universal.

 

THE FILM MUSIC OF MICHAEL NYMAN FOR SOLO PIANO

Après l’album SOLO PIANO CINEMA CLASSICS VOL.1, le label récidive avec cet album consacré au compositeur Michael NYMAN dont les thèmes au piano sont interprétés par Joohyun PARC ; une pianiste sud coréenne qui a commencé à étudier la musique à l’âge de six ans. A propos de Michael NYMAN, elle a déclaré qu’elle a commencé à travailler sur cet album de piano en se concentrant uniquement sur la musique du piano. Pour elle, toute la musique de Michael NYMAN offre de superbes belles mélodies, tellement dynamiques qu’elles ont vraiment attiré son attention. Au point qu’elle a rapidement eu envie de travailler sur les pièces pour piano de Michael NYMAN. Il faut rappeler  que d’ailleurs le piano qui a permis à Michael NYMAN de lancer sa carrière aux États-Unis et plus particulièrement le film de Jane CAMPION, LA LECON DE PIANO. Fort logiquement, on retrouve plusieurs thèmes de LA LECON DE PIANO; des motifs splendides, aussi profonds qu’émouvants qui nous renvoient les images de ce film inoubliable. On entend ensuite un court thème, assez répétitif, classique et au flegme britannique, de CARRINGTON réalisé par Christopher HAMPTON. Puis plusieurs motifs de THE DIARY OF ANNE FRANK, des thèmes assez lents, là encore répétitifs mais qui se distinguent par leurs contrepoints assez graves (If) ou leur ampleur dramatique (The School Room). Vient ensuite un motif plutôt amusant, voir un tantinet désuet imaginé pour le polar anglais DROWNING BY NUMBERS réalisé par Peter GREENAWAY (Ship and Tides). Du même réalisateur, on entend aussi un thème, assez lent et majestueux, de ZOO. Plus étonnant, on découvre les musiques, à la fois fantastiques et obsessionnelles, du jeu vidéo ENEMY ZERO pour la console Saga. Enfin, on retrouve deux extraits de la partition intimiste de BIENVENUE A GATTACA.L’album, disponible en téléchargement est accompagné de notes de Jeff BOND qui décrit que la marque de Michael NYMAN comme compositeur est sans doute la façon dont il tire des émotions profondes à partir d'un style essentiellement minimaliste. Il rajoute que ses scores peuvent être somptueusement orchestrées ou jumelés jusqu'à une instrumentation solo, qui dresse alors des portraits en miniature de personnages pour lesquels ils ont été élaborés. Une nouvelle fois, le label nous propose une fort intéressante relectures des musiques d’un grand compositeur de musiques de films. Avec Michael NYMAN, on rentre certes dans la musique minimaliste mais surtout le piano fait ressortir les moindres détails mélodiques de partitions souvent répétitives et touchantes. Pour Joohyun PARC, cela représentait un défi d'exprimer par le seul touche du piano la toute la force, la puissance émotionnelle de musique minimaliste de Michael NYMAN. Il en ressort un disque très plaisant, empli de respect et de générosité ; un bel hommage à un l'œuvre d’un grand musicien.

THE FILM MUSIC OF MICHAEL NYMAN FOR SOLO PIANO. Album disponible en téléchargement chez Buy Soundtrax records.

 
 
 
 

FILM MUSIC FOR A NEW AGE VOL. 1 SOLO PIANO CINEMA CLASSICS VOL.1

Ces deux nouveaux albums, disponibles uniquement en digital, constituent les premiers de deux nouvelles séries de réenregistrement de grands thèmes de musiques de films. Dans Film Music For a New Age, l’idée consiste à proposer de nouvelles versions voir des adaptations de thèmes qui ont marqué le cinéma de ces dernières années. sont nouveaux à l'âge influencé par des films comme Avatar, Classe des Titans, Cela commence for avec “I See You”, le thème d’AVATAR composé par James HORNER et présenté dans une version plutôt éloignée de l’original, à la fois pianissimo et très synthétique ; un arrangement signé, comme plusieurs autres titres par Dominik HAUSER, qui était déjà intervenu sur d’autres réenregistrements pour le même label. On reste d’ailleurs dans le synthétique avec le Medley extrait de LUNE DE FIEL (BITTER MOON), un film de Roman POLANSKI dont la musique (rare) est signée VANGELIS, que pour une autre musique peu connue, celle de FRANCESCO, un film de 1989 avec Mickey ROURKE. Suit The Lovers, un thème plutôt élégant, très 18ème siècle écrit, pour LE CHOC DES TITANS, par Laurence ROSENTHAL et arrangé par Dan REDFELD ; encore une curiosité avec le thème sombre, étrange, de COMMUNION, signé du guitariste Eric CLAPTON, arrangé ici par Steve BARTEK ; puis une relecture intéressante, à la fois intimiste et lyrique de GHOST STORY, une musique de Philippe SARDE arrangé et jouée par Joohyun PARK avec la voix de Katie CAMPBELL, que l’on entend encore sur LA PESTE (THE PLAGUE), une autre découverte de VANGELIS. Vient ensuite The Unicorn Theme de Tangerine DREAM pour le film de Ridley SCOTT LEGEND, dans un arrangement soigné, très orchestral, de Brandon K. VERRETT, puis le thème, pour piano et élans de synthétiseurs, de HEART OF MIDNIGHT, un film de 1988 avec Jennifer JASON LEIGH et mis en musique par Yanni, que l’on retrouve sur le thème de I Love You Perfect ; le Scully’s Serenade de la série  X-Files, un thème de Mark SNOW où on retrouve la voix de Katie CAMPBELL et la guitare de Jaesung SONG ; She Moves Through The Fair, un thème traditionnel entendu dans THE BOUNTY, dont on retrouve en final le End Title de VANGELIS. Vient encore une série de thèmes de films ou de séries de science fiction : The Nexus Star Trek Generations composé et arrangé par Dennis McCARTHY avec, là aussi, de belles parties de chœur et de piano , le thème de Roslin and Adama pour piano solo écrit par Bear McCREARY pour la  série Battlestar Galactica. On entend aussi,le superbe thème du film A.I. (Artificial Intelligence) de Steven SPIELBERG et composé évidemment par John WIILLIAMS où la voix de Lara FABIAN est ici remplacé par Karen HOGLE BROWN sur un arrangement pour piano de Dan REDFELD ; The Meadow extrait de la partition d’Alexandre DESPLAT pour  TWILIGHT: NEW MOON ; encore des raretés avec un thème de Bill CONTI imaginé pour LE GRAND BLEU de Luc BESSON et surtout un des thèmes rejetés d’Ennio MORRICONE pour le film AU DELA DES REVES, arrangé pour piano et synthétiseurs par Brandon K. VERRETT. Le deuxième album reprend des thèmes de grands classiques du cinéma, adaptés pour le piano solo par Mark NORTHAM. A travers ces thèmes complètement dépouillés de leurs orchestrations complexes, le musicien revient aux bases mélodiques et harmoniques de grands thèmes composés souvent par des compositeurs sinon de légende en tout cas de grand talent. On y retrouve là aussi I See You d’AVATAR mais aussi des thèmes de BRAVEHEART et LEGENDES D’AUTOMNE, des musiques signées de James HORNER. On entend aussi des pièces de John WILLIAMS (Can You Read My Mind ? de SUPERMAN), de Basil POLEDOURIS (le Love Thème du LAGON BLEU), d’Ennio MORRICONE (le Main Thème de CINEMA PARADISO, de VANGELIS (visiblement très appréciés des producteurs de ces disques !) avec le  Main Thème des CHARIOTS DE FEU qui prend une force étonnante au piano solo, de James NEWTON-HOWARD (LE CHOIX D’AIMER). On note également de grands classiques de l’âge d’or comme le Main Thème du CID composé par  Miklós ROZSA, le thème de LAURA de David RAKSIN et, plus récents, ROMEO ET JULIETTE et LE PARRAIN de Nino ROTA. Les français sont représentés par Francis LAI et son thème légendaire de LOVE STORY. On note encore les thèmes de John BARRY pour MIDNIGHT COWBOY et d’Henry MANCINI pour QUAND L’INSPECTEUR S’EN MELE (A SHOT IN THE DARK et les inévitables PANTHERE ROSE et Moon River (DIAMANTS SUR CANAPE). On Remarque encore le Main Thème de THE MAN FROM SNOWY RIVER composé par l’australien Bruce ROWLAND, TENDRES PASSIONS (TERMS OF ENDEARMENT) de Michael GORE et THE GOODBYE GIRL de Dave GRUSIN. Enfin, Jerry GOLDSMITH n’est pas oublié, avec Free As The Wind extrait de PAPILLON, ainsi que des  extraits de THE SAND PEBBLES et du moins connu THE DETECTIVE. Au final, ces deux albums permettent de beaux voyages dans des musiques de films souvent connues mais parfois beaucoup moins et donc à découvrir.

FILM MUSIC FOR A NEW AGE VOL. 1 SOLO PIANO CINEMA CLASSICS VOL.1. Albums disponibles en téléchargement chez Buy Soundtrax records.