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Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

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JUSTICE LEAGUE

Alors que la Terre se trouve sous le joug d’un nouvel ennemi, Bruce WAYNE reprend son costume de Batman ! Et il s’allie avec Diana Prince (Wonder Woman) et leurs compagnons méta-humains (Cyborg, Aquaman et Flash) pour former la Justice League ! Au niveau de la musique, Danny ELFMAN qui, plutôt de créer une musique complètement nouvelle, a eu l’idée plutôt bien vue (comme jadis Jerry GOLDSMITH sur la série STAR TREK), de reprendre, pour Batman, le thème qu’il avait jadis composé pour le film de Tim BURTON. Après un motif de logo qui donne le ton (The Justice League Theme – Logos), il propose, avec un thème percussif, répétitif, une musique qui contient un souffle, un grondement de cuivres dans le contrepoint. D’où une musique, et ce sera souvent le cas, qui évolue crescendo (Hero’s Theme). Puis il s’attelle à accompagner chaque personnage de thèmes spécifiques et pas toujours de lui. Sur Batman, Danny ELFMAN propose d’abord un thème assez calme, au xylophone accompagné d’un contrepoint de cordes. Puis il accompagne le déploiement du héros par une musique électrique, où transparait le côté sombre du personnage (Batman On The Roof). Ce n'est que plus tard qu’il reprend son célèbre thème, enveloppé de manière rythmée, vibrante, ponctué de nuées de cuivres qui introduisent une musique d'action puissante qu’il délivre aussi sous la forme d’une longue suite, assez rythmée, avec des chœurs qui surgissent comme un contrepoint d’une musique grave (The Tunnel Fight). Sur Cyborg, il distille un thème d’abord lent, pianissimo puis dont la mélodie, assez lisible, se développe dans les vibratos (Enter Cyborg). Puis, sur Wonder Woman, Danny ELFMAN reprend une musique quasi tragique, sur un rythme soutenu, incluant une brève reprise du gimmick crescendo écrit par Rupert GREGSON-WILLIAMS (Wonder Woman Rescue). Et sur ce duo, il propose une musique qui se développe en jouant le mystère, et une ligne de violon solo qui se déploie en même temps que quelques notes de piano (Cyborg Meets Diana). Pour la suite, Danny ELFMAN multiplie les musiques lyriques, grandioses, assez classiques des films de super héros, ici  sur de manière une orchestrale, avec des sonneries de cuivres qui annoncent de la violence (The Story of Steppenwolf) ; là tournante, répétitive (The Amazon Mother Box) ; ou encore cette quasi musique de film d'horreur, qui se poursuit dans une tonalité plus calme avec un piano solo (Aquaman in Atlantis). Danny ELFMAN multiplie aussi les thèmes d’action, ici une inquiétante, débouchant sur un développement orchestral à la fois dramatique et coloré, tout en préservant des passages plus intimes (Friends and Foes) ; là où le compositeur, repartant de son thème de Batman, développe une musique brillante, épique et rythmée par les cordes et les percussions, très présentes (The Final Battle). Suit encore une musique qui porte bien son titre tant elle dégage de la douceur, se déployant de manière émouvante. Mais qui intègre aussi une reprise du thème de la Justice League qui, sous le rythme des cordes, le ronflement des cuivres, prend de l'ampleur (New Hope). Danny ELFMAN termine avec une large déclinaison du même thème, coloré par des cuivres très présents et qui part dans le lyrisme des chœurs (Anti-Hero’s Theme). On note aussi, dans une suite avec une omniprésence des chœurs sur un thème qui se développe de manière urgente, certaines mesures inspirées de la musique de John WILLIAMS (The Final Battle).  On notera que l'album contient des revisites de la chanson des BEATLES Come Together et de Icky Thump des White Stripes, reprises dans des versions électro pop par le compositeur et chanteur junkie XL. On note aussi une reprise d’Everybody Knows, le standard de Leonard COHEN et Sharon ROBINSON, par SIGRID. Au final, Danny ELFMAN signe une signe partition de super-héros, qui fait l'équilibre entre les thèmes de bravoures et les revisites de ses propres thèmes pour Batman..Il en ressort une partition vivifiante, souvent noire et grave, à l’image du défi qui attend la Justice League !

JUSTICE LEAGUE. Un film réalisé par Zack SNYDER, avec Ben AFFLECK, Gal GADOT, Ezra MILLER, Ray FISHER, Jason MOMOA, Amy ADAMS, Jeremy IRONS, Diane LANE. Musique de Danny ELFMAN disponible chez Sony music.


THE CIRCLE


Cette adaptation du roman THE CIRCLE de Dave EGGERS a été écrite par le coscénariste et réalisateur James PONSOLDT. Mais c’est grâce à  Tom HANKS, quand il s’est montré intéressé par le projet, qu’il a pu la concrétisée. L'action se déroule aux Etats-Unis, dans un futur proche. Responsable Mae chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux dirigé par Eamon BAILEY, Mae y participe à une expérience qui bouscule les limites de l’éthique et des libertés individuelles. Ce qui va impacter l’avenir de ses amis, de ses proches et de l’humanité tout entière…La musique est signée Danny ELFMAN qui ne s'était pas vraiment fait remarquer dans des films de science fiction ; ceux de Tim BURTON jouant plus sur le fantastique, la poésie. De fait, Danny ELFMAN a choisi une approche assez classique en privilégiant des sonorités électroniques très entendues dans les années 1970 et 1980. Mais il va plus loin, à l'image de cette ouverture emplie de mystère ; un mélange subtil de percussions, de sonorités synthétiques, de bribes de voix et de piano. On entend aussi des cordes, légères, qui apparaissent en contrepoint. Ce qui donne une musique étrange, entre univers futuriste et enfantin (Into A Circle). Danny ELFMAN continue par une vraie musique de science fiction, électronique, de robots, rythmée et répétitive, avec des bruits et une partie mélodique, relativement simple, jouée par des claviers et qui revient plusieurs fois. Néanmoins, en contrepoint, on distingue aussi une discrète, ligne de piano (Wonderland, Happy Little Robots). Le piano qui revient sous la forme d’une décomposition de plusieurs notes, sur un développement profond et toujours des sonorités synthétiques, ici davantage dans le contrepoint (Inner Sanctum). Puis une musique qui apparaît plus inquiétante, au rythme percussif régulier, qui va même en s’accélérant, et aux sonorités électriques, malgré un contrepoint profond (Aftermath). Sur l'enchainement des machinations, il introduit des thèmes aériens, composés de nappes électroniques, dans un deuxième temps de boucles de percussions qui amènent de la tension et de quelques notes de piano (Panic Text, Conspiracy, Fog Attack). Il revient ensuite à une musique futuriste grâce à d’intéressantes rencontres entre une cellule mélodique qu’il répète inlassablement, du piano doucement mélodique en contrepoint, et une ligne de violoncelle qui apporte de la mélancolie (Stolen Kayak, Finding Mercer, Mae Takes Over). Il déploie aussi, doucement, un thème intimiste au piano, les notes synthétiques, obsessionnelles, restant au loin dans le contrepoint (Toilet Talk). Danny ELFMAN termine par un thème à base d’une cellule répétitive et de développement de sonorités qui font très film fantastique des années 1970/1980 (Intake). En bonus, l'album contient quelques morceaux supplémentaires, purement électroniques; des musiques de robots, à la fois mécaniques, tournantes et rythmiques (More happy little Robots), mais aussi émotionnelles (Return to Wonderland) et aériennes (Happy Love Theme). On notera enfin la présence de la  chanson Simple Gifts, interprétée par la voix malaxée d'électronique de JONSI dans un esprit lentement rythmée à la façon de certains titres des années 1980. Danny ELFMAN signe donc une partition intéressante qui reprend les codes des musiques de science fiction mais ne s’y limite pas, recherchant constamment des espaces pour introduire des mouvements plus ou moins mélodiques, notamment de piano. Il en ressort alors une bande peu originale mais de bonne facture.

THE CIRCLE. Un film James PONSOLDT, avec Emma Watson, Tom Hanks, John BOYEGA, Karen GILLAN, Ellar COLTRANE, Patton OSWALT, Glenne HEADLY et Bill PAXTON. Musique originale de Danny ELFMAN disponible chez Sony classical.


RABBIT AND ROGUE

Comme d’autres compositeurs avant lui (notamment Maurice JARRE-NOTRE DAME DE PARIS), Danny ELFMAN s’essaye à la musique de ballet ; un genre qui puise autant dans le classique que la musique pour l'image. En l’occurrence, il s’agit d'un ouvrage commandé par l’American Ballet Theatre, l'Orange County Performing Arts Center de Costa Mesa en Californie, et la chorégraphe Twyla THARPS qui l’a créé  en 2008 au Métropolitan Opera House de New-York. On notera que l'album devrait également donner lieu à une transposition en courts métrages, réalisés en collaboration avec le LA Film Festival. Pour ce RABBIT AND ROGUE, le compositeur, qui sortait de CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE mais n’était pas encore rentrer dans l’univers d’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES qu'il a mis en musique par deux fois. Cependant, même si cette composition n’a rien à voir, il reste très tentant de faire le lien. Là, Danny ELFMAN pose toutes de suite les bases d’une œuvre audacieuse, magnifiquement dirigée par Joris BARTSCH BUHLE. En effet, en commençant par un thème profond et répétitif dans les cordes, sur une rythmique de percussions, il présente une introduction élégante avec une partie mélodique crescendo, pour violoncelle et clarinette qui arrive sur la fin (I. Intro). Dans le deuxième mouvement, la rythmique lance un mouvement qui se développe d’abord de manière soutenue, porté d’abord par le piano ; puis qui se déploie dans des mesures davantage chantantes, galopantes, mais aussi concertantes, lui permettant de frôler le merveilleux. Il en ressort une sorte d'échappée, un support idéal pour des danseurs, remplie d'aventures qu’on peut imager comme une sortie du lapin d’Alice (II. Frolic). Danny ELFMAN continue par un mouvement large et mélodieux, qui agit à la manière d’une ronde obsessionnelle, entre musique contemporaine et parties chantantes. Et qui réserve des thèmes secondaires, comme les méandres d’un même mouvement symphonique (III. Gamelan). Entre jazz et musique rhapsodique et de film, Danny ELFMAN entame au piano un thème qui porte bien son nom. Car il se trouve plus inspiré des rythmes américains, de la Nouvelle Orléans et de Georges GERSHWIN, de la première moitié du vingtième siècle ; un mouvement là encore très large mais particulièrement imagé, qui réserve autant des parties qui swinguent, que des espaces d'intimité, de mystère à base de piano, l'orchestre intervenant davantage en contrepoint, avec de rares interventions de notes glissées, et même synthétiques (IV. Rag). Après une sorte de grande valse  généreuse, voluptueuse  (V. Lyric), Danny ELFMAN termine par un mouvement symphonique ; une sorte de plongée entre musiques romantique et baroque d'où ressortent de courts moments lyriques. On note, toujours dans ce paysage musical fantastique, poétique, également des sections entre jazz, ragtime et symphonique avec des mélanges de clarinette et de cordes obsessionnelles (VI. Finale). De ces notes pareilles à l'introduction, Danny ELFMAN boucle les contours d’une œuvre enchanteresse qui, même si elle puise dans différents genres, séduit par son audace, sa démonstration orchestrale. On notera que l’album est complété d’un dvd comportant l’œuvre en son 5.1 et d’un entretien (en anglais sans sous-titres) où le compositeur parle de son admiration pour les maitres classiques des grands ballets.

RABBIT AND ROGUE. Musique originale de Danny ELFMAN disponible chez Sony classical.

CINQUANTES NUANCES PLUS SOMBRES

Dans ce nouveau chapitre de la célèbre saga littéraire, Christian GREY (Jamie DORNAN) essaye de rattraper l’amour d’Anastasia STEELE (Dakota JOHNSON). Mais alors qu’elle lui accorde de nouveau sa confiance, une ombre du passé de Christian les menaces. Sur ce thriller sulfureux, on retrouve de nouveau Danny ELFMAN qui délivre une partition tour a tour étrange et sensuelle, qui agit comme un miroir des frasques des amants maudits. Par une entame de guitare et de cordes, Danny ELFMAN commence par un thème long, grave, incluant une large ligne de violon mélancolique et un contrepoint inquiétant. On remarque aussi, assez vite, et souvent dans la partition, quelques notes de piano sur lesquels se greffe des thèmes à la fois chaleureux et mystérieux (Nightmare, Survive). Il s’agit d’un thème, comme celui de Christian, qui est construit à base de guitare et de piano, avec un contrepoint synthétique et que l’on retrouve plusieurs fois (Announcement). Danny ELFMAN poursuit par un mouvement d'abord pianissimo. Puis une guitare déploie des mélodies plutôt sensuelles, émouvantes, parfois délicatement répétitives, montantes qui servent de trame principale à la partition (No Strings Attached, The L Word, Yes !) ; une partition qui prend parfois des virages plus urbains (On His Knees). Egalement plus énigamatique, comme cette musique profonde, plus électrique, avec un piano interrogateur, aux parties mélodiques espacées et au développement qui joue l'angoisse (Bathroom Encounter) ; ou encore ce thème porté par des percussions comme de petits tambours et un piano qui répète une courte cellule mélodique (Texting). Ce qui introduit aussi efficacement des thèmes de thriller, plutôt obsédants au début, plus orchestral et émotionnel ensuite, avec notamment de la guitare et la reprise d'un mouvement mélodique, une courte ligne de violoncelle et de piano (Dossiers). Plus étonnant, Danny ELFMAN utilise des voix pour accentuer le caractère sensuel d’un thème orchestral. Avec également du piano, de la guitare dans des parties assez rythmées (Red Room, Jack Attack), parfois par des percussions qui jonglent sur la mélodie principale du film (Danger Girl). Sur la fin, Danny ELFMAN reste dans une musique aérienne, très orchestrale, où on retrouve la douceur, par dessus les cordes, de la guitare puis du piano (Martini Face). Avant de conclure par un thème de thriller autour de la mélodie centrale du film (Making It Real). Au final, voici une très bonne partition de Danny ELFMAN, qui réussit savamment à trouver un équilibre entre les thèmes de passion, portés par les cordes, la guitare et le piano, et les motifs de tension, plus percussifs et synthétiques.

CINQUANTES NUANCES PLUS SOMBRES (FIFTHY SHADES DARKER). Un drame réalisé par James FOLEY, avec Dakota JOHNSON, Jamie DORNAN, Marcia GAY HARDEN, Jennifer EHLE, Luke GRIMES, Victor RASUK, Éloïse MUMFORD, Max MARTINI, Hugh DANCY, Bella HEATHCOTE, Éric JOHNSON et Kim BASINGER. Musique de Danny ELFMAN disponible chez Back lot music.

DICK TRACY

Le label américain propose une nouvelle version, en double cd, de la partition de Danny ELFMAN  pour le film de Warren BEATTY autour du héros de bande dessinée Dick Tracy ! En effet, alors que l’album sorti en 1990 contenait seulement 35 minutes de musique, Danny ELFMAN avait écrit et enregistré (sous la direction de Shirley WALKER) plus de 100 minutes de score ! Il s'agit d'autant plus d’une partition intéressante que Danny ELFMAN, entre autres difficultés, a du faire en sorte que la structure mélodique de ses musiques s’accorde avec les nombreuses chansons écrites par Stephen SONDHEIM et qui ne figurent pas dans cette nouvelle édition. Il n’en reste pas moins une partition qui, de par ses thèmes enlevés, permettent à Danny ELFMAN de construire une ambiance new-yorkaise qui n’est pas sans rappeler ses musiques pour les films de Tim BURTON. Le premier disque reprend, a la demande du compositeur, le contenu de l’album original de 1990. Danny ELFMAN y commence par un thème profond, coloré et mélodique; une musique dynamique, rythmique avec de courts crescendos qui évoquent l’univers du héros. On trouve aussi une sorte de grande valse, dans un esprit d’avant-guerre, luxuriante, romantique, avec une partie mélodique tenue et emportée par le piano (Main Title). Danny ELFMAN continue en reprenant le thème principal et en le développant de manière sur un rythme d’action (After The “Kid”). Il propose ensuite des thèmes enjoués, jazzy, dans un esprit des folles années 1930 (Crime Spree) parfois arrangés dans la couleur du thème principal (Big Boy/Bad Boys). Pour le personnage de Breathless, il amène un thème séduisant et mystérieux, à l’image de cette blonde incarnée par Madonna (Breathless’ Thème). Dans le même ordre classieux, on note ce motif romantique, dans une ambiance feutrée très années 1930, avec un filet de cuivres (Tess’ Theme). Dans la même couleur, Danny ELFMAN enchaine avec un thème d’action (Slimy D.A.) ; puis par un lento qui monte doucement vers davantage d'inquiétude (Breathless Comes On), d'intensité dans les graves et les vibratos, avec un solo de violoncelle en contrepoint (Meet The Blank). Il continue par une musique assez grave, avec des parties, notamment de flûtes, aériennes (Blank Gets The Goods). Puis il développe une musique de danger, avec des cuivres volants (Rooftops), des notes qui évoquent des déplacements (The Chase). Il reste dans une musique de suspense, avec des effets d’orchestre qui inspirent le danger. Mais intègre aussi des indices dans l’esprit de l’époque, parfois dans un univers coloré de comédies musicales (Showdown / Reunited, Finale). La suite du premier cd, ainsi que tout le deuxième, contiennent l’ensemble des autres thèmes composés par Danny ELFMAN. A commencer par une version du générique au début étrange, retentissant (Main Title – Part 1) ; ou au développement davantage glamour, hollywoodien, avec des réminiscences du thème principal (Main Title – Part 2). Il propose aussi des versions alternatives fort intéressantes de thèmes mélangeant action aérienne et glamour (And They’re Off), suspense soutenu par des percussions et des cuivres (Lips Gets A Bath). On note aussi des thèmes alternatifs autour du personnage de Breathless (Breathless Comes On, Breathless Again) comme du thème d’amour central (Love One); également des motifs joyeux avec de jolis orchestrations entre cuivres, violon et piano (Kid Montage). Il propose une série de thèmes doux, nostalgiques, avec de l’accordéon (Badge) ; une sorte de marche d’action à base de piano et de cuivres (Slimy D.A.). On note aussi plusieurs versions tournant autour de Tess, la femme de Dick TRACY, à base de clarinette, intégrée à des musiques de mystère (Tess Farewell-Alternate, Bug Rescued). Enfin, on entend plusieurs versions du final, qui tourne toujours autour du thème d’amour (Finale). Cette édition plus complète réjouira tous les amateurs des musiques de Danny ELFMAN. Outre ses qualités thématiques et orchestrales, cette édition permet surtout d'apprécier un travail de composition dans sa globalité, incluant ainsi de multiples détails, versions alternatives et inédites, en plus de l'album d'origine ; pour les collectionneurs, c'est forcément indispensable !

DICK TRACY. Un film réalisé par Warren BEATTY (1990), avec Madonna, Warren BEATTY, Al PACINO, Mike MAZURKI, Dustin HOFFMAN. Musique de Danny ELFMAN disponible chez Intrada records.

THE GIRL ON THE TRAIN

Ce thriller raconte les fantasmes de Rachel (Emily BLUNT), jeune divorcée qui, en passant en train, quotidiennement, devant la même maison, imagine la vie du couple qui y vit. Jusqu'au jour où, devenant le témoin d’un événement choquant, elle se retrouve mêlée à un angoissant mystère. Pour la musique, Danny ELFMAN devait conjuguer à la fois les dimensions fantastiques et dramatiques du scenario. Pour l'essentiel, comme pour entourer le personnage de Rachel, il privilégie des thèmes à base de piano lent, et des boucles de cordes en contrepoint (04. Rachel). Tandis que, pour la dimension plus effrayante, il y ajoute beaucoup de sonorités synthétiques, ainsi que des cordes vibrantes et des voix lointaines, discrètes. Il commence ainsi, sur le quotidien plutôt banal de Rachel, par un thème assez classique, de base pianissimo, avec une mélodie assez claire, accompagnée d’un tourbillon de cordes, de  percussions et de sonorités électroniques. Pourtant, par la présence de cordes sombres, du piano, on sent une tristesse, et par les percussions, les boucles et riffs électriques une interrogation (1 Riding the Train). Danny ELFMAN continue par un thème bien plus inquiétant, qui démarre par un violoncelle grinçant. Puis se poursuit dans une sorte de mouvement jazz électrique, avec du piano grave, de la contrebasse et de la guitare électrique. D'où un thème étrange, dérangeant, avec le piano au centre, des cordes obsessionnelles, graves, en contrepoint, comme le sentiment de Rachel devant cette maison (2 Something’s Not Right). Danny ELFMAN continue par des thèmes atmosphériques, portés par des percussions légères, et un mouvement large, inquiétant, avec une mélodie au clavier (03. Megan). Il propose aussi des thèmes de thriller typiquement américains, comme ce motif électrique, urbain, rattrapé par un piano et des cordes frissonnantes, obsessionnelles, qui jouent le malaise, le suspense (06. 3 Women) ; également ce thème typiquement à l'américaine, toujours mélodiquement porté par le piano et des cordes répétitives, tandis que des percussions amènent une agitation (07. All F*cked Up!). Cette tension, on la distingue aussi dans des thèmes de plus en plus malsains : d’abord des thèmes grinçants, aux cordes obsessionnelles et au développement électrique (08. Wasted) ou accompagné de piano mélodique (The Perfect Couple/ Password, Memory). Ensuite, par des thèmes lentement rythmés par le piano sur un mouvement planant, assez dérangeant, qui devient grondant, inquiétant, avec beaucoup de notes électriques perçantes. Jusqu'à ce que le piano apporte un certain calme, auquel contribue la voix aérienne et mystérieuse, magique de Petra HADEN (Missing Time, I’m Sorry). Ou encore par cette musique de suspense, avec toujours du piano qui effectue un rythme empli d'espaces et de sonorités étranges, électrique dans la dernière partie (19. Really Creepy). Enfin, pour le générique, Danny ELFMAN introduit un thème piano orchestre, assez mélodique, avec la voix de Melissa MC GREGOR qui lui donne un côté enfantin (The Girl On The Train – Main Titles). Au final, Danny ELFMAN signe une partition plutôt intéressante, qui hésite constamment, mais de manière maitrisée, entre musique dramatique et ambiances de terreur. Par de multiples thèmes à base de piano et des développements complexes, qui se servent beaucoup de percussions et d’éléments synthétiques, Danny ELFMAN signe donc une musique de thriller qui épouse efficacement les secrets de Rachel et sa descente aux enfers et on apprécie !

LA FILLE DU TRAIN (THE GIRL ON THE TRAIN). Un film Réalisé par Tate TAYLOR, avec Emily BLUNT, Rebecca Ferguson, Haley Bennett, Luke EVANS. Musique originale de Danny ELFMAN disponible chez SONY classical.

M. PEABODY AND SHERMAN

A la fois lauréat du prix Nobel, champion olympique, grand chef cuisinier... M. PEABODY est une personne, pardon un chien, particulièrement intelligent ! Ce qui ne l’empêche pas de devoir relever son plus grand défi : devenir le père adoptif de Sherman, auquel il décide d’apprendre l’histoire à l’aide d’une machine à voyager dans le temps. Mais les choses commencent à mal tourner quand Sherman enfreint les règles et perd accidentellement dans le temps Penny, sa camarade de classe. Pour le réalisateur Rob MINKOFF, Danny ELFMAN représentait le compositeur idéal car il a très bien cerné le côté excentrique de la relation entre PEABODY et Sherman, qu’il a ainsi intégré dans sa musique. Ce qui n'a fait qu'enrichir l'intrigue. C’est la fin du tournage que Danny ELFMAN a entamé l'écriture de la partition qu'il a enregistrée chez AIR studios en Angleterre ; une  ancienne église reconvertie en studio d'enregistrement par le producteur des Beatles, George MARTIN. Danny ELFMAN démarre sa partition par un thème enveloppé, coloré et rythmé qui se démarque par un petit motif cuivré que l’on retrouve souvent par la suite. On note aussi l’utilisation plutôt abondante du piano, que l’on retrouve ou de manière enlevée ou dans un registre plus étrange. Plus surprenant, on note aussi l’insertion d’une touche très française, en l’occurrence les premières mesures de notre Marseillaise ; une référence clair et éclair. Film d’animation oblige, le compositeur propose d’emblée un thème rapide,  qui contient beaucoup d’effets et évoque, déjà, les voyages de M. Peabody (Mr. Peabody's Prologue). Ce que l’on retrouve dans le thème suivant, où le compositeur privilégie les rythmes, en particulier avec l’utilisation des caisses claires, les crescendos qui inspirent des situations de peur, de danger mais aussi les parties plus lyriques avec des chœurs (Reign Of Terror!). Puis, le compositeur prend un tournant plus léger, lent et mélancolique, tout en gardant son thème au piano, accompagné de flûte et de clarinette( The Drop Off) ou alors plus hésitant, marqué par la présence des cuivres sauf que, cette fois, ils apparaissent davantage en arrière, avec des chœurs (The Dog Whistle). Là encore, le compositeur s’amuse avec une musique que l’on croirait sortie d’une fête foraine mais aussi avec un caractère enfantin de par sa mélodie relativement simple (The Cherry Free). Puis, Danny ELFMAN passe à la partie tendresse de sa partition, avec un thème qui se caractérise par un joli solo de violon et des parties de piano. Là, le compositeur explore la fibre enfantine, poétique dans un léger crescendo qui joue beaucoup sur la tendresse (A Deep Regard). Le compositeur n’en oublie pas la tendresse liée à l’enfance avec ce thème plus tendre, émouvant. Là encore, le compositeur privilégie une large partie de piano mais aussi un superbe solo de violon (Dinner Party). L’enfance que l’on retrouve au centre du thème de la machine volante, où le compositeur propose une musique généreuse, vibrante, qui démarre assez lentement, dans les cordes et les flûtes. Ce qui donne un côté poétique, avant un développement et une envolée avec des trompettes et des chœurs (The Flying Machine). Le piano, le compositeur l’utilise aussi pour l’aspect nostalgique de la partition, notamment quand PEABODY se retourne sur sa condition de canidé (I'm a Dog Too). A l’occasion de ces voyages dans le temps, le compositeur fait une incursion dans la musique orientale. Pour le voyage en Egypte, Danny ELFMAN propose un thème profond, ample et lyrique où il conjugue cordes et chœurs autour d’une sympathique mélodie. Le compositeur utilise aussi ici davantage les percussions et les cuivres sur un tempo soutenu, répétitif, qui joue autant l’action que le suspense (Off  To Egypt) mais aussi la grandeur des pharaons (The Wedding Exodus). Toujours dans les couloirs du temps, Danny ELFMAN continue de développer une partition également tournante et grave, avec beaucoup de vibratos. On note également des parties dans les aigus, les hauteurs, qui donnent un côté grandiose et enjoué  (History Mash-up) .Enfin, Danny ELFMAN surprend en proposant, en deux versions, une samba purement brésilienne, rythmée et colorée comme il se doit (Aquarela Do Brasil) tandis qu’on retrouve, en bonus, la très jolie chanson Beautiful Boy (darling boy) écrite et interprétée par John  LENNON qui trouve ici parfaitement sa place. Au final, Danny ELFMAN, qui aime composer pour le cinéma d'animation car il lui permet d'emprunter à des registres très différents, et de passer d'un morceau un peu baroque à une musique plus émotionnelle, il livre une partition très riche, peut-être même trop mais parfaitement maitrisée et idéale pour un film d’animation. Même s’il manque sans doute un grand thème (mais ce n’est pas la mode actuelle !), le contrat est plus que rempli !

M. PEABODY AND SHERMAN. Un film réalisé par Georges CLOONEY. Avec . Musique originale d’Alexandre DESPLAT disponible chez Sony Music.

 

EPIC

Avec ce film, les créateurs de L'Age de Glace et de Rio nous révèlent un monde secret et incroyable. EPIC : LA BATAILLE DU ROYAUME SECRET raconte  l'histoire d'une bataille insoupçonnable. C’est ce que découvre la jeune Mary-Kate, plongée par magie dans cet univers caché. Elle doit alors s'allier à un groupe improbable de personnages singuliers et pleins d'humour afin de sauver leur monde... et le nôtre. Pour la musique, on a le plaisir de retrouver le compositeur préféré de Tim BURTON, à savoir Danny ELFMAN, à qui l’on doit récemment, entre autres, la musique originale du MONDE FANTASTIQUE D’OZ. Pour le producteur Chris WEDGE, Danny ELFMAN apporte au film un plus grand réalisme et, en s’appuyant sur ses émotions, il met en avant l’humour et la dérision qui sont aussi présents dans le film. Danny ELFMAN ouvre sa partition par une superbe danse aux accents moyenâgeux (Leafmen). Il s’agit d’un motif enlevé et à l’orchestration coloré, emplie de cordes, de percussions, que l’on retrouve, avec une pointe de lyrisme, jusqu’au thème final (Epic finale). Dans la même lignée, le compositeur lance des thèmes d’action enlevés, puissants, qui jouent beaucoup sur les guitares et les percussions qui donnent un son, une couleur, qui évoquent en même temps le passé et la modernité, tandis que le contrepoint de chœurs apporte du souffle (Ambush, Girk Meets boy). On note aussi des vibratos qui apportent parfois un côté oriental. Il poursuit avec un thème d’action enlevé, coloré et rythmé ; un thème virevoltant, avançant au tempo des cuivres avec un orchestre de cordes qui se déchaine. La mélodie, accompagnée par des guitares et des percussions, arrive dans un second temps, avant un thème répétitif ; un vrai motif de combat où quelques flûtes rajoutent là encore une teinte moyenâgeuse (Pursuit). Pour le personnage central de Tara, le compositeur propose un thème plus doux, plus profond, plus lyrique également ; un thème que le compositeur développe également dans le mystère avec de la harpe, laissant entrevoir du danger (Tara's Chamber, Tara's gift, Antlers). Danny ELFMAN se sert aussi de l’orchestration d’inspiration celtique du thème principal pour lancer des thèmes héroïques, dansants ; des sortes de parade suivies de motifs à base de guitare qui apporte son lot de nostalgie, de douceur. On note également la présence de cuivres, notamment de trompettes et des chœurs qui reprennent la mélodie  (Moonhaven Parade, Small). Danny ELFMAN nous réserve aussi des moments d’action très hollywoodiens (Escape) mais également des plages d’intimité, de douceur. C’est le cas de ces petits caressants, pour cordes, avec des chœurs légers qui montent et des passages pianissimos sensibles (The Selection) ; également des motifs qui mélangent douceur et merveilleux, comme ce thème vibrant, sensible et profond, dont les cordes jouent sur le mystère, le suspense, tandis que les bois et les chœurs appuient la corde sensible (Rings Of Knowledge) ou encore ce passage dont le piano apporte de la délicatesse tandis que l’orchestre joue dans les graves, ce qui donne une impression d’inquiétude (In The House, Epic Final Confrontation).Au final, après un MONDE OZ empreint de joie, d’aventures et déjà de magie, Danny ELFMAN récidive avec une partition virevoltante, joyeuse et surtout très maitrisée. A travers des mélodies relativement légères et surtout des orchestrations flamboyantes, qui mettent l’accent sur la force, la richesse d’un grand orchestre, Danny ELFMAN nous entraine à travers sa musique dans un monde parallèle. Même si on peut regretter l’absence de grand thème mélodique, ou en tout cas de thème mémorisable, on apprécie la fougue mélodique, et la diversité des couleurs, qui passent du pur symphonique au celtique en passant par l’intimiste. Une partition généreuse qui allie émotion, caractère, force et enfance, on en demande pas plus à Monsieur E !

EPIC, un film réalisé parPaul ANDREW WILLIAMS, avec les voix de Amanda SEYFRIED (Mélanie LAURENT en version française), Josh HUTCHERSON (Jérémie RÉNIER) et Steven TYLER (GAROU). Musique originale de Danny ELFMAN. Disponible chez Sony Classical.OZ THE GREAT AND THE POWERFUL

Revenant aux origines du personnage créé par L. Frank Baum, l’histoire commence quand le magicien Oscar Diggs (James FRANCO) se retrouve propulsé des sables du Kansas aux paysages du Pays d’Oz. Il croit alors avoir trouvé une mine de gloire et de fortune. Mais sa rencontre avec trois sorcières, Théodora (Mila KUNIS), Evanora (Rachel WEISZ) et Glinda (Michelle WILLIAMS) va tout changer. En effet, aucune d’elles ne pense qu’il peut devenir le sorcier dont rêvent les habitants du Pays d’ Oz. Danny ELFMAN débute sa partition de manière magique, comme une boite à musique, avec un thème assez doux. Puis, comme transporté, la musique accélère et les chœurs font leur entrée en contrepoint d’une musique très orchestrale. En terrain conquis, le compositeur d’ALICE Danny ELFMAN développe alors un mouvement crescendo qui rappelle directement le cinéma de son ami Tim BURTON, à travers cette Ouverture très colorée et aux chœurs omniprésents (Main Titles). Puis, le compositeur nous propose une musique doucement pianissimo, avec une majorité de bois, tandis que le violon se la joue nostalgique, mais dont un carillon inquiétant remet tout en cause (A Serious Talk). Danny ELFMAN continue alors et nous fait pénétrer dans le pays d’Oz par une musique fantastique, avec des chœurs prépondérants et des cuivres retentissants (Oz Revealed), également grâce à des mouvements de cordes étranges (A Strange World). Danny ELFMAN reprend avec une musique assez douce,  avec un léger contrepoint de piano et un solo de violon (Where Am I Schmooze-A-Witch). Puis, pour esquisser ce monde décalé, il propose des thèmes chantants, mélodiques, parfois dansants avec de la mandoline, qui rappellent l’ouverture (Fireside Dance, Meeting Finley). A travers ces motifs chantants et qui montent en intensité, Danny ELFMAN s’emploie à montrer un monde irréel, inattendu. Puis, avec des vibratos, des cuivres, il nous entraine dans un univers plus sombre,  où on retrouve le thème principal qui, doucement, avance et chante (Treasure Room/Monkey Business). Le compositeur continue avec une musique plus lente, mais tout assez ample, avec des chœurs et des cordes profondes, des mouvements graves, mystérieux. On retrouve encore les mandolines accompagnées de bois pour une partie plus douce, poétique, avec beaucoup de claviers pour les mélodies (China Town). Danny ELFMAN propose encore un thème pour flûte, accompagnée de bruits de la nature, suivi d’une partie grave avec du basson, des cordes et des chœurs en contrepoint, avant une sorte de danse macabre et grave (A Con Job). On note encore une musique sombre, inquiétante, avec de longues notes, de la harpe, tandis que le violon solo entreprend une longue partie avec des cordes pincées en contrepoint. Il s’agit d’une musique étonnamment majestueuse, avec des glissés qui amènent du mystère. On note aussi un contrepoint obsessionnel qui dénote bien les différents niveaux de ce thème qui, à un moment, s’envole. Approchant de la fin du voyage, Danny ELFMAN propose une musique qui vogue vers le merveilleux, l’aventure épique (The Bubble Voyage, Call to Arms) mais aussi cauchemardesque, tournante et inquiétante (Great Expectations/The Apple).Très habitué des univers féériques (tous les films de Tim BURTON), Danny ELFMAN était sans doute le compositeur le plus évident pour ce préquel du MAGICIEN D’OZ. Et pour preuve, il se délecte de proposer une partition grandiose, colorée et bourrée de références au cinéma d’antan mais aussi d’aujourd’hui car sa partition, emplis de thèmes tantôt enjoués ou émouvants, se situe complètement dans la lignée de celles écrites justement pour Tim BURTON ; une grande réussite !

OZ, un film réalisé par Sam RAIMI, avecJames FRANCO,Mila KUNIS, Rachel WEISZ et Michelle WILLIAMS. Musique originale de Danny ELFMAN, disponible chez Intrada records.

 

HITCHCOCK

A la recherche d’un nouveau projet, Alfred HITCHCOCK s’intéresse à l’histoire d’un tueur en série. Mais ni les producteurs ni ses amis n’y croient. Seule Alma, sa fidèle collaboratrice et épouse, va le soutenir afin d’achever ce film intitulé: PSYCHOSE. Pour la musique de son film, Sacha GERVASI a souhaité rendre hommage à Bernard HERRMANN (Paul SCHACKMAN dans le film), qui fut longtemps le compositeur préféré d’Alfred HITCHCOCK. En même temps, il voulait  donner au film sa propre sensibilité musicale. Dans cet esprit, il a rencontré Danny ELFMAN, dont la curiosité a été immédiatement aiguisée, pour lui qui a toujours considéré Bernard HERRMANN comme sa plus grande source d’inspiration. Danny ELFMAN introduit d’abord un petit thème léger, vibrant et mélodique (Logos). Puis, pour le thème principal, il joue la carte romanesque, en avançant une musique profonde, douce et en même temps mystérieuse, dangereuse (Theme From Hitchcock). Il propose ensuite un thème grandiose, pianissimo et répétitif (Premiere). Dans cette lignée, il propose une sorte de valse, tournante et diabolique, avec des reprises du thème pianissimo et du basson (Paramount/Out The Gate), que l’on retrouve dans diverses variations  (The Censor, It’s A Wrap) ; mais que le compositeur se plait à détourner sur des séquences de dialogues (Walk With Hitch) ou des scènes plus classiques d’action (Saving The House). On note certains passages très lents, pianissimo, parfois très doux dans les cordes (In Bed, Fantasy Smashed). On trouve bien sur des musiques de suspense, comme autant d’hommages au célèbre réalisateur ; des musiques tendues, avec des mouvements de cordes très « Hermmanniens », mais aussi de superbes parties pianissimo (Impulses). On note encore des thèmes qui mélangent le romantisme avec de grands mouvements de violon (ou de violoncelle) à des côtés plus obsessionnels de cordes, et des contrepoints profonds, avec notamment du piano ; des mouvements qui, là encore, rappellent sinon les notes tout du moins le style Bernard HERRMANN (The Swim, Sacrifices, The Sand), ce qui est également le cas sur des thèmes généreux, émouvants (Finally). Egalement des thèmes graves, profonds, très Hitchcokien, avec des vibratos de cordes et, là encore, des passages de piano intenses (Celery). Mais aussi des musiques cauchemardes  et parfois crescendo (Telephone, Suspicion) ; également de surprenants jeux de percussions mêlés à des cordes profondes, notamment une ligne de violoncelle très mélancolique (Explosion). Danny ELFMAN tente également une incursion dans le jazz avec des musiques qui sonnent très années 1960 ; des mouvements à la fois sensuels et troublants, notamment quand le piano reprend la couleur principale de la partition (Selling Psycho). L’album se termine avec deux versions du générique de fin ; l’un proche du thème principal (End Credit 1) ; l’autre davantage en retrait (End Credit 2).  Et enfin, en bonus, une reprise du thème de la série Alfred HITCHCOCK Présente composé par Charles GOUNOD (Funeral March For A Marionette). Au final, Danny ELFMAN signe une partition à la fois classique et inventive. Classique car, avec ses mouvements profonds, ses vibratos, et même son thème principal, elle rend magnifiquement hommage à Bernard HERRMANN, dont on sent l’influence sur Danny ELFMAN qui avoue lui avoir adressé quelques clins d’œil. Elle apparait aussi inventive car Danny ELFMAN sait habilement s’en éloigner en créant ses propres couleurs, ses propres idées musicales, Il en résulte alors une partition très intéressante, au diapason de la relation intime entre Alfred HITCHCOCK et sa femme Alma.

HITCHCOCK, un film de Sacha GERVASI; avec Anthony HOPKINS, Helen MIRREN. Musique originale de Danny ELFMAN, disponible chez Sony Classical.

 

SILVER LININGS PLAYBOOK (HAPPINESS THERAPY)

Ce film (qui a reçu le prix du public au festival de Toronto) raconte l’histoire de Pat Solatano (Brad COOPER). Ayant perdu sa maison, son travail et sa femme, il se retrouve obligé d’emménager chez ses parents mais affiche un optimisme à toute épreuve. Déterminé à reconquérir son ex-femme, il va être aidé par la jeune et jolie Tiffany (Jennifer LAWRENCE)… à condition qu’il lui rende un service en retour… Ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs existences et de redécouvrir les bons côtés de la vie…Pour la bande originale de ce film agréable, on a le droit à deux supports, l’un physique avec essentiellement des chansons entendues dans le film et, en digital, la composition de Danny ELFMAN, qu’on a peut l’habitude d’entendre sur des films romantiques. C’est d’ailleurs lui qui ouvre l’album physique avec un thème du générique, très doux, mélancolique, basé sur une ligne pianissimo.(Walking Home). On entend également un thème également de base pianissimo, pas vraiment mélodique mais plutôt très légèrement obsessionnel. Il s’agit d’un thème qui apparait d’abord assez froid, profond, avec des cordes en contrepoint, puis des chœurs chantants en contrepoint qui apportent une couleur détendue, légère. Danny ELFMAN propose donc un thème à base de piano mais aussi pas mal de guitare et surtout des voix qui donnent un côté décalé, très sentimental et plutôt inattendu de la part du compositeur (Silver Lining Titles). Ensuite, on suite une série de chansons. D’abord la très romantique My Cherie Amour, un classique de 1969 écrit et interprété par Stevie WONDER, en collaboration avec Sylvia MOY et Henry COSBY. Pour l’anecdote, Stevie WONDER avait écrit ce titre pour sa copine de l’époque alors qu’il fréquentait une école pour aveugles. On entend ensuite Always Alright, un titre dansant, rythmé et coloré par le groupe Alabama Shakes ; Buffalo par Alt-J  & Mountain Man ; la très aérienne et exotique The Moon Of Manakoora par Les Paul & Mary Ford, un duo très connu dans les années 1950 ; Monster Mash, une chanson légère, presque acoustique par CrabCorps ; Goodnight Moon par la chanteuse américaine Ambrosia PARSLEY accompagné du groupe The Elegant Too ; Now I'm A Fool, un titre de rock interprété par Eagles Of Death Metal  ainsi que Hey Big Brother par le groupe électrique Rare Earth. On entend encore la très belle, quasi country, Girl From The North Country par Bob DYLAN & Johnny CASH,  Silver Lining par la jeune auteur compositeur interprète anglaise Jessie J. Le disque se termine par un classique, la chanson Maria (WEST SIDE STORY), écrite par Léonard BERNSTEIN en version jazz par The Dave Brubeck Quartet, entendu plus tôt sur Unsquare Dance.  Au final, voici une compilation qui sent bon la nostalgie avec une majorité de titres des années 1950 et 1960, souvent oubliés et que l’on a plaisir à découvrir et à redécouvrir. D’autant plus qu’ils accompagnement justement cette histoire romantique. Quand à la partition de Danny ELFMAN, très simple, très pianissimo, elle complète joliment ces chansons.

SILVER LININGS PLAYBOOK, un film de David O. RUSSELL. Musique originale de Danny ELFMAN, disponible chez Sony Classical.

FRANKENWEENIE

Ne supportant pas la disparition de son chien adoré Sparky, Victor en appelle à la science et à la foudre pour le ressusciter. Mais la transformation tourne à la catastrophe… Tim BURTON a imaginé cette histoire il y a plusieurs années et l’avait déjà réalisée pour Disney sous la forme d’un court métrage. Mais le cinéaste n’a jamais abandonné son rêve d’en faire un long métrage animé image par image. Pour la musique, Tim BURTON reste fidèle à son ami Danny ELFMAN qui, après une revisite du thème du logo Disney incluant le When You Wish Upon A Star de Leigh HARLINE (Frankenweenie Disney Logo), introduit un motif principal pianissimo avec des bois aériens et des chœurs ; un élément essentiel de la partition. Il s’agit d’une musique à la fois enfantine, poétique et mélodique qui accentue les moments d’émotion (The Funeral, Invisible Fish / Search for Sparky). Dans une seconde partie, la musique devient plus haletante et accentue le côté aventures (Main Titles). Il s’agit là d’une des deux grandes directions de la partition qui, d’un côté, appuie la relation affective de Victor et Sparky, l’enfance, la famille (Dad’s Talk)  et, de l’autre côté, la dimension fantastique. Très riche, la partition contient nombre de thèmes, comme celui qui se développe de manière lyrique, avec une reprise du thème principal au piano (Mr. Burgermeister / Noses Meet), la séquence du match de match de football qui tourne au drame ; une musique profonde, lyrique et noire (Game of Death). Puis, comme l’intrigue, la partition évolue vers l’épouvante, et devient plus tournante, colorée (Sparky’s Day Out), plus cuivrée, en fait très référentielle aux films d’horreur d’après guerre (Electricity, Sea Monkeys Attack, Mad Monster Party). Une musique qui se développe dans les vibratos, avec une rythmique de cordes qui donne de la tension, le thème principal ne revenant que dans des variations notamment pour harpe, avec les chœurs en contrepoint (Re-Animation). Le point culminant vient quand Danny ELFMAN lance son thème par des orgues sur un thème grave, presque une musique religieuse, qui annonce une prophétie. On approche de la grande foudre où toutes les transformations vont se réaliser, ce qui donne là encore lieu à des musiques très américaines (Getting Ready, Final Confrontation). Sans surprise, le compositeur revient au thème principal pour un final assez classique (Happy Ending). Au final, Danny ELFMAN réussit une partition qui, de prime abord,  contient tout ce que l’on aime dans la bande originale d’un film Disney : des thèmes mélodiques, délicats, servis par des orchestrations colorées, du rythme, de la joie et de l’émotion. Puis, alors que le film s’élance véritablement avec la transformation de Sparky, le compositeur développe une partition typiquement hollywoodienne, qui soutient l’action et les transformations monstrueuses des personnages, même secondaires, comme ce pauvre chat qui se découvre vampire ! Alors que frappe la foudre, et que chacun attend le verdict de la transformation, Danny ELFMAN transperce l’écran à travers une musique typique dans le genre mais terriblement efficace. Il en ressort alors une composition jouissive dans ses hommages au cinéma d’horreur et particulièrement touchante dans ses motifs liées à l’amitié, à l’enfance. A noter également la sortie d’un album de chansons américaines du moment inspirées par le film : une chanson romantique légère et gracieuse (Strange Love par Karen), un rock rythmé et coloré (Electric Heart (Stay Forever) par Neon Trees), un Polartropic (You Don't Understand) électro par Mark FOSTER, les ballades rock Almost There par le groupe Passion Pit , Underground par Grouplove, et My Mechanical Friend (feat. The... Grace Potter), le plus énergique Pet Sematary par le groupe de Chicago Plain White T's, With My Hands par la chanteuse néo-zélandaise Kimbra, Everybody's Got a Secret par le groupe de rock indépendant Awolnation,  le titre électro Immortal par Kerli, une chanteuse estonienne qui possède une jolie voix, le rock électro Lost Cause par le groupe de Las Vegas Imagine Dragons, Building a Monster par la chanteuse multi instrumentiste Skylar GREY, le sombre et atmosphérique Witchcraft par Robert SMITH. L’album se termine par Praise Be New Holland par Winona Ryder. Ces deux disques, les chansons inspirées et surtout la partition de Danny ELFMAN, rendent hommage à cette superbe comédie fantastique pleine de poésie, d’humour, de poésie et pleine de gentils monstres ; un miroir décalé et sombre à la fois, un portrait d’un jeune garçon (qui pourrait s’appeler Tim BURTON), qui croit en ses rêves, comme tous les enfants de Disney !

FRANKENWEENIE. Un film de Tim BURTON,avec. Musique originale et chansons inspirées par le film  disponibles chez Walt Disney records / EMI.

DARK SHADOWS

Le nouveau film de Tim BURTON représente l’adaptation d’une des séries américaines les plus populairesde la fin des années 60. L’action s’y déroule au 18ème siècle, où, installé dans le Maine, Barnabas COLLINS (Johnny DEPP), devient un modèle de séduction, de richesse et de puissance. Mais, quand il brise le cœur d’Angélique BOUCHARD (Eva GREEN), il se retrouve transformé en vampire et enterré vivant. Deux siècles plus tard, libéré de sa tombe par inadvertance, Barnabas débarque dans un monde complètement nouveau. En ce qui concerne la musique, la bande originale est disponible en deux versions. La première reprend la musique originale de Danny ELFMAN tandis que la deuxième représente, en sus de deux thèmes instrumentaux, une compilation de chansons entendues dans le film. On y retrouve surtout Alice COOPER qui, pour le happening du film, se produit sur scène, mais ne correspond pas à l’image que s’en était faite Barnabas COLLINS. Comme le précise le dossier de presse, Alice COOPER était ravi de se replonger dans l’atmosphère des années 70 et d’avoir l’opportunité de travailler avec Tim BURTON et Johnny DEPP, d’om la présence justifiée de deux de ses titres sur la compilation (No More Mr. Nice Guy, Ballad of Dwight Fry). On y entend également d’autres chansons emblématiques des années 70, choisies par le cinéaste, comme Knights in White Satin» des MOODY BLUES, Season of the Witch de DONOVAN, Top of the World» des CARPENTERS, I’M Sick Of You d’Iggy POPP et You’re The First, The Last, My Everything de Barry WHITE. Pour en revenir à la partition originale de Danny ELFMAN, le compositeur savait que les scènes les plus spectaculaires allaient être mises en valeur de manière plutôt théâtrale. Mais, ce qui était vraiment jubilatoire, c’était que le scénario allait lui permettre de puiser dans le répertoire rétro qu’avait concocté Tim. D’où une musique qui évoque à la fois la série télé d’origine et le cinéma d’horreur des années 70, pour une partition qui résonne de manière assez sobre. Tandis que, pour les orchestrations, il a privilégié, pour accompagner les mélodies, des instruments électroniques. Ainsi, Danny ELFMAN propose une musique profonde, ample et lyrique, avec des chœurs, d’inspiration très classique. On remarque une partie très rythmée, très chevaleresque, qui associe à la fois l’aventure et de terreur, avec toujours des chœurs en contrepoint de la mélodie du thème principal  (Dark Shadows Prologue). Collant au retour de Barnabas COLLINS, le compositeur introduit des musiques qui monte doucement crescendo, comme de les entrailles de la terre, avec des claviers proches du clavecin. Aidé par les sonorités électroniques, il en ressort une musique froide, vibrante et grave, avec là encore des chœurs et même des voix solistes (Resurrection). Pour le final, il privilégie un tempo rythmé et reste sur une musique rythmé, ample, avec une mélodie grave qu’il reprend ensuite avec les chœurs en contrepoint, ce qui accentue le côté lyrique de la partition (The End ?). Au final, ces deux versions de la bande originale du film se complètent car, si Danny ELFMAN a composé une magni­fique partition qui joue un rôle important dans la dramaturgie, les chansons choisies par le producteur et le réalisateur jouent un rôle tout aussi important, permettant à la fois de nous faire revivre les années 70 et d’exprimer le regard du personnage de Barnabas COLLINS sur cette époque qu’il découvre à travers la caméra de Tim BURTON.

DARK SHADOWS, un film de Tim BURTON, avec Johnny DEPP, Michelle PFEIFFER, Helena BONHAM-CARTE, musique originale de Danny ELFMAN, disponible chez Sony classical

 

MEN IN BLACK III

En quinze ans chez les Men in Black, l’agent J (Will SMITH) en a vu des phénomènes étranges. Pourtant, lorsque la vie de son partenaire, le sarcastique K (Tommy LEE JONES), et le destin de la Terre, sont menacés, J décide de remonter le temps pour remettre les choses en ordre. Il va alors découvrir qu’il existe certains secrets que K ne lui a jamais révélés au point de devoir faire équipe avec le même K mais en plus jeune (Josh BROLIN). Danny ELFMAN retrouve donc pour la troisième fois la franchise créée en 1998 et qui lui avait permis de décrocher une nomination aux Oscars. En guise de thème principal, le compositeur de MARS ATTACK introduit une sorte de marche crescendo dont les riffs de guitares et les chœurs très hauts lui donnent une couleur très rock (Men in Black 3 - Main Title). Par la suite, la partition se décline sous différentes facettes, dans lesquelles on retrouve parfois le thème principal. La première se voit rattachée à la partie espionnage avec des développements rythmés qui jouent des percussions sur des motifs profonds exécutés par les cordes (Spiky Bulba, Headquarters,The Prize-Monocycles). La deuxième facette représente la partie voyages dans le temps pour laquelle le compositeur développe une musique mystérieuse et rythmée, assez proche de l’univers d’un certain Alan SILVESTRI, lui aussi adepte des « Retour vers le Futur ». On y découvre alors une musique qui se développe crescendo, tourne et avance au rythme de l’action avec des vibratos dans les cordes (The Set-Up) mais qui se mélange aussi parfois à la sonorité rock des Men In Black (Into the Past). Une autre facette, agréable mais plus rare, constitue celle de la tendresse, de la nostalgie. On la retrouve d’abord en introduction d’une variante de la marche des Men In Black, puis développée de façon douce, atmosphérique et assez lente (Wrong, Not Funny). Au niveau des thèmes d’action, le compositeur reste plutôt dans une ambiance assez rock, par exemple avec un thème orchestral et, en contrepoint, une partie rythmée de cordes, des cuivres graves. Ce qui donne un thème étrange, menaçant (Big Trouble). On trouve aussi une dimension science fiction par des musiques dont l’ampleur, la lenteur, donnent un côté spatial avant que l’action ne reprenne le dessus. En effet, à travers des mouvements plus rapides, tournoyants, mais aussi plus lyriques avec l’apparition des chœurs et d’un solo de clarinette, le thème lorgne du côté de la folie et rejoint l’univers de Tim BURTON (Out on a Limb) ou encore, dégage une certaine mélancolie, avec une partie pianissimo qui rappelle par certains côtés le STAR TREK de Jerry GOLDSMITH (Griffin Steps Up). On note aussi quelques passages qui virent vers l’épouvante grâce à des vibratos dans les cordes, des cuivres et surtout des bruits explicites (Time Jump). Sur la fin, le compositeur propose surtout des thèmes de constats, souvent planants mais ne manquant pas d’appuyer la tension et l’émotion, notamment grâce à l’alliage entre la guitare et les cuivres (Under the Bridge, Mission Accomplished). Au final, Danny ELFMAN propose une partition très rythmée qui accompagne efficacement les aventures spatiotemporelles des Men In Black. Autour d’une thématique principale très rock, il tisse une véritable musique d’aventures. Il en ressort une partition certes de qualité mais qui n’apporte rien de nouveau à l’édifice musical de Monsieur ELFMAN. En ce sens, cette partition ressemble, comme le sujet du film, à un retour vers le passé pour sauver le futur de son créateur ; ce qui reste un peu dommage.

MEN IN BLACK 3, un film de Barry SONNENFELD, avec Will SMITH, Tommy LEE JONES, musique originale de Danny ELFMAN disponible chez Sony classical