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Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

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THE WINTER (PATAGONIA EL INVIERNO) :

LA PARENTHESE ARGENTINE DE CYRIL

MORIN !

 
 

Connu pour ses fidèles collaborations avec les réalisateurs indien Pan NALIN (DEESSES INDIENNES EN COLÈRE) et israélien Eran RIKLIS (LA FIANCÉE SYRIENNE), Cyril MORIN n'avait pas encore travaillé avec un metteur en scène sud-américain. C’est aujourd'hui chose avec THE WINTER (PATGONIA EL INVIERNO) ; le premier film réalisé par l’argentin Emiliano TORRES. Le film raconte l’histoire, touchante d'Evans (Alejandro SIEVEKING), le vieux contremaître d’une grande propriété isolée de Patagonie. Le film commence alors qu’il se trouve remplacé par Jara (Cristian SALGUERO), un ouvrier agricole plus jeune, moins expérimenté, qui espère s’installer avec femme et enfant. Comme on pouvait s’y attendre, le changement ne sera facile ni pour l’un ni pour l’autre ;  Chacun se préparant, à sa façon, à la confrontation avec le prochain hiver. Celui-ci s’annonce tellement rude que la région se trouve bloquée par la neige ; une dernière occasion pour Evans de réapparaitre, de tenter de sauver sa place. Pour la musique, comme à son habitude, Cyril MORIN a cherché le contrepoint émotionnel des personnages. Et il le trouve dès le début du film, avec quelques notes de guitare, alors que le vieux contremaitre observe son successeur s'occuper des chevaux. Il le trouve encore lors d’une belle séquence de rassemblement autour d’un feu. A l'occasion de sa sortie française, nous vous proposons cet entretien où Cyril MORIN nous parlait, il y a quelques mois, de ce film vrai et réaliste, et de son travail musical -qui ressemble parfois à du Sound design, sur des images de splendides paysages  parfois enneigés.

Cyril MORIN, dans quelles circonstances êtes-vous arrivé sur ce film argentin surprenant et coproduit par la France ?

CM : je me suis retrouvé à composer la musique de ce film par la magie des coproductions. En l'occurrence, c'est le producteur français Raphaël BERDUGO, qui avait travaillé sur FAITH CONNECTIONS (KUMH MELA), le documentaire de Pan NALIN, qui m’a appelé.

Aquel moment vous a-t-il appelé ?

CM : je suis arrivé sur ce film à un moment délicat, alors que le réalisateur Emiliano TORRES, dont c'était le premier film, éprouvait des difficultés par rapport à la musique. Mais ce n’est pas tout car, et cela rendait la collaboration complexe, il souhaitait que je compose, et je déteste cela, des musiques locales. Il en avait besoin pour le film !

Et vous en avez composés ?

CM : effectivement, je me suis résolu à, finalement, en composer quelques unes.

Et pour la musique originale, sachant qu’il y en a peu, il vous a donné des instructions ?

CM : absolument mais, quand il me les a envoyées, cela tenait en quelques lignes, il m’a cité comme référence le cinéaste Robert BRESSON ; ce qui m’a surpris.

Pour quelle raison ?

CM : parce que, pour moi, cela   renvoyait à des films qui, normalement, ne contiennent pas de musique. Pour en revenir à THE WINTER,  cela signifiait aussi que, sur ce film, le placement de musique sera difficile.

Et il l’a été difficile pour vous ?

CM : pas vraiment car je me suis adapté à la précision du montage. En l'occurrence, le réalisateur a travaillé sur les placements de musiques en utilisant des musiques temporaires. Du coup, comme il existait cette difficulté a absorber la musique dans le film, je suis resté assez proche d’un montage qui apparaissait très précis.

Vous n'avez pas eu peur de vous laisser enfermer dans ce montage très méticuleux ?

CM :  c'est vrai que c'était une espèce de sorte de carcan. Mais finalement, pour ce film, je trouve que c'était bien.  Cela n’a pas été un travail très musical mais cela restait intéressant.

Que voulez-vous dire par un travail pas très musical ?

CM : tout simplement que mon travail, sur ce film, a relevé plus du Sound design que de la musique. Mais c'est ce que le réalisateur voulait pour le film.

Ce qui n'empêche pas qu’on l’entend bien dans le film ?

CM : justement, je voudrais signaler aussi le travail du mixeur qui, en poussant la musique, a fait en sorte qu’elle dépasse la dimension de Sound design. Finalement, il s'agit d’une musique qui devait apparaître derrière l’image mais qui, au montage, se retrouve plus sur le devant.

Avant sa sortie en salles, le film a été présenté et remarqué dans plusieurs festivals ?

CM : absolument ! C'est un film qui a déjà été remarqué puisqu'il a reçu deux prix au Festival de Toulouse. Je crois qu’il plait beaucoup au public car il installe, certes au bout d'un certain temps, une véritable atmosphère. Ensuite, et je l'ai bien ressenti lors des premières projections dans des festivals,  on se trouve happé, comme le personnage, encerclé par la nature sauvage d’Argentine, mais aussi ses peurs, sa paranoïa.

Peut-on dire qu’il existe une tension entre les deux personnages principaux issus de générations différentes ?

CM : sans en dévoiler la fin, je trouve qu’il existe, dans ce film, une montée en puissance qui se trouve liée à la nature, la solitude et à la paranoïa. C’est important car ce sont des sensations que l’on devait aussi ressentir dans ma musique.

Entretien réalisé à Paris en 2016.

THE WINTER (PATAGONIA EL INVIERNO). Un film réalisé par Emiliano TORRES, avec Alejandro SIEVEKING (Evans), Cristian SALGUERO (Jara), Adrián FONDARI (Contratista), Pablo CEDRÓN (Encargado). Musique originale de Cyril MORIN.