Skip to main content

CINESERENADE.COM

Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

BIENVENUE
ACTUALITES
Dernières sorties
Le saviez-vous ?
CLASSIQUES
ECOUTEZ LE CINEMA !
Digital
CLASSIQUES INTERNATIONAL
HANS ZIMMER
OLIVER STONE
ETIENNE PERRUCHON
GABRIEL YARED
PHILIPPE ROMBI
DANNY ELFMAN
HOWARD SHORE
JOHN WILLIAMS
ENTRE MUSIQUE ET CINEMA
ALAN SILVESTRI
JERRY GOLDSMITH
ERIC NEVEUX
DISNEY
NOUVEAUX TALENTS
PHILIP GLASS
SORTIES CINEMA
BRIAN TYLER
RARETES
NATHANIEL MECHALY
CHRISTOPHE LA PINTA
ENNIO MORRICONE
ALEXANDRE DESPLAT
CINEMA EUROPEEN
Classiques et raretés ann
JOHN POWELL
ERIC SERRA
MICHAEL GIACCHINO
COMPOSITRICES !
MUSIQUES DOCUMENTAIRES
GRANDS COMPOSITEURS FRANC
CLASSIQUES ANNEES 2000
GREGOIRE HETZEL
CYRILLE AUFORT
PATRICK DOYLE
BEAR MC CREARY
TELEVISION
Qui sommes-nous ?
Contactez-nous
RENCONTRES
CINE CHANSONS
Plan du site
Connexion de membre
ARCHIVES RENCONTRES
BRUNO COULAIS
1000 X PLUS BELLE LA VIE
DIVERS
CINE VIDEO
SPECTACLES ET THEATRE
JEAN MICHEL BERNARD
REINHARDT WAGNER
CYRIL MORIN
PHILIPPE SARDE
MUSICALS
MAURICE JARRE
JAMES HORNER
FESTIVAL MUSIQUES A L'IMA
VLADIMIR COSMA
JEAN-MARIE SENIA MAX LIND
RENE-MARC BINI
FRANCOIS DE ROUBAIX
 
Classiques International
Rééditions ou éditions inédites de grands classiques de la musique de films
 
 

THE CAINE MUTINY (OURAGAN SUR LE CAINE)

Le label américain crée encore l’évènement avec la sortie de cette bande  originale restaurée composée par  Max STEINER, le légendaire compositeur d’AUTANT EN EMPORTE LE VENT. Dans OURAGAN SUR LE CAINE, film réalisé par Edward DMYTRYK, Humphrey BOGART incarne QUEEG, le capitaine d’un navire militaire pendant la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique. Dès le générique, Max STEINER expose un thème principal en forme de marche dynamique et emplie d’une certaine fureur, qui représente une vie spirituelle à bord d'un navire de guerre. Il s'agit donc d’un thème assez rythmé et en même temps coloré, orchestral et mélodique, qu’il reprend souvent dans la partition, et sur différents modes plus ou moins héroïques. Dans un deuxième temps, sur un tempo ralenti, avec toujours des relents, le compositeur introduit une musique plus classique, cinématographique, en fait le thème d'amour, assez mélodique (1 Main Title). Max STEINER continue, dans la lignée du générique, par une musique de parade qu’il reprend dans différents modes en y incluant des variations et thèmes secondaires : On la retrouve ainsi de manière orchestrale, héroïque et militaire sur le mode aventures mais aussi sur un tempo profond, plus sentimental et joyeux sur la fin, accompagné de sifflements du bateau (Lost Paravane), incluant parfois des parties chantantes et des cordes d           ans les vibratos (See Halsey). Il continue par un thème léger, de situation, presque de comédie, marqué par une brève cellule mélodique, répétitive. Mais qui se distingue aussi par un développement qui joue le suspense, dans un style très cinéma américain d'après guerre, avec de belles parties de harpe et un développement éclatant (Top To Bottom). Il propose encore certaines musiques de tension, contenant de brèves cellules mélodiques, crescendo et répétitives, également dans les vibratos, dans une musique caractéristique du cinéma américain de l'époque (Shirt Tail). Bien sûr, Max STEINER développe ensuite le grand thème d'amour : une musique profonde, voluptueuse, avec des parties de harpe aérienne. On note aussi une ligne de violon, qui reprend la mélodie du thème principal, pour mieux dévier sur un motif mélodramatique (Love In The Valley). Sur le même schéma, il déploie des cuivres à la façon de musiques militaires et développe une partition de danger, de suspense, avec des cordes tournantes, dans les vibratos, de belles parties de piano. Là encore, il s'agit d’une musique caractéristique du cinéma d'aventures de l'époque jouant à fond l'action mais qui n’oublie pas complètement les côtés mélodiques et patriotiques représentés les cuivres (15. Yellow Streak, Mental Disorders). Ce qui donne aussi des musiques profondes et graves, entrecoupées de parties colorées, entrecoupées de mouvements qui mélangent action et suspense (Queeg Rants). L’album contient également, en bonne place, I Can’t Believe That You’re In Love With Me, une chanson sensuelle, plutôt classique du cinéma d'après guerre, que l’on entend en version chantée interprétée par May WYNN et en déclinaison instrumentale. Brillamment dirigée par Morris STOLOFF sur des orchestrations de Murray Cutter, c’est une belle, et rare, partition que nous sert sur un plateau le célèbre label. Alors que le vinyle de l'époque ne comportait ni musique originale,  ni dialogue ni effets sonores, mettant l'accent sur la partie martiale, l’album met en avant la partition mémorable de Max STEINER qui vaut autant pour ses thèmes -plutôt brillants- que ses orchestrations, tour à tour puissantes et émouvantes. Une belle édition pour les collectionneurs.

OURAGAN SUR LE CAINE (THE CAINE MUTINY). Un film réalisé par Edward DMYTRYK (1954). Avec Humphrey BOGGART, José FERRER, Fred MacMURRAY, Van JOHNSON, E.G. MARSHALL, Lee MARVIN, Robert FRANCIS. Musique originale de Max STEINER disponible chez Intrada records.

THE HUSTLER (L'ARNAQUEUR)

C’est la musique -composée par Kenyon HOPKINS- d’un grand classique que propose, pour la première fois en cd, le label américain, celle de L'ARNAQUEUR ; un film réalisé en 1961 où Paul NEWMAN trouvait un de ses rôles emblématiques. Celui d’Eddie FELSON, un grand joueur de billard, qui  qui s’appuie sur son jeu pour arnaquer de jeunes joueurs. Son brillant parcours s’arrête à New York où il échoue à battre le légendaire champion Minnesota Fats (Jackie GLEESON). Dès lors, Eddie ne pense plus qu’à prendre sa revanche ; un parcours dans lequel il sera accompagné par Sarah (Piper LAURIE), une étudiante alcoolique et Bert GORDON (George C. SCOTT), qui accepte de l’entrainer. Pour ce film, Kenyon HOPKINS (BABY DOLL, DOUZE HOMMES EN COLERE, L’HOMME A LA PEAU DE SERPENT) a composé un score superbe qui amène indéniablement une saveur particulière, noire comme l'image, lorsqu’apparaît Paul NEWMAN dans une salle de billard enfumée. A cette ambiance, la musique, souvent à base de  trompettes, et de trombones généralement utilisés en sourdines, ajoute une profondeur émotionnelle et dramatique. Le cd reprend d’abord le contenu du vinyl sorti en 1961 que Kenyon HOPKINS ouvre par un large thème jazzy, rythmé par la batterie et porté par une mélodie pour trompette et contrebasse (Main Title-Stop And Go). Sur le personnage de Fats, le compositeur reste dans cette couleur mais avec davantage de profondeur, des sonorités plus aériennes, orchestrales, des percussions légères et des cuivres qui interviennent comme des bruits. La musique joue alors le mystère, ainsi que le côté nocturne (Minnesota Fats). Ce qui persiste dans une musique rythmée, qui comporte des flashs de saxophone et une mélodie lente (The Loser). Puis, sur le personnage de Sarah, il développe un thème joliment mélodique, sentimental, se situant toujours dans une orchestration jazzy ici portée par deux saxophones (Sarah’s Theme); un thème qu’il développe dans d'autres morceaux, ici dans un tempo thème assez lent, sombre, qui joue le suspense (Flights Up); là dans une rythmique plus soutenue, introduisant de larges parties de percussions, de contrebasse et de saxophone (Fast Buck). Kenyon HOPKINS continue par un thème assez doux, là encore porté par du saxophone et de la guitare, et un contrepoint  doucement crescendo (Small-Time Charlie). Sur le personnage du coach, Kenyon HOPKINS délivre un pur thème de jazz, à la batterie omniprésente et avec de belles parties mélodiques de saxophone et de piano (Bert’s Theme). Plus étonnant,  Kenyon HOPKINS introduit un nouveau thème, orchestral celui-là, avec toujours des cuivres et de la batterie mais ici attachés à l'intrigue, au climat, comme le développement d’une musique de thriller (Contract With Depravity). Dans la même couleur, avec aussi de la guitare, Kenyon HOPKINS développe des thèmes avec un saxophone discret, mais aussi du piano, de la contrebasse  et, surtout, un développement émotionnel (All Thumbs, Dining Out), avec, parfois, une deuxième partie qui joue l'étincelle lumineuse avec quelques percussions (Lipstick On A Mirror). Sur le champion, Kenyon HOPKINS revient au jazz avec une musique doucement rythmée, avec du saxophone, et en même temps romantique (The Winner). Avant de finir, sur le générique de fin, par un lento assez grave, triste, avec un saxophone qui reprend de la hauteur (End Title). En complément, l'album comporte un certain nombre de thèmes inédits ou inutilisés ainsi que des maquettes, notamment des musiques du générique. D'abord un thème de jazz assez rythmé, classique (Unused Cue Number 1) ; Des thèmes parfois légers façon piano bar, comme ce Cocktail Trio délicatement rythmés. Il ajoute aussi des musiques complémentaires, toujours dans l'esprit sonore empli de saxophone du film comme ce Theme Number 1. Ce bel album remet  donc à sa place une musique assez incroyable, sous-estimée de Kenyon HOPKINS, compositeur assez prolifique dans les années 1950 et 1960. Comme toujours, l'éditeur propose un disque au contenu complet et rehaussé de jolis visuels et d'intéressantes notes explicatives.

THE HUSTLER. Un film de Robert ROSSEN, avec Paul NEWMAN, Jackie GLEESON, Piper LAURIE, George C. SCOTT. Musique originale de Kenyon HOPKINS disponible chez Intrada records.

RED PONY / THE HEIRESS

Le label américain propose l'édition, pour la première fois en cd et en versions restaurées, de deux partitions marquantes du grand compositeur Aaron COPLAND pour des films sortis en 1949. On entend d'abord celle de THE RED PONY, réalisé par Lewis MILESTONE, avec  Robert MITCHUM et Myrna LOY, d'après une nouvelle  de John STEINBECK (également mise en musique par Jerry GOLDSMITH en 1970 pour un téléfilm). Dès le générique, la musique s'ouvre de manière grandiose, dans un   esprit américain qui a marqué et inspiré de nombreux compositeurs. Aaron COPLAND y expose un thème principal brillant. Par sa structure dynamique, sa mélodie courte, répétitive, emportée par les cordes et les cuivres, ce motif évoque la fougue chevaleresque, la nature (Main Title, Tom And The Pony/The Storm). Ce thème, il le reprend souvent, de façon festive, populaire et aussi, avec une légèreté qui évoque, comme un baptême, la joie de l'adolescence du jeune héros et, plus largement, de la vie (Tom’s Theme/I Want Rosie’s Colt/End Title). Ce thème frappe encore par une orchestration comme une sorte de musique de parade. Ce qui permet aux percussions et aux cuivres, notamment les petites trompettes, de s'exprimer pleinement. Il s’agit aussi d’un thème qui  contient une part de mystère, grâce au piano, et que le compositeur adapte dans des musiques vibrantes, qui jouent le suspense, avec des flutes aériennes (Tom’s Theme/The Ringmaster, Moth ’Round A Flame). Aaron COPLAND continue par des musiques plus convenues, pour des segments basés sur les émotions ; des musiques qui reviennent également, notamment dans des variations avec de la harpe, des cordes lentes, légères en contrepoint pour un développement qui appuie la sensibilité des personnages. Mais une musique qui sait aussi, parfois, par de courtes cellules sautillantes, apparaître joyeuse, typiques de western, des sortes de musiques de fanfare, ponctuée par des caisses claires et des sonneries de trompettes (Night/Grandfather’s Story – Westerin’, The Knights At Arms, The Clipping/Walk To The Bunkhouse, The Gift/The Red Pony Debuts). Aaron COPLAND propose aussi des thèmes plus graves, avec des cordes aériennes, une mélodie légère en arrière, et un développement basé sur l'émotion, ici suscitée par un cheval malade. D'où des musiques tristes  néanmoins colorées par le tuba, et qui viennent à s'éclairer mélodiquement (The Pony Gets Sick/Rosie At The Pond, After The Vulture Fight/He Let Him Die). L'autre partition, c’est celle - récompensée par un Oscar- de THE HEIRESS, un film réalisé par William WYLER, d'après un roman de Henry JAMES, avec Olivia de HAVILLAND et Montgomery CLIFT. Ici, Aaron COPLAND expose un thème large, orchestral, à la mélodie généreuse et à la couleur typique des années 1940 ; un thème que l’on retrouve développé dans des morceaux plus profonds. Dans un deuxième temps, il développe une musique baignant dans le romanesque avec des notes répétitives (Prelude, Proposal). Il continue par une musique élégante, quasi bourgeoise, avec de courtes parties enjouées à  l’américaine (The Cherry Red Dress. Puis il développe un très beau motif à la mélodie assez forte, et à la partie principale chantante. Celle-ci suivi d’un développement émotionnel puissant (The Departure). Il développe aussi une musique orchestrale assez classique, qui dégageant un mystère dans ses mélodies tournantes et en même temps romantiques. Des mouvements qui  apparaissent dramatiques dans des développements profonds, rythmés par des percussions (A Plan To Elope/Anticipation/Love Not Consoled) et des notes intenses (A New Catherine). Aaron COPLAND propose aussi un thème de danger, qui avance dans les graves, avec des notes hautes qui reviennent (Morris Unmasked). Avant de terminer par une sorte de profession dans les graves et une mélodie large, montant vers un final flamboyant reprenant le thème principal (Catherine’s Triumph/The Heiress Cast). Au final, il reste bon de se rappeler, à l'écoute de ces deux partitions, qu’Aaron COPLAND a contribué, par son style orchestral singulier, à l'émergence de nombre de compositeurs plus modernes, comme John WILLIAMS qui a réenregistré la suite de concert de THE RED PONY avec l'orchestre du Boston Pops. Comme toujours chez l'éditeur, il s'agit d’une édition soignée – même si le son reste parfois d’une qualité limitée- complétée de thèmes en versions alternatives et ‘un livret très documenté et illustré. Une édition superbe pour l'histoire de la musique américaine !

RED PONY / THE HEIRESS. Musiques originales d'Aaron COPLAND disponibles chez Intrada records.

CHEYENNE AUTUMN (LES CHEYENNES-1964)

Le label américain présente une magnifique partition, complètement restaurée, du grand Alex NORTH. Elle a été composée pour cette épopée qui retrace l’héroïque voyage, en 1878, d’une tribu d’indiens Cheyennes, de l'Oklahoma vers leurs terres natales du  Dakota. Contrairement aux autres films de John FORD, dans lesquels on entend nombre de chansons populaires, le réalisateur a commandé à Alex NORTH une partition originale, dépourvue de cliché occidental. Il commence par une musique dramatique et répétitive, qui respire bien le cinéma des années 1960. Il s’agit d’une musique lointainement mélodique, avec des cuivres (section très importante) qui s'élèvent. Puis il lance un motif en forme de fanfare (Overture), que l’on retrouve dans le générique, précédé de roulements de grosse caisse et de caisses claires (Main Title). Sur la tribu  Cheyenne, on entend un thème riche, avec une mélodie aérienne dans les bois, parfois assez graves, sournois (Hope), d'autres fois davantage en accompagnement  (Old Chief/Tall Chief’s Death). Puis, avec l’apparition de l’institutrice Deborah QUAKER (Carroll BAKER), il déploie une mélodie obsédante, ébauche sensible à base, notamment, de flûtes qui jouent la belle mélodie, colorée par un harmonica lointain et de la guitare (Deborah/Indians Arrive).  Sur le départ, Alex NORTH propose un thème doucement mélodique mais qui bénéficie de l’ampleur orchestral, avec un contrepoint de flûtes (Going Home-Trek Begins) ; puis un mouvement dans les graves, qui joue davantage la tension, avec des flutes sur les indiens et de courtes sonneries sur la cavalerie (Dedication/Going-Home-Trek Continues/Cavalry Pursuit). Le voyage ne se faisant pas sans peine, les indiens se trouvant pourchassés par le capitaine Archer (Richard WIDMARK) et ses hommes, le compositeur introduit là une musique martiale pour la cavalerie. Egalement pour les nombreuses séquences intenses de bataille. Ce qui donne des musiques  intéressantes d'action rythmées (Outbreak), des séquences de percussions développées (Fire, Battle) et de tension (War, Mourning/Montage) qui ont sans doute inspiré des compositeurs comme Jerry GOLDSMITH – grand admirateur d’Alex NORTH- sur des films comme IN HARM’S WAY (1965) et BLUE MAX (1966). Le compositeur propose aussi des musiques mélangeant les styles ; ainsi cette musique élégante, avec les flutes pour les indiens et une batterie de cuivres pour la cavalerie, en même temps qu’un développement où alternent musiques de tensions et thèmes plus colorés (Indians/Sage Fire). On note encore ce thème d'action percussif introduit avec de la trompette qui apporte de l'émotion (Red Shirt/Cattle Drive. Le deuxième disque s'ouvre avec une  musique d’entracte dramatique. Puis, Alex NORTH reprend un thème d'aventures riche en cuivres et en percussions, suivi d'une musique triste (Going Home/The Train). Il amène également une musique dans les vibratos, développée, pour partie, sur un mode ample, avec une mélodie  mélodramatique dans les cordes (Spring/Soldiers/Alarm). Alex NORTH termine logiquement par une musique profonde de constat, doucement mélancolique avant de reprendre son thème principal en majeur (The End/Going Home. Comme souvent, l'éditeur a ajouté, nombre d'éléments alternatifs (Cavalry/Into Positions), une collection de motifs de percussions accompagnant les réunions du conseil des  Cheyennes (Drums), des sonneries militaires à base de trompette et roulements de tambours (First Call/Bugle Call/Charge), des medleys de musiques country/saloon (Angelina Baker”/“Buffalo Gals/Angelina Baker/Buffalo Gals…). Au final, voici une partition véritablement à découvrir d’Alex NORTH ; une musique moins connue mais aussi incontournable que SPARTACUS et CLÉOPÂTRE, le compositeur développant, suivant l’approche d’un conte tragique, une musique ambitieuse, colorée, en particulier par une large section de bois sur les indiens, souvent puissante dans ses cuivres et ses percussions, mélodique mais aussi parfois austère et émouvante. Une vraie curiosité ! 

CHEYENNES AUTUMN (LES CHEYENNES). Un film de John FORD, avec Richard WIDMARK, James STEWART, Edward G. ROBINSON, Carroll BAKER, Ricardo MONTALBAN, Sal MINEO, Karl MALDEN. Musique originale d’Alex NORTH disponible chez Intrada records.

DESERT FURY (LA FURIE DU DESERT)

Après THE LOST WEEK-END, le label américain sort une autre partition presque entièrement inédite de Miklos ROZSA datant de 1947. Tourné dans des décors naturels en Arizona et en Technicolor, le film se concentre sur les rivalités entre deux hommes et une femme : le sheriff Tom HANSON (Burt LANCASTER dans un de ses premiers rôles) et un gangster (Eddie BENDIX joué par John HODIAK) qui tombe sur la belle Paula HALLER (Lizabeth SCOTT) ; en fait le sosie de sa femme disparue… Miklos ROZSA imprègne son score magistral d'une thématique noire qui offre plusieurs éléments splendides. Miklos ROZSA ouvre son prélude par une musique hollywoodienne symphonique,  grandiloquente. Puis, brusquement, le niveau baisse, imposant un mouvement grave, et un court thème mélodique. Comme souvent, cela est prétexte à lancer une musique plus humaine (Prelude\Revised). Miklos ROZSA continue par une musique proche des personnages, de leurs émotions,  dans un schéma à la fois mélodique et mélodramatique;  une musique composée de parties vibrantes et de courtes cellules répétitives (A Mother’s Advice-revised), montant parfois en intensité tout en restant coloré, romantique, notamment grâce à des notes de violon solo et de harpe en contrepoint (Bridle Trail-insert). Plus étonnant, il propose un joli thème chantant, rythmé par les percussions et à l'orchestration assez cuivrée, avec notamment des trompettes; un thème qui gagne en douceur dans sa deuxième partie développé à la manière d'un thème d'amour (Bronco Broken). Miklos ROZSA revient à une thématique légère sur  le personnage de Tom assez léger,  développée lentement, accentuant un suspense par les parties graves, les courts crescendo, avec parfois un court solo de violon annonçant un climat lourd, prétexte à une musique à plusieurs niveaux D'ou une musique puissante mais aussi ample et sentimentale,  avançant entre douceur, avec un brin d'harmonica, et tragique sur le personnage de Paula (Tom’s Proposal/Paula’s Flight/Paula Returns in Love, A Domestic Paula ?, Paula’s Lock Up Montage). Miklos ROZSA étonne encore avec une musique d'humeur western portée par un violon solo. Dans une deuxième partie, on note des vibratos qui jouent la tension, l'attente, l'aspect mélodramatique  omniprésent dans ce type de production Fireside Chat-With Inserts, Paradise Lost). On note aussi une longue suite qui démarre par un thème profond,  de malaise, malgré un solo de violon de plus en plus  sentimental. Puis la musique prend du rythme avec l'excellent thème de la course, chevaleresque,  enlevé, très western, inédit dans la partition et assez rare chez Miklos ROZSA. Sur la fin, la musique dévient devient aérienne, revenant sur le thème principal répétitif, plus sentimentale également (Johnny’s Story/The Chase/Blazing Wreck/Cast of Characters). Au final, voila une étonnante partition du grand Miklos ROZSA qui, par delà la dimension intrigue amoureuse et ses thèmes relativement convenus dégage, par des moments enlevés, parfois troubles, un véritable parfum d'aventures; une belle découverte accompagnée, comme toujours chez l'éditeur, de morceaux alternatifs, en fait des thèmes en versions originales, et d'un beau livret !

DESERT FURY. Un film réalisé par Lewis ALLEN, avec Burt LANCASTER, Lizabeth SCOTT, John HODIAK, Mary ASTOR et Wendell COREY. Miklos ROZSA. Musique originale de Miklos ROZSA disponible chez Intrada records.

THE LOST WEEKEND (LE POISON)

Voici une belle première mondiale (seules des suites et des extraits ré-enregistrés étaient alors disponibles) avec cette édition complète d'une partition du célèbre compositeur aux  plusieurs oscars Miklos ROZSA (BEN-HUR) dirigée par le Chef d'orchestre Irvin TALBOT. Il s’agit d’un film réalisé par Billy WILDER, adapté du best-seller de Charles JACKSON, avec Ray MILLAND, qui joue Don BIRNAM, un écrivain alcoolique qui, même après une cure de désintoxication,recherche encore et toujours une bouteille ; arrive ce dernier week-end et le challenge de rattraper sa fiancée et d'échapper à ses démons alcooliques. Miklos ROZSA a écrit trois thèmes majeurs ainsi que plusieurs motifs secondaires, possédants des couleurs correspondantes aux humeurs du film. Le compositeur commence par un prologue grandiose, très coloré, riche, incluant une partie mélodique haute voir crescendo, courante  dans les années 1940/1950. Dans un deuxième temps, il reprend la partie mélodique sur un mode plus léger, romanesque et commence à déployer un deuxième thème plus étrange (Prelude - Alternate/New York Skyline) ; un thème de texture aérienne que l'on retrouve sur un lento, sur lequel se greffe tranquillement  des harmonies ambiguës jouant le suspense, avec de la clarinette, des cordes pour un mouvement qui inspire une ambiance sombre, dramatique, avec un contrepoint doucement répétitif. Miklos ROZSA propose d'emblée une musique à la fois mélodique et sensible, qui insiste sur la dimension irréelle, avec un court solo de violon sur la fin (Don Stays Home/The Weekend Begins). Suit un autre lento, dans les vibratos, à la mélodie larmoyante au violon qui monte jusqu'à une partie presque mélodramatique sur une ligne pianissimo. D'où une musique bien plus triste  (Rye and William Shakespeare). Malgré  quelques brèves mélodies chantantes, ici accompagnée d'un contrepoint dans les vibratos, la partition multiplie les développements graves, jouant le trouble, la spirale maladive (Broken Date and Hidden Bottle) ou un rythme dramatique effréné, vibrant (The Novel) renforcé  par un violon et du souffle sur des notes aériennes  (Frustration, The Walk - new version, Morning And Telephone). Miklos ROZSA multiplie aussi  les motifs agités évoquant les phobies de l’écrivain, des lignes fortement inclinées et des accords intenses suggérant l'horreur. Il en est ainsi de cette musique grinçante, avec des cordes rythmiques, toujours ces sonorités aériennes, rejointes par une partie grave, tremblante (Phone Call - new version); également de  cette musique interrogative, inquiétante, tournante, plutôt répétitive (The Alcoholic Ward/Night Alcoholic Ward/The Elevated).Miklos ROZSA joue aussi la douceur, la nostalgie, par une musique de constat, toujours en mineur, et une reprise mélodique au violon solo, qui précède une partie violente, tragique (Gloria And Fall); également par des violons généreux développant une musique délicatement mélodique (The Rainy Day). Sur la fin, le compositeur reste dans une tonalité grondante avec un rythme d'orchestre répétitif, et un développement souvent  pleurant, et parfois émouvant (Suicide Attempt) avant un Long Finale introduit par un violon solo, délicatement  mélodique, parfois chantant. En bonus, on entend une deuxième version du Prélude, très à l'américaine (Prélude/Meet The People) et d'autres thèmes alternatifs. Au final, voici une excellente occasion de se plonger dans une partition rare de Miklos ROZSA, se situant dans la continuité de celle écrite pour SPELLBOUND (LA MAISON DU DR EDWARDES d'Alfred HITCHCOCK); une musique caractéristique de l'âge d'or hollywoodien, qui vaut pour l'atmosphère pesant qu'elle dégage, ses textures se situant  entre suspense et tragédie, ses lignes mélodiques déchiquetées et ses harmonies dissonantes ; une édition de prestige pour une belle découverte !

THE LOST WEEKEND (LE POISON). Un film de Billy WILDER (1945), avec Ray MILLAND, Jane WYMAN, Phillip TERRY. Musique originale de Miklos ROZSA disponible chez Intrada records.

INDECENT PROPOSAL (PROPOSITION INDECENTE)

Dans ce film au sujet sulfureux réalisé par Adrian LYNE (LIAISON FATALE), David (Woody HARRELSON) et Diana (Demi MOORE) aimeraient s'offrir une maison  mais manquent d’argent. C’est alors qu’intervient un milliardaire, John GAGE (Robert REDFORD), qui leur propose un million de dollars moyennant une nuit avec Diana... De cette proposition alléchante vont alors naître des sentiments de jalousie, de chagrin... Attendue depuis longtemps, voici enfin l'intégraled'une excellente partition,  de l'immense John BARRY.Il faut dire que le disque d'origine ne contenait qu'un medley de 26 minutes de musique et des chansons. Sans surprise, John BARRY souligne les émotions traversées par le jeune couple à travers des mouvements emplis de nostalgie.La partition s'ouvre par un beau générique, se situant dans le style qui a fait la renommée de John BARRY sur des films comme Out Of Africa ; c'est-à-dire particulièrement romantique mais il ne doit pas masquer une mélodie triste teintée de piano et de cordes. On note que ce générique est également présenté dans des versions alternative et piano solo (Main Title). Comme à son habitude, le compositeur nous sert et ressert son thème principal dans différentes versions : très lente pour piano (Drive to Vegas), qui joue le côté interrogatif tandis que les cordes déploient une variante du thème principal (Complimentary Suite),  plus nostalgique d'un passé brisé au travers d'u. thème profond, lent, doucement pianissimo sur l'inédit (Diana Returns). Le compositeur multiplie aussi  les thèmes romanesques secondaires comme (The Recession, The Run to the Heli-Pad avec ses grandes envolées,  lyriques), ou encore ce motif plus aérien, toujours séduisant mais empli de  la peur qui habite Diana (Dress Shop). Ce que l'on ressent aussi dans ce long thème pianissimo incluant une cellule répétitive et un zest de cuivres. D'ou un motif plus trouble, tendu, jouant sur le mystère, la peur de Diana (Helicopter to Yacht). Un autre thème et aussi le premier inédit de cette intégrale : un motif là encore pianissimo, plus mélodique, et toujours des cordes douces puis, plus surprenant, arrangé pour des  guitares (Kitchen Flood), que l'on retrouve mélangées au thème principal sur des motifs plus sombres (All Is Lost). Le compositeur introduit également un thème doucement mélodique à base de piano puis le développe de manière orchestrale, profonde, appuyant le doute envahissant (The Dress). On trouve aussi des thèmes classiques, toujours à base de piano et de cordes,  qui jouent un suspense teintée de sensualité, comme souvent chez John BARRY(Can’t Sleep, Let’s Do It). De nostalgie il est encore question dans  ce thème lent, très dans les cordes avec un piano qui effleure les notes avant de développer une partie mélodique qui joue sur le souvenir, le manque(l'inédit Last Fight, le lumineux et doucement mélodique The Morning After ou encore ce motif pianissimo, toujours romantique mais plus grave (Intoxicated David). On note aussi  ce lento plutôt jazzy, pianissimo où les cordes rentrent progressivement. D'ou un  véritable thème d'amour en mouvement, là encore très classique de John BARRY(Subway Story and Dance). Il en ressort au final une composition romantique doublée d'une pointe de tristesse, caractéristique de la dernière décennie de la carrière de John BARRY. On notera que cette édition, indispensable pour les amateurs de musiques de films en général et davantage encore pour les passionnés de John BARRY, en outre graphiquement très belle, se révèle particulièrement riche et complète puisque toutes les versions apparaissent ainsi que de nombreux morceaux inédits. Bref, encore un must du label américain !

INDECENT PROPOSAL (PROPOSITION INDECENTE). Un film d’Adrian LYNE, avec Robert REDFORD, Woody HARRELSON, Demi MOORE. Musique originale de John BARRY disponible en édition intégrale et limitée chez Intrada records.

 

RIO BRAVO

Le label américain tape encore fort en éditant la bande originale intégrale d’un des plus grands classiques du western, mis en musique par Dimitri TIOMKIN ; un habitué du genre puisqu’on lui doit notamment celles de LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS (HIGH NOON – 1952), GEANT (1956) et REGLEMENTS DE COMPTES A OK CORRAL (1957) mais aussi le thème de la série RAWHIDE. RIO BRAVO arrive après tous ces chefs d’œuvres en 1959 : on y retrouve John WAYNE en shérif John T. CHANCE qui arrête le frère de Nathan BURDETTE, l'homme le plus puissant de la région qui décide alors d’assiéger la ville avec sa bande de mercenaires. Pour l’aider, le shérif n'a pour alliés qu'un adjoint ivrogne (Dean MARTIN), un vieillard boiteux, un gamin, une joueuse de poker (Angie DICKINSON) et un hôtelier mexicain. RIO BRAVO, c’est d’abord un thème principal célèbre, particulièrement mélodique, doucement rythmé, porté par l'harmonica, secondé par l'orchestre et quelques percussions amenant un rythme chevaleresque ; un thème superbe, empli de douceur et dont on ne se lasse pas (Rio Bravo - Main Title) ; un thème que le compositeur reprend abondamment (il aurait eu tort de s’en priver !) mais en l’arrangeant de différentes manières, dans des variantes d’abord enjouée, avec du trombone, de la guitare et de la mandoline, qui apportent du rythme, ensuite plus lentes, nostalgiques (Wagon Train, Rio Bravo - Memories). Loin de se limiter à ce thème, la partition de Dimitri TIOMKIN met en avant également des sonorités très mexicaines, à l’image de ce motif pour trompettes qui lui donnent un côté coloré, et des percussions notamment du xylophone qui lui apportent une fougue (Opening), également ce thème à base de guitare, de percussions, au développement léger, doucement chantant (The Package) ou encore ce lento à base de guitare et un développement qui joue sur le suspense, le mystère (Paid Killer). Entre les deux, le compositeur introduit des thèmes de western amples, assez classiques (il faut dire qu’il en a composé énormément !), jouant à la fois sur le suspense, avec toujours une couleur d'inspiration mexicaine mais aussi un développement doucement mélodique (Spitoon – Revised). Dimitri TIOMKIN propose aussi des thèmes plus profonds mais tout aussi remarquables. Il en est ainsi de ce thème nocturne d’abord léger, doucement chantant, pour guitare et mandoline, avec de l’harmonica, dans la lignée du thème principal bien qu'il ne s'agit pas d'une variante. Puis qui dévie vers une musique qui joue plus sur le suspense, le danger, toujours dans une couleur Chicanos et un tempo assez lent (Night). Bien entendu, comme souvent, ce western comporte son histoire d’amour, marqué ici par un thème très lent, subtil, à base de guitare et repris par du saxophone lointain et un filet d'harmonica. Il s’agit d’un thème marqué par une couleur se situant entre le classique mexicain et le jazz, ainsi qu’une ambiance chaude développée par l'orchestre (Love Theme - Search Me) ; un thème également repris dans diverses variations (Bar, Night Love, Drinks) et développements (Love Theme -In Love, Love Theme – Hangover). On notera aussi que le film utilise également abondamment un motif original, à base de trompette, de guitare, de vibratos de mandoline, inspiré d’un thème traditionnel mexicain, entendu dans plusieurs westerns, et ici adapté de manière originale par Dimitri TIOMKIN, qui le réutilisera d’ailleurs dans ALAMO (De Guella No. 1 et ses différentes variantes). Dans la même lignée, on note aussi ce thème empli de souffle à l'espagnol, enlevé, parsemé de guitare et de cuivres plutôt lointains, qui permet d'obtenir du mystère sur un rythme latino (Hispania). Au final, ce double cd formidable présente l’intégralité d’une partition de légende qui contient certes d’excellents thèmes mythiques mais aussi des motifs plus traditionnels mais tout aussi intéressants, surtout quand on les place dans le contexte de cette partition. En outre, cette superbe édition présente aussi des thèmes inédits supprimés de la version finale du film final ainsi que plusieurs chansons interprétées dans différentes versions par Dean MARTIN (la chanson titre) et seul et en duo avec Ricky NELSON (My Rifle, My Pony And Me) sur des musiques de Dimitri TIOMKIN et des paroles Paul Francis WEBSTER. On entend aussi les musiques originales des bandes-annonces d’époque. Comme toujours chez Intrada, le tout est accompagné d’un livret très documenté et illustré pour un album qui constitue un indispensable de la l’âge d’or et du western et d’une certaine musiques de films ; un double cd indispensable à toute collection !

RIO BRAVO. Un film réalisé par Howard HAWKS (1959), avec John WAYNE, Dean MARTIN, Rick NELSON, Angie DICKINSON, Walter BRENNAN. Musique originale de Dimitri TIOMKIN disponible en double cd chez Intrada records.

 
 

SUMMER OF '42 / PICASSO SUMMER (2CD)

On connait depuis longtemps l’album regroupant les musiques d’UN ETE 42 (1971), le célèbre film réalisé par Richard MULLIGAN, mettant en vedette Jennifer O'NEILL, Gary GRIMES, et qui a reçu l'Oscar de la "meilleure musique originale", et de LA SUITE PICASSO. En fait, cette dernière, d’une durée de 30 minutes (magnifiques), avait été composée en 1969 pour le film de Robert SALLIN intitulé THE PICASSO SUMMER, interprété par Albert FINNEY, Yvette MIMIEUX. Mais, ce que l’on ne connaissait pas, c’était la musique originale de ce film, et c’est justement ce que nous propose le label américain en première mondiale. Ce qui permet de découvrir une partition de près d’une heure complètement inédite, dans toute sa plénitude, toute sa complexité et surtout toute sa beauté. Et ce malgré la présence de thèmes largement exploités dans la Suite Picasso. La partition se caractérise par trois aspects liés à différentes cultures. On trouve d’abord, pour le thème principal, le thème Picasso, l’aspect français de la partition qui apparait délicieux, chantant, très classique du style flamboyant de Michel LEGRAND ; un thème qui est d’abord introduction à la guitare avant une montée progressive de la mélodie qui se déploie dans une orchestration resplendissante, et sur un tempo chevaleresque (Summer Song). Ce grand thème, Michel LEGRAND ne se prive pas pour le faire revenir comme un fil rouge dans sa partition : sur un tempo assez rapide, coloré, rappelant l’avancée et la fumée des vieilles locomotives parcourant les paysages (Chemin De Fer), dans des orchestrations généreuses, fleuries de cordes superbe et d’un piano qui joue discrètement le rythme (The Road To Vallauris, Pétanque), des déclinaisons dans un esprit naviguant entre le jazz et Broadway (To The Gate). L’aspect français se retrouve aussi dans des thèmes qui s’inspirent de l’école française. C’est notamment le cas de ce thème qui commence à la flûte puis se développe dans le mystère avec les bois, le piano et les cordes en contrepoint, avant une deuxième partie rythmée comme une sorte de marche folklorique avec un élan qui rappelle le Boléro de Maurice RAVEL (La Paix). Il y a ensuite l’aspect espagnol qui se retrouve d’abord dans des thèmes à la guitare solo, instrument emblématique de la culture espagnole, qui dégage une grande mélancolie, une nostalgie (Los Manos De Puerto), puis dans cette variante virevoltante à l' espagnole avec de la guitare, des castagnettes et de la trompette pour un thème qui rappelle joliment le sud, l'esprit festif (The Dancer). Il apparait aussi de manière plus indirecte dans plusieurs variantes du Thème Picasso d'abord pour guitare solo (jouée par Howard ROBERTS) ou accompagnée de clarinette (jouée par Dick ANDERSON),  puis en duo avec l'orchestre qui joue de manière profonde, lente, d'ou un thème très émouvant, presque sensuel (Lonely Two) ; puis au violon solo, sur un tempo lent, intimiste, mélancolique (Apart). Il apparait encore dans ce motif spectaculaire introduit par des roulements de caisses claires accompagné de trompettes (The Cape And The Gore).Entre les deux, Michel LEGRAND propose des thèmes intenses, des sortes de crises d'agressivité d'orchestre pour des séquences animées d'images de Picasso ou de ses œuvres. Il en est ainsi de ces thèmes survoltés, virevoltants avec des orchestrations flamboyantes ou de cuivres et de bois, et des parties répétitives, très modernes (Nymph And Satyr) ou plus à l’américaine (The Bacchanal). Il en est encore de ce motif profond, très légèrement vibrant, avec une  partie mélodique plutôt agressive qui arrive subrepticement. Jusqu'au moment où arrive une sorte de musique contemporaine, qui explose dans les cuivres puis repart dans un mouvement assez romantique, avec des cordes pincées assez répétitives, qui répondent bien au mystère entourant Picasso, avec un mélange de gravité et de rêverie (Revellusion) que l’on retrouve aussi dans une musique mystérieuse, toujours colorée, mais délicatement crescendo jusqu'à un pont vers un mouvement de flûtes et de cuivres lointains qui emprunte à la musique traditionnelle provençale (The Préface). On note aussi ce thème très contemporain pour piano (caractéristique  du compositeur notamment dans les films de Claude LELOUCH) puis orchestre qui explose dans un mouvement dont l’orchestration qui emprunte au classique, au jazz avec le saxophone et à la samba avec les percussions; un mouvement vraiment complexe, qui avance à un rythme effréné (La Guerre, Guernica). Michel LEGRAND  propose aussi des thèmes hybrides,   étranges, dansants, rythmés, qui se situent en fait entre le jazz et la psychédélisme des années 70 (High IO). Au final, c’est un véritable enchantement de redécouvrir complètement cette partition lumineuse d’un Michel LEGRAND qu’on a rarement connu aussi inspiré !

SUMMER OF '42 / PICASSO SUMMER (2CD). Musiques originales composées et dirigées par Michel LEGRAND pour les films de Richard MULLIGAN et Robert SALLIN disponibles chez Intrada records.

 
 

THE AVA COLLECTION – ELMER BERNSTEIN

C’est un coffret événementiel que propose le label américain, qui regroupe des partitions légendaires d’Elmer BERNSTEIN enregistrées pour le label Ava entre 1962 et 1965 ; un label créé par le compositeur avec des partenaires comme Fred ASTAIRE et Jackie MILLS, et qui ont engagé les meilleurs musiciens d’Hollywood, les plus grands solistes de jazz de la côte Ouest des Etats-Unis. Le CD 1 contient d’abord les musiques de plusieurs films  réalisé par Edward DMYTRYK : WALK ON THE WILD SIDE (LA RUE CHAUDE - 1962), avec Laurence HARVEY et Jane FONDA, sur fond d’histoire d’amour entre le Texas et la Nouvelle Orléans. Pour le thème principal (Walk On The Wild Side), Elmer BERNSTEIN propose un mouvement doucement mélodique et enjoué avec une couleur qui rappelle le West Side. Il continue avec un thème très agréable, porteur de belles envolées sentimentales (Somewhere In The Used To Be), que l’on retrouve aussi de manière plus aérienne sur le thème de Dove mais aussi dans un thème d’amour nocturne (Night Theme). La partition lorgne souvent vers le jazz, notamment avec des thèmes aux accents pop mais dont les développements laissent une large place au swing et aux solos notamment de clarinette, de guitare électrique, de contrebasse (Hallie’s Jazz, Doll House) ; une tendance jazzy que l’on retrouve dans des thèmes plus mélancoliques, avec des sonorités typiquement américaines (Rejected), des motifs plus chantants (Kitty, Oliver) et une déclinaison du thème principal (Walk On The Wild Side Jazz). On note aussi certains thèmes décalés avec des couleurs plus chaudes, plus mexicaines (Teresina). Le programme continue avec THE CARPETBAGGERS (LES AMBITIEUX – 1964), qui suit l’ascension d’un jeune loup de la finance incarné par Georges PEPPARD. Pour le thème titre (The Carpetbaggers), Elmer BERNSTEIN propose un tempo rapide avec des notes qui oscillent entre la musique de films et le jazz. Suivent plusieurs thèmes d’inspiration romanesque mais plus frais, pianissimo par moments, avec un parfum, une couleur de paradis (Love Theme From The Carpetbaggers) ou un rythme plus accentué (Speak Of The Devil). Ce qui n’empêche pas le compositeur de proposer aussi des thèmes de suspense dans les vibratos (Forbidden Room) ou de lorgner vers le jazz en recourant à l’harmonica et au xylophone (The Carpetbaggers Blues, New Star). Le CD 2 présente d’abord la musique de THE CARETAKERS réalisé en 1963 par Hall BARTLETT, avec Joan CRAWFORD et Robert STACK. Le compositeur propose un thème léger, rythmé, coloré, avec une dimension populaire que l’on doit à sa structure chantante. Il s’agit aussi d’un thème dont la mélodie jouée par le saxophone lui confère une noirceur, que l’on retrouve dans le développement, aussi pour piano et, de manière plus discrète, pour guitare (Blues For A 4-String Guitar) ; également dans des motifs plus pop, nostalgique, en particulier avec le recours à la flûte, et qui comporte certaines envolées aux accents sixties (Birdito). On note que, pour le générique, Elmer BERNSTEIN propose un thème très efficace, trépidant emmené par une rythmique forte et un orchestre qui amène une fougue. Dans sa deuxième partie, le thème lorgne vers l’étrange avec des notes plus répétitives et du piano  (The Caretakers -Main Title), que l’on retrouve dans un thème qui joue davantage sur la noirceur (Electrotherapy). Suit la partition de BABY THE RAIN MUST FALL (LE SILLAGE DE LA VIOLENCE- 1965) réalisé par Robert MULLIGAN, avec Lee REMICK qui campe une femme qui, accompagnée de sa fille, se rend au Texas pour retrouver son mari (Steve Mc QUEEN) et dont le thème titre apparait plutôt joyeux, même pop avec une dimension doucement mélodique, des percussions dans une tonalité très années 1960 (Baby The Rain Must Fall). Ce que l’on trouve dans d’autres thèmes à la rythmique renforcée et l’apport de guitares, de cuivres qui font parfois holly gully (Henry’s Heap, Travelin’ Lady, Pecan Grove Rock). On trouve aussi dans cette partition quelques chansons comme la superbe et acoustique Shine For Me par The We Three Trio et le rock Treat Me Right par Jim And Johnny. Le troisième disque s’ouvre avec la partition, célèbre, de TO KILL A MOCKINGBIRD, le drame de Robert MULLIGAN (DU SILENCE ET DES OMBRES – 1962), dans lequel Grégory PECK incarne un avocat chargé de la défense d’un homme noir accusé de viol. La partition commence par le générique introduit par un motif pianissimo repris par les flûtes et les cordes. Il s’agit d’un thème, généreux et doucement mélodique, que le compositeur reprend plusieurs fois, notamment dans une superbe envolée. On note néanmoins quelques notes d’accordéon qui lui donne une couleur inattendue (Main Title, To Kill A Mockingbird). Le compositeur enchaine avec un thème plus rythmé, qui amène une couleur très nature américaine (Roll In The Tire). Le compositeur reprend ensuite le piano pour des thèmes plus noir, interrogatif mais aussi intime avec un contrepoint de violon étonnant, grinçant,  tournant comme dans un cauchemar (The Search For Boo), également plus violents  (Tree Treasure). La dernière partie du coffret présente un éventail de thèmes écrits par Elmer BERNSTEIN pour le cinéma et la télévision. Cela commence avec le thème de RAT RACE (LES PIEGES DE BROADWAY), encore un film de Robert MULLIGAN (1960) avec Tony CURTIS et Debbie REYNOLDS. Suit le thème de Three Time Blueser  de la série télévisée Take Five (1958). Puis le morceau Radio Hysteria qui navigue entre le jazz et musique de film noir, profonde avec du saxophone qui apporte une ambiance particulière, nocturne, extrait de la bande originale du film SUDDEN FEAR -1952), réalisé par David MILLER, avec Joan CRAWFORD et Jack PALANCE. Et celui, plus sensuel, élégant, du film. ANNA LUCASTA réalisé en 1959 par Arnold LAVEN, avec Sammy DAVIS Jr. ; un thème assez lent joué au piano accompagné d’une ligne de saxophone qui lui donne un coté à la fois féminin et mystérieux, plus noir aussi.  On revient à la télévision avec le thème de la série, Hop, Skip But Jump, doucement rythmé et emporté par des cuivres chantants puis, celui, tout aussi jazzy, de Jubilation. On trouve encore le thème de la série Saints And Sinners, à la fois, enlevé, efficace et caractéristique de bons nombres de musiques pour la télévision américaine. On trouve ensuite Sweet Smell Of Success tiré de la bande originale du GRAND CHANTAGE réalisé en par Alexander MACKENDRICK, avec Burt LANCASTER et Tony CURTIS, pour lequel Elmer BERNSTEIN a élaboré un thème à forte teinte jazz, entre rythmes et solos de cuivres. Puis le thème titre de L’HOMME AU BRAS D’OR réalisé par Otto PREMINGER en 1955, avec Frank SINATRA, et son motif puissant, rebondissant et caractéristique d’une production à grand spectacle. Comme le dit à juste titre l’éditeur, ce coffret met remarquablement en avant les sonorités distinctes d’instruments comme l'accordéon dans les passages harmoniques, où le détail des notes de harpe, comme la subtilité de la clarinette ou le piano dans des motifs souvent jazzy, la précision de la puissance de trombones en octaves ; Dans ces conditions, ces enregistrement paraissent presque inédits tellement ils sont de qualité et ce coffret devrait, à n’en pas douter, rendre les fans d’Elmer BERNSTEIN en délire !

THE AVA COLLECTION – ELMER BERNSTEIN

Coffret trois cds disponible chez Intrada records

BREAKFAST AT TIFFANY’S (DIAMANTS SUR CANAPE)

Dans ce film souvent qualifié de comédie magique, Audrey HEYPBURN) incarne Holly, une croqueuse de diamants. Alors qu’elle essaye de convaincre un homme riche de l’épouser, la jeune femme aussi jolie que dissipée fait également en toute innocence le messager pour un truand notoire. Lorsque la police l'interroge, elle n'a aucun mal à prouver son innocence mais son futur époux, riche planteur brésilien, s'éloigne par peur du scandale. L'écrivain en profite pour consoler la belle. Blake Edwards a quelque peu adouci la nouvelle de Truman Capote qui était une violente satire de la bourgeoisie new-yorkaise. Pour la musique, on a le plaisir de retrouver l’immense Henry MANCINI dont la célèbre chanson Moon River, lui a valu, ainsi qu’au parolier Johnny MERCER,  un Oscar. Dès le générique, Henri MANCINI lance son thème principal devenu légendaire, d’abord à l’harmonica, ce qui lui donne une couleur nostalgique et un côté très américain. Puis, dans un deuxième temps, il le développe de manière symphonique dans les cordes et quelques notes de guitare puis, enfin, de manière lyrique avec les chœurs et l’orchestre ; c’est vraiment très beau et on ne s’en lasse pas (Main Title -Moon River). Bien sûr, ce thème, Henry MANCINI le décline dans de nombreuses versions. On en trouve d’abord des versions chantantes, notamment celle, touchante, avec guitare et cordes et le voie touchante d’Audrey HEPBURN. On en trouve aussi des versions orchestrales, notamment des déclinaisons dansantes colorées, rythmées (Moon River - Cha Cha), également pour piano et guitare, pour harmonica et guitare, et même une courte version sifflée. Cette chanson, Henry MANCINI en intègre également la mélodie à l’harmonica dans des thèmes émotionnels, mélancolique à base de piano, orchestre profond en contrepoint (Poor Fred, An Exceptional Person). Il en propose aussi des variations plus lointaines, moins évidentes même s’il revient toujours à la mélodie principale et aux mêmes orchestrations mais dans un tempo différent, plus lent, avec une couleur plus profonde et orchestrale, élégante  Turkey (Turkey Eggs)  Hormis ce thème illustre, Henry MANCINI propose beaucoup de thèmes d’influence jazzy, avec de la contrebasse, quelques notes de piano et des jeux de cordes qui annoncent le futur thème de la Panthère Rose (Paul Meets Cat, The Big Heist) mais aussi du saxophone et une rythmique complète (Hub Caps And Tail Lights). Il propose aussi des purs thèmes de jazz exécutés par un big band (The Big Blowout). Il propose encore des thèmes dansants, rythmés, avec une coloration, un tempo dans les percussions qui fait très sud-américain, avec des jolis solos de clarinette, de saxophone, de pianos et de marimbas (Something For Cat, Latin Golightly). Il aligne aussi des thèmes qui jouent davantage sur l’ambiance et qui apparaissent soit plus romantiques avec des cordes profondes et piano (Rats And Super Rats), soit plus légers, pour évoquer la vie nocturne avec des percussions, du saxophone et toujours du piano (Sally’s Tomato), également la joie de vivre, de bouger, comme ce thème coloré, rythmé, avec du saxophone ; des thèmes qui donnent une ambiance survoltée, vitaminée 09. (Loose Caboose – Part 1 - À La Cha Cha). On note aussi quelques thèmes étonnants, entre ambiance décalée et mystère, avec une pointe de rythme, quelques cordes et même de l’orgue de barbarie (Meet The Doc). Au final, on craque tous pour cette partition de l’illustre Henry MANCINI, restée célèbre pour son thème oscarisé, et cette édition mérite amplement le détour. D’une part car on y retrouve rassemblées toutes les versions du thème principal, qu’elles soient orchestrales ou vocales. D’autre part parce qu’Henry MANCINI était bien un musicien complet, grand mélodiste et jazzman, ce que l’on retrouve dans des morceaux très variés, des motifs imparables de swing et de fantaisie. Enfin, il ne faut pas oublier les autres thèmes de cette partition, comme celui, mélodiquement très efficace d’Holly, repris superbement par les chœurs sur une orchestration jazzy. Enfin, ce disque permet, pour la première fois, d’entendre en version intégrale, des parties complètes de la musique du film, notamment la partie afférente à la séquence de hold-up ; également celle de la séparation à la gare routière. Avec cette édition plus que complète d’un standard de l’âge d’or d’Hollywood, Intrada nous rappelle haut et fort tous les talents d’Henry MANCINI ainsi que l’image très glamour d’Audrey HEPBURN !

BREAKFAST AT TIFFANY’S (DIAMANTS SUR CANAPE). Un film de Blake EDWARDS (1961), adapté de la nouvelle éponyme de Truman CAPOTE, avec Audrey HEPBURN, George PEPPARD, Patricia NEAL. Musique originale composée et dirigée par Maurice JARRE, disponible chez Intrada records.

 

SO I MARRIED AN AXE MURDERER (QUAND HARRIET DECOUPE CHARLIE!)

Dans cette comédie Charlie (Mike MYERS), un célibataire endurci, croise le destin d’Harriet, une bouchère dont il s’amourache très vite ; un peu trop vite même car, très vite, Charlie s’interroger sur sa dulcinée, qui pourrait bien être l’auteure de plusieurs crimes à la hache dont les victimes seraient ses amants. Le label Intrada a souvent édité des partitions inédites de Bruce BROUGHTON et il récidive avec celle-ci, composée en 1993, à une époque où le compositeur avait retrouvé, après SILVERADO, le western avec TOMBSTONE. Pour ce film plutôt délirant et sauvage, Bruce BROUGHTON devait écrire à la fois des musiques de source et des thèmes de cinéma, d’action et de comédie. Ce qui, comme le rappelle le livret, était nouveau pour Bruce BROUGHTON qui, du coup, a hésité à faire cette musique car il n’avait encore jamais composé pour une comédie. Pour lui, si la musique d’une comédie ne pose pas de problème d’un point de vue du style, elle nécessite une parfaite synchronisation à l’image, de façon à ne pas écraser les lignes de l’humour. Pour le générique, Bruce BROUGHTON introduit sa partition d’un mouvement étrange, atmosphérique. Puis il le développe de manière électrique avec de la guitare et un lit de cordes en cordes ; ce qui lui donne une couleur décalée autant qu’énergique (Main Title). Ce thème principal, il le reprend plusieurs fois mais dans des orchestrations complètement différentes : beaucoup plus jazzy, avec de la contrebasse, une rythmique et surtout de la clarinette (Boy Meets Girl, Creeping Doubt – Revised, The Bath -Revised), plus orchestrale, élégante avec de belles parties d’orchestre et de guitare acoustique, valsante et même déjà soupçonneuse (Russian Stroll). Il ne lâche pas pour autant la fibre électrique, doucement rock’n’roll et pop apportée par la guitare, notamment dans des thèmes qui ressemblent à des musiques de source  (Butcher Shop Montage, Lover’s Montage). Très rapidement, il installe aussi une ambiance à la fois dérangeante et fantastique à travers des petits thèmes orchestraux (Weekly World News), également des motifs qui mêlent la romantique au fantastique à travers des thèmes emplis de vibratos mais aussi de lignes de flûtes, de piano interrogateur (Goin’ For It, Forever Wet 1) ; une ambiance qui ne cesse de s’accentuer avec des motifs plus classiques qui appuient les effets et où on sent la volonté affichée du compositeur de coller aux images  (Ralph, Name Your Poison, She’s Guilty - Revised). Dans ces moments, le compositeur continue de s’accrocher à son thème principal, tout en prenant ses distances et en mélangeant les couleurs, passant de l’électro orchestral au jazz (Globe Bridge). Jusqu’ à un final éblouissant, qui joue autant sur la fibre du suspense que de la comédie à rebondissements en foisonnant de moments vibrants ou crescendos (The Finale) ou plus aérien, mystérieux dans sa deuxième partie (The Finale Part 2). Le compositeur propose aussi quelques thèmes plus chantants, plus club de jazz, comme ce thème classique pour piano et trompette joliment mélodique et nocturne (Inn Source #2). Enfin, comme souvent chez Intrada, on trouve en bonus quelques thèmes supplémentaires ou des versions alternatives qui complètent parfaitement la bande originale proprement dite, ainsi que la chanson Only You (And You Alone) écrite par Buck RAM et Ande RAND. Au final, on se trouve devant une partition de facture relativement classique mais qui mérite son intérêt à la fois par la diversité de ses thèmes et surtout par la technique d’un compositeur qui a réussi à équilibrer les sonorités électriques, orchestrales et acoustiques. Il en ressort alors une bande originale énergique qui se nourrie autant des parties d’action que de  comédie.

SO I MARRIED AN AXE MURDERER. Un film de  Thomas SCHLAMME (1961), , avec Mike MYERS, Nancy TRAVIS, Anthony LaPAGLIA, Amanda PLUMMERMusique originale composée et dirigée par Bruce BROUGHTON, disponible chez Intrada records.

 

REMO WILLIAMS (TV PILOT) / MISSION OF THE SHARK: THE SAGA OF THE U.S.S. INDIANAPOLIS

Le label américain propose deux partitions totalement inédites composées par Craig SAFAN pour des films de télévision ! On trouve d’abord la composition datant de 1988 pour le pilote d’une série qui, finalement, n’a jamais vu le jour, réalisé par Christian I. NYBY, mettant en vedette Jeffrey MEEK et Roddy McDOWALL dans les rôles de Remo WILLIAMS et de Maitre CHIUM ; des personnages apparus au cinéma en 1985 dans REMO SANS ARME ET DANGEREUX, dont Craig SAFRAN avait coécrit la musique avec Tommy SHAW ; Pour ce téléfilm, le compositeur Craig SAFAN a eu une merveilleuse occasion de reprendre deux idées principales de sa partition précédente tout en créant un tout nouveau matériel. Pour le générique, Craig SAFAN présente d’abord un thème assez lent mais coloré, avec un parfum moyen orientale pour évoquer les enseignements du Maître CHIUN ; un thème qui est développé de façon à la fois mystérieuse, percutante et cuivrée plus loin (Chiun Appears). On y entend aussi pas mal de cuivres, en particulier des hautes trompettes, également des percussions comme des caisses claires qui lui donnent un côté martial. Il s’agit d’un thème qu’il développe de manière à la fois rythmé et profonde, avec pas mal de cordes, jusqu’à l’arrivée (tardive) de ce que l’on imagine comme étant le thème de la future série (Main Title) ; un thème que l’on retrouve évidemment plusieurs fois dans la partition, par exemple sur Robot, un thème coloré saupoudré de sonorités électroniques mais aussi de cuivres; un thème plutôt amusant, à la fois mécanique et orchestral, notamment dans le jeu de percussions plutôt martiales. Pour le thème des au-revoir, mais aussi pour les moments de doutes (Is He Dead ?), il propose un thème plutôt émouvant, qui commence dans les cuivres, avant de des déployer de façon plutôt sentimentale avec de belles cordes et toujours ce rythme qui semble emprunté au Moyen-Orient (Good-Bye). Il reste d’ailleurs dans cette couleur même quand il annonce des moments plus violents, agités, tendus, avec davantage de vibratos (Ring Murder, Remo Shot). Avant de revenir sur les thèmes principaux du film, collant à la fois aux personnages de Remo et de Maitre Chium (The Master, End Title). Au final, il s’agit d’une partition de très bonne facture, aussi bien d’un point de vue mélodique qu’harmonique. La deuxième moitié du CD présente la puissante partition écrite pour MISSION OF THE SHARK : THE SAGA OF THE USS INDIANAPOLIS, un film réalisé par Robert ISCOVE, avec Stacy KEACH, Richard Thomas , David Caruso  ; l’histoire du naufrage d’un sous-marin pendant la Seconde Guerre mondiale et de marins qui luttent pour survivre en eau libre. Pour le thème principal, Craig SAFAN propose une sorte de marche très expressive, colorée, plus mélancolique dans sa deuxième partie (Captain’s On Board, développé dans Find The Guys). Pour le thème du sous-marin, il présente un motif qui avance lentement, introduisant ainsi une ambiance, qui évoque à la fois la guerre, le combat et le drame qui se prépare (The Submarine). Ensuite, le compositeur développe des motifs plus troubles, plus agités et crescendo, en jouant à la fois sur les cordes (qui rappellent parfois LES DENTS DE LA MER de John WILLIAMS) et la finesse des percussions, notamment sur la séquence de l’attaque (The Attack) ; également plus rythmés, plus graves voir patriotiques dans les caisses claires et les trompettes (Abandon Ship). Evidemment, pour ce drame maritime, le compositeur propose aussi des thèmes violents, aux sonorités plutôt inattendues, comme l’alliage entre le tuba, le trombone et les percussions sur l’attaque des requins (Shark Attack). Mais aussi des thèmes touchants, associés aux sonorités du thème principal (Rescue Party). Il en résulte une partition plus bien ficelée, très agréable à écouter même si on lui trouver un côté daté et une écriture trop télévisuelle. Au final, voici un disque qui présente l’avantage de présenter deux partitions, certes secondaires, mais tout a fait honorables.

REMO WILLIAMS (TV PILOT) / MISSION OF THE SHARK: THE SAGA OF THE U.S.S. INDIANAPOLIS. Deux musiques composes et dirigées par Craig SAFAN, disponibles chez Intrada records.

 

 

DRESSED TO KILL (PULSIONS)

On ne s’y attendait pas ! Si on espérait une réédition de l’une des plus célèbres partitions du compositeur italien (le cd étant devenu introuvable), on n’osait espérer une version complète. Pour mémoire, le film de Brian de PALMA raconte une histoire de meurtre, celui de Kate MILLER (Angie DICKINSON) qui est tuée à coups de rasoir par une mystérieuse femme blonde. Témoin de la scène, Liz Blake, une prostituée jouée par Nancy ALLEN, mène l’enquête, qui la conduit sur la piste du psychothérapeute (Michael CAINE) de Kate MILLER. Cette partition,sa popularité, elle l’a doit d’abord à son thème principal (Theme From Dressed To Kill - Main Title); une mélodie magnifique, profondément sensuelle et romantique, très orchestrale avec des pointes de chœurs phantasmatiques. On ne peut qu’accrocher dès la première écoute, surtout qu’elle magnifie la séquence d’ouverture du film (une scène d’amour sous la douche). Avec ce thème, ses orchestrations et ses voix, Pino DONAGGIO a marqué longuement les esprits des mélomanes. Cette mélodie, on la retrouve tout le long de la partition, dans de multiples variations et citations, dont regorgent les morceaux inédits de cette nouvelle édition (Kate's Confession, The Erotic Story). Mais la partition ne s’arrête pas là, loin s’en faut ! Il y a d’abord des morceaux d’une musique qui évoque la violence, comme le thème du meurtre (également l’inédit Liz Chased By Hoods), dont le caractère obsessionnel sonne comme un hommage au Bernard HERRMAN de PSYCHOSE ; ce qui est tout sauf un hasard dans la mesure où le film de Brian de PALMA reste aussi un hommage à Alfred HITCHCOCK (Bad Night). On pense encore à Bernard HERRMAN avec la musique de la longue scène du musée ; un mouvement très lent, très mélodique et surtout profondément sensuel. Il s’agit aussi d’un moment dont la fluidité le fait quasiment ressembler à une musique érotique, très orchestrale, avec des petits solos de clarinette mais aussi des crescendos qui évoquent autant l’extase que la peur ; ce morceau comme d’autres, fait figure de modèle, à tel point que son compositeur en a repris le schéma pour le récent PASSION, également de Brian de PALMA (The Museum suivi du plus nostalgique, mélancolique The Cab mais aussi Flight From Bobbi, The Asylum). Puis il y a des musiques implacables, profondément dramatiques, qui mélangent à la fois le danger, le suspense et la méfiance, la peur, à travers une succession de passages graves, parfois très lents, parfois crescendos ou obsessionnels (The Forgotten Ring suivi de Death In The Elevator). D’autres musiques jouent à la fois l’étrange et le mystère, l’enquête (Telephone Message From Bobbi). Parmi les thèmes inédits, on découvre des thèmes certes secondaires mais très intéressants, de par leurs mélodies doucement obsessionnelles et leurs développements dans les cordes pincées (Marino And Elliot , Peter Builds Camera, Peter Sets Camera) ; des thèmes autour de l’enquête de Liz et Peter (Liz And Peter Watch Film). Trente années ont passé mais, au même titre que le film de Brian de PALMA, la musique de Pino DONAGGIO n’a pas pris une ride. Mieux, elle reste la référence incontournable de son compositeur et, à ce titre, elle demeure indispensable !

DRESSED TO KILL, un film réalisé par Brian De PALMA, avec. Musique originale de Pino DONAGGIO, disponible chez Intrada records.

 
 

THOSE CALLOWAYS (CALLOWAY LE TRAPPEUR)

Il s’agit encore d’une belle surprise que nous a réservé Intrada avec cette édition d’une des dernières partitions du compositeur Hollywoodien Max STEINER (1888-1971), dont on se rappelle qu’il avait eu pour parrain Richard STRAUSS et avait étudié la musique avec Gustav MAHLER. Connu pour ses partitions pour AUTANT EN EMPORTE LE VENT et CASABLANCA, Max STEINER s’attelait ici à la musique d’une production des studios Disney des années 1960 où, en Nouvelle-Angleterre, un trappeur tente de construire un sanctuaire qui protègerait des oies sauvages chassées pour le sport. Pour ce film qui mêle astucieusement aventure et nature, Max STEINER a écrit, en guise de thème principal, une valse pour les oies. En guise d’ouverture, Max STEINER nous propose un mouvement très coloré, vrombissant d’orchestre, avec une mélodie quasi valsant;  sans aucun doute, il s’agit d’un mouvement représentatif et d’un autre temps dans lequel on reconnaît le talent du compositeur pour nous faire entrer dans un monde. Comme il s’agit du générique d’une production Disney, le compositeur développe un mouvement enjoué, avec des notes jazzy et de petites mélodies orchestrales, et un piano au rythme contrapuntique qui font tout son charme (Opening Theme) ; un style, un rythme à trois temps que le compositeur plus en profondeur en mettant en avant, par exemple, un violon solo (Wild Geese Theme, Bucky And Bridie), ou la section des cordes, sur plusieurs niveaux (Bridie Theme, Cam Recovers). Habitué à tous les styles, Max STEINER propose aussi des thèmes amusants, chantants, qui naviguent entre comédie et romantisme naturel (Sets Broken Leg, Silent Night). Au niveau des orchestrations, on remarque une essence Nouvelle Orléans, grâce à la mise en avant à la fois les cordes et des cuivres semblant sortis d’un big band (Meet Keg, Keg Awakens). On notera également la présence de deux chansons aux accents country Rythm Around et The Cabin Raising Song, écritent par le duo Richard M. SHERMAN et Robert B. SHERMAN et reprise dans un dynamique Montage très « western ». Egalement des motifs qui passent de l’écologie à l’aventure, avec des cuivres vrombissant, des percussions plus dynamiques mais toujours sur une base profondément orchestrale (Ermine). On relève néanmoins quelques thèmes plus typés, comme celui des indiens, avec des flûtes aériennes et un rythme léger qui fait planer une tension, une peur. Mais, là encore, les cordes et le violon solo, prennent l’avantage et limite ce qui apparait comme une prise de risque dans une partition avant tout très classique des productions Disney d’alors (Indian Theme). Max STEINER propose également des thèmes légers, mélancolique comme celui, intimiste, avec de la harpe solo et du basson, accompagné de cordes gracieuses, suivi d’un mouvement mélodique généreux caractéristique d’une époque et même de l’esprit Disney (Mink Fun, Weasel In Jackpine Valley), également d’autres portés par de superbes lignes de violon (Courting Time, Build A Better One, Ashamed) et quelques notes de guitares (Angel). Aussi des thèmes où le suspense supplante l’aventure, comme Fights, un mouvement profond, vibrant et tendu, avec force usage de cordes pincées et de cuivres pour une musique plus sombre, dangereuse, qui rappelle l’âge d’or du cinéma.En guise de générique de fin, Max STEINER reprend le thème enjoué et ample du trappeur, sur un mode majeur (Closing Theme). Comme souvent lorsqu’il s’agit d’éditions complètes, le disque comporte quelques morceaux complémentaires comme la chanson O Little Town Of Bethlehem et l’instrumental jazzy You Were Meant For Me. Au final, ne cachons pas notre plaisir cette partition très rare du grand Max STEINER ; une composition dans laquelle on retrouve à la fois son sens de la mélodie et la force de ses orchestrations ; une belle découverte !

THOSE CALLOWAY, un film réalisé par Norman TOKAR, avec Brian KEITH, Vera MILES, Brandon De WILDE, Linda EVANS. Musique originale de Elmer BERNSTEIN, disponible chez Intrada records.

 
 
 

THE LAST HARD MEN

S’il n’est pas rare (surtout aux Etats-Unis) qu’une musique de film soit rejetée, cela reste toujours frustrant pour le compositeur, qui peut ne pas s’en remettre. Surtout si sa musique est remplacée (comme cela a été le cas pour Alex NORTH sur 2001 : L’ODYSSEE DE L’ESPACE de Stanley KUBRICK) par des musiques classiques. Sur ce film, un conte de sadisme et de vengeance d’une rare violence entre Charlton HESTON et James COBURN, la partition initiale a été composée par Leonard ROSENMAN. Suite à son écart (les producteurs trouvaient sa musique trop sombre), par manque de temps, le réalisateur s’est tourné vers des musiques (à la base temporaires) de films déjà existants, en l’occurrence des thèmes composés par Jerry GOLDSMITH pour différents films, principalement des westerns. Ce disque, plutôt inattendu, a l’avantage de présenter les deux partitions, à commencer par celle de Leonard ROSENMAN. Le compositeur d’UN HOMME NOMME CHEVAL propose une partition étonnante, complexe, qui se concentre sur les paysages difficiles et la brutalité inhérente à l'histoire. Sa musique privilégie les atmosphères, les effets, les rebondissements, autant d’éléments qui temporisent la partition. Ce qui donne une musique difficile d’accès, très technique, aux rythmes cassants. Leonard ROSENMAN lance donc une musique sur le fil, servie par des cordes pincées, et pas mal de percussions. Dans un deuxième temps, il introduit un thème plus mélodique, mais grave (The Spike). Par la suite, le compositeur continue de dévoiler une partition très étrange, crescendo et aérienne, offrant ainsi un décalage par la musique et ajoutant une dimension de mystère au scénario (Men In The Water) voir de fantastique très en vogue dans les séries télévisées américaines des années 1960 (Oh Jeez/I'd Be Obliged). Le compositeur a recours à de longues notes, également des effets, et lorgne aussi vers la musique contemporaine, notamment avec l’emploi très bref de la clarinette (Dismount/Back To Work). On entrevoit également la première approche de ce que l’on peut considérer comme le thème principal, que le compositeur déploiera avec force plus tard dans un des rares thèmes enlevés (Posse Riding Through Barn) ; un thème qu’il ne relâchera jamais vraiment, par exemple en variation dans cette musique d’action, avec des petites cellules qui se répètent (Going After Susan/Sam's Last Line), également dans des musiques plus classiques, plus mélancoliques (A Trap For Somebody, Before Fire). On retiendra enfin un superbe End Titles, qui commence de manière crescendo, avec des cuivres répétitifs comme un coup de tonnerre, un mouvement grave, puis un développement autour du thème principal repris en majeur. Pour ce qui est des thèmes de Jerry GOLDSMITH, dirigés ici par Lionel NEWMAN, on y entend d’abord le superbe motif principal des 100 FUSILS (100 Rifles - 1969), très riche, virevoltant, avec un duo de cuivres et de percussions de premier ordre (Main Title). Cela continue avec un thème d’action tendu mais rythmé (Verdugo's Revenge), un motif  crescendo vibrant et nostalgique avec de la guitare (The Ruins). On trouve aussi quelques thèmes de Rio Conchos (1964) ; des musiques plus atmosphériques, qui accentuent le suspense avec des orchestrations qui utilisent notamment la guitare (Big Deal), également les vibratos, le jeu des percussions mais en jouant davantage sur les codes classiques des westerns (The Intruder). On note encore quelques mesures, plus sombres, voir fantastiques, de Morituri (1965) (Break Out) ou grave (Abandoned Ship). Enfin, on note une variante plutôt nostalgique du thème de Stagecoach (1966) avec de la guitare et de l’harmonica (All Is Forgiven). Au final, même s’ils ne sont pas nouveaux, les thèmes de Jerry GOLDSMITH apparaissent  plus lisibles, plus colorés, donc plus attendus sur un western. Au contraire, ceux de Leonard ROSENMAN, bien plus noirs, moins mélodiques, plus contemporains, montrent la volonté affichée du compositeur d’amener une couleur inédite, en l’occurrence plus contemporaine, avec moins de thèmes mélodiques, sur ce film. En cela, il accentue et peut-être sur-joue l’ambiance implacable qui règne dans le film. En tout cas, ce disque très intéressant, mérite que l’on s’y arrête, ne serait-ce pour découvrir le travail de Leonard ROSENMAN.

THE LAST HARD MEN (LA LOI DE LA HAINE), un film deAndrew V. Mac LAGLEN. Musiques de Leonard ROSENMAN et Jerry GOLDSMITH, disponibles chez Intrada records.

 

COOGANS BLUFF (UN SHERIFF A NEW-YORK)

Réalisé en 1968, UN SHERIFF A NEW-YORK fait partie de ces films qui ont contribué à construire le mythe Clint EASTWOOD. Il joue ici le sheriff d’une petite cité d’Arizona qui se retrouve à New York pour récupérer un prisonnier. Pour la musique, bien avant DIRTY HARRY, on retrouve Lalo SCHIFRIN dont l’architecture de la partition est particulièrement représentative de son style. Pour le shérif Coogan, on découvre un thème enlevé, très western, avec du piano et de la flute qui amène un côté aérien. Comme souvent chez Lalo SCHIFRIN, on trouve de pures musiques de jazz, avec une base au piano, qui collent parfaitement à l’univers noir des films policiers (Getting Better). Egalement des musiques d’action qui lorgnent vers le jazz, rappelant le style du compositeur de MISSION : IMPOSSIBLE (Ringerman's Chase - continued). On remarque également des thèmes plus légers, plus sensuels, comme celui de Julie, doucement jazzy (Song To Julie). On reste dans une ambiance feutrée, avec plus de bois et des cordes qui jouent l’émotion et une mélodie qui se déploie doucement (Five Minutes). Entre les deux, certaines musiques se situent à la limite de l’easy listening, comme cette sorte de variation du thème de Coogan avec de la trompette, des percussions, du piano et même un peu d’orgue (Get Out). On note encore de pures musiques de suspense, parfois à la limite du fantastique, avec beaucoup de percussions, de petites lignes pianissimo. On retrouve là la patte du compositeur qui a collaboré, aux côtés de Jerry GOLDSMITH sur plusieurs épisodes de la série DES AGENTS TRES SPECIAUX (Wrong Number, Ringerman's Chase). On trouve aussi cette petite mélodie pianissimo mélancolique et légère, très sensible (Beat Up). Un autre thème pianissimo, assez lent, plus interrogative avec dans un deuxième temps un développement de cordes qui lui donne un côté mélancolique, touchant et un retour à l’orgue sur le thème de Coogan (Green Worms). Le compositeur se sert parfois des percussions, de l’orgue, pour un thème très lent, irréel, presque fantastique, avec une guitare qui apporte son lot de nostalgie (Tell Me About Arizona). Sur la fin, le compositeur propose plusieurs chansons, très sixties avec de l’orgue, qui naviguent entre le jazz et la soul et qui ont été écrites en collaboration avec Wally HOLMES. C’est le cas de Pigeon Toed Orange Peel interprété par le groupe du même nom, que l’on retrouve aussi sur le titre plus rythmique, chantée par une voix féminine, avec des chœurs qui reprennent le gimmick qui sert de refrain (Everybody). Lalo SCHIFRIN reprend seul la main avec un morceau aux sonorités atmosphériques et plus particulièrement indiennes sauf sur la fin où on revient à une musique de suspense bien plus classique ("Coogan Raga" and Pushie's Pool) ; ce qui continue dans les morceaux suivants, très répétitifs, sombres, où chaque note joue un rôle important (Looking For Jimbo). Comment souvent dans ces éditions spéciales, le disque comporte des morceaux additionnels comme différentes musiques inutilisées notamment pour le générique, une version a capella de la chanson pour Julie et des spots radio. Au final, voici une partition qui, indiscutablement, manquait. Elle est avant tout basée sur un motif pour un véritable héros urbain et qui va à ravir à Clint EASTWOOD. Autour de ce thème, Lala SCHIFRIN se sert admirablement de son expérience de jazz et de compositeur pour le cinéma et la télévision pour construire une partition qui accompagne fort justement cette enquête d’un flic à New York. Encore une fois, Intrada dégaine un disque remarquable.

COOGANS BLUFF (UN SHERIFF A NEW-YORK), un film deDon SIEGEL (1968), avec Clint EASTWOOD, Lee J. COB, Susan CLARK. Musique de Lalo SCHIFRIN disponible chez Intrada records.

 
 
 
 
 

CONDORMAN

Bizarrement, la musique composée par Henry MANCINI pour cette production Disney des années 1980 n’avait jamais bénéficiée d’une édition discographique. Dans ce film, Woody, un dessinateur américain vivant Paris, se voit confier une mission secrète à Istanbul par son ami Harry, un agent de la CIA. Sous le costume de l’agent secret Condorman, Woody réussit cette première mission et se voit charger d’aider un agent russe à passer à l'Ouest : la belle Natalia, qu’il a rencontrée lors d’une précédente aventure en Russie. Pour le générique, à la manière du thème d’une série télé, Henry MANCINI a imaginé un thème coloré soutenu et crescendo, avec des cordes, des cuivres et surtout un gimmick sur le nom du héros (Condorman Main Title). Henry MANCINI développe ce thème surtout pour les parties d’action, de suspense (Bye-Bye Rolls, The Speed Boat Chase). On pense à ce morceau soutenu par les percussions et les cuivres, une sorte de marche avec beaucoup de bois et de notes qui se dégagent en hauteur (Attack Of The Prognoviach). Comme dans tout bon film, il y a un méchant qui s’appelle ici Morovich et pour lequel on retrouve une variante très rythmée du thème titre (Morovich Again) mais aussi un motif décalé, avec une orchestration qui passe d’une rythmique moderne soutenant la danger à des cordes très école classique, ce qui lui donne une couleur plus romanesque (Morovich Presses). Au début, le compositeur multiplie les petits thèmes : celui de la Tour Eiffel tout dans les vibratos, la tension (Eiffel Tower Flight), celui plus tournant pour le premier vol (First Fight). Puis, il introduit un thème pianissimo plutôt nostalgique, doucement jazzy, assez classique chez Henry MANCINI avec un développement de cordes et d’accordéon, un côté assez français (It Was Nothing). Il intègre également des thèmes romantique à base de cordes, de clavier, d’orgue (Meet Laser Lady). On note encore un thème amusant avec une mélodie jouée par les bois et un contrepoint très 18ème siècle (The Gypsy). L’autre thème prépondérant de la partition, c’est celui de Natalia, pour qui le compositeur de CHARADE a composé un thème à base pianissimo accompagné d’un contrepoint de cordes profondes suivi d’un développement plutôt lyrique ; un thème sensible, très féminin avec des chœurs (Free Single Woman) ou purement orchestral (Natalia's Theme). Ce thème, Henry MANCINI le reprend plusieurs fois et l’intègre dans une sorte de musique d’action très colorée, très chaude, en fait aux accents très sud européenne. Comme parfois chez Henry MANCINI, on trouve des thèmes particulièrement insolites comme cette sorte de Tyrolienne (Welcome To The Matterhorn) reprise et mélangée au thème de Natalia (Joy Ride). Au final, voici une partition étonnante du grand Henry MANCINI. Certes, avec ses aspects mélodiques un peu simplistes et ses cuivres grandioses, on peut lui trouver un certain côté désuet mais aussi un charme que l’on retrouve souvent sur des partitions pour des productions Disney. A partir d’un thème efficace, Henry MANCINI construit, surtout pour les scènes d’aventures, une musique soutenue, assez répétitive dans ses mouvements, et emplie d’un second degré lyrique, ce qui rappelle certaines musiques attachées à des musiques conçues pour des Comics. A côté de cela, le compositeur propose quelques thèmes très attachants, en particulier celui de Natalia. Comme souvent chez Intrada, le score original est complété par des versions alternatives des thèmes principaux et de quelques motifs additionnels comme une Dabce accordéon et une Party russe. On reconnait bien ici le compositeur de LA PANTHERE ROSE ; aussi à l’aise dans l’aventure que dans la romance. Bref, voici une partition à découvrir…

CONDORMAN, un film deCharles JARROTT, avec Michael CRAWFORD, Oliver REED, Barbara CARRERA, Jean-Pierre KALFON. Musique de Henry MANCINI disponible chez Intrada records.

 

HUSH

Sorti en 1998 en France sous le titre DU VENIN DANS LES VEINES, tourne autour de trois personnages principaux : un couple formé par  Jackson (Johnathon SCHAECH) et Helen (Gwyneth PALTROW) qui doit affronter Martha (Jessica LANGE), la mère de Jackson qui tient un ranch dans le Kentucky. Comme elle désire vendre la propriété, ce que Jackson n’accepte pas vraiment, Helen propose de se rendre dans le Kentucky avec Martha. Là, Helen va découvrir le véritable visage de Martha. Très connu pour ses musiques pour des films de science-fiction et d’horreur (LA MUTANTE), Christopher YOUNG a composé pour ce film une musique basée sur des thèmes très lisibles pour orchestre et chœur. Très complet, le disque se présente essentiellement sous la forme de longues suites. Ainsi, Christopher YOUNG commence par une suite de 18 minutes (Hush) dans laquelle un découvre un joli mouvement mélodique principal interprété par de la guitare rejointe par le piano et des percussions. Il s’agit d’un mouvement très doux, très simple. Rapidement, le compositeur développe doucement une musique pianissimo plus grave, mais toujours très orchestrale, presque maternelle (You) ; il s’agit là d’évoquer les jours heureux du jeune couple. Dans une deuxième partie, le il introduit un thème puissant et lyrique, avec des vibratos de cordes et surtout des chœurs. A ce moment, Christopher YOUNG rentre dans le thriller, avec des thèmes qui, toujours très lyriques, jouent davantage sur la tension, la violence, avec à la fois des crescendos et des vibratos. Par la suite, Christopher YOUNG reste dans la musique orchestrale et généreuse, jouant le contraste entre le calme et une certaine gravité, toujours sur une base pianissimo avec des vibratos de cordes (Little Baby). Il développe aussi une musique dont la fausse douceur apparente, avec notamment un solo de violon, cache un mystère. Là encore, on trouve une large plage pianissimo et un développement mélodique avec des cordes en contrepoint (Don't). Ensuite, Christopher YOUNG développe une véritable musique de tension, avec une base pianissimo, des chœurs qui, quoique discrets, prennent de plus en plus d’importance, comme pour exprimer la face sombre du couple (Cry), la violence qui se cache derrière les secrets de famille, ce qui donne lieu à une musique qui joue davantage la violence (Mama's Gonna). Christopher YOUNG continue avec un thème vibrant de suspense, avec des pauses avant un développement rapide, une pure musique d’action rythmée (Buy You). Au final, pour ce film, Christopher YOUNG nous offre sa version musicale des Liaisons Dangereuses : il passe d’une musique maternelle, presque enfantine à des motifs plus sombres, plus graves jusqu’à des thèmes quasi  d’épouvante. Bénéficiant d’une superbe interprétation orchestrale et d’une véritable ampleur, il en ressort ainsi une partition très intéressante qui, bien qu’elle ne soit pas toujours très inventive (on pense parfois à Jerry GOLDSMITH et John BARRY), nous transporte du bonheur à l’horreur. En bonus, la partition originale, éditée pour la première fois, est accompagnée d’une superbe suite de concert de 15 minutes.

HUSH, un film deJonathan DARBY, avec Jessica LANGE, Gwyneth PALTROW, Johnathon SCHAECH, Nina FOCH, Kyle BURRUS, musique originale de Christopher YOUNG disponible chez intrada records.

 
 
 

FILM NOIR’S FINEST - THEMES FROM THE DARK SIDE OF THE LENS

Après THE JERRY GOLDSMITH COLLECTION Vol. 1: THE RARITIES, où l’on retrouvait déjà Dominik HAUSER à la production et à la direction des synthétiseurs, le label américain continue sa série de relectures de grandes musiques de films. Dans ce nouvel album, il s’intéresse à la série noire en regroupant une série de thèmes écrits pour des films policiers. On retrouve des grands classiques comme BODY HEAT (LA FIEVRE AU CORPS) et le thème légendaire, à la fois diabolique et sensuel, composé par John BARRY et dont la partie au saxophone est exécutée par Tim MESSINA. Du même compositeur suit le moins connu mais presque aussi réussi JAGGED EDGE (A DOUBLE TRANCHANT). Suivent ensuite des extraits de deux partitions mythiques du génial Jerry GOLDSMITH : BASIC INSTINCT (arrangé par John BEAL) et CHINATOWN avec, à la trompette Roy WIEGAND, qui intervient aussi sur le thème inspiré par le film 2 DAYS IN THE VALLEY. Vient ensuite PHYSICAL EVIDENCE composé par Henry MANCINI et, comme FAREWELL MY LOVELY de David SHIRE, THE UNSAID de Don DAVIS et LAURA de David RAKSIN, interprété par Mark NORTHAM au piano solo. Puis le génial thème d’amour de BLADE RUNNER, signé VANGELIS et ici interprété par John BEAL. Puis “A Good Scream” extrait de BLOW OUT composé par Pino DONAGGIO, arrangé par Joohyun PARK avec, au violon, Elizabeth HEDMAN, qui intervient également sur EASTERN PROMISES de Howard SHORE. On retiendra encore le thème écrit par Alan SILVESTRI pour THE BODYGUARD, avec, toujours à la trompette, Roy WIEGAND. Parmi les raretés, on notera le “Laura’s Theme” composé par Henri MANCINI pour la célèbre série REMINGTON STEELE ; un motif relativement classique, élégant et jazzy avec une partie de trompette jouée par Roy WIEGAND. Puis le thème plutôt pianissimo du téléfilm SHAMUS, composé par Jerry GOLDSMITH dont on trouve également la sombre “The Dark Song” tirée de THE DETECTIVE, film méconnu des années 1960 interprété notamment par Frank SINATRA. On peut aussi trouver le thème joliment mélodique, parfois même lyrique, de STILL OF THE NIGHT. Composé par John KANDER, il mélange habilement le piano et les synthétiseurs, le tout arrangé par Joohyun PARK. On rencontre aussi JENNIFER 8 composé par Christopher YOUNG et repris ici par Dennis Mc CARTHY,  qui conclut le programme avec FILM NOIR SUITE : une plage où, sur plus de sept minutes, il déroule un hommage fin et jazzy à la série noire. Au final, voilà un disque très intéressant qui rassemble à la fois des thèmes très connus (DIRTY HARRY, BODY HEAT, CHINATOWN) et d’autres plus rares (REMINGTON STEELE, PHYSICAL EVIDENCE) voir carrément inconnus ou oubliés. La plupart des grands compositeurs sont représentés et de toutes générations, de l’âge d’or de la musique de films (David RAKSIN) aux plus contemporains Dennis Mc CARTHY, Don DAVIS (The Unsaid – là encore un thème pianissimo) et Howard SHORE, en passant par les incontournables Jerry GOLDSMITH et surtout John BARRY qui constitue une référence dans le domaine de la musique vénéneuse.

FILM NOIR’S FINEST THEMES FROM THE DARK SIDE OF THE LENS, disponible chez BSX records / Buy SoundtraxBLADE RUNNER - 30TH ANNIVERSARY CELEBRATION

On ne présente plus le classique de Ridley SCOTT, librement inspiré de l’œuvre de Philip K. DICK, avec Harrison FORD dans le rôle de Rick DECKARD ; un ancien officier de police condamné à poursuivre quatre répliquants à la recherche de leur créateur. Pour célébrer le 30ème anniversaire de la non moins célèbre partition composée par VANGELIS (LES CHARIOTS DE FEU, 1492-CHRISTOPHE COLOM, ALEXANDRE), le label américain en a commandé un nouvel enregistrement, produit et réalisé par le compositeur allemand Edgar ROTHERMICH (THE CELESTINE PROPHECY, THE OUTER LIMITS, BABYLON 5…). Pourquoi un nouvel enregistrement ? Parce qu’au fil des ans, et des diverses versions du film, le score de VANGELIS a été publié dans plusieurs éditions sans qu’aucune d’entre elles ne représente réellement ce qui a été entendu dans la version originale du film de 1982. Ce qui s’explique en partie par un différend entre VANGELIS et Ridley SCOTT sur l'utilisation de la musique dans le film. Comme l’explique Randall D. LARSON dans le livret, ce nouvel enregistrement vise à corriger cet oubli en recréant la musique originale du film. Ce qui n’a pas été simple car, rappelons le, le score de VANGELIS a été entièrement composé sur des claviers et aucune transcription écrite n’existe. Pour y parvenir, Edgar ROTHERMICH a d’abord écouté la musique originale de 1982 avant de la transcrire. Il s’est ensuite attelé à recréer le son des synthétiseurs de l’époque. Edgar ROTHERMICH a donc véritablement créé une réplique très proche du score tel qu’on l’entendait en 1982. On y retrouve tous les thèmes de VANGELIS, ce qui nous replonge dans l’univers futuriste crée par le réalisateur d’ALIEN. On replonge dans la couleur planante, profonde et sensible du Main Titles, présenté dans deux versions, celle du film et celle de l’album ; un morceau marqué par les feux d’artifices de percussions qui jaillissent dans le ciel de la cité futuriste. On entend ensuite une musique lente, atmosphérique, qui évoque le 21éme siècle (Los Angeles, November 2019). La musique joue aussi la séduction, la beauté étrange de Rachel, interprétée à l’écran par Sean YOUNG) (Deckard Meets Rachael), une dimension qui prend son apogée dans le Love Thème, porté par le saxophone de Paul FREDERICK. Tout comme dans Blade Runner Blues. VANGELIS nous promène encore de superbes motifs pianissimo avec de la harpe électronique (Bicycle Riders), de passages nostalgiques et sensibles sur des morceaux qui sont devenus des classiques  (Memories of Green). On note aussi des passages chantants comme Deckard's Dream, On the Trail of Nexus (Tales Of The Future) par Fella OUDANE et, de manière un peu kitsch One More Kiss Dear, écrite par VANGELIS et Peter SKELLEM, ici interprétée par Tom SCHMID. Enfin, on entend également, en ouverture, le Ladd Company Logo composé par John WILLIAMS avec, au cor, Stephanie O'KEEFE. Au final, avec un véritable souci d’authenticité aussi bien harmonique que sonore, Edgar ROTHERMICH nous propose une véritable relecture de la musique de VANGELIS. Si on y reconnait les principaux thèmes, l’approche d’ensemble de la partition innove tout en en suivant l’avancée du film. Ce qui donne un sentiment de complexité, de voyage initiatique à la recherche des origines de BLADE RUNNER. Même si on préfèrera toujours les originaux aux thèmes réinterprétés, cet enregistrement renouvelle le plaisir de l’écoute de la musique de VANGELIS et, surtout, donne envie de replonger dans le film de Ridley SCOTT.

BLADE RUNNER - 30TH ANNIVERSARY CELEBRATION, musique originale de VANGELIS reconstituée et interprétée par Edgar ROTHERMICH. Disponible en édition limitée chez Buysoundtrax.com

 
 
 

THE QUILLER MEMORANDUM

Ecrit par Harold PINTER d’après un roman d’ADAM HALL, ce film d’espionnage raconte l’enquête de l’agent secret Quiller sur l’assassinat d’un de ses confrères. Suivant ses traces à Berlin, Quiller s’intéresse à un groupuscule néo-nazi et rencontre des personnages tantôt mystérieux tantôt attachants. Et c’est sans doute ce qui explique que la partition de John BARRY ne penche jamais vers un style tranchée, hésitant constamment entre la musique tendue et celle plus romantique, nostalgique. Le premier thème mis en avant surprend d’emblée par son côté valsant à l’orgue (instrument omniprésent dans cette partition) et caressant avec son contrepoint de vibrato de cordes. Il s’agit d’un thème très agréable, chaleureux et doucement mélodique directement inspirée des sonorités de l’Europe de l’est mais avec une touche toute personnelle, british devrions nous dire, qui le rend irrésistible (Wednesday’s Child – Main Theme, The Barrel Organ, Wednesday’s Child par Matt MONRO sur des paroles de Mack DAVID). Dans la continuité, John BARRY propose un thème d’amour très doux, profond, très beau, avec toujours de l’orgue qui lui confère un côté mystérieux renforcé par le tempo lent (The Love Scene – The Old House). Pour le générique, John BARRY introduit un thème doucement mélodique à l’orgue, très lent, avec un contrepoint léger de cordes plutôt lointaines. Puis, dans un deuxième temps, arrive le thème romantique, nostalgique, qui se caractérise par les vibratos (Main Title Theme). Pour accompagner l’enquête de l’agent Quiller, John BARRY s’appuie la même sonorité slave à base d’orgue et de vibratos mais aussi sur des mouvements répétitifs, profonds, dont les crescendos, les accents sur les notes et les contrepoints mélangent tension et immersion dans une ville étrangère, en l’occurrence Berlin (Quiller Caught – The Fight). Il amène aussi un côté aérien qui donne de l’épaisseur au mystère, avec un thème à la flûte, aérien et léger. On note que, parfois, l’orgue sonne à la façon de percussions puis thème grave avec percussions, flûtes qui donne un souffle de danger, de terreur (Oktober – Walk From The River). Sur les soldats nazis, John BARRY introduit une superbe marche, à la mélodie solide et à l’orchestration très classique de fanfare. Il en découle un thème plutôt légèr voir décaler par rapport à l’autorité de l’ennemi             allemand (Autobahn Marc). Sur la fin de l’enquête de Quiller, John BARRY reste sur un thème lent, profond, dont le suspense, la tension, viennent du déroulé de cordes et d’orgue, avec un contrepoint un peu sifflant. Il s’agit véritablement d’une musique sur le rasoir, avec son contrepoint de vibratos de cordes (Quiller And The Bomb). En complément de la musique originale de John BARRY, on trouve, oh surprise, une version instrumentale de  Downtown, la célèbre chanson écrite par Tony HATCH pour Petula CLARK. Au final, John BARRY proposait, pour ce film d’espionnage de 1962, une partition étonnante. En effet, hormis les thèmes propres à l’enquête de l’agent Quiller, on retient surtout l’aspect émotionnel de sa partition, basé sur des motifs généreux et souvent touchant. Puisant au passage dans les racines de la musique traditionnelle de l’Europe de l’est, il déroule une partition à l’écriture très classique mais dont la modernité de l’orchestration, avec beaucoup d’orgue, de violons et de flûtes, lui confère une couleur émotionnelle universelle. Loin de James BOND mais en même temps emplie d’émotion, voici une partition à (re)découvrir d’urgence, d’autant plus que le son et la présentation sont ici, comme toujours chez Intrada, irréprochables.

THE QUILLER MEMORANDUM, un film de Michael ANDERSON, avec George SEGAL, Alec GUINESS, Max VON SYDOW, Senta BERGER, George SANDERS, Robert HELPMANN. Musique originale de John BARRY disponible chez Intrada records.

 

WOLFEN – Unused Score

Ce film du début des années 1980 retrace l’enquête d’un policier new-yorkais sur une série de meurtres inexpliqués qui semblent avoir été commis par des animaux. Alors que l’on connait la musique du alors jeune James HORNER pour ce classique du cinéma d’épouvante des années 80, voilà que le même éditeur nous propose, et c’est une grosse surprise, la musique inédite d’un autre jeune compositeur Craig SAFAN. Pour ce film, le compositeur de FONDU AU NOIR et REMO SANS ARMES ET DANGEREUX a répondu par une partition étonnante dotée d’une intensité incroyable, rendue par des mouvements d'orchestre très complexes. Sur la première plage du disque, on trouve d’abord le générique pour lequel Craig SAFRAN propose un thème profond, glacial, plutôt lyrique et doté de petits crescendos avec un contrepoint de cordes. On note très vite l’arrivée d’un mouvement large, crescendo et doucement mélodique de cordes. Ici, la terreur vient de la couleur des cordes, des montées et de la fusion des instruments qui donne une musique assez noire, assez peu reconnaissable. Puis on trouve une musique toujours très orchestrale, un peu planante avec des relents de violence pour les musiques accompagnant les premiers meurtres. On note aussi de surprenantes notes de percussions à la manière de cris (Main Title And First Killings). Sur le deuxième morceau, on trouve une musique d’aspect sourde, ce qui renforce le sentiment de malaise. La partie doucement mélodique apparait lointaine et seulement dans les contrepoints, avec des souffles qui renvoient à l’ennemi, au tueur. On note également plus de cuivres (The Body) et de grincements qui accentuent le côté angoissant, également des voix d’enfants et bruits de jouets (The Morgue) ou de claquements de percussions (Shape Shifting). Pour les thèmes d’action, Craig SAFRAN propose des motifs à base de piano sur  des crescendos très rapides. On note dans ces musiques beaucoup de cuivres, et également des percussions qui en font des musiques trépidantes (Run To Church). Le retour de l’église se fait beaucoup plus lentement avec des flopées de cuivres qui annoncent que le danger n’est pas écarté (Run From Church, At The Zoo). Pour le thème de Wilson And Pearl, Craig SAFRAN introduit un thème plus chantant. Il s’agit d’un motif plus dans les cuivres avec pas mal de vibratos, lui conférant une couleur assez étrange, dont la terreur vient de percussions, et de flashs de cuivres. Au final, Craig SAFAN avait imaginé pour ce thriller de terreur une véritable musique de concert ; une œuvre majeure dans la forme conçue pour grand orchestre mais dont l’orchestration est agrémentée d’éléments qui jouent avec les effets, les voix (d’enfants notamment) et les objets. Dans la tradition des grands musiques de tension des années 1970, notamment l’héritage de Jerry GOLDSMITH depuis LA PLANETE DES SINGES mais pas seulement, il en découle une musique difficile d’accès mais oh combien intéressante, ambitieuse ; une musique à écouter à côté, mais pas forcément en comparaison, de celle de James HORNER, différente et en même temps assez proche. Cet autre regard sur ce film n’enlève rien aux qualités de la partition retenue de James HORNER, qui signait une de ses premières réussites. Reconnaissons néanmoins que Craig SAFRAN proposait une partition au moins aussi moderne et surtout très originale. Sans doute trop pour qu’au final, les producteurs lui préfère la partition de James HORNER. Ecoutez-donc cette musique de Craig SAFRAN et, si vous ne l’avez pas, commandez aussi celle de James HORNER ; les loups vous remercieront !

WOLFEN, un film de Michael WADLEIGHT, avec Albert FINNEY, Diane VENORA, Edward JAMES-OLMOSN, avec George SEGAL, musique originale inedited de Craig SAFAN disponible chez intrada records.

 

 

ASSAUT / DARK STAR

Voici les musiques des deux premiers films réalisés par  John CARPENTER, recréés et interprétées, à partir des bandes d’origine, par Alan HOWARTH, un pionnier de la musique électronique, également compositeur et créateur d’effets sonores (STAR TREK : LE FILM, NIMITZ RETOUR VERS L’ENFER). Enfin, et ce n’est pas rien, Alan HOWARTH est un proche collaborateur de John CARPENTER avec lequel il a composé la plupart des musiques de ses films depuis 1981et NEW-YORK 1997. Sorti en 1976, ASSAUT est le deuxième film de John CARPENTER. L’action se déroule à Los Angeles où, suite à la mort de l’un des leurs, deux gangs rivaux engagent une guerre contre la police. Ils décident de mener un siège contre le poste central 13, particulièrement vulnérable depuis l’annonce de sa fermeture prochaine. Dès le Main Title, John CARPENTER déploie un thème répétitif, obsessionnel, avec une couleur électronique omniprésente, une mélodie assez lent et grave. Ce qui convient parfaitement à ce film très tendu (Assault On Precinct 13 - Main Title). Pour le méchant de l’histoire (et il y en a toujours !), on trouve un thème avec une base rythmique  électronique et, par-dessus, un motif légèrement mélodique et entêtant, comme tous les thèmes de John CARPENTER (Napoleon Wilson). On note également des thèmes où les claviers se font pianissimo, ce qui donne une musique plus nostalgique (Precinct 9, Division 13, Walking Out). Plus rare, on trouve des thèmes plus doux, plus féminins, plus solennels, plutôt pianissimo (Julie). Pour le final, on retrouve une boucle électronique puis une légère partie mélodique qui se répète avec, en fond, une musique grave, ample qui donne une couleur noire (Assault On Precinct 13). Sorti en 1974, DARK STAR était à l’origine un film d'étudiant de science fiction mettant en scène un vaisseau spatial dont les membres d'équipage détruisent, des planètes lointaines instables qui représentent une menace pour leur étoile. Au bout de vingt ans, cette besogne devient ennuyeuse ; c’est à ce moment qu’arrive un incident… Ce qui surprend, dès le début, c’est le côté fantastique de cette musique. On y trouve des bruits électroniques puis des synthétiseurs graves, amples et profonds, le thème principal, légèrement mélodique, n’apparait qu’ensuite (Message From Earth/Dark Star). John CARPENTER alterne constamment musique électronique profonde et bruits, ce qui fait très science fiction avec des sortes de cris  d’animaux, de voix électroniques et rayons laser. On retrouve aussi déjà les sonorités caractéristiques du futur style CARPENTER mais toujours accompagnées de bruits de monstres (Pinback And The Mascot). Mais surtout des alliages entre une thématique relativement simple (comme toujours chez John CARPENTER) et des bruits électroniques qui accentuent l’aspect spatial. On note notamment des vibratos et en fond ce ronflement symptomatique de John CARPENTER qui, dès ce premier film, amenait une couleur à lui (Communication #1D35E1). Plus amusant, on trouve aussi des musiques où les synthétiseurs jouent à la manière de percussions, assez amusante (Doolittle's Solo), également des fanfares militaires (Pinback Playback). Egalement des thèmes profonds avec une ligne pianissimo par-dessus (Talby, Don't Bother Me). Le disque se termine par Benson, Arizona, une chanson country arrangée et produite par Dominik HAUSER, sur une musique de John CARPENTER et des paroles de Bill TAYLOR. Au final, il s’agit de réenregistrements très respectueux  qui, réalisés par Alan HOWARTH, et, pour la première fois, en stéréo, permettent de mieux comprendre à la fois la technique et le style tellement unique de John CARPENTER.  Ces musiques de jeunesse prennent leur pleine dimension dans le fait qu’on y ressent tellement l’univers musical qu’on se demande si le tueur de la nuit des masques ne va pas ressurgir…

ASSAULT ON PRECINCT 13 / DARK STAR, musiques des films de John CARPENTER, composées par John CARPENTER, produites, arrangées et interprétées par Alan HOWARTH, BUYSOUNDTRAX RECORDS, disponible en digital et sur le site www.buysoundtrax.com

 
 

THE JERRY GOLDSMITH COLLECTION VOL.1: THE RARITIES

Alors que les éditions d’inédits se raréfient (WARNING SHOT, TWO DAYS IN THE VALLEY) et que, à l’approche du dixième anniversaire (en 2014) de sa disparition, les rééditions se multiplient (RIO LOBO, STAR TREK…), voici un disque original autour de l’œuvre de Jerry GOLDSMITH. Il regroupe des thèmes connus et d’autres moins, voir carrément inédits, revisités par des musiciens de la nouvelle génération. Le disque s’ouvre par la musique de la bande annonce de JUDGE DREDD arrangée par John BEAL ; un concentré en moins d’une minute du talent du compositeur de RAMBO avec le même Sylvester STALLONE. C’est-à-dire un thème crescendo, rythmé, puissant, à l’orchestration brillante. On continue avec SEVEN DAYS IN MAY (une partition méconnue éditée seulement dans le cadre du coffret JERRY GOLDSMITH AT 24th FOX) et une suite arrangée par Dominik HAUSER, qui a beaucoup travaillé sur cet album. Proche d’un documentaire, ce film réalisé en 1963 relate l’organisation d'un coup d'état militaire contre le Président des Etats-Unis. Le jeune Jerry GOLDSMITH avait écrit une musique dans l’esprit de celles composées pour la série LA QUATRIEME DIMENSION ; d’apparence d’abord martiale, grâce à l’utilisation intense des caisses claires et des percussions avec un tempo digne d’une fanfare dans sa première partie. Puis plus lente, plus mystérieuse quand le piano vient casser ce rythme avec un jeu de percussions qui annonce des partitions comme LA PLANETE DES SINGES. Regroupées sous le titre FILM NOIR SUITE, on retrouve quatre musiques pour des films policiers, à commencer par CHINATOWN de Roman POLANSKI, dont le End Credits est fidèlement revu, avec les solos de trompette et les superbes parties de piano, par Dominik HAUSER et le jazzman Roy WIEGAND. Suit le thème pianissimo de THE DETECTIVE exploré par Mark NORTHAM, marqué par sa lenteur mélodique, presque jazzy et qui convient parfaitement à l’univers nocturne de ce film interprété par Franck SINATRA dans les années 60 (The Dark Song). Puis le Main Title de SHAMUS; un joli thème (jamais édité), qui mélange romantisme et suspense, avec une mélodie pianissimo à la façon d’une musique de téléfilm américain. Il est arrangé par Dominik HAUSER, tout comme la musique rejetée de TWO DAYS IN THE VALLEY (en collaboration avec Roy WIEGAND) dont le Main Theme se révèle, par sa mélodie et son solo de trompette, dans la lignée de partitions comme L.A. CONFIDENTIAL. Le deuxième chapitre du disque regroupe des classiques de THRILLERS, à commencer par le Main Theme de THE LIST OF ADRIAN MESSENGER (encore une musique jamais éditée de manière officielle !) ; une sorte de valse qui navigue dans entre sonorités électroniques, cuivres et bois atmosphériques, ici remixée par Chaz GROSSMAN. Vient après SEBASTIAN, et l’instrumental de la chanson Comes The Night, le End Credits (No Coffee) jazzy de THE VANISHING et enfin le très mélodique Remember de THE SUM OF ALL FEARS, tous ces morceaux étant revisités par Dominik HAUSER. On retrouve ce dernier sur plusieurs titres de la section LOST LOVE : A PATCH OF BLUE, THE SAND PEBBLES (avec une mélodie superbement jouée au violon) et l’inoubliable PAPILLON. Sans oublier PLAYERS, repris au solo piano par Mark NORTHAM, mettant là encore en avant toute la force de l’écriture du maestro. Vient encore une série de musiques ou de westerns ou inspirés par l’ouest américain (THE WAY WEST), dont une Toccata For Solo Guitar et le Main Title de RIO LOBO arrangés par Gregg NESTOR, suivi de ceux de RIO CONCHOS par Chuck CIRINO et de la série HOLLISTER, une musique jamais éditée dont on découvre là le superbe thème pour trompettes, flûtes et percussions lui donnant un côté mexicain écrit par Jerry GOLDSMITH (son fils Joël signant quant à lui les musiques des épisodes). L’album se referme sur FLIGHTS OF FANTASY; une plongée dans le fantastique, un domaine où le compositeur a excellé, au point de remporter son unique Oscar. C’était pour LA MALEDICTION dont on retrouve le Love Thème, arrangé par Dominik HAUSER, qui signe aussi les versions du très vocal Main Title de THE ILLUSTRATED MAN et du Carol Ann's Theme (POLTERGEIST). Enfin, WARLOCK (The Sentence), une musique méconnue aux accents CHOSTAKEVITCH et PSYCHO 2, arrangé par Joohyun PARK. Au final, voici un disque doublement intéressant : d’abord parce qu’on y retrouve certaines des grandes mélodies mythiques de Jerry GOLDSMITH revisitées avec beaucoup de respect ainsi que des thèmes jamais édités ; un beau disque qui continue de faire briller la musique de Jerry GOLDSMITH.

THE JERRY GOLDSMITH COLLECTION VOL.1: THE RARITIES, BUYSOUNDTRAX RECORDS, disponible en digital et sur le site www.buysoundtrax.com

 

THE POSTMAN ALWAYS RINGS TWICE

A la fin des années 1930, le vagabond Frank Chambers (Jack NICHOLSON) rentre, comme mécano-pompiste, dans une station côtière de la Californie. Son patron, Nick, gère également un restaurant-bar, dans laquelle son épouse Cora (Jessica LANGE) travaille en cuisine. Rapidement, Frank et Cora deviennent amants et décident de se débarrasser de Nick. Mais ce dernier résiste… INTRADA réalise encore un joli coup en sortant, pour la première fois, la partition du célèbre film de Bob RAFELSON adapté du roman de James M. CAIN. Pour la musique, le réalisateur s’est adressé à Michael SMALL (décédé en 2003) connu notamment pour ses partitions pour AUX SOURCES DU NIL et JEUX D’ADULTES. Ici, il nous propose, en parfaite complémentarité avec le scénario, une partition très profonde, très sombre. Dès le Main Title, il introduit une musique sombre et concertante, dont les mouvements évoquent d’emblée un vent de scandale. Les bois et les cordes pincées y tiennent une place prépondérante. On remarque déjà une mélodie très classique, très romanesque. Sur le personnage de Frank, Michael SMALL privilégie une musique étrange, suspicieuse, avec beaucoup de vibratos et de petits crescendos (Frank In Room). Puis vient la musique de la séquence d’amour, pour laquelle Michael SMALL a écrit un mouvement doucement mélodique à la clarinette avec un contrepoint de cordes. Il s’agit d’une partie aux contours de la musique contemporaine, avec un développement chantant et des flopées de cordes graves. Avant que les cordes enjouées, tournantes, s’envolent pour un passage lyrique avec toujours de la clarinette mais cette fois en contrepoint. Le compositeur reste dans l’étrange et le lyrisme avec des développements mystérieux qui soulignent le suspense, aidé en cela par les cordes (Going To Chicago). On note aussi certaines musiques, plutôt  lentes, mélodramatiques, qui inspirent le soupçon, la méfiance (Please Don't Leave Me). L’inspiration classique du compositeur se ressent aussi dans les musiques d’action, à la fois profondes et pleine de tension, dans la grande tradition des films de genre des années 50 (Murder And Push Car). Comme souvent dans de telles éditions, le disque comporte également des morceaux complémentaires (Got To Have You Frank – long version, Beast Each Other Up)  et des versions alternatives de plusieurs thèmes (Kitchen Love, Cora Spits). Au final, Michael SMALL signe une partition qui, comme le film, se déguste comme un hommage aux séries noires du cinéma américain. On trouve peu de mélodies mais les larges mouvements, souvent à la fois passionnels et tendus, rendent magnifiquement compte de la richesse d’un scénario qui multiplie les rebondissements. Il en découle une partition qui, hormis certains passages proches de la musique contemporaine et des orchestrations pointues avec de la harpe, se révèle certes relativement classique mais de très bonne qualité. En plus, elle permet de redécouvrir le talent du plutôt méconnu Michael SMALL ; une édition plus que recommandable !

THE POSTMAN ALWAYS RINGS TWICE, un film réalisé par Bob RAFELSON, avec Jack NICHOLSON, Jessica LANGE, musique originale de Michael SMALL, disponible chez Intrada