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THE TEN COMMANDMENTS (LES DIX COMMANDEMENTS) – Coffret collector

Le courageux label américain a réussi l'exploit de rassembler, et c'est une première mondiale et en stéréo, dans un  coffret de 6 cds et près de 6 heures de musique, l'intégralité de la musique d’Elmer BERNSTEIN composée pour le chef d'œuvre de Cecil B. De MILLE ! Et cela ne s'arrête pas  à la stricte bande originale intégrale du film, puisque s’y ajoutent les divers enregistrements dirigés par Elmer BERNSTEIN ! D'où ce coffret qui aurait pu paraître indigeste si la musique n’en valait vraiment la peine ! Pour les rares qui l’ignoreraient, ce classique retrace l’épopée de Moïse (Charlton HESTON). Sauvé des eaux, élevé à la cour du Pharaon Sethi Ier, près du futur Ramsès II (Yul BRYNNER), le jeune hébreu le forcera à libérer son peuple de l'esclavage en vue de le mener vers la terre promise. La moitié du coffret contient donc toute la musique du film (2 heures et demie sans compter les versions alternatives !), dirigée, comme il se doit, par le compositeur. Comme au cinéma, l'album s'ouvre par une Introduction généreuse mais éloignée du thème principal. Celui-ci  intervient de manière imposante dans le Prélude (Part 1/Part 2), au développement romanesque. Déjà, on y reconnaît la marche égyptienne, le deuxième grand thème qui revient plusieurs fois, décliné dans des variantes, comme pour Néfertiti (Nefretiri/Fanfares/Return Of The Conqueror/Drums And Percussion/Fanfare); également dans des déclinaisons plus rythmiques (Ethiopians/Drums, Fanfare/Moses And Nefretiri/New City Underway, Well Of Strangers/Royal Barge (Revised). On prend aussi plaisir à entendre les premières musiques dramatiques, comme celle sur l’abandon du nouveau né (Slaughter Of The Newborn/In The Bulrushes/Bithia’s Bathing Float). Ce qui introduit plus tard le thème central, essentiel, de Moise, repris lui aussi dans de multiples variantes : intime, lointaine par la harpe (Hounds And Jackals), en mineur et en mode tragique, qui avance doucement comme une marche qui devient rythmique (Moses The Builder – Part 1/Fanfare/Moses The Builder – Part 2). Puis, parfois, les thèmes se mêlent, se fondent dans des variantes des thèmes de Moise et du motif principal (Egyptian Border/Moses Crosses Desert). Ou le thème de Moise rencontre la partie égyptienne (The Glory Of Goshen, The Brick Pits, Lord Of The Underworld) dans des reprises au violon solo égyptien (The Advancing Keystone/Mercy And A Tomb Of Rock) ou de crescendo intervenant comme un espoir (Memnet’s Murder). Et puis, Elmer BERNSTEIN propose des musiques de séquences tragiques, accompagnées de mouvements profonds, avec des mélodies doucement arabisantes et une fanfare lointaine (Death In The Brick Pits, The Die Is Cast – Part 1/The Die Is Cast – Part 2). Il étonne encore avec cette sorte de danse légère avec de la harpe et quelques percussions (Intro To Royal Barge/The Royal Barge (3:18). Egalement beaucoup de musiques d’émotions, qui reprennent le thème principal et développent une musique basée sur la force des sentiments, incluant notamment de brefs solos de violon sur l'épouse de Moise interprétée par Yvonne de CARLO (Moses Chooses Sephora), également des cuivres et de la grosse caisse (Burning Bush). Jusqu’à un final de la première partie, où Elmer BERNSTEIN déclame son thème principal de manière sensible, s’élevant comme une espérance (Word Of God-End Act 1) ; un thème qu’il  reprend sur l'ouverture de la seconde partie, de manière enlevée, grandiose, avec force de cuivres sur un tempo de marche (Overture – Act 2-). Il met aussi en avant un beau thème arabisant et romanesque, rythmé par de la harpe tandis d'un gimmick coupé par une brève variante du thème principal, lui donne des allures de marche dramatique (The Power Of God). Puis il revient à des thèmes impressionnants, sur les séquences de la mer rouge dont la musique tournante se réfère à la marche (The Red River). Le compositeur propose aussi plusieurs thèmes inquiétants, vibrants (Pestilence, Shadow Of Death). Et, comme une suite, impose la musique de l’exode, qui se décline autour du thème du thème principal, qui se transforme en une sorte de chant, juif, avant des musiques purement orchestrales (Shofars/Exodus/Dathan’s House/Nubian Drums). Pour le grand final, Elmer BERNSTEIN développe une musique haletante, qui enchaine les passages enlevés, portés par les cuivres et les percussions (The Finger Of God/Golden Idol/Idol Sacrifice/Idolators(Bacchanali)/Bacchanal/Shofar). Ceux-ci débouchent sur la musique du générique de fin avec, en son centre, le thème principal (The Lord’s Side/End Title) et celui de sortie en forme de parade (Exit Music). Tous les détails de la partition d’Elmer BERNSTEIN sont donc regroupés, y compris les innombrables fanfares dont certaines de style moyenâgeux (Shofars & Fanfares), des courtes chansons comme Song For Jethro’s Daughters, des processions (A Hardened Heart/Fanfare/Chariot Assembly/Ready For Battle Fanfares, Sethi’s Death Chant/Royal Falcon), diverses danses (Court Dance, Jethro’s Daughters’ Dance) et des variations étonnantes comme cette lente déclinaison pour orgue du thème principal qui, du coup, ressort de manière plutôt religieuse (I Am That I Am). En complément de la partition complète, le troisième disque comporte quarante minutes de musique inédite, pour la plupart des thèmes alternatifs. Il contient également douze minutes où le compositeur joue lui-même au piano ses thèmes dans des démos préparées pour Cecil B. DeMILLE ! Et ce n’est pas fini ! Le quatrième disque présente en effet la bande originale dans sa présentation d'une heure enregistrée en mono en 1957 tandis que le cinquième disque reprend le réenregistrement de 1960 en stéréo. Enfin, le sixième disque reprend, pour la première fois en cd, l'album stéréo United Artists enregistré par Elmer BERNSTEIN en 1966. Bien évidemment, le coffret se trouve complété par un livret généreusement illustré, notamment des reproductions des différents modèles de couverture. Au final, ce coffret ravira les fans des films comme de la musique, inoubliable, d’Elmer BERNSTEIN !

THE TEN COMMANDMENTS (LES DIX COMMANDEMENTS) – Coffret collector. Bande originale du film de Cécil B. De MILLE, avec Charlton HESTON, Yul BRYNNER, Edward G. ROBINSON, Anne BAXTER, John DEREK, Vincent PRICE. Musique originale d’Elmer BERNSTEIN disponible chez Intrada records.

FIVE GRAVES TO CAIRO (LES CINQ SECRETS DU DESERT) / SO PROUDLY WE HAIL! (LES ANGES DE MISERICORDE)

Le label américain édite, sur un même cd, plusieurs bandes originales restaurées, du grand Miklos ROZSA, enregistrées, dans les années 1940, chez Paramount Pictures avec des orchestrations d’Eugene ZADOR et une direction d'Irvin TALBOT. Le programme commence par la partition quasi complète de FIVE GRAVES TO CAIRO (LES CINQ SECRETS DU DESERT), une des toutes premières qu'il a enregistré à Hollywood ; un drame  tourné en 1943 par Billy WILDER, avec Franchot TONE, Anne BAXTER, Akim TAMIROFF et le légendaire Erich Von STROHEIM dans la peau du maréchal Erwin ROMMEL. Les paysages d’Egypte et une bataille de chars ont  inspiré Miklos ROZSA pour créer un thème principal vif et grandiose, comme le seront ses principales partitions futures. Il poursuit par une sorte de marche martiale aux grands relents de cymbales, qui donne une couleur orientale qu'il mélange à un développement romantique quoique en mineur (Prelude/First Scene/Walk In Desert-abridged). Sur le personnage de ROMMEL, Miklos ROZSA continue, de manière classique, par un autre thème d'allure martiale. Il utilise suffisamment de cuivres, de caisses claires et de trompettes pour rendre toute l'inquiétude qui se dégage du Général allemand (Herr Rommel) et, plus loin, la tension, la gravité, par un thème plus agité devant, vibrant dans le contrepoint des courtes attaques de percussions et de cymbales (Bramble & Soda). De même, il amène un thème qui se développe dans les vibratos, les courts crescendo, accentuant ainsi la tension inhérente au personnage (Herr Rommel Takes Coffee), des cordes larges, tendues, à mesure qu’avance le danger (The Professor’s Photograph). Ou encore des cordes qui apparaissent tournantes quand il s'agit de mélanger romantisme et suspense (Davos Discovered), davantage en majeur, à la façon d’une fanfare (Victory Montage (abridged) avant un Finale reprenant le thème d'amour dans un développement plutôt en mineur suivi d'un développement avec une ligne de violon. Suit la musique du film LES ANGES DE MISÉRICORDE (1943), réalisé par Mark SANDRICH,  avec Claudette COLBERT, Paulette GODDARD, Veronica LAKE, George REEVES ; un drame se déroulant suite à la bataille de Pearl Harbor. De nouveau, Miklos ROZSA commence par un thème coloré ; une sorte de marche prestigieuse, avant de se poursuivre de manière chantante, patriotique, matinée de cuivres (Prelude) ;  une marche qu'il reprend sur un tempo plus lent, incluant des parties fraiches, se dirigeant vers un développement chantant, assez classique du cinema américain (Shipboard-based on California, Here I Come). Comme dans ce morceau, en plus de sa musique dramatique originale, Miklos ROZSA a fait un usage rare de citations de chansons existantes comme Star Spangled Banner, également de belles musiques de noël, dans une couleur instrumentale typique des années 1940 (Christmas Tree, Jingle Bells). Puis vient la musique de la scène d'amour : profonde et légère, qui s'envole dans de longs mouvements de cordes (Love Scene). Avant  une musique qui mélange habilement tension et fougue romantique, tout en déployant des plages frissonnantes (Olivia And Planes). Arrive la musique de THE HOUR BEFORE THE DAWN, un film de Frank TUTTLE (1944), avec Veronica LAKE, Franchot TONE et John SUTTON. Miklos ROZSA l’ouvre par un thème grandiose, qui se développe dans un large mouvement crescendo de cordes sur une structure parfois tournante ; une musique qui se déploie dans la largeur (Prelude/England 1923). Miklos ROZSA continue par un superbe thème complétement mélancolique, parfois accentué par une ligne de violon (May Returns). Il amène ensuite un motif inquiétant, dans les vibratos, reprenant le thème principal sur un mode grave, qui aboutit à de véritables musiques de tension (The Signal Fire). On trouve aussi trois morceaux, dont un complétement inédit puisqu'il ne figurait pas dans le réenregistrement de 2014, de la bande originale de THE MAN IN HALF MOON STREET, un film de Ralph MURPHY (1945), avec Nils ASTHER et Helen WALKER ; une partition qui représentait, avec cette histoire de savant fou, une incursion inhabituelle du compositeur dans le domaine de l'horreur. Miklos ROZSA y commence par un Prelude dynamique, malgré une mélodie principale teintée de romantisme et de tragique, que l'on retrouve sur le thème suivant (The Diary) et le Finale  un développement dans les vibratos, les notes lointaines,  et sombres. On entend ensuite le seul morceau ayant survécu de la bande originale de THE WOMAN OF THE TOWN (LA LOI DU FAR-WEST), un film de George ARCHAMBAUD, avec Albert DEKKER, Bat MASTERSON et Claire TREVOR en chanteuse de de saloon. Il s’agit du Finale dans lequel Miklos ROZSA offre un bref aperçu du thème d'amour, empli de douceur, de délicatesse, porté par des cordes tristes mais avec une légère et du thème principal, dont la mélodie se voit développée par un violon et une harpe, l'orchestre intervenant en contrepoint (Boot Hill-Finale). Au final, voilà un  beau disque qui, sur plus de 70 minutes, regroupe quelques partitions inédites ou rares, mais pas indispensables, d’un Miklos ROZSA encore très jeune. Un disque recommandé aux collectionneurs et aux passionnés de cinéma américain d'une période marquée par les conflits en Europe. D'où des partitions souvent martiales, emplis de mouvements en mineur, de vibratos, mais aussi, par des thèmes sensibles et émouvante, épris de liberté.

FIVE GRAVES TO CAIRO / SO PROUDLY WE HAIL! Musiques originales de Miklos ROZSA disponibles en édition limitée chez Intrada records.

 

DOUBLE INDEMNITY: FILM NOIR AT PARAMOUNT (2CD)

Avec ce double cd, le label américain revisite l'âge d'or des studios Paramount et plus particulièrement les Films Noirs, dont les bandes sonores sont présentées ici en première mondiale ! Le programme commence par la musique complète de Miklós ROZSA pour ASSURANCE SUR LA MORT, un classique de Billy WILDER (DOUBLE INDEMNITY-1944), avec Barbara STANWICK, Fred Mac MURRAY et Edward G. ROBINSON. Miklós ROZSA entame sa partition par un thème typiquement hollywoodien, aux mélodies répétitives à intervalles réguliers. Il s'agit aussi, dans un deuxième temps, d'un motif tournant (Prelude/First Scene). Il amène ensuite des thèmes bref, souvent enjoués, incluant une courte mélodie au violon (In The Cab), plus sensible  (The Anklet) ou encore  agité, avec de courts crescendo (Inner Struggle). Il revient à une couleur tragique, et développe un motif à la mélodie impériale, qui annonce ses partitions de péplum (The Conspiracy). Il n'en oublie pas la dimension dramatique au travers d'un thème dans les vibratos et  les cuivres résonnants (The Market, The Hallway) ni le suspense par un thème plus sournois (Preparation/The Murder); une ambiance lourde parfois accentuée par de la clarinette et une courte cellule répétitive (Warnings). Enfin, pour le grand final, Miklós ROZSA revient à un mouvement  de thriller, avec des cordes qui grattent, une cellule mélodique insistante et un solo de violon (Punishment/So Long Keyes/Finale). Toujours de Billy WILDER, on entend ensuite la musique d’Hugo FRIEDHOFER pour ACE IN THE HOLE (LE GOUFFRE AUX CHIMERES-1951), avec Kirk DOUGLAS, Jan STERLING ; une partition qui s’ouvre par un Prélude intense, presque mélodramatique ; un thème peu mélodique au début puis plus chantant, dans une veine proche de Georges GERSHWIN et que l’on retrouve plusieurs fois, notamment pour introduire des plages de suspense (The Dirty Work Begins), également sur des thèmes plus sensuels, agrémentés de cordes généreuses et de saxophone (Platinum Blonde). La partition continue par des thèmes tendus qui contiennent  parfois des sursauts harmoniques. Mais surtout qui développent une ambiance  venimeuse (Sand Trickle, Pneumonia) qui ne cesse de revenir jusqu’à Grand Finale puis un Tatum’s Death and End Title/End Cast rebondissant entre action et romance. Vient ensuite la musique de RACCROCHEZ, C'EST UNE ERREUR (SORRY, WRONG NUMBER), réalisé en 1948 par Anatole LITVAK avec Burt LANCASTER, Barbara STANXYCK, qui offre à Franz WAXMAN la place pour installer une partition qui commence par un Prélude d’abord précipité, dans la veine des musiques d’après guerre qui appuient sur les sentiments. Puis, progressivement, le compositeur se dirige vers une musique plus dans les violons bien qu’elle reste toujours finement diabolique (Prelude/The Foreword). La  partition contient des moments référentiels, comme ce détournement d’une musique de mariage (Wedding and Honeymoon). Le compositeur continue par un thème qui privilégie les vibratos, installant ainsi une ambiance étrange, néanmoins rythmée par quelques percussions (Staten Island). On entend ensuite la partition de THE DESPERATE HOURS (LA MAISON DES OTAGES) réalisé par William WYLER en 1955, avec Humphrey BOGART,  Fredric MARS. La musique a, pour partie, été signée Gail KUBIK, qui a composé beaucoup d'œuvres classiques et une quinzaine de musiques de films entre 1940 et 1962. Bizarrement, le premier thème (Paramount Seal/Prelude) n'est pas de lui mais de Nathan Van CLEACE (connu pour ses partitions sur la série TWILIGHTZONE). Il s'agit d'un thème assez martial dans l'association des cuivres, des caisses claires et d'un piano martelant des notes crescendo. Ce qui sonne différemment des musiques hollywoodiennes de l'époque, comme la partition de  Gail KUBIK dont plusieurs thèmes n'ont pas survécus dans le film. A commencer par une étonnante, dissonante, cuivrée autant que pianissimo Kobish Toccata. On trouve aussi un thème de Danièle AMFITHEATROF, un compositeur russe oublié qui, ici, joue la tension, par une musique  souvent dans les vibratos  (Rétribution). A ce moment  apparaît THE SCARLET HOUR, réalisé par Michael CURTIZ en 1956, avec Tom TRYON, Carol OHMART. Le compositeur Leith STEVENS commence par un Prélude impérial et romantique dans son développement incluant le Never Let Me Go (Theme Intro) écrit par Jay LIVINGSTON & Ray EVANS (auteurs de la célèbre chanson Que Sera, Sera-Whatever Will Be, Will Be- en 1953), et que l'on retrouve sur un thème plus dansant (Never Let Me Go-Crystal Room Beguine) repris juste avant le générique de fin (Paulie Packs/End Title). Le compositeur continue par des musiques tremblantes et rythmées;  on y note notamment  de micro boucles ainsi que de brefs crescendos (Unexpected Arrival/Ralph Trails Paulie/Lynbury Home, Breakup/Close Watch/Lynbury Home)  Plus classiquement, Leith STEVENS cosigne un Scarlet Hour Mambo avec Bébé BLAKE.  Puis, en solo, un Music City Jump jazzy, et un efficace Teen Swing très dans l'esprit Glenn MILLER. Déboule encore la musique de UNION STATION (MIDI GARE CENTRALE, célèbre histoire de kidnapping de Rudolph MATE (1950), avec William HOLDEN. La musique est signée d'Heinz  ROEMHELD, compositeur Oscarisé en 1942 pour YANKY DOODLE DANDY, qui commence par un Prélude grandiose qui vire vers une couleur plus intimiste, en particulier en mettant en avant de la clarinette. Il continue par un thème intense, qui multiplie les cellules courtes et les boucles qui évoquent une urgence  (The Stockyard) avant de revenir à un morceau qui joue plus l'ouverture (Trapped/End Title). Le programme s'achève par L'HOMME AUX ABOIS (I WALK ALONE) réalisé par Byron ASKIN en 1948, avec Burt LANCASTER, Kirk DOUGLAS. Pour la musique, Victor YOUNG (qui a souvent collaboré avec Cecil B. de MILLE) introduit un Prélude romanesque et rythmé. Il poursuit dans la même veine, servie notamment par des solos de violons qui précédent des thèmes plus tranchants (The Revelation/Hi-Jackers/We’re Partners, Dutch Uncle/Frankie Comes Through). Victor YOUNG alterne aussi les épaisses cellules répétitives et les mouvements expressifs (Double Cross/Dave’s Double Cross/End of Fight and Intro) ainsi que de longs mouvements axés sur l'attente, le danger (The Ride). Au final, ce bel hommage aux musiques de films noirs américains des années 1940 et 1950 rassemble une belle brochette de compositeurs : des très connus encore aujourd'hui, comme l'immense Miklos ROZSA dont les super productions sont souvent diffusées à la télévision. Mais aussi des compositeurs méconnus comme Heinz  ROEMHELD et Gail KUBIK. Comme toujours chez le label, les musiques ont été méticuleusement restaurées et le tout est enveloppé d'un livret documenté et d'un joli visuel.

DOUBLE INDEMNITY: FILM NOIR AT PARAMOUNT (2CD). Musiques originales de Miklos ROZSA, Hugo FRIEDHOFER, Franz WAXMAN, Victor YOUNG, Heinz ROEMHELD et Gail KUBIK. Disponible en double cd chez Intrada records.

THE HEROES OF TELEMARK/STAGECOACH

Le label américain propose une double réédition avec deux bandes originales des années 1960. D'abord LES HÉROS DE TELEMARK de Malcolm ARNOLD (TRAPEZE – 1956, L’AUBERGE DU SIXIEME BONHEUR – 1958 et de nombreuses pièces classiques), compositeur rendu célèbre par la marche du film Le Pont de la Rivière Kwaï en 1957. Il propose ici une bonne partition, portée par un thème solide, très dans l'humeur du cinéma américain de l'époque, également, film de guerre oblige, une marche en forme de fanfare assez classique, rythmée  et colorée (04. German Army Band). Malcolm ARNOLD commence donc par un thème qui s’ouvre à la manière du Richard STRAUSS d’Also Sprach Zarathustra mais la comparaison s’arrête là ; le compositeur s’en échappant grâce à une mélodie de base courte mais développée de façon héroïque, recouverte de sonneries detrompettes, de percussions et des cordes généreuses. Dans sa deuxième partie, la musique joue plus le côté militaire notamment par l'entrée d'une chorale avant une reprise orchestrale (Main Title) ; un thème que l’on retrouve souvent, ici dans une musique crescendo, vibrante;  les cordes  jouant surtout l'impérialisme historique (Stupid Fool). Puis dans une variation intense, colorée par des flûtes et des trompettes qui lancent une musique de suspense répétitive, matinée de beaux développements de cordes en mineur, jouant le tragique mais aussi, renforcé par des tambours, l'action (Must Get To England). Il l’intègre aussi dans un thème d'amour flamboyant, parsemé de cordes généreuses sur un rythme tournant dont la deuxième partie, introduite par des roulements de caisses claires, joue plus la tension (Love Theme-"Anna"). Malcolm ARNOLD continue par un thème qui, contenant des pauses, appuie le danger, puis se développe sur un mode tragique, émouvant (Fall Astern) et, toujours, une reprise du thème principal, que l'on retrouve d'ailleurs plusieurs aussi dans une version symphonique, presque romantique, interrompue par des notes plus graves, des pizzicatos (Knute Skiing Away). Ou encore dans un développement généreux où des roulements de caisses claires annoncent des musiques d’aventures, répétitives, crescendos (Ferry Leaving Harbor), parfois soutenues, précipitées et martiales, avec beaucoup de percussions et de cuivres (Destruction Of Plant). Malcolm ARNOLD boucle sa partition par un thème sifflé, doucement mélodique puis une reprise du thème principal (Heroes Of Telemark And End Titles). En deuxième partie, on trouve un classique de Jerry GOLDSMITH : STAGECOACH (LA DILIGENCE VERS L'OUEST) ; une partition certes secondaire mais qui reste une référence, notamment par un thème principal décliné de manière orchestrale dans un Main Title délicat, dans les violons avant une large partie mélodique avec des trompettes annonciatrices d'autres partitions légendaires comme The Red Pony et Raggedy Man. On le retrouve aussi plus loin de manière lyrique avec des choeurs (Stagecoach Theme-I Will Follow) et nostalgique (All Is Forgiven), avec de l'harmonica  qui devient plus inquiétante avant une deuxième partie rythmée (A New Passenger And The Reward), et enfin dans une lente variante jouant le suspense, l'action (Family History). Le compositeur confirme ses choix dans des thèmes qui jouent à la fois l'aventure, en utilisant les cuivres, l'harmonica (The Aftermath) et l'intime, la nostalgie, avec de la guitare sur un tempo assez lent (The First Born And Escape Route) mais aussi de l'harmonica, en particulier sur le final (Get Out Of Town-Finale), de la guimbarde dans un thème qui d'intimiste s'élève (No More Indians). On note aussi une autre chanson, plus pop, quelque peu décalée pour un western (Stagecoach To Cheyenne). Au final, s'il ne s'agit de l'album le plus intéressant du label on apprécie ces deux partitions. THE HÉROS OF TELEMARK d'abord, qui mérite une découverte pour son thème puissant, omniprésent et ses orchestrations colorées ; STAGECOACH ensuite pour ses thèmes principaux mélodiques, à la fois enlevés et émouvants servant à la fois l'époque de la conquête de l'ouest et des sentiments intemporels et son côté précurseur du génie de son compositeur. Vivement recommandé !

THE HEROES OF TELEMARK. Un film d’Anthony MANN (1965), avec Kirk DOUGLAS et Richard HARRIS. Musique de Malcolm ARNOLD/STAGECOACH. Un film de Gordon DOUGLAS, avec Ann MARGRET, Red BUTTONS et Miki CONNORS. Musique de Jerry GOLDSMITH. Disponible chez Intrada records.

Image 

LE RAT D’AMERIQUE
Le label canadien présente une nouvelle pépite de la musique de films tricolore, en l’occurrence une partition de Georges GARVARENTZ (1932-1993); un compositeur plutôt méconnu et pourtant, comme le montre ses grands succès (UN TAXI POUR TOBROUK, DU RIFIFI A PANAME, MARCO POLO, CAROLINE CHERIE, TEHERAN 43), à l'aise dans une grande variété de styles. LE RAT D'AMERIQUE constitue un film à part,  réalisé par Jean-Gabriel ALBICOCCO, racontant les péripéties d'un Français (Charles AZNAVOUR), qui part tenter sa chance en Amérique du Sud et y rencontre une femme mystérieuse jouée par Marie LAFORET. La musique, très présente dans le film (visible sur You tube) de Georges GARVARENTZ continue, un demi-siècle après sa sortie en 1962, d’impressionner par ses thèmes brillants et sa couleur, purement instrumentale, interprétée par l'Association philharmonique de Paris (fondée par Georges GARVARENTZ), et réunissant 90 musiciens sous la direction de l’éminent Raymond LEFEVRE. Il en ressort un joyau de partition qui séduit d’abord par les sonorités classiques de l'orchestre symphonique à l’image du superbe thème principal, que le compositeur expose dès le générique, après une ouverture colorée en forme de fanfare ; il s’agit du motif d'amour, profond, grandiose. Dans un second temps, il en présente une variante plus rythmée, lorgnant vers la dimension aventures (Le Rat D'Amérique). Ce thème, Georges GARVARENTZ va le balader tout le long du film, par  exemple en l'intégrant  dans un thème enlevé, annonciateur de suspense, à forte dose de percussions et de cuivres (Salto Monday - La Fuite Près Du Torrent), ou, agrémenté d’une ligne de violon mélancolique, dans un mouvement en mineur et un  développement assez grave (Playa De Chinchorros - Préméditation Au Meurtre, La Mine Et La Benne) ; des thèmes essentiellement symphoniques, qui jouent sur le mélodrame à travers des schémas très entendus dans le cinéma surtout américain (Retrouvailles), la tension, le danger, souvent à base de vibratos, de montées orchestrales (Charles Fuyant La Mine), l’action (Draisine Et Cavaliers). Ce qui va jusqu’à des thèmes rythmés, qui rappellent (sans rien avoir à leur envier) à certaines partitions de westerns (Vamos). Ces thèmes, qui usent de l’orchestre, se marient parfaitement avec des motifs plus sentimentaux, parfois poétiques (Rapture, Départ - Le train) ou dramatiques (Le Viol), à base de flûtes, de harpe ; des motifs servant de pont vers des mouvements inspirés du répertoire traditionnel du Paraguay et de la Bolivie (Rencontre à Asuncion), en l’occurrence des morceaux souvent chantants, d'une rafraichissante vitalité, contenant des sonorités proches de fanfares populaires (Taverna, Via Arica) ou plus lents, contenant du souffle, des cuivres autant que l’orchestre, d’où une dimension nostalgique, éclatante à mesure que les personnages découvrent différents paysages d’Amérique latine (Le Canon, Les Animas - Frontière Bolivie-Chili). Comme le rappelle justement le producteur, faute de retrouver la bande-maîtresse de l'enregistrement d’origine, ce disque a été réalisé à partir du support vinyle restauré numériquement. C’est donc avec un grand plaisir que l’on (re)découvre une partition dans laquelle, de toute évidence, le compositeur a donné le meilleur de lui-même ; ce qui se ressent évidemment dans le thème principal, d’une grande générosité mélodique doublée d’une orchestration symphonique puissante. Mais aussi dans une multitude de courts motifs, souvent puissants, référentiels soit à un cinéma très classique, soit à des sonorités qui rappellent délicieusement les toiles d’antan, racontant des histoires d’amour tragiques. On ne peut alors que recommander l’écoute de cette partition au charme vieillissant mais aux thèmes intemporels d’un compositeur, Georges GARVARENTZ, à redécouvrir. Plus qu’un classique, il s’agit bien d’un chef d’œuvre qui revient à nos oreilles !

LE RAT D’AMERIQUE. Un film réalisé par Jean-Gabriel ALBICOCCO, avec Charles AZNAVOUR et Marie LAFORET. Musique originale de Georges GARVARENTZ, disponible édition limitée à 500 exemplaires chez les disques Cinémusique.

 
 
 

CINÉMA PIANO SOLO, 21 CLASSIQUES DE CLAUDE BOLLING EN PIANO SOLO

En 2011, soit cinquante ans après son premier court métrage, et comme d'autres compositeurs avant lui (notamment Michel LEGRAND) le grand ClaudeBOLLING se lance dans un projet ludique et rétrospectif, à savoir associer sur un même album son statut de pianiste renommé à celui de compositeur pour l’image. Ce qui lui permet de laisser libre cours à la fois à son inspiration de pianiste, ses qualités de mélodiste et improvisateur. L'album commence par le thème de FLIC STORY, le film de Jacques DERAY, cinéaste pour lequel a énormément composé Claude BOLLING. Celui-ci nous propose un thème à la mélodie relativement simple mais coulante, classieuse sur le personnage de flic que ne quittera quasiment jamais Alain   DELON et qui se développe allègrement au piano, contrepoints à l'appui. Dans la même verve, et avec le même duo en tête d'affiche, Claude BOLLING enchaine avec le thème plus grave, en particulier dans le contrepoint, mais aussi romantique dans la mélodie,  deTROISHOMMESAABATTRE. Vient ensuite plusieurs thèmes de l'illustre BORSALINO, à commencer par le motif doucement  joliment chantant et mélancolique Prends-moi Matelot, écrit en collaboration avec  Jean-Claude CARRIÈRE ; puis La réussite, excellent thème de ragtime qui symbolise  le talent de Jean-Paul BELMONDO et d'Alain DELON, et enfin le Borsalino thème,  dont la mélodie, très célèbre, démarre lentement, s'étend dans des improvisations jazzy et qui font de cette revisite un régal. Claude BOLLING continue sur sa lancée avec La ComplainteDesApaches, l'inusable thème de la série LES BRIGADES DU TIGRE, remarquablement revisité dans cette version pianissimo. Du même réalisateur, encore une curiosité avec le thème rythmé et doucement swing Raner tiré de L’ETRANGE MR DUVALLIER (1979). On entend un thème moins connu, plus sentimental, profond dans sa couleur comme son développement, écrit pour le film LA MANDARINE réalisé par Édouard MOLINARO tout comme la série LES CLAUDINE (1978) et son thème principal délicat et sensible. Vient ensuite un classique, et même un des plus beaux thèmes de Claude BOLLING, à savoir la Louisiana Waltz du LOUISIANE de Philippe de BROCA, dont on entend aussiun Old New Orléans, plus jazzy, traditionnel du 19eme siècle,  répétitif mais tout autant charmant, et plus nostalgique. Du même réalisateur, on trouve aussi un autre sommet de la carrière de Claude BOLLING pour le cinéma avec quelques extraits de la partition de la comédie LE MAGNIFIQUE, à commencer par le thème sentimental et comme sortant d'orient ou plutôt de Russie Tatiana puis, celui, féminin et sensuel, très plaisant et au charme rétro, de Christine. On arrive à une autre rareté, le thème Dors Bonhomme, plutôt lent, de couleur sombre et à la mélodie délicatement efficace, tiré du film de Serge LEROY LES PASSAGERS (récemment édité par Music Box Records). Viennent ensuite plusieurs extraits des partitions de Claude BOLLING pour les films animés LUCKY LUKE : d'abord le motif plutôt enlevé et rythmé Far WestChoCho, le thème mélodique et mélancolique aux parfums américains I'm A Poor Lonesome Cow Boy et, enfin, le très ragtime Daisy Town Saloon. On entend encore le très beau Nostalgie tiré de la musique de la série LE CLAN réalisée en 1988 par Claude BARMA. Puis, celui, particulièrement mélodique et enjoué, à l’allure très britannique, God bless rugby, du film de Marcel CAMUS LE MUR DE L’ATLANTIQUE, le thème plus grave mais en même temps nostalgique, Le Labyrinthe de L’HOMME EN COLÈRE réalisé par Claude PINOTEAU. L'album se termine en sorte d'exercice de style avec un extrait de la partition du film muetFIANCESEN FOLIES réalisé par Buster KEATON. Comme souvent, ce genre de disque multiplie les avantages : d'abord, comme le titre l'indique indirectement, il fait office de best of puisqu'on y retrouve 21 classiques du compositeur. Ensuite, s'agissant d'un enregistrement récent, on peut le considérer comme un nouvel album; ce qui n'est pas rien pour Claude BOLLING, qui ne compose plus ou presque pour l'image. Enfin, et c'est sans doute le plus important, il offre un nouvel éclairage sur l'essence, notamment mélodique des thèmes; une dimension renforcée par les qualités d'interprète qui ne sont plus à prouver chez Claude BOLLING, pianiste qui officie encore certains dimanches au Sofitel de la Porte Maillot avec son Big Band. Au final, ce disque succulemment pianissimo constitue un véritable témoignage à disque ouvert de la story du génial Claude BOLLING.CINÉMA PIANO SOLO, 21 CLASSIQUES DE CLAUDE BOLLING EN PIANO SOLO. Musiques originales composées et interprétées par Claude BOLLING, disponible chez FREMEAUX & ASSOCIES. Plus d’informations sur www.fremeaux.com

 

 

MASTER OF THE WORLD / GOLIATH AND THE BARBARIANS (2CD)

Le prestigieux label américain présente la réédition de deux musiques de films fantastiques composé par  Les BAXTER, connu pour ses partitions pour Roger CORMAN (LA CHUTE DE LA MAISON USHER de Roger CORMAN – 1960) mais aussi Ray MILLAND (PANIQUE ANNEE 0 – 1962). La première bande originale, présentée dans un son stéréo dynamique, est l’adaptation, par Richard Matheson et William WHITNEY du roman de Jules VERNE LE MAITRE DU MONDE, mettant en vedette Vincent PRICE et Charles BRONSON. Chose intéressante, cette musique est présentée dans deux  versions : d’abord  une suite d’une vingtaine de minutes, dirigée par Cal CARTER et apparemment destinée à un cd qui n’a jamais vu le jour. Sans surprise, l’album commence par le générique (Main Title And Dreams Of Flight), à la fois, généreux et orchestral, qui s’amplifie sur la séquence d’un vol  impressionnant. Les BAXTER propose ensuite une musique colorée, rythmée, rapide ; une pure musique d'action très orchestrale utilisant beaucoup de cuivres notamment des trompettes mais aussi du xylophone. Il s'agit d'un thème continu, très bien orchestré, à la partie mélodique en contrepoint ; un genre de musique très courant dans le cinéma d'après-guerre, qui appuie l’aventure, le romanesque Betrayed And Discipline).Pour la séquence des montagnes, le compositeur introduit un thème profond, romanesque avant de dévier vers un suspense sous-jacent ; un motif martial dans son aspect avec les caisses claires tandis et large dans son développement (The Mountains). La sélection se termine par une chanson, semble-t-il destinée aux projections tests plus qu’au film lui-même, qui se caractérise par une mélodie plutôt lente, nostalgique, très dans l'esprit des comédies musicales américaines (Come Dance With Me - Exit Music). La deuxième partie du disque contient la bande sonore originale de 1961, dirigée par Les BAXTER lui-même et qui offre le mérite d’offrir des thèmes plus développés, plus adaptés à l’image malgré un son d’époque que l’on aurait aimé meilleur. Elle commence par un thème principal coloré, rythmé par les cuivres, les bois et le xylophone ; un thème hésitant mais doucement mélodique, à la façon d’une comédie musicale américaine (Topage). Elle continue avec un thème  large, vibrant, toujours riche en cuivres, sans véritable mélodie, mais qui se développe d’abord de manière aérienne puis dans une fougue plus romanesque avec des mouvements circulaires évoquant les avions (Overture) ; une largeur que l’on retrouve dans une musique flamboyante, orchestrale et doucement lyrique, appuyée par les cuivres et des cordes amples, généreuses avec quelques percussions en contrepoint (The Albatross). La partition contient aussi des thèmes colorés, vibrants, avec de la mandoline ; ce qui donne une musique romantique, gracieuse, véritablement séduisante (Mediterranean). ; Également des musiques de combats assez grandioses, appuyées par les percussions, avec des accents romanesques non négligeables (Over The Rocks). On note aussi un thème assez fort, qui se développe dans un mouvement pour piano et orchestre assez flamboyant, incluant une large mélodie appuyée par le piano mais aussi quelques trompettes et caisses claires (Flight Concerto). On note enfin une valse basée sur une mélodie au piano accompagnée d'un contrepoint de cordes ; ce qui lui donne un aspect élégant, étincelant même si assez convenu (Balloon Waltz). Si le titre du deuxième disque correspond à la bande originale de GOLIATH AND THE BARBARIANS (LA TERREUR DES BARBARES), réalisé en 1959 par Carlo CAMPOGALLIENI, il s’agit en fait de la reprise de l’album LEX BATER’S BARBARIAN, regroupant les musiques de plusieurs péplums italiens interprétés par le très musclé Steve REEVES ; des musiques interprétés par le London Sinfonia sous la direction de Muir MATHIESON. L’album débute par une ouverture grandiose, colorée, répétitive mais mélodique, sur un tempo de marche qui contient néanmoins une courte partie romanesque (Goliath’s March - Main Title). Pour le thème d’amour, Lex BASTER introduit une musique profonde, lente, doucement tragique avec des percussions, de la guitare, et une mélodie légère (Landa (Love Theme) ; un thème qui se démarque par une inspiration orientale particulièrement présente dans ce programme, comme dans cette danse qui, avec pas mal de percussions, de harpe, égrène lentement sa mélodie sur une base rythmique puissante et des cellules pianissimo répétitives (Sword Dance, (Fire Dance). On reconnait néanmoins chez Lex BAXTER un style de musique classique du cinéma des années 1950 1960, qui développe un univers tendu, dans les vibratos, qui souligne le  danger avec pas mal de cuivres dans des partes aériennes, et une sorte de sonorité omniprésente qui sert de passerelle à la reprise aussi mélodique que tragique voir militaire (Mountains Of Mystery) ; également des motifs tournants, et des effets qui explorent toutes les parties de l'orchestre (Barbarian Games -Noisy Village) ou encore des motifs obsessionnels, avec un développement profond, grave, avec parfois la présence d'un piano inquiétant. (Night Attack Of The Stranger). Pour le générique de fin, le compositeur propose une jolie  marche à la fois colorée, entraînante, soutenue avec une mélodie bien trempée accompagnée par des percussions, des cordes et des cuivres assez rapides (March Of Victory (End Title). Au final, ce double cd très complet et illustré remet à l’honneur deux très bonnes partitions de Les BAXTER ; un compositeur très connu, réputé aux Etats-Unis, beaucoup moins en Europe. Une belle édition pour un compositeur qui mérite d’être redécouvert !

MASTER OF THE WORLD / GOLIATH AND THE BARBARIANS (2CD)

Musiques originales composées par Les BAXTER disponibles en double cd chez Intrada records.

THE MIRACLE

Au XIXème siècle, durant les guerres napoléoniennes d’Espagne, un jeune soldat blessé tombe amoureuxd'une nonne dans la vallée de Miraflores. Hormis un enregistrement de 1974 sur le label privé du compositeur, il n’existait pas d’édition de la musique originale de cette musique d’Elmer BERNSTEIN. Le label américain répare cette injustice avec ce double cd qui contient plus de 90 minutes d’une musique incroyablement riche, lyrique et épique, dans la veine de la partition pour LES DIX COMMANDEMENTS, le légendaire péplum de Cecil B. De MILLE. Elmer BERNSTEIN l’ouvre par un Main Title grandiose, dans la lignée de certaines mesures des 10 COMMANDEMENTS. Il s’agit d’un motif doucement répétitif porté par les chœurs et l’orchestre, avant une partie plus enlevée, plus martiale, avec pas mal de percussions. Il continue par un thème profond, mélodique et doucement dansant, notamment grâce à l’apport des percussions. Il s’agit d’une musique fluide, gracieuse, profonde, typique des productions hollywoodiennes qui mettent en lumière un grand pouvoir de l'Eglise (At First Sight). On entend aussi une dimension mélodramatique représentative du cinéma des années 1950 à travers des vibratos, un solo de violon qui lit la mélodie principale avant un développement poignant, assez classique, avec des chœurs qui semblent sortis du ciel (Infirmary) ; la partie romantique atteignant son paroxysme dans le très large morceau Departure/Decision/Flight/French Attack qui, dans sa deuxième partie, monte crescendo vers des tournants plus tragiques, qui font la part belles au cuivres et des cordes tournantes qui soutiennent la tension. Ce thème d’amour, relativement simple, on le retrouve plusieurs fois, notamment sur la boite à musique, doucement mélodique, suivi de vibratos avant une reprise orchestrale en forme de prière (Musical Watch/Death News, With Your Permission/The Painting). Puis, dans sa deuxième partie, la partition prend un tournant bien plus dynamique et surtout à consonance espagnole. On trouve toujours des thèmes très classiques, très séduisants, comme ce mouvement plein d’entrain et de grâce d’inspiration hispanique à l’orchestration lumineuse mais avec des retentissements militaires dans l’utilisation de la trompette (Un Momento) ; On le voit donc, pour la première partie du film, Elmer BERNSTEIN a créé une musique surtout romanesque, et d’inspiration classique. Puis, petit à petit, grâce à une orchestration qui privilégié la guitare mais aussi des accords vibrants, il vire vers des couleurs plus chaudes, davantage en accord avec l’esprit espagnol. Cela se ressent dans des motifs gracieux, avec des guitares qui annoncent la couleur mexicaine et aussi l’émotion des SEPT MERCENAIRES. (Convalescence), également dans des thèmes plus mélancoliques, à base de violons ou de guitares (Christian Gypsy/Proposal) voir des danses espagnoles avec également des castagnettes. (Betrayal/Guido Dead, Madrid) ou encore des trompettes (Casimir Exits, Teresa and Cordoba). Jusqu’à une déclinaison en pur flamenco (La Morena Gitana). Ceci dit ; Elmer BERNSTEIN n’en oublie pas les pures musiques de film, qui servent l’action avec des cordes et surtout des percussions (Stolen Fruit), ou s’appuient sur des variations du thème principal (Reunion). On notera également que le compositeur utilise joliment la valse pour la séquence de la victoire (Toast to Victory/Waltz). Elmer BERNSTEIN, avant de refermer sa partition par un End Title, reprend un superbe Ave Verum Corpus de Wolfgang Amadeus MOZART. Le deuxième disque contient également quelques versions alternatives, des musiques traditionnelles (Oh Maria, Madre Mia, Auld Lang Syne) ou de compositeurs anonymes  (Salve Virgen Pura, British Grenadiers, La Boca de Pepita, Cancion de Maja,  Muineira), arrangées par Elmer BERNSTEIN. Au final, on se trouve devant une partition généreuse, qui mélange passion, religion et guerre. Avec ses thèmes forts, parfois grandiloquents et des orchestrations qui débordent de lyrisme, Elmer BERNSTEIN colle aux sentiments des personnages. De plus, en mélangeant les couleurs typiquement hollywoodiennes à des teintes plus européennes, il amène à sa partition une dimension universelle. Il s’agit donc, sinon d’une partition indispensable d’Elmer BERNSTEIN, en tout cas d’une musique plaisante et de grande qualité, idéalement servi par ce disque conçu, comme toujours chez Intrada, avec beaucoup de soin.

THE MIRACLE (QUAND LA TERRE BRULE), un film d’Irving RAPPER (1959), avec Carroll BAKER, Roger MOORE, Vittorio GASSMAN. Musique originale composée par Elmer BERNSTEIN, disponible chez Intrada records 

 

CAHILL UNITED STATES MARSHAL (LES CORDES DE LA POTENCE) 1973

Le label Intrada propose un nouveau retour dans le passé avec cette partition jamais éditée d’Elmer BERNSTEIN (LES 10 COMMANDEMENTS, GHOSTBUSTERS). Il s’agit de la musique du western LES CORDES DE LA POTENCE, dans lequel John WAYNE interprète un impitoyable shérif confronté à son fils qui, emprisonné avec trois étrangers, se retrouve embarqué une sombre affaire de cambriolage d’une banque. Même s’il ne s’agit pas de la meilleure partition d’Elmer BERNSTEIN (on est loin du classique LES SEPT MERCENAIRES), on éprouve un réel plaisir à LA découvrir, surtout qu’elle décrit superbement l'Ouest emblématique incarnée par John WAYNE. Evidemment, le thème principal est celui associé au personnage du Shérif incarné par John WAYNE : un thème grandiose et qui respire la nature, avec une ouverture assez forte puis une mélodie haletante, généreuse et ample pour un orchestre large. Il en ressort alors un subtil mélange entre de la musique d’aventure et du romantisme. Il s’agit d’un thème à la fois classique de Elmer BERNSTEIN car on reconnait la patte mélodique, le style du compositeur, et en même temps étonnant car moins mélodique que d’habitude (Cahill: US Marshal - Main Title). Autour, on trouve essentiellement des musiques de circonstances qui se rattachent toujours au combat de Cahill avec le trio de voleurs de banque. Parmi elles, celle de la longue séquence du vol initial ("Killers") apparait comme un point culminant d’excitation et de suspense ; une musique basée sur une variation du thème principal et un développement assez lent, aérien. On note dans cette longue suite l’importance des percussions, qui à la fois rythment le danger et amènent une couleur typiquement western. Mais ce n’est pas tout car l’orchestre se déploie de toute sa force, en particulier les cordes et les cuivres en contrepoint, dans cette musique emplie de pointillés dramatiques (Killer).On trouve aussi des thèmes plus sombres, comme celui avec des parties obsessionnelles façon ouverture du générique et des vibratos de cordes qui amènent de la tension (Billy Joe). On note également la musique de la scène de nuit dans un cimetière qui permet au compositeur d’introduire des musiques plus douces, atmosphériques. Il le fait autour d’un thème orchestral généreux en ouverture puis plus calme, plus mélancolique, avec une prépondérance de vibratos (Cemetery). Même si ils sont moins nombreux, on trouve aussi quelques thèmes émotionnels, comme celui, profond et très orchestral, avec un peu de guitare dans lequel on retrouve encore en citation le thème principal avec des percussions (Apology). Egalement cette variation en forme de boucle, pour percussions et cuivres, du thème principal (Venture). L’album contient également la version vocale du thème principal interprétée par Charlie RICH sur des paroles de Don BLACK (A Man Gets To Thinkin'), que l’on retrouve en instrumental sur le générique de fin. On note enfin le morceau final, profond et doucement mélodique, qui avance doucement, de manière très émotionnelle avec, là encore, une partie d’action avec beaucoup de percussions et un orchestre très vivace (Various Troubles). Pour présenter cette partition dans son intégralité, le label a eu accès aux bandes complètes enregistrées en multipistes. D’où un son certes daté mais particulièrement clair. Comme toujours, le label a soigné son CD, qui présente à la fois des musiques inutilisées et des séquences vocales, accompagnées de photos en couleur, et des notes d'information de Jeff BOND ; une belle pièce de collection pour tout amateur des films de John WAYNE et des musiques d’Elmer BERNSTEIN !

CAHILL UNITED STATES MARSHAL, un film réalisé par Andrew V. Mac LAGLEN, avecJohn WAYNE. George KENNEDY, Gary GRIMES. Musique originale de Elmer BERNSTEIN, disponible chez Intrada records.

 

CHARADE / HATARI

A l’occasion du 100ème anniversaire d’Universal, le label américain rend hommage à Henry MANCINI avec la ressortie, en intégrales, de deux bandes originales. D’abord, celle du thriller romantique de Stanley DONEN CHARADE : en vacances en Suisse, Regina LAMPERT (Audrey HEPBURN) rencontre Peter JOSHUA (Cary GRANT). De retour à Paris, elle apprend que son mari a été assassiné et que, pendant la guerre il a, aidé par quatre complices, volé de l’argent pour financer la Résistance française. En guise de thème principal, Henry MANCINI propose un motif rythmique ternaire à base de percussions, de batteries, avec un mouvement mélodique qui apparait en arrière. Il s’agit d’un thème étonnant qui met en avant d’abord le côté policier et intègre le caractère sentimental, mélodique dans un deuxième temps. De plus, on est surpris par une orchestration qui fait la part belle aux percussions tapées et aux cordes graves (Main Title). On retrouve ce thème rythmique plusieurs fois dans la partition et surtout dans la dernière partie avec de multiples variations et développements, en particulier pour des scènes de poursuites  Variation sur le thème du générique avec notamment les mêmes percussions, thème inquiétant, menaçant, en particulier avec un contrepoint grave. Développement avec le même rythme mais apporté par l’orchestre (Metro Chase, Son Of Metro Chase, Game Over). Quant au thème sentimental, on le retrouve aussi plusieurs fois : dans un tempo très lent, nostalgique quand Reggie se retrouve seule, à base de piano et de cordes, très beau, très léger (Empty Room, Mean Cat), ou encore de clavecin avec des cordes en contrepoint (Notre Dame and Drip-Dry Waltz). Puis, Henry MANCINI le décline également en chanson reprise par le Chorus (Charade). Comme souvent, Henry MANCINI propose une multitude de thèmes jazzy, mélodiques et chantants : un motif avec de la batterie, du piano et de la clarinette pour les vacances de Reggie (Mégève), un autre plus lent avec du saxophone (Latin Snowfall), une valse lente, mélancolique, avec un solo de violon (Bye Bye Charlie), une sorte de musique de parade de cirque (Punch And Judy), des mambos et sambas (Mambo Parisienne, Orange Tamouré, Bistro) et même des musiques de fêtes foraines avec une sorte de limonaire (Carousel Medley). Puis, Henry MANCINI tend vers des musiques plus étranges dans lesquelles il reprend, dans un tempo très lent son thème principal en utilisant un piano qui apparait interrogatif. Ce qui donne une musique planante, soupçonneuse (Confide In Me). On note aussi l’utilisation de vibratos, notamment de cordes graves pour une musique qui joue sur la peur, l’inquiétude (Don't Trust Him, Hook Fight) et la touche française à travers un thème pour accordéon et violon (Bateau Mouche). Dans HATARI (qui signifie danger en swahili), une jeune femme et quelques hommes gèrent une réserve d'animaux sauvages en Afrique pour approvisionner les zoos monde entier. Le petit groupe reste uni mais la venue d’une photographe, Dallas (Elsa MARTINELLI) va semer le trouble, dans le cœur de Sean MERCER (John WAYNE) mais aussi en adoptant trois petits éléphants. Alors que le disque existant était un réenregistrement, le label américain nous propose la véritable musique entendue dans le film ; une partition qui évoque à la fois le danger de cette équipe qui courent après des fauves ou des mammifères d’Afrique et, en même temps, l’humour de certaines situations.  Pour évoquer la savane, le compositeur déploie une partition à base de percussions et de flûtes, des instruments évoquent à la fois l’espace et le rythme des animaux de la brousse en rythme. On note aussi des accélérations et des notes de piano qui expriment la vitesse des animaux (The Sounds Of Hatari). En guise de thème principal, Henry MANCINI offre un thème d’une ampleur et d’un souffle romantique exceptionnel, avec en contrepoint d’une mélodie discrète la trépidation des percussions (Main Title). Ce thème très rythmé, avec des cordes fines en plus des percussions, revient régulièrement, sur  les séquences de poursuites d’animaux (Giraffe Country, The Crocodile). Comme souvent dans ses musiques, Henry MANCINI propose des thèmes à base d’une rythmique de jazz, avec piano, batterie. C’est notamment le cas de ce thème de bar assez classique (Safari Bar Piano Blues) ou de motifs chantants pour piano et guitare (Night Side - Record Player). Mais aussi de thèmes décontractés à base de piano, de xylophone, de trompette et de clarinette (Night Side, Indian Comes Home). Toujours très jazzy, on retiendra aussi, par sa mélodie au saxophone un motif proche, dans l’esprit, de Lalo SCHIFRIN, un autre compositeur fou de jazz (Crocodile, Go Home!). On notera aussi, entre jazz, country et musique de comédie un thème de la trompette, des percussions et surtout de la guimbarde (Your Father’s Feathers). Pour évoquer les populations locales, notamment les Massai, le compositeur introduit un motif à base de cymbalum avec du rythme et du souffle, les percussions apportant un côté ensoleillé à la musique (Trip To Masai Wells). On retrouve le cymbalum dans certains thèmes d’action, d’aventures, où il souligne la tension (Swift Animal Chase). Une autre habitude du compositeur réside aussi dans la présence de chansons ou en tout cas de thèmes chantant. C’est le cas de Just For Tonight, un thème joliment mélodique porté par l’accordéon, des cymbales et bien sûr des cordes, repris en instrumental, pour piano solo et enfin par les chœurs). Dans la même lignée, on trouve un thème profond, ample et rythmé, assez classique, avec encore de l’accordéon (Paraphrase). Puis on trouve le thème le plus célèbre, celui attaché aux bébés éléphants, une mélodie imparable, presque enfantive avec une petite trompette et une clarinette qui joue les notes (Baby Elephant Walk) ; un thème que l’on retrouve plusieurs jusqu’à un superbe développement en forme de variation (Search For Dallas). Au final, ces deux albums permettent d’entendre, dans leur totalité, deux partitions célèbres du père musical de la Panthère Rose…

CHARADE, un film réalisé par Stanley DONEY en 1963, avec Cary GRANT, Audrey HEPBURN, Walter MATTHAU, Georges KENNEDY et James COBURN.

HATARI, un film réalisé par Howard HAWKS en 1962, avec John WAYNE, Elsa MARTINELLI, Hardy KRUGER, Gérard BLAIN.

Musiques originales de Henry MANCINI, disponibles chez Intrada records

 

THE BLACK CAULDRON

Depuis quelques temps, suite à un accord avec les studios Disney, le label américain Intrada propose des partitions soit inédites soit complètes de grands classiques. Après LE TROU NOIR (John BARRY) et L’ILE SUR LE TOIT DU MONDE (Maurice JARRE), voici l’édition de la musique écrite par l’immense Elmer BERNSTEIN (LES 10 COMMANDEMENTS) pour TARAM ET LE CHAUDRON MAGIQUE. Le film retrace le destin du jeune Taram, qui aimerait devenir chevalier. Mais son quotidien consiste simplement à protéger un cochon. Il faut dire que l’animal détient le secret de l’emplacement d’un Chaudron Magique recherché par le mystérieux Seigneur des ténèbres. Il s’agissait, pour l’époque (en 1985), d’une œuvre particulièrement audacieuse et sombre pour un film familial, à tel point que cela a entrainé son échec  Mais pas celui de la musique qui, hormis un réenregistrement par le compositeur, n’avait jamais été éditée. Ce qui frappe d’emblée dans cette musique, c’est son souffle qui inspire à la fois l’aventure et le mystère, la magie et le merveilleux (Prologue). Ensuite, on est charmé par une écriture à la fois mélodique et profonde usant d’orchestrations qui font la part belle aux bois, aux cordes et surtout aux ondes Martenot, un instrument électronique qui permet de moduler à l’infini des sonorités sonores. On apprécie particulièrement des thèmes chantant à la façon du moyen âge suivis de développements profonds dans les vibratos (Dalben and the Warrior). On notera que, pour le côté aventures, le compositeur développe toute une thématique dont l’ampleur, la couleur mais aussi le rythme rappelle certaines partitions d’Aaron COPLAND (Journey, A Second Chase). On remarque aussi une utilisation judicieuse des chœurs en contrepoint de motifs atmosphériques, ce qui accentue l’aspect merveilleux de la partition (A Special Pig and a Vision). Parmi les grands thèmes, on retient celui, sautillant, de Gurgi, un au tempo soutenu par les percussions (Gurgi). Comme souvent, ce thème est entouré d’une texture harmonique où chaque instrument de l’orchestre joue son rôle, avec un développement martial classique mais efficace. Bien sûr, comme dans chaque film Disney, on trouve des thèmes emplis d’une grande douceur, d’une grande générosité notamment celui, dont la mélodie est portée par les ondes Martenot avec une voix en contrepoint (In The Forrest) mais, rapidement, l’aventure prend le pas à travers des thèmes complexes et rythmés (A Second Vision, First Chase). Parmi les thèmes secondaires, on retiendra certaines danses (Belly Good), des précipités pianissimo entourés de souffle magique (The Horned King) ou encore des motifs de ballets façon école classique russe (Whirlpool, Fairfolk). Au final, on prend beaucoup de plaisir à explorer en profondeur cette vraie musique. Bourrée de thèmes et d’ambiances, il s’en dégage un véritable souffle proche et surtout une distribution des instruments digne de grandes partitions à la fois classiques et lyriques. et qui dégage à la fois aventure et poésie, héroïsme et émotion. Emplie de thèmes délicieux mais dotée d’une véritable identité sonore, Elmer BERNSTEIN réussissait là à dépasser l’écran avec une œuvre où chaque instrument joue une partition particulièrement dosée. Mariage réussie entre la musique classique, l’essence de la musique de film américaine et la force des partitions de BERNSTEIN pour le cinéma.

THE BLACK CAULDRON, un film réalisé par Ted BERMAN et Richard RICH, musique originale de Elmer BERNSTEIN, disponible chez Walt Disney Records / Intrada.

STAR TREK FIRST CONTACT

Après les rééditions de STAR TREK LE FILM et STAR TREK V THE FINAL FRONTIER, voici STAR TREK Premier Contact, le huitième film de la franchise. Il relate l’affrontement entre les Borgs, des entités moitié organiques, moitié machines et les humains. Contrairement aux films précédents, il n’est pas basé sur les héros originels mais sur ceux de la  série télévisée Star Trek : La Nouvelle Génération. On y retrouve donc Jerry GOLDSMITH qui avait ouvert magnifiquement la voie musicale de la saga avant de céder la place à James HORNER puis de la reprendre sur le cinquième film et en signant même le générique de la série STAR TREK VOYAGER. Ici, Jerry GOLDSMITH s’est adjoint l’aide de son fils Joël, pour évoquer les Borgs et leur aspect métallique. Jerry GOLDSMITH s’occupe quant à lui de la structure principale, des grands thèmes mélodiques, et de la direction musicale. Il ouvre ainsi le score en reprenant de manière très lente le thème écrit pour le film puis dévie vers le motif principal, mélodique, lyrique et généreux dans les cordes qu’il reprend plusieurs fois (Welcome Aboard, Not Again). A mi morceau, il laisse la place à son fils pour une musique plus sombre avec l’entrée de percussions métalliques et de synthétiseurs (Locutus). Joël GOLDSMITH continue avec un thème en forme de marche, puis un développement rythmé par les caisses claires (Battle Watch, Search For The Borg). De son côté, le père reprend en les variant ses thèmes principaux, en particulier celui des Klingons, qui sonne dans les cuivres et claque dans les percussions avec, en contrepoint, le thème du premier film (Red Alert). Ce thème lui sert également d’entrée vers une musique pleine de suspense, annonçant des partitions futures comme HOLLOW MAN  (Temporal Wake). Mais aussi des moments emplis de mystère et de sonorités synthétiques voire vocodées (Getting Read). Joël GOLDSMITH propose lui des thèmes atmosphériques, avec du souffle et des percussions (The Phoenix, They’re Here) ; également des thèmes d’action, moins mélodiques mais avec davantage d’effets sonores, des caisses claires et parfois des cuivres (Retreat, Borg Montage, Smorgasborg) ; des thèmes dans lesquels on ressent fortement l’influence du père. Il en ressort alors une partition qui jongle entre les deux compositeurs ; Jerry GOLDSMITH se sert donc de ses thèmes pour déployer une partition qui avance et amène le souffle d’émotion indispensable. Joël GOLDSMITH complète en proposant des thèmes plus brumeux, moins mélodiques, qui jouent d’avantage sur les ambiances, martiales notamment. Au final, cette édition complète permet d’apprécier tous les détails d’une partition écrite en binôme. Dans l’espace, personne ne vous entend crier c’est sûr mais la musique de Jerry GOLDSMITH n’a pas fini de résonner et c’est tant mieux !

STAR TREK FIRST CONTACT, un film réalisé par Jonathan FRAKES, musique originale de Jerry GOLDSMITH et Joël GOLDSMITH, disponible en édition limitée chez GNP-CRESCENDO

 

 

JENNIFER 8

Les américains continuent de sortir des bandes originales pour lesquelles plusieurs musiques ont été composées et, cette fois, ce sont les musiques de JENNIFER 8, réalisé en 1992 par Bruce ROBINSON : celle entendue dans le film composée par Christopher YOUNG et, surtout, celle rejetée de Maurice JARRE. Dans ce film, on suit un inspecteur qui, revenu dans sa ville natale, s’intéresse à la disparition d’une jeune malvoyante et rencontre sa compagne de chambre. Fort de ses expériences sur des thrillers, notamment ceux d’Adrian LYNE (LIAISON FATALE), Maurice JARRE propose une partition parfois angoissante mais aussi, par moments, terriblement sensuelle. D’ailleurs, dès le Main Title, elle hésite entre un thème principal mélodique au piano, et un souffle des flûtes qui appelle un développement romanesque qui d’ailleurs arrive sans attendre. On entre donc dans ce thriller par la porte romanesque, voir quasi dansante dans To The Dump, la même qui a fait la gloire du compositeur de LAWRENCE D’ARABIE. La terreur, la tension viennent ensuite de mouvements plutôt synthétiques et légèrement rythmés, avec des cellules de piano, des notes électroniques qui apportent une ambiance atmosphérique et surtout des chœurs très mystérieux, quasi religieux (Frozen Hand/Dig Jennifer). Maurice JARRE alterne donc entre les musiques douces et les passages plus tourmentés. Il y emploie nombre de sonorités synthétiques parfois associées à un violon et quelques notes de piano (No Braille), également des effets à base de percussions et autres instruments comme de la guimbarde (Xmas Threat/Not Wrong/Up the Ladder/Flashlight - Pt. 1, Pt. 2). On notera que le disque comporte des versions alternatives des thèmes principaux avec, sur certains d’entre eux, la voix du maestro en introduction. Revenons maintenant à la partition de Christopher YOUNG qui propose, et c’est certainement là la grande différence avec celle de Maurice JARRE, une partition beaucoup moins romanesque et donc bien plus angoissante. D’emblée, dès le thème titre, il propose une musique diabolique et interrogative, comme si on rentrait directement dans l’enquête. Il introduit une cellule de piano répétitive avec une voix féminine qui lui répond. On ne distingue pas vraiment de mélodie mais juste une sorte de gimmick sur lequel se greffe un développement orchestral et pianissimo (Jennifer 8, Outfoxed). Une autre caractéristique, c’est son caractère souvent obsessionnel avec un piano répétant une cellule harmonique (What You See) ou un développement orchestral intense et des rythmes d’orchestre importants ou enfin un duo de cordes et de piano (Cello for Helena) qui, décidément, se retrouve au centre d’une partition qui joue la carte du thriller (Eight to Nine) mais aussi de l’angoisse. Christopher YOUNG déroule donc une musique qui joue sur les émotions mais rarement de manière trop enjouée, sauf en toute fin (Up On a Star). Au final, il apparait très intéressant de découvrir ces deux partitions : Christopher YOUNG propose une partition plutôt entêtante qui colle au personnage de BERLIN et à sa virée en enfer. Au contraire, Maurice JARRE, tout en proposant une face diabolique, développe et met parfois trop l’accent sur une seconde lecture, certainement trop romantique pour un thriller. Après l’écoute de ces partitions écrite pour un même film, on se dit qu’il serait passionnant de revoir le film tantôt avec la musique de l’un tantôt avec la musique de l’autre compositeur ; une bien belle édition qui, tout en rendant hommage à la musique d’un film, réhabilite une partition inédite.

JENNIFER 8 – Bande originale du film de Bruce ROBINSON, avec Andy GARCIA, Uma THURMAN, Lance HENRICKSEN composée par Christopher YOUNG et Maurice JARRE – La La Land records - 47:30 + 39:17