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Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

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Ciné Vidéo Sélection parmi les dernières sorties en dvd et en blu-ray !

 

 

LA COLLECTION CINEMA ITALIEN CONTINUE CHEZ  CARLOTTA !

Cette belle série dédiée au cinéma transalpin continue avec des classiques et des films moins connus. Dans la catégorie grand classique, on ne présente plus LE CASANOVA DE FELLINI, formidable variante délirante du célèbre cinéaste italien, présenté dans une version restaurée superbe, qui permet en outre de rééentendre la magnifique musique de Nino ROTA.

Moins connu mais à redécouvrir est la comédie VERS UN DESTIN INSOLITE SUR LES FLOTS BLEU DE L'ÉTÉ, un film de Lina WERTMULLER, avec Giancarlo GIANNINI et Mariangela MELATO qui se retrouvent isolés en pleine mer. La musique a été composée par Pierro PICCONI, qui propose une partition légère, rythmée, avec beaucoup de piano, de flûte, un filet de saxophone et un contrepoint de cordes qui s’amplifie, jouant la romance, sur des images ensoleillées de personnes en vacances sous le soleil. Tourné en 1974, ce film constitue une comédie désopilante qui tourne en dérision les traditionnels thèmes de la lutte des classes et de la guerre des sexes ; un véritable pied de nez à l’ordre établi et à l’Italie patriarcale des années 1970. Disponible en version restaurée inédite !

En complément, le double dvd comporte le film LA FEMME AUX LUNETTES BLANCHES, LA FEMME AUX LUNETTES BLANCHES, réalisé par Valerio RUIZ, qui dresse le portrait de Lina WERTMULLER, première femme cinéaste à avoir été nominée pour l’Oscar du Meilleur réalisateur, en revenant sur les lieux qui ont marqué sa carrière. Avec les témoignages exclusifs de Martin SCORSESE, Harvey KEITEL et de son acteur fétiche Giancarlo GIANNINO !

IL MATTADORE (L’HOMME AU 100 VISAGES), un film de Dino RISI, Avec : Vittorio GASSMAN, Dorian GRAY, Anna Maria FERRERO, Mario CAROTENUTO, Alberto BONUCCI et Peppino DE FILIPPO, musique de Pipo BARZIZZA ; l’histoire amusante de Gerardo et sa femme Annalisa, qui mènent depuis quelque temps une existence tranquille et sans histoire. Jusqu’à ce jour où un homme sonne à leur porte pour essayer de leur vendre un chandelier. Mais Gerardo sent rapidement l’arnaque ! Là encore, voici une excellente comédie du célèbre réalisateur Dino RISI, qui nous régale du jeu de l’inoubliable Vittorio GASSMAN qui incarne un artiste qui possède la capacité à incarner de multiples personnages dans le but d’extorquer les gens…

On notera que cette édition contient l’excellent supplément  L’ESCROC MAGNIFIQUE ; un document de 23 mn dans lequel le réalisateur Michel HAZANAVICIUS (THE ARTIST) explique comment ce film et son acteur principal l’ont profondément marqué. À tel point qu’il avait envisagé d’en faire un remake avec Jean DUJARDIN !

Plus d’informations sur ces sorties sur http://carlottavod.com/index.php

 

 

 

 

 

GHOST IN THE SHELL

Désormais disponible en vidéo, voici  l'adaptation, tournée en prises de vue réelles, du célèbre manga de Masamune SHIROW se déroulant dans un univers à la frontière fragile entre les humains et les robots. Pour preuve : le personnage principal du Major (Scarlett JOHANNSSON, qui ne semble pas complètement sortie de LUCY !), en fait la première humaine devenue cyborg ; seul son cerveau - son ghost- a survécu à un terrible accident. Ses nouvelles capacités vont l’aider à lutter contre de dangereux criminels et découvrir les sombres secrets derrière sa transformation. Le film, plutôt respectueux de l’œuvre originale, aux effets spéciaux abondants et à l'interprétation multiculturelle, mérite le visionnage. Une de ses premières qualités, voulue par le réalisateur Rupert SANDERS, c’est de faire ressentir, de l’intérieur, ce qui arrive au personnage principal. Et ainsi de mieux appréhender son  évolution, ses confrontations avec différents ennemis, réels ou supposés. Le tout dans des décors qui donnent véritablement ait l’impression d’explorer la ville ; comme le rappellent, dans le making-of, le Directeur délégué Jeffrey SILVER et le Directeur de la photo Jess HALL. Un univers futuriste complété par les musiques, relevant souvent du sound design,  de Clint MANSELL et Lorne BALFE, qui apparaissent, d’abord, composées de pulsations. Puis, alors que l’humain s’habille de robotique, se transforment en des mélanges de sonorités électroniques et de nappes de cordes classiques,  émouvantes et, sur la fin, lyriques. Entre les deux, Clint MANSELL et Lorne BALFE tissent un champs sonore qui utilise les codes du genre, et en particulier une abondance de textures synthétiques, de bruits, qui reflètent l'activité bouillonnante de la cité. On retiendra,  notamment, leur intervention sur la séquence des tank-spiders, pour laquelle ils ont élaboré une musique d'action dans les vibratos, qui comporte du souffle, de l'ampleur, et du lyrisme dans le contrepoint. Du manga japonais, le réalisateur américain a donc tiré un thriller qui tient en haleine grâce à un suspense permanent, des séquences d’action aux chorégraphies ébouriffantes et des personnages plutôt attachants. Concernant la sortie en vidéo : le film profite pleinement de la haute définition qui permet de mettre en valeur les couleurs d’une cité grouillante de personnages pittoresques. Sans surprise, les bonus reviennent sur les différents aspects de la fabrication du film. Ainsi,  Humanité Sous-jacente-La réalisation De Ghost In The Shell, un Making of de 30 minutes, retrace, la création  de l’univers imaginaire du film. De son développement - qui a, comme le rappelle le producteur Avi ARAD, demandé neuf ans- à l'investissement passionné du réalisateur Rupert SANDERS. En passant par les étapes de l’élaboration  du concept artistique par Richard TAYLOR, les costumes -surtout celui de Scarlett JOHANSSON- par  le du duo KURT et BART ; et rend hommage à Mamoru OSHII, le réalisateur du film animé de 1995. Le bonus « Section 9 : Cyber Protecteurs » donne la parole aux interprètes : Scarlett JOHANSSON, pour qui ce film traite du chemin de l’auto-découverte, très inattendue, de son personnage ;  Pilou BASNAEK, alias Batou, qui évoque sa relation unique, comme collègue, avec Mira/le major ; l’incroyable Takeshi KITANO alias Aramaki, le patron, têtu mais à l'humanité inhérente, de la section 9 ; Michael PITT alias l’énigmatique Kuze ; en fait la combinaison du marionnettiste et de l'homme qui rit. Enfin, on n’oubliera pas la française Juliette BINOCHE, très juste dans le rôle du Docteur OUELET. Pour terminer,  dans le bonus intitulé « Homme Et Machine: La philosophie des ghost-Reflexion sur l'esprit », l'équipe – et nous aussi- réfléchit sur ce que deviennent les souvenirs lorsque l'esprit se trouve séparé du corps. Tous ces éléments font de cette édition vidéo un voyage qui permet, à un large public, outre d’apprécier une œuvre réussie de science fiction, de se plonger dans les coulisses de la fabrication d’un film qui mélange, de manière efficace, la technologie, la science et l’art !

GHOST IN THE SHELL Un film de Rupert SANDERS, avec Scarlett JOHANNSSON, « Beat » Takeshi KITANO, Juliette BINOCHE, Michael PITT, Pilou ASBAEK et Kaori MOMOI Disponible en dvd et Bluray chez Paramount/Dreamworks Pictures vidéo.

 

 

 

 

GOING TO BRAZIL EN VIDEO !

Maintenant en vidéo : la nouvelle comédie de Patrick MILLE (MAUVAISE FILLE en 2012) ; La folle aventure de trois copines invitées au mariage de leur meilleure amie au Brésil. Mais tout ne se passe pas comme prévu car, à peine arrivées à Rio, elles tuent accidentellement un jeune homme trop insistant. Dès lors, tout s’emballe..!  Fou de Rio, du Brésil et de la musique sud-africaine depuis son enfance, Patrick MILLE avait envie de filmer dans le cadre de ce pays une comédie pleine de légèreté, d’action... et jouée par des actrices ! D’où l’idée de raconter l’histoire d’une bande de filles qui se déroule loin de Paris, dans l’humeur d’un pays sexy, festif et dangereux : le Brésil ! Le film, très drôle, vaut aussi pour la musique de Florent MARCHET, un choix étonnant mais qui se justifie par le fait que le réalisateur et le musicien se connaissent depuis longtemps. Et puis, Patrick MILLE est admiratif du talent d’un musicien qui maîtrise aussi bien le classique que la pop et sait, à chaque fois, créer des univers rien qu’à lui.  Sur GOING TO BRAZIL, au fur et à mesure du travail sur le montage, le réalisateur a compris que le ton du film n’était ni bossa, si samba – sauf pour la séquence de la fête de Monsieur Hervé au consulat  - mais… italien et morriconien ! Ce qui a quelque peu surpris Florent MARCHET. Mais sa grande science musicale et sa formation classique au Conservatoire lui ont permis de se glisser brillamment dans cette nouvelle envie. D’où une joyeuse comédie d’aventures qui baigne aussi dans les musiques de Baile funk que la jeunesse Carioca écoute aujourd’hui !

GOING TO BRAZIL. Un film de Patrick MILLE, avec Vanessa GUIDE, Alison WHEELER, Margot BANCILHON, Philippine STINDEL,   Patrick MILLE, Chico DIAZ, Joseph MALERBA, Christine CITTI, Suzana PIRES, Ingra LIBERATO, Brigitte ROÜAN. Musique de Florent MARCHET. Disponible en dvd chez M6 vidéo avec, en bonus : le bêtisier du film.

Plus d’informations sur https://www.snd-m6video.fr/going-to-brazil

 

 

JACKIE

Désormais en vidéo : le film évènement, qui revient, de façon inédite, sur les conséquences de la journée du 22 Novembre 1963. Ce jour là, on vient d’assassiner, à Dallas, John (dit Jack) F. KENNEDY, le président des Etats-Unis. Surtout, et c’est l'intérêt du film, tout est appréhendé du point de vue de sa femme Jackie (Natalie PORTMAN, habitée par le rôle). Il faut dire que, confrontée à la violence de son deuil, cette Première dame, admirée pour son élégance, sa culture, elle tente d’en surmonter le traumatisme. Et évertue à mettre en lumière l’héritage politique du président. Assise près de lui lors du drame –qui donne lieu à quelques images réalistes-, Jackie le restera pendant les trois jours qui ont suivi. Cette proximité entre le chagrin, l’horreur et la dignité d’une femme, on la ressent tout le long du film. Ainsi que dans la musique, signée de la compositrice Mica LEVI (UNDER THE SKIN-2013 réalisé par Jonathan GLAZER).Celle-ci propose une bande sonore, intelligente, qui lui permet d’associer son goût pour les sonorités déformées, principalement les cordes, ralenties le plus souvent ;  un choix judicieux pour une partition qui projette à la fois la douceur et le sang-froid d'une personne frappée par la tragédie de l'assassinat de son mari. Construit à partir de fragments de sa vie, de bouts de souvenirs, de lieux et d’images, le film s’avère intense, captivant dans la brutalité de sentiments exacerbés suite au drame. Dès son introduction, par sa musique profonde, grinçante, répétitive et vibrante, Mica LEVI nous accompagne dans les coulisses d’un des plus grands chocs du vingtième siècle. Progressivement, tout en restant sur une ligne de vibratos (par exemple sur Car) elle déploie une musique toujours grave, notamment du violoncelle qui, avec des caisses claires, intervient beaucoup dans le film, jouant le développement du thème (Autopsy). Une musique qui fait ressortir les meurtrissures de Jacky, mais pas que. Cela se ressent, notamment, sur sa tristesse, par un beau thème intimiste, sobrement interprété au piano solo avec parfois de l'écho (Tears) ; également sur le morceau Children mais aussi Empty White House ; des thèmes qui, pareils à des processions, accompagnent les images d’une Première dame qui reste en marche. Finalement, le film, comme la musique de Mica LEVI, retrace, sur un mode forcément nostalgique, le destin d’une femme devenue une icône connue du monde entier. En particulier lorsque la vie de son couple a basculé, lors de leur entrée dans les fastes de la Maison Blanche, comme dans une sorte de comédie musicale (en l'occurrence CAMELOT auquel le film fait référence). Mais surtout, il s’attache à décortiquer ses réactions, ses efforts, pour que son destin  ne s'arrête pas avec le départ de son mari. Il en ressort alors une œuvre atypique, souvent bouleversante, renforcée par la partition imaginative, aux sonorités souvent déformées, de la compositrice en devenir Luca LEVI. Le dvd et le blu-ray comportent 43 minutes de bonus : d’abord une large Interview de Natalie PORTMAN par Didier ALLOUCH. Puis 10 modules instructifs qui reviennent sur les principaux aspects de la production : les décors (la reconstitution à s’y méprendre de l’intérieur de la Maison Blanche à… Paris ; les coulisses de la reconstitution de l’incroyable reportage d’époque de Jackie faisant visiter les appartements et bureaux présidentiels ; les costumes; et la musique avec des images de l’enregistrement, les explications de Darren ARONOFSKY sur le choix de Mica LEVI –qui elle, ne parle que trop brièvement et simplement du sens de sa musique par rapport au scénario - tandis que Pablo LARRAIN insiste sur son importance à côté de l’image. Et bien sûr, on y parle du casting – avec un module entier consacré à Natalie PORTMAN par le réalisateur, les producteurs, Billy CRUDUP et elle-même. Enfin, plusieurs modules reviennent sur le mythe de l’héritage de Jackie, la difficulté de tourner un film autour d’un seul personnage principal, ses entretiens avec le journaliste (Billy CRUDUP), le besoin de Jackie de trouver une épaule réconfortante, notamment auprès de Nancy (Greta GERWIG) et de son père (John HURT, magnifique). Tous ces suppléments font de JACKIE en vidéo une édition très complète !

JACKIE. Un film de Pablo LARRAIN avec : Natalie PORTMAN, Peter SARSGAARD, Greta GERWIG, Billy CRUDUP, John HURT. Disponible en dvd, bluray et vidéo à la demande chez France TV Distribution. Bande originale composée par Mica LEVI disponible chez Milan music.  

 

 

SAUSAGE PARTY EN VIDEO : 5 FRUITS ET LÉGUMES PAR JOUR… ET 1 GRANDE AVENTURE MISE EN MUSIQUE PAR ALAN MENKEN ET CHRISTOPHER LENNERTZ !

Maintenant en vidéo : le film d'animation en images de synthèse complètement déjanté et pour adultes seulement ! Il raconte   les aventures de Frank, une intrépide saucisse qui va, prendre la tête d'une bande de produits de supermarché décidés à découvrir ce qui les attend une fois quittés les rayons ;  lorsqu'ils ont été emportés par les clients... Un sujet original qui, au travers des aliments, permet de parler, avec force d’humour, des soucis existentiels des humains. Sauf que là, les créateurs ont pris le parti de le traiter par un mélange inédit d’humour, d’érotisme et d'épouvante. Tout en s’inspirant, autant du point de vue du style que de la comédie, des meilleurs films d'animation, pour en créer une version subversive, dans laquelle les personnages profèrent des horreurs. Et comme dans tout film d'animation, il y a un grand méchant, ici le gel douche intime (surnommé aussi El Douche) qui, voyant  s'éloigner sa cougar, rêve de se venger. L'intérêt du film tient aussi dans la musique, qui rend hommage aux films d’animation qui l’ont précédé à travers la présence prestigieuse d’Alan MENKEN (LA BELLE ET LA BÊTE), qui a composé (avec Christopher LENNERTZ) la musique du film et écrit la mélodie de la chanson originale The Great Beyond (Le Grand Au-delà) -qui fait aussi l'objet d’un bonus- ; un choix qui peut paraître excentrique, sauf qu’il faut se rappeler qu'Alan MENKEN (et son défunt partenaire Howard ASHMAN) a aussi composé la musique de LA PETITE BOUTIQUE DES HORREURS, le classique subversif de Frank OZ. Ici, Alan MENKEN se distingue donc par la musique de cette chanson de comédie musicale, presque une prière que les aliments entonnent tous les matins pour réaffirmer l’idée qu’il est bon d’être choisi. Ce qui donne, sur des paroles écrites par Glenn SLATER, Seth ROGEN, GOLDBERG, Ariel SHAFFIR et Kyle HUNTER,  un numéro surréaliste où les saucisses, pains de mie, choux, épis de maïs et autres légumes, entament un tableau de chant et de danse en plein supermarché ! Il s’agit d’un beau prélude au délire des scénaristes et réalisateurs de cette histoire d’amour plutôt crue entre une saucisse et une tranche de pain de mie (Miche), qui chante lorsqu'elle angoisse. Mais aussi à une partition originale qui joue davantage le thriller que la comédie avec, là encore, beaucoup de références, comme cette  musique planante pour flûtes et percussions, sur des personnages aux airs d’indiens. De même sur le flacon de douche : on passe d'une musique triste dans les violons à des harmonies plus rythmées. Celles-ci jouent l’action, voir la violence quand il s'acharne, accompagné par un motif de superhéros, sur un pauvre jus de fruit. Et même d'horreur quand Frank découvre un livre de recettes de cuisine. Ou encore cette presque musique de guerre lorsque Barry tente de se débarrasser du jeune toxicomane aux sels de bain.  En bonus d’un film qui délire dans tous les rayons, on trouve d'abord « L'atelier » qui nous promène dans les coulisses du doublage original. On y croise, entre autres, Salma HAYEK, qui espère qu'elle n'aura pas à doubler la version tous publics car son personnage dit tellement d'insanités qu'il ne resterait plus aucun dialogue. De même, Edward NORTON ne se voyait pas interpréter un autre personnage que Sammy BAGEL JR, tandis que James FRANCO donne formidablement de la voix à l’humain camé du film. Suivent : Le Pitch, un bonus délirant dedié aux scénaristes et L’Imaginatorium d'Animation de Seth ROGEN, où une présentation du film et des studios d'animation à la manière de Walt DISNEY. Au final,   aussi farfelu, et parfois vulgaire,  qu’il soit, ce film reste une comédie animée divertissante et de qualité.   Et qui bénéficie de l'expérience  d'artistes comme  Alan   MENKEN, qui contribue à  rendre inoubliable la grande  scène musicale du film !

Un film de Greg TIERNAN, Avec les voix originales de Michael CERA, James Franco, Salma HAYEK, Jonah HILL, Danny McBRIDE, Edward NORTON, Seth ROGEN, Paul RUDD et Kristen WIIG. Musique originale d’Alan MENKEN et Christopher LENNERTZ. Chanson The Great Beyond, musique d’Alan MENKEN, paroles de Glenn SLATER, Seth ROGEN, Evan GOLDBERG, Ariel SHAFFIR et Kyle HUNTER. DVD et Bluray disponibles chez SONY Pictures Home vidéo.

 

 

 

OUTLANDER SAISON DEUX EN VIDÉO ET EN CD ; LES CHANSONS D'UNE VIE D’AUTREFOIS !

Si vous vous êtes régalés de la première saison, vous ne manquerez pas la suite de la romance écossaise de Jamie (Sam HEUGHAN) et Claire (Caitriona BALFE), désormais disponible en vidéo ! Et comme un plaisir ne vient jamais seul, SONY music édite, en même temps, la musique originale, composée par le toujours excellent Bear Mc CREARY, de la deuxième saison de cette série addictive, qui mélange habilement épopée romantique, fresque historique et voyage dans le temps ! Première surprise : alors qu’on l’avait quittée avec Jamie en partance pour la France, on retrouve Claire, vêtue d’habits du passé, de retour en 1948. Elle réapparait près de son Frank RANDALL de mari…, le descendant de l’horrible « Black » John RANDALL (Tobias MENZIES)... avec un cruel dilemme à résoudre ! Pour cette partie, Bear Mc CREARY a écrit une belle suite orchestrale dans des harmonies typiques du 20ème siècle, proche de compositeurs comme Claude DEBUSSY notamment; une musique légèrement mélodique, fine, basée sur le thème de Frank –car l’histoire se trouve racontée de son point de vue-, avec une clarinette solo, de la harpe. Comme pour mieux accompagner la sensibilité de Frank, mais aussi de Claire, qui doit faire le deuil de Jamie, évoqué par un solo de violon (Leave The Past Behind). Mais très vite, le passé reprend ses droits et nous téléporte, accompagné du thème flamboyant de Jamie et Claire, et de cornemuses, au Havre, dans la France royaliste de 1740 ; un paysage superbement reconstitué (à Prague pour les extérieurs et en studio pour les décors d’intérieurs réalisés par Jon Gary STEELE) et des costumes (notamment des robes coquines) dessinés par Terry DRESBACH. Pour en revenir à la musique, Bear Mc CREARY en profite d'abord en revoyant la chanson du générique : c’est-à-dire en la réarrangeant complètement pour un ensemble de chambre baroque, la viole de gambe remplaçant le violon écossais, et de nouveau la voix de Raya YARBROUGH qui chante aussi une partie en français (Outlander - The Skye Boat Song - French Version). Dans l’ensemble, la musique de cette deuxième saison tranche avec celle de la première ; les personnages se déplaçant des collines d'Ecosse aux salles des cours du roi Louis XV, Bear Mc CREARY se devait de réinventer le son de la série. Ainsi, sur la cour royale de France, Bear McCREARY s’est véritablement plongé dans la musique d’époque pour construire une partition élégante, souvent d'inspiration française. Il en découle d’abord un thème vibrant, avec des percussions crescendos et un développement inspiré du Te Deum de Marc-Antoine CHARPENTIER (Versailles) ; puis un thème profond inspiré du Passacaille de Jean-Baptiste LULLY, donc à l’écriture renaissance, développé de manière orchestrale, en mineur, doucement mélodique, avec des cellules de clavecin qui se répètent,  (Into Paris). Sur la séquence du jeu d’échecs, qui oppose Jamie au ministre des finances Joseph DUVERNEY (Marc DURET), on entend une musique jouée par un quatuor baroque, puis une sorte de marche qui colle aux intrigues politiques qui se multiplient dans les premiers épisodes (Baroque Chess Match). Il n’en oublie pas des thèmes dédiés aux personnages. A commencer par le Comte St Germain, un marchand – dont Claire se fait vite un ennemi - et un courtisan corrompus qui écrivait aussi de la musique ; il se voit habillé d’un thème tendu, inspiré par une de ses véritables musiques que Bear McCREARY reprend dans les vibratos, d'où se détache une ligne malicieuse de viole de gambe (Wrath Of The Comte) ; sur l’apothicaire, Monsieur Raymond (Dominique PINON), il continue par une musique étonnante, pleine mystère –comme le personnage-, avant de prendre une allure baroque (The Apothecary). Dans la deuxième partie de la saison, l'action revenant sur les terres anglaises, la musique renvoie aux sonorités folkloriques de la première saison, mais avec en plus, des accents martiaux et patriotiques. Elle s'arrête notamment, dans les épisodes 9 & 10, sur la Bataille de Prestonpans - première victoire de la seconde rébellion jacobite, accompagnée par une musique construite à partir de pulsations profondes, avec des percussions, notamment des tambours bodhran (sur cadre), des cornemuses lointaines mais  omniprésentes (Prestonpans). Bear McCREARY introduit aussi une chanson en gaëlique interprétée par Griogair LABHRUIDH, un spécialiste du genre (que l’on entend aussi sur le titre Moch Sa Mhadainn), sur  des musiques d'essences écossaises, entrecoupées de partie plus orchestrales, parfois grave (Je Suis Prest,  125 Yards), d'autres fois, avec de la guitare, davantage dans la nostalgie  (Vengeance At Your Feet). Enfin, pour évoquer la Bataille de Cullonden -aux conséquences jusque dans les tous derniers épisodes, que Claire et Jamie vont tenter d'arrêter, Bear McCREARY développe un mouvement  crescendo, qui revient aux racines de la partition, avec une résurgence du thème principal (Destiny on Culloden Moor). Tant du point de vue du scénario (qui réserve nombre de rebondissements et de trouvailles), de la réalisation (très soignée), de l’interprétation (dynamique et subtile) que de la musique (une vraie réussite qui alterne éléments baroques et musiques anglo-saxonnes), cette saison  2 constitue une vraie réussite !  Concernant l'édition vidéo, le coffret de 6 disques Blu-ray et DVD, contient les treize épisodes ainsi que 24 scènes supprimées et étendues avec des présentations du producteur Ronald D. MOORE, un bêtisier et deux documentaires : «Du livre à l'écran: Découvrir les différences» et un documentaire de présentation des nouveaux personnages. L'édition Blu-ray inclut, en plus, une version étendue de l'épisode "Faith", une scène inédite de l'épisode "Le Talisman",  des commentaires de Ronald D. MOORE, et trois documentaires exclusifs : "Jamie et Claire: à l'enfer et à l'arrière" ; "Les Costumes d’Outlander" et " Recréer Paris du 18ème siècle ". Du faste des salons royaux parisiens aux champs de bataille écossais boueux pendant le soulèvement de la rébellion Jacobite, on adore définitivement OUTLANDER, la série comme ses musiques !

OUTLANDER SAISON DEUX. Disponible en dvd et en Blu-ray chez Sony Pictures Home Entertainment. Musique originale de Bear McCREARY disponible chez SONY music.

 

 

 

 

DANS LES FORETS DE SIBERIE

Le dépaysement est garanti avec ce beau film tourné dans des décors naturels en Sibérie ! Librement adaptée du roman de Sylvain TESSON, l'histoire se révèle assez simple : un homme, Teddy (Raphaël PERSONNAZ- impeccable !) part assouvir un besoin de liberté sur les rives gelées du lac Baïkal. Pour la musique, le réalisateur Safy NEBBOU a choisi Ibrahim MAALOUF qui, après plusieurs réussites et succès au cinéma, notamment LA VACHE, comédie réalisée par Mohamed HAMIDI, revient sur un film où ses mélodies, sa trompette, accompagnent simplement mais justement un homme en recherche de repères. Comme toujours, et c’est ce qu’il préfère dans la relation avec un réalisateur, le musicien a tenté d’amener, par ses notes, un regard extérieur, différent. Après avoir longuement discuté avec le réalisateur des points communs qu’il devait existait entre la musique et les images, en l’occurrence cette sérénité, cette plénitude entre les personnages et les paysages grandioses et épurés, Ibrahim MAALOUF a composé directement sur les images. Ainsi, iI introduit le film de manière très belle, intimiste au piano qu’il joue lui-même. Puis, alors que Teddy se dirige vers un havre de paix, loin de son quotidien dans les villes, idéal pour une vie d'ermite en Taïga, Ibrahim MAALOUF lance une musique plutôt grandiose mais pas grandiloquente, orchestrale. Il en ressort évidemment sa trompette, qui s’arrête alors qu’on arrive dans la cabane au bord du lac Baïkal. Là, le réalisateur s’attache d’abord à montrer la nouvelle solitude de Teddy ; il est accompagné là par des notes très simples de guitare, jouée par Marc Antoine PERRIO, plus tard par une musique lointaine, un développement à base de trompette et de longues notes de cordes,  sur ses premiers pas sur la glace. Tout le long du film, on note de très belles images, ici de tempête de neige forçant Teddy à se terrer dans sa cabane. D’où un motif de trompette assez triste, idéal pour accompagner les cris de souffrance de Teddy, seul dans le vent sibérien. Mais heureusement, il va se retrouver secouru par  Aleksei (Evgueni SIDIKHINE – impérial !), un braconnier avec lequel il va progressivement se lier d’une amitié aussi soudaine qu’essentielle ; Ce que le compositeur traduit par une musique profonde, atmosphérique, d’où ressort aussi la fragilité de Teddy, son inquiétude avec de nouveau de la guitare. Mais surtout leurs confidences réciproques, par une musique simple au piano. Une musique qui apparait aussi parfois quasi lyrique quand elle devient presque un hymne de liberté, de joie parfois, notamment quand Aleksei en vient à chanter quelques notes où Teddy jouer de la trompette. Chose intéressante également, le film ne se limite pas à l’hiver ; pour preuve, cet éveil du printemps, qu’Ibrahim MAALOUF accompagne d’un thème poétique, à base de violoncelle, joué par Grégoire KORNILUK, et de guitare. La dernière partie du film apparait assez triste, d’où une musique assez touchante mais pas dénuée d’espoir. Comme lors de cette séquence d’au revoir, peut-être d’adieu, accompagnée d’un piano léger, très nostalgique, et d’une ligne de trompette en contrepoint. Avant l’arrivée progressive, en guise de final, du formidable morceau titre de l’album  d’Ibrahim MAALOUF RED AND BLACK LIGHT ; un thème entre jazz et pop, composé en même temps que le film se tournait. Et qui surtout parle du même sujet que le film, en l’occurrence la recherche de soi. Au final, au même titre que le film constitue un voyage intemporel empli d’humanité, la musique d’Ibrahim MAALOUF, écrite de manière chronologique par rapport au développement du film, s’intègre parfaitement aux images. Surtout, elle ne prend jamais le pas sur l’histoire, mais renforce les émotions. Elle apporte donc un véritable complément de souffle aux retrouvailles d’un homme avec les valeurs essentielles de la vie ; une belle réussite que l’on a plaisir à prolonger par cette édition vidéo qui comprend, en complément, une rencontre de 20 minutes avec l’équipe du film (Safy NEBBOU, Raphael PERSONNAZ, David OELHOFFEN et Ibrahim MAALOUF) et un court retour de l’auteur du livre Sylvain TESSON en Sibérie !

DANS LES FORETS DE SIBERIE. Un film de Safy NEBBOU, avec Raphaël PERSONNAZ et Evgueni SIDIKHINE. DVD et Bluray disponibles chez France télévisions distribution.

 

CHAIR DE POULE (GOOSEBUMPS): LA COMEDIE FAMILIALE D’EPOUVANTE MIS EN MUSIQUE PAR DANNY ELFMAN DESORMAIS EN VIDEO !

Après la série télévisée (74 épisodes !) adaptée des romans de R.L. STINE, donnez-vous, le temps d’une soirée, la Chair de Poule avec le film qui, en quelque sorte, retourne l’histoire sur son créateur ! Le film, où cohabitent images de synthèse et personnages réels, résulte de la collaboration entre Rob LETTERMAN et Jack BLACK, après LES VOYAGES DE GULLIVER. Sorti aux Etats-Unis en période d’Halloween, il suit le parcours de Zach COOPER (Dylan MINNETTE, vu notamment dans la série AWAKE), un adolescent  qui a déménagé de New-York pour le Madison. Très vite, il rencontre sa voisine Hannah (Odeya RUSH) et, surtout, son effrayant père (Jack BLACK) ; un homme sévère, semblant maltraiter sa jeune fille. D’où l’idée de Zach, aidé de son nouvel ami Champion (Ryan LEE), de la délivrer. Sauf que de libération, il s’agit d’une horde de monstres et zombies sortant des romans Chair de Poule, dont l’auteur, R.L. STINE, n’est autre que le père d'Hannah ! Commence alors, pour les jeunes héros et R.L. STINE, une course poursuite palpitante pour empêcher le pantin Slappy, et son armée de monstres maléfiques, de mettre la main sur la ville ! Placer l’auteur d’une série de romans à succès face aux monstres qu’il a lui-même créés : tel est, en résumé, bien plus jouissif qu’une simple adaptation, le pitch de cette transposition cinématographique de CHAIR DE POULE. Après, le film, qui hésite constamment entre comédie d’épouvante, courses poursuite loufoques et même romance adolescente, public familial oblige, sans jamais forcer le trait, enchaine avec plus ou moins de réussite les effets et les rebondissements ; une sorte de jeu de pistes qui rappelle, jusque dans certains aspects de la musique de James HORNER, le JUMANJI de Joe JOHNSTON. Parlons justement de la musique, composée par le populaire et doué Danny ELFMAN, habitué à mettre en notes les univers fantastiques de Tim BURTON, et qui se retrouve donc parfaitement à l’aise pour appuyer musicalement cette comédie fantastique-adolescente ! Une des premières qualités requises pour un tel film, c’est d’ancrer un grand thème principal : c’est ici le cas où, dès le générique, Danny ELFMAN pose un thème mélodique original, démonstratif, répétitif et coloré ; un thème à la fois porteur d’espoir et, en même temps, aux accents de musique hantée, aux développements cuivrés emportés par le piano, que l’on retrouve souvent dans la partition. Il s’agit aussi dès le début d’une musique aux contours sensibles, notamment quand Zach se rappelle de son père, d’où une musique mélodique, nostalgique et surtout pianissimo. Egalement lorsque se profile la romance amoureuse entre Hannah et Zach, qui permet à Danny ELFMAN d’amener un thème qui devient magique, passant de la mélancolie à l’horreur, à mesure que, le dénouement, avec son secret, approche. En même temps, l’ombre gênante du voisin annonce une musique frissonnante à mesure de l’avance des soupçons. Il s’agit aussi d’une musique légère, colorée et enjouée sur les premières aventures avec Hannah, en forêt, accompagnés par des sonorités merveilleuses, sur les décors illuminés de l'ancienne fête foraine ; des sonorités qui deviennent plus étonnantes, quand augmentent les menaces du voisin envers l’adolescent. D’ailleurs, quand, avec son ami Champion, ils pénètrent la maison de l'écrivain R.L STINE (Jack BLACK) Danny ELFMAN développe une musique de suspense, qui annonce le réveil des monstres, à commencer par l'abominable homme des neiges de Pasadena. Ce qui permet au compositeur de développer une musique puissante, basée sur des variations du thème principal, accompagné parfois de chœurs aériens. Dès lors, le compositeur n’aura de cesse, par sa musique, d’accompagner ce club d’adolescents et R.L. STINE dans leurs luttes contre des monstres, des nains de jardins à l’enfant invisible en passant par une mante religieuse, un loup garou des marécages et une horde de morts vivants affamés, sortis de ses livres et dirigés par l’horrible Slappy, une marionnette prête à terroriser les voisins pour se venger de l’écrivain. Au final, Rob LETTERMAN signe un film dynamique et particulièrement divertissant, qui alterne constamment entre les séquences qui donnent suffisamment de frayeur (comme la séquence du supermarché), les images plus amusantes (notamment des nains de jardins) et le jeu de comédiens particulièrement expressifs, à commencer par Jack BLACK qui, une nouvelle fois, ne cesse de rembobiner les bobines ! Les Bonus, assez courts, de l’édition vidéo comprennent, d’abord, le Guide de survie aux créatures de Chair De Poule où, en compagnie de Champ et Zach, nous découvrons quelques conseils pour survivre à des monstres qui peuvent paraitre gentils comme les nains de jardins, ou plus terrifiants, comme les loups-garous qui, à défaut de balles en argent, peuvent être tués avec des morsures de prothèses dentaires et l’abominable homme des neiges, un idiot qui veut absolument sacrifier vous dévorer. Ensuite, D’étranges incidents ont lieu sur le tournage, un court making-of en forme reportage original de Dylan qui a filmé des évènements qui montre que le plateau serait hanté. Il s’agit donc d’un film, efficacement accompagné par la musique de Danny ELFMAN, pour ressentir la chair de poule et en rire !

CHAIR DE POULE (GOOSEBUMPS). Un film réalisé par Rob LETTERMAN, adapté de l'oeuvre de R.L. STINE, avec Amy RYAN, Jack BLACK, Ryan LEE, Dylan MINNETTE, Jullian BELL, Odeya RUSH. Musique originale de Danny ELFMAN. Disponible en dvd, blu-ray, VOD et coffret collector chez Sony Pictures Home Entertainment.

 

 

 

THE CIRCLE - Chapitre 1 : Les Elues

Adapté du best-seller mondial de Sara BERGMAN ELFGREN et Mats STRANDSBERG, voici le premier volet d’une trilogie évènement venue de Suède. On y suit les aventures de six jeunes lycéennes qui, une nuit de pleine lune, se retrouvent liées par une prophétie qui leur tombe dessus, un pouvoir capable de repousser le Mal, de  survivre face à la malédiction qui s’est abattue sur leur lycée. La musique originale a été composée par Benny ANDERSSON, également coproducteur du film avec, notamment, son fils Ludwig ANDERSSON. Le film commence de manière sombre sur le personnage d’Elias, accompagné d’une musique répétitive dans les claviers, puis plus aérienne. Elle suggère un malaise en se fondant dans les bruits, les images de forêt, de brouillard. Puis, le film passe dans la présentation du groupe de filles, s’arrêtant longuement sur le personnage tourmenté d’Anna Karin (Helena ENGSTROM) On la voit arrivant au lycée, accompagnée d’une musique rythmée, électronique, résonnante et brutalement grave quand les filles découvrent le drame d’Elias. Là, Benny ANDERSSON introduit un court motif au piano, alors qu’Anna Karin rentre après le rassemblement hommage qui a mal tourné avec l’intervention d’Ida (Hanna ASP). Sur les images de lune rouge, on trouve une musique plus mélodique qui évoque, avec du piano et la flûte, la dimension fantastique ; les filles allant devenir, sous une musique grave, forte, accompagnée de synthétiseurs aériens, les élues. A partir de là, le film avance à la manière d’un thriller fantastique, avec de nouvelles disparitions et des personnages qui tombent leurs masques. Ce qui permet au compositeur d’introduire des musiques de tension, assez rythmées et étrange, notamment dans le bureau de la proviseure avec, en parallèle, l’image d’un corbeau, et de nouveau des flûtes et de la contrebasse. On note là plusieurs séquences dédiées à la littéraire Minoo (Irma VON PLATEN), personnage crucial sur la fin du film. On la retrouve avec un thème à base de piano répétitif et aussi, sur la conférence sur la magie, une sorte de valse étrange, diabolique même, avec un du cymbalum. Sur la scène finale, Benny ANDERSSON utilise beaucoup de percussions et de sonorités électroniques, pour une musique puissante et grave, avec des roulements de tambours à la manière d’un boléro. Il termine par une musique plus douce, apaisante, à base de piano. De la même manière que TWILIGHT avec les vampires, ce film met donc en scène des adolescentes reliées entre elles par des pouvoirs de sorcellerie. Malgré un démarrage fort, dramatique, la véritable intrigue met un certain temps à se mettre en place. Mais, dans le même temps, l'étude des personnages s'avère développée et intéressante pour s'attacher à des personnages blessés et attachants, notamment Anna-Karin et, la punk Linnea (Leona AXELSEN). Ce qui n'empêche pas les surprises et les faux semblants. Ensuite, le film évolue crescendo dans le suspense, jusqu'à un final assez classique, bien qu'efficace, en forme de combat entre le bien et le mal. En ce qui concerne la bande originale, le film n'évite pas la présence de chansons de jeunes dont on apprécie, pour certaines, les introductions électro-acoustiques. Reste la musique originale de Benny ANSERSSON (du groupe ABBA) qui ne convainc pas toujours, notamment dans ses parties atmosphériques et synthétiques, bien qu'elles se rapprochent souvent de celles d'Angelo "Twin Peaks" BADALAMENTI. On apprécie néanmoins certains thèmes mettant en de la contrebasse, des flûtes et, sur des séquences purement fantastiques, du cymbalum. Il en ressort un excellent thriller, suffisamment prenant pour qu’on attende impatiemment le second volet !

Un film de Levan AKIN, avec Miranda FRYDMAN, Hanna ASP, Josefin ASPLUND, Irma VON PLATEN, Leona AXELSEN, Helena ENGSTROM, Sverrir GUDNASON et Ruth VEGA FERNANDEZ. Musique originale de Benny ANSERSSON (du groupe ABBA).

Sortie en blu-ray, dvd et vod le 23 avril 2016 chez Pathé vidéo.

 

 

 

 

 

 

 

Evènement série !  

OUTLANDER, la série inédite maintenant en vidéo !

Outlander, c'est une série qui a été créée en 2014 par Ronald D. MOORE (connu pour ses travaux sur plusieurs séries dont STAR TREK : VOYAGER et BATTLESTAR GALACTICA) pour la chaine américaine Starz. Inédite sur les chaînes française, mais déjà réputée dans le milieu des séries, et alors même qu’elle a déjà été reconduite pour une deuxième saison, voici la première saison qui débarque directement en vidéo. Adaptée des best-sellers de Diana GABALDON, (dont le premier tome « Le Chardon et le Tartan » sert de base à la saison 1) qui séduisent par le mélange des genres, la série suit l'histoire de Claire RANDALL (Caitriona BALFE, déjà vue au cinéma dans INSAISISSABLES en 2013 et SUPER8 en 2011),  une infirmière militaire mariée en 1945 mystérieusement transportée dans le temps, en 1743.Après avoir été secourue par Dougal MacKENZIE (Graham McTAVISH), Claire arrive dans le château dirigé de manière héréditaire par le Laird Colum MacKENZIE (Gary LEWIS) ; un endroit qui va lui rappeler de tendres moments passés avec Frank RANDALL (Tobias MENZIES). Soupçonnée d’espionnage,  retenue prisonnière, elle devient la guérisseuse officielle du clan MacKENZIE. Mais aussi l’épouse de Jamie (Sam HEUGHAN), un jeune guerrier dont elle va vite tomber réellement amoureuse. Même si elle s’adresse à un public averti (en raison de certaines scènes à la limite du soutenable), les femmes semblent se passionner davantage pour cette saga à la fois magique, sensuelle et épique, renforcée par l'authenticité des décors naturels d'Écosse. Mais aussi des personnages bien trempés, à l’image de Claire, une femme moderne qui se retrouve coincé dans le passé. Ensuite, en choisissant le voyage dans le temps, un sujet maintes fois traité, la série constitue une belle épopée d'une femme rebelle transportée dans un univers hostile. De plus, on apprécie une véritable immersion dans le quotidien d'un château écossais, avec son chef de clan, son armée et ses servantes dirigées par l’attachante Madame FITZGIBBONS (Annette BADLAND), une des premières confidentes de Claire. Ensuite, on retrouve, comme sur d’autres séries du même producteur, l’excellent Bear Mc CREARY qui s’est visiblement régalé à mettre en musique cette histoire à la fois romantique et fantastique sur fond de couleurs écossaises. Il faut dire que, pour lui, Outlander constitue un projet qui combine plusieurs de ses passions, notamment celle pour la musique folk écossaise. Par sa musique, dès le début, Bear Mc CREARY a voulu mettre en avant principalement une instrumentation écossaise et folklorique. D’où l’emploi, par-dessus une base de cordes d'orchestre, d’instruments tels que le violon, la cornemuse, l’accordéon, des flûtes britanniques, et le bodhran, une sorte de tambour irlandais. Bien sur, la partition commence par le générique, accompagné par une superbe et envoûtante chanson d’inspiration celtique, qui nous plonge d'emblée dans un univers parallèle, magique ou martial selon les arrangements des différentes versions. Le titre est interprété par Raya YARBROUGH, la femme du compositeur et, surtout, une voix pleine de grâce déjà entendue sur plusieurs projets du compositeur (dont DA VINCI’S DEMONS), accompagnée de cornemuse, de percussions et de cordes. Le compositeur développe ensuite, délicatement, sur la chute de Claire dans les couloirs du temps, un thème à base de flûte et de violoncelle qui monte comme un réveil sur un mouvement mélodique d'inspiration traditionnelle, qui devient plus rythmé avec le passage des soldats du 18eme siècle sur le Hamsterheid du groupe Clanadonia de Glasgow. Il propose aussi des thèmes profonds, comme People Disappear all the time, qui, à base de cornemuse lointaine pour la couleur, et de longues lignes de violon, renforcent la dimension séduisante de la série. On remarque aussi un côté grondant pour la partie dramatique et des flûtes irlandaises, secondées par des violons répétitifs pour l'aspect légendaire, que l’on retrouve sur la danse des druides ; un thème étincelant, aérien, porté par des vocalises de Raya YARBROUGH, renforcée par de la harpe, du violon, une instrumentation écossaise de plus en plus rythmée, et un filet de piano et de guitare sur la fin. On apprécie encore certains thèmes chantants, comme celui du Château Leoch, masculin, à base d'accordéon et de violoncelle qui lui donne un côté sérieux. Soulignons encore que, même si Outlander ne constitue pas une série d'action, elle en comporte quelques séquences, parfois très violentes, qui ont permis au compositeur d'utiliser l'instrumentation écossaise de façon plus agressive, avec un ensemble important de flûtes irlandaises, en particulier sur l'assaut sur Cocknammon Rock. Enfin, signalons la présence de quelques chants traditionnels de « wool waulking » (foulage de la laine) dans l'épisode 5 par les sœurs Fiona et Katie MacKENZIE. Au final, cette première saison d’OUTLANDER se révèle passionnante à la fois par son sujet qui brasse les genres, ses rebondissements réguliers qui font qu’on se presse de visionner l’épisode suivant, sa réalisation soignée (dont les deux premiers épisodes par John DALH, connu notamment pour l'excellent LAST SÉDUCTION au cinéma) jusque dans les costumes et les décors et, bien sûr, sa remarquable musique, souvent d’inspiration locale, de Bear MC CREARY. En attendant une hypothétique diffusion télévisée en France, il ne vous reste plus qu’à vous jeter sur cette belle édition vidéo, qui contient la série en versions originales et française ainsi que d’excellents bonus ; une belle réussite pour une sortie hautement recommandable !OUTLANDER. Série créée par Ronald D. MOORE, avec Caitriona BALFE, Sam HEUGHAN, Tobias MENZIES, Graham McTAVISH, Gary LEWIS, Lotte VERBEEK, Bill PATERSON, Laura DONNELLY, Annette BADLAND. Musique originale de Bear Mc CREARY. Saison 1 disponible en dvd et en Blu-ray chez Sony Pictures Home Entertainment. Avec, en bonus, un bêtisier, des reportages sur l’adaptation, un design authentique, les robes et les kilts d’Outlander, la fabrication des tissus, des podcasts et, en exclusivité sur le Blu-ray, la version longue de l’épisode Une Bonne Correction (12 minutes supplémentaires !)

Plus d’informations sur https://www.facebook.com/Outlander.Officiel.France/

Et aussi sur https://www.facebook.com/outlanderfrance/

 

 

BELLES FAMILLES, Retour en vidéo pour le dernier film de Jean-Paul RAPPENEAU !   

L’année dernière, dix ans après BON VOYAGE, Jean-Paul RAPPENEAU revenait au cinéma avec un film plus modeste ; l’histoire de gens qui se croisent autour du devenir de la maison familiale. Voici donc une nouvelle chance d’apprécier ce film d’allure classique mais réussi, à l’occasion de sa sortie en vidéo. Le point de départ correspond  au retour de Jérôme VARENNE (Mathieu AMALRIC), qui vit à Shanghai mais, de passage à Paris, en profite pour se rendre dans son village natal d’Ambray. Il n’imagine pas que cette échappée va bouleverser son existence. BELLES FAMILLES a été conçu par Jean-Paul RAPPENEAU, après un projet abandonné par faute de financements. Surtout, il lui a permis de revenir dans sa province natale et d’y filmer une sorte d’autobiographie imaginaire. Après des compositeurs de renom, pour la première fois, c’est son fils Martin, chanteur et grand mélodiste, qui a écrit la musique; un moment toujours important, empli de suspense, pour le réalisateur car c'est la seule fois où il confie les clefs de son œuvre à un autre créateur. Comme souvent sur les films de Jean-Paul RAPPENEAU, la musique intervient comme une voix intérieure des lieux, ici la maison, et des personnages principaux, notamment Jérôme et Louise. Pour l'élaborer, Martin RAPPENEAU a souhaité travailler à proximité de son père, en installant un piano dans son bureau; De cette manière, il pouvait lui jouer des thèmes puis échanger et, au besoin, les modifier, les améliorer en direct.  La musique intervient d’abord délicatement, de manière lointaine mais colorée, à travers un regard extérieur à la famille ; celui de Chen-Li, l’amie de Jérôme, alors qu’elle regarde la photo de famille tendue par la mère de famille Suzanne VARENNE (Nicole GARCIA). Lorsque Jérôme arrive en voiture à Ambray, Martin RAPPENEAU introduit un thème généreux et mélancolique, assez classique dans les cordes mais aussi pianissimo lorsque surgit la maison. De même lorsqu’on lui parle de son défunt père, un piano joue doublement l'émotion au travers de notes surgissant comme des souvenirs. Mais aussi des mesures plus douces, mélodiques, quand il se rapproche déjà de la jeune Louise (Marine VACTH), entre passé et présent ; un sentiment qui ne fait que s’accentuer tout le long du film, de l’évolution de leurs rapports. Mais aussi dans un mouvement profond, qui renvoie à son père, Grégoire PIAGGI (Gilles LELLOUCHE) dont le thème apparaît lent, plus moderne, rythmé, lorsqu'il s'agit d'évoquer le projet immobilier autour du domaine. Le thème de Louise contient parfois une urgence, une boucle mélodique, notamment sur les séquences où intervient sa mère Florence (Karin VIARD). Mais aussi sur les séquences plus rythmées, quand Jérôme et surtout Florence décident de voir, et même de gifler, Vouriot, le notaire de famille joué par Jean-Marie WINLING. On note d’ailleurs un thème mystérieux, au piano, lorsque Jérôme revient de nuit dans son bureau, accompagné de Fabienne, qui était amoureuse de lui. On notera dans la dernière partie du film l’importance donnée au personnage de  Chen Lin ; Martin RAPPENEAU développant alors une musique douce amère, avec un filet de piano, mélancolique et légère également, lorsqu’elle revient, tout en s’interrogeant sur leur avenir, vers Jérôme. D’où aussi une musique doucement obsessionnelle au piano, qui sert de lien vers des séquences avec Suzanne. On notera que le film comporte plusieurs séquences incluant dans l’action des musiques classiques, de Robert SCHUMANN, sur la séquence du Festival. Mais aussi, plus loin, sur une sorte d’épilogue montrant Louise exilée temporairement à Zanzibar, un prélude de Frédéric CHOPIN avec, en parallèle, des images de Jérôme et Chen Li, le pianiste ressemblant au frère de celle-ci. Au final, Martin RAPPENEAU  signe, dans la continuité des musiques des films précédents de son père, une belle composition, efficacement orchestrée par Ronan MAILLARD (MARGUERITE), techniquement impeccable grâce à l'excellence de l'orchestre anglais. Au niveau des thèmes, on apprécie un thème principal relativement simple qui intervient d'abord par touches discrètes puis finit par devenir très présent. On apprécie aussi une musique qui ponctue efficacement une histoire très humaine, sans encombrer de souvenirs, musique répétitive, élégante, multipliant les crescendos, les vibratos. Il en ressort alors musique qui, en élargissant leurs vies, leurs émotions, relie les fils entre les personnages, permet de comprendre leurs relations. D’autant que, comme il le dit dans le making-of, Jean-Paul RAPPENEAU, avec ce film où les personnages ressemblent tous à des gens qu'il a connus, évoquant même la violence du rapport avec son propre père, il réalise une comédie familiale, personnelle, au souffle romanesque et sentimental indéniable. Bien sûr, cette édition vidéo est accompagnée de suppléments : d’abord, et sans surprise, les bandes annonces et teasers, une courte (mais plutôt agréable) présentation du film par les comédiens et, surtout, un long reportage sur le tournage.

BELLES FAMILLES. Un film de Jean-Paul RAPPENEAU, avec Mathieu AMALRIC, Marine VACTH, Gilles LELLOUCHE, Nicole GARCIA, Karin VIARD, Guillaume de TONQUEDEC,  André DUSSOLLIER. Musique originale de Martin RAPPENEAU. Disponible en dvd et en bluray chez ARP Sélection.

 

 

 

LA DUCHESSE DE VARSOVIE

Voila un film étonnant, sorti discrètement au cinéma, à voir ou à revoir en dvd. Pour son style unique qui le ferait presque passer pour une comédie musicale de l'âge d'or hollywoodien (UN AMÉRICAIN À PARIS, DRÔLE DE FRIMOUSSE, GIGI), si ce n’est qu’il s’inscrit dans une sorte de tradition de l'Europe Centrale : une mélodie lancinante, telle une valse étrange, recouvre tout le film. Première surprise : il se déroule intégralement dans des décors de toiles peintes, où des silhouettes incarnent tous les personnages, excepté Valentin (le jeune Andy GILLET – qui a collaboré avec Eric ROHMER sur LES AMOURS D’ASTREE ET CELADON - à l'interprétation très juste), qui vit dans le monde imaginaire de ses tableaux, et sa grand-mère Nina (Alexandra STEWART, actrice à la filmographie impressionnante – LE FEU FOLLET de Louis MALLE, SOUS LE SABLE de François OZON – ici remarquable de sensibilité) une émigrée juive polonaise. Au fil de quelques jours dans un Paris rêvé, Valentin demande à connaître le passé douloureux de Nina. S'en suit un jeu de séduction entre les deux personnages et, surtout, une immersion dans des  souvenirs de plus en plus douloureux; un parcours auquel participe pleinement la musique, pour laquelle on prend plaisir à retrouver Jacques DAVIDOVICI. Il propose ici une partition relativement classique, souvent mélodique, légère et parfois, dictée par le sujet, beaucoup plus sombre ; une musique constamment présente et qui, selon le réalisateur, devient une sorte de parole intérieure des personnages. En ce qui concerne la couleur musicale, à l'image des toiles qui se rapprochent de l’univers de comédies musicales, Jacques DAVIDOVICI et le réalisateur Joseph MORDER, se sont accordés sur l'utilisation, essentiellement, d'un orchestre  symphonique classique et de quelques solistes qui, accordéoniste (Accordéon Des Rues) ou chanteur (J'Ai Oublié Mes Souvenirs par  Joël CARTIGNY), contribuent, par leur originalité, à la reconstitution d'un Paris de carte postale. Pour le thème titre, Jacques DAVIDOVICI introduit un joli thème ample, concertant, principalement dans les précipités, construit à base de cordes. Dans un deuxième temps, apparaît un mouvement mélodique plus romanesque, nostalgique même, à l'image du personnage de Nina  (La Duchesse De Varsovie);  un thème qui revient souvent, en particulier dans un développement lent, profond, à base de piano et d'orchestre, évocateur d'un passé (Rachel, Générique Fin).  Pour Valentin, Jacques DAVIDOVICI introduit un motif délicat, pianissimo, qui décrit justement la solitude du jeune homme (Valentin). A l'occasion de la première scène entre les deux personnages, dans un taxi traversant la capitale, Jacques DAVIDOVICI propose une valse ironique aux  références austro-hongroises, en fait une reprise du thème de Nina, introduit au piano (Une Valse Légère, La Valse De Nina). Pour la séquence amusante du cinéma, le compositeur propose logiquement un thème au piano solo, très rétro, doucement mélodique, romantique, subtil, puis le reprend généreusement avec l'orchestre (Le Film Muet). Jacques DAVIDOVICI propose encore un thème délicatement mélodique, porteur d'un souvenir, à base de piano solo ; un thème repris tardivement par l'orchestre dans un contrepoint qui s'installe à la manière d'une musique de l'est, contenant un brin de hautbois et une reprise des violons (Un Jardin Magique). Suit une musique étrange, suspendue qui, sur un mode dramatique, prépare à la deuxième partie du film (Un Soir Gare De L'Est), consacrée à la confession de Nina. Là, Jacques DAVIDOVICI propose davantage des ambiances faites de notes synthétiques, de quelques accords de piano, parfois de percussions, de caisses claires. Il s'agit de sonorités brouillardeuses, dénuées de mélodie, parfois des bribes lointaines de thèmes à la manière d'un puzzle (Les Camps I) ; des thèmes qui interviennent comme des fantômes, parfois de manière rythmée, grâce à des bruits métalliques, des espaces et de courtes cellules répétitives d'orchestre, de batterie. Plus qu'une atmosphère, le compositeur tente d'instaurer un mouvement d'inspiration contemporaine qui convient à l'espace hors du temps dans lequel se trouvent Nina et Valentin à ce moment (Les Camps II). Enfin, Jacques DAVIDOVICI étonne avec cette sorte d'incursion techno, mélange d'électronique et de voix mixées constituant un véritable exercice de style (Extasie Dance). Dans ce film, toutes les séquences sont évocatrices d’un temps éloigné et, même quant il s'agit de rappeler des heures graves, elles représentent des opportunités de musiques. Il n'en fallait pas davantage à Jacques DAVIDOVICI pour développer une bande originale emplie  de souffle et de puissance, qui contraste avec le minimalisme des décors et des silhouettes. De même, l'aspect lyrique et généreux des thèmes principaux sert superbement un récit musical qui évoque, pendant une large première partie du film, le merveilleux, le burlesque, l'amour avant de passer à la tragédie. Il en découle une bande originale délicieuse, pour un film au sujet grave mais empli de poésie. A noter que le dvd contient un ensemble de suppléments passionnants, à commencer par une série d’entretiens avec le réalisateur (qui revient en détail sur la genèse du projet et les difficultés techniques qui n’ont pas manqués) et les comédiens Alexandra STEWART et Andy GILLET qui rendent compte de leur vécu et également des contraintes liés notamment à des décors peints et des personnages en carton. On regrette simplement l’absence de supplément sur la musique, pourtant omniprésente. On trouve également quelques images des coulisses du film qui, là encore, donnent un aperçu d’un tournage vraiment particulier. Au final, ces bonus permettent de s'immerger dans les coulisses d'une œuvre qui marque autant par son audace que sa finesse !

LA DUCHESSE DE VARSOVIE. Un film de Joseph MORDER, avec Alexandra STEWART et Andy GILLET. Disponible en dvd chez Epicentre films avec, en bonus : entretiens et avant-première, dans les coulisses de LA DUCHESSE DE VARSOVIE, commentaire audio du réalisateur, biographie-filmographies,  bande-annonce et galerie photos. Musique originale de Jacques DAVIDOVICI disponible en téléchargement.

Plus d’informations sur http://www.epicentrefilms.com/

 

 

Coffret Brian De PALMA – BLOW OUT / PULSIONS / FURIE : trois films cultes de retour en coffret DVD et Blu-ray le 8 octobre 2014 !

Après les avoirs sortis séparément en dvd simple et double collector, CARLOTTA films rassemble, dans un même coffret, trois films emblématiques de Brian de PALMA. PULSIONS reste certainement le meilleur des trois films, également celui qui a rencontré le plus grand succès auprès du public. Il s’agit d’un passionnant thriller à la sexuel et sanglant, autour d’un puzzle criminel réunissant Angie DICKINSON (À BOUT PORTANT), Michael CAINE (INCEPTION) et Nancy ALLEN (BLOW OUT). Avec une virtuosité plastique sans équivalent, Brian De PALMA (CARRIE AU BAL DU DIABLE) s’engouffre dans les fantasmes de personnages troubles et scrute le cœur sombre de son modèle cinématographique, Alfred HITCHCOCK. Le premier avantage de l’édition CARLOTTA (comparé aux précédentes éditions que vous pouvez jeter !), c’est que le film est enfin présenté dans sa version non censurée, restaurée et, tout comme pour BLOW OUT, dans son format d’origine en cinémascope ! Le premier dvd contient évidemment le film, introduit par une Préface très intéressante de Samuel BLUMENFELD, spécialiste de Brian de PALMA qui replace le film dans son contexte d’époque et raconte quelques anecdotes, la bande annonce et PULSIONS EN TROIS VERSIONS ou, en 5 mn, une comparaison entre les versions non censurée et télévisée du film. Le deuxième disque contient divers documentaires, tous passionnants. On retrouve d’abord, dans  SYMPHONIE DE LA PEUR, le producteur George LITTO, qui évoque sa rencontre et sa collaboration avec Brian De PALMA et la façon dont le cinéaste orchestre savamment le suspense. Puis LA FEMME EN BLANC où l’actrice Angie DICKINSON se remémore le tournage de PULSIONS en revenant sur son rôle scène par scène, et LA FEMME EN VIOLE où Nancy Allen se souvient du film, des costumes portés par le personnage de Liz ainsi que de son association avec Angie DICKINSON et Michael CAINE. Enfin, dans UNE LECON DE CINÉMA, on découvre comment l'opportunité d'être acteur pour Brian De PALMA permit à Keith GORDON d'apprendre son futur métier de réalisateur, notamment sur la série DEXTER. BLOW OUT est un autre thriller très réussi, qui n’a pas rencontré le succès escompté à sa sortie mais qui, au fil des années, est devenu un film culte. Dans ce film, un preneur de son (Jack TERRY joué par John TRAVOLTA) enregistre des bruits naturels pour les besoins de films. Mais une nuit, il assiste à un accident de voiture et sauve la vie de Sally, sa passagère. Lorsque l’identité du conducteur décédé, le gouverneur McRYAN, est découverte, Jack se rend compte qu’il s’agit non pas d’un accident mais d’un meurtre ; il décide alors, à l’aide des bandes de l’enregistrement ! Comme pour PULSIONS, le premier disque contient le film avec une préface de Samuel BLUMENFELD, mais aussi une Une analyse de Jean Douchet (UN CRI DE VÉRITE) et la bande annonce. Le second disque commence par RETOUR À PHILADELPHIE où le producteur George LITTO se souvient de la genèse du projet, en particulier sur le fait qu’il a vendu le film sur la base, non pas d’un scénario, et du tournage à Philadelphie. Vient ensuite LE NOIR ET BLANC EN COULEURS où le Directeur de la photographie Vilmos ZSIGMOND (connu notamment pour son travail sur RENCONTRES DU TROISIEME TYPE de Steven SPIELBERG) revient sur sa collaboration avec Brian De PALMA (depuis OBSESSION) à travers le traitement particulier des couleurs (le rouge et le bleu du drapeau des Etats-Unis) et les liens avec la fête nationale et les trucages employés dans le film (caméra devant tourner cinq fois dans le laboratoire de John TRAVOLTA, utilisation de caméra bifocale pour filmer différents éléments sur un même plans, éclairages, séquence finale du feu d’artifice autour des personnages de Sally et Jack) mais aussi les liens avec le film BLOW UP de Michelangelo ANTONIONI. On passe à SOUVENIRS D’UNE POUPÉE DE CHIFFON, documentaire dans lequel Nancy ALLEN, inoubliable dans les films de Brian De PALMA, son compagnon de l’époque, évoque son travail avec John TRAVOLTA sur le tournage de BLOW OUT. La comédienne revient sur leur rencontre sur CARRIE AU BAL DU DIABLE et leurs retrouvailles sur BLOW OUT, film dans lequel John TRAVOLTA s’est retrouvé presque par hasard et a imposé Nancy ALLEN comme partenaire. L’actrice raconte ensuite de multiples anecdotes sur BLOW OUT dont on retient notamment la partie sur le langage corporel du personnage de Sally, également le travail sur la voix puérile de la jeune femme. Nancy ALLEN revient aussi sur son jeu dans des scènes clés, comme celle où l’actrice, claustrophobe, se retrouve enfermée dans une voiture sous l’eau, mais aussi le face à face final avec John LIGHTOW. Enfin, dans MULTIPISTES, Pino DONAGGIO, compositeur italien, revient sur sa carrière de violoniste, puis de chanteur populaire et enfin de musicien pour le cinéma, de NE VOUS RETOURNEZ PAS jusqu'à sa collaboration avec Brian De PALMA. Il nous raconte sa façon de travailler et met en avant les spécificités de ses musiques, notamment l’aspect mélodique, essentiel chez les compositeurs italiens comme Ennio MORRICONE, également l’alternance entre la musique orchestrale et les synthétiseurs ; un reportage très instructif. Enfin, ce coffret reprend aussi FURIE, dont nous avions vanté les qualités lors de la sortie du dvd l’année dernière. Au final, voici un coffret qui ravira tous les amateurs du cinéma de Brian De PALMA, d’autant plus qu’il s’agit ici de la crème du réalisateur dans des éditions très complètes et soignées.

Coffret Brian De PALMA en dvd et en blu-ray disponible chez Carlotta films.

Plus d’informations sur http://carlottavod.com/

 

 

 

LA BELLE ET LA BETE DE CHRISTOPHE GANS EN EDITION COLLECTOR DEFINITIVE : UNE PLONGEE PASSIONNANTE DANS LES COULISSES DU CONTE DEVENU FILM !

Trois mois après une première édition vidéo dénuée de bonus, revoici LA BELLE ET LA BETE, dans un prestigieux coffret rempli de suppléments supervisés par le réalisateur ; une édition attendue quand on sait que le cinéaste (et cinéphile) a toujours soigné les éditions collector de ses films, comme précédemment pour LE PACTE DES LOUPS. Cette édition de LA BELLE ET LA BETE contient donc le film en Blu-ray et en dvd et un disque supplémentaire rempli de scènes coupées (introduites par Christophe GANS), du clip de la chanson SAURAS-TU M’AIMER par Yoann FREGET et, surtout, revient de manière détaillée sur toutes les étapes de la genèse de cette nouvelle version du récit de Madame de VILLENEUVE. Le premier bonus, et pas des moindres, s’intitule ETAPES FX ; il s’agit en fait d’une multiversion du film, c’est-à-dire que l’on peut passer à tout moment de la version normale à  des versions de travail soit avec des images du story-board (réalisé par Thierry SEGUR)  soit des esquisses préparatoires ; le tout commenté par Christophe GANS mais aussi Louis MORIN, le Directeur des effets visuels qui a, en particulier pour les scènes avec des navires, eu une approche photo réaliste. Le cinéaste va  très loin dans ses commentaires, à commencer par parler du logo des studios de Babelsberg, où a été tourné le film, et qui fait référence au mythique METROPOLIS de Fritz LANG. Dans ce flot de remarques sur son œuvre, Christophe GANS escient, entre autres, sur sa mère qui lui racontait des contes de fées, sa passion pour le cinéma qui l’a amené à réaliser des films qui représentent d’abord des visions, des dessins avant de devenir des images ou, dans le cas de LA BELLE ET LA BETE, une peinture qui s’anime sous nos yeux. Il évoque également son amour du cinéma, à travers ses références, nombreuses, comme par exemple Hayao MIYAZAKI, auquel il a pensé pour les séquences de corridors traversés par Léa SEYDOUX jusqu’à l’entrée du sanctuaire de la princesse morte, ou encore le cinéma d’aventures et le western spaghetti, qui se croisent dans la séquence de la taverne. Mais aussi par rapport à la narration même d’un certain cinéma, lui permettant de créer des moments qui se situent entre le tour de magie et une sorte de confusion, comme dans un rêve ; ce qui se reflète ici quand on passe d’une époque à une autre à travers un miroir pivotant. Maintenant, le bonus le plus important, et aussi le plus instructif, reste  sans conteste IL ETAIT UNE FOIS LA BELLE ET LA BETE, le Making-of du film qui, sur une durée de 1H23 chapitrée, revient en détail sur toutes les étapes de la fabrication du film. On y retrouve bien sur Christophe GANS qui revient d’abord sur sa réaction enthousiaste lorsqu’on lui a proposé d’adapter LA BELLE ET LA BETE. Puis le producteur Richard GRANDPIERRE, qui  raconte que l’idée ne consistait pas à réaliser un remake du film de Jean COCTEAU, d’où ce retour au conte de Madame de VILLENEUVE, notamment pour expliquer les origines de la transformation du prince en bête mais aussi du Prince qui hante les nuits de la Belle, comme le souligne la coscénariste Sandra VO-ANH. On y côtoie aussi la plupart des comédiens, à commencer par Vincent CASSEL, qui rappelle ses liens avec Christophe GANS depuis LE PACTE DES LOUPS, et leurs nombreux projets communs jusqu’à  LA BELLE ET LA BETE que, bizarrement, il a tout de suite accepté. Puis évidemment Léa SEYDOUX ; un choix évident pour Christophe GANS depuis sa vision du ROBIN DES BOIS de Ridley SCOTT et un rôle de rêve pour l’actrice dont le film de Jean COCTEAU a nourri son enfance, son imagination, et qui se reconnait dans ce voyage initiatique de l’enfant Belle vers son destin de femme. Puis André DUSSOLIER qui, à propos de son personnage de marchand, dit qu’il est très humain, très affectueux, avec un lien fusionnel par rapport à Belle ; Audrey LAMY, qui dit de Christophe GANS que bien qu’il sache ce qu’il veut, laisse beaucoup de liberté, ou encore leur fait confiance selon Sara GIRAUDEAU ; Eduardo NORIEGA (Perducas) qui a travaillé avec  Christophe GANS sur l’aspect humain du méchant, qui ne pouvait pas être qu’un brigand amoureux d’une cartomancienne, Astrid (Myriam CHARLEINS). Interviennent encore la plupart des techniciens : Sébastien PRANGERE le monteur qui compare le système de narration du conte à un univers sans lien avec la réalité ; Kook EWO, le Motion designer, chargé de la conception des plans, en particulier du livre au début du film ; Christophe BEAUCARNE, le Directeur de la photographie, qui parle des mouvements de caméras ;  le Chef décorateur Thierry FLAMAND ; le chef costumier Pierre-Yves GAYRAULT parle des couleurs et des symboles des robes, comme cette robe ivoire kimono qui évoque la virginité ; Alexandre LAFORTUNE Superviseur – Oblique FX parle de son travail sur la capture de mouvements de la BÊTE ;Jean-Sébastien GUILLEMETTE - VFX Artist – Shed évoque la création des Tadums, et les défis techniques associés. Enfin, après plus d’une heure, la partie sur la musique est introduite à travers la scène de danse entre la Bête et la Bête, pour laquelle un casting de musiciens avait été organisé ; malheureusement un peu pour rien puisque c’est une valse pré-écrite (Dark Waltz History de Brian KEANE), qui a été conservée dans le film du fait qu’aucun compositeur ne l’a surpassée. Même pas Pierre ADENOT, le compositeur de la musique originale ! On éprouve d’ailleurs un grand plaisir à le voir diriger dans les studios londoniens d’Abbey Road ; un temple de la musique avec des musiciens véritablement parfaits et habitués à jouer de la musique de films. Pierre ADENOT a composé une valse absolument splendide, que l’on entend finalement à la fin du film, qui nécessitait une partition très longue, qui ne pouvait pas se limiter à une approche uniquement thématique. D’où une approche par cellules, en fait des bouts du thème principal, dont la particularité est qu’il est très long. D'ou ces petites cellules développées tout au long du film, par exemple sur le Générique début. Toujours à propos de la musique, le producteur Richard GRANDPIERRE insiste sur les qualités de Pierre ADENOT, qui a su s’adapter aux variations du montage. Le coffret contient également un superbe livret de 37 pages intitulé L’ART DU FILM LA BELLE ET LA BETE,  préfacé par Christophe GANS et une impressionnante série commentée des dessins préparatoires de François BARANGER, qui  parle ainsi du développement visuel du film. Au final, ce coffret devrait ravir autant les amateurs de cinéma, de belles histoires que les passionnés de technique.

LA BELLE ET LA BETE. Un film de Christophe GANS. Disponible et en édition collector définitive chez Fox Pathé Europa.

 

OLDBOY

Sans s’apparenter à un remake du film coréen du même nom, ce thriller viscéral, dérangeant, réalisé par Spike LEE, se veut en fait l’adaptation du manga éponyme. Il raconte l'histoire de Joe DOUCETT, un publicitaire (remarquablement joué par Josh BROLIN, tour à tour violenté, meurtri et émouvant), kidnappé et séquestré pendant 20 ans, sans la moindre explication. Alors évidemment, lorsqu’il se retrouve enfin libéré, il se lance dans une quête forcenée pour découvrir qui a orchestré son étrange et monstrueux châtiment, prenant progressivement conscience qu'il demeure la proie d'un lacis de machinations et de supplices. Pour la musique, Spike LEE a fait appel au compositeur espagnol Roque BANOS, qui propose une partition calibrée pour coller à ce thriller palpitant autant que dérangeant. Dès le générique, il propose une musique profonde, ténébreuse, doucement rythmée par les cordes et quelques percussions. (Titles / One Man's Journey). On note aussi, sur le passage de Joe dans un monde parallèle, un souffle grave, un écho tremblant, digne de films d’épouvante puis des parties de piano doucement répétitives, au loin derrière, que l’on entend sur d’autres passages, accompagnées par des cordes graves (Alcohol Haze). Avant d’enchainer par une partition relativement classique, très américaine est-on tenté de dire, en l’occurrence des musiques de films d’action, qui multiplient les vibratos accompagnée d’une sorte de pulsation : d’abord pour mieux accompagner les premières heures de l’enfermement  de Joe, qui ne sait pas qu’un long calvaire va commencer (Day One). Ensuite pour appuyer son long enfermement, à travers ce thème à base de piano et de cordes tourbillonnantes, accompagné d’un rythme, de cordes rythmiques, pincées ; un piano qui martèle des notes en même temps qu’une petite mélodie reprise, de manière délicate, par les cordes de l’orchestre (Closing In). Et également avec cette musique pleine de souffle, avec des boucles de rythmes, quelques percussions ; une musique qui, par son ampleur, son rythme, sa puissance et son crescendo, évoque le démarrage de la quête de vérité de ce publicitaire, qui retrouve enfin la lumière (I Will Find You). Même si la partition privilégie les moments graves, parfois grinçants avec des motifs qui jouent sur l’étrangeté, la peur avec des jeux de percussions, des guitares avec de l’écho et des vibratos (Proposition), Roque BANOS a trouvé quelques parcelles pour lancer des thèmes plus doux, caressants. C’est le cas de ce motif à la fois pianissimo et classique dans les cordes, qui démarre à la façon d’une boite à musique avant de se développer de manière chaleureuse, maternelle, grâce à la progression au piano, lent et aussi l’intervention d’un solo de violon caressant, qui renvoie au souvenir de la fille de Joe (Dear Daughter). Le piano que l’on retrouve encore dans une cellule qui revient à intervalle régulier, suivie d’un rythme plus moderne, accentué par les percussions et les cordes. Ce qui  amène une inquiétude avant une musique ample, large et très rythmique, à la manière de certaines chorégraphies asiatiques, ce qui renvoie à cette femme asiatique, à l’origine de l’enfermement de Joe et qu’il recroise, comme par hasard, à sa sortie (20 Years After). Le compositeur propose aussi deux longs morceaux, de près de dix minutes chacun. Dans le premier, Past Unraveled, il développe une musique planante, composée de beaucoup de longues notes, avec une courte cellule répétitive en contrepoint. Il s’agit d’une musique qui entretient, au rythme que Joe découvre les origines du mal, par son rythme, sa gravité et ses légers soubresauts, le suspense. Entre deux parties graves, on apprécie une partie émouvante, sensuelle, dominée par des notes de piano appuyées par des cordes voluptueuses. Au final, Spike LEE signe un thriller diablement qui ne fera pas date mais qui se révèle efficace et c’est déjà pas mal. Certes, le réalisateur puise beaucoup dans l’œuvre originelle mais qui sait aussi se distinguer par une ambiance bien plus américaine qu’asiatique. On note également des touches visuelles bien particulières, comme celle attaché au personnage du gardien de Joe pendant 20 ans, également à la mise en scène d’une scène d’amour directement liée au passé. Quant à Roque BANOS, il signe une partition efficace, rythmée et dérangeante qui puise dans des textures sonores que l’on rencontre souvent sur des films américains. Il en ressort une musique calibrée sur mesure pour le public de ce genre de films. Le revers de la médaille, c’est qu’on a l’impression d’une musique assez impersonnelle, peu originale et qui, comme le film empreinte à l’œuvre originale, se révèle à d’autres partitions du même genre. Et c’est un peu dommage. Quand à l’édition dvd et blu-ray, on regrette l’absence, hormis quelques bandes annonces, de véritables bonus. On aurait, par exemple, apprécié un entretien avec Spike LEE. Encore dommage…

OLDBOY. Un film réalisé par Spike LEE. Musique originale de Roque BANOS, disponible chez COLOSSEUM Music Entertainment.

Dvd et Blu-ray disponibles chez Universal Vidéo.

Plus d’informations surhttp://www.colosseum.de/index.php/language/en

Et sur http://www.universalpictures-dvd.fr

 

 

THE SIGNAL

Cette sortie vidéo représente un évènement, et même une première en France selon l’éditeur qui, propose, outre le film, la bande originale réorchestrée. En effet, pour la sortie vidéo de THE SIGNAL, la splendide partition de Nuno MALO, Sacré Révélation de l’année 2013 de la musique de film, a bénéficié d’un réenregistrement par l’orchestre symphonique de Budapest ; chose suffisant rare pour être soulignée. Nuno MALO est devenu au cours de la dernière décennie l'un des compositeurs de film les plus respectés et les plus fréquentés du Portugal. Il faut souligner que le compositeur a reçu le prix du Compositeur de l'année à la cérémonie des IFMCA (International Film Music Critics Association) alors qu’il était nominé pour la musique du film AMALIA, réalisé par Carlos COELHO DA SILVA. THE SIGNAL raconte la rencontre improbable de gens qui n’auraient jamais dû se croiser et qui, pourtant, vont voir leurs destins reliés par une étrange force. L’histoire commence quand, un matin, le GPS de Jay (Joaquim de ALMEIDA – vu dans LA CAGE DOREE) se détraque, pointant sans relâche vers un mystérieux lac perdu au milieu du désert. Sur un coup de tête, Jay décide de s’y rendre, ne sachant pas encore que cinq autres personnes convergent vers ce lieu et au même moment. Au niveau de la musique Numa MALO propose une musique relativement simple, souvent atmosphérique et quasi omniprésente tout le long du film. C’est aussi une musique lyrique, portée par une voie qui survole les paysages désertiques du Nevada. Ces parties vocales, associées à une musique atmosphérique, soutiennent et amplifient les séquences, particulièrement nombreuses. On relève plusieurs thèmes intimistes, notamment sur les séquences entre la mère et la fille mais aussi entre le jeune homme dont la petite amie s’est suicidée et son confident. Sur le générique, et les images aériennes d’un paysage désertique, Nuno MALO déploie un thème principal ample et profond. Il s’agit d’un mouvement large et plutôt répétitif sur lequel viennent se poser des cordes. Dans la version interprétée par l’orchestre Roumain, la partie vocale est largement développée et fait intervenir des chœurs (alors qu’ils n’y en avaient pas dans la version originale entendue dans le film), ce qui la rend très émouvante avec un côté intemporel et humaniste (Main Title). On note aussi l’importance accordée aux percussions et aux bois, tandis que les lignes de violons répètent la partie principale du thème. Nuno MALO propose un thème à base de percussions et de cordes en contrepoint ; un thème plus mystérieux, plus métallique avec une sorte de boucle. Dans un deuxième temps, il privilégie la fibre émotionnelle à travers un mouvement symphonique d’une grande pureté (Rooftop). Pour le thème de Jay, Nuno MALO introduit un thème à la mélodie à la fois douce et mélancolique, à l’image d’un homme un peu perdu ; un thème très présent, très touchant dans le film mais, là encore, magnifié par la force des cordes de l’orchestre roumain (Jay’s Theme). Nuno MALO reprend les voix et les chœurs pour un thème qui évoque à la fois l’aventure et l’aspect fantastique du scénario. Il s’agit à la fois d’un thème rythmé et profond, avec une partie de piano obsessionnel; un thème qui décrit magnifiquement le mystère, le côté implacable des évènements (The Signal Gathering). Pour la conclusion du film, Nuno MALO propose un thème là encore atmosphérique mais porté par une mélodie pour clarinette qui, avec le contrepoint de cordes, lui donne un côté céleste (Resolutions). Enfin, pour le personnage de Matt, Nuno MALO a écrit un thème orchestral profond et délicat, débordant d’émotion ; une vraie merveille amplifiée par la lecture symphonique de l’orchestre roumain (Matt’s Theme). Au final, en plus de voir un film au scénario très prenant et aux multiples, on découvre en Nuno MALO un compositeur que l’on ne connaissait pas en France. Et pourtant, pour THE SIGNAL, il signe une partition aux thèmes amples et émouvants, dont les passages pianissimo qui transcendent les failles, les troubles de personnages pris dans la tourment. Que dire de la présence en bonus du cd de la musique réinterprétée par un orchestre symphonique si ce n’est qu’il s’agit d’une idée tout simplement géniale ; une initiative qui se justifie non seulement par le talent de compositeur de Nuno MALO mais aussi par la qualité de sa musique, dont les parties orchestrales et vocales sont amplifiées, magnifiées. Enfin, signalons la présence du superbe documentaire consacré à la renaissance de la musique du film : Nuno MALO nous y parle de son travail en général où, pour lui, le challenge d’un compositeur de musique de film consiste à cerner l’idée centrale et la convertir en musique afin que cela se ressente au travers du film. Puis, bien sûr, il évoque THE SIGNAL. Il met en avant cette idée qu’il a tenté de retranscrire dans sa musique, à savoir que le film évoque une force qui réunit des gens, apparemment sans aucun lien, dans un endroit où ils ont la possibilité de se sauver et de trouver la rédemption. Le tout est accompagné d’images du film et des sessions d’enregistrement de la musique à Budapest ; c’est à la fois beau, ludique et touchant. Tous ces éléments font de cette édition vidéo un formidable tremplin à la musique de Nuno MALO !

THE SIGNAL. Un film realisé par Fernando FRAGATA, Joaquim de ALMEIDA, Michelle MANIA, Skyler DAY, Scott BAILEY.

 

 

EN QUATRIEME VITESSE (KISS ME DEADLY)

En parallèle de la sortie du très rare L’ULTIMATUM DES TROIS MERCENAIRES, Carlotta Films a la bonne idée de rééditer cet excellent polar du même réalisateur Robert ALDRICH. Dans ce film, son cinquième, Robert ALDRICH adapte les aventures de Mike HAMMER (Ralph MEEKER), un détective privé créé par Mickey SPILLANE, plutôt habitué à traiter des affaires de divorce, qui utilise parfois son assistante pour l’aider à se sortir de situations embarrassantes. Et là, il n’imagine pas où il met les pieds quant il prend, de nuit, en stop une femme (Marian CARR) qu’il croira mourir suite à des tortures. Mike HAMMER commence alors une enquête épineuse, gênante même pour la police qui le conduit sur les traces d’une boîte mystérieuse et met sa vie, et celles de ses proches, en danger. Si on réfère aux films noirs des années 50, EN QUATRIEME VITESSE constitue un thriller de haute volée que l’on revoit toujours avec plaisir. Baignant dans un noir et blanc qui épouse superbement le mystère qui entoure l’enquête de Mike HAMMER, la mise en scène efficace de Robert ALDRICH réserve de nombreux moments de pure suspense mais aussi, plus étonnant, d’une brutalité inédite pour l’époque. Pour la musique, Robert ALDRICH a contacté Frank De VOL, avec qui il collabore depuis 1954 et ALERTE A SINGAPOUR (WORLD FOR RANSOM). Ils se sont ensuite fréquemment retrouvés, notamment sur QU'EST-IL ARRIVE A BABY JANE ? DEVINE QUI VIENT DINER CE SOIR et surtout LES 12 SALOPARDS. Frank De VOL a surtout officié comme chef d'orchestre et arrangeur dans les années 1950 et 1960, pour des artistes comme Doris DAY, Vic DAMONE ou encore Tony BENNETT. En tant que compositeur, on lui doit les musiques de plus d’une cinquantaine de longs métrages ainsi que certains thèmes pour des séries (inédites en France) comme MES TROIS FILS et THE BRADY BUNCH. Sur EN QUATRIEME VITESSE, Frank De VOL propose une partition relativement sur une bonne partie du film, comme c’était de coutume dans le cinéma américain d’après guerre. Néanmoins, globalement, on ne relève pas de thème marquant mais plutôt quelques développements rythmés, renforcés par des cuivres, sur les séquences de violence et de combats ; également des jolis parties pianissimo et des ostinatos de cordes qui amplifient la fin quelque peu rocambolesque du film. On relève également la superbe chanson du générique I'd Rather Have the Blues interprétée par le légendaire Nat King COLE et Kitty WHITE. Splendeur de film noir à la mise en scène brutale et sèche, ce film vaut aussi par son final ahurissant, tellement inattendu et spectaculaire. D’ailleurs, en découvrant le contenu de cette fameuse boîte tellement convoitée, qui fait basculer l'intrigue vers le fantastique et un parfum de fin du monde, on se demande si Steven SPIELBERG s’en est pas quelque peu inspiré pour une partie de ses AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE. Au final, EN QUATRIEME VITESSE est à voir et à revoir à la fois comme un grand classique américain et un modèle de thriller palpitant. En bonus, le dvd propose un entretien avec le critique de cinéma Philippe ROUYER, qui revient sur la carrière de Robert ALDRICH et la place d’EN QUATRIEME VITESSE dans sa filmographie mais aussi dans l’histoire du film noir américain (DESINTEGRATION) ; MIKE HAMMER, L’HOMME AUX MILLE VISAGES ou les souvenirs personnels de Larry COHEN, le créateur de la série LES ENVAHISSEURS, qui nous raconte la manière de travailler de Robert ALDRICH. Il revient bien sûr la genèse d’EN QUATRIEME VITESSE et les différentes adaptations de MIKE HAMMER au cinéma. Surtout, il met en avant la façon dont Robert ALDRICH tournait des films indépendants à une époque où cela n’était pas commun ; Fin Controversée ou une version courte de la dernière scène du film et, bien sûr, la bande annonce originale du film.

EN QUATRIEME VITESSE (KISS ME DEADLY), un film de Robert ALDRICH, avecRalph MEEKER,  Albert DEKKER, Paul STEWART, Juano HERNANDEZ, Wesley ADDY, Marian CARR, Mort MARSHALL et Fortunio BONANOVA. Musique originale deFrank De VOL. Disponible en dvd et en blu-ray chez Carlotta films.       

 

 

 

LA PORTE DU PARADIS (HEAVEN’S GATE)

Voici en vidéo la version intégrale et restaurée du chef d’œuvre maudit LA PORTE DU PARADIS. Et cela avec l’appui et la validation du réalisateur Michael CIMINO (VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER, L’ANNEE DU DRAGON), qui introduit d’ailleurs en personne le visionnage du film. Il s’agit d’un film qui a fait beaucoup de bruit lors de sa sortie en 1981 en raison de ses critiques violentes et surtout d’un échec dont le réalisateur ne ne s’est jamais vraiment relevé. Pourtant, avec le recul, LA PORTE DU PARADIS demeure un film qui mérite d’être vu et revu, de par sa beauté, son intensité et son lyrique. On notera aussi son impeccable interprétation, dominée par Kris KRISTOFFERSON dans son meilleur rôle mais aussi la française Isabelle HUPPERT, radieuse dans une de ses rares apparitions américaines.  L’action se situe à la fin du XIXème siècle quand une promotion de Harvard célèbre avec panache la promesse d’un avenir radieux. Vingt ans plus tard dans le Wyoming, deux de ses meneurs se croisent à nouveau. L’un, James AVERILL (Kris KRISTOFFERSON), est shérif du comté de Johnson, tandis que Billy IRVINE (John HURT), devenu cynique et alcoolique, appartient à une association de gros éleveurs en lutte contre des petits immigrants venus pour la plupart d’Europe centrale. AVERILL se retrouve bien seul quand il se dresse contre ce massacre programmé, et secrètement soutenu par le gouvernement fédéral, mettant en danger sa propre vie ainsi que celle de la femme qu’il aime ; une prostituée étrangère nommée Ella WATSON (Isabelle HUPPERT) dont le cœur balance entre AVERILL et Nathan D. CHAMPION (Christopher WALKEN), des tueurs du syndicat des éleveurs qui est bien embêté quand il s’aperçoit que celle-ci figure sur la liste noire. On note également dans la distribution la présence de Jeff BRIDGES, qui incarne John L. Bridges, le patron de l'hôtel où loge James AVERILL, et l’Heaven’s Gate, la patinoire qui fait office de salle de bal et de réunion à la population de la ville. Le film frappe d’abord par sa réalisation grandiose, puis la magnificence de ses décors et encore ses chorégraphies, que ce soit du bal de l’Université aux combats sanglants opposants les éleveurs aux tueurs. Le film passionne également par le travail des scénaristes sur les destins croisés des personnages, qui se passionnent, parfois s’amourachent, et souvent luttent pour leurs convictions, voir leur survie. Puis, on est embarqués par cette quête de justice d’AVERILL pour ces migrants pourchassés d’une terre qui se disait prometteuse…Le film d Michael CIMINO vaut aussi pour sa musique, composé par le très rare David MANSFIELD, à l’origine un violoniste et joueur de mandoline. Sa partition, à la fois subtile, d’essence relativement simple,  basée essentiellement sur des mouvements de valse épouse superbement les joies comme les peines de personnages emportés dans la tourmente. Comme on pouvait s’y attendre, David MANSFIELD a basé ses thèmes sur des harmonies de guitare et de mandoline, ce qui donne une couleur très épurée et surtout américaine. On notera que le disque de la bande originale est inclus dans le coffret prestige (et en édition limitée) de cette sortie vidéo ; une vraie bonne idée quand on sait que le disque est devenu difficile à trouver. En bonus, cette édition très attendue contient RETOUR AU PARADIS (48mn), un document contenant une conversation fleuve et exclusive avec Michael CIMINO dirigée par Michael Henri WILSON, auteur du livre EASTWOOD PAR EASTWOOD, un reportage sur La Restauration du film et les bandes-annonces d’époque et de 2013. Au final, il aura fallu trois décennies pour que le film de Michael CIMINO, aujourd’hui devenu un classique, trouve un écrin à la hauteur de ses ambitions et de sa richesse, aussi bien artistique que visuelle ;: il s’agit donc d’une édition vidéo incontournable, et aussi un joli cadeau de Noël !

LA PORTE DU PARADIS (HEAVEN’S GATE), un film de Michael CIMINO, avec . Musique originale de David MANSFIELD. Disponible en double dvd collector, en double blu-ray et en coffret prestige limité et numéroté, incluant les deux éditions dvd et blu-ray ainsi que le CD de la bande originale du film, les reproductions du livret distribué lors de la première du film et de la "Bible" du tournage. Plus d’informations sur http://www.carlottavod.com/

 

 

 

L’HOMME DE RIO

Cette nouvelle édition du film culte de Philippe de BROCA risque de ravir les amateurs du cinéaste comme ceux de Jean-Paul BELMONDO et de Georges DELERUE ! En effet, l’éditeur pour l’édition de grands classiques du cinéma populaire français, l’éditeur TF1 Vidéo a commandé de superbes restaurations des films en vue de la sortie d’éditions de prestige en DVD, Blu-Ray et VOD. Outre le film, que l’on a plaisir à découvrir dans une version totalement restaurée, pour le son comme pour l’image, le spectateur pourra se régaler de nombreux bonus exclusifs, composés de nombreux témoignages émouvants et de documents inédits : "les aventures d'Adrien: L'affaire catalan " est un supplément réalisé par Jérôme WYBON qui, sur plus d’une heure, revient sur l'aventure épique qui a inspiré le scenario de l'HOMME DE RIO. On y apprend, au travers de multiples anecdotes savoureuses, qu’à l’origine de ce film, il y avait l’idée de s’inspirer mais sans jamais copier des Aventures de TINTIN, l’œuvre d’Hergé dont Philippe de BROCA avait refusé l’adaptation. D’où des similitudes troublantes entre les aventures d’Adrien et celle du jeune reporter à la houppette. On y découvre également nombre d’anecdotes  sur le tournage, rocambolesque, au Brésil bien sûr pendant lequel Jean-Paul BELMONDO a plusieurs fois risqué sa vie, mais aussi en France car, toujours en parallèle avec les aventures de Tintin, celles d’Adrien, un jeune trouffion dans le film, ne pouvaient que commencer en France. Tous ces souvenirs de cinéma nous parviennent à travers les témoignages (inédits ou extraits d’archives) de Philippe de BROCA, qui avoue que cela avait été un tournage génial mais difficile, les coscénaristes Jean-Paul RAPPENEAU et Ariane MNOUCHKINE, l’assistant metteur en scène et accessoiriste Olivier GERARD, le caméraman Jean-Paul SCHWARTZ, Olivier RAJCHMAN (journaliste et historien du cinéma), Philippe LOMBARD (journaliste et auteur du livre Tintin, Hergé et le cinéma) et, enfin, Jean-Paul BELMONDO. Le deuxième document - "Frères de cinéma: la collaboration Jean-Paul RAPPENEAU - Philippe de Broca" est un bonus de moins de 10 minutes, mais néanmoins illustré par de nombreuses images, dans lequel le scénariste de l'HOMME DE RIO (mais aussi du MAGNIFIQUE) revient sur les trois autres films qu'il a écrit avec son ami réalisateur sans jamais figurer aux génériques. Il nous raconte également, et c’est véritablement passionnant, comment sa carrière de réalisateur (LA VIE DE CHATEAU & LE SAUVAGE notamment) et celle de Philippe de BROCA ont avancé de manière parallèle. Ce dernier n’hésitant pas, parfois, à essayer de chiper un projet à son frère de cinéma, comme ce fut le cas (heureusement sans concrétisation) sur CYRANO DE BERGERAC. Enfin, "Léger et grave: la collaboration Georges Delerue - Philippe de Broca" est un document de 13 minutes passionnant et émouvant pour tous les amateurs de musique et de cinéma mais pas seulement. Il s’agit ici d’un retour sur le travail de la bande originale de L’HOMME DE RIO, qui s’est révélée d'une grande importance pour le film, ainsi que la restauration stéréophonique. Cette collaboration légendaire entre le cinéaste et son compositeur, car s’étalant sur plusieurs décennies, elle nous est racontée par l’incontournable Stéphane LEROUGE qui, rappelons le, a consacré plusieurs disques de sa collection ECOUTEZ LE CINEMA ! au tandem Philippe de BROCA / Georges DELERUE. Ce dernier n’hésite pas, et c’est tant mieux, à revenir aux origines de leur collaboration. Il nous rappelle ainsi que Georges DELERUE a certes découvert la musique de films au moment de la nouvelle vague avec des cinéastes comme François TRUFFAUT et Jean-Luc GODARD. Mais c’est avec Philippe de BROCA et des films comme CARTOUCHE  puis L’HOMME DE RIO, qu’il s’ouvre à un cinéma plus populaire, plus grand public ; des films plus spectaculaires et destinés à un public plus larges, d’où aussi une nécessité de présence de musiques qui puissent faire haleter le spectateur. Revenant sur les rapports plus que professionnels entre les deux hommes,  il nous rappelle que, quand on lui parlait de Georges DELERUE, Philippe de BROCA avouait que, pour lui, il existait un rapport de symétrie entre ces deux créateurs qui l’encadrait : en amont, il voulait parler du scénariste Daniel BOULANGER et, en aval, du compositeur Georges DELERUE. Le cinéaste aimait rajouter que, si lui-même possédait un certain talent, ce n’était rien par rapport à Georges DELERUE, tout comme Georges BOULANGER, qui avaient du génie ! En somme, Philippe de BROCA avait donc l’impression d’être étouffé par ces deux créateurs d’exception et plus particulièrement Georges DELERUE ; ce compositeur si sensible, si français qui ramenait la profondeur, la gravité que Philippe de BROCA n’osait mettre dans ses films. Pour illustrer ces propos, on retrouve des images terriblement émouvantes d’entretien entre le réalisateur et Georges DELERUE au piano. Au final, TF1 tape donc un gros coup avec ces éditions de grands classiques en dvd et en blu-ray ; des éditions prestigieuses qui permettent une réelle résurrection des œuvres et témoignent de l'action et de l'engagement de TF1 sur les films de son patrimoine. En ce qui concerne L’HOMME DE RIO, ce film brillant qui fonctionne comme un appel au rêve, de le revoir restauré et accompagné d’une musique en stéréo, donc un son plus contemporain, plus enveloppant, plus conforme à ce que montre l’image, lui donne un second souffle et multiplie, pour le spectateur, le plaisir de le revoir.

L’HOMME DE RIO, édition collector disponible chez TF1 vidéo depuis le 15 mai 2013. 

 

 

 

KOYAANISQATSI

Belle surprise que la réédition d’un film devenu introuvable en vidéo. KOYAANISQATSI signifie dans la langue Hopi « la vie folle, la vie tumultueuse ». Première ode écologique, découvrez le chef-d’œuvre avant-gardiste et premier film de la célèbre trilogie « Qatsi » de Godfrey REGGIO. Produit par Francis FORD COPPOLA, réalisé en 1982, ce film précurseur et unique, qui a nécessité 7 ans de tournage et 4 ans de montage, a constitué une véritable révolution narrative et visuelle, en conjuguant les images exceptionnelles de Ron FRICKE (Baraka – disponible en vidéo chez le même éditeur) et surtout la musique aussi exceptionnelle qu’hypnotisante de Philip GLASS (nominé aux Oscars pour THE HOURS et CHRONIQUES D’UN SCANDALE). Le sujet de KOYAANISQATSI, c’est la collision entre deux mondes opposés : la vie urbaine, technologique, confrontée à l’environnement, à la nature. C’est aussi un film sans commentaire, avec seule ligne directrice, les images et la musique. De fait, il s’agit donc d’un film où chaque spectateur tire ses propres conclusions. Comparant le mode contemporain à une puce électronique, Ron FRICKE et Godfrey REGGIO montrent un monde en mouvement, en mode accéléré, où les voitures forment des traces de lumières. On y entre par des images d’histoire, des dessins préhistoriques qui sont ensuite avalés par les flammes, représentation de l’humanité en marche. La musique de Philip GLASS apparait de prime abord très simple et même temps complètement unique. Le spectacle se voit immédiatement happé par un univers sonore intemporel marqué par une mélodie d’apparence extrêmement simple et pourtant diablement élaborée, ce qui en fait toute sa réussite. En même temps, la musique est enrichie par un mouvement vocal profond, grave qui répète en boucle le titre du film, comme une sorte de lamentation. Très rapidement, le réalisateur nous montre des paysages primitifs, désertiques, comme un retour aux sources de la vie ; des images très larges, colorées simplement par la lumière du soleil, accompagnées par une musique profonde, planante et répétitive de Philip GLASS. Il s’emploie aussi à nous élever dans les nuages, à descendre des cascades gigantesque, sur une musique puissante et lyrique de Philip GLASS, qui s’attache là à illustrer aussi bien la beauté, l’immensité que le mystère de la nature en fusion. On notera les superbes images aériennes, sorte de galerie de la diversité des paysages, sur une musique obsessionnelle, souvent grave, comme un cri d’alarme face à la planète en danger, en lutte contre les attaques extérieures. Aussi contemporain que puisse paraitre le monde décrit dans ce film, la musique apparait souvent apaisante, simple, presque primitive comme l’environnement qu’a transformé l’humanité. Fort de l’empreinte laissée par ce premier film, Godfrey REGGIO et Philip GLASS se sont retrouvés sur les deux autres volets (POWAAQATSI en 1988 et NAQOYQATSI en 2002), également sur un film animalier (ANIMA MUNDI en 1992). Cette nouvelle sortie représente une chance de se replonger dans une forme de cinéma qui a réussi marier les images d’un monde bousculé et une musique en pleine phase avec son époque. Trente ans ont passé mais ni les images ni la musique n’ont pris une ride. Pour cette édition anniversaire, les images ont été restaurées et, en bonus, on trouve un entretien très instructif avec Godfrey REGGIO et Philip GLASS ; le réalisateur précise que ses films ont pour but de provoquer et qu’il faut les appréhender comme une expérience, un sujet à vivre plutôt qu’une idée ou une information. Philip GLASS rappelle que, à l’époque, il ne composait pas de musiques de films. Il a collaboré en pleine interactivité avec le réalisateur, composant d’abord en essayant de rassembler les séquences du film. Ce qu’a ensuite défait le réalisateur qui a préféré s’attacher plus à l’ambiance musicale qu’à la structure musicale. Parmi ses quelques confessions sur son travail, le compositeur raconte pourquoi il a utilisé des chœurs sur les séquences d’avions. Conçu comme un voyage à travers les quatre éléments, la terre, l’air, le feu et l’eau, KOYAANISQASTI reste, plus qu’un film, un parcours pour découvrir ce qui se cache sous la surface des choses, la beauté de notre planète, de notre mode de vie ; un film qu’on n’est pas obligé d’aimer mais qui ne peut laisser indifférent…

KOYAANISQATSIUn film de Godfrey REGGIO, musique originale de Philip GLASS. Dvd disponible chez Koba films.

 

 

SATAN MON AMOUR

Voici une bonne surprise, une œuvre rarissime, sorte de chaînon manquant entre Rosemary’s Baby et L’Exorciste,  et intéressante à plus d’un titre. A commencer par la musique de Jerry GOLDSMITH ! Pour l’occasion, le compositeur de LA PLANETE DES SINGES cohabite avec des valses de Frantz LIZST. Comme dans le film de Roman POLANSKI, les personnages principaux sont entrainés dans un univers, un entourage particulièrement inquiétant. Souvent angoissant mais jamais dénué d’humour, il retrace les conséquences de la rencontre entre Myles CLARKSON (Alan ALDA), un journaliste musical sans trop d'ambition, et Hilary DUNCAN (Curd JURGENS), un célèbre pianiste à l’agonie. D’abord amicaux, leurs rapports deviennent carrément malsains quand DUNCAN se sert de Satan pour que son âme rentre dans le corps de Myles. Ceci  afin de continuer, à travers lui, à jouer les valses sataniques de Franz LISZT. Quand Paula (Jacqueline BISSET), la femme de Myles, découvre que le corps de son mari est possédé, elle tente de lutter contre ces forces maléfiques…Réalisé en 1971, SATAN MON AMOUR appartient à cette série de films satanistes qui déferlèrent à cette époque sur Hollywood. C'est aussi le dernier des huit films réalisés par Paul WENDKOS, cinéaste tout terrain et vétéran de la télévision américaine (il a réalisé des épisodes des séries Les Incorruptibles, Hawaï, Police d’état et Les Envahisseurs). En ce qui concerne la musique de Jerry GOLDSMITH, comme souvent, il s’agit d’une partition très audacieuse, complexe, qui renforce les côtés fantastiques et maléfiques du film. On découvre d’abord le thème principal, inquiétant à souhait, sur le générique, accompagné d’images très colorées, mystérieuses et mystique. Le compositeur introduit d’abord un mouvement de cordes profondes et dissonantes qui entraine immédiatement le spectateur/auditeur dans un univers parallèle étrange, grave, suspensif. Il enchaine également des sonorités sombres, presque morbides, jouées encore une fois par les cordes mais également les percussions et les instruments électroniques, dans la lignée de celles entendues quelques temps avant dans LA PLANETE DES SINGES ; sa partition révolutionnaire qui a posé les bases des toutes ses musiques des années 70.On n’oubliera pas l’idée magnifique de mettre en avant un violon solo qui apparait comme annonciateur d’une véritable symphonique et satanique ! Par la suite, la partition de Jerry GOLDSMITH alterne avec des extraits des valses de Méphisto de Franz LISZT. On la retrouve notamment, quand  Paula visite le bureau de DUNCAN, rempli de sculptures étranges et d’animaux empaillés et qu’elle est surprise par un chien aboyant bruyamment. Il s’agit alors d’une musique sombre, énigmatique, à base de cordes. Au final, voici un film  qui n’apparait pas du tout ringard. Au contraire, le spectateur se retrouve subjugué par son sujet, entrainé son traitement renforcé par le jeu des comédiens, tous impeccables et inquiétants, avec une mention spéciale pour la canadienne Barbara PARKINS. Certes, le film commence à la manière d’une œuvre à suspense, de l’histoire classique de personnes normales qui luttent contre le diable. Mais il devient passionnant et surtout romanesque quand l’amour s’invite dans une danse macabre, et où le personnage joué par Jacqueline BISSET envisage de se donner, par amour, à Satan. Le film recèle également une étude de personnages intrigants, parfois même démoniaque : il en va ainsi du charismatique Duncan, l’arrogant patriarche, qui protège beaucoup plus que nécessaire sa fille Roxane ; un duo maléfique auquel Jerry GOLDSMITH réserve la plus grand part de sa partition, s’employant ainsi à redoubler le sentiment d’angoisse qui parsème le film et qui ne fait que s’accentuer tout au long de l’avancement dramatique du scénario. Et cela toujours accompagné par une musique toujours très forte, dissonante et parfois même cauchemardesque, notamment sur les séquences de visions d’un Myles envouté par Duncan, si ce n’est par Satan. On notera aussi l’image du couple glamour formé par Jacqueline BISSET et Alan ALDA et mis en péril par les comportements terriblement dangereux de Duncan et RoxaneEn complément, on trouve la classique bande annonce et « La valse de la chair », un entretien instructif avec Alain SCHLOKOFF, le créateur et rédacteur en chef de la revue l'Ecran Fantastique (13mn). Il précise notamment que le film est plus soigné que la plupart des productions de l’époque, d’une qualité artistique très forte (les scènes de piano, par exemple, apparaissent superbement filmées, des couleurs qui rappellent Mario BAVA, ce qui fait que le film n’apparait pas du tout démodé aujourd’hui. Tout est classique dans le film, notamment les mouvements de caméras, qui fait qu’il peut se regarder de façon très agréable aujourd’hui. Et puis surtout la musique, un mélange habile des valses pianistiques de Franz LISZT, des requiem, des liturgies chantées et la patte de Jerry GOLDMITH. Il en ressort une musique très dérangeante, à contre courant de ce que l’on peut attendre sur un tel film. Une belle édition pour un introuvable à découvrir d’urgence mais aussi à réécouter !

SATAN MON AMOUR. Un film de Paul WENDKOS, musique originale de Jerry GOLDSMITH. Dvd disponible chez Wild Side Vidéo dans la collection Les Introuvables.

 

HUGO CABRET EN DVD : QUAND MARTIN SCORSESE ET HOWARD SHORE RENDENT HOMMAGE A GEORGES MELIES !

Le dernier film de Martin SCORSESE, disponible aujourd’hui en vidéo, raconte le parcours incroyable d’un orphelin (Asa BUTTERFIELD – vu dans LE GARCON EN PYJAMA RAYE) vivant dans une gare. Avant de disparaitre, son père lui a légué un étrange automate dont il cherche la clé – en forme de cœur – qui pourrait le faire fonctionner. En partant à sa recherche, et en rencontrant Isabelle (Chloé GRACE MORETZ), Hugo a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de sa quête pour résoudre le mystère légué par son père. Passionné depuis toujours de cinéma, Martin SCORSESE a été frappé en lisant « L’Invention de Hugo Cabret » de Brian SELZNICK, basé sur la  rencontre entre un enfant et Georges MELIES (Ben KINGSLEY dans le film). Il a très vite partagé avec sa fille son goût pour le côté merveilleux de cette rencontre entre un enfant et un cinéaste tombé dans l’oubli. Ce qui frappe d’abord dans le film, c’est justement ce côté féérique dans lequel nous entraine Martin SCORSESE : dès le prologue, on se trouve happé par des images très colorées d’un Paris éternel sous la neige et d’une gare gigantesque dans laquelle se cache, derrière une horloge, le jeune Hugo Cabret. Dans ce décor à la fois coloré et grouillant de personnages haut en couleurs, le cinéaste s’est attaché à reconstituer le Paris des années 1930. Ce souci du détail va des costumes aux décors en passant par les coiffures et, bien évidement, l’ambiance sonore. Pour la musique, le réalisateur a de nouveau fait appel à Howard SHORE, lui aussi passionné de cinéma et de culture française des années 30. Le compositeur de THE AVIATOR a composé une partition souvent profonde et à base de motifs pianissimo accompagnés de contrepoints de vibratos de cordes ; ce qui donne une musique à la fois ample et pleine d’émotion, de nostalgie. Mais, pour renforcer l’ambiance du Paris d’avant guerre, Howard SHORE a utilisé à la fois deux formations musicales : une symphonique pour les musiques principales d’aventures et d’émotion et une autre, proche d’un orchestre de bals de l’époque, avec des instruments comme les ondes Martenot, l’accordéon, le cymbalum, la guitare manouche, la contrebasse, des percussions et un saxophone alto. Ce qui donne, à l’intérieur d’une partition plutôt symphonique, un côté populaire et français qui retranscrit à merveille l’ambiance du siècle de l’arrivée du cinéma. Au final, la sortie en dvd et en blu-ray d’HUGO CABRET permet de redécouvrir en profondeur la richesse esthétique et sonore d’un film qui parlera à tout passionné des origines du cinéma. Sans dévoiler les nombreuses surprises du film, HUGO CABRET représente plus que les aventures d’un môme poursuivi par un chef de Gare (formidable Sacha BARON-COHEN). En nous emmenant sur les traces de Georges MELIES et des origines du cinéma, Martin SCORSESE, mais aussi Howard SHORE à travers sa partition à base de mouvements pour piano et orchestre, déclarent leur flamme aux origines du cinéma. 

HUGO CABRET, un film réalisé par Martin SCORSESE, musique originale d’Howard SHORE. Dvd et blu-ray disponibles chez Metropolitan vidéo avec, en bonus : les coulisses du film, le ciné magicien Georges MELIES, l’automate au cœur d’Hugo Cabret, les effets spéciaux, Sacha BARON-COHEN : le rôle de sa vie.

 

RETOUR EN DVD POUR THE ARTIST !

Après son triomphe en salles, aux Césars et aux Oscars, THE ARTIST revient ravir nos yeux et nos oreilles en DVD et en blu-ray ! Formidable hommage à l’âge d’or du cinéma hollywoodien, rappelons que THE ARTIST raconte le croisement de deux artistes à la fin des années 1920 : Georges VALENTIN (Formidable Jean DUJARDIN, couronné de l’oscar du Meilleur Acteur !) est une vedette reconnue du cinéma muet qui va se faire dépasser par l’arrivée du cinéma parlant. Sa carrière va alors décliner au moment même où une étoile est née, en l’occurrence celle de Pretty Peppy (superbement incarnée par Bérénice BEJO, récompensée par le César de la Meilleure Actrice !).

 

Remarquablement réalisé dans une mise en scène (de Michel HAZANAVICIUS – César et Oscar du Meilleur Réalisateur) en noir et blanc respectueuse du cinéma d’autrefois, THE ARTIST constitue un œuvre d’exception : à la fois touchante, drôle et parfois aussi mélodramatique que les films de cette époque, cette histoire nous transporte dans un cinéma que l’on croyait oublié et qui nous revient en pleine figure, comme un rayon plein de lumière et de nostalgie. Bien évidemment, dans un film muet et en noir et blanc, et encore plus réalisé de nos jours, la musique revêt une importance essentielle. Et là, c’est le gros choc, l’explosion de l’autre grand Artist du film, le compositeur Ludovic BOURCE.

 

Associé dès le début sur le film, il a néanmoins fallu que Michel HAZANAVICIUS insiste auprès de la production pour que son ami Ludovic BOURCE (les musiques de OSS 117 : LE CAIRE NID D’ESPIONS et RIO NE REPOND PLUS) puisse bien composer cette musique. Une fois cette question réglée, Ludovic BOURCE a commencé à réfléchir à la musique alors même que Michel HAZANAVICIUS poursuivait l’écriture du scénario. Il s’en est suivi que le compositeur lui a présenté plusieurs thèmes, qui avaient la particularité d’apparaitre dans des tonalités proches du cinéma hollywoodien des années 1920, avant même le début du tournage. Ce n’est qu’ensuite que le compositeur a commencé son travail de développement de sa partition jouée ensuite par l’Orchestre Philarmonique de Bruxelles.

 

La sortie aujourd’hui du film en dvd et en blu-ray permet de continuer à apprécier le travail du réalisateur, des comédiens et donc du compositeur. Plusieurs mois après sa sortie, on ne cesse de redécouvrir, de se délecter d’une partition certes emplie de nostalgie mais surtout tout simplement réussie et justement récompensée par un César et un Oscar. En effet, Ludovic BOURCE signe une partition délicieuse portée par des mélodies aussi légères que flamboyantes et des orchestrations qui utilisent fort habilement autant les instruments solistes, notamment le piano, que l’ensemble de 80 musiciens. Même s’il multiplie les références, il impose une partition personnelle grandiose, d’une richesse inouïe, une véritable symphonie pour un couple éternel de cinéma.

 

En bonus, le dvd contient un making-of du film, un formidable bêtisier et un reportage passionnant sur l’enregistrement de la musique incluant un entretien avec le compositeur.

 

Plus que jamais, chapeau les Artist !

 

THE ARTIST, un film de Michel HAZANAVICIUS, avec Jean DUJARDIN et Bérénice BEJO, musique de Ludovic BOURCE.

DVD et Blu-ray disponibles chez Warner vidéo

Bande originale disponible chez Sony Music et également dans l’édition collector Blu-ray + DVD