Skip to main content

CINESERENADE.COM

Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

BIENVENUE
ACTUALITES
TELEVISION
Qui sommes-nous ?
Contactez-nous
RENCONTRES
CINE CHANSONS
Plan du site
Connexion de membre
ARCHIVES RENCONTRES
BRUNO COULAIS
1000 X PLUS BELLE LA VIE
DIVERS
CINE VIDEO
SPECTACLES ET THEATRE
JEAN MICHEL BERNARD
REINHARDT WAGNER
CYRIL MORIN
PHILIPPE SARDE
MUSICALS
LE ROI LION
SISTER ACT A PARIS !
LA BELLE ET LA BETE
BELLE & LA BETE COULI
CATS ARRIVE A PARIS !
MADIBA LE MUSICAL
FANTOME DE L'OPERA
GREASE A MOGADOR
MAURICE JARRE
JAMES HORNER
FESTIVAL MUSIQUES A L'IMA
VLADIMIR COSMA
JEAN-MARIE SENIA MAX LIND
RENE-MARC BINI
FRANCOIS DE ROUBAIX
 
CATS ARRIVE A PARIS, VIVEZ L'EXPERIENCE !
 

CATS,  la plus célèbre comédie musicale au monde, signée Andrew LLOYD WEBBER, arrive à Paris et en français ! Stage Entertainment France, qui a permis au public français de découvrir quelques uns des plus grands musicals de Broadway, comme CABARET, LE ROILION, SISTER ACT et LA BELLE ET LA BÊTE,  présentera le musical de renommée internationale CATS, au théâtre Mogador, pour une période limitée de 3 mois, du 1er octobre2015 au 10 janvier 2016. A quelques jours des premières représentations, nous vous proposons un reportage dans les coulisses de la préparationdu spectacle, avec plusieurs entretiens : d'abord avec Nicolas NEBOT et Ludovic Alexandre VIDAL,  les adaptateurs (déjà remarqués sur plusieurs spectacles dont LA BELLE ET LA BETE), qui reviennent sur leur travail d'écriture et sur les origines de CATS, également avec Éric LOUSTAU-CARRERE, le producteur délégué qui nous présente l’envers des décors. Puis, et c’était incontournable, avec plusieurs artistes, PRISCA DEMAREZ pour Grizabelle et Axel ALVAREZ pour, non pas un rôle, mais deux ! Vous aussi, préparez-vous à vivre l'expérience et poussez avecnous les portes des coulisses de CATS !

 
 
 

Nicolas NEBOT et Ludovic Alexandre VIDAL : Memory Devient Ma Vie !

  
 
 
 

Que ressentez-vous en adaptant en français la comédie musicale Cats ?

Nicolas NEBOT : nous sommes fiers et heureux que l'on nous ait confié l'adaptation française de ce classique d'Andrew LLOYD WEBBER, créé en 1981; c'est-à-dire il y a plus de trente ans.

Ludovic Alexandre VIDAL : on nous a confié, en même temps, une lourde responsabilité puisque travailler sur Cats, c'est  adapter l'un des plus grands compositeurs de comédies musicales, de Phamtom Of The Opéra à Jésus-Christ Superstar, en passant par Evita.

 

Connaissez les sources d'inspiration de CATS ?

Nicolas NEBOT : nous savions qu'à l'origine de la comédie musicale, Andrew LLOYD WEBBER éprouvait une passion pour Old Possum's Book Of Practical Cats, un recueil de poèmes pour enfants édité en 1939 par l'auteur américain naturalisé anglais T. S. ELIOT.  Ce recueil dépeint une galerie de chats dans un style poétique tantôt classique, tantôt urbain.

Ludovic Alexandre VIDAL : Andrew LLOYD WEBBER a été bercé dans son enfance par ces poèmes. Il a donc naturellement souhaité, plus tard, les adapter  sous forme de chansons.

 

De quelle manière a t-il réussi à en faire une comédie musicale ?

Ludovic Alexandre VIDAL : il a ouvert un atelier de travail pour trouver un lien qui permette de relier ses chansons et ainsi d'en faire une comédie musicale.

 

Détenait-il les droits pour travailler à partir de l'œuvre  de T.S. ELIOT ?

Nicolas NEBOT : c'est au moment de l'ouverture de l'atelier de travail que l'équipe d'Andrew LLOYD WEBBER a contacté Valérie ELIOT, la veuve  de. T.S. ELIOT, qui s'efforçait depuis plusieurs années de faire connaître son œuvre.

Ludovic Alexandre VIDAL : sa réaction, quand elle a entendu les adaptations sous forme de chansons et qu'on lui a parlé d'une comédie musicale, a été  très enthousiaste.

 

Pouvait-elle, à ce moment, aider à la création d'une comédie musicale ?

Nicolas NEBOT : c'est ce qu'elle a fait en transmettant à Andrew LLOYD WEBBER quelques fragments de poèmes inédits de T.S.ELIOT dont l'un s'intitulait Grizabelle The Glamour Cat, qui allait devenir la base argumentaire de la comédie musicale.

 

Que racontait ce poème ?

Nicolas NEBOT : l'histoire d'une vieille chatte qui a connu la gloire dans sa jeunesse puis la déchéance. En le découvrant, Trevor NUNN, le metteur en scène de CATS, a immédiatement pensé qu'il constituait un bon fil conducteur pour une comédie musicale. En l'occurrence, tous ces chats forment une galerie de portraits, une tribu : les Jelly Coal cats. Le spectacle suit alors leur chemin, et notamment celui de Grizabelle qui tente de led rejoindre alors qu'elle en avait été précédemment exclue. Toute la question consiste alors à savoir si les Jelly Coats peuvent l'accepter et la réintégrer. 

 

Peut-on alors parler d'une histoire de rédemption ?

Nicolas NEBOT : bien sûr mais aussi de l'acceptation de l'autre, avec ses différences, au sein d'une communauté.

 

C'est un sujet fort et, en plus, toujours d'actualité ?

Nicolas NEBOT : absolument et on le doit à ce poème qui est resté longtemps inédit parce que T.S. ELIOT le trouvait trop triste pour un lectorat d'enfants. Mais heureusement, Valérie ELIOT a levé ce barrage et a permis à Trevor NUNN de le transformer en un argument de comédie musicale, le parcours initiatique d'une tribu qui va se caractériser par la rédemption d'une  chatte.

Ludovic Alexandre VIDAL : cette rédemption est notamment symbolisée par la réunion annuelle des Jelly Coal Cats ; un Grand bal au cours duquel ils désignent l'élu de la soirée, en quelque sorte le chat de l'année.

Nicolas NEBOT : comme vous le savez, ont dit que le chat possède neuf  vies. Là, à la fin de cette cérémonie, l'élu va bénéficier d'une seconde chance, et pouvoir accéder à sa nouvelle vie de chat !

 

Comment définissez-vous le déroulé du spectacle ?

Ludovic Alexandre VIDAL : certaines personnes le comparent, avec raison,  à une cérémonie de remise de récompenses. Et justement, tous ces chats qui se succèdent, constituent, en quelque sorte, les nominés à la récompense suprême. Dès lors, ils défilent en expliquant pourquoi chacun d'entre eux mérite de devenir l'élu. Ils défilent aussi, parfois, en vantant les mérites d'un autre chat, comme par exemple le Coricopat qui permet de prendre  les trains à l'heure. Maintenant, peut-être qu'ils vont découvrir à la fin de cette soirée que l'élu ne correspond pas à celui ou celle que l'on attendait.

 

Comment s'est passée l'adaptation pour la France?

Nicolas NEBOT : comme tous les spectacles produits par Stage Entertainment, CATS a été complètement adapté en français. Ce que l'on accepte facilement quand on sait qu'il s'agit d'un spectacle populaire,  que l'on veut rendre accessible à un public le plus large possible. C'est pour cette raison que le spectacle qui va se jouer au théâtre Mogador sera entièrement en français.

 

Même la célèbre chanson Memory ?

Nicolas NEBOT : absolument et elle s'appellera Ma Vie. Pourquoi ce titre me demanderez-vous ? Je vous répondrai que Ludovic Alexandre et moi l'avons choisi  pour plusieurs raisons : d'abord pour sa sonorité; nous trouvons que Ma Vie sonne de la même manière que Memory, qui présente la particularité de comporter seulement deux syllabes. Ensuite, le titre Ma Vie renvoi au sujet du spectacle car  la chanson Memory parle de rédemption mais aussi de vie.

 

Il n'y avait pas un risque de contresens ?

Nicolas NEBOT : effectivement,  cela a été compliqué car nous sommes partis d'un contresens. Je veux dire par là que nous l'avons abordée comme une complainte, quelque chose de noir, alors qu'en fait, dans le spectacle, c'est un titre très positif, plein d'espoir.

Ludovic Alexandre VIDAL : sur le propos, nous aurions pu appeler notre chanson adapté en français Mémoire ou Souvenirs. Nous l'avons appelée Ma Vie car, pour nous, cela renvoie au fait que le spectacle représente, à certains moments, une réflexion sur la vie, notamment celle de Grizabelle. Nous avons alors pensé que Ma Vie constituait un bon titre, et nous l'avons soumis aux équipes créatives d'Andrew LLOYD WEBBER qui conservent toujours un droit de regard sur les adaptations.

 

Quel est ce droit de regard ?

Ludovic Alexandre VIDAL :  nous leur proposons  un premier jet  et, ensuite, il se passe un jeu d'aller-retour entre eux et nous jusqu'à arriver à une solution qui nous satisfait autant qu'eux. Et au final, nous sommes très satisfaits car Trevor NUNN, l'auteur de la version originale de Memory, nous a dit qu'il aimait beaucoup notre adaptation.

 

Justement, à quoi on reconnaît une bonne adaptation?

Nicolas NEBOT : à son adéquation avec la mise en scène et la chorégraphie. il faut dire que, parfois, c'est plus difficile de parvenir à une adaptation qui convienne à tout le monde, aux créateurs des chansons comme au chorégraphes. Il arrive donc que l'on nous demande un changement de phrase qui répond à une modification de la chorégraphie. Parce qu'à un moment donné le Rum Tum Tugger, un chat qui marche sur un fil, on l'avait mis sur la phrase d'avant alors que, sur la chorégraphie, il mime de marcher sur un fil. Ce qui fait que l'on a changé cette ligne sauf que cela implique de modifier d'autres structures de rimes.

 

Votre adaptation peut donc être modifiée par rapport à la mise en scène du spectacle ?

Nicolas NEBOT : cela rente  dans le processus créatif. Concrètement, quand nous écrivons, il s'agit toujours d'une première version. Cela signifie que nous restons présents auprès de l'équipe de production, pendant les répétitions et jusqu'à la première représentation, pour caler notre adaptation par rapport à la mise en scène et à la chorégraphie. Il s'agit tout simplement pour nous de nous assurer que les deux fonctionnent en parfaite corrélation. 

 

La dimension poétique a t-elle constitué une contrainte importante ?

Ludovic Alexandre VIDAL : bien sûr mais nous nous devons d'ajouter que,  pour  nous les adaptateurs, la dimension poétique ne représente que du bonheur ! D'autant qu'il existe plusieurs styles de poésie, qui vont du plus classique à des éléments plus modernes, urbains.

Nicolas NEBOT : ce que nous voulons vous dire, c'est que l'on trouve dans CATS des champs lexicaux qui varient énormément d'un chat à un autre et qui nous permettent véritablement d'effectuer un travail passionnant.

 

A quel moment êtes-vous intervenus ?

Ludovic Alexandre VIDAL : nous avons été sélectionnés à la fin du mois d'avril. A partir de ce moment, nous avons écrit une première version destinée aux ayants-droits du spectacle. Ce qui a occasionné des allers-retours entre eux et nous pendant une partie de l'été, afin d'aboutir à une deuxième version, théoriquement validée. C'est à ce moment, alors que l'on est rentré en phase de répétitions, que l'on se rend compte que des ajustements s'avèrent nécessaire, par exemple en raison de ce qui a été rajouté ou auquel on n'avait pas pensé au moment de l'écriture. Dons nous ajustons notre adaptation et nous continuons chaque fois que nécessaire pendant toute la période des répétitions, jusqu'au début des avant-premières. Ces dernières nous permettent encore d'affiner notre texte mais, cette fois, par rapport aux réactions du public, par exemple si on se rend compte que certaines choses ne passent pas ou qu'il comprend mal. Nous travaillons de cette manière jusqu'à la première représentation, date à partir de laquelle notre version devient définitive et ne sera plus modifiée; tout simplement parce que le public du dernier jour doit voir le même spectacle que celui du premier jour.

 

Le fait que vous soyez deux adaptateurs correspond à une volonté des ayants-droits ?

Ludovic Alexandre VIDAL : absolument pas! Ce qui s'est passé, c'est que, ayant déjà collaborés ensemble sur SISTER ACT, LA BÊTE ET LA BELLE et DIRTY DANCING, nous avons souhaité candidater ensemble.

 

Avez-vous toujours travaillé dans  l'univers musical ?

Nicolas NEBOT : si je joue de la musique, et que j'ai travaillé comme auteur avec Pascal OBISPO au sein de sa société d'édition Athlético music, je ne possède absolument pas de formation spécifiquement artistique. En effet, en ce qui me concerne, j'ai étudié le droit, en particulier dans le domaine de l'immobilier commercial. Ce qui, vous l'imaginez, n'a rien à voir avec la musique ! Ce n'est que plus tard, comme Ludovic Alexandre d'ailleurs, que j'ai commencé à écrire des chansons puis des adaptations de spectacles musicaux.

Ludovic Alexandre VIDAL : moi, à la base, je suis ingénieur de l'Ecole Centrale. J'ai cependant bénéficié d'une éducation musicale dans la mesure où j'ai pratiqué le solfège et le piano pendant douze ans. Je suis devenu auteur à partir du moment où, avec  mon meilleur ami à l'Ecole Centrale, nous avons décidé de tout quitter pour se lancer dans l'écriture de chansons. 

 

Quelle a été votre réaction lorsque d'Andrew LLOYD WEBBER est arrivé à Paris  avec une nouvelle chanson ?

Nicolas NEBOT : nous avons vécu un grand évènement, un moment historique même, lorsqu'il est venu au Théâtre Mogador avec, sous le bras, la partition de cette chanson inédite, en fait un aria écrit en italien, et qu'il le restera parce que ce morceau fait, en quelque sorte, le lien entre deux chats.  Bien évidemment, sachant qu'il devra la mettre en scène, Trevor NUNN était présent. Vous savez, je crois que cette nouvelle chanson constitue un véritable argument pour venir voir le spectacle à Paris.

 

Cette nouvelle chanson a t-elle  impactée votre adaptation ?

Nicolas NEBOT : pas vraiment si ce n'est qu'il a fallu la retoucher afin d'introduire un nouveau numéro dans le spectacle. Ce que nous avons fait en direct avec Andrew LLOYD WEBBER et Trevor NUNN.

 

Si ont fait abstraction de ce supplément, qu'est-ce qui fait, selon vous, la force de cette production française ?

Nicolas NEBOT : d'abord, sans même parler de notre adaptation, il s'agit véritablement d'un nouveau spectacle. Je veux dire par là que la production de Paris 2015 n'est pas la même que celle de Londres créée en 1981.

Ludovic Alexandre VIDAL : nous sommes ici plus proche de la version créée à Londres en 2014 au Théâtre Palladium. Bien évidemment, le spectacle de Paris réserve quelques changements,  ajustements, également des nouvelles mélodies et, sur certains personnages, des virages assez prononcés. Par exemple, le Rum Tum Tugger était représenté par un rockeur; aujourd'hui c'est un rappeur.

Nicolas NEBOT : vous savez, la force d'une production qui existe depuis plus de trente ans, c'est qu'elle sait se nourrir de ses points forts et de ses faiblesses. Au final, quand les spectateurs viennent voir CATS, ils vont apprécier  un classique de la comédie musicale mais dans une version très actuelle; c'est-à-dire un classique qui s'adapte au goût du jour.

 

Avez-vous amené des éléments typiquement français dans votre adaptation ?

Ludovic Alexandre VIDAL : j'aimerais d'abord préciser que nous n'avons pas modifié le lieu où se déroule l'action de CATS; le spectacle français se déroule toujours en Angleterre, à Londres. Cela répond à une demande des équipes créatives et nous étions complètement d'accord dans la mesure où l'on n'envisageait pas de l'amener à Paris. Ceci dit, cela n'empêche pas que nous avons intégré, à l'intérieur du spectacle, quelques subtilités de la langue française, autour de cette tribu de chats et de cet univers poétique.

Nicolas NEBOT : pour vous donner un exemple, je crois que l'on peut citer le nom d'un chat. Il s'agit  d'Asparagus qui, en anglais signifie asperge et gus car c'est une version réduite, est devenu en français Endive. Ce qui correspond à la fois au nom d'un légume et, en même temps, à un prénom (Yves). Il s'agit donc d'une vraie adaptation, que nous avons imaginé très proche de l'esprit de T.S. ELIOT. En effet, selon nous, s'il avait écrit ces poèmes en français, il aurait pu appeler ce chat Endive.

 

Vous du aussi faire des jeux de mots en passant de l'anglais au français ?

Ludovic Alexandre VIDAL : même si nous pas voulu en faire trop, nous avons effectivement introduit, lorsque c'était possibles, quelques jeux de mots, comme, à un moment, un chat qui dit qu'il donnerai ma langue au chat.

 

Quelle a été votre position par rapport à la version française déjà existante de CATS ?

Ludovic Alexandre VIDAL : nous, notre cahier des charges consistait clairement à écrire une nouvelle adaptation.

Nicolas NEBOT : et notre grande force pour réussir tenait notamment au fait que nous ne connaissions pas cette version précédente. D'ailleurs, quand nous avons candidatés, nous nous sommes dits qu'il ne fallait surtout pas la visionner !

Ludovic Alexandre VIDAL : nous pensons que cette volonté de nouveauté vient de la présence de numéros inédits ou renouvelés. En effet, quand on passe d'un rock à un rap, forcément la musicalité n'est pas la même !

Nicolas NEBOT : à partir du moment où vous commencez à disposer de cinq ou six adaptations nouvelles, pour nous, le meilleur moyen d'obtenir une cohérence d'ensemble  consistait à partir d'une page blanche. Mais au final, cela a été un véritable plaisir !

 

PRISCA DEMAREZ : D'Un Rêve D'enfant Aux Larmes De  Grizabelle !

 
 
 

Avez-vous hésité avant de vous présenter au casting de CATS ?

Prisca DEMAREZ : je dois bien avouer que, au départ, j'étais réticente à candidater. Et ce pour plusieurs raisons : d'abord, dans esprit, quand je pensais à CATS, j'imaginais une vieille comédie musicale. Ensuite, au moment de l'ouverture du casting de CATS, j'avais déjà été  choisie pour jouer un premier rôle dans une pièce de théâtre mais, heureusement, je n'avais pas encore signé de contrat.

 

Qu'est-ce qui vous a finalement poussée à vous présenter aux auditions pour CATS ?

Prisca DEMAREZ : quand j'ai vu les affiches pour les auditions, je me suis dit qu'il fallait que je me présente au moins pour leur faire savoir que je reste disponible sur le marché des comédies musicales.

 

Avez-vous toujours eu envie de jouer dans des comédies musicales ?

Prisca DEMAREZ : il s'agissait d'un rêve que je gardais en moi depuis très longtemps. D'ailleurs, je dois dire que j'ai ressenti une grande émotion quand nous avons rencontré  Trevor NUNN, le metteur en scène de CATS. Pour moi, il reste celui qui a mis en scène LES MISÉRABLES. Je n'ai alors pas résisté à lui dire que c'est en voyant, à l'âge de treize ans, en français et au Théâtre Mogador, le spectacle de Claude-Michel SCHOENBERG et Alain BOUBLIL, qui m'avait ému aux larmes, que j'ai ressenti l'envie de pratiquer la comédie musicale. Il m'a alors regardé bizarrement dans la mesure où, pour lui qui avait alors essuyé de mauvaises critiques, cela ne représentait pas que de bons souvenirs. Au contraire, pour moi, j'ai apprécié chaque seconde du spectacle en me disant que c'est sur cette scène que j'ai envie de chanter.

 

Vous bénéficiez déjà d'une expérience dans ce domaine ?

Prisca DEMAREZ : on peut le dire. Même si j'ai joué récemment dans plusieurs pièces de théâtre, j'avais envie de rappeler aux responsables du casting que je chante toujours. Il faut savoir que Stage Entertainment me connaissait déjà puisque j'avais joué le rôle de Frenchy dans CABARET au Théâtre des Folies Bergères. J'avais aussi joué dans TITANIC à l'Opéra  de Liège, mis en scène par Jean-Louis GRIMBLAT, MIKE LAISSE NOUS T'AIMER, l'histoire de Mike BRANT où je jouais sa maîtresse,  au Théâtre Comedia,   J'avais donc envie de les rencontrer, bien que le spectacle, que je ressentais à priori comme vieillot, ne m'attirait  pas vraiment. Pour moi, CATS ne constituait pas un spectacle encore d'actualité en 2015 !

 

Quel a été le déclic qui vous a donné envie de vous engager ?

Prisca DEMAREZ : le retournement a eu lieu lors de la première étape du casting, où on m'a demandé, pour les sélections suivantes, de travailler les chansons de Grizabelle, c'est-à-dire les morceaux du personnage principal. Ce qui s'est passé ensuite, c'est que, n'aimant pas étudier les choses à moitié, j'ai effectué un travail sur les chansons mais aussi sur le personnage. Ce qui m'a permis, en  creusant véritablement  le personnage de Grizabelle, en visionnant aussi une vidéo, de découvrir  que je me présentais à un spectacle d'une grande puissance.  Je prenais alors conscience que ce spectacle n'a pas pris une ride, qu'il reste complètement d'actualité, tout simplement parce qu'il parle de nous, de notre société.

 

Il reste d'actualité malgré ses évolutions ?

Prisca DEMAREZ : vous avez raison lorsque vous dites qu'il a changé au fil des années. Mais, en même temps, je dois dire que certains passages sont demeurés identiques, notamment le numéro d'ouverture, qui n'a subi aucune modification; il reste toujours le même et, ce qui me paraît formidable, c'est que le numéro accroche toujours autant !

 

Que préférez-vous entre  la comédie musicale et le théâtre que vous pratiquez à la fois ?

Prisca DEMAREZ : je me suis vite rendu compte que j'avais besoin des deux disciplines. Je veux dire par là que, quand je joue au théâtre j'ai besoin de chanter et, quand je participe à une comédie musicale, je fais à priori les deux.

 

Pour en revenir à CATS, comment vous-êtes vous appropriée le rôle de Grizabelle ?

Prisca DEMAREZ : j'ai envie de vous répondre que je continue tous les jours à me l'approprier, en particulier au gré de l'actualité, qui me nourrit beaucoup. Il faut dire que Grizabelle constitue un personnage en marge de la société, qui n'a plus  accès au chant, à la musique, et qui souffre énormément de ne pas trouver sa place. Pour elle, son rêve serait simplement d'obtenir une place au milieu des vivants.

 

Vous avez effectué le même travail de préparation que sur un autre spectacle ?

Prisca DEMAREZ :  d'habitude, quand je travaille un rôle,  je laisse le personnage se construire, trouver sa place. Jusqu'au moment ou, l'ayant prise, il peut vivre au-delà de moi, me dépasser. A ce moment, je sais que je suis le personnage et je vais fondre en larmes car je sais que ce que j'attendais est arrivé, en l'occurrence que  le personnage est entré en moi.

 

Qu'est-ce qui a été le plus difficile sur CATS; le chant ou la danse qui nous paraît ici extrêmement importante ?

Prisca DEMAREZ : c'est vrai que la danse tient une part importante. Ceci dit, nous bénéficions de la présence de danseurs extra professionnels puisque certains viennent des Ballets BÉJART ou de l'Opéra de Paris. En ce qui me concerne, je n'ai évidemment  pas du tout un tel niveau  mais ce n'est pas gênant car chaque artiste possède son parcours, sa spécialité. Vous savez, sur ce spectacle, nous nous sommes dits que chaque chose demandait un niveau de technique vraiment poussé, que ce soit en chant ou en danse.

 

Avez-vous rencontré des difficultés particulières  ?

Prisca DEMAREZ : il y en a eu à tous les niveaux, aussi bien dans le chant, la danse ou l'expression corporelle. Mais tout  ce travail, de même que les costumes, m'ont énormément aidé pour m'approprier le personnage de Grizabelle. Je pense en particulier à l'adaptation de  mes mouvements, notamment de la tête, qui ont été facilités par l'essayage des perruques, et de ma démarche avec des chaussures conçues pour nous.

 

Justement, par quelle technique avez-vous travaillé votre démarche ?

Prisca DEMAREZ : nous l'avons étudiée au travers des exercices d'improvisation et de travail au sol, qui ont durés des heures. Mais ce qui me paraît incroyable, c'est que nous n'avons pas vu le temps passer. On commençait nos travaux à quatre pattes, puis on passait à deux pattes. Ce qui  représente un exercice extrêmement difficile, surtout au début des répétitions. En effet, quand on a commencé à se mettre sur deux pattes, il y avait tous les chats qui disparaissaient  et les humains qui apparaissaient. Et la difficulté, pour nous, consistait à se trouver dans la position verticale de chat.

 

Pour finir, appréhendez-vous les premières représentations et le public ?

Prisca DEMAREZ : personnellement, j'ai envie de comparer cet événement à une rencontre amoureuse. C'est-à-dire que j'éprouve un plaisir fou à l'idée de rencontrer le public mais, en même temps, je ressens une angoisse terrible de ne pas plaire à cet amoureux.

 

Axel ALVAREZ : Du Ballet De l'Opéra au Théâtre Musical !

 
 
 

Quelle expérience avez-vous dans la comédie musicale ?

Axel ALVAREZ : aucune car CATS représente la première sur laquelle je suis engagé.

 

Qu'avez-vous fait avant de vous lancer dans le spectacle musical ?

Axel ALVAREZ : j'ai surtout travaillé comme danseur à l'Opéra de Paris, notamment dans DON QUICHOTTE et LES PÊCHEURS. Puis, plus tard, j'ai dansé à l'Opéra de Rome.

 

Pour quelle raison avez-vous candidater pour CATS ?

Axel ALVAREZ : d'abord pour la comédie musicale en elle-même; CATS constitue, pour moi, un spectacle très marquant, particulièrement intéressant, surtout au niveau de la danse et du caractère. Je veux dire par là que chaque chat possède une personnalité, un rôle.

 

Justement, pouvez-vous nous parler du votre ?

Axel ALVAREZ : j'en joue en fait deux : d'abord Mistoffelees, autrement appelé le chat magique, c'est-a-dire celui qui aime bien mettre l'ambiance en faisant  des tours de magie, qui apparaît et disparaît par ci par là.

Ensuite, je joue aussi Pouncival, qui représente un chat qui vient d'arriver dans la tribu. Sa particularité tient dans sa maladresse, qui adore faire des bêtises; ce qui engendre beaucoup de drôlerie.

 

Cela n'a pas été trop difficile de passer du ballet classique à un spectacle plus contemporain ?

Axel ALVAREZ : bien sûr, surtout au niveau de la préparation. Moi, j'avais l'habitude à l'Opéra de bénéficier d'un entraînement très intensif avec notamment un cours de danse quotidien.   En comédie musicale, bien que les répétitions demeurent longues et très physiques, c'est différent dans la mesure où on dispose de moins de temps et que l'échauffement s'avère beaucoup plus global. Au final, il faut donc toujours être en forme et prêt à se lancer.

 

L’Envers Des Décors Avec Éric LOUSTAU-CARRERE

 

Dans quel décor se déroule CATS ?

Éric LOUSTAU-CARRERE : dans une décharge que nous avons reconstituée à l'échelle d’un chat avec une scène dont la particularité est qu’elle apparaît en pente.

 

Pour quelle raison ?

Éric LOUSTAU-CARRERE : tout simplement parce que, sans la pente, le public ne peut pas percevoir correctement le côté félin des personnages. De plus, il ne peut pas non plus toujours voir les pieds des danseurs. Enfin, cette pente présente l'avantage de créer une dynamique, une image quelque peu particulière et déséquilibrée, qui augmente l'aspect improvisé de la décharge.

 

D’où viennent tous les objets gigantesques qui constituent le décor ?

Éric LOUSTAU-CARRERE : en fait, tous les objets qui constituent la décharge ont été créés et fabriqués par une équipe en proportion des chats. Par exemple, on trouve un paquet de biscuits qui semble gigantesque, disproportionné. Mais c'est normal puisqu'il apparaît à l'échelle d'un chat ! Puisqu'il s'agit d'une décharge, vous noterez que les objets ont été fabriqués par une équipe puis massacrés par une autre.

 

Etait-il important que le décor, les détritus de la décharge, débordent de la scène pour arriver dans la salle ?

Éric LOUSTAU-CARRERE : je le crois car nous tenions à ce qu’il existe une liaison entre la scène et le sol, puisque le décor comprend la salle. De cette manière, le spectateur semble immergé dans le décor. C'est pour cette raison que l'on dispose d'une équipe qui arrive avec un stock  d'objets et qui à pour fonction l'habillage de tous ces  éléments par rapport au volume du lieu, en l’occurrence un théâtre.

 

Avez-vous disposé d’une certaine marge de liberté ?

Éric LOUSTAU-CARRERE : bien sûr car, hormis certains rappels, comme des roues qui font partie intégrante du spectacle, notre équipe est resté globalement assez libre pour la disposition des décors entre la scène et la scène. Je crois que cela aussi était important car cela contribue à faire de ce CATS parisien un spectacle… une véritable expérience à vivre !

 

Entretiens effectués à Paris le 3 septembre 2015

 

Plus d'informations sur CATS et réservations sur

http://www.catsthemusical.com/paris/