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La Belle Et La Bête…En Répétitions !

 

 

Il ne reste que quelques semaines pour que le rideau se lève sur la première représentation de LA BELLE ET LA BETE à Paris au Théâtre MOGADOR. A cette occasion, la production a organisé une visite des coulisses des répétitions ; ce qui nous a permis de voir l’avancée du spectacle côté coulisses et de rencontrer le metteur en scène américain Glen CASALE, les adaptateurs français Nicolas NEBOT et Ludovic Alexandre VIDALainsi que les principaux artistes de la troupe, à commencer par LA BELLE Manon Taris et LA BETE Yoni AMAR, mais aussi d’autres dont certains que l’on a déjà vus dans d’autres productions Stage Entertainment : Alexis LOISON (Gaston), Alexandre FAITROUNI (Lefou), Dan MENASCHE (Lumière) et David EGUREN (Big Ben). Nous avons également discuté avec Nicolas NEBOT et Ludovic Alexandre VIDAL, qui nous confient la technique pour adapter en français un spectacle de Broadway.  La plus belle histoire d’amour de tous les temps nous dévoile quelques uns de ses secrets ; profitons-en !

  

 

Glenn CASALE, metteur en scène« même s’il s’agit d’un spectacle musical, LA BELLE ET LA BETE constitue une véritable pièce de théâtre »

 

Comment se passent les répétitions de LA BELLE ET LA BETE ?

Je dirai qu’il s’agit d’un travail progressif et qui évolue tous les jours. Mais, en même temps, c’est une véritable joie pour moi de travailler avec les adaptateurs français, Nicolas NEBOT et Ludovic Alexandre VIDAL à la mise en scène de ce spectacle, et tous ces comédiens formidables.

Vous avez travaillé sur plusieurs productions de LA BELLE ET LA BETE dans le monde ?

GC : absolument. J’avais été contacté il y a une douzaine d’années par les Studios Disney pour travailler sur la mise en scène du spectacle LA BELLE ET LA BETE. Et depuis, je travaille aux différentes mises en scène dans le monde du même spectacle ou en tout cas de ses adaptations locales.

Quel est l’esprit que vous avez essayé de donner à ce spectacle ?

GC : quand j’ai été recontacté pour travailler sur LA BELLE ET LA BETE, j’ai eu vraiment envie de retourner aux origines de ce conte qui a été écrit en 1757 par Mme Leprince de Beaumont. J’avais vraiment le souhait de travailler avec pour objectif de revenir aux sources des personnages imaginés par Mme Leprince de Beaumont. J’ai alors réuni les chorégraphes, les créateurs pour les décors et les lumières afin de réfléchir sur la manière dont on pouvait traiter cette comédie musicale d’une autre manière que dans le film. Je veux dire par là que, s’agissant pour moi d’une histoire qui parle du cœur, je ne souhaitais pas que l’on mette en scène un spectacle destiné uniquement à un public d’enfants. Pour moi, il s’agit vraiment d’un spectacle qui possède plusieurs dimensions et qui peut donc peut parler à un public beaucoup plus large que les enfants.

Que ressentez-vous à l’idée de monter cette production en France ?

GC : je dirai d’abord que je suis très heureux de me trouver à Paris pour monter une nouvelle fois LA BELLE ET LA BETE. Maintenant, je mesure la responsabilité qui est la mienne que de le monter pour la première fois en France et dans une adaptation locale du livret et des chansons. D’autant que, s’il a déjà été créé en Europe, il n’avait jamais été présenté en France et, d’ailleurs, j’avoue que je me suis toujours demandé pour quelle raison. Vous savez, dans mes études théâtrales, j’ai beaucoup étudié MOLIERE et tout le répertoire français. D’ailleurs, pour moi, LA BELLE ET LA BETE, même s’il s’agit d’un spectacle musical, constitue une véritable pièce de théâtre, En effet, même s’il contient des chansons, ce spectacle raconte une histoire, en en plus une histoire française. Je suis donc ravi de travailler sur ce spectacle, d’autant qu’il s’agit de la première fois que je me rends à Paris ! 

 
 
 

Nicolas NEBOT & Ludovic Alexandre VIDAL« Une adaptation est une œuvre en français, qui veut dire la même chose que le texte original »

Comment vous êtes-vous répartis les rôles dans l’adaptation de ce spectacle de Broadway ?

Nicolas NEBOT : je me suis occupé de l’adaptation des chansons inédites de LA BELLE ET LA BETE. Adapter une chanson en français, c’est quelque chose qui a toujours existé. Pour vous donner un exemple, My Way constitue en fait une adaptation américaine de la chanson française de Claude FRANCOIS Comme D’Habitude. Et à l’inverse, Oh White Night qui est une chanson américaine de Francky VALLI qui a été adaptée par Claude FRANCOIS en Cette Année Là. Le but et l’intérêt d’une adaptation d’une chanson, c’est de garder l’essence, donc le message de la chanson, en faisant une autre œuvre. Cela signifie que l’on ne fait absolument pas une traduction littérale ligne à ligne mais on fait une œuvre en français, qui veut dire la même chose que le texte original.

Ludovic Alexandre VIDAL : j’ai pris en charge l’adaptation du livret et des dialogues du spectacle LA BELLE ET LA BETE. Une adaptation consiste vraiment à transposer une œuvre originale, ici une comédie musicale de Broadway, et la ramener dans une autre culture, en l’occurrence française. Dans ce travail, il convient de garder le message de l’œuvre et de la ramener dans la culture française. Cela passe par un humour mais aussi des mots et un rythme à la française. 

De quelle manière procédez-vous pour adapter un spectacle musical et chanté ?

LAV : quand nous faisons de la comédie musicale ou du théâtre chanté, forcément, il existe une continuité dramatique. C'est-à-dire qu’on raconte une histoire sous la forme d’une œuvre théâtrale. Ce qui fait que chaque personnage, qu’il parle ou chante, doit s’exprimer de manière cohérente et utilisant le même langage. Ce n’est pas parce qu’il doit s’exprimer en chantant ou en parlant qu’il va employer d’autres mots ou un autre langage. Quand je parle de cohérence, je veux dire que, s’agissant d’un personnage dramatique, nous les deux adaptateurs, nous sommes amenés à travailler de manière très étroite. Ce qui nécessite que l’on se voit très régulièrement. C’est un travail que nous connaissons bien car nous avons déjà collaboré l’année dernière sur SISTER ACT.

NN : dans la comédie musicale, et plus particulièrement celles d’origine anglo-saxonnes, les chansons servent à faire progresser l’action. C'est-à-dire que l’on ne trouve jamais une chanson gratuite. On a toujours un niveau d’émotion tel que la parole ne suffit pas. Il convient alors d’exprimer cette émotion par autre chose que la parole ; c’est à ce moment qu’interviennent la danse et le chant. Notre travail à Ludovic-Alexandre et moi est extrêmement lié car l’émotion qui est racontée avec le texte parlé doit être la même que celle que raconte la partie chantée. Et même si on écrit des textes adaptés chacun de notre côté, généralement dans les six mois précédent la première, il faut qu’à un moment l’on fasse converger nos travaux respectifs. Pour y parvenir, et vérifier notamment qu’il n’existe pas d’incohérence et que les termes, les champs lexicaux, soient identiques, nous nous rencontrons en moyenne une fois par semaine. Ensuite, nous continuons à travailler en étroite collaboration pendant toute la période des répétitions et jusqu’au moment des avant-premières. Nous assistons alors chaque soir aux répétitions, observons les réactions du public, et nous effectuons des retouches jusqu’à la date de la première représentation de gala. Et à partir de ce moment, nous considérerons que le show est gelé et que nous ne toucherons plus à la moindre virgule. 

Quels sont les éléments essentiels que vous avez voulu mettre en avant dans votre adaptation ?

LAV : Je dirai cette vraie thématique forte de perdre ses moyens par rapport à la vie et la mort. En effet, cette histoire contient des éléments très intéressants à aller chercher, à creuser par rapport à cet enjeu de la vie et de la mort. Et c’est justement ce que nous avons essayé de faire dans notre adaptation, d’autant plus qu’il s’agissait également d’une volonté du metteur en scène Glen CASALE. Il convient d’ailleurs de préciser que la vie et la mort sont au centre de cette histoire : dès le début, le spectateur est embarqué dans cette histoire où un prince très capricieux, qui refuse de donner la charité à une vieille dame, en fait une sorcière, se retrouve transformé en une Bête. Tandis que les autres occupants du château deviennent des objets. Et, à moins qu’ils n’arrivent pas à rompre le sort avant que le dernier pétale d’une rose ne tombe, ils ne retrouveront jamais leur état d’humanité.

NN : il faut savoir que Glen CASALE a une vision adulte de cette œuvre et en même temps, en transposant un dessin animé pour le cinéma à un spectacle sur scène, on bénéficie de l’avantage de la durée. En effet, en passant d’un film de 90 minutes à un show de deux heures et demie, on a la possibilité de développer les personnages et de creuser les émotions. C’est ainsi que certains personnages, et notamment la Bête, possèdent une chanson dans le spectacle alors qu’ils n’en avaient pas dans le film. De plus, on retrouve cet enjeu de la vie et la mort sur la Bête qui doit vaincre ce dilemme de parvenir à se faire aimer de Belle pour survivre. Et justement, sur cette chanson, Glen CASALE nous a poussé à aller chercher des mots et du vocabulaire qui rappelle cet enjeu, omniprésent en filigrane, de vie et de mort ; un mot que l’on utilise d’ailleurs dans la chanson de la Bête.

LAV : ce genre d’enjeu, de message, nous permet de faire exister, dans le patrimoine global, cette adaptation française, très spécifique, de LA BELLE ET LA BETE. Cela me parait très important de nous placer dans l’héritage d’une histoire française, elle-même adaptée au cinéma par Jean COCTEAU. Nous nous situons donc dans un esprit très français, et dans l’adaptation, aussi techniquement, cela va se retrouver par l’emploi des expressions typiquement française ou je dirai que l’on a une vraie opportunité de d’utiliser ici les objets qui représentent chacun des personnages pour aller chercher des expressions et un humour typiquement français. On a par exemple insufflé dans le duo entre Big Ben et Lumière des petites touches qui ramènent cet esprit français. Tous ces éléments font de ce spectacle présenté à Paris une version unique de LA BELLE ET LA BETE.

NN : nous avons bien sûr conservé tout l’imaginaire et toutes les chansons les plus connues d’Alan MENKEN et Howard ASHMAN. Néanmoins, par rapport au film, certaines chansons, comme C’Est La Fête, initialement adaptée par Claude RIGAL-ANSOUS ont été allongées. Ce qui fait que j’ai dû adapter en français les paroles supplémentaires par rapport à la chanson entendue dans le film.

LAV : nous avons aussi, et afin de conserver une cohérence, repris dans les dialogues ou des chansons additionnelles du spectacle certains termes ou expressions des refrains entendus dans la version cinéma.

  
 
 
 

MANON TARIS « Il faut être sincèrement honnête avec ce que l’on incarne pour jouer Belle ; un personnage qui doit être connecté à ses émotions et transporter les gens »

Manon TARIS, à quel moment avez-vous eu envie de jouer dans des comédies musicales ?

MT : en fait, cela remonte à l’enfance. Comme vous le savez, LA BELLE ET LA BETE a été le premier show auquel j’ai assisté à Londres quand j’avais 10 ans et c’est en partie grâce à lui que je joue dans des comédies musicales. Je me rappelle que j’avais ressenti un véritable coup de cœur car, comme n’importe qui, je m’étais identifié dans ce spectacle qui réunit tous les domaines de l’émotion; c'est-à-dire le rire, la beauté, l’amour et la peur. Comme je suis issue d’une famille d’artistes, la comédie musicale représente une discipline qui a bercé mon enfance et ma vie. Très naturellement, j’ai commencé très jeune par travailler la danse, puis la musique et, progressivement, j’ai étudié le chant et ensuite le théâtre. Puis, un jour, je me suis rendue compte que ce qui m’intéressait, c’était d’allier toutes ses disciplines et, tout naturellement, je me suis dirigée vers la comédie musicale.

Vous aviez déjà travaillé avec Yoni AMAR ?

MT : c’est amusant de nous retrouver dans les rôles principaux de LA BELLE ET LA BETE car, comme vous le savez peut-être, nous avons déjà partagé la scène à plusieurs reprises ; la première fois, c’était dans une production suisse des MISERABLES où je jouais l’héroïne de l’œuvre de Victor HUGO tandis que Yoni AMAR interprétait Enjolras. Par la suite, nous nous sommes retrouvés dans trois autres spectacles. Ce qui nous a permis de développer une certaine complicité et même une amitié professionnelle.

Avez-vous auditionné uniquement pour le rôle de la Belle ?

MT : non, je ne pense pas. Au départ, quand j’ai été convoquée, la production était ouverte à ce que je me présente à différents personnages. Ce qui fait que j’ai auditionné pour le rôle de Belle mais aussi pour celui de Plumette qui, finalement, est revenue à Alix BRISELS. Pour en revenir à ces auditions, je dois avouer qu’elles ont été très longues (elles ont duré un mois et demi) et très intenses. En effet, en ce qui me concerne, j’ai passé douze tours d’auditions. Ce qui m’a permis de creuser et de peaufiner les personnages pour lesquels je me présentais. En particulier, je me suis beaucoup servi des remarques des auditeurs pour approfondir mon jeu, véhiculer le plus d’émotions possibles. Je crois que ce qui a fait la différence, c’est peut-être mon acharnement et mon travail.

Quelles sont les difficultés, les particularités, de la comédie musicale en général et du rôle de la Belle en particulier ?

MT : je dirai d’abord qu’il s’agit d’un rôle particulièrement physique, déjà parce qu’il s’agit d’un personnage extrêmement présent. En effet, la Belle reste sur scène pendant les trois quart du spectacle et, quand elle n’y est pas, elle se trouve dans les coulisses dans une phase de changement rapide de costume. C’est pour cette raison que je considère ce rôle comme très physique. Maintenant, pour moi, la difficulté, elle relève davantage du domaine de l’acting ; c'est-à-dire que Belle est un personnage qui doit être connecté à ses émotions et transporter les gens du début à la fin du spectacle. Et pour y parvenir, je pense qu’il faut être sincèrement honnête avec ce que l’on incarne. Bien sur qu’il faut savoir chanter et danser, mais cela ne suffit pas et je pense que tout l’intérêt du rôle, c’est justement d’y mettre de la comédie, jusque dans le chant et la danse. Je crois que chaque mouvement, chaque note, doit représenter une suite logique à l’acting, pour que cela forme un tout. Et c’est justement ce qui est intéressant dans la comédie musicale, c’est qu’il s’agit d’une discipline complète. Il ne s’agit pas d’arrêter de jouer pour chanter et ensuite danser. Au contraire, la comédie musicale se caractérise par une continuité entre l’acting, la musique, le chant et la danse. Et la vraie difficulté pour un artiste dans une comédie musicale, elle consiste à trouver le fil conducteur entre toutes ces disciplines.

Comment vous êtes-vous appropriée ce rôle de la Belle ?

MT : cela a été relativement facile de m’approprier le rôle de la Belle dans la mesure où je m’identifie assez facilement à ce personnage qui me parle énormément ! En ce qui concerne la préparation au rôle, il est indéniable qu’il nécessite une hygiène de vie. Ce qui passe par une préparation physique et un entrainement vocal de tous les jours. Mais après, et même lorsque le spectacle est lancé et que l’on joue tous les soirs, c’est un travail du quotidien qui consiste à entretenir le lien avec le personnage. Pour moi, cela revient à me demander comment je me sens aujourd’hui, qu’est-ce que dans mon énergie actuelle se trouve en lien avec Belle. C'est-à-dire que je me demande si, aujourd’hui, je suis heureuse ou triste, ou encore excitée et, ensuite, je le rapporte au personnage de Belle.  Surtout, je m’interroge pour déterminer, parmi ces caractéristiques qui m’appartiennent personnellement, lesquelles je vais pouvoir me servir pour me connecter à mon personnage. Et ce travail entre mes émotions et le personnage de Belle, je le fais chaque jour avant de commencer les répétitions ! Je crois que c’est cela qui est très intéressant aussi dans le fait de se glisser dans un personnage et de jouer dans une comédie musicale.

Avez-vous des solos dans le spectacle ?

MT : j’en ai deux. Le premier s’intitule Comme Chez Moi. Je le chante dans la scène où j’entre dans la chambre que m’a réservée la Bête au château. En effet, la Bête m’accompagne dans la visite d’une partie du château et me montre ma chambre où, à partir de maintenant, je dois me sentir comme chez moi. Il oublie que j’ai effectué ce choix de rester dans le château avec lui uniquement pour sauver mon père. Il s’agit donc complètement d’un sacrifice. Cette chanson me parait extrêmement intéressante car Belle va devoir se convaincre qu’elle peut se sentir ici comme chez elle. Le deuxième air intervient plus tard, au moment où la Bête a finalement laissé partir Belle qui, ainsi, va pouvoir retrouver son père, le soigner et s’occuper de lui. Sauf qu’une arrivée au village, étrangement, Belle se dit que ce n’est pas là qu’elle a envie de se retrouver. Au fond d’elle-même, elle souhaite retourner au château et au près de la Bête. A ce moment, Belle se rend compte que la Bête a compris ses envies, ses manques. En quelque sorte, il a fait de Belle une autre femme ; une personne généreuse et vraie. Ce qui renvoie bien au titre de la chanson qui s’intitule Devenir Qui Je Suis. 

 

YONI AMAR « mettre chaque jour le costume de la bête, cela constitue un moyen de me fondre dans le personnage, de me voir transformé littéralement »

YONI AMAR, sur scène vous êtes beaucoup penché ?

YA : je suis beaucoup sur les genoux, sur les cuisses, toujours à position demi pliée sur les deux jambes. Sauf à la fin du spectacle où je commence à me relever parce que la Bête se relève et le personnage redevient humain.

 

Vous portez aussi des costumes très lourds ?

YA : au début, je dois porter environ dix kilos sur le dos de costumes et combinaisons, plus les bottes et les masques et maquillages sur la tête. Je porte ce que l’on appelle dans le métier un « fide-pack », c'est-à-dire une espèce de combinaison de mousse qui représente un faux corps. En plus, j’ai le visage entièrement recouvert, les bras également, de poils et de muscles. Pour schématiser, je dirai que c’est comme ci j’étais dans une espèce de four à micro ondes ; je transpire beaucoup !

 

Ce n’est pas trop difficile de s’adapter à ces costumes, à ces contraintes ?

YA : au début c’était une contrainte car il s’agit d’un surplis de masse. Maintenant, une fois que l’on s’y habitue, cela devient un plaisir car cette masse me permet de faire exister un personnage. Surtout, elle m’aide à trouver des idées pour améliorer mon jeu qui se trouve très corporel car, il ne faut pas l’oublier, il s’agit de jouer un animal. En cela, mon jeu doit partir de l’intérieur mais, grâce à cette masse, j’arrive à faire exister un corps.

 

De quelle manière vous préparez-vous physiquement ?

YA : depuis que nous avons commencé les répétitions, cette préparation est quotidienne. Il faut savoir que nous bénéficions au théâtre d’une personne qui nous aide à rester en forme physiquement ; c'est-à-dire que l’on prend soin de nous afin que l’on conserve un bon tonus musculaire et surtout que l’on ne s’abime pas. Vous savez, c’est très important de veiller à ce que l’on conserve une bonne posture car, la fatigue avançant, on se tient parfois n’importe comment et c’est à ce moment là que l’on peut se blesser et se retrouver dans l’impossibilité de jouer. C’est pour cette raison que la production veille à ce que l’on s’occupe bien de nous.

 

Et à titre personnel, vous êtes vous préparé ?

YA : quand j’ai appris que j’obtenais le rôle, j’ai effectué, pendant les deux mois dont je disposais devant moi, un travail en amont du spectacle. Je veux dire par là que j’ai commencé par travailler sur le fond du personnage mais aussi sur mon corps en essayant de perdre du poids, en entrainant mes muscles du dos et des épaules. Cela me paraissait nécessaire pour aborder dans des bonnes conditions un rôle qui allait me demander des efforts physiques importants sur une année entière, voir plus en cas de succès. C’est aussi à cause de ces risques physiques que, dans une compagnie aussi large que celle qui va jouer ce spectacle, nous avons des personnes qui sont capables de doubler les rôles. Ils sont même capables de remplacer au pied levé n’importe quel acteur en cas d’accident. Ils représentent des personnes très précieuses car, au même titre que les artistes principaux, ils sont capables de donner corps et âme et de faire exister les rôles. Je crois que c’est important de le souligner et aussi de leur rendre hommage.

 
 
  Rebecca HODGSON - chef de département costume - et le costume de la Bête

 

Est-il facile de s’habituer au costume ?

YA : je dirai que cela fait parti d’un processus pour rentrer dans le personnage. Il faut certes trouver une certaine routine mais, de mettre chaque jour le costume de la bête, cela constitue aussi un moyen de me fondre dans le personnage, de me voir transformé littéralement. Car il faut bien voir qu’il s’agit d’une transformation au début de cette histoire. Du prince, on dit d’ailleurs de lui qu’il était sombre dans son cœur, à tel point qu’il l’avait retiré de son corps. Il était tellement incapable d’être touché par qui que ce soit d’autre que lui-même, qu’il en a été transformé en un monstre ; c'est-à-dire qu’il a revêtu l’apparence extérieure de ce qu’il avait à l’intérieur. Moi, quand je me vois dans mon miroir transformé, il se passe quelque chose à l’intérieur. Cela me nourrit, me prépare pour la scène et pour ce que je vais y raconter.

 

Par quel tour de force arrivez-vous à vous approprier la facette bestiale du personnage ?

YA : l’écueil consiste justement à se faire dévorer par cette masse, cette corporalité et ce besoin d’extériorisation que nécessite le personnage. Il faut bien comprendre que, par rapport au spectateur, on est obligé de faire exister le personnage. D’autant plus quand on il s’agit d’une bête, on doit faire exister toutes les parties de son corps et il faut quand même que cela vienne de l’intérieur. Je veux dire par là que cela doit avoir du sens pour nous, qu’il s’agisse de quelque chose de profond, d’intense et de vrai. Si ce n’est pas le cas, alors on effectue juste des gestes, on se situe dans la pantomime et cela ne raconte rien, n’a aucun intérêt. Il s’agit donc de véritablement faire exister le personnage évidemment. Il faut que ce corps, cette voix, existent. C’est un travail très technique mais cela doit toujours partir de quelque chose de vrai, de profond, de l’intériorité du personnage, de ce qu’il ressent. C’est important car les spectateurs doivent le ressentir. Il s’agit d’un travail très difficile mais vraiment passionnant.

 

Fallait-il trouver une voix particulière pour la bête ?

YA : il était important de trouver une espèce de voix quelque peu déformée ; une voix qui pourrait correspondre au timbre d’un personnage qui ne serait pas vraiment un être humain mais pas complètement une bête non plus. Pour la bête, il ne faut pas que la voix se situe trop loin de celle d’un être humain sinon on risquerait de perdre l’aspect réaliste du spectacle. En effet, si on devait croiser une bête qui parle, elle le ferait sans doute quasiment comme un être humain. Vous savez, les décors, le costume et la façon de marcher participent déjà à la création du personnage donc il n’est pas nécessaire de trop en rajouter. Maintenant, cette voix parlée, il fallait qu’elle soit liée à la voix chantée car, si on se rend compte qu’elles sont différentes, cela risque de créer une tension étrange. Il s’agit alors de trouver une homogénéité dans le personnage, d’arriver à le faire évoluer en douceur, très subtilement, pour que les spectateurs aient l’impression qu’il s’humanise au fur et à mesure mais sans que cela soit visible, sans le montrer. 

Pensez-vous qu’il est facile de s’identifier à la Bête, ce personnage à la fois très violent et très sensible ?

YA : très facile car, pour moi, LA BETE ET LA BETE constitue un conte allégorique ; c'est-à-dire que la bête cela pourrait être tout le monde, aussi bien vous que moi. Ce que je veux dire, c’est que l’on a tous une bête en nous. On possède tous cette partie d’humanité qui n’en est pas, qui nous ronge, qui peut nous transformer en quelque chose de sombre, de mauvais, de renfermé sur soi. Je crois que cela renvoie aux névroses de la vie créées par la société dans laquelle on vit mais aussi notre histoire familiale, notre culture. Je crois que c’est cela que raconte ce spectacle, que tout le monde possède une bête qui sommeille en lui. Et quand un jour cette bête se réveille, on peut devenir vraiment autre chose qu’un humain. D’ailleurs, dans notre société actuelle qui va très vite, avec toute cette technologie, on peut se demander si on n’est pas en train de perdre notre humanité. Je pense que l’on pourrait très bien faire un rapprochement entre cette histoire et notre société actuelle si on le voulait. C’est pour cela que cette bête là, cela peut être tout le monde. Moi, j’ai créé la mienne, en partant du livret évidemment, mais en me servant de ma prison qui est mon corps, et de mon cœur qui est mon âme. Vous savez, quand on est renfermé sur soi même, la raison ne veut plus parler et le cœur ne veut plus l’écouter. Et justement, la bête redevient humaine quand elle a retrouvé la raison et son cœur.

 

Vous êtes-vous inspiré de la Bête jouée par Jean MARAIS pour construire votre personnage ?

YA : j’ai vu le film évidemment, avant et après les répétitions. Je me suis nourri de certains éléments de l’intériorité du personnage. L’avantage d’un film, c’est que l’on est pas obligé d’être dans l’extérieur, justement, ce doit être très condensé, très intense, très intérieur parce que la caméra est là sur votre visage. Donc ce n’est pas le même travail que sur scène. Mais le travail intérieur, la subtilité, la noblesse du personnage, et l’interprétation de Jean MARAIS, oui j’ai récupéré des informations. Je me suis un peu nourri de tout ca, mais le travail étant quand même différent, je suis reparti du livret, de l’histoire qui est quand même assez différente du livret de Disney, du dessin animé, du spectacle, pour refaire un travail précis sur le personnage, et sur sa psychologie profonde. C’est vraiment un autre personnage.

Au niveau des chansons, par rapport au film vous avez une chanson en solo ?

YA : c’est une espèce de monologue, en fait un dialogue entre Dieu et la Bête. On s’apercevra d’ailleurs qu’il est plus croyant que ce qu’il l’imaginait lui-même. Il est important ce dialogue car il représente la seule chose qui le tient encore en vie. C’est pour cette raison qu’il lui demande s’il est encore là, s’il l’écoute, s’il ne l’a pas abandonné, s’il lui accordera un jour la rédemption et enfin s’il va lui donner les moyens de faire battre son cœur et de s’ouvrir à l’autre. Parce qu’il en a besoin et qu’il n’y a que cela qui peut le sauver. Et cette chanson, à la manière d’une prière,  c’est cela qu’elle raconte. Je trouve que c’est fort à jouer. D’ailleurs, le processus d’évolution du personnage à ce moment là s’apparente à une explosion sous forme d’une espèce de prière. Il est entre la vie et la mort à ce moment là. C’est très beau et finalement très romantique car, à ce moment, on comprend que ce personnage possède un cœur. Il éprouve juste une difficulté à le faire battre.

Pouvez-vous nous parler de votre partenaire dans le spectacle Manon TARIS ?

YA : je dois vous dire que l’on se connait depuis assez longtemps car nous avons déjà joué ensemble dans plusieurs comédies musicales, notamment LES MISERABLES de Claude-Michel SCHOENBERG et Alain BOUBLIL. C’était il y a quatre ans à Lausanne, dans la dernière production en français et en Europe, Manon jouait Cosette et moi j’interprétais le Chef de la Révolution Enjolras. Nous nous sommes donc rencontrés sur ce spectacle et, depuis, nous nous sommes retrouvés sur d’autres comédies musicales, comme l’an dernier en tant que doublures dans SISTER ACT, également au Théâtre Mogador. Aujourd’hui, cela fait tellement longtemps que l’on travaille ensemble et avec grand plaisir, que nous sommes devenus assez proches.

 

Est-ce plus simple de jouer avec une amie sur scène ?

YA : d’un côté, c’est plus facile car, comme nous avons l’habitude de travailler ensemble, on n’a pas besoin de créer des choses qui existent. D’un autre côté, c’est une situation délicate car, entre nous, et aussi parce que nous sommes amis, il existe une espèce de pudeur entre nous. Je veux dire par là que, même si je ne suis pas amoureux d’elle, je dois jouer que je l’aime. Vous me direz que c’est mon métier de comédien mais, du fait que l’on se connaisse bien, parfois, cela peut arriver que l’on soit perturbé dans ce contexte. Mais au final, on en tire plus des avantages que des inconvénients.

 

Dan MENASCHE « Lumière représente un personnage très intéressant car il se trouve dans une situation au centre de tout ce qui se passe au château »

 

 
 

Dan MENASCHE, LA BELLE ET LA BETE est-elle la première comédie musicale dans laquelle vous jouez ?

Dan MENASCHE : j’ai déjà joué dans plusieurs comédies musicales dont certaines avec Stage Entertainment. J’avais participé d’abord à la première production de CABARET aux Folies Bergères puis MAMMA MIA avec laquelle on vient de tourner en province et que l’on a joué pendant deux saisons au Théâtre Mogador.  

Le fait d’avoir déjà travaillé avec Stage Entertainment représente t-il un avantage lors des auditions pour une nouvelle production ?

DM : je pense que cela ne change rien dans la mesure où, pour chaque nouveau spectacle, l’équipe créative n’est jamais la même. Ce qui fait qu’à chaque nouvelle audition, nous avons tout à prouver et c’était le cas en ce qui concerne LA BELLE ET LA BETE où j’ai auditionné devant une équipe américaine. Maintenant, vous savez, les castings représentent un long processus parce qu’il faut qu’on nous auditionne dans les trois disciplines, à la fois séparées et en même temps, qui sont le chant, la danse et la comédie. Pour moi, cette phase de casting s’est étalée sur dix tours. Il est donc impératif de s’accrocher mais, au final, quand on décroche le rôle, c’est vraiment formidable.  

Aviez-vous postulé pour un rôle en particulier ?

DM : au début, je m’étais présenté pour deux rôles : Lumière et Lefou. Et après, ce qui est amusant, c’est que l’équipe créative a souhaité me revoir, sans doute me tester, pour tous les autres rôles masculins. Alors, dans ces cas là, il ne faut pas se poser de questions,  il convient juste d’y aller, de travailler et, au final, je me suis retrouvé aiguillé sur le rôle de Lumière ; ce que, en secret, j’espérais donc j’étais ravi.

Pour quelle raison préfériez-vous le rôle de Lumière ?

DM : parce que, dans mon idée que je me fais de LA BELLE ET LA BETE, j’ai l’impression que Lumière constitue un rôle pivot. Je veux dire par là que c’est un rôle qui permet d’abord de garder cette touche d’énergie positive dans le château, malgré le sort qui leur a été jeté. En même temps, Lumière incarne un personnage qui entretient une relation particulière avec la Bête dans la mesure où se trouve toujours très proche du maitre. Donc, pour moi, Lumière représente un personnage très intéressant car il se trouve dans une situation au centre de tout ce qui se passe au château. Ce qui lui permet aussi d’exprimer tous ses désirs, ses envies et ses peurs (en particulier celle de devenir un objet pour toujours), notamment au travers de sa chanson qui s’intitule C’Est La Fête, un numéro qui dure plus de huit minutes et que j’interprète en grande partie seul sauf à un moment où intervient La Théière (Léovanie RAUD dans le rôle de Mme Samovar). Il y a aussi une autre chanson, que j’ouvre avant que les autres objets se joignent à moi ; elle s’appelle Etre Humain A Nouveau. Il s’agit d’une chanson d’espoir parce qu’elle intervient dans un tableau où on pense que les choses vont fonctionner entre La Belle et La Bête et que l’on va donc pouvoir redevenir humains.

 

 

 

Concernant la partie vocale du rôle de Lumière, en écrivant leur partition Alan MENKEN et Howard ASHMAN avaient beaucoup pensé à Maurice CHEVALIER ; Et vous ?

DM : bien sur que j’y ai pensé car cette référence à Maurice CHEVALIER, dans sa façon de chanter mais aussi de chanter dans le film, font parties intégrantes du personnage. Maintenant, avec le metteur en scène Glenn CASALE, dès le premier jour des répétitions, nous nous sommes interrogés pour savoir si nous devions garder ou, au contraire, nous éloigner, de ces références à Maurice CHEVALIER. En ce qui me concerne, je n’y étais pas très favorable car, pour moi, il me semblait que c’était plutôt casse gueule que de faire comme dans le film et d’imiter Maurice CHEVALIER qui, sincèrement, même si je sais que c’était un artiste cultissime, ne fait pas partie de ma génération. D’ailleurs, lors du casting, plutôt de que de penser à Maurice CHEVALIER, on m’avait plutôt conseillé de me rapprocher d’artistes plus de ma génération, en particulier Robbie WILLIAMS ; un artiste qui est également un show man, comme pouvait l’être Maurice CHEVALIER en son temps. En plus, en s’éloignant d’un icône comme pouvait l’être Maurice CHEVALIER, même si parfois je peux lui faire des clins d’œil, cela nous permettait, et c’était une volonté de l’équipe créative, de s’éloigner du film, du cartoon. En effet, dans le spectacle, il y avait un souci de traiter les choses d’une manière plus adulte, plus vraies, plus profondes. Je veux dire par là, que dans ce spectacle, on reste dans l’esprit Disney de LA BELLE ET LA BETE mais en même temps, il s’agit d’autre chose, d’une autre facette de cette histoire. Donc, pour toutes ces raisons, il me paraissant important que je trouve mon Lumière à moi.

Le costume de Lumière n’est-il pas trop encombrant ?

DM : je ne dirai pas qu’il est trop encombrant. Je dirai simplement qu’il fait partie intégrante du challenge d’incarner le personnage de Lumière. Il y a ces fameuses bouteilles de gaz dans mes poches qui me permettent d’allumer justement d’avoir du feu. Il y a aussi la veste qui est très lourde mais je bénéficie, comme les autres comédiens, de deux mois de répétitions pour m’y habituer. Cela fait vraiment partie du challenge et j’en suis vraiment ravi. Au final, je suis donc très content d’incarner Lumière car, pour moi, il s’agit vraiment d’un très beau rôle et je suis vraiment impatient de le jouer tous les soirs sur scène ; je pense que cela va être vraiment formidable !

 

Concernant la partie vocale du rôle de Lumière, en écrivant leur partition Alan MENKEN et Howard ASHMAN avaient beaucoup pensé à Maurice CHEVALIER ; Et vous ?

DM : bien sur que j’y ai pensé car cette référence à Maurice CHEVALIER, dans sa façon de chanter mais aussi de chanter dans le film, font parties intégrantes du personnage. Maintenant, avec le metteur en scène Glenn CASALE, dès le premier jour des répétitions, nous nous sommes interrogés pour savoir si nous devions garder ou, au contraire, nous éloigner, de ces références à Maurice CHEVALIER. En ce qui me concerne, je n’y étais pas très favorable car, pour moi, il me semblait que c’était plutôt casse gueule que de faire comme dans le film et d’imiter Maurice CHEVALIER qui, sincèrement, même si je sais que c’était un artiste cultissime, ne fait pas partie de ma génération. D’ailleurs, lors du casting, plutôt de que de penser à Maurice CHEVALIER, on m’avait plutôt conseillé de me rapprocher d’artistes plus de ma génération, en particulier Robbie WILLIAMS ; un artiste qui est également un show man, comme pouvait l’être Maurice CHEVALIER en son temps. En plus, en s’éloignant d’un icône comme pouvait l’être Maurice CHEVALIER, même si parfois je peux lui faire des clins d’œil, cela nous permettait, et c’était une volonté de l’équipe créative, de s’éloigner du film, du cartoon. En effet, dans le spectacle, il y avait un souci de traiter les choses d’une manière plus adulte, plus vraies, plus profondes. Je veux dire par là, que dans ce spectacle, on reste dans l’esprit Disney de LA BELLE ET LA BETE mais en même temps, il s’agit d’autre chose, d’une autre facette de cette histoire. Donc, pour toutes ces raisons, il me paraissant important que je trouve mon Lumière à moi.

Le costume de Lumière n’est-il pas trop encombrant ?

DM : je ne dirai pas qu’il est trop encombrant. Je dirai simplement qu’il fait partie intégrante du challenge d’incarner le personnage de Lumière. Il y a ces fameuses bouteilles de gaz dans mes poches qui me permettent d’allumer justement d’avoir du feu. Il y a aussi la veste qui est très lourde mais je bénéficie, comme les autres comédiens, de deux mois de répétitions pour m’y habituer. Cela fait vraiment partie du challenge et j’en suis vraiment ravi. Au final, je suis donc très content d’incarner Lumière car, pour moi, il s’agit vraiment d’un très beau rôle et je suis vraiment impatient de le jouer tous les soirs sur scène ; je pense que cela va être vraiment formidable !

 

 

David EGUREN « Big Ben est un personnage qui déploie un large éventail d’émotions » 

David EGUREN, LA BELLE ET LA BETE est-elle la première comédie musicale dans laquelle vous jouez ?

David EGUREN : pas du tout. J’ai déjà œuvré dans plusieurs comédies musicales (mais aussi des opérettes), dont certaines avec Stage Entertainment. En particulier, j’ai eu le plaisir de jouer, pendant trois saisons au Théâtre Mogador, dans LE ROI LION où j’incarnais le personnage de Zazou qui était toujours accompagné de son oiseau. J’en garde d’ailleurs un excellent souvenir car, autant le spectacle que le rôle, cela a été vraiment génial ! 

Quelles sont les spécificités du rôle de Big Ben dans LA BELLE ET LA BETE ?

DA : je dirai qu’il s’agit d’un personnage très carré, presque vieux jeu. C’est d’ailleurs parce qu’il était un majordome très à cheval, très strict sur les horaires qu’il a été transformé en une horloge. Il me parait très intéressant à jouer car il s’agit véritablement d’un personnage de comédie qui comporte différentes couches, certaines dramatiques et d’autres biens plus drôles. C’est donc un personnage qui déploie un large éventail d’émotions et donc de jeu. D’un point de vue musical, il possède la particularité de chanter dans l’ensemble et avec une voix de ténor, ce que je suis par ailleurs. C’est amusant car, dans la partition d’Alan MENKEN, il y a beaucoup de parties écrites pour un ténor, notamment des si bémol et des contres ut. Il s’agit, mais c’est vrai pour tous les personnages, de parties techniquement assez développées. Mais, pour Big Ben, il y a vraiment des notes spécifiques à un ténor qu’il fallait aller chercher et c’est donc un plaisir pour moi de les chanter. 

S’agit-il d’un rôle plus difficile à chanter que celui de Zazou dans LE ROI LION ?

DE : je dirai qu’il y a davantage de choses à chanter dans LA BELLE ET LA BETE. Zazou possédait plus de chansons en solo mais il s’agissait plutôt de chansons dialogue. En ce qui concerne Big Ben, ses parties chantées représentent plus des participations dans l’ensemble mais qui demandent une partie vocale plus développée. Je ne chante donc pas de chanson en solo mais j’ai quelques duos et des choses dans un ensemble, comme dans Humain Comme Avant. Dans LA BELLE ET LA BETE, par rapport à Zazou qui était un oiseau et qui courrait partout, j’ai beaucoup moins de déplacements rapides dans la mesure où l’horloge se déplace beaucoup moins rapidement que l’oiseau. Mais dans l’écriture du spectacle et en particulier dans la partition, c’est beaucoup plus vocal. En fait, on s’aperçoit dans cette comédie musicale qu’il finalement beaucoup de choses d’ensemble et assez peu de véritables solos à part ceux de la Belle et de la Bête. Mais sinon, les chansons sont surtout écrites pour faire avancer l’action et, en cela, elles servent des scènes chantées. De toute façon, comme ce spectacle a été écrit pour une troupe, moi je dois trouver ma place parmi l’ensemble.

 
 
 
 

Alexis LOISON « C’est la première fois que je ressens une énorme responsabilité par rapport à un spectacle » 

 

Alexis LOISON, LA BELLE ET LA BETE est-elle la première comédie musicale dans laquelle vous jouez ?

Alexis LOISON : bien sûr, j’avais étudié la comédie, et notamment l’art du musical, dans une école d’art dramatique pendant trois ans, ce qui m’a peut-être permis de faire la différence sur ce genre de casting et pour de tels rôles. J’avais aussi participé à quelques spectacles avant celui-ci. Maintenant, c’est la première fois que je participe à une production aussi importante que LA BELLE ET LA BETE. C’est aussi la première fois que je ressens une énorme responsabilité par rapport à un spectacle dans lequel je joue. 

Le rôle de Gaston était-il celui qui vous intéressait le plus ?

AL : pas forcément mais, en tout cas, ce que je sais aujourd’hui, c’est que, de mon point, il s’agit du rôle le plus intéressant de LA BELLE ET LA BETE. Je m’explique : pour moi, Gaston constitue le personnage qui doit le plus de couleurs. Je veux dire qu’au départ de la pièce, quand tout va bien on le trouve plutôt agaçant puis, au fur et mesure du spectacle, c’est quelqu’un qui devient très dangereux. Il s’agit pour moi de montrer différentes palettes du personnage au public et en même temps, d’exprimer combien on peut devenir dangereux; ce qui nécessite d’être à la fois amusant, drôle et même charmeur.  Il s’agit donc d’un gros de travail de comédien pour, au final, faire ressortir des couleurs très intéressantes dans le personnage. Heureusement, pour y parvenir, je suis énormément aidé par le metteur en scène Glenn CASALE. Je dois dire que ce dernier tenait à apporter une noirceur à la pièce en général et au personnage de Gaston en particulier, ce qui permettait également de le rendre plus adulte que dans le film. Pour toutes ces raisons, je me sens particulièrement satisfait et même honoré d’incarner ce rôle.

Gaston est-il un rôle difficile qui vous a demandé des efforts particuliers du point de vue du chant et de la danse ?

AL : pour la danse, je dirai non dans le sens où il ne s’agit pas d’un rôle qui danse énormément mais oui dans la mesure où, physiquement, je dois porter un costume et des bottes et c’est très encombrant. Donc, hormis le numéro de Gaston, ce n’est pas un rôle qui danse beaucoup. En ce qui concerne le chant, il me parait très intéressant pour le personnage de Gaston parce que c’est quelque chose de très lyrique, de très rond, et il faut sonner comme un viking en fin de compte.  

Comment se passe votre collaboration avec Alexandre FAITROUNI avec lequel vous jouez en duo ?

AL : nous sommes en quelque sorte complices dans le spectacle et c’est formidable, je ne sais pas si je dois le dire parce que on se connaissait avant. Cela fait plus de six ans que l’on se connait, nous étions à l’Ecole d’Art dramatique ensemble aussi, et je trouve formidable de retrouver son complice dans la vie sur scène. Il y a certes une autre complicité à créer mais, pour moi, cela représente vraiment un cadeau de travailler avec Alexandre FAITOUNI. 

Alexandre FAITROUNI « Lefou constitue l’acolyte de Gaston, également son souffre douleur »

 

Alexandre FAITROUNI, que pensez-vous apporter au personnage de Lefou ?

Quand je me suis présenté aux auditions, je suis venu avec mon énergie et cela tombait bien car la production recherchait un fou plutôt exubérant. J’ai donc été engagé pour jouer Lefou, un personnage qui constitue l’acolyte de Gaston, également son souffre douleur.

Votre personnage possède une chanson particulière ?

AF : oui mais c’est une chanson qui concerne mon acolyte puisqu’il s’agit justement de l’Ode à Gaston ; je chante donc « le plus beau c’est Gaston, le plus costaud c’est Gaston…. ». Il ne s’agit pas spécialement d’une chanson compliquée à chanter mais qui est difficile à jouer sur scène car elle arrive dans une mise en scène très acrobatique donc qui bouge beaucoup. 

LA BELLE ET LA BETE est-elle la première comédie musicale dans laquelle vous jouez ?

AF : pas du tout. On avait déjà pu me voir dans FAME, FRANKENSTEIN JUNIOR au Théâtre Déjazet et l’année dernière dans SALUT LES COPAINS aux Folies Bergères. Maintenant, j’aborde LA BELLE ET LA BETE comme une nouvelle expérience et je suis très content de faire partie de la troupe !

 

Entretiens réalisés à Paris le 25 septembre 2013.

 

LA BELLE ET LA BETE ; Le chef d’œuvre de Disney arrive pour la première fois à Paris et en français, uniquement au théâtre Mogador, à partir du 24 octobre 2013.

Informations et réservations www.labelleetlabete.fr