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Alan SILVESTRI
Compositeur américain connu pour sa collaboration avec le réalisateur Robert ZEMECKIS, de RETOUR VERS LE FUTUR à FLIGHT, en passant par QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT, FORREST GUMP, LE POLE EXPRESS et CONTACT. Alan SILVESTRI a également composé les musiques d'ABYSS (James CAMERON), PREDATOR et STUART LITTLE.
 
 
 
 
 
 

COSMOS VOLUME 1

Jusqu’alors disponibles uniquement en digital, voici enfin, en format physique, le premier volume d’une série de quatre des musiques symphoniques d’Alan SILVESTRI -enregistrées aux studios d’Abbey Road à Londres- pour la série documentaire COSMOS A SPACETIME ODYSSEY ; la suite de COSMOS A PERSONAL VOYAGE, animée par Carl SAGAN dans les années 1980. La nouvelle série, présentée par l’astrophysicien Neil de GRASSE TYSON constitue un nouveau voyage dans l'espace et le temps. Pour la musique, après VANGELIS sur le programme initial, les producteurs se sont adressés à un compositeur capable de manier aussi bien les synthétiseurs qu’un orchestre symphonique : Alan SILVESTRI qui, de plus, avait déjà travaillé sur des films parlant de l'espace (CONTACT de Robert ZEMECKIS) a donc été choisi pour composer une musique symphonique qui intervient tout le long de cette odyssée. Elle passe, parfois, sur le devant, parfois plus en arrière ; une partition qui apparaît, par sa large gamme musicale, des thèmes les plus doux,  mystérieux à ceux plus puissants, aussi  passionnante qu’ambitieuse. Comme dans toute série, cela commence par un générique fort. Ici, après une sonnerie de trompette Alan SILVESTRI l’introduit délicatement, généreusement, pour les cordes. Il y inclut un joli passage pianissimo, qui nous transporte vers une partie plus lyrique, que l’on retrouve dans des thèmes plus chantante, émouvantes et chantantes, rappelant ses partitions des années 1980 (Cosmos Main Title, (“Our Journey Is Just Beginning”). Il reste dans une ampleur orchestrale, des thèmes aériens, avant de lancer, sur des rythmes plus enlevés, parfois avec des pulsations synthétiques, des motifs pleins de souffle, qui contiennent aussi une part de gravité  (“Come With Me”,  Virgo Supercluster). Restant sur cette lancée, il rentre dans une musique plus spatiale, dans la continuité du générique. C’est-à-dire une musique assez mélodique, contenant de courtes cellules de trompettes, d’amples mouvements colorée, mélancoliques et d’autres doucement crescendos, percussifs (The Cosmos Is Yours). Puis il continue, et il y en a plusieurs, par des musiques profondes, aux espaces rythmiques réguliers, reprenant dans un second temps un motif haletant, dans la lignée du thème du générique (Multiverse, Star Stuff). De la même manière, cette fois plus dans l’inquiétude, l’immensité, Alan SILVESTRI enchaine par des musiques qui jouent à la fois la puissance et l’émerveillement. Puis qui se développent lentement, parfois sur des rythmes de caisses claires, avec de courts crescendos, des cordes obsessionnelles et des motifs héroïques, alliant souvent chœurs et orchestre symphonique (Revelation of Immensity, The Inquisition), parfois dans une musique qui se déroule de manière chantante, répétitive, au piano et dans les cordes (The Staggering Immensity of Time). Les thèmes d’Alan SILVESTRI apparaissent aussi volontiers émouvants, lyriques ; les parties mélodiques, à la fois légères et voluptueuses, s’y voient reprises par l'orchestre (Giordano Bruno), d’autres fois par les chœurs après des mouvements plus planants, grâce à un mélange de guitare, de cordes et une rythmique électronique (Chance Nature of Existence). D’autres fois encore, le compositeur se sert de sonorités assez simples de flûte, de violoncelle qui joue une ligne lente et d’un filet de piano pour introduire des sections plus épiques (New Years’ Eve). En bonus, l’album contient une version alternative, symphonique, du générique, alliant cuivres et harpe, et une mélodie portée par les flûtes et le piano (Cosmos Main Title – Alternate). Sur ce premier volet, et porté par le lancement d’un thème principal mémorable, Alan SILVESTRI propose une série de pièces réfléchies, suffisamment mélodiques pour dégager une véritable puissance émotionnelle. Et qui apportent de l'unité à une entreprise spatiale et cinématographique majeure. Vers l’infini et au-delà : Alan SILVESTRI en prend incontestablement la voie !

COSMOS VOLUME 1. Musique originale d’Alan SILVESTRI disponible chez Intrada records.

 
 

ALLIED (ALLIES)

Pour ce nouveau film, Robert ZEMECKIS s’essaye au film de genre mélangeant espionnage et romantisme. A Casablanca en 1942, l’agent du contre-espionnage allié Max VATAN (Brad PITT) rencontre la résistante française Marianne BEAUSEJOUR (Marion COTILLARD). Réunis quelques mois plus tard à Londres, leur relation est menacée par des tensions liées à la guerre. Sur ce couple glamour, Alan SILVESTRI propose une partition qui passe souvent du froid au chaud, du suspense à la séduction. Il commence ainsi par un morceau au rythme inquiétant, martial, fait de grandes boucles et de percussions électroniques.  et empli de mystère, idéal pour évoquer, sur plusieurs séquences, l’ennemi, comme sur German Embassy. Ensuite, au centre du générique, on entend un motif doucement scintillant au piano, en fait des prémices de thème romantique, et une brève partie mélodique, qui se répète à la flûte sur un fond aérien, de plus en plus grave, grondant. Avant une reprise légère, au piano, qui amène un trouble, en même temps que de la tension avec des rythmes de percussions et de synthétiseurs (Essaouira Desert / Main Title) que l’on retrouve sur d'autres moments de danger (Confession/ Escape). Alan SILVESTRI continue par un mouvement profond avec une clarinette qui reprend le même thème répétitif,  mais avec davantage de douceur, de la harpe et de la flûte, suivi d’un développement sensuel ("What Are Our Odds? "). Forcément, et dans une tradition émotionnelle remontant à FORREST GUMP, Alan SILVESTRI introduit ensuite un thème plus gracieux, coloré, féminin mélodiquement fort, orchestral, repris dans l'intimité du piano et de violons légers ("It's a Girl") ; un thème très important, qui revient dans de belles variations ("Best Day Ever") et qu’il développe longuement, et magnifiquement, dans le final et le générique de fin (The Letter / End Credit). Entre les deux, le compositeur développe aussi de purs thèmes de suspense, avec des sortes de pulsations qui s'amplifient, devenant plus électriques et des cordes douces montantes et une courte cellule répétitive. Jusqu'à un crescendo obsessionnel et percussif annonçant un danger imminent (Trust). Il mêle aussi douceur et danger en ajoutant auavec un thème  profond, et rajoute du danger par des pulsations électroniques, des cordes graves et un mouvement rythmé m, inquiétant, coloré et fort en percussions (7 Confession/ Escape). L’album est complété de plusieurs instrumentaux de chansons d'avant-guerre : The Sheik of Araby, titre populaire américain de 1921, écrit par Ted SNYDER,  Harry B. SMITH et Francis WHEELER ; Puis You are My Lucky Star, classique extrait de la comédie musicale CHANTONS SOUS LA PLUIE ;  J'Attendrai, standard italien adapté en français dès 1938, par Rina KETTY ; les plus jazzy  Sing Sing Sing de Louis PRIMA et le fort en trompette Flying Home, écrit par Benny GOODMAN et Lionel HAMPTON dans les années 1930. Au final, Alan SILVESTRI signe une très belle partition dont on apprécie surtout le superbe thème romantique, d’une grande douceur, et d’où ressort une belle émotion, surtout quand il est repris au piano solo. Ce qui n'empêche pas aussi des musiques plus âgées sue le suspense, le trouble de l'époque.

ALLIED (ALLIES). Un film de Robert ZEMECKIS, avec Brad PITT et Marion COTILLARD. Musique originale d'Alan SILVESTRI disponible chez Sony classical.

 

THE WALK

Voici la bande originale du biopic consacré à Philippe PETIT, le funambule français qui réussit,  en 1974, à joindre les deux tours du World Trade Center sur un fil, suspendu au-dessus du vide. La musique a été composée par Alan SILVESTRI, qui signe une partition ambitieuse par ses références et certaines parties jazzy, plus classique pour ses thèmes d'aventures. Comme c'est le cas dans nombre de thèmes, et le sujet le réclamant, Alan SILVESTRI commence par un thème profond, en mineur et à base de cordes lointaines, pour l'émotion. Il y joint, à la manière d'une signature, en référence au courage du personnage principal,  quelques notes de piano. Mais là où le compositeur surprend, c'est en coupant sa musique par un thème très jazzy, c'est-à-dire mélodique, coloré façon bigband et légèrement extravagant, amusant (Pourquoi ?). Alan SILVESTRI reprend toujours son motif pianissimo mais d'abord accompagné d'un contrepoint ample, doux, avant d'amener un thème décalé qui, par sa mélodie et ses orchestrations, emprunte, et c'est une des particularités de la partition, des couleurs européennes. En particulier quand on entend de l'accordéon et de la mandoline mais aussi des cuivres à la façon d'une fanfare. Ce qui fait très musique de cirque, bien que la dimension  émotionnelle ne soit pas négligée dans ces souvenirs d'enfance, amusants (Young Philippe), plus romantiques  (Two Loves), ou encore mêlé au jazz, pour une séquence d'équilibre sur un monument parisien (The Towers Of Notre Dame). On retrouve enfin cette cellule pianissimo sur le thème titre lent, mélancolique, interrogatif ; elle revient à espace régulier avec de l'écho et prenant même de l'ampleur, devenant orchestralement lyrique. D'où un superbe morceau très délicat, poignant et empli d'une certaine générosité mélodique associée à la simplicité du piano (The Walk). Alan SILVESTRI poursuit par des thèmes qui jouent le mystère : d'abord dans les vibratos, avançant doucement, porté par une mélodie pianissimo qui s'égrène en arrière (“It’s Something Beautiful”. Puis plus rythmé, à la manière d'une sonnerie religieuse (Full of Doubt). Alan SILVESTRI revient ensuite au genre qui a fait sa renommée, en mêlant action, terreur et suspense, comme,  notamment, sur RETOUR VERS LE FUTUR mais ne néglige pas les parties plus intimistes (Time Passes) ; des thèmes qui jouent l'action sur un rythme de tension, avec de courts crescendo, des cordes vibrantes, de courtes parties de piano (The Arrow, “They Want to Kill You”) ; également une rythmique martiale, inéluctable, faite de caisses claires et de cuivres. D’où une partie efficace mais qui ne surprend pas (“We Have A Problem”), sauf quant elle se trouve entrecoupée par une reprise de la petite musique de nuit de MOZART au piano (“I Feel Thankful”). Alan SILVESTRI termine par un thème lent pour orchestre, qui se développe profondément, porté par une partie mélodique gracieuse, accompagnée d’une sorte de court gimmick américain sur la fin (“Perhaps You Brought Them to Life – Given Them a Soul”). Au final, c’est un bilan contrasté qui ressort à l’écoute de cette partition ; Alan SILVESTRI séduit d’abord en jouant pleinement la corde sensible par un thème principal relativement simple et basé sur une ligne de piano. Ensuite, il convainc plus difficilement quand il jongle entre les thèmes enlevés et des développements souvent classiques mais parfois plus osés, voyageant vers le jazz et des orchestrations qui mélangent les continents américain et européen et qui, surtout, permettent de coller à l’univers poétique du film.

THE WALK. Un film réalisé par Robert ZEMECKIS, avecJoseph GORDON-LEVITT, Ben KINGSLEY, Charlotte Le BON. Musique originale d'Alan SILVESTRI disponible chez Sony classical.

 
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CAT’S EYE

Le label américain ressort en édition élargie une vieille bande originale d'Alan SILVESTRI pour un film réalisé par Lewis TEAGUE en 1985 (la même année que RETOUR VERS LE FUTUR) à partir de trois contes effrayant de  Stephen LING ayant en commun la présence d'un chat errant qui a des visions d'une petite fille l'appelant au secours. Une des particularités de cette partition c’est qu’elle est entièrement jouée au synthétiseur par le compositeur. Alan SILVESTRI commence par une introduction spatiale annonçant la musique d’un film fantastique (Cat’s Eye – Intro) et que l’on retrouve dans plusieurs morceaux dont Closet Case. Egalement dans une musique aérienne, de suspense entrecoupée d'une montée grave, obsessionnelle, plutôt violente, caractéristique de certaines bandes originales des années 1980 (First Smoke). Puis, pour le générique, Alan SILVESTRI propose un thème électronique doucement chantant, qui amène une ambiance mystérieuse, une sorte d'angoisse par la rythmique et aussi un côté aventures par la mélodie, plutôt amusante, originale (Cat Chase -Main Title) et que l’on retrouve plusieurs fois dans la partition (Cat In Atlantic City). Alan SILVESTRI poursuit par un thème plutôt rythmé, obsessionnel, accompagné de grondements inquiétants, qui amènent une tension, un malaise, sur une musique qui avance, qui déplie un mystère, un danger (The Cat Roo). Plus anecdotique, le compositeur s’amuse aussi avec des thèmes rythmé, très années 80, sinon dansant, en tout cas presque disco (Bumper To Bumper). Jouant avec le fantastique, Alan SILVESTRI propose aussi des thèmes lents, grondants, avec des bruits (notamment de verre) qui accentuent le mystère (The Decision). Ce qu’il développe dans un thème doucement mélodique, qui avance en boucle accompagné d'un contrepoint plutôt éclatant mais aussi étrange, parfois vibrant, percussif (Bird Escort). On retrouve aussi la sonorité de la première partie du générique sur une sorte de musique de tension avec des éléments électroniques répétitifs avec, en contrepoint, un lento profond, grave (You Have My Wife, Troll Fight), avant de revenir sur la mélodie du thème (Mr. Cressner Falls). Alan SILVESTRI installe ensuite un thème du visiteur plus lent, entrecoupé de silences. D’où un thème plus intimiste, lourd et étrange, qui avance à la manière d'une marche de vieille personne (A Visitor In Wilmington) ou d’un personnage venu d’ailleurs (The Troll Arrives) ; un thème que l’on retrouve en bribes après un motif planant, pas vraiment mélodique, en fait davantage une ambiance fantastique (In Amanda’s Room), qui joue également l'inquiétude, la terreur avec des glissandos électroniques (Mom Has A Plan), également l’installation d’une relation mystérieuse qui se développe lentement, sur un fond spatial (Trying To Get To Amanda). Alan SILVESTRI termine avec un thème spatial, plus doux, poétique, au développement lent, jouant sur le merveilleux (General’s Love Of Amanda). Au final, Alan SILVESTRI présente une œuvre de jeunesse complètement synthétique mais qui ne manque pas d’audace. Centrée autour de plusieurs thèmes principaux, notamment celui héroïque pour le chat, dont la thématique similaire annonce les futures grandes partitions du compositeur,  et de larges motifs spatiaux, voici une partition à découvrir qui dégage une véritable dimension d’ailleurs et de rêves.

CAT’S EYE. Un film réalisé par Lewis TEAGUE, avec James WOODS, Drew BARRYMORE, Alan KING, Robert HAYS. Musique originale d'Alan SILVESTRI disponible chez Intrada records.

 
 

BLOWN AWAY

Après la bonne surprise de l’édition cd de L’ETRANGE NOEL DE SCROOGE, le label américain récidive avec cette sortie officielle très attendue d’une autre partition complète d’Alan SILVESTRI (jusqu’alors il n’existait qu’un album de chansons). En l’occurrence, il s’agit de la musique du thriller réalisé par Stephen HOPKINS qui raconte l’histoire de Jimmy DOVE (Jeff BRIDGES), un spécialiste du déminage mais aussi un flic réputé à Boston recherché pour avoir provoqué un massacre chez ses amis séparatistes irlandais. Des années plus tard, son ancien chef (Tommy Lee Jones) le retrouve et il ne va pas le lacher ; une situation explosive qui sert de base à Alan SILVESTRI pour développer, sur plus de soixante-dix minutes, une partition qui donne la part belle à l’action et aux mouvements rythmés voir martiaux. Etrangement, le score commence par un aria sorti d’un monde parallèle, un motif qui s’élève de manière religieuse, avec des chœurs en contrepoint (Prince’s Day - Main Title). Le compositeur enchaine tout de suite avec l’un des thèmes principaux de la partition qui ne fera que revenir tout le long. Il l’introduit par des roulements de batterie, de caisses claires, qui donnent à la fois un rythme et une dimension martiale. En contrepoint, on entend une ligne de cordes profondes, plutôt grave, puis quelques notes de piano légères, et en écho un thème plus musclé mais qui apparait très légèrement. Ici l’important c’est le motif au piano et les flutes aériennes qui apportent un certain mystère. Sauf qu’à un moment, Alan SILVESTRI casse le piano et joue les bois dans les vibratos pour un thème plus profond, avec un rythme martial en contrepoint (The Escape, M.I.T. Arrival). Pour les séquences de déminage, le compositeur propose des musiques profondes, aériennes, avec beaucoup de bois, notamment des flûtes, pour jouer sur le suspense, l’attente. C’est aussi une musique d’effets, avec des accords qui rappellent clairement la période RETOUR VERS LE FUTUR (Bomb Squad mais aussi Cortez Goes Boom). Pour les recherches de l’agent GARITY (Tommy LEE JONES), Alan SILVESTRI  propose un autre thème central, assez grave, composé de longues notes qui s’envolent dans les flûtes. Il s’agit surtout d’un thème tournant avec des notes de piano un peu désaccordées, d’où une musique qui hésite entre l’action et le thème atmosphérique, avec parfois des accords mi fantastiques, mi fête foraine  (Gaerity Sets Up Shop, Blanket Gets It). Alan SILVESTRI revient à un rythme martial pour les séquences de poursuite, mêlé avec une musique orchestrale et toujours tournante grave, avec un rythme assez lent avec, en contrepoint et des cuivres qui rappellent des partitions comme JUDGE DREDD.( Playing The Angle). Le point culminant de la partition se trouve dans une plage de plus de onze minutes, qui commence de manière assez grave en variation du thème principal. Puis, le compositeur développe une musique à la tension permanente, doucement rythmée par des percussions légères et toujours ces harmonies tournantes. On note aussi des touches cauchemardesques (que l’on retrouve aussi sur Too Easy), mais dans une partition accrochée à l’action et au suspense, avec de courtes cellules pianissimo qui amorcent une sorte de gimmick, jusqu’à un final moins grave. (Red Herring Du Jour) ; une section qui annonce l’autre point culminant de la partition, une sorte de variation douce, nostalgique, du thème principal, avec une partie de piano mélodique très agréable, puis un petit carillon et surtout des chœurs qui entonnent une partie chantante plutôt triste ; ce qui donne une sorte de requiem de toute beauté. (Saint Max mais aussi de manière orchestrale dans You Don’t Know Me). Sur la fin, Alan SILVESTRI reprend à la fois le thème tournant et le motif principal martial dans une version plus musclée, plus façon film d’aventures avec des cuivres typiques du compositeur (Final Fight, Brakeless In Boston). Au final, voici une partition classique et efficace d’Alan SILVESTRI qui, d’une part, remplit parfaitement les scènes de poursuite climatiques avec sa signature, c’est-à-dire une musique d’action propulsive. En même temps, il construit lentement une musique intense grâce à une approche lente, avec des segments de percussion agressives, des éclats de cuivres énergiques tout en construisant des mouvements qui poussent inexorablement vers des séquences de poursuite implacables. On note que le disque contient plusieurs versions de L’Ouverture solennelle 1812 en mi bémol majeur, op. 49, de Piotr Ilitch TCHAIKOVSKI, composée entre septembre et novembre 1880 pour commémorer la victoire russe dans les guerres napoléoniennes. Il faut préciser que ce thème joue un grand rôle dans le film où la femme de Jeff BRIDGES est violoniste et que, justement, elle joue ce morceau lors des cérémonies du 4 Juillet. Ce qui permet à Alan SILVESTRI de s’emparer de quelques segments de la partition de Piotr Ilitch TCHAIKOVSKI pour les utiliser à l’image, sur des séquences de danger. Il en ressort donc un disque fort recommandable.

BLOWN AWAY. Un film réalisé par Stephen HOPKINS, avec Jeff BRIDGES, Tommy Lee JONES, Lloyd BRIDGES. Musique originale composée et dirigée par Alan SILVESTRI, disponible chez Intrada records.

 

L’ETRANGE NOEL DE SCROOGE (A CHRISTMAS CAROL)

Disponible jusqu’à maintenant uniquement en téléchargement, la musique d’Alan SILVESTRI pour L’ETRANGE NOEL DE SCROOGE (réalisé en 2009) se trouve enfin éditée en cd. L’action de cette adaptation d’un conte de noël écrit par Charles DICKENS se situe à Londres où, parmi tous les marchands, le vieux Ebenezer SCROOGE (Jim CAREY) est certainement un des plus riches mais aussi des plus avares. Solitaire et insensible, ni la mort de son associé, Marley, ni la pauvre condition de son employé, Bob CRATCHIT ne l’émeuvent. Détestant Noël, l'idée de répandre la joie va définitivement à l'encontre de tous ses principes ! Pourtant, SCROOGE va vivre un Noël qu'il ne sera pas près d'oublier ! Pour ce film réalisé par l’excellent Robert ZEMECKIS en animation capture et en 3-D pour Walt Disney Pictures, Alan SILVESTRI a composé un générique généreux et orchestral, dans lequel il mélange habilement des thèmes traditionnels de noëls et des motifs originaux ; ce que l’on peut regretter de prime mais que l’on doit accepter car c’était le parti pris de cette partition ! Dès le générique, le compositeur utilise aussi, mais sans en abuser, les chœurs qui se joignent à l’orchestre pour un chant de noël mémorable (Main Title). Pour la suite,  Alan SILVESTRI navigue entre l’étrange et le merveilleux, commençant par un motif dans les vibratos à la façon d’un film d’épouvante avec des chœurs qui prennent le relais ; cela n’inspire pas confiance mais c’est à l’image du personnage de SCROOGE. Puis, de manière plus classique, le compositeur développe une musique orchestrale qui sait rebondir et on reconnait là le talent du compositeur de RETOUR VERS LE FUTUR. Il s’en dégage néanmoins des thèmes profonds, inquiétants et sombres, servis par un large orchestre mais aussi de jolis solos de violon (Scrooge Counts Money). On note même des thèmes aux accents de terreur, grâce aux chœurs bien sûr mais aussi, parfois, à une simple ligne de violon qui fait très maison hantée (This Dark Chamber). Pour les hallucinations de SCROOGE, le compositeur alterne entre une musique assez lente, aérienne, avec pas mal de percussions et des sonorités plus festives, parfois puisées dans le répertoire traditionnel. Et cela toujours avec l’intervention de chœurs qui servent aussi de tremplin pour développer des musiques plus enjouées, chantantes, rythmées (Marley’s Ghost Visits Scrooge, Flight to Fezziwigs, Touch My Robe, Ride on My Good Man), ou encore de superbes thèmes mélancoliques, à la fois emplis de douceur et de lyrisme (The Ghost of Christmas Past, Let Us See Another Christmas)), ainsi qu’une petite valse, au rythme assez lent (First Waltz). Toujours dans cet esprit mêlant la tradition à la création, le compositeur propose aussi des thèmes d’action, rapides et rythmés, marqués par des sonorités puisant dans les cuivres, et en particulier les trompettes, et des cordes qui jouent la vitesse ; des musiques qui correspondent à l’univers des films de Robert ZEMECKIS (Carriage Chase) ou plus sournois avec des dialogues entre les cuivres et les bois. (Old Joe And Mrs. Dilber). Alan SILVESTRI propose aussi des thèmes plus graves, plus profonds, comme ce motif au tempo ralenti, utilisant aussi les vibratos dans un crescendo inquiétant, tendu  (Another Idol Has Replaced Me) ; également des motifs avec plus de souffle et de tension, apportés à la fois par l’épaisseur des chœurs et la richesse de l’orchestre, qui joue une partition très contrapuntique (The Clock Tower, Who Was That Lying Dead ?). L’album se termine par une véritable chanson de noël spécialement écrite pour le film. En effet, God Bless Us Everyone, composée par Alan SILVESTRI, arrangée par William ROSS et interprétée par la voix unique d’Andrea BOCELLI contient tous les ingrédients d’une véritable ode à l’esprit de noël ! Au final, Alan SILVESTRI nous offre ici une grande musique symphonique et souvent lyrique. Surtout, il met en avant une instrumentation originale qui allie les couleurs saisonnières de noël à l'action entraînante d’un conte plein de magie, et ce avec un éblouissant mélange de fantaisie et de couleurs. Avec cette partition, Alan SILVESTRI et Robert ZEMECKIS rajoutent, après, entre autres, A LA POURSUITE DU DIAMANT VERT, RETOUR VERS LE FUTUR ou FORREST GUMP, un nouveau joyau musical dans leur carrière commune ; un vrai cadeau de noël pour les collectionneurs !

A CHRISTMAS CAROL (L’ETRANGE NOEL DE SCROOGE. Un film de Robert ZEMECKIS, avec Jim CARREY, Gary OLDMAN et Bob HOSKINS. Musique originale composée et dirigée par Alan SILVESTRI, disponible chez Intrada records.

 
 

FANDANGO

C’est à la découverte d’une vieille partition d’Alan SILVESTRI que nous invite le label Intrada. Fandango (Une bringue d'enfer) est un film américain réalisé par Kevin Reynolds en 1985  et qui n’est visible, en France, qu’en vidéo. En 1971 au Texas. cinq étudiants partent en virée fêter leur diplôme de fin d'année et retrouver un vieux secret enfoui dans le désert. Dans la foulée de ses partitions de référence que sont A LA POURSUITE DU DIAMANT VERT (1984) et surtout le cultissime RETOUR VERS LE FUTUR (1985), Alan SILVESTRI a composé, pour ce petit road movie qui parle beaucoup d’amitié, une partition aux thèmes et aux orchestrations plutôt enlevées et variées, qui, en mélangeant les motifs d’action et les thèmes plus émotionnels, se nourrit beaucoup de ses expériences précédentes. Ainsi, entre jazz et électro, Alan SILVESTRI ouvre le bal par un thème à base d’électronique, de percussions et de guitare. On note également en contrepoint une partie de saxophone, ce qui en fait un thème moderne, urbain, qui rappelle déjà des partitions comme ROMANCING THE STONE (Road Trip) ; un motif . Il continue avec un thème plus orchestral, servi par les cordes et des cuivres qui annoncent clairement ses grandes partitions (Desert Trek, Fatal Fall). Et cela continue avec les thèmes du train puis de l’atterrissage, de purs motifs d’aventures, à la fois vibrants, rebondissant et en même temps classique de l’écriture pour le cinéma. Là encore, et même si parfois il lorgne,  dans ses longues plages de cordes au suspense appuyé vers Bernard HERRMANN, on retrouve la patte d’Alan SILVESTRI, que ce soit pour l’écriture, avec un thème qui se développe sur la longueur, voir dans les crescendos, que dans l’orchestration avec beaucoup de cordes mais aussi des percussions (The Train, Plane Take-off, Plane Ride). Mais pour un film au sujet doux amer, Alan SILVESTRI se devait aussi de proposer  des thèmes plus graves, plus longs à s’installer ; des motifs qui hésitent entre le danger et l’émotion, d’où des motifs contenant davantage de mélancolie (Grave Stone). Il propose aussi des thèmes assez minimalistes, qui ne jouent que sur quelques notes de claviers avec de l’écho ; ce qui convient parfaitement pour épouser des paysages désertiques (Desert Dream) ou aussi pour magnifier le thème de l’amitié, notamment grâce à un solo de piano (Fandango - Piano Solo). Reprenant la trompette et par bribes l’électro du début, Alan SILVESTRI propose aussi un thème très profond, doux, caressant, avec des parties de flûtes et une association réussie entre le piano et un solo de violon, avant un une jolie partie pour guitare et cordes (Desert Walk). Sur la fin, le compositeur revient à une musique plus festive, plus bluesy également en mélangeant l’orchestre à la guitare électrique (Wedding). Comme toujours chez Intrada, on note la présence de quelques morceaux bonus comme ce duo de guitares espagnoles et des versions alternatives (Desert Walk).  Au final, hormis quelques thèmes de circonstances sans grand intérêt, voici une partition rare et plutôt réjouissante d’Alan SILVESTRI. Alors même qu’il se trouve dans une période de grande création grâce à son ami Robert ZEMECKIS, il n’a ici pas composé de grand thème marquant mais plutôt une série de petits motifs plutôt bien construits et efficaces. Maintenant, tout ce qui fait l’intérêt de cette partition, c’est l’alternance entre de vrais motifs d’aventures, pour lesquels Alan SILVESTRI n’a de cesse renouvelé son talent, et des passages plus sensibles, plus acoustiques également, avec des couleurs fines comme la guitare et le piano solo. Loin d’être indispensable, cette édition mérite amplement le détour, ne serait-ce que pour ses plages qui lorgnent brillamment vers RETOUR VERS LE FUTUR !

FANDANGO, un film réalisé par Kevin REYNOLDS, avecKevin COSTNER, Judd NELSON. Musique originale d’Alan SILVESTRI disponible chez Intrada records.

 

THE CROODS

A une époque où la nature en était à ses balbutiements, et que la loi du plus fort en était à son comble, la famille Crood cherche une nouvelle maison. La musique de ce film d’animation des studios Dreamworks est signée du compositeur talentueux Alan SILVESTRI (FLIGHT de Robert ZEMECKIS) qui, dès le prologue, présente le thème principal, celui de la famille Crood ; un thème délicieusement mélodique, très adapté à des développements variés, ce dont le compositeur ne se prive pas ! Et cela dès un prologue d’abord majestueux, lyrique avec beaucoup de chœur et une trompette qui s’élève, puis dansante avec des percussions ethniques. On retrouve logiquement ce thème essentiel plusieurs fois jusque dans une suite finale souvent douce, avec des percussions pianissimo comme dans une berceuse et un développement orchestral coloré et émouvant jusqu’à l’envolée finale (The Croods' Family Thème). En dehors de ce thème Alan SILVESTRI décline une partition qui lui ressemble, c’est à dire rebondissante et ample. Il commence par une sorte de samba pour super héros, qui a la particularité d’être jouée par le Marching Band de l’Université de Californie du Sud ; une formation connue  des fans de football américain, et dont la force des caisses claires, mais aussi des cuivres, mettent joliment en valeur l’action débridée et le chaos organisé des Croods (Smash And Grab). Le compositeur enchaine avec une pure musique de films néanmoins connotée action, avec néanmoins une section plus enfantine (Bear Owl Escape), plus printanière aussi avec des bois qui rappellent FERNGULLY mais aussi des éléments de comédie qui la rapproche de l’univers animé de ROGER RABBIT (Fire And Corn, Turkey Fish Follies). Alan SILVESTRI continue dans l’aventure, avec encore une partie chantante, rythmée par l’orchestre et une écriture, notamment la section de cuivres, qui rappelle ROGER RABBIT. En contrepoint, il propose une musique presque romantique, qui se mélange avec un côté fantastique, (Eep And The Warthog), dangereuse quand les cuivres, les cordes se font parfois agressifs (Exploring New Dangers) ou encore féérique quand l’orchestre avance au gré de l’action, comme dans RETOUR VERS LE FUTUR ou CAPTAIN AMERICA (Big Idea). Alan SILVESTRI propose aussi des thèmes délicats, généreux, par exemple quand il développe une musique large, poétique, avec une mélodie colorée, également chantante avec l’intervention des chœurs en contrepoint  (Piranhakeets) ou encore sentimentale (Story time) ou plus pianissimo (Family maze). Il propose aussi des morceaux très frais, en privilégiant la guitare, les percussions et les flûtes qui donnent un côté presque hawaïen (Going Guys Way), également des motifs se baladant entre jazz et bossa nova (Grug Flips His Lid). Enfin, n’oublions pas la chanson du générique de fin intitulée Shine your way interprétée par Adam YOUNG et Yuna. Pour une fois (et ce n’est pas si courant !), il s’agit d’une vraie chanson de film, écrite par Alan SILVESTRI, Glen BALLARD, Chris SANDERS Kirk De MICCO et c’est plutôt une bonne surprise. A tel point que l’on se dit qu’avec davantage de promotion (plus de passages radio et une version française interprétée par des vedettes du moment), ce serait un vrai succès populaire ! On notera que le disque se ferme par une version mariachi amusante (Cantina Croods). Au final, on doit bien avouer que cela faisait longtemps qu’Alan SILVESTRI, après d’innombrables musiques de films d’action plus (AVENGERS) ou moins (G.I. JOE) convaincantes, ne nous avait pas autant ébloui par une de ses musiques. On en apprécie d’autant cette partition croodholitique dont les thèmes, les orchestrations et la chanson finale devraient les familles du 21ème siècle !

THE CROODS, un film réalisé parChris SANDERS et Kirk De MICCO, Avec les voix de Bérengère KRIEF et Kev ADAMS. Musique originale d’Alan SILVESTRI. Disponible chez Sony Classical.