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Un nouveau regard sur la musique pour l'image...

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1000 FOIS PLUS BELLE LA VIE POUR CAROLIN PETIT !

Feuilleton populaire à succès, PLUS BELLE LA VIE déroule la vie des habitants du quartier du Mistral à Marseille. Une réussite dont a bénéficié à Eva, l’interprète de la chanson titre du générique. Mais également les compositeurs de la musique originale : Carolin PETIT, coauteur d’une chanson qui a servi de générique de fin, son ami guitariste Hugo RIPOLL, Maïdi ROTH et Franck PILANT. Dès le début, la production a souhaité une musique très orchestrale ; Carolin PETIT a alors écrit des thèmes interprétés par son orchestre habituel à Budapest. Compositeur emblématique sur France Télévision (LOUIS LA BROCANTE), il nous raconte la fabrication, en équipe, de la musique de cette série. Diffusion quotidienne oblige, la composition ne peut, hormis sur les soirées spéciales, se faire à l’image. Les compositeurs sont alors invités à fournir, plusieurs fois par an, des "sessions" de 30 à 60 minutes de musiques nouvelles. Au début, la série, comme la musique, cherchait ses marques ; Les compositeurs ont proposé principalement des thèmes, joués par Jean-Michel BERNARD au piano ou davantage de couleur gipsy avec des guitares et de l’accordéon, qui évoquaient le sud de la France. Au fur et à mesure, ils ont constitué une banque sonore de plus de 10 heures de musique ! Mais certains thèmes reviennent plus que d’autres ; ils forment une sélection qui, en donnant des indications sur le genre de musiques que préfère la production, les dirige pour composer les suivantes. D’une écriture d’abord thématique pour les personnages, notamment Rachel, Carolin PETIT est passé vers des thèmes plus généraux, parfois romantiques, parfois tristes. Aujourd’hui, il se dirige vers des ambiances souvent moins mélodiques en fonction de scénarios plus sombres. Carolin PETIT nous parle de son actualité, BADINTER et LA REINE ET LE CARDINAL et nous transmet sa fierté d’une véritable collaboration entre quatre compositeurs, heureux de fêter le 1000ème épisode de PLUS BELLE LA VIE !

 

 

Le Club Des Quatre !

Comment s’est constituée l’équipe des compositeurs de PLUS BELLE LA VIE ?

Carolin PETIT) Le producteur, Telfrance, avait demandé à Maïdi ROTH de lancer un appel d’offre afin de constituer une équipe pour réaliser la musique. J’ai rencontré Maïdi ROTH par l’intermédiaire d’Hugo RIPOLL ; un ami avec qui j’ai fait beaucoup d’émissions de variétés, de SACREE SOIREE aux ANNEES TUBES. En plus, il a travaillé 10 ans avec Johnny HALLYDAY puis Michel SARDOU comme guitariste. Puis il a joué sur beaucoup de mes musiques, comme le spectacle ROMEO ET JULIETTE et LES STEENFORT MAITRES DE L’ORGE. Du fait de mon expérience dans la musique de films, il avait parlé de moi pour composer des thèmes d’orchestre. J’ai donc rencontré Maïdi ROTH et nous avons discuté de la série. Je dois dire que nous nous sommes très bien entendus. Elle a proposé plusieurs compositeurs, dont moi, aux producteurs qui me connaissaient ; J’avais écrit pour eux les musiques de LOUIS LA BROCANTE et de quelques autres films. Ce qui je pense les a convaincus de m’engager, avec Hugo RIPOLL, Maïdi ROTH et Franck PILANT.

Quels sont vos styles de prédilection ?

CP) Hugo RIPOLL travaille surtout les thèmes jazzy et les musiques à l’espagnole avec sa guitare ; Franck PILANT, un ancien élève d’Hugo RIPOLL, écrit davantage des thèmes rocks et grunge ; Maïdi ROTH écrit beaucoup de musiques nostalgiques et pour les voix. Et moi, bien sûr, j’écris la plupart des musiques symphoniques. Maintenant, nous collaborons aussi ensemble sur certaines musiques. Ce qui fait que je peux participer à des thèmes qui n’ont rien à voir avec ce que je compose d’habitude.

Etait-ce un souhait de la production d’une musique véritablement orchestrale ?

CP) Oui, dans la mesure où l’orchestre nous permet de nous différencier des autres séries dont les musiques sont souvent faites avec des machines. Dès le départ, la production a bien compris que d’utiliser un orchestre rehaussait la qualité de la musique, de la série.

 

Dans quel esprit s’est passé l’écriture des premières musiques ?

CP) Dans la rapidité ! Nous avons été engagés en juillet 2004 et la diffusion devait commencer à la rentrée de septembre. Pour nous compositeurs, cela signifiait que les producteurs avaient immédiatement besoin de matière musicale pour monter les premiers épisodes. Nous nous sommes donc mis immédiatement au travail. Nous avons notamment enregistré, avec Jean-Michel BERNARD, des séances au piano et aussi, pour rester dans la couleur du sud, de la musique d’influence gipsy : c’est à dire des thèmes qui utilisent de l’accordéon, de la guitare, de la basse et de la batterie. En même temps, sur les premiers épisodes, nous écrivions de la musique sans savoir précisément où nous allions.

Avez-vous composé des thèmes spécifiques pour certains personnages ?

CP) Oui au commencement. Je me rappelle un thème pour Rachel de couleur yiddish, avec un violon solo pour souligner le côté Europe de l’Est ; J’en avais écrit plusieurs arrangements dont un pour orchestre. J’aime beaucoup ce thème, très entendu au début de la série. J’en avais aussi imaginé un pour Mirta TORRES dans lequel j’avais mis beaucoup de guitare pour rappeler ses origines espagnoles. Nous avons d’ailleurs écrit beaucoup de thèmes avec de la guitare qui, au mixage, se mélange bien avec les dialogues. Maintenant, petit à petit, nous avons abandonné le principe d’une musique par rapport aux personnages. D’abord parce qu’il y en avait trop. Ensuite en raison d’une trame très romantique qui ne remportait pas le succès escompté. Ce n’est qu’à partir du moment où l’équipe de scénaristes a corsé le programme avec des meurtres, des revenants ou des homosexuels, que la série a trouvé son public.

Quelles ont été les répercussions de cette nouvelle direction du scénario ?

CP)II fallait que la musique s’oriente davantage sur des ambiances sonores, des motifs moins mélodiques, plus violents. Maintenant, il ne s’agit jamais de musiques trop brutales car on ne voit pas de poursuites. Nous avons alors commencé à écrire des thèmes d’amour, des motifs qui inspirent la tristesse, la nostalgie. Puis, en fonction des scénarios, nous avons réalisé des musiques qui suggèrent l’action, le suspense.

Avez-vous composé des musiques de sources ?

CP)De temps en temps car certaines musiques étaient sensées être diffusées dans le bar du Mistral. Je crois que nous avons touché tous les styles de musiques, du rock à des choses plus contemporaines, plus techno et électro parfois. Moi, je me rappelle surtout avoir écrit pour William CHARVET, un ancien camarade de Ninon au collège devenu pianiste, des thèmes joués par Jean-Michel BERNARD. Ce qu’il a magnifiquement fait, comme chaque fois qu’il joue sur mes musiques.

Des Sessions Particulières

Disposez-vous du temps nécessaire pour travailler à l’image ?

CP)Hormis les épisodes diffusés lors de soirées spéciales, nous n’avons jamais, contrairement à un film unitaire, le temps d’écrire des musiques à l’image. II faut d’ailleurs savoir que les réalisateurs de PLUS BELLE LA VIE travaillent en flux tendus : ils ne disposent que de seulement 15 jours entre la finition de l’épisode et la diffusion ; Des délais évidemment bien trop courts pour pouvoir faire de la musique à l’image.

Comment faites-vous alors pour fournir suffisamment de musiques ?

CP) Nous faisons ce que l’on appelle des sessions spéciales PLUS BELLE LA VIE selon un calendrier précis. Au début, nous enregistrions cinq sessions d’une heure de musique par an. L’une d’entre elles se déroulait à Budapest avec le même orchestre qui joue sur mes autres musiques de films. Les autres sessions concernaient des musiques que nous enregistrons dans nos studios personnels. Aujourd’hui, nous enregistrons environ une demi-heure de musique par session. Depuis le début de la série, nous avons ainsi constitué une énorme banque sonore de 10 heures de musiques !

De quelle manière se déroule une session ?

CP) La production nous donne des éléments du scénario qui représentent des directions pour la musique. De notre côté, nous faisons un point avec Sébastien, le responsable de la postproduction, pour savoir ce dont ils ont véritablement besoin comme musiques nouvelles. Puis, nous nous réunissons et nous répartissons les musiques selon nos spécialités, de façon à écrire dans des styles variés. Ces points concernent même la musique symphonique car, depuis 3 ans, j’ai composé des motifs très différents, qui vont du romantisme au suspense. II ne faut pas oublier non plus les musiques des soirées spéciales, qui contiennent des thèmes plus dynamiques, plus policiers.

Quelles sont les caractéristiques des dernières musiques ?

CP) J’ai évité les thématiques prononcées pour arriver davantage à des couleurs, des musiques d’ambiance, en tout cas pour la session d’orchestre. II s’agit de musiques qui apparaissent souvent en contrepoint par rapport à l’image. Les monteurs peuvent les découper selon leurs besoins pour les glisser sous les dialogues. C’est important car, comme nous ne travaillons pas à l’image, ils doivent s’arranger pour que la musique tombe au bon endroit.

Composez-vous de manière différente pour les soirées spéciales qui regroupent plusieurs épisodes ?

CP) Oui, car, même si nous disposons de très peu de temps, nous livrons une musique très calée par rapport aux images. En pratique, la production nous donne les cassettes des épisodes et nous laisse une quinzaine de jours pour écrire toutes les musiques ; un délais très court mais comme nous sommes quatre compositeurs, nous pouvons nous répartir les séquences. J’enregistre une partie de la musique avec l’orchestre à Budapest et nous faisons le reste sur des protools dans nos studios personnels. Nous nous sommes beaucoup amusés à réaliser les musiques des dernières soirées spéciales qui parlaient d’une affaire avec un tueur en série. J’ai alors construit une musique qui mélangeait des bruits de machines, des loops de percussions avec de l’orchestre.

Comment expliquez-vous que certains thèmes reviennent sur plusieurs épisodes ?

CP)En général, il s’agit des thèmes favoris de l’équipe de mixage. Nous les avons d’ailleurs recensés car cela nous aiguille pour la direction musicale des partitions suivantes. Nous avons ainsi constitué une base qui contient, en quelque sorte, le meilleur de la musique de PLUS BELLE LA VIE ; Des titres très variés puisqu’on y trouve aussi bien une déclinaison avec une ambiance mystérieuse du thème de Rachel, un motif de suspense en forme d’hommage à Jerry GOLDSMITH et BASIC INSTINCT, des motifs pianissimo joués par Jean-Michel BERNARD, d’autres plus angoissants. Les mixeurs peuvent piocher dans ces thèmes, et les autres bien sûr, pour mettre en musique des personnages ou des situations qui reviennent sur différents épisodes, même à plusieurs mois d’intervalle.

La production vous demande des musiques en dehors des sessions ?

CP) Cela se produit quant des éléments des scénarios nécessitent une musique spécifique. Nous faisons alors des maquettes très élaborées. Mais cela n’arrive pas très souvent. Cette année, ils nous ont demandés des musiques dont l’ambiance appuyait le caractère très glauque d’une histoire de meurtres.

Avez-vous travaillé sur les chansons des génériques ?

CP) Non car j’avais surtout envie de composer la musique orchestrale. Pas de participer à la compétition organisée autour de la chanson du générique. Maintenant, Maïdi ROTH et moi aurions pu, comme je l’avais fait avec Anggun sur GENESIS II, écrire celle du générique début, qui a été composée par Mams. Par contre, nous avons écrit une chanson qui a servi plus tard de générique de fin pendant deux ans. II faut savoir que Maïdi ROTH a écrit beaucoup de chansons, notamment pour les L5. Notre chanson s’intitulait Je Pourrais et était interprétée par Eva. Nous avons essayé d’y résumer l’état d’esprit de la série, comme le générique début d’ailleurs. C’est à dire le côté volontaire et en même temps l’ouverture sur les autres.

Comment voyez-vous l’avenir musical de PLUS BELLE LA VIE ?

CP) Je crois que la série nécessitera toujours des musiques neuves, même dans des genres déjà explorés. Nous devons continuer à nous adapter aux situations des scénarios en nous renseignant sur les besoins en musiques. Sans faire de la musique à l’image, nous voulons coller au scénario, même si nous ne le connaissons pas à l’avance.

Que représente pour vous le 1 000ème épisode ?

CP)Beaucoup de satisfaction de travailler sur une série qui, après un démarrage difficile, rencontre un immense succès depuis 3 ans ! Aujourd’hui, il s’agit d’un phénomène de société et c’est très agréable d’en faire partie. Nous avons participé, à l’occasion du 1 000ème épisode, à une grande fête organisée dans un château à Marseille par France 3 et Telfrance. Nous y avons rencontré les comédiens, très populaires depuis qu’ils jouent dans cette série. J’ignore combien de temps cela va continuer mais, quoi qu’il en soit, il en restera une belle aventure.

Actualité Rentrée 2008

Que pouvez-vous nous dire de LA REINE ET LE CARDINAL, réalisé par Marc RIVIERE ?

CP) II s’agit d’un très beau film, très émouvant, en costumes qui raconte d’abord la relation entre Mazarin (Philippe TORRETON) et Anne d’Autriche (Alessandra MARTINES) ; Un amour difficile car ils ne pouvaient pas le déclarer au grand jour. Le deuxième épisode retrace l’histoire d’amour entre le jeune Louis XIV et la nièce de Mazarin, qu’il ne pourra pas épouser pour des raisons d’Etat ; Ce qui est autant triste qu’affreux. Je me suis vraiment régalé à écrire cette musique car ce genre de film très romanesque en réclame beaucoup. J’ai composé des thèmes amoureux pour Mazarin et d’Anne d’Autriche d’une part et le jeune Louis XIV et la petite Marie Mancini d’autre part. Autour de ces thèmes, on trouve aussi des musiques d’action et de complots, très courants à la cour à cette époque.

Et de la musique de BADINTER réalisé par Jean-Daniel VERHAEGHE ?

CP) J’ai écrit un thème pour violoncelle solo, piano et orchestre ; Un mouvement qui devait apparaître touchant sans forcer l’image, déjà très dure à la fin du premier épisode. Je le reprends au début du deuxième épisode et à la fin car en quelque sorte, il s’agit du thème attaché à Robert BADINTER. II s’agit d’un thème un peu pesant mais pas dramatiquement triste. J’ai surtout joué sur l’émotion car Robert BADINTER a sauvé plusieurs condamnés de la peine de mort et a contribué à son abolition, peu de temps après l’élection de François MITTERAND à la présidence de la République en 1981.

Entretien réalisé à Paris le 6 août 2008.

Plus d’informations et reportage sur la musique de PLUS BELLE LA VIE sur www.carolinpetit.com

Dvds édités par France Télévision Distribution.